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Les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
La bronchopneumopathie chronique obstructive est l'obstruction généralisée des bronches de petit calibre. Elle s'observe dans la bronchite chronique, l'emphysème pulmonaire chronique et l'asthme à dyspnée continue.
L'obstruction des voies aériennes est définie par l'élévation de la résistance à l'écoulement de l'air pendant l'expiration forcée. Elle peut être due au rétrécissement ou à l'obstruction des bronches, à un bronchospasme etc...
Bronchites chroniques
Emphysème pulmonaire
L'asthme à dyspnée continue
La bronchite chronique asthmatique est un asthme compliqué d'insuffisance respiratoire chronique obstructive.
La dyspnée est permanente à prédominance expiratoire avec des paroxysmes déclenchés par des efforts ou les émotions. Les crachats sont abondants, visqueux, souvent surinfectés.
Le thorax est distendu, et l'auscultation permet d'entendre des sibilants et ronchus.
L'évolution est menacée par des poussées de surinfection, d'insuffisance respiratoire aiguë et l'insuffisance cardiaque droite.
Cette forme est difficile à distinguer de la bronchite chronique et de l'emphysème pulmonaire.
Le diagnostic est évoqué par les résultats des épreuves fonctionnelles respiratoires et du test thérapeutique au bronchodilatateur.
Traitement des BPCO
La thérapeutique permet l'amélioration de la fonction respiratoire, ce qui diminue la dyspnée, l'infection bronchique, l'expectoration et la souffrance du muscle cardiaque.
La bronchite chronique évolue sans traitement vers une insuffisance respiratoire chronique.
Le traitement doit être le plus précoce possible.
Le traitement des poussées aiguës :
Il associe :
Les bêtamimétiques en inhalation ;
Parfois les corticoïdes sont utiles ;
L'antibiothérapie ;
La kinésithérapie respiratoire ;
La ventilation non invasive (avec un masque) ou invasive (avec intubation).
L'hospitalisation est de toute façon nécessaire.
Le traitement de fond des bronchopneumopathies chroniques obstructives
L'arrêt total et définitif du tabac est primordial.
Différents moyens sont utiles : patchs à la nicotine, chewing-gums à la nicotine, (psychothérapie de groupe, acupuncture, auriculothérapie...
Le climat et la pollution atmosphérique :
Respirer l'air le plus pur possible :
Changer de poste de travail en cas d'exposition à des vapeurs chimiques ou à des poussières ;
Supprimer les irritants bronchiques ;
Choisir si possible un domicile loin des zones industrielles, assurer une bonne humidification de l'air en cas de chauffage central..
Les conseils d'hygiène de vie :
Perdre les kilos en trop ;
Faire de l'exercice, notamment la marche à pied ;
Bien se couvrir quand le temps est froid, éviter les courants d'air et les changements de température brutaux ;
Faire quelques séances de kinésithérapie respiratoire pour apprendre à cracher et à respirer ;
S'immuniser chaque automne contre les infections respiratoires (immunostimulants, vaccins : contre la grippe, le pneumocoque...) ;
Effectuer des cures thermales.
Les médicaments sont indiqués selon les cas et l'évolution :
Antibiotiques au long cours de façon discontinue ;
Les asséchants bronchiques ou fluidifiants selon les cas ;
Les anticholinergiques en inhalation ;
Les bronchodilatateurs : salbutamol, théophylline, anti- inflammatoires, corticoïdes parfois ;
Anticoagulants ;
L'oxygénothérapie de longue durée est possible, avec prudence ;
Le traitement de l'insufisance cardiaque droite repose sur les diurétiques, les saignées dans certains cas, l'oxygénothérapie continue.
La transplantation pulmonaire peut dans de rares cas être envisagée.
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Bégaiement
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[?] Qu'est-ce que c'est ?


Il s'agit de répétitions et de blocages au cours de l'émission du langage. Le bégaiement ne doit pas être confondu avec le bredouillage (parole indistincte) et le balbutiement (parole mal articulée).
On distingue :
Le bégaiement clonique : répétition plus ou moins prolongée du même phonème, en général le premier mot : "pa,pa,pa,pa,pa,pa,pa, papa m'a donné un bonbon..." ;
Le bégaiement tonique, ou blocage de l'émission s'accompagnant de mouvements parasites de la face, des membres, du corps entier, de difficultés respiratoires, de rougeur du visage avec sueurs etc...
Des troubles du langage sont parfois associés : lapsus, emploi de mots impropres, mauvaise syntaxe etc... Le bégaiement est fréquent et banal chez l'enfant de 2 à 3 ans. On commence à s'inquiéter lorsqu'il persiste au-delà de 3 ou 4 ans. Le garçon bégaie plus souvent que la fille et on trouve souvent des antécédents familiaux.
Conduite à tenir
Les causes, le pronostic et le traitement sont mal connus.
Parfois, il s'agit d'un enfant gaucher contrarié.
Ce sont souvent des enfants émotifs, hyperaffectifs et il est banal que le bégaiement s'accentue lorsqu'ils sont impressionnés ou énervés. C'est une source d'anxiété pour eux qui peut aller jusqu'à la phobie de la parole et parfois le mutisme.
Dans la très grande majorité des cas, le bégaiement disparaît spontanément en quelques mois. Il faut éviter les sarcasmes, les moqueries, les réactions d'inquiétude ou d'agacement qui ne servent à rien sinon à augmenter l'anxiété et le bégaiement.
Lorsque le bégaiement persiste au-delà de 5 ans, il est utile de consulter un orthophoniste pour entreprendre une rééducation. Tous les orthophonistes redoutent la rééducation du bégaiement. On leur a trop dit que, s'adressant au seul symptôme, c'était faire là oeuvre inutile sinon nuisible et qu'il valait mieux laisser la place aux spécialistes de la psychothérapie et de la relaxation.
En réalité, il faut utiliser ensemble tous les moyens, techniques et psychologiques, pour délivrer l'enfant de son anxiété.
La psychothérapie est en effet nécessaire si les troubles affectifs associés sont importants.
Des bègues célèbres : Moïse, Démosthène, Aristote, Jean-Jacques Rousseau, Darwin, Somerset Maugham, Paul Valéry, Louis Jouvet, Winston Churchill, Georges VI...

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Bilharzioses (schistosomiase)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?


Maladie tropicale touchant 200 millions d'habitants dans le monde
L'homme contracte les bilharzies au contact de l'eau qui permet le passage à travers la peau des larves du parasite. Cette contamination se traduit par des réactions cutanées : rougeurs, prurit puis trois semaines plus tard apparaissent une fièvre et une éruption cutanée. Les vers devenus adultes vivent dans les gros vaisseaux veineux et pondent des oeufs qui traversent différents organes avant d'être excrétés dans les selles ou les urines. Cette migration provoque la plupart des symptômes de la maladie.
La bilharziose intestinale à Schistosoma mansoni est très fréquente en Afrique, en Amérique centrale (Brésil) et aux Antilles. Après un bain infestant en eau douce (rizières etc) et une incubation silencieuse de 3 à 6 semaines, la maladie se manifeste par une fièvre élevée, un gros foie et une grosse rate, parfois des symptômes respiratoires. La phase de localisation des vers adultes provoque des douleurs abdominales, une diarrhée intense. L'atteinte du foie et de la rate fait toute la gravité de ce tableau. Des complications intestinales, pulmonaires et neurologiques sont possibles.
La bilharziose intestinale sino-japonaise à Schistosoma japonicum sévit en Chine, au Japon, en Corée, aux Philippines, au Laos et au Cambodge. Les symptômes sont identiques mais l'évolution est plus rapide et le pronostic plus grave (destruction du foie, atteintes cérébrales).
La bilharziose rectale à Schistosoma intercalatum se voit au Congo, au Gabon et au Cameroun. La maladie est silencieuse au début et se manifeste tardivement par des lésions recto-coliques (crises diarrhéiques etc).
La bilharziose urinaire à Schistosoma hæmatobium se voit en Afrique, en Asie mineure et en Inde. Il n'y a pas de signe cutané. La maladie débute 3 mois après l'infestation, par la présence de sang dans les urines. Cette hématurie reste longtemps isolée en dehors de poussées de cystite ou de coliques néphrétiques. L'évolution se fait progressivement vers des lésions de la vessie et des organes génito-urinaires. Les infections urinaires graves grèvent le pronostic.

[?] Diagnostic

Le diagnostic repose sur la mise en évidence d'oeufs du parasites (biopsie du rectum, urines, selles etc) et la sérologie.

[?] Traitement

Le traitement actuel repose sur le Biltricide (Praziquantel) en prise unique, efficace sur toutes les espèces de bilharzioses.

[?] Prévention

La prophylaxie consiste à éviter de se baigner en eau douce (lac, marigot, rivière à courant faible) dans les régions d'endémie (Sud du Maghreb, Egypte, Afrique noire, Antilles et Amérique du Sud tropicale). L'eau de mer est inoffensive.
Si le contact avec une eau suspecte est impératif pour traverser une étendue d'eau par exemple, il faut conserver des chaussures hautes et les pantalons serrés aux chevilles et traverser le plus rapidement possible. Une fois dégagé, il faut se frotter avec de l'eau saine savonneuse ou une solution alcoolique. Certains spécialistes préconisent en cas de contamination probable une prévention médicamenteuse par le Biltricide.
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Blennoragie ou Gonococcie
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La gonococcie est une maladie sexuellement transmissible (sauf dans le cas d'atteinte oculaire) et cosmopolite. Elle est aussi appelée blennorragie, bléno ou "chaude pisse".

[?] Causes et facteurs de risque

Il s'agit d'une infection due à une bactérie (gonocoque ou Neisseria gonorrhoeae) gram négatif (la coloration de gram est une coloration très utilisée en bactériologie permettant une classification des bactéries et leur identification).
Il s'agit d'une des plus fréquentes maladies infectieuses avec plus de 200 millions de cas annuels dans le monde (500 000 cas en France par an). Elle touche surtout les populations défavorisées.

[?] Les signes de la maladie

L'infection gonococcique peut revêtir différents aspects :
Chez l'homme : après une incubation courte de 4 à 5 jours, elle se manifeste dans la majorité des cas sous la forme d'une inflammation de l'urètre causant des brûlures intenses à la miction ("chaude-pisse") et d'un écoulement purulent jaunâtre. Rarement, la maladie reste asymptomatique (sans aucun signe).
Chez la femme : l'infection est au contraire le plus souvent asymptomatique, favorisant ainsi la transmission de la maladie. Lorsqu'elle existe, la symptomatologie est pauvre : inflammation du col utérin, inflammation de la vulve et du vagin avec pertes jaunâtres, discrète inflammation de l'urètre.
Formes cliniques en dehors des organes génitaux : les formes touchant l'anus ou la gorge (en fonction des pratiques sexuelles essentiellement) doivent être recherchées de façon systématique. Leur diagnostic est souvent difficile.
La conjonctivite chez l'adulte est rarissime ; elle s'observe le plus souvent chez le nouveau-né et doit être systématiquement prévenue par l'instillation d'un collyre antibiotique ou au nitrate d'argent à la naissance.
[?] La consultation

Le médecin pratiquera des prélèvements au niveau des différents sites probables de l'infection (voir plus loin).
Il devra rechercher par l'interrogatoire et l'examen clinique des éléments en faveur d'une autre maladie sexuellement transmissible (infection à VIH, hépatite B) chez le patient et son entourage.

[?] La consultatio?

Le médecin pratiquera des prélèvements au niveau des différents sites probables de l'infection (voir plus loin).
Il devra rechercher par l'interrogatoire et l'examen clinique des éléments en faveur d'une autre maladie sexuellement transmissible (infection à VIH, hépatite B) chez le patient et son entourage.


[?] Examens et analyses complémentaires

Le diagnostic de l'infection repose sur la mise en évidence du germe au laboratoire.
Chez l'homme, les prélèvements devront intéresser l'urètre (grattage par introduction d'un écouvillon dans l'urètre).
Chez la femme, après introduction d'un spéculum, le médecin effectuera des prélèvement au niveau du col utérin.
Dans les 2 sexes, les prélèvements anaux et pharyngés seront systématiquement réalisés.
Au laboratoire, le germe sera mis en évidence par examen au microscope et culture sur milieux permettant la croissance du germe.
Toute gonococcie avec de la fièvre justifie la pratique d'hémocultures (prélèvement sanguin traditionnel mis en culture dans un milieu permettant la croissance des bactéries)




[?] Evolution de la maladie

Dans les formes habituelles : l'infection évolue favorablement en quelques jours sous traitement antibiotique adapté. Des complications peuvent apparaître en cas d'infection mal traitée ou de formes asymptomatiques chez la femme.
Complications chez l'homme : l'infection peut se compliquer d'une infection de la prostate, d'une orchi-épididymite (infection des testicules avec risque de stérilité). Si l'infection persiste plusieurs mois, des rétrécissements de l'urètre peuvent survenir.
Complications chez la femme : l'infection peut s'étendre au haut appareil génital sous la forme d'une endométrite (infection de la muqueuse utérine), d'une salpingite (infection des trompes utérines et risque de stérilité et de grossesse extra-utérine) ou d'une pelvi-péritonite (infection des enveloppes entourant les organes abdominaux). Ces complications font toute la gravité de l'infection gonococcique chez la femme.
Dans les 2 sexes, une gonococcémie (diffusion du germe dans le sang avec infection généralisée) associe fièvre, signes cutanés et atteinte articulaire (arthrite).

[?] Ne pas confondre avec...

Infection à Chlamydia trachomatis : il s'agit également d'une maladie sexuellement transmissible bactérienne, très fréquente. La symptomatologie et les examens de laboratoire permettent de la différencier de l'infection gonococcique mais ces deux infections peuvent être associées.

?] Traitement

En cas d'urétrite ou de cervicite non compliquée : un traitement antibiotique "minute" permet d'interrompre rapidement la contagiosité. Spectinomycine (1 seule injection intramusculaire) ou Ceftriaxone (1 seule injection intramusculaire), ainsi que les quinolones (rosoxacine, norfloxacine, ciprofloxacine ou ofloxacine) sont les molécules les plus fréquemment utilisées.
Une autre infection, due à un germe du genre Chlamydia, peut être associée à la blennorragie dans moins de la moitié des cas. Dans ce cas, un autre traitement doit être mis en place avec des antibiotiques de la classe des macrolides ou des tétracyclines.
En cas d'atteinte pharyngée (gorge) ou anale : le médecin prescrira les mêmes médicaments pendant 5 jours.
En cas de diffusion sanguine, une hospitalisation avec traitement par perfusion est nécessaire.
Il est absolument indispensable de dépister d'autres maladies sexuellement transmissibles chez le patient et chez son ou ses partenaires sexuels, afin de pouvoir les traiter.
Enfin, l'éducation du patient et de son entourage est primordiale: rapports sexuels protégés par un préservatif, ne pas se frotter les yeux après avoir touché les parties génitales infectées, vaccination contre l'hépatite B.

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Boulimie
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[?] Qu'est-ce que c'est ?


C'est une affection dans laquelle surviennent des épisodes d'impulsion irrésistible à ingurgiter des aliments, parfois en grande quantité, sans faim et sans plaisir.
Il existe souvent un sentiment de culpabilité.
Les jeunes filles en fin d'adolescence et les jeunes femmes sont les plus vulnérables.
Dans la boulimie-anorexie, l'hyperphagie ne s'accompagne pas habituellement de prise de poids en raison des vomissements provoqués ou de la prise de laxatifs.
Chez certaines patientes cependant, qui présentent un syndrome boulimique non associé à une anorexie, une obésité est possible.
Des troubles de l'humeur, quelques manifestations anxieuses et des conduites d'addiction (toxicomanie) peuvent accompagner ces conduites alimentaires aberrantes.
L'évolution se fait souvent par crises boulimiques à l'automne et au printemps.
Il existe probablement une parenté entre la dépression et la boulimie.
[?] Traitement

Un traitement psychothérapique est indispensable.

Un traitement antidépresseur est prescrit en cas de dépression associée.
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Bronchiolite
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Les bronchiolites sont devenues depuis quelques années un problème de santé publique d'octobre à avril et de plus en plus de nourrissons sont hospitalisés pour détresse respiratoire grave secondaire à ces infections pulmonaires virales. Certains enfants présentent des récidives fréquentes. Le traitement est symptomatique et repose sur l'hydratation, l'oxygénothérapie (si nécessaire) et la kinésithérapie respiratoire.
La bronchiolite (broncho-alvéolite) est l'infection aiguë la plus sévère des voies respiratoires inférieures chez l'enfant de moins de 2 ans et surtout chez le nourrisson de moins de 6 mois. Certains enfants présentent des récidives fréquentes.
L'étiologie est virale dans la plupart des cas (virus respiratoire syncitial VRS etc.) mais peut être bactérienne (Hemophilus influenzæ etc...).
Principale cause des admissions à l'hôpital durant les périodes hivernales, la bronchiolite entraîne des problèmes de logistique (isolement, risque d'infections nosocomiales) et induit des difficultés d'accueil et des dépenses supplémentaires (infirmières, matériel médical, médicaments).
[?] Bronchiolite et asthme

Les rapports entre la bronchiolite et la maladie asthmatique sont encore très discutés. L'asthme peut être déclenché par une infection virale. De nombreux enfants ayant présenté une bronchiolite étant jeunes développent ensuite une authentique maladie asthmatique allergique.
On ne sait pas actuellement s'il s'agit d'une même maladie ou de deux affections différentes. Il semble qu'un certain nombre d'enfant souffrant de "bronchites asthmatiformes" dans le jeune âge feront de l'asthme plus tard et d'autre pas. Pour de nombreux spécialistes, l'existence de trois bronchiolites successives chez un nourrisson doit faire entreprendre un traitement préventif de la maladie asthmatique.
?] Les signes de la maladie

La bronchiolite dure de 7 à 10 jours.
Tout débute comme une banale infection des voies respiratoires supérieures : c'est un banal rhume avec fébricule, écoulement nasal, toux sèche inconstante.
Puis les difficultés respiratoires surgissent au moment des repas : la respiration est rapide et superficielle, le nourrisson halète, il boit de moins en moins bien. Il rejette ses biberons.
L'inspiration s'accompagne de signes de rétraction intercostale, sus et sous-sternale. On observe un battement des ailes du nez. On dit que l'enfant "creuse" pour respirer.
L'insuffisance respiratoire s'accompagne d'agitation, de pâleur et de cyanose.
La fièvre est discrète ou modérée.
A l'auscultation pulmonaire, le pédiatre peut entendre quelques râles disséminés et quelques sibilants (sifflements)
La radiographie pulmonaire montre une hyper-clarté pulmonaire, un abaissement des coupoles diaphragmatiques et une horizontalisation des côtes.
[?] Traitement

Au domicile :
Faire boire souvent et en petite quantité ;
Soulever le buste de bébé pour dormir à l'aide de coussins placés sous le matelas ;
Réduire la température de la chambre à 18°-19°C ;
Fractionner les repas ;
Humidifier l'air de la chambre ;
Donner du paracétamol en cas de fièvre ;
Donner un antitussif au début de la maladie quand la toux est sèche. Dès qu'elle devient grasse, cesser de le donner. Il faut respecter la toux grasse car elle permet l'évacuation des sécrétions bronchiques ;
Prévenir le médecin si le nourrisson de moins de 6 mois ne peut pas boire plus de la moitié de son biberon sans vomir ;
Ne pas fumer en présence de l'enfant ou dans une pièce où il peut séjourner ;
Se laver les mains avant de s'occuper de l'enfant ;
Porter un masque en cas de rhume.
Les antibiotiques n'ont pas d'intérêt dans cette maladie virale (le VRS ou virus respiratoire syncitial est en cause dans 70% des cas)
Ne pas s'inquiéter si l'enfant tousse longtemps. La toux après une bronchiolite dure au moins 15 jours sinon plus...
Le médecin :
Le médecin prescrira le traitement du catarrhe ORL initial : lavages de nez, aspiration des sécrétions nasales, désinfection rhino-pharyngée, fluidifiants des sécrétions (dont l'intérêt est discuté), humidification de l'air de la chambre.
Si les signes pulmonaires se confirment, le médecin prescrira un traitement dilatateur des bronches (Ventoline) par l'intermédiaire d'une chambre d'inhalation qui facilite l'administration chez les petits enfants (Babyhaler). Ce traitement n'est pas toujours efficace dans la bronchiolite. S'il l'est, il faut le continuer quelques jours.
Les corticoïdes sont parfois essayés mais la preuve de leur efficacité n'a pas été apportée
Si une surinfection est suspectée, après réalisation d'une radiographie des poumons, le médecin peut prescrire un antibiotique et parfois des séances d'aérosols.
La kinésithérapie respiratoire est le traitement le plus naturel des bronchiolites du nourrisson qui a des bronches très étroites vite encombrées, et ne sait pas tousser.
En cas d'aggravation malgré ce traitement ou en cas de terrain fragile (nourrissons de moins de 3 mois présentant un risque d'apnées), l'hospitalisation s'impose.
Le traitement hospitalier comporte :
L'humidification de l'air inhalé ;
Les aérosols d'oxygène avec des agents mouillants, des broncho-dilatateurs (Ventoline), des corticoïdes inhalés ;
Le gavage gastrique ou l'alimentation parentérale ;
L'antibiothérapie pour prévenir une surinfection pulmonaire ;
Le traitement postural : bébé installé en position semi-assise ;
La kinésithérapie respiratoire : flux expiratoire, drainage postural.
La ventilation assistée est parfois nécessaire après intubation trachéale.
Cette affection doit être traitée sérieusement car la mortalité n'est pas négligeable (de l'ordre de 5%) à la suite de complications : pneumothorax, insuffisance cardiaque, surinfection bactérienne.
Kinésithérapie respiratoire : les techniques d'accélération du flux expiratoire
Les gestes de kinésithérapie respiratoire peuvent vous paraître brutaux, pourtant ils sont indolores et très efficaces. Le kinésithérapeute va aider votre enfant à désencombrer ses voies aériennes. Il va utiliser la souplesse du thorax à cet âge pour obliger les sécrétions à remonter. Aux anciennes techniques de "clapping", se sont substituées des manoeuvres de désencombrement respiratoire. En appuyant pendant l'expiration sur le thorax et l'abdomen de l'enfant, le kinésithérapeute fait remonter les sécrétions du poumon vers la bouche et le force à cracher (flux expiratoire forcé). Ces séances durent 15 à 20 minutes, 1 à 2 fois par jour, pendant environ 6 jours, dimanches et jours fériés compris. Elles sont prises en charge par la Sécurité sociale. Après le passage du kinésithérapeute, le soulagement de l'enfant est visible et sa respiration facilitée.
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Les bronchites chroniques
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La bronchite chronique est une inflammation des bronches, provoquant toux et crachats pendant au moins 3 mois par an depuis plus de 2 années successives, en l'absence d'autre maladie respiratoire.
sa fréquence, son évolution possible vers l'insuffisance respiratoire chronique progressive et irréductible, si la thérapeutique et la prophylaxie sont négligées, la gravité de ses complications cardiaques en font toute l'importance.
La bronchite chronique est surtout une affection de l'homme de plus de cinquante ans, souvent obèse. Elle est particulièrement fréquente s'il vit exposé aux intempéries et aux poussières, s'il travaille dans de mauvaises conditions d'hygiène, et surtout s'il est fumeur.
La bronchite chronique est la suite logique d'un accès ou de plusieurs accès successifs de bronchites aiguës. Elle évolue en deux phases :
La bronchite chronique simple ;
La bronchite chronique compliquée d'insuffisance respiratoire progressivement irréductible.

[?] Causes et facteurs de risque

Les causes véritables de cette maladie sont mal connues mais il existe des facteurs favorisants :
Le tabac est la cause principale ;
La pollution atmosphérique et la pollution professionnelle ;
Le climat humide ;
L'hypersensibilité allergique ;
Les infections respiratoires à répétition ;
Le sexe masculin ;
La mucoviscidose, le déficit en alpha-1-antitrypsine.
L'évolution se fait progressivement vers l'insuffisance respiratoire chronique avec insuffisance cardiaque ventriculaire droite.


[?] Les signes de la maladie

La bronchite chronique simple ou catarrhale se traduit par de la toux et des crachats
Elle s'installe insidieusement. Le signe majeur en est l'expectoration fluide ou muco-purulente, voire franchement purulente et épaisse, plus abondante en hiver qu'en été.
Elle s'accompagne fréquemment des accès de toux. L'importance de ces sécrétions peut entraîner une gêne respiratoire (un essoufflement ou dyspnée) surtout à l'effort. A ce stade, la fonction respiratoire est encore préservée hormis lors des poussées infectieuses et fébriles.
Cette bronchite évolue en effet par poussées qui se traduisent par une recrudescence de l'expectoration et de la toux avec accentuation de la dyspnée.
L'auscultation révèle des râles nombreux et disséminés.
La radiographie pulmonaire ne montre pas d'opacité anormale. Des signes de sclérose ou d'emphysème pulmonaire sont parfois déjà notés.
La mesure du débit expiratoire de pointe, la spirométrie, la gazométrie artérielle permettent de suivre l'évolution.
La bronchite chronique compliquée se traduit par l'essouflement
Grande pourvoyeuse de l'insuffisance respiratoire chronique , la bronchite chronique parvenue à ce stade, se caractérise surtout par la dyspnée.
Le patient éprouve une difficulté de plus en plus grande à respirer.
Au début, cette dyspnée n'apparaît qu'à l'effort à la montée des escaliers par exemple.
Puis elle s'installe, réduisant l'existence du malade à une sorte de vie cloîtrée pénible aussi bien pour lui que pour sa famille.
La respiration est courte, rapide, irrégulière, superficielle. Le malade cherche son souffle même au repos.
Une cyanose (coloration bleuâtre de la peau et des muqueuses) apparaît, visible surtout aux lèvres et aux ongles.
La toux et l'expectoration persistent et s'accentuent.
L'examen clinique confirme le diagnostic.
Les signes d'insuffisance cardiaque droite apparaissent ensuite : gros foie, gonflement des chevilles (oedème malléolaire), turgescence des veines jugulaires au cou, cyanose, bruit de galop à l'auscultation du coeur (rythme à 3 temps), signes d'insuffisance ventriculaire droite à l'électrocardiogramme.
La numération formule sanguine montre une polyglobulie (augmentation du nombre des globules rouges).
La radiographie des poumons confirme le diagnostic :
Distension pulmonaire prédominant aux sommets ;
Trame bronchique accentuée ;
Gros coeur ;
Artères pulmonaires dilatées.
La spirométrie chiffre le déficit pulmonaire.
L'exploration fonctionnelle respiratoire met en évidence un syndrome obstructif et permet de suivre l'évolution. L'étude des gaz du sang montre une hypoxie (baisse de l'oxygène du sang) et une hypercapnie (augmentation du gaz carbonique).


[?] Complications?

Le malade souffrant de bronchite chronique est menacé à tout moment d'insuffisance respiratoire aiguë :
Lors d'une infection respiratoire virale ou bactérienne (haemophilus influenzae, streptocoques, pneumocoques, mycoplasmes...) ;
Lors d'une embolie pulmonaire ou d'un oedème aigu du poumon ;
Lors d'un pneumothorax ;
En cas d'abus de sédatifs : opiacés, tranquillisants, barbituriques inhibant les centres nerveux respiratoires.
L'insuffisance respiratoire aiguë doit entraîner une hospitalisation d'urgence. Les signes sont :
Des troubles de la conscience allant de la confusion au coma ;
Un tremblement irrégulier (asterixis) ;
Des sueurs avec hypertension artérielle, tachycardie, troubles du rythme cardiaque ;
Un encombrement bronchique majeur avec dyspnée, polypnée et cyanose importantes ;
Une insuffisance ventriculaire droite : oedèmes des membres inférieurs, gros foie, reflux hépato-jugulaire ;
Une hypoxie avec hypercapnie et acidose gazeuse.
La bronchite chronique peut également se compliquer de :
Insuffisance cardiaque droite ;
Emphysème centro-lobulaire (dilatation des bronchioles et des alvéoles).



[?] Diagnostic différentiel

Au stade de bronchite chronique simple, le médecin doit évoquer les autres maladies pouvant se traduire par une toux et une expectoration chroniques :
Une dilatation des bronches ou bronchectasie ;
Une infection chronique des voies aériennes supérieures (sinusite etc) ;
Une tuberculose pulmonaire ;
Un cancer broncho-pulmonaire...
Au stade de bronchite chronique obstructive, le médecin doit évoquer les autres causes de bronchopneumopathies chroniques obstructives :
Bronchite chronique asthmatique ;
Emphysème diffus primitif.
[?] Traitement

(voir Traitement BCPO)

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Bronchites aiguës
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La bronchite aiguë est une inflammation aiguë de la muqueuse bronchique et souvent de la trachée, faisant suite à une infection bactérienne - pneumocoques, streptocoques, staphylocoques, haemophilus ou bacille de Pfeiffer – ou virale : virus de la grippe etc....

Microbes et virus ne sont cependant pas seuls en cause. Toutes les sources de pollution atmosphérique sont des facteurs de bronchite. Les fumées, le tabac, l'inhalation de substances irritantes, les gaz toxiques sont autant de sources d'irritation et d'infection bronchiques.

Un certain nombre de professions prédisposent aux bronchites : industries métallurgiques ou chimiques, industries textiles (inhalation de poussières de coton, de lin, de chanvre), manipulation de vieux chiffons, industries de transformation des végétaux (fabrication de papier à cigarette, de panneaux isolants, des tourteaux, des engrais), inhalation de la farine chez les boulangers ou de foin moisi chez les fermiers, industries minières, carrières de pierre...Les bronchites peuvent avoir également une origine allergique dues à des poussières végétales, animales ou minérales.


[?] Les signes de la maladie

La maladie se voit surtout en hiver.

Le début est en général marqué par un catarrhe des voies aériennes respiratoires supérieures : écoulement nasal, pharyngite, laryngite.
Puis l'infection descend et touche les bronches moyennes. En 2 à 4 jours, la bronchite "tombe sur la poitrine"!

La toux d'abord sèche, quinteuse, rauque, douloureuse, sifflante devient humide, grasse et rapporte bientôt des crachats mucopurulents.

A l'auscultation, le médecin entend des râles bronchiques, des ronchus et sibilants. L'altération de l'état général, la fièvre sont variables.


[?] Examens et analyses complémentaires



La radiographie des poumons confirme l'absence de foyer systématisé et élimine ainsi le diagnostic de pneumonie

[?] Evolution de la maladie

Le pronostic est habituellement bon sous réserve d'un traitement efficace. La fièvre régresse. Les crachats deviennent clairs.


La maladie peut être plus grave chez les asthmatiques, les insuffisants respiratoires, le nouveau-né et le nourrisson.


[?] Traitement

Il repose sur :

Le repos au lit ;
L'humidification de l'air, l'abondance des boissons ;
Un sédatif de la toux à la phase de toux sèche ;
Un fluidifiant à la phase humide ;
Un antibiotique lorsque la bronchite survient sur un terrain fragile (insuffisant respiratoire chronique, jeune enfant, personne âgée, diabétique etc...).

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Le bruit
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Notre vie quotidienne est placée sous le signe du bruit : klaxons intempestifs des voitures, pétarades de motos, chaîne Hi-Fi ou tondeuse à gazon du voisin...Ces nuisances altèrent insidieusement notre santé : sommeil perturbé, stress, baisse de l'acuité auditive...La seule mesure qui s'impose est de se défendre contre les nuisances et ceux qui les produisent.

Le grand public est peu averti des dommages posés par les bruits sur l'audition.

Les bruits peuvent provoquer des lésions irréversibles des structures sensorielles de l'oreille interne, lésions dont l'aboutissement final est la surdité.

La situation est alarmante, surtout chez les jeunes. Dans une étude récente réalisée par l'Armée Norvégienne, les pertes auditives supérieures à 20 décibels aux fréquences élevées sont mesurées chez 35% des conscrits alors que ce pourcentage était inférieur à 15% il y a 10 ans.

Alors que la protection contre les bruits industriels a fait d'importants progrès, l'exposition aux bruits lors des activités de loisirs (110 db dans les discothèques et les concerts rock, 90 db avec les balladeurs ou walkmans , les pots d'échappement des motos) a pris une importance catastrophique.

On sait maintenant par quel mécanisme le bruit détruit les cellules sensorielles de l'oreille.

Chez le foetus, les cellules sensorielles (cellules ciliées) sont au nombre de 15000 par oreille à la fin de la grossesse. Ces cellules ne régénèrent pas et meurent progressivement tout au long de la vie. On estime qu'un enfant peut capter jusqu'aux fréquences de 20 000 Htz alors que l'adolescent de 18 ans ne perçoit plus qu'à 16 ou 18 000 Htz et la personne de 50 ans 12 000 Htz.

Ces cellules sont de plus en plus fragiles.

Il est facile de décrire le mécanisme physiologique de la perception d'un son. Ce dernier est une énergie qui arrive d'abord sur les cellules ciliées externes amplificatrices qui transmettent le message aux cellules ciliées internes. Si le message est trop fort, il casse à la racine les cellules ciliées externes très rigides et donc fragiles. Une fois rompu, le cil meurt sans être remplacé. Cette destruction peut être progressive (exposition prolongée à des bruits importants) ou immédiates (détonation violente, bruits de canon).

Une destruction progressive provoque une détérioration imperceptible de l'acuité auditive puis des difficultés de compréhension de la parole surtout en ambiance bruyante et enfin une surdité réelle à plus ou moins long terme.
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# Posté le mardi 29 mai 2007 22:27
Modifié le mercredi 30 mai 2007 17:12

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 C
les maladie seron de couleur rouge et la definition en verts et les questions en jaune

Calvitie (alopécie)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?




Voir aussi notre dossier : Bien dans ses cheveux, bien dans sa tête !
Hommes : des cheveux à toute épreuve

Calvitie (alopécie)


[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'alopécie est une chute de cheveux sur tout ou partie du cuir chevelu. Le terme vient de alopex (renard) à cause de la chute annuelle des poils de cet animal.La calvitie est l'absence de cheveux.

Les causes sont nombreuses mais on peut les classer en trois groupes :

Les alopécies congénitales sont très rares ;
Les alopécies circonscrites sont des plaques de cuir chevelu où il n'y a plus de cheveux. Elles traduisent une pelade ou les teignes ;
Les alopécies diffuses aiguës ou progressives.
Causes d'alopécie diffuse la perte de cheveux peut être brutale, aiguë

Certaines alopécies sont aiguës et se voient en cas d'agressions ou de stress, d'infections fébriles (leptospirose, typhoide...), après une opération, un accouchement, une anesthésie générale, un état de fatigue, une radiothérapie ou une chimiothérapie.

Des causes toxiques sont fréquentes : médicaments, intoxications alimentaires ou professionnelles (voir tableau)...

La perte de cheveux est plus souvent progressive, chronique

En général, l'alopécie est diffuse et progressive, d'origine séborrhéique. Elle apparaît vers 20 ans et est d'autant plus importante qu'elle débute précocement.
Chez l'homme, l'alopécie élargit d'abord les tempes et s'étend ensuite au sommet du crâne.
Elle est possible chez les femmes, en particulier après la ménopause.

D'autres causes sont toujours recherchées :

La pelade ;
La syphilis ;
Les causes externes (brushing, permanente...) ;
La trichotillomanie ;
Troubles endocriniens (hypothyroïdie, hypopituitarisme...) ;
Troubles métaboliques (anémie, régime amaigrissant...
Diagnostic

Plusieurs tests sont réalisés par les spécialistes du cuir chevelu.

Le test de traction est facile à réaliser. Il permet d'évaluer grossièrement l'intensité et la localisation de la chute.

Sur un cuir chevelu non lavé depuis trois jours, une touffe d'une dizaine de cheveux est prise entre le pouce et l'index en trois points du cuir chevelu : fronto-temporal, pariétal et occipital. La cotation est de 1 à 3 croix (X à XXX). Une chute est considérée comme anormale si elle est égale ou supérieure à trois croix.

Le trichogramme permet également de préciser les choses. Une touffe d'une trentaine de cheveux prélevés à la pince est examinée au microscope.

Les aspects normaux des différents stades sont :

Anagène, le bulbe foncé entouré de ses gaines épithéliales internes et externes;
Télogène, le bulbe se décolore, devient massué, clair, complètement kératinisé et entouré d'un sac épithélial transparent. Le rapport anagène/télogène est pathologique s'il est inférieur à 3.
Le tractiophototrichogramme est l'examen macrophotographique répété d'une surface repérée de 0,25 cm2 du cuir chevelu. L'examen objective l'intensité et l'évolutivité de la chute. Les cheveux télogènes sont éliminés par traction et seuls resteront sur cette surface les cheveux anagènes. Le rapport anagène/télogène est considéré comme pathologique s'il est inférieur à 15.

Importance du dégarnissement

L'examen clinique doit préciser le stade évolutif de l'alopécie, les critères d'évolutivité et les signes associés.

Traitement Les médicaments antialopéciques (liste)
Les dérivés soufrés : Il s'agit surtout de la cystine. Utilisée seule ou en association avec la vitamine B6, elle est souvent le premier traitement proposé par le pharmacien ;
Vitaminothérapie : il s'agit des vitamines B5 (Dexpanthénol), B6 (pyridoxine) et B7 (vitamine H ou biotine). Ces vitamines seraient bénéfiques pour le follicule pileux ;
Le minoxidil : le minoxidil est efficace en application locale sur le cuir chevelu. Bien que le mécanisme d'action soit inconnu, il stimule la pousse des cheveux après 4 mois de traitement chez certaines personnes présentant une alopécie androgénique. A l'arrêt du traitement, il y a un arrêt de la repousse et retour à l'état initial ;
Le finastéride : le finastéride est le dernier médicament mis sur le marché pour le traitement de l'alopécie androgénique. Il est d'ailleurs sur ordonnance à la différence des autres. Il agit par blocage d'une enzyme responsable de la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone au niveau des follicules pileux. Il permettrait une augmentation du nombre de cheveux de 10 % en 1 à 2 ans de traitement.
Les techniques chirurgicales

Le but des traitements chirurgicaux est de répartir de façon homogène les cheveux définitivement persistants de la couronne chez l'homme ou de la région occipitale médiane chez la femme sur les régions clairsemées ou complètement chauves.

Il s'agit des mini et microgreffes dans les deux sexes, des petits lambeaux et des réductions de tonsure chez l'homme exclusivement.

Chez la femme, seules les mini et microgreffes peuvent être préconisées car seule la région donneuse médio-occipitale a une densité capillaire suffisante.

Les techniques sont nombreuses.

Les greffes sont pratiquées sous anesthésie locale. Les prélèvements sont effectués dans la région de la nuque, sous forme de cylindre de 4 mm de diamètre. Ils laissent des cicatrices qui font ressembler la nuque à une passoire. Certains chirurgiens juxtaposent les prélèvements et ferment par une cicatrice linéaire.

Les greffons sont implantés dans des puits sur la zone receveuse, sans suture, en respectant la direction naturelle des cheveux et en laissant un espace glabre entre ces puits. Le chirurgien implante 50 à 100 greffons par séance. Des croûtes se forment sur les greffons qui tomberont en 3 semaines. Les cheveux recommencent à pousser vers le 3ème mois. On obtient 10 à 50 cheveux par greffon. On compte environ 3 à 4 mois entre deux séances d'implantation sur un même site. Pour couvrir correctement la région frontale, il faut 3 ou 4 implantations, soit 200 à 250 greffons alors que les réserves sont d'environ 500.

Les microgreffes de 3 ou 4 cheveux et les mini-greffes d'un seul cheveu sont des techniques récentes qui obtiennent une dispersion plus naturelle des cheveux. Il faut de nombreuses séances opératoires pour couvrir une certaine surface.

La technique des lambeaux simples consiste à déplacer une bande de cheveux mesurant 3 cm de large et plus ou moins longue sur la ligne frontale.

Par rapport aux greffes, les lambeaux ont l'avantage d'apporter des cheveux en un temps sans chute temporaire et répartis de façon homogène et dense. Mais l'étroitesse de ces lambeaux fait que la zone couverte est minime. Ils sont donc indiqués dans les calvities frontales pas trop étendues et tardives. Sinon, chez un grand chauve dont l'alopécie mesure souvent de 20 à 23 cm d'avant en arrière et de 10 à 12 cm en largeur, le lambeau devra être complété par des réductions tonsurales (de 3 à 5) et des greffes (3 à 4).

La technique du lambeau expansé consiste à placer par une petite incision derrière l'oreille, sous la peau du cuir chevelu, en regard de toute la couronne porteuse des cheveux définitifs, deux ballons expanseurs souples en silicone. Ils sont munis d'une valve perçue sous la peau qui permet de les remplir avec du sérum physiologique à l'aide d'une seringue et d'une aiguille. En les remplissant, le cuir chevelu en regard se tend puis se relâche et se distend. En procédant ainsi deux fois par semaine, on arrive à accroître progressivement la surface du cuir chevelu, un peu comme cela se produit physiologiquement quand la peau d'un enfant grandit, mais plus vite dans ce cas. Le cuir chevelu ainsi expansé conserve toutes ses qualités, notamment son épaisseur. Les cheveux ne sont en rien altérés. Ils continuent à pousser normalement. Ils sont simplement légèrement écartés les uns des autres, mais cela n'est pas visible.

Une expansion suffisante est acquise en 6 à 7 semaines permettant de gagner ainsi 20 cm en circonférence. On peut alors déplacer le vaste lambeau expansé de la taille d'une raquette de ping-pong (13 cm de large sur 18 cm de long) provenant de la nuque derrière une oreille, d'un côté ou de l'autre. On place très aisément ce vaste lambeau sur le sommet de la tête où il va prendre la place de la zone chauve qui est tout simplement enlevée. Grâce à l'excès de cuir chevelu donné par l'expansion, la zone donneuse est facilement fermée par simple rapprochement.

Les perruques avec collage antérieur et fixation sur les cheveux peuvent être une solution pour les patients qui ne souhaitent pas de traitement chirurgical. Elles sont aujourd'hui très bien adaptées.

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Cancer de la prostate
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent de l'homme. Il représente la deuxième cause de mortalité par cancer chez l'homme.

Ces dernières années, le nombre de nouveaux cas a considérablement augmenté dans les pays en voie de développement en raison de la diffusion de son dépistage, qui permet de prendre encharge la maladie de facon plus précoce.

[?] Causes et facteurs de risque

Le cancer de la prostate survient chez l'homme de plus de 45 ans. Sa fréquence augmente avec l'âge. Il est quasi-constant chez les sujets de 100 ans.

Il existe un facteur ethnique important, et la population la plus touchée est la population noire américaine. A l'inverse, le cancer de la prostate est très rare chez les asiatiques.

Certains facteurs génétiques ont été mis en évidence dans les populations à risque.

Certains facteurs environnementaux, en particulier alimentaires, sont probablement en cause mais restent à l'étude.



[?] Les signes de la maladie

Très souvent, le cancer de la prostate évolue sans le moindre symptôme. En effet, contrairement à l'hypertrophie bénigne (adénome), le cancer se développe en périphérie de la prostate à distance de l'urètre. Il n'est donc que rarement responsable de troubles urinaires.

A un stade localement évolué, le cancer de la prostate peut entraîner des troubles urinaires : difficultés à uriner, besoins fréquents, sang dans les urines...

A un stade très avancé, il peut être responsable de douleurs au niveau de l'anus et du rectum (par compression du rectum) ou de coliques néphrétiques (par compression ou envahissement d'un uretère).

Au stade des métastases à distance, il peut engendrer des douleurs osseuses et/ou une altération de l'état général : dégoût des aliments, perte de poids, fatigue



[?] La consultation

L'acte important de la consultation dans le cadre du dépistage de ce cancer est le toucher rectal. Typiquement, la prostate contient alors un ou plusieurs nodules durs, dont les contours sont irréguliers.

Un toucher rectal normal n'élimine pas la présence d'un cancer car d'une part certains cancers débutants ne sont pas palpables, et d'autre part le toucher rectal ne permet pas d'examiner toute la glande.


[?] Examens et analyses complémentaires

Le dosage sanguin du PSA (prostate specific antigen) est le seul examen complémentaire fondamental. Le PSA est fréquemment élevé mais peut être normal. Son degré d'élévation est proportionnel à l'extension du cancer, de sorte que le taux de PSA donne une idée de la diffusion du cancer. Il existe d'autres causes d'élévation du PSA comme l'adénome, l'infection ou les traumatismes de la prostate.

Un taux de PSA modérément élevé peut être expliqué par la présence d'un adénome de prostate. Il peut être alors nécessaire de surveiller l'évolution du PSA à plusieurs mois d'intervalle. Une élévation rapide traduira la présence d'un cancer tandis qu'une stabilité ou une élévation lente sera en faveur d'un adénome.

Le dépistage du cancer de la prostate repose sur un dosage annuel du PSA (associé à un toucher rectal) chez les hommes de plus de 50 ans ou plus jeunes dans les populations à risque.

Le PSA permet de détecter un grand nombre de cancers débutants alors que l'examen est normal.

En cas d'élévation suspecte du PSA et/ou d'anomalie au toucher rectal, il faut réaliser des biopsies (prélèvements à l'aiguille) de la prostate qui seules permettront d'affirmer le diagnostic.

L'échographie prostatique réalisée par l'intérieur du rectum peut montrer une zone suspecte et une vascularisation importante (présence de nombreux vaisseaux). Certaines équipes l'utilisent dans le dépistage du cancer de la prostate, mais son intérêt est très discuté.

En cas de cancer prouvé par les biopsies, un bilan de l'extension du cancer est nécessaire avant de proposer un traitement. Ce bilan inclue un scanner abdominal et pelvien à la recherche d'une diffusion ganglionnaire. Une scintigraphie osseuse est réalisée en cas de suspicion de diffusion dans les os (métastases osseuses) ou lorsque le PSA est très élevé.

Pour certains, la réalisation systématique d'une IRM par voie rectale permet une meilleure appréciation de l'extension locale du cancer.

Biopsies de la prostate (prélèvements de fragments de prostate)

Elles seules permettent d'affirmer avec certitude l'existence du cancer et de préciser ses caractéristiques microscopiques.

Le nombre de biopsies réalisées est variable. Les biopsies sont prélevées par voie rectale sous contrôle de l'échographie ou du doigt de l'opérateur. Elles peuvent être réalisées en consultation sous anesthésie locale.


[?] Evolution de la maladie

Elle dépend essentiellement du stade de la maladie au moment du diagnostic. Lorsque le cancer est limité à la prostate, la probabilité de guérison après traitement est très élevé. Lorsque le cancer a franchi les limites de la prostate, le pronostic est moins bon. Le risque est l'extension locale vers la vessie, les uretères (canaux qui acheminent l'urine des reins vers la vessie), le rectum et les ganglions du pelvis. Il existe surtout un risque de métastases dans les os et d'envahissement de la moelle osseuse.

[?] Traitement


Selon le stade du cancer, la présence de métastases et l'age du patient, le médecin choisira entre plusieurs traitements.

En cas de cancer localisé, il existe principalement 3 types de traitement :

Prostatectomie radicale : ablation de la prostate. Cette intervention peut se faire par une ouverture classique sous l'ombilic ou par coelioscopie (caméra introduite dans la région opératoire et incisions réduites). La prostatectomie donne de bons résultats en terme de guérison mais possède des complications dont les plus importantes sont l'impuissance et le risque d'incontinence ;
Radiothérapie externe (rayons envoyés depuis l'extérieur du corps) : Elle est également efficace et possède les mêmes complications auxquelles s'ajoutent les complications liées aux rayons ;
Brachythérapie : ce traitement, proposé dans quelques centres, consiste à implanter dans la prostate des grains radioactifs qui vont détruire les cellules cancéreuses. La brachythérapie a fait la preuve de son efficacité aux Etats-Unis; elle est en cours d'évaluation en France.
En cas de cancer avancé ou avec métastases, le traitement est hormonal.

Il s'agit le plus souvent d'un traitement médicamenteux par comprimés ou injections sous-cutanées. Les principaux médicaments utilisés sont :

Les estrogènes et en particulier le diéthylstilbestrol. Ils sont de moins en moins utilisés car ils ont des effets indésirables et des contre-indications ;
Les antiandrogènes. Ils inhibent l'action des androgènes (hormones mâles) responsables d'une stimulation et du développement de la tumeur ;
Les analogues de la GnRH. Ils empêchent la GnRH (Gonadotropin Releasing Hormone ou gonadolibérine) naturelle (aussi appelée LH-RH) d'agir et de stimuler la production d'androgènes.
Un traitement de la douleur et des complications (désobstruction d'un envahissement de l'urètre par exemple) peut être associé au traitement de fond.

Le traitement hormonal a dans la majorité des cas une action au début de la prise en charge mais il peut devenir inefficace après quelques années. Un nouveau traitement est alors instauré (chimiothérapie, traitement radioactif...). L'estramustine peut être utilisée éventuellement en association avec un traitement hormonal.

Une castration chirurgicale (ablation de la pulpe des testicules) peut aussi être pratiquée. Elle permet d'empêcher purement et simplement la sécrétion des androgènes. L'efficacité de cette ablation est similaire à celle d'une castration chimique par les estrogènes ou les analogues de la GnRH.

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Cancer du col de l'utérus
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est, après le cancer du sein, un des plus fréquents des cancers de la femme.

On compte tous les ans 23 nouveaux cas pour 100 000 femmes.

Il survient chez la femme avant la ménopause le plus souvent

[?] Anatomie

L'anatomopathologie permet de distinguer au microscope deux cas très différents.

La partie superficielle du col de l'utérus est un épithélium. Le cancer du col de l'utérus est un épithélioma.

Entre la partie extérieure du col (exocol) et la partie intérieure (endocol), existe une zone de jonction qui est la zone fragile où débute en général la cancérisation.

L'épithélium se compose d'une couche superficielle et d'une couche profonde. Ces deux couches sont séparées par une formation histologique appelée lame basale.
Lorsque la lame basale n'est pas touchée, seules les cellules épithéliales sont modifiées en surface ; il s'agit d'un épithélioma intra-épithélial ou épithélioma pré-invasif ou cancer au stade 0 ou cancer in situ.

Lorsque les cellules cancéreuses ont perforé la lame basale et envahi le tissu conjonctif sous-jacent, il s'agit d'un cancer invasif.



[?] Facteurs favorisants

Les infections vaginales et cervicales (herpès génital HSV de type 2, condylomes ou infections à papillomavirus du groupe herpès HPV) ;
Les remaniements de la muqueuse d'origine hormonale : les états dysplasiques et inflammatoires du col sont considérés comme des états précancéreux ;
Le nombre de grossesses supérieur à 1 ;
La précocité des rapports sexuels ;
Le changement fréquent de partenaires ;
Le tabagisme ;
L'exposition in utero au DES (diéthylstilbestrol).
Le cancer du col est possible pendant une grossesse.


[?] Les signes de la maladie

L'épithélioma non invasif in situ est totalement muet : il n'y a aucun symptôme. C'est une découverte d'examen systématique du col fait dans le cadre du bilan gynécologique annuel ou au cours de la surveillance médicale d'un état inflammatoire ou d'une dysplasie cervicale (polype, ulcération etc...)

Lorsque le cancer fait parler de lui, la patiente consulte en général pour des pertes de sang (métrorragies ) souvent provoquées (rapports sexuels, toilette intime etc.). Des leucorrhées (pertes blanches) indolores sont parfois associées.

De toute façon des frottis cervicovaginaux sont pratiqués, ainsi qu'une colposcopie, qui vont permettre la biopsie.

L'examen au spéculum peut aussi révéler la lésion bourgeonnante ou ulcérée.

Le frottis cervicovaginal

Le frottis cervical est un examen simple. Il consiste à prélever des cellules du col de l'utérus par un simple grattage indolore, et d'étaler ce prélèvement sur une lame. Après fixation, les lames sont examinées au microscope par un médecin spécialisé dans cette lecture, l'anatomo-pathologiste.

Celui-ci décrit dans son compte-rendu les cellules qu'il a vues et peut classer le frottis en classes I à V, mais cela n'est plus absolument nécessaire, la description des cellules suffisant à départager ce qui est normal de ce qui est suspect ou franchement pathologique.

Il est recommandé de pratiquer deux frottis à un an d'intervalle à toutes les femmes ayant des rapports sexuels, et ce à partir de l'âge de 25 ans. Il semble suffisant ensuite de contrôler un frottis normal tous les trois ans, jusqu'à l'âge d'environ 65 ans. Cette fréquence peut être augmentée si le médecin le juge nécessaire.

En cas de dysplasie, celle-ci est classée (classification de Bethesda) en fonction de son importance en CIN (néoplasie intra-épithéliale cervicale) I, II, ou III. La présence de koïlocytes signe une infection à papillomavirus et est un équivalent de CIN I. Si une surveillance étroite, tous les deux ou trois mois peut suffire devant un CIN I, la biopsie cervicale sous contrôle colposcopique s'impose devant un CIN II ou III.

Le compte rendu du frottis cervicovaginal va décrire les cellules épithéliales observées, l'état hormonal, la présence éventuelle d'une inflammation, de lésions dystrophiques ou métaplasiques, de signes d'infection virale à papillomavirus (HPV) ou de néoplasies.

Le frottis cervical est donc un examen important, car il est simple, indolore, et permet de dépister les lésions à leur tout début, à un stade où le traitement est extrêmement efficace.

La colposcopie après application d'une solution de Lugol (test de Schiller) permet de guider la biopsie fondamentale pour le diagnostic.

Il est parfois nécessaire d'effectuer une biopsie étendue (conisation du col).

Le bilan de l'extension du cancer

L'extension est surtout loco-régionale et lymphatique.
L'extension de la tumeur se fait localement vers le vagin, la vessie, le rectum, les uretères.
L'extension lymphatique se fait vers la paroi pelvienne.
Les métastases sont toujours tardives (foie, poumons)

Ce bilan est très important puisque le traitement et le pronostic en dépendent.
Les touchers pelviens (toucher vaginal et toucher rectal) sont complétés par les examens complémentaires :

Cystoscopie (état de la vessie) ;
Rectoscopie et lavement baryté (état du rectum) ;
Hystérographie (état de l'utérus et des trompes) ;
Urographie intraveineuse (état des uretères et des reins) ;
Lymphographie (extension ganglionnaire lymphatique) ;
Scanner et imagerie par résonance magnétique si nécessaire.
A la suite de ce bilan, il devient possible de classer le stade de la tumeur, ce qui va guider le traitement

[?] Pronostic

Quand le diagnostic est fait au tout début, la guérison est complète dans la presque totalité des cas.

[?] Traitement

Il utilise la radiothérapie (curiethérapie utérovaginale et cobaltothérapie) et la chirurgie. La chimiothérapie est utilisée dans certains cas.

La curiethérapie utérovaginale consiste à mettre une source radioactive dans la cavité utérine et le vagin au contact direct de la tumeur. Le principe d'une dose homogène élevée, dans un petit volume, est à la base de l'efficacité et de la bonne tolérance de la curiethérapie. L'applicateur est mis en place sous anesthésie générale. Une fois en place, il est chargé dans un deuxième temps grâce à un projecteur de sources. La dosimétrie est pratiquée par ordinateur.

Au stade de cancer in situ, l'intervention peut se limiter chez la femme jeune désirant encore des enfants à une simple conisation ou amputation du col sous couvert d'une surveillance attentive. Chez la femme plus âgée, l'ablation de l'utérus ( hystérectomie totale simple) est réalisée.

Dans des formes plus avancées, une chirurgie plus large est pratiquée, et peut être associée à une radiothérapie externe du petit bassin.


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Cancer du corps de l'utérus (cancer de l'endomètre )
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est un cancer développé à partir de la muqueuse (endomètre) qui tapisse l'intérieur de l'utérus. Il survient plus souvent après la ménopause. C'est le plus souvent un carcinome (cancer de l'endothélium).

Il touche 10 à 40 femmes pour 100 000.



[?] Causes et facteurs de risque

Obésité, hypertension artérielle, diabète sucré ;
Ménopause tardive ;
Nulliparité (le fait de ne pas avoir eu d'enfant) ;
L'absence de rapport sexuels.

[?] Les signes de la maladie

L'hémorragie utérine (métrorragie ), isolée et spontanée, chez une femme qui n'a plus ses règles puisqu'elle est ménopausée est le symptôme majeur. Le diagnostic est plus difficile lorsque l'hémorragie atteint une femme qui est encore plus ou moins bien réglée aux alentours de la ménopause, il peut s'agir de ménorragies (règles plus abondantes) ou de métrorragies.

Devant ces métrorragies, l'examen direct au spéculum, puis les frottis vaginaux, le test de Schiller, la colposcopie, montrent en général un col utérin normal. Les touchers pelviens (TV et TR) sont souvent normaux


[?] Examens et analyses complémentaires

La radiographie (hystérographie) ou l'hystéroscopie peuvent montrer des images typiques, préciser l'extension et le siège des lésions.

Le curetage ou la biopsie sous anesthésie générale permettent le diagnostic.
Les autres examens complémentaires sont utiles pour le bilan d'extension : cystoscopie, urographie intraveineuse etc.



[?] Diagnostic différentiel

Le cancer du corps de l'utérus est la première cause à rechercher chez une femme ménopausée qui présente des hémorragies utérines. Ce n'est qu'après avoir éliminé un tel diagnostic que les autres hypothèses sont soulevées : vaginite, métrite, métrorragies dues à la prise d'oestrogènes etc...




[?] Pronostic

Quand le diagnostic est suffisamment précoce, la guérison est habituelle.

[?] Traitement

Le traitement repose sur l'ablation chirurgicale de l'utérus et des annexes, ovaires et trompes (hystérectomie totale avec annexectomie bilatérale), la lymphadénectomie (exerese des ganglions) complétée éventuellement par la curiethérapie (mise en place de produits radio-actifs au contact de la tumeur) ou une radiothérapie externe.

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Cancer du larynx
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Ce cancer, favorisé par l'alcool et le tabac, se voit surtout chez l'homme après 50 ans.

[?] Les signes de la maladie

Le signe révélateur est une dysphonie progressive : le patient se plaint d'un enrouement . La dyspnée (gène à la respiration), la dysphagie (difficulté pour avaler), sont beaucoup plus tardives.

Tout enrouement chronique nécessite un bon examen laryngologique direct.

L'ORL examine sous anesthésie locale le larynx grâce au miroir laryngé. La tumeur est ainsi observée.
Le médecin apprécie ensuite la mobilité du larynx et recherche des ganglions palpables.

L'examen endoscopique (laryngoscopie) recherche une localisation cancéreuse oesophagienne et permet la biopsie à la pince de la lésion.


[?] Diagnostic différentiel

Tumeurs bénignes du larynx (polypes des cordes vocales, nodules vocaux...) ;
Tuberculose laryngée ;
Laryngite chronique (qui peut dégénérer) ;
Atteinte neurologique des cordes vocales.

[?] Traitement

Le traitement est chirurgical. La cobaltothérapie a des indications

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Cancer du pancréas
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit dans la très grande majorité des cas de cancers du pancréas exocrine.

Il s'observe surtout après 40 ans et surtout chez l'homme.

Il peut toucher la tête du pancréas dans 80% des cas, ou le corps et la queue du pancréas.



[?] Causes et facteurs de risque

La cause en est inconnue.

Il serait plus fréquent chez le diabétique et en cas de pancréatite chronique.

Certains facteurs favorisants seraient en cause :

- Le tabac ;

- Un régime riche en graisses et en protéines animales...

[?] Les signes de la maladie

Deux sortes de troubles peuvent révéler le cancer du pancréas : des signes de compression et des signes d'insuffisance sécrétoire.

En effet, la tumeur pancréatique va comprimer les organes de voisinage : voie biliaire, estomac, duodénum, plexus nerveux, vaisseaux...

L'insuffisance de sécrétion pancréatique provoque une diarrhée grasse (stéatorrhée). Une atteinte associée du pancréas endocrine provoque un diabète.

Trois symptômes dominent :

- La jaunisse (ictère par rétention) surtout dans le cancer de la tête du pancréas. La vésicule biliaire est distendue et palpable.

- Des douleurs violentes irradiant dans le dos et sous les côtes à gauche, parfois calmées lorsque le patient se penche en avant (antéflexion) ou lorsqu'il prend de l'aspirine.

- Un amaigrissement.

- Dans le cancer du corps et de la queue du pancréas, le foie est souvent très volumineux. Il peut y avoir des varices oesophagiennes, une grosse rate...



[?] Examens et analyses complémentaires

Les examens biologiques comprennent : glycémie et hyperglycémie provoquée par voie orale, amylasémie et amylasurie, bilan hépatique, dosage de la stéatorrhée, tubage duodénal.

L'antigène carcino-embryonnaire est parfois augmenté.

Les antigènes CA 19.9 et CA 50 sont utiles au cours de la surveillance, mais ils ne sont pas spécifiques.

Les signes de compression tumorale peuvent être vus par radiographie des voies biliaires mais la tumeur peut être mise en évidence par échotomographie, tomodensitométrie, ou cholangiopancréatographie rétrograde par cathétérisme endoscopique de l'ampoule de Vater.

La laparoscopie est parfois nécessaire au diagnostic


[?] Traitement

En fonction du siège de la tumeur, le chirurgien enlève :

- La queue du pancréas avec la rate en cas de cancer de la queue ;

- Tout le pancréas (pancréatectomie totale) ;

- Une duodéno-pancréatectomie céphalique (DPC) en cas de cancer de la tête avec anastomose au jéjunum de l'estomac, du canal cholédoque et du canal de Wirsung.

On utilise éventuellement des procédés chirurgicaux (dérivation biliaire et/ou gastro-entérostomie), certains médicaments : antalgiques, Questran, extraits pancréatiques, chimiothérapie, radiothérapie.

Les tumeurs endocrines du pancréas

Elles sont rares. Elles peuvent être isolées ou s'intégrer dans une néoplasie endocrinienne multiple. Les symptômes sont fonction de l'hormone sécrétée :

- Insuline : hypoglycémies ;

- Gastrine : syndrome de Zollinger-Ellison avec diarrhées et ulcères digestifs ;

- Polypeptide intestinal vasoactif (VIP) : syndrome de Verner-Morrison ou choléra pancréatique (diarrhée intense)

- Glucagon : diabète,...

- Somatostatine (diabète, stéatorrhée).



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Cancer du rein de l'adulte
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Il représente environ 1 à 2% des cancers de l'adulte. Il touche en général un homme entre 50 et 60 ans, le tabagisme est un facteur de risque.

[?] Les signes de la maladie

Les signes révélateurs d'un cancer du rein, ceux qui inquiètent le patient, sont variables :

Une hématurie (urines rouges) est le signe primordial; le patient a des urines sanglantes de temps en temps ;
Des douleurs lombaires ;
Un varicocèle récent ;
Un syndrome paranéoplasique (fièvre au long cours, polyglobulie, hypercalcémie...) ;
Une métastase (poumons, os, cerveau...) ;
Une hypertension artérielle ;
Une fièvre isolée, une perte de poids, une anémie.
De plus en plus souvent, les cancers du rein sont découverts de façon fortuite grâce à l'utilisation accrue de l'échographie et du scanner.

[?] Examens et analyses complémentaires

La vitesse de sédimentation est très élevée.

L'urographie intraveineuse (UIV) montre l'image de la tumeur qui comprime, déforme, désoriente ou envahit les cavités excrétrices.

L'échographie confirme que la lésion est pleine et hétérogène.

Le scanner donne des images précises.


Une fois le diagnostic de cancer du rein suspecté, un bilan préopératoire précise l'extension de la tumeur.

Cette extension est :

Locale : jugée sur la fixité de la tumeur ;
Veineuse: oedème, varicocèle, protéinurie, cavographie...
Métastatique : poumons, foie, squelette...
L'évolutivité est jugée sur :
- l'état général ;
- la vitesse de sédimentation

[?] Traitement

L'ablation large du rein (néphrectomie totale élargie) avec ablation des ganglions régionaux, donne une chance de guérison au malade en cas de tumeur localisée.

Le traitement chirurgical peut être efficace en cas d'envahissement tumoral de la veine rénale et même de la veine cave inférieure.

L'interleukine 2 est proposée dans les formes avec métastases.

Le cancer du rein est radio et chimio résistant

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Cancer du sein
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le cancer du sein est une masse secondaire à la multiplication de cellules malignes dans la glande mammaire. Cette masse, si elle n'est pas dépistée et traitée, peut grossir et donner des métastases.



[?] Causes et facteurs de risque

Le cancer du sein reste un cancer fréquent et grave.

Un certain nombre de facteurs de risque ont été identifiés :

La puberté précoce (premières règles avant 11 ou 12 ans) ;
La ménopause tardive (après 50 ou 52 ans) ;
Des antécédents personnels de mastopathie, de kyste ou de tumeur bénigne du sein ;
Le fait de ne pas avoir d'enfant, après 50 ans ;
Le fait d'avoir un premier enfant après 30 ans ;
Les irradiations (radiothérapie avant l'âge de 30 ans) ;
L'existence d'un cancer du sein chez un parent du premier degré (mère, fille, soeur, enfant) ;
Avoir déjà eu un cancer du sein (15 % de risque d'en avoir un sur l'autre sein) ;
La présence d'anomalies génétiques sur les gènes p53, BRCA1 ou BRCA2, laissant espérer une détection génétique.
Le rôle protecteur de l'allaitement n'a pas été formellement prouvé.

Il n'a pas été prouvé non plus que la pilule contraceptive avait un rôle cancérogène.


[?] Les signes de la maladie

C'est souvent la découverte par la femme elle-même d'une petite masse (boule) dure, mal limitée, non douloureuse, adhérente dans le sein.
La palpation retrouve un nodule dur, indolore, irrégulier.

L'examen recherche :

Une fossette ou un capiton d'attraction cutanée;
Une rétraction récente du mamelon;
Un signe de "peau d'orange";
Une ulcération cutanée ;
Des ganglions axillaires ou sus-claviculaires ;
Le sein opposé est également examiné


[?] Examens et analyses complémentaires

Dépistage précoce du cancer du sein

Dans le cadre du Plan cancer, un dépistage national a été mis en place. Il doit permettre à toutes les femmes de 50 à 74 ans de bénéficier d'une mammographie tous les deux.

L'auto-examen des seins par la femme est une mesure préventive utile, avec consultation du médecin si une anomalie est détectée

En cas de cancer

La mammographie peut montrer une opacité irrégulière, en étoile, spiralée ou en nébuleuse avec épaississement de la peau du mamelon en regard de la tumeur, parfois des microcalcifications, etc. Aucun signe n'est formel. L'expérience du praticien et du radiologue est fondamentale.

L'échographie est un excellent examen de complément de la mammographie sur un nodule bien repéré.

La cyto-ponction après aspiration à l'aiguille, et la biopsie permettent d'affirmer le diagnostic histologique.

La mesure des récepteurs aux estrogènes et à la progestérone est pratiquée sur un fragment de tumeur, et permet d'orienter l'attitude thérapeutique.

La recherche des métastases est systématique (examen clinique, examens complémentaires).



[?] Evolution de la maladie


Le pronostic est établi sur le bilan carcinologique cardio-pulmonaire, hépatique, osseux.
Il est fonction de l'existence d'adénopathies (ganglions augmentés de taille) et de métastases et dépend de la précocité du traitement.

Le taux de survie dépend de la taille de la tumeur et de l'atteinte ganglionnaire.


[?] Traitement

La chirurgie :

La mastectomie (ablation du sein) est pratiquée dans les tumeurs volumineuses ;
La tumorectomie (ablation de la tumeur) est pratiquée le plus souvent actuellement, l'examen anatomo-pathologique (composition exacte de la tumeur) est effectué immédiatement, et en cas de confirmation de la nature maligne de la tumeur, le curage ganglionnaire axillaire complète la chirurgie.
La radiothérapie loco-régionale ou la curiethérapie complètent le geste chirurgical, soit avant, soit après.

La chimiothérapie est utilisée soit avant ou après la chirurgie, soit seule dans certains cas.

Elle utilise plusieurs médicaments sur une durée de plusieurs mois (doxorubicine, paclitaxel.) et des antiestrogènes (tamoxifène, Nolvadex).


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Le cancer secondaire du foie
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le cancer secondaire du foie est une tumeur liée à la fixation au niveau du foie de cellules cancéreuses issues d'une autre localisation : on parle alors de métastases hépatiques.

[?] Causes et facteurs de risque

Le cancer secondaire du foie est la plus fréquente cause de tumeur maligne du foie. Il s'agit principalement de métastases de tumeurs digestives (cancer du côlon, de l'estomac ou du pancréas) ou plus rarement de métastases de cancer du poumon, des reins, des ovaires ou du sein.

[?] Les signes de la maladie

Le patient peut présenter des douleurs en regard du foie, une fièvre, une altération de l'état général (amaigrissement, perte de l'appétit, fatigue) ou un ictère (coloration jaune de la peau).

[?] La consultation

L'examen attentif de l'abdomen retrouve un foie de volume augmenté (hépatomégalie), dur avec une surface irrégulière, parfois sensible ou douloureux.

Le médecin s'attache toujours à rechercher un cancer secondaire du foie dans le cadre du bilan d'extension d'un autre cancer. Il arrive également que le cancer secondaire du foie soit détecté avant que le cancer d'origine ne soit identifié


[?] Examens et analyses complémentaires

Les examens biologiques retrouvent des éléments non spécifiques : anémie (diminution du taux d'hémoglobine dans le sang), augmentation du nombre de globules blancs dans le sang, modification du taux sanguin des enzymes fabriqués par le foie (augmentation des gamma-GT, des phosphatases alcalines...).

D'autres paramètres biologiques directement liés au cancer sont parfois retrouvés : hypercalcémie (augmentation du calcium dans le sang), hypoglycémie.

Les examens radiologiques retrouvent des éléments en faveur du diagnostic de cancer. L'échographie du foie retrouve une ou plusieurs masses évocatrices. Un scanner de l'abdomen est réalisé pour visualiser la taille et le nombre des métastases, ainsi que leur extension.

Si le cancer d'origine n'est pas connu, une Ponction Biopsie Hépatique sera réalisée si l'état général le permet. Il s'agit d'introduire une fine aiguille dans le foie, au niveau de la tumeur, afin de prélever suffisamment de tissus cancéreux pour pouvoir l'analyser et essayer alors de retrouver le cancer d'origine.



[?] Evolution de la maladie

Souvent, l'évolution des cancers secondaires du foie n'est pas très bonne, car la présence de métastases est le signe que le cancer d'origine a commencé à "essaimer" à travers l'organisme.

[?] Traitement

Le traitement des cancers secondaires du foie est décevant. La chimiothérapie et la radiothérapie sont assez peu efficaces. Les espoirs de survie sont apportés par les exérèses lorsque celles-ci sont possibles (métastase unique ou métastases peu nombreuses et bien localisées, patient en bon état général).


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Cancers de la langue
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[?] Généralités

Les cancers de la portion mobile de la langue sont des cancers très visibles dans la bouche. Ils sont très fréquents. Les facteurs favorisants sont connus: alcoolisme, tabagisme, mauvais état dentaire. Ils sont développés a l'avant de la langue.
Les cancers de la base de la langue sont développés en arrière de la langue, et sont plus rares, plus difficiles à diagnostiquer.
Les cancers de la partie mobile de la langue



[?] Les signes de la maladie

Les circonstances de découverte sont variables :

Une discrète gêne lors de la mastication ou lors des mouvements de la langue ;
De légers picotements accrus par les aliments acides ou épicés ;
Une lésion de la langue découverte par le patient lui-même ou le dentiste ;
La découverte d'un ganglion cervical...
L'examen montre une ulcération irrégulière à bords épais ou parfois une lésion bourgeonnante. L'aspect de cette lésion, de taille variable, souvent située en regard d'un chicot dentaire, est suspect. La palpation de la lésion permet d'apprécier l'importance de l'infiltration et de l'induration caractéristique. Cette induration irrégulière dépasse les bords de l'ulcération et s'étend d'avant en arrière. Le reste de la langue est souple.
Le médecin recherche une extension locale et des adénopathies.
La biopsie est indispensable pour porter le diagnostic.
On recherche également un cancer associé des voies aérodigestives supérieures par une fibroscopie.
Les métastases (poumons, foie, os) sont fréquentes (25% des cas).



[?] Diagnostic différentiel

Une ulcération traumatique ;
L'ulcération des glossites (carence vitaminique, infection, mycose, toxique) ;
Un angiome ;
Un papillome bénin ;
Une leucoplasie ;
Les états pré-cancéreux (kératose vileuse maligne).


[?] Traitement

L'ablation des chicots et le traitement des dents cariées est un préalable indispensable.

La radiothérapie, différentes techniques chirurgicales, la chimiothérapie sont utilisables.

L'atteinte des aires ganglionnaires est traitée par chirurgie (évidement ganglionnaire) et la radiothérapie transcutanée.

Les cancers de la base de la langue



[?] Les signes de la maladie

Il s'agit en général d'un sujet d'âge mûr, gros fumeur, alcoolique chronique, à mauvaise hygiène bucco-dentaire qui se plaint :

De sensation de corps étrangers pharyngés, douleurs vagues mises sur le compte d'une angine traînante, douleur à la déglutition des aliments acides, épicés ou alcoolisés, suintement hémorragique...
D'une gêne lors de la déglutition, de fausses routes, de quintes de toux ;
De douleurs de l'oreille intermittentes en éclair ;
De la découverte d'un ganglion cervical.
A l'examen, il y a souvent une gêne à la protraction de la langue. L'examen à l'abaisse-langue permet parfois d'apercevoir la partie supérieure de la tumeur. L'examen au miroir laryngé visualise la tumeur. La palpation de la base de la langue permet d'apprécier l'importance de l'infiltration et de l'extension.
La biopsie s'impose et permet le diagnostic.
Les radiographies sont utiles pour préciser l'extension en profondeur.
Le médecin recherche des ganglions, une autre localisation néoplasique au niveau des voies aéro-digestives supérieures et des métastases viscérales.



[?] Diagnostic différentiel

Une tuberculose ulcéro-végétante ;
Une amygdalite chronique atypique ;
Un cylindrome ;
Un corps thyroïde aberrant.

[?] Traitement

Plusieurs techniques sont possibles :

La chirurgie ;
La radiothérapie ;
La curiethérapie ;
La chimiothérapie.


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Les cancers de la peau
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Les cancers de la peau (épithéliaux et mélaniques) sont des cancers fréquents.

Les deux principaux types de cancers de la peau sont :


Les cancers épithéliaux avec 80 à 800 cas nouveaux par an pour 100 000 habitants selon les pays ;
Les mélanomes malins avec 4 à 6 nouveaux cas pour 100 000 habitants en France chaque année.

Les carcinomes cutanés
(épithéliomas baso et spino-cellulaires)





[?] Qu'est-ce que c'est ?

Les épithéliomas (ou carcinomes) cutanés sont des cancers de la couche superficielle de la peau : l'épiderme.

On distingue :


Les épithéliomas basocellulaires à évolution purement locale ;
Les épithéliomas spinocellulaires, pouvant être invasifs et métastatiques.

Ce sont les cancers cutanés les plus fréquents chez les personnes de type caucasien.

Ils se développent chez des sujets à risques qui peuvent être identifiés, ce qui permet une prévention et une détection précoce.

Le pronostic dépend de la précocité du diagnostic.



Les populations à risque

Les facteurs d'environnement sont primordiaux.

Le soleil est le principal ennemi de la peau. Les expositions solaires sont d'autant plus nocives qu'elles sont prolongées, intenses et qu'elles concernent les patients à peau claire (phototype 1, II ou III).

Des facteurs toxiques interviennent également.

L'intoxication à l'arsenic est d'origine professionnelle (viticulture etc.), médicamenteuse (liqueur de Fowler utilisée autrefois dans le traitement du psoriasis) ou très rarement alimentaire.

La manipulation de toxiques tels les hydrocarbures polycycliques aromatiques, les goudrons, peut être à l'origine de carcinomes cutanés.

Le tabac en association avec le soleil joue un rôle important dans le développement des cancers de la lèvre inférieure.

Des causes médicamenteuses (iatrogènes ) sont possibles :

Certains cancers de la peau sont induits par la radiothérapie. Cette thérapeutique, indispensable dans le traitement de nombreux cancers, est par contre abandonnée dans certaines indications : angiomes, teignes, dermatose chronique...

La puvathérapie est un traitement très utilisé en cas de psoriasis. Il associe la prise orale d'un psoralène (méladinine) à l'exposition aux UVA. Les conséquences à long terme d'un tel traitement, surtout s'il est prolongé, sont un risque accru de carcinome spinocellulaire.

Les traitements immunosuppresseurs (AZT notamment) augmentent également le risque de cancers cutanés.

Certains états cutanés sont des facteurs de risque : cicatrices, brûlures, ulcérations chroniques, dermatoses inflammatoires etc

Des dermatoses familiales rares sont également des facteurs de risque : xeroderma pigmentosum, épidermodysplasie verruciforme, nævomatose basocellulaire, albinisme...

Les épithéliomas basocellulaires

La tumeur dérive des cellules basales de l'épiderme.

Plusieurs facteurs favorisent leur survenue :

L'exposition au soleil et aux radiations ionisantes ;
Les traitements à base d'arsenic ;
Le grand âge et le type caucasien ;
L'existence de lésions cutanées précancéreuses que sont les kératoses solaires : petites plaques rouges sèches squameuses dans les zones exposées au soleil.
L'apparition de ces cancers se fait en général au niveau des zones exposées au soleil. Il faut être attentif dès que la peau présente des signes de vieillissement photo-induit. Ces signes sont surtout nets au niveau du visage, du décolleté, du dos des mains et des avant-bras. La peau est fine, irrégulièrement pigmentée, ridée, sèche, parcourue de télangiectasies et parfois de papules ou de plaques jaunâtres correspondant à des zones d'élastose. Le patient ou le médecin doivent s'inquiéter devant toute lésion persistante papuleuse, érythémateuse (rouge) ou couleur de la peau normale, croûteuse ou ulcérée.

Les aspects cliniques sont très variables. La perle épithéliomateuse est typique. Il s'agit de petits grains translucides de 1 à 5 mm de diamètre, opalins, fermes, retrouvés à la périphérie de la lésion.

La biopsie cutanée permet le diagnostic histologique.

L'évolution spontanée est lentement extensive en surface, sans invasion des tissus avoisinants ni métastase. Sous traitement, l'évolution est favorable. Des récidives locales peuvent survenir si le traitement est mal conduit.

Le traitement précoce repose sur l'exérèse chirurgicale complète de la lésion ou, pour les petites tumeurs, la destruction, azote liquide, ou laser.

Une surveillance régulière est ensuite nécessaire (tous les 6 mois ou tous les ans) en raison des risques de voir se développer d'autres carcinomes cutanés.

Epithéliomas spinocellulaires

Ces tumeurs plus rares dérivent des kératinocytes de l'épiderme.

Cliniquement, la lésion peut prendre divers aspects : bourgeon, ulcération saignotante ou lésion anodine. La biopsie s'impose au moindre doute.

L'extension est locale, régionale (ganglions) et générale (métastases).

Le traitement est l'exérèse chirurgicale large, associée si besoin au curage ganglionnaire. La radiothérapie et la chimiothérapie ont leurs indications.

Les causes sont identiques à celles des épithéliomas basocellulaires mais des facteurs supplémentaires sont possibles :

Dégénerescence maligne d'anciennes cicatrices de brûlures par exemple ou de plaies chroniques telles qu'un ulcère de jambe ;
Dégénérescence d'une kératose ou d'une maladie de Bowen.
Les kératoses actiniques sont donc des lésions cutanées précancéreuses. Ces lésions sont très fréquentes et presque tous les sujets âgés à peau claire ayant vécu et travaillé au soleil en ont.

Elles sont souvent associées aux signes d'exposition solaire chronique (rides, élastose, télangiectasies, taches pigmentées).

Elles se présentent comme des plaques, de taille variable, érythémateuses et kératosiques. Leur surface rugueuse est caractéristique au toucher. Certaines de ces kératoses sont hyperkératosiques (corne cutanée). Lorsqu'il existe une infiltration, une érosion ou un érythème marqué, une transformation en épithélioma spino-cellulaire doit être suspectée.

Ces kératoses actiniques doivent être distinguées des verrues séborrhéiques.

Les méthodes de destruction des kératoses actiniques sont multiples : curetage-électrocoagulation, cryothérapie (neige carbonique, azote liquide), chimiothérapie locale par le 5 -fluoro-uracile (5FU), trétinoïne (crème à la vitamine A acide), interférons alpha, rétinoïdes par voie générale...

La maladie de Bowen est plus rare. Elle se présente sous la forme d'une plaque bien limitée érythémato-squameuse de quelques mm à plusieurs cm pouvant siéger n'importe où. Un eczéma, un psoriasis sont parfois évoqués mais la fixité de la lésion impose un examen histologique. Le risque de transformation en carcinome spinocellulaire est important.

Le traitement est urgent et repose sur l'exérèse chirurgicale ou l'électrocoagulation.

Le pronostic dépend de la précocité du diagnostic.


[?] Prévention

Certaines mesures préventives sont simples : photoprotection, traitement des kératoses actiniques etc

Les mélanomes



[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le mélanome (ex nævocarcinome ) est une tumeur maligne développée à partir des mélanocytes.

Les mélanocytes se trouvent dans la peau, les muqueuses, les yeux, et le système nerveux central.

La fréquence du mélanome augmente dans le monde.


[?] Causes et facteurs de risque

Les causes sont inconnues, mais des facteurs de risque ont été individualisés.

La maladie touche beaucoup plus les sujets à peau claire.

L'importance du phototype est démontrée par le caractère exceptionnel du mélanome malin chez les personnes à peau noire. Inversement, chez les personnes de type caucasien, l'incapacité à bronzer et la tendance aux coups de soleil, les yeux bleus, les cheveux blonds ou roux, le teint clair, la présence d'éphélides (taches de rousseur) sont des facteurs de risque connus.

Le risque de mélanome décroît quand le degré de pigmentation augmente.

L'exposition au soleil est un facteur de risque, d'autant plus qu'elle a été intense et a eu lieu dans les 15 premières années de la vie.

Les explosions solaires sont suivies de pics de fréquence des mélanomes.

Il existe un facteur héréditaire.

Dans certains cas, ces facteurs héréditaires sont majeurs : mélanomes malins familiaux et BK-Mole syndrome.

Les mélanomes malins familiaux sont définis par deux mélanomes ou plus dans une seule famille. Ils représentent 1 à 6% de tous les mélanomes.

Le BK-Mole syndrome (B et K sont les initiales des patronymes des deux premiers patients lors de l'individualisation du syndrome; Mole veut dire nævus en anglais) est l'association chez plusieurs membres d'une même famille de mélanomes malins et de nævus dysplasiques.

Les nævi dysplasiques sont des nævi particuliers par leur aspect clinique et histologique. Ce syndrome est héréditaire, autosomique dominant, à forte pénétrance. Il représente 95% des cas de mélanomes familiaux.

Les sujets ayant des nævi dysplasiques dans le cadre du BK Mole syndrome ont un grand risque de développer un mélanome malin. Les antécédents de mélanome malin familial en dehors du BK Mole syndrome représentent un facteur de risque.

La plupart des mélanomes malins sont d'apparition spontanée; il n'y en a que 20 à 40% qui prennent naissance à partir d'un nævus pigmentaire.

La dégénérescence d'un nævus est donc rare. Il faut suspecter une dégénérescence si le nævus :

A changé de couleur, est devenu polychrome avec extension de la pigmentation sur la peau saine ;
A grossi, s'est élevé, s'est souvert de squames ou d'une croûte ;
S'ulcère ou saigne ;
Gratte.
Le nombre et la taille des nævi (diamètre supérieur à 2 cm) constituent un marqueur de risque important mais ces nævi ne sont pas les précurseurs obligatoires du mélanome.

La mélanose de Dubreuilh (lentigo malin ou LMM : lentigo malignant melanoma)

C'est la forme la moins grave qui touche le sujet âgé.

Ce mélanome apparaît sur le visage ou une autre zone cutanée exposée au soleil. C'est une grande tache sans signe fonctionnel, de 2 à 6 cm, plane, brune ou de coloration halée, avec des points de pigmentation plus foncée, brune ou noire irrégulièrement disposés à sa surface.

Un placard pigmenté, souvent au niveau du visage, s'étend progressivement. La malignité est purement locale. Après une dizaine d'années, un nodule invasif peut se constituer.

L'exérèse complète est un traitement efficace..

Le mélanome à extension superficielle (mélanome malin superficiel extensif ou SSM = Superficial Spreading Melanoma)

Il apparaît à tout âge après la puberté, souvent entre 30 et 50 ans.

Il siège en général sur le dos chez l'homme, sur la jambe chez la femme.

Au départ, c'est une petite tache pigmentée brune ou noire de 5 à 10 mm de diamètre, asymétrique, irrégulière. Au delà de 10 mm apparaissent des plages bleutées, grises ou roses et des zones pigmentées réalisant l'aspect caractéristique d'une lésion polychrome à contours irréguliers en carte de géographie.

Cette tache brun foncé est souvent confondue au début avec un nævus pigmentaire bénin mais certains signes devraient inquiéter :

Transformation ou extension récente remarquée par le patient ;
Modification de taille, de couleur, d'aspect, de consistance, de forme ;
Irrégularité des bords ;
Polychromie de la lésion
Moins le mélanome s'enfonce dans le derme, moins il est épais, meilleur est le pronostic; c'est la notion de malignité locale initiale.

L'épaisseur tumorale détermine l'indice de Breslow :

c'est l'indicateur pronostique le plus important. C'est une méthode objective et reproductible qui consiste à mesurer verticalement au micromètre oculaire l'épaisseur depuis la granuleuse de l'épiderme jusqu'à la cellule tumorale la plus profonde.

Le mélanome nodulaire

C'est une forme plus grave.

Il est caractérisé par une progression plus verticale de la tumeur qui est ainsi plus agressive que les autres types de mélanomes. Le pronostic est plus défavorable car l'épaisseur de la lésion est d'emblée élevée.

Il survient à tout âge (20-60 ans) sur un nævus préexistant ou sur une peau saine. Il forme un nodule noir de croissance rapide, devenant vite bourgeonnant et hémorragique. Le motif habituel d'inquiétude est une extension rapide de papules protubérantes, sombres ou d'une plaque. La coloration varie du gris perlé au noir


[?] Examens et analyses complémentaires

L'exérèse de toute lésion soupçonnée d'être un mélanome s'impose pour l'examen histologique.

En cas de confirmation, un bilan d'extension est entrepris :

Recherche de ganglions ;
Radiographie des poumons ;
Scanner cérébral ;
Scintigraphie hépatique.
Les métastases se font par voie sanguine et lymphatique.


[?] Diagnostic différentiel

De nombreuses lésions colorées par du pigment mélanique ou du pigment sanguin peuvent être prises pour des mélanomes malins.

Mais l'accroissement récent, le saignement, l'ulcération, ou l'apparition d'une teinte plus foncée sont des indications à l'exérèse ou à la biopsie des lésions pigmentées.

Le diagnostic précoce est possible si les biopsies sont faites sur des lésions présentant :

Des couleurs bigarrées (brun ou noir avec des reflets rouges, blancs ou bleus) ;
Des reliefs irréguliers visibles ou palpables ;
Des limites irrégulières avec des indentations et des encoches.
La prévention repose sur la promotion du dépistage précoce, particulièrement justifiée et efficace en matière de mélanome


[?] Traitement

L'exérèse chirurgicale des lésions initiales s'impose.

Le seul moyen de traiter efficacement et d'obtenir un pronostic optimal est de dépister précocément la tumeur par l'inspection et de pratiquer une biopsie afin d'apprécier histologiquement son épaisseur.


[?] Prévention et dépistage

Le facteur de risque le plus connu de mélanome malin est l'exposition aux rayons ultra-violets, notamment intense et répétée pendant de courtes périodes. Le rôle de l'exposition dans l'enfance a été récemment souligné. La prévention consiste à éviter les expositions solaires aux heures les plus chaudes de la journée, à protéger la peau par des vêtements couvrants et/ou des crèmes antisolaires écran total. Ces conseils s'adressent surtout aux sujets à peau claire bronzant peu ou pas, surtout s'ils sont porteurs de nævi multiples ou de syndrome du nævus dysplasique.

Le dépistage précoce du mélanome malin permet de traiter des tumeurs à un stade où elles sont curables.

La surveillance clinique et photographique des sujets à risque est conseillée.

La prévention du mélanome impose la limitation des pollutions susceptibles de réduire la photoprotection atmosphérique, l'information des populations sur les risques du rayonnement solaire, une photoprotection individuelle bien comprise adaptée à chaque phototype, et enfin le dépistage des individus à haut risque de mélanome.

Une tache brune ou noire sur la peau qui se modifie (en taille, en forme, en couleur, en contour) en quelques semaines ou mois, en dehors de l'enfance, impose une consultation rapide ;
Personne n'est mieux placé que soi-même ou ses proches pour surveiller sa peau ;
Enlever un grain de beauté suspect est un geste simple, sans danger; l'enlever trop tard peut signer l'arrêt de mort ;
Si un membre de la famille a présenté un mélanome ou si le sujet est porteur d'un grand nombre de grains de beauté plats, plus larges qu'un diamètre de crayon, il est prédisposé à développer un mélanome ;
Plus le nombre de grains de beauté est élevé, plus le teint et les cheveux sont clairs, plus le risque de développer un mélanome est grand. Ce risque est d'autant plus net que l'exposition au soleil a été importante.


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Les cancers de la thyroïde
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Il existe plusieurs types de cancers de la thyroïde qui se distinguent par l'histologie.
Il faut opposer les cancers différenciés qui sont hormonodépendants et sensibles à la TSH (Thyrostimuline : hormone produite par l'hypophyse pour stimuler la production de thyroxine par la glande thyroïde) et les cancers indifférenciés et médullaires qui sont indépendants de la TSH.
Comme pour la plupart des cancers, leur cause précise est inconnue.



[?] Les signes de la maladie

a) Cancer différencié (papillaire, vésiculaire ou folliculaire, trabéculo-vésiculaire)

Le plus souvent, le tableau clinique se limite à un nodule de la thyroïde isolé ou associé à des ganglions.
A un stade plus évolué, le médecin palpe une tumeur thyroïdienne dure, irrégulière, avec ganglions provoquant des signes de compression locale (difficultés pour respirer, pour avaler, circulation veineuse collatérale, paralysie du nerf récurrent se traduisant par des anomalies de la voix). Des métastases osseuses (douleurs osseuses, fractures spontanées) ou pulmonaires (toux, gêne respiratoire) peuvent attirer l'attention.
La fonction thyroïdienne est normale : il n'y a pas de signe d'hyper ni d'hypothyroïdie.
Les dosages des hormones thyroïdiennes et de la TSH sont normaux.
L'échographie élimine le diagnostic de kyste mais ne permet pas d'affirmer le cancer. La ponction a peu d'intérêt.
La scintigraphie à l'iode ou au technétium montre un nodule dit "froid" car ne fixant pas l'isotope et apparaissant comme un trou sur le cliché.
Seul l'examen anatomo-pathologique permet un diagnostic précis.
La recherche de métastases se fait par scintigraphie à l'iode avec balayage corporel.
b) Cancer médullaire
C'est aussi un cancer différencié développé à partir des cellules C de la thyroïde, sécrétant la calcitonine. Il représente moins de 5% des nodules froids. Cette tumeur revêt un caractère héréditaire.
Cliniquement, le médecin palpe un nodule thyroïdien. Une diarrhée motrice, des accès de rougeur du visage (flushs) sont parfois notés. Ils sont dus à l'hypersécrétion de calcitonine.
La scintigraphie montre un nodule froid.
Les dosages de calcitonine et de l'antigène carcino-embryonnaire (ACE) sont élevés.
Un phéochromocytome peut être associé.
c) Cancer indifférencié
Il représente moins de 1% des nodules froids.
Cliniquement, la thyroïde est dure, infiltrée en masse, adhérente aux autres plans. Les signes de compression locale sont présents. L'état général est altéré.
La scintigraphie montre une fixation hétérogène faible. La ponction confirme le diagnostic.


[?] Traitement

Pour le cancer différencié, le traitement repose sur la chirurgie : ablation de la thyroïde (thyroïdectomie uni ou bilatérale) associée au traitement thyroïdien substitutif par hormones thyroïdiennes. Un traitement complémentaire à l'iode radioactif est associé.
Le pronostic dépend du type histologique : le cancer papillaire a un meilleur pronostic que le cancer trabéculo-vésiculaire. Globalement, le pronostic est assez bon surtout avant 40 ans car ce sont des cancers hormonodépendants.

Pour les cancers indifférenciés, radiothérapie ou chimiothérapie palliative.

Dans les familles atteintes de néoplasie endocrinienne multiple, le dépistage d'un cancer médullaire thyroïdien peut être pratiqué dès la naissance grâce à l'épreuve de stimulation par la pentagastrine. Un traitement préventif peut être mis en oeuvre chez l'enfant.


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Cancers de l'estomac et du duodénum
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

On distingue 2 types de cancers de l'estomac :

Les cancers développés à partir des cellules épithéliales (couche de cellules formant la muqueuse de l'estomac, au contact direct du bol alimentaire). Ils représentent 85 à 95 % des cancers de l'estomac ;
Les sarcomes mésenchymateux (cancers développés à partir des cellules formant la paroi de l'estomac). Ils représentent 5 à 15 % des cancers de l'estomac.

[?] Causes et facteurs de risque

Le cancer de l'estomac entraîne le décès de 10 000 personnes en France chaque année.

Il touche surtout les hommes de plus de 70 ans.

Sa répartition géographique permet de distinguer des pays à haut risque (Japon, Chili, Finlande, Autriche) et des pays à risque moyen (France, Grande-Bretagne).

Les facteurs de risque de ce cancer sont multiples :

Les états précancéreux (gastrite atrophique par inflammation de l'estomac) ;
L'alimentation (l'importante consommation de poissons fumés au Japon explique partiellement la fréquence importante de ce cancer dans ce pays) ;
L'alcool et le tabac n'ont pas été incriminés dans la genèse du cancer de l'estomac.


[?] Les signes de la maladie

Les signes évoquant le cancer de l'estomac sont très nombreux et variés.

Les symptômes peuvent être :

Perte de l'appétit ;
Amaigrissement ;
Troubles digestifs avec vomissements ;
Dégoût de la viande et du tabac ;
Douleur.
Tous ces signes ne sont pas spécifiques de la maladie.


[?] La consultation

A un stade avancé de la maladie, le médecin retrouve à la palpation de l'abdomen une tumeur épigastrique (en regard de l'estomac) ; des ganglions au dessus de la clavicule ou au creux de l'aisselle sont possibles.

[?] Examens et analyses complémentaires

La fibroscopie gastro-duodénale est l'examen de choix pour le diagnostic. L'introduction d'un fibroscope permet de visualiser au mieux l'ensemble de l'estomac et de réaliser des prélèvements de lésions suspectes (berges d'une lésion ulcérée). Ces prélèvements sont envoyés au laboratoire d'anatomo-pathologie et feront l'objet d'une analyse permettant le diagnostic ;
La radiographie de l'estomac et du duodénum a longtemps été utilisée pour étayer le diagnostic de cancer de l'estomac. Elle permettait de mettre en évidence des images évocatrices de cancer sous une forme bourgeonnante, ulcérée ou infiltrante. Cependant, ces images n'apparaissent qu'après une longue évolution de la maladie expliquant la disparition de la prescription de cet examen

Le dosage de l'antigène carcino-embryonnaire (protéine pouvant être présente dans certaines maladies) n'a aucune valeur pour le diagnostic de cancer de l'estomac. Cependant, le dosage de cette protéine peut être intéressant après ablation chirurgicale de l'estomac : des taux élevés après l'intervention chirurgicale permettent d'envisager la récidive ou la persistance de tissu cancéreux.

[?] Evolution de la maladie

A un stade avancé de la maladie, de graves complications peuvent survenir :

Hémorragies digestives ;
Sténose (obstacle au niveau de l'estomac) ;
Plus rarement perforation de l'estomac ;
Phlébites.
Le pronostic de ce cancer dépend de l'envahissement des cellules tumorales dans la paroi de l'estomac, aux ganglions régionaux et aux organes avoisinants. Il est habituellement mauvais et ne peut être amélioré que si le diagnostic est fait précocement.


[?] Ne pas confondre avec...

Essentiellement l'ulcère de l'estomac : toute symptomatologie digestive évoquant une douleur d'un ulcère de l'estomac doit faire l'objet d'une fibroscopie gastrique afin de réaliser des prélèvements confirmant le diagnostic de cancer ou d'ulcère de l'estomac.

[?] Traitement

Il fait appel à la chirurgie : gastrectomie (ablation de l'estomac) totale ou totale élargie (enlevant en plus de l'estomac, la rate et une partie du pancréas) en fonction de la localisation du cancer (partie haute ou partie basse de l'estomac). Le chirurgien enlève également les ganglions proches de la région de l'estomac. Certaines cancers de l'estomac sont difficilement opérables (tumeur inextirpable).

La mortalité du traitement chirurgical est de l'ordre de 10 %.

Le pronostic sombre de ce cancer motive la surveillance de sujets à risque élevé de développer ce cancer permettant le dépistage précoce de la maladie, seul garant d'un meilleur pronostic. Ce dépistage précoce repose sur la pratique régulière chez ces patients d'une fibroscopie gastrique avec prélèvements biopsiques.

Enfin, les traitements non chirurgicaux (chimiothérapie, radiothérapie) restent aujourd'hui encore décevants


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Les cancers de l'oesophage
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Ce sont des cancers assez fréquents et graves pour lesquels seuls un diagnostic et un traitement précoces peuvent faire espérer une survie durable.

La cause est inconnue mais des facteurs favorisants sont identifiés :

L'alcool et le tabac sont les deux causes majeures en France ;
Toute lésion de l'oesophage est susceptible de dégénérer : cicatrice d'oesophagite, endobrachy-oesophage, méga-oesophage, tumeurs bénignes etc...;
La consommation d'opium et d'héroïne par voie inhalée.
Le cancer de l'oesophage est fréquent dans certaines régions d'Asie et d'Afrique, de la mer Caspienne aux plateaux du Turkestan russe, puis chinois, jusqu'en Chine du Nord, et en Afrique du Sud.
La tumeur siège le plus souvent au tiers inférieur de l'oesophage.

[?] Les signes de la maladie

La dysphagie intermittente et variable est le premier symptôme : le patient a l'impression que les aliments se bloquent de temps en temps derrière le sternum. Ce signe s'accompagne parfois :

De douleurs ;
De brûlures derrière le sternum ;
De troubles digestifs banals ;
D'éructations (rots) douloureuses.
La fibroscopie permet de voir les lésions et de les biopsier.
L'examen radiographique du transit oesogastroduodénal permet de voir des signes indirects du cancer, mais ne dispense pas de pratiquer la biopsie. L'examen anatomopathologique de la biopsie permet le diagnostic histologique.
A un stade plus tardif, la dysphagie est permanente, la salivation exagérée (hypersialorrhée), avec régurgitations, enrouements...



[?] Complications

Le cancer de l'oesophage s'étend assez rapidement aux tissus avoisinants, bronches et poumons notamment avec des fistules oeso-bronchiques et surinfections, et au reste de l'organisme par des métastases (ganglions, foie).

Le bilan d'extension comprend les radiographies et tomographies thoraciques, le scanner thoracique et abdominal, l'examen ORL (paralysie du nerf récurrent entraînant une modification récente du timbre de la voix), la bronchoscopie, l'échographie du foie


[?] Traitement

La chirurgie peut utiliser plusieurs possibilités en fonction de l'état du patient, par exemple l'ablation totale de l'oesophage (oesophagectomie) avec rétablissement de la continuité digestive 1 à 6 mois plus tard par plastie extra-thoracique, associée ou non à la chimiothérapie et à la cobaltothérapie


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Les cancers du côlon et du rectum
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Ce sont les plus fréquents des cancers digestifs chez les non-fumeurs, en France, en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord.

Quelques chiffres :

On dépiste chaque année 25 000 nouveaux cas en France ;
Le cancer du colon et du rectum touche en Europe 20 à 35 personnes pour 100 000 habitants.

[?] Causes et facteurs de risque

Une meilleure connaissance des facteurs prédisposants aux cancers rectocoliques (constitutionnels ou acquis), devrait permettre d'améliorer leur prévention et rendre leur dépistage plus précoce.

Il existe en effet une prédisposition familiale aux cancers du côlon dans certains cas. Les polyposes rectocoliques ont fait l'objet d'études très poussées : dans la polypose rectocolique familiale le risque de transformation cancéreuse est de 100 % chez les sujets de plus de 40 ans.

Le cancer colique familial sans polypose est moins connu (syndrome de Lynch). Il est caractérisé par l'âge jeune du sujet, la forte proportion de cancers du côlon droit, l'association fréquente à un cancer génital chez la femme.

La rectocolite hémorragique favorise le développement des cancers rectocoliques. La maladie de Crohn dégénère beaucoup plus rarement.

Les études épidémiologiques montrent qu'une alimentation riche en fibres et en légumes verts réduit le risque de développer un cancer colique. Au contraire, un apport calorique élevé, une vie sédentaire et un excès de poids sont des facteurs de risque. Les matières grasses animales, les viandes grasses, certaines hydrates de carbone favoriseraient ces cancers, mais ces données doivent être confirmées.

Les cancers du côlon



[?] Les signes de la maladie

Les signes révélateurs du cancer colique sont le plus souvent banals :

Des douleurs à type de coliques intestinales intermittentes avec ballonnement pouvant durer 1 à 2 jours et suivies d'une débâcle diarrhéique fétide (syndrome de Koenig) ;
Des sensations de flatulence, pesanteur, ballonnement abdominal ;
L'alternance de diarrhée et de constipation ;
Une altération de l'état général (fatigue, manque d'appétit, notamment pour les viandes, amaigrissement, petite fièvre) ;
Une anémie hypochrome (traduisant un saignement occulte) ;
Des traces de sang noir dans les selles (melaena ) ;
Des émissions de sang rouge ou de mucus pendant ou après les selles...
L'hémorragie rectale est un signe d'alerte très important. La recherche de sang dans les selles peut se faire au moyen de l'Hémoccult . Ce papier réactif permet de déceler des quantités minimes de sang dans les selles.

Trois selles doivent être examinées pour pouvoir tirer une conclusion de cet examen. On dispose au moyen d'une spatule une particule de selle fraîche sur le disque de papier. La révélation est faite quelques heures ou jours plus tard avec 2 ou 3 gouttes d'une solution alcoolique d'eau oxygénée. Une réaction positive entraîne une coloration bleue ou bleu-vert en moins de 30 secondes.

Le régime sans viande n'est pas nécessaire étant donné le seuil de sensibilité du test. Il faut par contre exclure :

L'aspirine et les aliments riches en peroxydases (radis, navet, sardine, saumon, ananas, banane) sources de faux positifs ;
La vitamine C, source de faux négatifs.
Un examen par Hémoccult est recommandé chez certains sujets, et devant des symptômes évocateurs, voire dans toute la population après cinquante ans selon certains avis


[?] Evolution de la maladie

Dans la moitié des cas, les cancers coliques ne sont reconnus qu'à l'occasion d'une complication :

Occlusion intestinale aiguë par obstruction installée progressivement avec coliques. C'est un accident qui survient en général après plusieurs crises de subocclusion suivies de débâcles de selles liquides ou après une période de constipation prolongée. L'occlusion se manifeste par des vomissements, un arrêt des matières et des gaz et un ballonnement abdominal ;
Suppuration néoplasique : évoluant vers l'abcès autour de la tumeur ;
Péritonite par perforation du côlon ;
Ouverture (fistulisation) dans un organe creux contigu : vessie...
La tumeur va s'étendre :

D'abord localement : peau, anses de l'intestin grêle, vessie ;
Ensuite dans les organes lymphatiques ;
Enfin à distance : métastases (localisations secondaires) hépatiques, péritonéales (ascite), pulmonaires, cérébrales...


[?] Examens et analyses complémentaires

La coloscopie et la rectoscopie avec biopsies, la sigmoïdoscopie à fibres optiques souples permettent d'affirmer le diagnostic en visualisant la tumeur et en permettant l'analyse de prélèvements (biopsie). L'examen radiologique par lavement baryté en double contraste après lavements évacuateurs permet de voir les lésions typiques du cancer : images de rétrécissement ou de lacune.

Le bilan d'opérabilité commence par une évaluation clinique et paraclinique de l'extension du cancer, tout en sachant que le dernier mot reviendra à l'examen ventre ouvert durant l'intervention chirurgicale


[?] Ne pas confondre avec...

Un fécalome (amas de matières fécales desséchées) ;
Une tumeur bénigne ;
Une maladie de Crohn ;
Une sigmoïdite ;
Une endométriose

[?] Traitement

Le seul traitement des cancers du côlon est l'ablation chirurgicale. L'intervention emporte la tumeur et les voies lymphatiques de drainage. Selon les cas, le chirurgien pratique :

L'ablation du côlon gauche avec ses vaisseaux et lymphatiques : hémicolectomie gauche ;
L'ablation du côlon droit : hémicolectomie droite ;
L'ablation du côlon transverse : colectomie intermédiaire.
La continuité du trajet digestif est assurée par anastomose immédiate ou dans un second temps opératoire. Si c'est dans un second temps le patient aura pendant quelques temps un anus artificiel.

Dans d'autres cas, le chirurgien pratique une colectomie segmentaire.

La chimiothérapie complète parfois le traitement.

Quand l'exérèse de la tumeur est impossible, le chirurgien pratique une dérivation externe ou interne.

Tout traitement chirurgical doit commencer par une préparation intensive et capitale, tant du côlon que du malade lui-même.

Régime sans résidus ;
Rééquilibration hydro-électrolytique ;
Vitaminothérapie.
Le malade doit être prévenu avant l'opération de la possibilité d'un anus artificiel temporaire ou définitif. Des complications post-opératoires sont possibles dominées par le risque de fistules.

Le régime sans résidus supprime tous les aliments apportant de la cellulose qui augmente le bol fécal et forme un lest important. Il vise à assurer la vacuité de l'intestin et la propreté du côlon.

Il sert surtout à préparer l'intestin à subir :

Certains examens : lavement baryté, coloscopie ;
Une intervention chirurgicale (colectomie) ;
Le régime supprime totalement tous les légumes, tous les fruits et toutes les céréales complètes.
L'alimentation se compose uniquement de :

Fromage à pâte cuite, type gruyère, Hollande etc..
Viande maigre de première catégorie entière ou hachée si trop fibreuse (veau, boeuf, poulet, poisson, jambon) ;
Céréales (pâtes, riz, semoule, tapioca) ;
Biscottes et biscuits ;
Compotes homogénéisées à base de coing, pomme, banane, gelée de fruits, pâte de fruits ;
Sucre, beurre et huile crue sans excès ;
Boissons eau naturelle et minérale non gazeuse, café, thé légers, infusions, bouillons de légumes et de fruits.
Ce régime doit être de courte durée car il est lassant pour le patient et déséquilibré (hyperglucidique, carencé en vitamine C et fibres végétales)

Pronostic

Il dépend de l'extension du cancer (classification de Dukes), qui sera précisée par les biopsies : le pronostic est d'autant meilleur que le cancer est diagnostiqué à un stade localisé.

Cancers du rectum

L'adénocarcinome du rectum est plus fréquent chez l'homme que chez la femme.

Les facteurs de risque sont la rectocolite hémorragique (même après colectomie), les adénomes simples.



[?] Les signes de la maladie

Bien que siégeant dans une cavité facilement accessible, le cancer du rectum n'est souvent découvert qu'à un stade avancé.

Les signes révélateurs peuvent réaliser un véritable syndrome rectal :

Evacuations de glaires mucopurulentes parfois striées de sang ;
Epreintes, ténesme rectal, sensations de "faux besoins" d'exonération ;
Rectorragies de sang rouge enrobant les selles.
D'autres signes peuvent orienter le médecin vers le petit bassin :

Une difficulté pour uriner (dysurie) chez l'homme ;
Des tiraillements pelviens faisant évoquer une pathologie gynécologique chez la femme.
D'autres symptômes orientent vers l'intestin :

Une constipation, une diarrhée ou l'alternance des deux ;
Des douleurs coliques iliaques gauches ;
Un ballonnement...
Parfois, les symptômes sont beaucoup plus vagues :

Asthénie, amaigrissement, anorexie, fièvre...
D'autres fois, le cancer est découvert fortuitement par le toucher rectal.



[?] La consultation

C'est le toucher rectal (TR) qui permet le diagnostic, il permet de palper le cancer sous forme d'un bourrelet saillant, induré, limitant un cratère ou bien sous forme d'une masse arrondie, irrégulière, granuleuse, indurée et friable. Le saignement au contact du doigt est évocateur.


[?] Examens et analyses complémentaires

La rectoscopie confirme le diagnostic et permet de pratiquer des biopsies simples et indolores.

Le lavement baryté en double contraste permet de voir la lésion et surtout de rechercher une autre localisation colique. La coloscopie est préférable si elle est possible.

Dès que le diagnostic du cancer du rectum est posé, le médecin doit faire le bilan de l'extension du cancer :

Locale : par rapport à la marge de l'anus ;
Régionale : uretère, prostate, vessie (urographie intraveineuse, cystoscopie, tomodensitométrie abdomino-pelvienne) ;
Générale (métastases) : foie (échographie), péritoine, poumons (radiographie), ganglion de Troisier (creux sus-claviculaire gauche).
Le dosage de l'antigène carcino-embryonnaire est surtout utile dans la surveillance postopératoire.


[?] Evolution de la maladie

Les complications du cancer du rectum sont rarement révélatrices : occlusion intestinale basse, péritonite par perforation colique en amont...

[?] Ne pas confondre avec...

Bien que le cancer soit l'affection rectale la plus fréquente, toutes les lésions rectales indurées ou ulcéreuses ne sont pas cancéreuses :

L'endométriose rectale chez la femme ;
Le rétrécissement inflammatoire de la maladie de Nicolas Favre ;
L'ulcère simple du rectum ;
Les rectites (microbiennes, parasitaires, Crohn, rectocolite hémorragique)...
Devant des saignements rectaux, il faut cependant toujours évoquer le cancer du rectum


[?] Traitement

Le traitement curatif du cancer du rectum est l'exérèse chirurgicale large. Deux types d'interventions sont possibles : avec ou sans conservation du sphincter anal.

Les interventions supprimant le sphincter sont l'amputation du rectum par voie abdomino-périnéale. La conséquence en est l'anus artificiel abdominal (colostomie définitive). Cette intervention est pratiquée lorsque la tumeur est basse (proche de l'anus).

En cas de cancer haut (situé plus de 12 cm de la marge de l'anus) : le chirurgien peut pratiquer la résection du rectum et rétablir la continuité colo-anale.

La radiothérapie de contact donne de bons résultats dans les petits cancers bas. La radiothérapie postopératoire réduit les récidives locales.

La chimiothérapie est parfois associée.



[?] Evolution de la maladie

L'intervention sur le rectum est souvent source de gêne et de complications. L'anus artificiel nécessite un appareillage et une adaptation du patient, il est fréquemment le siège de petites complications.

L'exérèse des tissus péri-rectaux engendre assez souvent des troubles urinaires (rétention d'urine ou incontinence) et génitaux .

La mortalité opératoire est faible


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Le cancer du testicule
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le cancer du testicule est habituellement un cancer de l'homme de moins de 40 ans. Il représente 1 % des cancers de l'homme (tous âges confondus) et 30 % des cancers de l'homme jeune.

Son pronostic dépend du type histologique (il existe plusieurs variétés microscopiques) et de la diffusion au moment du diagnostic.

Les tumeurs dites "germinales" sont de loin les plus fréquentes :

Le séminome (40 % de toutes les tumeurs testiculaires) est une tumeur de bon pronostic si le diagnostic est précoce, car il est sensible à la radiothérapie, c'est-à-dire que les rayons peuvent faire diminuer la tumeur ;
Les autres tumeurs germinales sont dites "germinales" non séminomateuses : le tératocarcinome (30 % des cancers du testicule), le carcinome embryonnaire (20 % des cancers du testicule) et le choriocarcinome (plus rare). Ces tumeurs sont plus agressives que le séminome et elles ne sont pas sensibles à la radiothérapie.
Plusieurs types de tumeurs sont fréquemment associés (tumeurs mixtes)

Les tumeurs non germinales représentent moins de 10 % des tumeurs du testicule (tumeurs de Leydig, de Sertoli.).


[?] Causes et facteurs de risque

Le principal facteur favorisant est l'antécédent personnel de cryptorchidie (absence d'un ou des deux testicules dans la bourse, qui sont alors situés dans la cavité abdominale car ils ne sont pas descendus dans la bourse lors de la vie de l'embryon).

Accessoirement, la fonte testiculaire (après un traumatisme, une infection virale ou pour une cause congénitale) est un facteur beaucoup moins important


[?] Les signes de la maladie

Le patient découvre souvent lui-même une augmentation de volume d'une bourse, ou ressent une sensation de pesanteur. Parfois, le patient palpe une tuméfaction ("boule") d'un testicule. Cette tuméfaction est dure et indolore. Le médecin trouve à la palpation une masse indurée qui est en continuité avec le testicule. Il arrive que le testicule soit entièrement tumoral, augmenté de volume et très dur.

Il n'y a aucun trouble mictionnel (pas de brûlures en urinant, fréquence normale des mictions, etc.).

L'autre testicule est systématiquement examiné, ainsi que les autres organes qui sont dans les bourses (éléments du cordon spermatique). Ceux-ci sont normaux. Il est exceptionnel qu'un cancer du testicule provoque une véritable douleur.

A un stade avancé, le cancer du testicule peut être révélé par une métastase (ganglions tumoraux) ou une altération de l'état général (amaigrissement, anorexie.).

Une gynécomastie (augmentation de volume des seins) peut être associée, en particulier pour les choriocarcinomes.



[?] Examens et analyses complémentaires

L'échographie du contenu des bourses confirme la présence d'une masse testiculaire et s'assure de l'absence d'anomalie de l'autre testicule.

Un prélèvement sanguin pour dosage des marqueurs tumoraux est systématique. Il permet d'orienter le diagnostic du type de tumeur : Le dosage de l'alpha-fotoprotéine est toujours normale dans les séminomes purs mais elle est souvent augmentée en cas de tératocarcinome et de carcinome embryonnaire. Les bêta-HCG sont très élevées dans les choriocarcinomes. De plus, lorsqu'un marqueur est initialement élevé, son dosage répété permet de suivre l'évolution (rémission ou récidive) du cancer après traitement.

Une radiographie pulmonaire est réalisée à la recherche de métastases.

Un scanner thoracique, abdominal et pelvien permet de rechercher une extension ganglionnaire du cancer.


[?] Ne pas confondre avec...

Un gros testicule est un cancer jusqu'à preuve du contraire, c'est pourquoi il faut consulter rapidement.

Il faut néanmoins éliminer :

Une infection du testicule (orchite ou orchi-épididymite) ;
Une torsion ancienne du testicule (testicule nécrosé) ;
Un problème non testiculaire (hernie inguinale, épanchement de liquide autour du testicules, dilatations des veines entourant le testicule,etc.).

[?] Evolution de la maladie

Le cancer du testicule a une extension principalement ganglionnaire.

Les métastases ganglionnaires (adénopathies tumorales) apparaissent autour des vaisseaux iliaques, puis des gros vaisseaux (artère aorte et veine cave) et peuvent atteindre la région médiastinale.

Les ganglions inguinaux peuvent être atteints en cas d'atteinte du scrotum (peau de la bourse) ou s'il existe des antécédents de chirurgie inguinale.

L'extension locale est tardive (envahissement du cordon testiculaire, du scrotum).

Les éléments péjoratifs sont principalement l'existence de choriocarcinome ou de carcinome embryonnaire, la présence d'adénopathies (en particulier au dessus du diaphragme) et l'atteinte du scrotum.

A l'inverse, les formes localisées de séminome testiculaire ont un excellent pronostic (plus de 80 % de guérison après traitement chirurgical).



[?] Traitement

L'orchidectomie (ablation du testicule) est systématique. L'incision se trouve au dessus du creux inguinal. L'orchidectomie permet d'analyser la tumeur. Pour les tumeurs de bon pronostic, de petite taille et localisées au testicule, le traitement chirurgical suffit suivie d'une surveillance régulière par dosages sanguins des marqueurs tumoraux et par des scanners réguliers.

L'orchidectomie est souvent réalisée après prélèvement de sperme au CECOS (centre de prélèvement de sperme) en vue d'une éventuelle procréation médicalement assistée.

Une prothèse testiculaire peut être introduite dans la bourse.

La radiothérapie externe postopératoire (rayons en plus de l'intervention) est indiquée en cas de séminome, systematiquement lorsque celui-ci a une diffusion ganglionnaire.

La chimiothérapie est indiquée pour certaines tumeurs séminomateuses avanceés (en complément de la radiothérapie) et pour les tumeurs non séminomateuses plus agressives. Il s'agit souvent d'une association de plusieurs chimiothérapies, dont le nombre de séances dépend des caractéristiques de la tumeur et des éventuelles récidives du cancer lors de la surveillance.

Un curage ganglionnaire (ablation chirurgicale des ganglions) est nécessaire lorsque, au cours du suivi, on découvre des adénopathies résistantes à la chimiothérapie.


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Le cancer secondaire du poumon
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Les métastases pulmonaires sont des localisations secondaires de cellules cancéreuses provenant d'un cancer localisé à un autre organe (métastases).

Les cellules cancéreuses peuvent se propager aux poumons par voie sanguine ou lymphatique (vaisseaux lymphatiques transportant la lymphe, représentant une voie de dissémination fréquente des cellules cancéreuses)


[?] Causes et facteurs de risque

Plusieurs cancers (appelés cancers primitifs) peuvent déterminer l'apparition de métastases pulmonaires :

Les cancers génitaux (ovaire, sein, col de l'utérus, testicule, prostate) ;
Les cancers du rein et de la vessie ;
Les cancers digestifs : estomac, colon, rectum, pancréas, oesophage ;
Le cancer de la glande thyroïde ;
Certaines cancers des os (ostéosarcome) ;
Les leucémies aiguës ;
Les mélanomes (cancer de la peau).
Les métastases pulmonaires peuvent survenir chez un sujet présentant un cancer connu ou être révélatrices de ce cancer


[?] Les signes de la maladie

Les signes sont nombreux et variables :

Essoufflement survenant à l'effort ou au repos ;
Douleurs thoraciques ;
Toux ;
Altération de l'état général (fatigue, amaigrissement, perte de l'appétit).

[?] La consultation

L'examen des poumons (auscultation des poumons chez un sujet assis respirant profondément la bouche ouverte) peut retrouver des anomalies variées sous la forme de râles divers (sifflement, crépitement..).

L'examen général du patient s'attache à rechercher des éléments permettant d'orienter vers le cancer d'origine (cancer primitif) si celui-ci n'est pas connu.


[?] Examens et analyses complémentaires

Le diagnostic de certitude des métastases pulmonaires repose sur l'analyse d'un fragment de poumon atteint analysé au laboratoire d'anatomo-pathologie. Le prélèvement peut se faire lors d'une fibroscopie bronchique (ponction trans-bronchique) ou lors de l'intervention chirurgicale. L'examen microscopique des métastases pulmonaires met en évidence des cellules cancéreuses identiques à celles observées au niveau du cancer primitif.

Les aspects radiologiques des métastases pulmonaires sont très nombreux et aucun ne permet de poser avec certitude le diagnostic de cancer pulmonaire secondaire.

La radiographie des poumons retrouve plusieurs images pouvant évoquer des métastases pulmonaires :

Ombre pulmonaire isolée (nodule) ;
Image caractéristique de "lâchés de ballons" (nombreux nodules disséminés dans les 2 poumons).
Le scanner du thorax permet de déterminer avec une plus grande précision le nombre, la localisation, la taille des nodules.



[?] Evolution de la maladie

L'évolution dépend essentiellement du cancer d'origine

[?] Ne pas confondre avec...

Devant un nodule isolé du poumon, le scanner du thorax peut mettre en évidence des calcifications dont la disposition en anneaux ou le caractère diffus oriente vers le caractère bénin et sans gravité de ce nodule. Seul l'examen d'une biopsie pulmonaire (fragment de poumon) au laboratoire d'anatomo-pathologie permet de s'assurer du caractère bénin de ce nodule.



[?] Traitement

Le traitement du cancer primitif est indispensable (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie selon le type de cancer).

Si le bilan radiologique ne retrouve qu'un seul nodule pulmonaire isolé, celui-ci peut faire l'objet d'une ablation chirurgicale.

En cas de nodules multiples, l'intervention chirurgicale est possible si :

Le malade peut supporter l'opération chirurgicale (bon état général du patient) ;
Le cancer primitif a été traité avec un succès complet ;
Toutes les métastases pulmonaires connues sont contenues dans un volume pulmonaire dont le chirurgien envisage l'exérèse.


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Candidoses ou Mycoses génitales
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est une infection des organes génitaux par un champignon. Elle est extrêmement fréquente et banale notamment chez la femme. Le champignon en cause est pratiquement toujours le Candida albicans.

L'infection survient le plus souvent de façon endogène, liée au développement de Candida déjà présents dans le vagin ou sur la peau. Elle peut également survenir de façon exogène, dans le cadre d'une contamination par voie sexuelle, par piscine, plages...


[?] Causes et facteurs de risque

Le vagin comporte à l'état normal et pour son équilibre des germes regroupés sous le terme de flore de Döderlein. Cette flore est composée de plusieurs germes, principalement le lactobacillus. Quand un des ces germes devient prépondérant, la flore est déséquilibrée : on parle de vaginose. C'est ce qui se passe avec la mycose.

Certaines femmes sont prédisposées :

Grossesse, prise de pilule, période des règles ;
Prise d'antibiotiques, de corticoïdes ;
Fatigue, autre maladie ;
Défenses immunitaires affaiblies ;
Diabète.

[?] Les signes de la maladie

Chez l'homme, la candidose se manifeste par une inflammation avec démangeaisons du gland et du prépuce. A l'extrême, ces lésions peuvent évoluer vers un phimosis avec écoulement purulent. La plupart du temps, l'infection est inapparente chez l'homme.

Chez la femme, il s'agit d'une infection de la vulve et du vagin (vulvo-vaginite) avec pertes blanches inodores, démangeaisons s'accompagnant de brûlures locales et de douleurs pendant les rapports sexuels. Ces symptômes sont exacerbés dans les jours qui précèdent les règles. Les pertes blanches sont épaisses et ont l'aspect typique dit "lait caillé".



[?] La consultation

Le diagnostic est souvent fait dès l'interrogatoire. L'examen standard ( inspection de la vulve, examen du col et du vagin sous spéculum ) permet de retrouver les lésions typiques. Cet examen peut être pratiqué par un médecin généraliste, un gynécologue ou un dermatologue.

Les analyses et examens complémentaires

Ils ne sont pas indispensables au diagnostic.

On peut réaliser un prélèvement (au cabinet ou au laboratoire) si l'aspect est inhabituel, s'il y a un doute avec un autre diagnostic ou si l'infection résiste à plusieurs traitement bien conduits.



[?] Evolution de la maladie

La plupart du temps, le traitement est efficace rapidement.

Cependant, malgré un traitement bien conduit, la candidose a tendance à récidiver chez certaines femmes prédisposées.


[?] Ne pas confondre avec...

Le diagnostic de mycose est facile à faire. Devant une forme atypique, il faudra éliminer d'autres causes de vulvo-vaginites chez la femme en s'aidant éventuellement d'un prélèvement.

[?] Traitement

Le respect de quelques mesures d'hygiène favorise la guérison et permettent d'éviter les récidives :

Utiliser des sous vêtements en coton ;
Eviter les vêtements collants, moulants, étriqués ;
Ne pas utiliser de savon à pH acide car un pH acide au niveau local favorise le développement des candidoses ;
Pas plus de deux toilettes intimes par jour ;
Jamais d'instillation d'eau et de savon directement dans le vagin ;
Eviter les irritations locales.
Le traitement est la plupart du temps local : ovules, comprimés vaginaux et crèmes ou gels sont efficaces et ont relativement peu d'effets secondaires. Le traitement du partenaire n'est pas systématique si celui ou celle ci ne présente pas de symptomes (uniquement en cas de récidives fréquentes).

Ovules vaginaux pendant 1 à 3 jours, parfois à renouveler au bout de quelques jours ;
Crème ou lait antifongique à appliquer généreusement sur la vulve ou sur le gland pendant 10 jours ;
Savon gynécologique spécial afin de calmer les irritations ;
Un traitement par comprimés est indiqué en cas de récidives fréquentes. En effet, un foyer de Candida présent au niveau digestif peut être la cause d'infections gynécologiques à répétition. L'éradication du champignon permet d'enrayer le phénomène ;
Un traitement préventif peut etre indiqué en cas de prise d'antibiotiques chez les femmes qui présentent des candidoses fréquentes. En effet, lors d'un traitement antibiotique, un déséquilibre de la flore vaginale peut survenir qui favorise le développement de candidoses

[?] Conseils pratiques et informations diverses

Les rapports sexuels sans préservatifs sont déconseillés pendant le traitement.

En savoir plus sur les antifongiques dans notre guide des médicaments.


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Cardiopathies congénitales
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La fréquence des malformations cardiaques congénitales est d'environ 0,8% des naissances vivantes.

Certaines sont plus fréquentes chez le garçon : la coarctation de l'aorte, la sténose de l'aorte, la transposition des gros vaisseaux et la communication interventriculaire (CIV).

D'autres sont plus fréquentes chez la fille : la communication interauriculaire et le canal artériel.


[?] Physiologie

La circulation foetale n'a pas le poumon comme direction principale mais le placenta. C'est à son niveau que le sang foetal se charge en oxygène et se débarrasse du gaz carbonique sans qu'il y ait mélange des sangs maternel et foetal. Le sang oxygéné foetal gagne alors l'oreillette droite.

De l'oreillette droite, le sang peut passer dans l'oreillette gauche par une communication interauriculaire (foramen ovale ou trou de Botal) ou bien arriver dans le ventricule droit puis emprunter l'artère pulmonaire. Le sang n'a rien à faire dans les poumons qui ne fonctionnent pas. Aussi la majeure partie du flux sanguin court-circuite-t-elle le poumon en passant par le canal artériel qui lui permet de rejoindre l'aorte sans perdre de temps. Ce sang aortique, oxygéné dans le placenta, vascularise les tissus du foetus puis, une fois désaturé en oxygène et riche en gaz carbonique, gagne le placenta par l'artère ombilicale. Après les échanges gazeux, le sang repart par la veine ombilicale et arrive dans l'oreillette droite et le cycle recommence.

Pendant la vie intra-utérine, les poumons ne sont pas fonctionnels les résistances artérielles pulmonaires sont donc très élevées et seul 10% du flux sanguin y parvient.

A la naissance, le déploiement pulmonaire et l'interruption de la circulation ombilicale ont d'importantes conséquences. Les résistances artérielles pulmonaires s'effondrent en quelques heures. Le foramen ovale se ferme du fait du gradient de pression qui se crée entre les deux oreillettes. Le canal artériel s'occlut sous l'effet conjugué du gradient de pression et de phénomènes vasomoteurs dépendant de la pression artérielle d'oxygène. L'ensemble de ces phénomènes met quelques jours à se réaliser c'est la phase "transitionnelle". Pendant cette période, certaines malformations sont bien tolérées ; d'autres, par contre, se révèlent brutalement dès les premières heures de vie. Durant cette période, toute souffrance néonatale (hypoxie, acidose etc....) entraîne une vasoconstriction pulmonaire, une augmentation des résistances artérielles pulmonaires et un retour à la circulation foetale avec réouverture des shunts mais cette fois, sans le secours du placenta


[?] Causes et facteurs de risque

Les causes de ces malformations sont le plus souvent inconnues. Parfois, une cause est évoquée : les cardiopathies malformatives sont plus fréquentes dans la trisomie 21 et le syndrome de Turner. Une embryopathie (rubéole, toxoplasmose, maladies des inclusions cytomégaliques, irradiations X pendant la grossesse etc.) sont parfois responsables.

Les malformations congénitales du coeur peuvent être associées à des anomalies des reins ou du tube digestif (atrésie de l'oesophage ou du duodénum).

Le syndrome de Williams est un syndrome malformatif sporadique qui associe une sténose aortique, un retard mental et une dysmorphie faciale, une voix nasonnée, un strabisme, une hypoacousie, une hyperlaxité articulaire, des hernies inguinales et ombilicales, une atteinte de l'articulé dentaire. Le diagnostic génétique se fait par recherche cytogénétique moléculaire d'une microdélétion du chromosome 7 dans la région 7q11.23.


[?] Les signes de la maladie

Dans quelques cas, le diagnostic peut être évoqué ou affirmé par l'échographie anténatale.

Le diagnostic doit être rapide et précis afin de permettre une prise en charge thérapeutique précoce et adaptée.

Les cardiopathies congénitales peuvent se révéler à la période néonatale de deux façons différentes :

Par une hypoxémie (baisse du taux d'oxygène dans le sang) réfractaire isolée se traduisant par une cyanose ;
Ou par une insuffisance cardiaque (asystolie)
L'hypoxémie réfractaire isolée (cyanose).

Le nouveau-né est cyanosé et l'oxygène ne l'améliore pas ou peu.

Cette cyanose ne s'accompagne pas de détresse respiratoire ; il n'y a pas de signe de lutte respiratoire : pas de tirage intercostal etc

Les causes de cyanose en période néonatale sont nombreuses.

Lorsqu'elle révèle une cardiopathie, la cyanose traduit un ralentissement de la circulation sanguine, un trouble de l'hématose pulmonaire ou la contamination du sang artériel oxygéné par du sang veineux ("shunt droit-gauche"). Quoiqu'il en soit, la cyanose confirme l'insuffisance d'oxygénation du sang. Elle apparaît lorsque la teneur du sang en hémoglobine réduite est supérieure à 5 g/100 cm3 de sang capillaire.

C'est une teinte violacée des téguments, plus ou moins importante. Elle peut être très intense et évidente ou au contraire très modérée et n'apparaissant qu'aux cris, pendant les efforts et à la prise du biberon.

Le diagnostic de cyanose n'est pas toujours évident. Elle peut en effet être masquée par l'érythrose (rougeur) d'une polyglobulie compensatrice : n'ayant pas assez d'oxygène, l'organisme réagit en augmentant le nombre de globules rouges.

Lorsqu'elle est très discrète, on peut comparer à la lumière du jour la couleur de ses propres ongles avec ceux du nouveau-né. En cas d'ictère associé, l'appréciation de la cyanose est délicate ainsi que lorsqu'il existe une pâleur d'anémie. La cyanose est surtout visible dans les régions où la peau est fine et la circulation capillaire développée les lèvres, les ongles, les oreilles. La cyanose doit être différenciée des ecchymoses faciales suivant une présentation de la face, d'une polyglobulie, d'une méthémoglobinémie ou d'une cyanose physiologique des paumes et des plantes.

L'oxymétrie transcutanée est un examen simple disponible dans toutes les maternités.

L'étude des gaz du sang objective la cyanose par la chute de la PaO2.

Parmi les cardiopathies congénitales qui se révèlent par une cyanose :

La transposition des gros vaisseaux (TGV) ;

Une forme sévère de tétralogie de Fallot ;

La trilogie de Fallot ;

Ventricule unique ;

Atrésie de la valve tricuspide ;

Hypoplasie du ventricule gauche ;

Retour veineux anormal total.

De nombreuses cardiopathies congénitales n'entraînent pas de cyanose : le canal artériel, les CIA et CIV...

Le pédiatre doit toujours penser aux autres causes (non cardiaques) de cyanose chez le nouveau-né :

Les détresses respiratoires : pneumothorax, inhalation amniotique, maladie des membranes hyalines, retard de résorption, malformations pulmonaires, hernie diaphragmatique etc ;
Les causes neurologiques : hémorragie cérébro-méningée, méningite, hypertension intracrânienne...;
Les causes métaboliques hypoglycémie, hypocalcémie...;
Une hypothermie ;
Le collapsus cardiovasculaire ;
Un choc septicémique ;
Une insuffisance cardiaque.
L'insuffisance cardiaque ou asystolie

Elle se manifeste par une respiration rapide, des bruits du coeur accélérés et un bruit particulier dit de "galop" à l'auscultation. L'examen clinique met en évidence un gros foie. La radiographie thoracique montre un gros coeur.

Rapidement, on constate une faillite circulatoire avec collapsus, oligurie et acidose métabolique.

Parmi les cardiopathies congénitales qui se révèlent dès les premiers jours de vie par une insuffisance cardiaque aiguë :

L'hypoplasie du coeur gauche ;

Le retour veineux anormal ;

Une coarctation de l'aorte.

D'autres signes sont évocateurs plus tard :

Une gêne respiratoire, un essoufflement, l'épuisement après les biberons ;
Les infections respiratoires pleuro-pulmonaires à répétition ;
Une stagnation staturo-pondérale ;
Une anorexie ;
Une déformation thoracique ;
La découverte fortuite d'un souffle cardiaque.


[?] Examens et analyses complémentaires

L'échographie cardiaque, l'électrocardiogramme (ECG) et la radiographie sont les premiers examens demandés par le médecin.

L'échocardiographie et la technique du "Doppler pulsé" permettent une analyse anatomique et fonctionnelle correcte, rapide et non invasive. On peut en effet enregistrer les mouvements du sang (ou flux) à l'intérieur des cavités cardiaques et des vaisseaux : l'analyse physique de ces flux permet de mesurer des grandeurs très utiles au diagnostic, telles que les débits ou les pressions.

Le cathétérisme intracardiaque est devenu exceptionnel en période néonatale et ne se pratique plus qu'en cas de transposition des gros vaisseaux pour faire le geste palliatif (opération de Rashkind). Dans presque tous les autres cas, les indications thérapeutiques de chirurgie réparatrice (retour veineux anormal, transposition artérielle), palliatives (sténoses pulmonaires serrées) ou d'abstention (hypoplasie du ventricule gauche) sont prises sur les données échographiques.



[?] Mesures thérapeutiques générales

Le traitement de la malformation est chirurgical. Il peut être palliatif ou curatif. La plupart des malformations, lorsque cela est possible, sont opérées avant l'âge de 4 ou 5 ans. L'intervention se fait "à coeur fermé" ou "à coeur ouvert".

Les interventions correctrices ont pour but de rétablir une physiologie cardiaque normale. Pour pouvoir opérer à l'intérieur du coeur, il faut le vider de son sang et arrêter ses battements. Les chirurgiens utilisent un coeur-poumon artificiel qui établit une "circulation extra-corporelle ou CEC".

Pour toutes les interventions à coeur ouvert, l'incision se fait verticalement sur la ligne médiane (au milieu du sternum sur toute sa hauteur). Pour les opérations à coeur fermé (palliatives, coarctation de l'aorte, canal artériel...), l'incision se fait latéralement, dans l'aisselle, entre deux côtes.

Après l'intervention, l'enfant reste quelques jours dans une unité de soins intensifs où il se réveille progressivement. Il est perfusé et ventilé au besoin. Après la sortie de l'unité, la rééducation commence : mouvements respiratoires, lever, marche, gymnastique, réentraînement du coeur à l'effort etc.

La tendance actuelle est à la correction d'emblée quel que soit l'âge lorsque la malformation est décompensée.

La défaillance cardiaque et les infections sont traitées médicalement : digitaliques, diurétiques, antibiotiques etc.

Les activités physiques spontanées du jeune enfant ne doivent pas être freinées. Chez l'enfant plus âgé, il est préférable d'interdire les sports de compétition en cas de sténose aortique ou pulmonaire.

Le programme de vaccination est celui de tous les enfants.

Les infections des voies respiratoires sont plus fréquentes chez les enfants porteurs de shunt et ont tendance à se compliquer (défaillance cardio-respiratoire). Elles doivent être traitées énergiquement dès le début.

La prévention de l'endocardite bactérienne d'Osler est impérative. Il faut administrer aux enfants porteurs de cardiopathies congénitales des antibiotiques à l'occasion de toute extraction dentaire et de toute intervention chirurgicale mineure ou majeure. Cette prévention doit être poursuivie même après correction chirurgicale d'une cardiopathie (sauf en cas de CIA fermée par suture directe ou de canal artériel ligaturé).


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La cataracte
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La cataracte est une affection de l'oeil aboutissant à l'opacité partielle ou totale du cristallin.

Le cristallin, situé entre l'iris et le vitré, est une lentille convergent . Il est constitué d'un noyau au centre d'un cortex entouré d'une capsule (cristalloïde). La zonule, qui l'unit au corps ciliaire, maintient en place le cristallin.


[?] Causes et facteurs de risque

Les cataractes séniles ou préséniles sont les plus fréquentes, débutant vers 55 ans. La cause exacte est inconnue.

Les cataractes congénitales sont souvent héréditaires (transmission dominante). Ce sont parfois des conséquences de maladies foetales (rubéole, syphilis, toxoplasmose, maladie métabolique : galactosémie).

Certaines cataractes sont consécutives à une maladie générale :

Diabète ;
Eczémas chroniques généralisés ;
Myopathie de Steinert ;
Trisomie 21 ;
Corticothérapie prolongée...
D'autres cataractes sont dues :

Aux rayons infra-rouges ;
Aux radiations ionisantes ;
A un traumatisme de l'oeil.


[?] Les signes de la maladie

Le signe le plus important est la baisse progressive de l'acuité visuelle. Cette baisse est accompagnée du développement d'une myopie liée au cristallin qui se traduit dans la pratique courante par la possibilité pour un presbyte de supprimer les lunettes pour lire.

L'éblouissement à la lumière entraîne une gêne fréquente la nuit, surtout en conduisant.

L'examen à la lumière du jour peut mettre en évidence une pupille d'aspect blanchâtre ou grisâtre traduisant une cataracte complète.
L'examen à la lampe à fente localise le siège des opacités cristalliniennes.

Le fond d'oeil recherche une pathologie rétinienne ou du nerf optique.



[?] Traitement

Au début, l'ajustement des lunettes permet une amélioration du confort visuel.

Le traitement de la cataracte est cependant exclusivement chirurgical.

On opère la cataracte sénile lorsqu'il y a perte de la vision utile.

L'opération de la cataracte consiste à sectionner la cornée, ouvrir la capsule et enlever le cristallin, avec, ou non, implantation d'un cristallin artificiel.

Différentes techniques d'extraction du cristallin sont utilisées :

L'extraction intracapsulaire
Cette technique consiste à retirer en totalité le cristallin et sa capsule et à le remplacer éventuellement par un cristallin artificiel. Cette technique est rare maintenant.
L'extraction extracapsulaire manuelle
C'est l'intervention actuellement la plus pratiquée. Elle retire le noyau et le cortex du cristallin sans toucher la zonule et la capsule postérieure, dans laquelle un cristallin artificiel peut être placé facilement.
L'extraction extracapsulaire par phako-émulsification aux ultrasons nécessite un appareillage spécial et permet la destruction du noyau du cristallin par les ultrasons avant de l'aspirer. Il est ensuite possible de placer l'implant.
Ces deux dernières techniques sont les plus utilisées actuellement.
La phakophagie est utilisée chez l'enfant ou l'adulte jeune. Le noyau est en effet suffisamment mou pour être simplement aspiré à l'aide d'un vitréotome. Les masses du cristallin sont aspirées et la capsule postérieure reste intacte.
L'âge de l'intervention varie en fonction de l'uni ou de la bilatéralité de la cataracte.
En l'absence d'implant, la chirurgie laisse une aphakie(absence de cristallin), corrigée de différentes façons : après une intervention pour cataracte, le patient doit porter un verre correcteur convexe de 10 à 12 dioptries ou une lentille de contact qui permet l'accommodation

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La cécité
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La cécité est l'absence complète de vision d'un ou des deux yeux.

L'amaurose est la perte totale, généralement soudaine, de la vue sans lésion décelable de l'oeil ni trouble fonctionnel du système optique. Elle peut être d'origine congénitale, toxique ou nerveuse.

L'amblyopie est la baisse de l'acuité visuelle.

Un aveugle est au sens administratif du terme une personne ayant une vision centrale des yeux, après correction par des verres, inférieure à 1/20 de la normale


[?] Causes et facteurs de risque

Les causes sont nombreuses et différentes selon les pays.

Principales causes de cécité dans les pays occidentaux :

La micro-angiopathie diabétique ;
Le décollement de rétine ;
Le glaucome ;
La cataracte ;
Les accidents de voiture et les accidents du travail sont responsables de traumatismes divers : lésions de la cornée, lésions du globe, hémorragies du vitré, décollement de la rétine...
Infection virale de la cornée (kératite herpétique...) ;
Kératocônes ;
Affections congénitales ;
Cancer (rétinoblastome) ;
Atrophie du nerf optique ;
Sclérose en plaques ;
Maladies métaboliques et dégénératives ;
Névrite optique rétro-bulbaire (intoxications, alcoolisme...) ;
Occlusion des vaisseaux de la rétine ;
Oedème papillaire, papillite ;
Rubéole congénitale...
La rétinite pigmentaire fait partie des maladies dont on n'a pas encore trouvé le traitement. Cette affection héréditaire est provoquée par une dégénérescence du tissu de la rétine. Maladie évolutive qui se rencontre assez souvent chez les myopes, elle conduit fréquemment à la cécité.

Un des premiers symptômes de la rétinite pigmentaire est une difficulté d'accommodation à la lumière ou l'impossibilité de voir dans la pénombre.

Le kératocône est une affection cornéenne dégénérative caractérisée par une déformation en cône et un amincissement de la cornée. La cause est inconnue : métabolique, hormonale, allergique, traumatique ?

Le plus souvent l'atteinte est bilatérale. La déformation en cône de la cornée s'accompagne d'une forte myopie et d'un astigmatisme irrégulier justifiant pendant quelque temps le port de lentilles.

Plusieurs causes de cécité peuvent bénéficier d'un traitement : greffe de cornée dans les kératites et le kératocône, chirurgie de la cataracte et du glaucome, traitement laser ou par colle biologique des décollements de rétine, traitement optimal du diabète, prévention de la rubéole congénitale par le vaccin anti-rubéolique, etc...

Les principales causes de cécité dans les pays en voie de développement

Parmi elles, cinq sont des priorités de santé publique car elles peuvent bénéficier d'une intervention et d'un traitement simples :

La cataracte ;
L'onchocercose ;
Le trachome ;
La xérophtalmie ;
La conjonctivite néonatale.
La cataracte est un mode de réaction non spécifique à l'agression.

L'opacification du cristallin se rencontre dans de multiples tableaux (rubéole, diabète, lèpre, traumatismes, vieillesse).

La perte d'acuité visuelle est progressive mais inexorable. Le traitement est chirurgical.

L'onchocercose ou cécité des rivières est une filariose transmise par la simulie (qui est un petit moustique d'Afrique et d'Amérique).

Plus de 30 millions de personnes sont touchées en Amérique Latine, Arabie, Afrique occidentale et équatoriale : plus de 50% de la population dans certaines régions. Cette infection amène une perte de vision chez 30% des sujets et une cécité dans 4 à 10% des cas.

Les premiers succès contre la maladie ont été obtenus par la lutte systématique contre les vecteurs par l'épandage périodique d'insecticides. Le traitement antifilarien par ivermectine ou Mectizan est actif en prise unique tous les 6 à 12 mois.

Le trachome est une des plus anciennes maladies de l'oeil connue. Cette chlamydiose provoque une kérato-conjonctivite qui peut dégénerer avec entropion et trichiasis. L'irritation mécanique et la surinfection auront raison de l'oeil soit par fonte purulente soit par kératopathie chronique qui peut aller jusqu'au xérosis (épidermisation de la cornée).

Le traitement précoce passe par les antibiotiques locaux et généraux (tétracyclines, sulfamides) et la cure chirurgicale de l'entropion.

La xérophtalmie (atrophie et sécheresse des conjonctives) est la cause majeure de cécité chez l'enfant. Fréquente de la naissance à cinq ans, elle est due à une carence en vitamine A. La lutte à court terme repose sur la supplémentation en vitamine A et un enrichissement des produits nutritionnels de base (sel, sucre, lait). A long terme, il s'agit de promouvoir la culture d'aliments riches en vitamine A (potagers).



[?] Vie quotidienne

Emploi

Sur 15 000 aveugles de 20 à 60 ans, 5 000 ont des responsabilités professionnelles : 900 masseurs-kinésithérapeutes, 1 300 standardistes, 1 500 sténo-dactylos, 1 000 musiciens professionnels. Les aveugles peuvent embrasser les carrières intellectuelles ou de l'informatique, être accordeurs de piano, ouvriers manuels ou agricoles...

Cependant, plus de la moitié des aveugles ne peuvent trouver du travail du fait de leur handicap.

Alphabet Braille

Lettres, chiffres et signes sont formés de groupes de points en relief. La lecture se fait avec les doigts (150 mots/mn). L'alphabet est adopté dans presque toutes les langues.

L'emploi des ordinateurs permet de produire automatiquement du Braille.

On peut stocker les informations sur une bande magnétique et les restituer en Braille sur un tableau d'affichage en relief.

Les déficients visuels graves peuvent bénéficier d'une caméra et d'un écran de télévision qui grossit de 4 à 30 fois un texte.

Il existe des machines à calculer parlantes avec synthétiseur de parole ou affichage Braille.

De nombreuses recherches sont en cours : machines à lire parlantes (reconnaissance de caractères et synthèse de la parole ou produisant le texte en Braille), machines pour transcrire automatiquement en Braille, perception d'images en implantant des électrodes dans le cerveau, instruments d'aide pour circuler utilisant les ultrasons...

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La cellulite (lipodystrophie)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La véritable cellulite est une inflammation du tissu sous-cutané, qui se voit dans un certain nombre de maladies : lymphangite, infections locales bactériennes le plus souvent, etc. Cette cellulite est une affection grave qui nécessite souvent une hospitalisation et un traitement antibiotique.

Ce qui est appelé cellulite dans le langage courant (cellulite esthétique) est une lipodystrophie gynoïde (anomalie du tissu graisseux dans sa répartition gynoïde, donc de type féminin), cloisonnée par des fibres conjonctives peu extensibles, perpendiculaires au derme (formation de bosselures dites "peau d'orange"), douloureuse au pincement, car les filets nerveux sont tiraillés par l'exubérance du tissu gras. Cette hypertrophie du tissu adipeux est très localisée, et peut se voir chez des femmes très minces.

Les adipocytes (cellules des tissus graisseux) ont la même composition dans les échantillons de tissu cellulitique et dans la graisse normale : triglycérides, acides gras, cholestérol et eau, en teneur identique.

Cette cellulite ne présente qu'un inconvénient esthétique : elle n'est pas une maladie et n'a aucune conséquence sur la santé.



[ ? ] Causes de la cellulite esthétique

La cellulite des hanches par exemple est l'exagération de la graisse gynoïde normale, qui est un caractère sexuel secondaire, plus ou moins accentué.

L'abondance de cette graisse gynoïde peut être exagérée pour des raisons familiales (dans certaines familles, les femmes ont le "bassin large" de leur mère) ou ethniques (les méditerranéennes ont une graisse péritrochantérienne - autour des hanches - plus développée que les scandinaves). Des facteurs hormonaux et circulatoires peuvent être en cause.

Sur cette graisse gynoïde familiale ou ethnique, peut se greffer une graisse métabolique, fonction de l'alimentation, qui réagit bien au traitement de l'obésité.

Il n'y a en revanche pas de traitement de la graisse gynoïde, hormis l'exérèse chirurgicale qui est loin d'être sans inconvénient.



[ ? ] Traitement de la cellulite esthétique

Les traitements doivent détruire la barrière scléreuse.

Des injections, des applications d'ultrasons, des massages, un drainage lymphatique, peuvent être utiles, ainsi que gymnastique et activités sportives (natation, cyclisme).

La mésothérapie (injections de produits avec une aiguille très courte sous la peau) est efficace dans la lipodystrophie localisée.

Les lipodystrophies très importantes peuvent être traitées par liposuccion sous anesthésie générale. Il faut peser le rapport bénéfice risque dans cette indication uniquement esthétique.

Dans tous les cas, il faut traiter tout ce qui peut être facteur d'aggravation de la cellulite : troubles circulatoires généraux veineux, capillaires ou lymphatiques, troubles hormonaux.

"La peau ; la dermatologie au service de la beauté" de Marie-Pierre Hill-Sylvestre, Collection Vivre et Comprendre, Editions Ellipses, Paris

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Céphalées (maux de tête)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Une céphalée est une douleur ressentie au niveau d'extrémité de l'extrémité céphalique, c'est-à-dire communément du crâne.

Une céphalée est le plus souvent un symptôme fréquent et banal. Il est alors sans gravité et passager. Cependant, il peut parfois traduire une maladie sous-jacente.

Quelques causes de céphalées non banales qui imposent une prise en charge médicale :

Migraines (voir Migraines) ;
Poussées graves d'hypertension artérielle ;
Algies vasculaires de la face (voir Algies vasculaires de la face) ;
Traumatisme crânien grave (hématomes sous-dural et extra-dural, hémorragie méningée...) ;
Céphalées associées aux affections des vaisseaux sanguins (malformation vasculaire, AVC (voir Accidents vasculaires cérébraux), hémorragie méningée, maladie de Horton) ;
Prise de certains médicaments, substances toxiques ou drogues ;
Processus expansifs intracérébraux (tumeur, abcès) ;
Céphalées liées à une anomalie du métabolisme : anémie ou polyglobulie ;
Céphalées liées à une affection des os du crâne, cervicale (cou), ophtalmologique (oeil), ORL et stomatologique ou bucco-dentaire.


[?] Liste pédagogique des pathologies

1) Les céphalées de tension

La douleur est souvent lancinante, sans localisation précise, d'intensité modérée, non pulsatile (c'est-à-dire sans sensation de battements suivant ceux du coeur). Elle donne en général la sensation d'une pesanteur ou d'un serrement. Elle prédomine souvent en fin de journée, peut être épisodique ou permanente. Elle peut s'accompagner d'une sensation de tension musculaire autour du crâne ou au niveau de la nuque. Cette douleur peut accompagner un état dépressif ou anxieux, mais pas obligatoirement.

2) Les céphalées secondaires

Elle concerne une affection ORL (sinusite), stomatologique ou ophtalmologique (glaucome), ainsi qu'un traumatisme crânien ou des plaies de la face ou du cuir chevelu doivent être recherchées. Il existe toujours des signes locaux (au niveau de la zone souffrante) qui orientent vers de telles affections, le plus souvent banales : un mal de tête isolé ou de type migraineux ne doit jamais fair penser d'emblée à une cause locale et mérite, avant toute consultation chez un spécialiste ou un examen complémentaire, un examen médical auprès du médecin généraliste.

3) L'artérite temporale (maladie de Horton)

Elle touche les personnes âgées qui se plaignent de céphalées. L'artère temporale est visible, douloureuse, dure et augmentée de volume. L'état général est altéré, et des douleurs articulaires aux épaules et hanches sont souvent associés (douleurs des ceintures), voire des signes ophtalmologiques (réduction du champ visuel voire perte complète de la vision d'un oeil) en cas de complications. Le diagnostic est évoqué devant l'augmentation importante de la vitesse de sédimentation (VS), marqueur d'une inflammation majeure. Le risque de thrombose de l'artère ophtalmique est important et impose la prise en urgence de corticoïdes. Le diagnostic est confirmé par un prélèvement de l'artère temporale (à distance, car il ne doit pas retarder la prise de corticoïdes, ce qui pourrait provoquer une cécité définitive d'un oeil).

4) L'insuffisance circulatoire cérébrale (ICC)

L'insuffisance circulatoire cérébrale carotidienne (artères cérébrales en avant du cou) se traduit par des céphalées frontales ou fronto-pariétales (en avant et sur le dessus de la tête) siégeant du côté de l'artère rétrécie, avec parfois un souffle de l'artère carotide audible à l'auscultation au niveau du cou et des épisodes neurologiques déficitaires transitoires (trouble de parole régressif par exemple), troubles de la sensibilité et de la motricité...
Une échographie doppler et l'artériographie de l'artère carotide permettent de confirmer le diagnostic. Une intervention chirurgicale est souvent possible. L'aspirine est le médicament de choix, avant et après l'opération, pour réduire le risque d'aggravation ou de complication.
L'insuffisance circulatoire cérébrale vertébro-basilaire (artères cérébrales en arrière du cou) se traduit par des céphalées postérieures, parfois déclenchées par des mouvements du cou et s'accompagnant de signes d'insuffisance vertébro-basilaire : vertiges, troubles ophtalmologiques (réduction champ visuel du côté gauche ou droit ou bilatéral, trouble de la sensibilité et de la coordination), syndrome de Claude Bernard Horner.
Deux syndromes neurologiques rares avec céphalées sont également à citer :

Le syndrome de Wallenberg (associant des troubles complexes de la sensibilité, des troubles de la parole, de la déglutition, ainsi que le signe de CBH) ;
Le "locked-in syndrome" qui provoque une paralysie complète de tout le corps du malade à l'exception de la verticalité des mouvements des yeux, sans trouble de la conscience (patient ne pouvant plus rien faire ou dire à part bouger les yeux de haut en bas).
L'insuffisance circulatoire cérébrale vertébro-basillaire est de traitement difficile et l'atteinte est le plus souvent définitive.

5) Les angiomes

Le caractère fixe des douleurs et les signes neurologiques associés les font évoquer. Le diagnostic sera confirmé par l'imagerie (scanner, IRM).

6) Les lésions expansives (hypertension intracrânienne (HIC))

Les céphalées sont violentes et accompagnées de vomissements faciles, soulageant temporairement les douleurs.

Un bilan neurologique soigneux peut retrouver 6 types de cause:

Les hématomes post-traumatiques ou spontanés (contusion cérébrale, hématome sous-dural, extra-dural (à l'intérieur ou à l'extérieur de la membrane enveloppant le cerveau) et intra-cérébral) ;
Les tumeurs intracrâniennes ;
Les abcès du cerveau et d'autres infections intracérébrales ;
Les causes vasculaires en cas d'hypertension artérielle grave ou d'hémorragie méningée (évoquée devant des douleurs brutales en coup de poignard, insupportables chez un patient non migraineux) ;
Les hydrocéphalies (production anormalement augmentée du liquide céphalo-rachidien qui entoure le cerveau et la moelle épinière) ;
Les HIC bénignes (peu grave à l'exception du risque de cécité au long terme en l'absence de traitement) de causes très nombreuses et variées.
7) Les syndromes méningés

La céphalée est intense, permanente, exagérée par la toux et la flexion de la nuque. La raideur de cette dernière est évidente, souvent associée à des vomissements et à une difficulté à supporter la lumière ambiante (photophobie).

La ponction lombaire permet le diagnostic : méningite (ou méningo-encéphalite en cas de signes neurologiques) ou hémorragie méningée.


[?] La consultation

L'interrogatoire du patient doit être très précis (type et siège de la douleur, signes d'accompagnement, circonstances déclenchantes, mode évolutif, etc.). L'examen doit être complet et en particulier rechercher des signes neurologiques et ORL.

[?] Examens et analyses complémentaires

En dehors des cas complexes nécessitant un bilan complet, quelques examens complémentaires sont parfois utiles selon les données de l'interrogatoire et de l'examen : fond d'oeil, électroencéphalogramme, numération des cellules sanguines et vitesse de sédimentation, parfois scanner (voire IRM) ou ponction lombaire (pour éliminer une méningite ou hémorragie méningée, urgences vitales à traiter le plus rapidement possible).

Néanmoins la plupart du temps l'interrogatoire et l'examen clinique suffisent pour identifier l'origine des céphalées


[?] Traitement

Il correspond au traitement de la cause quand il est possible. Il permet, le plus souvent, de soulager les douleurs à moyen terme.

Dans les autres cas, les médicaments utilisés sont nombreux :

L'aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens ;
Le paracétamol seul ou associé à d'autres substances telles que la codéine ou le dextropropoxyphène ;
Parfois un anxiolytique ou un antidépresseur est nécessaire (céphalées chroniques résistantes aux antalgiques habituels) ;
En cas de migraine, de nouveaux médicaments efficaces sont apparus à la fin des années 90, les triptans.

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La chirurgie esthétique du sein
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Certaines femmes souhaitent modifier le volume de leurs seins qu'elles trouvent trop gros ou trop petits.
il est possible maintenant de remédier à ces problèmes par la chirurgie esthétique. Celle-ci doit être précédée de plusieurs entretien avec la femme pour être certain que la correction chirurgicale soignera le problème psychologique.
La chirurgie de réduction est bien différente de l'augmentation de volume.

Les plasties de réduction (hypertrophie mammaire : les gros seins)

Elles concernent des femmes de 15 à 60 ans qui veulent diminuer le volume de leur sein ou en corriger la chute (ptose).

La doléance est double : une gêne physique et psychologique. Les seins trop lourds entraînent une attitude en cyphose, entravent la pratique du sport et obligent au port de soutien-gorges dont les bretelles scient les épaules. La glande est souvent mastosique, congestive et douloureuse dans la période prémenstruelle.
La chirurgie est le seul traitement. Elle est précédée d'un examen complet de la patiente qui comporte, outre le bilan habituel, une mammographie. La consultation doit comporter une information claire de la patiente sur le siège, la longueur et la nature des futures cicatrices. Des schémas et des photographies pré et post-opératoires sont utilisés. En fonction de la technique utilisée, la lactation est souvent contre-indiquée voire impossible. La sensibilité du mamelon est plus ou moins affectée par l'opération.
Le principe de l'intervention consiste à enlever un quartier plus ou moins important de glande et à former autour du sein restant un soutien-gorge cutané adapté. Le mamelon est repositionné à un niveau correct. La cicatrice est parfois hypertrophique surtout chez la jeune fille. Elle reste parfois toujours apparente et la future opérée doit en être avertie.
L'intervention est conduite sous anesthésie générale. Elle est peu hémorragique et dure environ 2 heures.

D'autres techniques tentent de minimiser les cicatrices. La réduction mammaire par voie péri-aréolaire pure est le plus souvent insuffisante. Elle laisse une trace autour de l'aréole très visible.

La diminution de la glande par voie sous-mammaire sans transposition de l'aréole est intéressante chez la jeune fille. Elle consiste à enlever un disque de la partie postérieure de la glande en laissant à l'élasticité de la peau le soin de résorber l'excès cutané. La cicatrice, limitée au sillon sous-mammaire, est très discrète.

Le bilan préopératoire est banal (biologie, coeur, poumons). L'intervention dure 3 heures sous anesthésie générale avec intubation.
Selon les techniques, l'allaitement et les zones érogènes (sensibilité et érection du mamelon) sont préservées.
La finesse de la cicatrice dépend de la qualité de la peau.

Les plasties d'augmentation

Le chirurgien peut intervenir dans des situations différentes : augmenter le volume des petits seins, lutter contre les petites ptoses (seins qui "tombent") ou reconstruire un sein après une chirurgie d'exerèse pour cancer.
Patiente et chirurgien doivent se mettre d'accord à l'avance sur la taille du sein futur à obtenir.

La position de la prothèse, rétro-pectorale se fait de préférence par l'aréole qui est la voie d'excellence avec une parfaite cicatrisation , invisible dès le troisième mois. La voie axillaire, parfois préconisée, est en une voie d'abord riche en complications (douleurs musculaires plus intenses, cicatrisation difficile sous l'aisselle et surtout l'ascension de la prothèse, notamment en cas de peau peu élastique et de muscles pectoraux puissants).

Les consultations préopératoires permettent d'informer amplement les patientes sur les aspects techniques, de préciser les modalités de l'intervention, la taille des prothèses qui doit être en rapport avec la morphologie de la patiente, le type d'anesthésie, les suites opératoires. La présentation de photos est une aide précieuse pour mieux comprendre l'effet de tel ou tel volume de prothèse sur l'apparence d'un sein .

L'intervention chirurgicale est d'une durée d'une heure à une heure et demie. Elle peut se faire sous anesthésie générale mais aussi de plus en plus sous anesthésie sédative avec anesthésie locale en ambulatoire. Ce type d'anesthésie permet de simplifier les suites opératoires et d'améliorer le confort des patientes et le temps d'hospitalisation.
Les contraintes postopératoires sont le port d'un soutien gorge de maintien (sportif) pendant un mois et l'arrêt du sport pendant au minimum un mois (surtout les sports tels que tennis , golf , musculation).
La reprise du travail est souvent possible après une huitaine de jours.
Les contrôles sont réguliers et une mammographie annuelle est fortement conseillée. La surveillance cancérologique de ces seins ne pose aucun problème particulier pour les radiologues



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Cholestérol
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Définition

Indispensable à la vie, le cholestérol est un constituant des membranes qui entourent les cellules. Il est également indispensable à la fabrication des hormones produites par les glandes génitales et surrénales.

Cependant, l'excès de cholestérol (et d'autres lipides) dans le sang conduit à la formation de plaques sur la paroi des artère : c'est l'athérosclérose.

Dans le corps humain, le cholestérol a deux origines :

70% proviennent du foie ;
30% de l'alimentation.
L'unité internationale de mesure du cholestérol total est la millimole par litre ou mmol/L.

Les taux normaux du cholestérol total (CT) sont :

Avant 30 ans : 1,50 à 2,0 g/L (4 à 5,2 mmol/L) ;
Après 30 ans : 2 à 2,5 g/L (5,2 à 6,4 mmol/L)
Lire aussi : le bilan lipidique dans notre section «analyses médicales»



Mécanismes

Dans le sang, les lipides (graisses) circulants, dont le cholestérol, ne sont pas solubles dans l'eau. Ils sont donc « portés » par des protéines qui elles sont solubles. Ces protéines porteuses sont appelées lipoprotéines (lipoproteins en anglais)

Classiquement, on distingue trois types de lipoprotéines :

Les Low Density Lipoproteins ou LDL, de densité légère ;
Les Very Low Density Lipoproteins ou VLDL, de très faible densité ;
Les High Density Lipoproteins ou HDL, de haute densité.

Le « mauvais » cholestérol

Les LDL prennent le cholestérol au foie et l'emmènent dans l'organisme. Ce cholestérol a tendance à se déposer dans les artères et à les obturer. C'est le «mauvais» cholestérol.

Le « bon » cholestérol

Les HDL, récupèrent le cholestérol déposé dans les vaisseaux et le ramènent au foie. C'est le «bon» cholestérol.

Suite à une prise de sang, on détermine quelle partie du cholestérol est portée par les HDL et quelle partie l'est par les LDL.

Le taux normal de HDL-cholestérol (le « bon » cholestérol) est de :

Homme : 0,4 à 0,65 g/L ou 1,0 à 1,65 mmol/L ;
Femme : 0,5 à 0,8 g/L ou 1,3 à 2,0 mmol/L.
Ce taux varie en fonction du régime alimentaire, du mode de vie, de la prise de certains médicaments.

En cas d'alimentation riche en graisses animales et donc en cholestérol, les LDL se multiplient. Le taux global de cholestérol sanguin augmente. Les transporteurs lourds (HDL) sont débordés et ne peuvent plus faire le ménage. La graisse se dépose alors sur les plaques d'athérome.

En dessous de 0,35 g/l soit 0,9 mmol/L (mesuré à plusieurs reprises) le risque cardiovasculaire existe.

Si le rapport Cholestérol Total/HDL > 5 : le risque relatif coronarien est multiplié par 20.

Le rapport cholestérol total/HDL-cholestérol doit être :

Inférieur à 5 chez l'homme ;
Inférieur à 4,4 chez la femme.
Le danger provient de l'excès de LDL-cholestérol. L'autre fraction, le HDL-cholestérol, a au contraire un rôle protecteur puisqu'il favorise la réduction des plaques d'athérome.



Causes et facteurs de risque

L'alimentation

Le cholestérol est majoritairement fabriqué dans le foie à partir des graisses de l'alimentation. Le cholestérol n'est pas lié à la quantité de graisses ingérées, mais à leur qualité.

Les graisses de l'alimentation sont constituées d'acides gras qui sont de trois sortes :

Les acides gras saturés ;
Les acides gras mono-insaturés ;
Les acides gras poly-insaturés.
Dans la nourriture, le «mauvais» cholestérol se retrouve uniquement dans les produits d'origine animale riches en acides gras saturés. Il n'y en a pas dans les fruits, les légumes, les huiles végétales. Les poissons en contiennent très peu.

Les sources principales de cholestérol sont les oeufs, le lait entier, les abats (foie et coeur), la charcuterie et la viande (boeuf, poulet, porc et autres)

Le cholestérol est invisible dans la viande. Dans le boeuf, 95% du cholestérol est dans la viande rouge, très peu dans le gras !

Les acides gras mono-insaturés sont neutres : huile d'arachide, huile d'olive...

Les acides gras poly-insaturés sont protecteurs et se trouvent dans certaines graisses végétales (huiles de maïs, soja, tournesol, colza, noix) et les huiles de poisson. Ils n'interviennent pas dans la synthèse du cholestérol. Ils augmentent le taux des HDL utiles à l'élimination du cholestérol.

Un régime inadapté (riche en graisses animales) peut conduire à une hypercholestérolémie et donc à l'arthérosclérose.

Cependant, la nature est injuste et il existe une sensibilité individuelle (souvent familiale) aux graisses animales. Certains individus pourront en manger des quantités élevées et conserver un taux de cholestérol bas. D'autres, auront un cholestérol élevé avec un régime alimentaire pauvre en graisses du même type.

Après 80 ans, la relation cholestérol et mortalité est plutôt inversée : des taux bas de cholestérol augmentent le risque de cancer, dépression, mort non cardiovasculaires.

Hypercholestérolémie iatrogènes ou dues aux médicaments

Un certain nombre de médicaments sont susceptibles d'augmenter la cholestérolémie :

Contraceptif oral ;
Certains Traitements Hormonaux Substitutifs de la ménopause (THS) ;
Certains bêtabloquants ;
Certains diurétiques thiazidiques ;
Les rétinoïdes utilisés dans le traitement de l'acné ;
Les corticoïdes.
Pilule contraceptive et hyperlipidémie

En l'absence de facteur de risque associé (tabac y compris) et avec une alimentation pauvre en graisses saturées, la pilule peut être prescrite jusqu'à un niveau de cholestérolémie totale égal à 3 g/l.

Une pilule très faiblement dosée est toutefois recommandée.

La pilule reste contre-indiquée en cas d'hypertriglycéridémie > 2 g/l.

Hypertriglycéridémie

Les triglycérides (TG) sont essentiellement portés par les VLDL et dépendent en grande partie du métabolisme des sucres ; ils sont délétères car pourvoyeurs d'athérome.

Le taux normal des triglycérides est :

Chez l'homme : 0,5 à 1,5 g/L ou 0,6 à 1,7 mmol/L ;
Chez la femme : 0,4 à 1,6 g/L ou 0,45 à 1,5 mmol/L.
Une hypertriglycéridémie (HTG) isolée ne constitue pas un facteur indépendant de risque coronarien. Une HTG doit toujours faire évoquer ou rechercher :

Une obésité ;
Une consommation d'alcool, parfois même modérée ;
Un trouble du métabolisme des glucides : diabète et/ou trouble de l'insuline
Une insuffisance rénale ;
Une hypothyroïdie ;
Une origine médicamenteuse (contraceptif oral, dérivés de la vitamine A, diurétiques thiazidiques, bêtabloquants, corticothérapie)
Plus rarement : stress, hépatite virale, Sida, pancréatite...


Les facteurs protecteurs

Un certain nombre de facteurs biologiques sont des facteurs « protecteurs » :

HDL-cholestérol > 1,6 mmol/l soit 0,60 g/l (confirmée sur plusieurs mesures), permet de soustraire un facteur de risque ;
Femmes avant la ménopause – ou femme ménopausée sous TSH (traitement hormonal substitutif).

[?] Les signes de la maladie

A proprement parler, il n'y a pas de signe clinique pouvant évoquer à coup sûr une hypercholestérolémie.

La recherche de ce trouble métabolique doit être faite :

Soit lors d'un bilan systématique de santé ;

Soit face à un patient déjà porteur d'un facteur de risque cardiovasculaire (hypertension artérielle, obésité, tabagisme, homme de plus de 45 ans, femme ménopausée, contraceptif oral, antécédents familiaux cardiovasculaires, stress...) ;

Soit chez un sujet déjà porteur d'une maladie liée à l'athérosclérose (artérite des membres inférieurs, angine de poitrine, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale...).



[?] Examens et analyses complémentaires

Le simple dosage du cholestérol total (CT) n'est pas suffisant. Il faut également doser le HDL-Cholestérol et les triglycérides (TG).

A partir de ces trois chiffres, il est possible de calculer le taux de « mauvais cholestérol » ou LDL-Cholestérol :

En gramme/Litre : LDL Chol = Chol total - HDL Chol - (TG x 0,16) ;
En mMoles/Litre : LDL Chol = Chol total - HDL Chol - (TG x 0,37).


L'évolution

La complication majeure de l'excès de cholestérol est la constitution d'une athérosclérose. Les symptômes que présentera le patient porteur seront totalement fonction des artères atteintes :

Artères coronaires : angine de poitrine (angor) et infarctus du myocarde ;
Artères cérébrales : accidents vasculaires cérébraux (AVC) par thrombose d'une ou plusieurs artères irriguant le cerveau ;
Aorte : anévrysme aortique, dissection aortique ;
Membres inférieurs : artérite oblitérante des membres inférieurs (AOMI) ;
Artères rénales : hypertension artérielle rénale par néphroangiosclérose (obstruction des artères et artérioles rénales).



Les diagnostics à éliminer

La découverte isolée d'une hypercholestérolémie totale n'est pas suffisante pour affirmer l'existence chronique de ce trouble métabolique.

Certaines hypercholestérolémies sont secondaires :

A la prise de médicaments : cortisone, pilule, rétinoïdes, antihypertenseurs...
A l'existence d'une maladie : hypothyroïdie.
Il suffira alors d'interrompre la prise du médicament responsable ou de traiter la l'hypothyroïdie pour que le trouble du métabolisme lipidique disparaisse.

D'autres hypercholestérolémies sont génétiques et héréditaires, et particulièrement difficile à traiter.

Il faut également savoir qu'un repas très riche en graisses peut accroître ponctuellement le taux de cholestérol. Le retour à un régime alimentaire normal suffit alors à normaliser le cholestérol sanguin.



Traitement

Lorsqu'on désire diminuer les quantités de cholestérol présentes dans l'organisme, quelles sont les possibilités ?

La solution la plus facile et la plus sensée, est de diminuer les apports de cholestérol par un régime. C'est la première chose que vous proposera un médecin si vos lipides sanguins sont peu élevés. Lorsque cette solution est insuffisante, le médecin pourra avoir recours au médicaments.

Le régime alimentaire

Aujourd'hui la nourriture moyenne fournit environ 600 mg de cholestérol par jour alors qu'il ne faudrait pas dépasser 300 mg.

Le patient doit :

Consommer de préférence des graisses végétales poly-insaturées et mono-insaturées (tournesol, maïs, soja, colza, noix, olive, pépins de raisin) ;
Eviter les graisses d'origine animale et les graisses saturées (lait entier, beurre, viandes grasses, charcuteries, etc.) ;
Eviter les aliments riches en cholestérol : jaune d'oeufs, abats (cervelle, rognons, foie), noix, amandes, crème fraîche, homard, crustacés, oeufs de poissons dont le caviar ;
Préférer le poisson, le veau, les volailles, le cheval aux viandes grasses et consommer très peu d'alcool.
Lorsque le régime ne suffit pas à ramener le taux sanguin du cholestérol à la normale, des médicaments hypolipémiants ou hypocholestérolémiants doivent être prescrits.

Les médicaments : les hypolipémiants

Ils en existe plusieurs grandes familles parmi lesquelles figurent les fibrates et les statines.

La stratégie des traitements médicamenteux actuels de l'hypercholestérolémie comporte deux axes principaux :

Diminuer la production naturelle de cholestérol par le foie.
Cela peut se réaliser en inhibant certaines enzymes de la chaîne de fabrication comme par exemple la HMG CoA réductase, traduisez HydroxyMéthylGlutaryl CoenzymeA réductase. Une enzyme est une protéine qui va provoquer ou faciliter une réaction biochimique. La HMG CoA réductase est une enzyme clé de la synthèse du cholestérol au niveau du foie. Son inhibition réduit donc les taux sanguins de cholestérol car 70% du cholestérol de notre corps provient de notre foie. C'est un des modes d'action des hypolipémiants de la famille des statines (simvastatine, pravastatine, fluvastatine, cérivastatine et atorvastatine). Cette famille est susceptible d'interagir avec d'autres médicaments comme les anticoagulants oraux.
Augmenter l'élimination naturelle du cholestérol de la circulation sanguine.
Les hypolipémiants de la famille des fibrates (clofibrate, fénofibrate, ciprofibrate, bézafibrate et gemfibrozil) permettent, entre autres, une modification de la capture du cholestérol, et en particulier du « mauvais cholestérol », par nos cellules. Ils diminuent ainsi les quantités de cholestérol et de triglycérides circulants dans notre sang.
Par ailleurs, une partie du cholestérol sanguin est excrété naturellement dans l'intestin par la bile, sous forme d'acides biliaires. Dans l'intestin, ces acides biliaires sont réabsorbés plus ou moins selon certains facteurs. En empêchant cette réabsorption, on augmente l'élimination dans les selles et on diminue la quantité de cholestérol dans le sang. La colestyramine est une résine qui bloque les acides biliaires dans l'intestin et empêche leur réabsorption. Ce qui entraîne une baisse du cholestérol dans le sang. Ce médicament peut entraîner une constipation, ce qui peut parfois conduire à l'arrêt du traitement. De plus, il diminue aussi l'absorption d'autres médicaments, entraînant des interactions médicamenteuses.
Quand seul le taux de triglycérides est élevé (cholestérol normal), si le régime et la suppression des boissons alcoolisées ne suffisent pas, on utilise les fibrates ou les huiles de poisson riches en acides gras dits oméga 3-polyinsaturés.

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Cirrhoses du foie
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est une maladie diffuse, chronique et irréversible du foie dont la définition est anatomique, avec l'association de trois types de lésions :

Une atteinte des cellules du foie (cellules hépatiques) ;
Une fibrose ;
Des nodules de régénération où des cellules hépatiques essayent de fonctionner mais y arrivent mal car la disposition architecturale des nouvelles cellules n'est pas conforme à leurs fonctions.
Selon la taille des nodules, on distingue les cirrhoses micronodulaires et macronodulaires.



[?] Causes et facteurs de risque

Les causes de cirrhoses sont nombreuses : l'alcool et l'hépatite virale sont néanmoins responsables de 90 % des cirrhoses.

En France, l'alcoolisme est responsable d'environ 50 % des cirrhoses.
La quantité d'alcool et la durée d'intoxication nécessaires pour provoquer une cirrhose semblent assez variables selon les individus.

La cirrhose alcoolique est habituellement précédée d'une période de latence qui ne se traduit que par un foie augmenté de volume, à cause d'une surcharge en graisses (stéatose hépatique). Cette surcharge peut régresser totalement si l'intoxication est interrompue. Il s'agit en général d'une cirrhose micronodulaire.

Les hépatites virales, surtout B et C chroniques, peuvent se compliquer de cirrhoses, ainsi que les hépatites médicamenteuses ou toxiques ;
Une obstruction biliaire prolongée ;
L'hémochromatose primitive est une affection génétique liée à un défaut de régulation de l'absorption intestinale du fer qui se fait de façon excessive. Le fer s'accumule dans les tissus et notamment dans le foie où, à la longue, il provoque une fibrose puis une cirrhose. Cette atteinte du foie est assez longtemps bien tolérée et le contraste entre le gros foie et le peu de signes biologiques est évocateur.
La maladie est 10 fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme (du fait de la déperdition de fer lors des menstruations) et est reconnue vers 40-60 ans.
Les autres signes cliniques de la maladie sont les témoins des dépôts de fer dans les différents organes : la peau (pigmentation cutanée), le pancréas (diabète), le coeur (insuffisance cardiaque), les gonades (déficit gonadique).
L'examen de sang confirme le diagnostic (augmentation du taux de fer sérique ou hypersidérémie, saturation de la transferrine).
Le traitement consiste essentiellement en des saignées répétées qui entraînent la diminution des dépôts de fer dans les tissus.
Il existe des hémochromatoses secondaires liées à des transfusions répétées (apport important de fer), des anémies hémolytiques chroniques, une cirrhose alcoolique, une anastomose porto-cave.

La maladie de Wilson est une maladie génétique liée à l'accumulation de cuivre dans différents organes : foie, cornée, système nerveux central. Le mécanisme enzymatique en cause est mal connu (défaut de synthèse de la céruloplasmine).
La maladie est reconnue en général chez l'enfant ou l'adolescent.
L'atteinte hépatique est caractérisée par une fibrose puis une cirrhose.
L'atteinte de la cornée se manifeste par un anneau brun-vert situé à la périphérie de la cornée (anneau de Kayser-Fleischer).
L'atteinte du système nerveux central se manifeste par un syndrome extrapyramidal.
Le traitement consiste en l'administration d'un médicament chelateur du cuivre (pénicillamine).
La cirrhose biliaire primitive est une affection frappant principalement la femme entre 40 et 50 ans. Elle semble liée à une obstruction des voies biliaires intrahépatiques dont la cause précise est inconnue, mais probablement auto-immune.
La maladie débute par un prurit qui précède de plusieurs mois l'apparition d'un ictère. Le foie et la rate sont augmentés de volume et les signes de cholestase apparaissent.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence d'anticorps antimitochondries dans le sérum. Le pronostic est variable.
D'autres causes de cirrhose sont parfois retrouvées : cirrhose cardiaque, schistosomiase, galactosémie etc...



[?] Les signes de la maladie

Il n'y a pas de symptôme pendant longtemps.

Cependant il existe parfois une fatigue, une perte d'appétit, un amaigrissement...

A la palpation, le foie est souvent augmenté de volume, mais surtout il présente une consistance ferme ou dure avec un bord inférieur "tranchant". Il est en général indolore.

D'autres symptômes peuvent déjà être notés :

Des signes traduisant la défaillance du foie : léger ictère des conjonctives, angiomes stellaires, érythrose palmaire (rougeur au niveau de la paume de la main), flapping tremor (tremblement des mains), etc.
Des signes traduisant une hypertension de la veine porte : splénomégalie, circulation collatérale abdominale

[?] Examens et analyses complémentaires

En cas de cirrhose du foie, les examens de laboratoire ne sont pas très explicites. On peut voir des signes d'insuffisance hépatocellulaire (hypoalbuminémie, baisse de la capacité à coaguler), des signes inflammatoires, des signes discrets de destruction des cellules du foie (augmentation des transaminases. Les phosphatases alcalines sont en général normales.

Anémie, diminution du nombre de globules blancs et des plaquettes sont fréquentes.

La gastroscopie, l'échographie, cherchent des complications (varices oesophagiennes et ulcère gastroduodénal).

La ponction-biopsie du foie a un important intérêt diagnostique et permet de préciser l'histologie de la cirrhose.


[?] Evolution de la maladie

L'ascite est la complication la plus fréquente.

Elle peut s'installer rapidement ou progressivement. C'est un épanchement liquidien dans la cavité péritonéale qui se traduit lorsqu'il est important par la distension mate de l'abdomen.

Le liquide est clair, de couleur jaune pâle.
L'ascite s'accompagne d'une diminution de la diurèse et d'oedèmes des membres inférieurs.
A un stade avancé, des anomalies hydroélectrolytiques apparaissent : baisses du sodium, du potassium et de l'azote dans le sang.

Les ictères, sont également une complication fréquente. Il y a augmentation de la bilirubine libre et conjuguée dans le sang. C'est un ictère mixte.

Les infections sont très fréquentes et s'expliquent par la diminution des systèmes de défense anti-bactérienne.

Il existe souvent une fièvre modérée dans les cirrhoses dont l'origine est mal connue.

Les hémorragies digestives (hématémèses, méléna) sont des complications fréquentes et graves. Elles relèvent de trois grandes causes : rupture de varice oesophagienne, ulcère gastroduodénal, gastrite hémorragique. Le diagnostic de la lésion qui saigne doit être fait en urgence grâce à la fibroscopie. Les troubles de la coagulation favorisent ces hémorragies.

Le cancer primitif du foie (hépatome) est une complication grave de la cirrhose. Différents symptômes permettent de suspecter l'apparition du cancer : fièvre, douleurs de l'hypochondre droit (flanc droit), ictère très foncé, hémorragie digestive, augmentation des phosphatases alcalines, augmentation des alpha-2-globulines et de l'alpha-foetoprotéine. Le diagnostic est affirmé par l'échographie, la tomodensitométrie et l'artériographie sélective.

L'encéphalopathie hépatique peut être spontanée ou provoquée par une cause précise (infection, hémorragie digestive, sédatifs, diurétiques, etc.). Le degré de l'encéphalopathie est variable, de même que son évolution. Elle associe un "flapping tremor", une odeur particulière de l'haleine (foetor hepaticus), des signes pyramidaux (Babinski bilatéral) et des signes extra-pyramidaux (hypertonie et roue dentée).



[?] Ne pas confondre avec...

Il se fait avec les autres causes de gros foie :

Foie cardiaque d'insuffisance cardiaque ;
Tumeurs hépatiques ;
Gros foie de cholestase ;
Amylose ;
Stéatose ;
Parasitose ;
Collagénoses, hémopathies, sarcoïdose...

[?] Traitement

Il n'existe aucun traitement curatif de la cirrhose. Le traitement se limite :

Sevrage absolu en boissons alcoolisées ;
Diurétiques (spironolactone) ;
Traitement symptomatique des complications.
La greffe de foie

La transplantation hépatique est un traitement réservé dans certains centres spécialisés aux maladies chroniques du foie arrivées à un stade évolué.

Les principales indications de cette chirurgie lourde sont :

Chez l'enfant les atrésies des voies biliaires ;
Chez l'adulte : la cirrhose biliaire primitive, la cholangite sclérosante primitive, certains cas d'hépatite chronique B ou C, les cirrhoses avec insuffisance hépatocellulaire sévère, certaines tumeurs primitives du foie et des maladies métaboliques rares (maladie de Wilson, déficit en alpha-1-antitrypsine, maladies de surcharge).
Après la transplantation, un traitement immunosuppresseur (corticoïdes, ciclosporine, azathioprine) est nécessaire.

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La colique hépatique
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est une complication aiguë de la lithiase biliaire : il y a obstruction brutale des voies biliaires, avec distension aiguë, en amont, de la voie biliaire soit principale (canal cholédoque et canaux hépatiques) soit accessoire (vésicule biliaire et canal cystique).

[?] Les signes de la maladie

Il s'agit d'une douleur intense souvent déclenchée par un régime riche en graisses ou un voyage. Le début de la douleur est rapidement progressif. Au début à type de pesanteur ou de tension, la douleur s'intensifie peu à peu pour devenir difficilement tolérable, à type d'étau, de crampe, de broiement ou de déchirure. Elle peut siéger au niveau de l'hypochondre droit (sous les côtes à droite) ou au creux épigastrique (creux de l'estomac). Elle irradie en haut vers l'omoplate et l'épaule droite et en arrière. Elle bloque l'inspiration profonde et le patient a l'impression de ne pas pouvoir respirer (oppression). Des nausées, des vomissements, un état sub-occlusif sont souvent retrouvés. Le médecin note en palpant l'abdomen une défense antalgique, réflexe, de la région hépatique. Le patient reste immobile dans son lit à l'opposé de la colique néphrétique où il est agité cherchant sans la trouver une position où il ait moins mal (position antalgique). La durée d'une colique hépatique est en général de quelques heures puis la douleur s'atténue peu à peu. Le médecin peut retrouver parfois une douleur en palpant l'hypochondre droit ; cette douleur inhibe la respiration et reproduit la douleur que ressent le malade (signe de Murphy).



[?] Diagnostic différentiel

Dans certains cas, la douleur n'est pas aussi typique et le médecin se trouve confronté à des tableaux différents qui lui font évoquer toute la liste des causes de douleurs abdominales :

- Chirurgicales :

- Occlusion intestinale aiguë (ballonnement, arrêt des matières et des gaz) ;

- Appendicite ;

- Péritonite par perforation ;

- Infarctus mésentérique.

ou non chirurgicales :

- Ulcère gastroduodénal en poussée ;

- Pancréatite ;

- Affection du colon (angle droit) ;

- Colique néphrétique ;

- Infarctus du myocarde ;

- Pneumonie ou pleurésie de la base droite ;

- Embolie pulmonaire, etc.

- Maladie hépatique différente (hépatite virale, foie cardiaque, cancer du foie, cirrhose, abcès du foie, amibiase hépatique etc...).



[?] Examens et analyses complémentaires

Les examens de laboratoire montrent une fonction du foie normale, parfois les transaminases et les phosphatases alcalines sont élevées de manière très transitoire.

La radiographie de l'abdomen sans préparation peut déjà montrer des calculs opaques dans la vésicule biliaire ou le canal cholédoque.

L'échographie est l'examen indispensable qui permet de confirmer la lithiase biliaire dans la presque totalité des cas.

La tomodensitométrie et la cholangiographie rétrograde sont indiquées en cas de doute diagnostique.

La cholécystographie par voie orale n'est pratiquée que pour l'étude de la vidange vésiculaire quand on envisage la dissolution des calculs par un médicament


[?] Complications

La colique hépatique peut déjà traduire une complication de la lithiase biliaire

En effet, la colique hépatique traduit un blocage de la bile et une distension des voies biliaires en amont d'un calcul.

Ce blocage peut entraîner une inflammation et une infection :

- Au niveau de la vésicule biliaire : c'est la cholécystite aiguë et chronique

- Au niveau des canaux intra-hépatiques : c'est l'angiocholite aiguë.

Les autres complications de la lithiase biliaire peuvent également survenir.




[?] Traitement de la colique hépatique

Le plus urgent est de calmer rapidement la douleur.

Les antispasmodiques, les antalgiques non opiacés, les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont utilisés.

Dans certains cas, on utilise la morphine ou un de ses dérivés.

Le bilan de la lithiase décide de la conduite à tenir : traitement de la lithiase biliaire.

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Colique néphrétique
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La colique néphrétique est un symptôme et non pas une maladie.

Il s'agit d'une douleur brutale, de grande intensité, située dans une fosse lombaire au bas du dos.

La colique néphrétique est due à une mise en tension du rein, elle-même liée à un obstacle sur les voies urinaires.


[?] Causes et facteurs de risque

Tout obstacle sur les voies excrétrices (voies urinaires qui acheminent l'urine du rein vers l'extérieur du corps) peut provoquer une stagnation des urines dans le rein et une distension rénale.

L'obstacle peut se situer dans la voie excrétrice (rein, uretère, vessie, urètre) ou à l'extérieur des voies urinaires (compression extrinsèque).

Les calculs représentent la principale cause de colique néphrétique.

Les tumeurs, les rétrécissements inflammatoires ou cicatriciels de la voie excrétrice (après calcul ou chirurgie) sont d'autres causes d'obstacle internes.

Les principales causes de compression extrinsèque sont les tumeurs (gynécologiques en particulier), les ligatures chirurgicales accidentelles, et les épanchements liquidiens abondants (hématome par exemple).



[?] Les signes de la maladie

Il s'agit d'une douleur dans la région lombaire qui diffuse vers les organes génitaux.

La douleur est classiquement brutale, forte, non calmée par les changements de position. Cette douleur est parfois décrite comme "atroce" et peut s'accompagner d'agitation. La douleur est parfois modérée, localisée dans le flanc (crise subintrante)

Des nausées, voire des vomissements peuvent accompagner la douleur.

Des signes urinaires sont souvent associés : brûlures en urinant, besoins urgents et fréquents, présence de sang dans les urines (souvent lorsqu'un calcul est responsable).


[?] La consultation

Il confirme le diagnostic en détaillant le type et la localisation de la douleur. La percussion (par choc direct) de la région lombaire est souvent douloureuse. Le rein distendu est parfois palpable. L'abdomen est souvent ballonné (distension réflexe des anses intestinales).

Il élimine un autre diagnostic par la palpation abdominale et l'examen des organes génitaux.

Il tente de préciser la cause de l'obstacle par les touchers pelviens (tumeur de vessie? prostatique? gynécologique?) et la bandelette urinaire (la présence de sang est en faveur d'un calcul).

Enfin, il cherche des signes de gravité : absence de mictions, fièvre ou frissons.



[?] Examens et analyses complémentaires

Un examen cytobactériologique des urines (ECBU) est systématique. Il permet de détecter une surinfection de l'urine.

Un dosage sanguin de la créatinine (protéine éliminée par le rein) permet d'apprécier la fonction rénale globale.

Une radiographie standard de l'abdomen est toujours réalisée car elle parvient à mettre en évidence la plupart des calculs.

Le plus souvent, une échographie rénale et pelvienne est indiquée. Elle est parfois supérieure à la radiographie standard pour la détection de certains calculs. Elle permet également d'apprécier la dilatation rénale. Enfin, elle peut retrouver une cause tumorale de la vessie ou gynécologique.

Dans certains cas, un bilan radiologique plus spécifique est nécessaire (scanner abdominal et pelvien, urographie intra-veineuse).

[?] Evolution de la maladie

La principale complication de l'obstacle rénal est la pyélonéphrite (infection du rein). La pyélonéphrite peut elle-même évoluer vers l'abcès rénal, la septicémie (passage de bactéries dans la circulation sanguine) voire le choc septique (défaillance des organes vitaux).

La mise en tension prolongée du rein évolue progressivement vers la destruction rénale.

Un obstacle des voies urinaires, s'il concerne les deux reins, peut donc engendrer à terme une insuffisance rénale irréversible.



[?] Ne pas confondre avec...

Il faut éliminer d'autres causes de douleur rénale : cancers du rein, kystes du rein (parfois douloureux lorsqu'ils sont volumineux).

Il faut éliminer une cause fréquente de douleurs lombaires : l'arthrose rachidienne.

Enfin, il faut écarter la possibilité d'une pathologie digestive (appendicite, accumulation de matières dans le colon...) ou gynécologique (grossesse extra-utérine, kyste ovarien...).


[?] Traitement

Il faut distinguer le traitement de la crise de celui de la cause.

Le traitement de la crise doit être entrepris avant même d'avoir réalisé le bilan, sitôt le diagnostic suspecté.

En l'absence de facteurs de gravité (fièvre, frissons, absence de mictions, douleur insupportable, rein unique), une hospitalisation n'est pas nécessaire mais un repos au lit est nécessaire.

Le traitement repose sur l'arrêt des boissons durant la douleur et la prescription de :

Médicaments antalgiques à base de paracétamol seul ou associé à d'autres substances telles que le dextropropoxyphène ;
Médicaments anti-inflammatoires stéroïdiens (bétaméthasone) ou non stéroïdiens (kétoprofène) par voie orale. Ils réduisent la quantité d'eau filtrée par le rein. La pression dans le rein et la douleur sont ainsi diminuées ;
Les anti-spasmodiques (phloroglucinol) sont aussi prescrit.
Dès l'apaisement de la douleur, il est conseiller de boire avec abondance lorsque la cause de la colique néphrétique est un calcul.

En présence de facteurs de gravité, une hospitalisation est nécessaire en urgence afin de passer les anti-inflammatoires en perfusion, de pouvoir ajouter des antalgiques plus forts (morphine), et de pouvoir surveiller ou traiter une complication.

La pyélonéphrite, l'anurie (absence d'urines dans la vessie par obstacle bilatéral ou unilatéral sur rein unique) et l'absence de soulagement malgré des antalgiques puissants sont des indications de drainage du rein.

Le drainage du rein est réalisé au bloc opératoire. Il consiste à mettre en place par les voies naturelles une sonde entre le rein et la vessie, ou à mettre une sonde dans les cavités du rein au travers de la peau.

Le but du drainage rénal en urgence est de diminuer la pression intra-rénale pour sauver le patient de la destruction rénale et du choc sceptique.

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Les colites
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Ce sont toutes les maladies comportant une inflammation de la paroi colique.

[?] Causes et facteurs de risque

Elles sont nombreuses :

Infectieuses :

Entérocolites infectieuses ;
Colite tuberculeuse ;
Sigmoïdite diverticulaire.
Vasculaires :
Colite ischémique ;
Entérocolite aiguë nécrosante ;
Irradiations : colite post-radiothérapique.
Cause inconnue :
Rectocolite hémorragique (RCH) ;
Maladie de Crohn.
Toxiques et médicamenteuses :
Maladie des laxatifs ;
Colite post-antibiothérapique.
Parasitaires :

Amibiase intestinale
Bilharziose intestinale
Les entérocolites ou colites infectieuses
Ce sont toutes les infections de l'intestin grêle et du côlon.

Les entérocolites infectieuses primitives sont favorisées par des conditions d'hygiène défectueuse et très souvent secondaires à une contamination alimentaire ou inter-humaine et provoquent des diarrhées aiguës

Les salmonelloses digestives de l'adulte se traduisent par une toxi-infection alimentaire (gastro-entérite à salmonella Typhimurium et Enteritidis). L'aliment en cause est souvent une viande contaminée (porc, boeuf, cheval) insuffisamment cuite ou un produit laitier non pasteurisé. Le début est rapide, 8 à 12 heures après le repas. Les symptômes sont des nausées, des vomissements, des coliques abdominales et une diarrhée fébrile. L'évolution est courte. Le diagnostic repose sur la coproculture et l'analyse des aliments suspects.

La dysenterie bacillaire (shigellose) est due aux shigelles paradysentériques.
Le choléra est dû au vibrion cholérique et se voit en Asie et en Amérique du Sud.

D'autres germes sont responsables d'entérocolites infectieuses :

Les staphylocoques ;
L'Escherichia coli (en particulier les sérotypes 0111-B4 , 055- B5 , O127-B8) dans les diarrhées des voyageurs ;
Clostridium perfringens de type C (traitement par Flagyl) ;
Virus divers ;
Champignons.
De nombreuses affections intestinales peuvent se surinfecter :
Les cancers coliques ;
La recto-colite hémorragique (RCH) ;
La maladie de Crohn ;
La diverticulose etc...
Les colites ischémiques
Elles traduisent une diminution brutale de l'irrigation sanguine du côlon. La réduction du flux sanguin colique est secondaire à :

Une occlusion artérielle complète (athérome, thrombose, hémopathie) ;
Une chute du débit sanguin local (vasoconstriction, choc, insuffisance cardiaque) ;
Des lésions artériolaires préexistantes (périartérite noueuse).
Les symptômes sont ceux d'une colite aiguë hémorragique avec douleurs abdominales et diarrhée sanglante.
Le transfert en milieu spécialisé s'impose.

Les entérocolites aiguës nécrosantes pseudomembraneuses sont rares et s'observent chez des sujets fragilisés par une intervention ou une insuffisance circulatoire ayant reçu des antibiotiques. Parfois, on isole dans les selles un staphylocoque pathogène ou un Clostridium perfringens mais souvent aucun germe ne peut être incriminé.

Les colites post-radiothérapiques

Elles s'observent surtout après irradiations pour cancer de l'utérus ou hémopathie.
Les symptômes surviennent plusieurs mois ou années après la radiothérapie. Les lésions sont lentement et progressivement évolutives.
Il s'agit de rectorragies minimes, d'émissions fécales glaireuses, de troubles du transit secondaires à une sténose rectale.
Des troubles urinaires sont souvent associés (douleurs de la vessie, infections).

Le traitement chirurgical est difficile (exérèse des sténoses)

Les colites ulcéreuses ( Rectocolite hémorragique et Crohn) : voir ces termes dans les chapîtres correspondants de l'encyclopédie.

Les colites post-antibiothérapiques

Certaines diarrhées surviennent au cours ou au décours de traitements antibiotiques (lincomycine, clindamycine, ampicilline, céphalosporines, tétracyclines).

Cette complication est rare.

Elle se manifeste par des selles fréquentes, mal liées, d'odeur fade, de couleur ocre ou vert-orangé.
La guérison est spontanée après arrêt de la prise des antibiotiques. Un régime pauvre en résidu est nécessaire, parfois un traitement par codéine.
L'intérêt des flores de substitution (Ultra-levure etc...) n'est pas prouvé mais beaucoup de patients les réclament.

Il existe des formes graves représentées surtout par la colite pseudo-membraneuse due à un germe, le Clostridium difficile et à ses toxines. La diarrhée est glaireuse, abondante, parfois sanglante avec douleurs abdominales et fièvre. L'état général est altéré. L'endoscopie trouve des pseudo-membranes.
Le traitement nécessite la correction des troubles hydro-électrolytiques et parfois la prise de cholestyramine (Questran) qui absorbe les toxines ou de vancocine ou de Flagyl.
La maladie des laxatifs, l'amibiase, la bilharziose sont d'autres causes de colites

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Les colopathies fonctionnelles
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est une affection fréquente qui se manifeste par la survenue chronique de symptômes digestifs, comme des douleurs abdominales, des ballonnements, une diarrhée ou une constipation, sans que l'intestin ne présente aucune lésion visible. En d'autres termes, le tube digestif est normal anatomiquement, c'est son fonctionnement qui est pathologique. On parle également de colon irritable ou de trouble fonctionnel de l'intestin.

La colopathie fonctionnelle n'est pas un facteur de risque du cancer du côlon


[?] Les signes de la maladie

La maladie commence en général entre 30 et 50 ans et touche plus de femmes que d'hommes. Elle peut se manifester par :

Des douleurs abdominales chroniques, variables dans le temps et leur localisation, améliorées en période de repos (physique et psychique) et s'aggravant lors des périodes de surmenage et de soucis ;
Des ballonnements ;
Une constipation ou une diarrhée ;
Une anorexie, des nausées, des régurgitations ;
Une lenteur de digestion ;
Une satiété précoce ;
Une asthénie physique et intellectuelle ;
Des troubles vasomoteurs cutanés, des palpitations, des céphalées etc....


[?] La consultation

Le médecin trouve une douleur au niveau de la fosse iliaque gauche et une sensibilité au niveau des plexus nerveux péri-artériels (fourche iliaque). La langue est saburrale ("chargée").

Le toucher rectal (TR) vérifie que l'ampoule rectale est vide et recherche une tumeur à titre systématique.

Le médecin doit éliminer une colique hépatique, et des douleurs d'origine gynécologique ou cardiaque


[?] Examens et analyses complémentaires

Ils seront surtout pratiqués pour éliminer un trouble organique. Ils peuvent associer :

Une recherche de sang dans les selles, éventuellement une coproculture et un examen parasitologique des selles ;
Une rectosigmoïdoscopie et la coloscopie ;
Unexamen radiologique avec lavement baryté.
Les colopathies fonctionnelles avec constipation

Les gastro-entérologues distinguent plusieurs sortes de constipation chez les malades colopathes :

La constipation d'évacuation (dyschésie) s'observe surtout chez le patient âgé. Elle est due à la perte du réflexe exonérateur : le rectum est plein de matières fécales mais le patient ne ressent pas le besoin d'aller à la selle. Le toucher rectal trouve une ampoule rectale pleine de matières fécales. Un fécalome est souvent découvert dont l'extraction s'impose ;
La constipation atonique est due à une diminution de la motricité et de la tonicité du colon. Elle se voit surtout chez le vieillard. Les images au lavement baryté sont typiques ;
La constipation spasmodique s'observe chez des sujets très anxieux, hyperémotifs. D'autres troubles fonctionnels sont associés : céphalées, palpitations, dyspepsie etc...
Cette colopathie spasmodique (colon irritable ) est douloureuse surtout au niveau du colon gauche qui est palpable et sensible (cordon colique). Paradoxalement, le patient consulte souvent pour une diarrhée. En réalité, il s'agit d'une fausse diarrhée due à l'abondance du mucus dans les selles. Le lavement baryté est de réalisation difficile chez ces patients.

L'évolution est particulière avec des poussées de constipation et de douleurs coliques contemporaines de stress socio-professionnels ou familiaux. Le principal risque est l'abus des laxatifs irritants.

La maladie des laxatifs résulte de l'emploi de laxatifs irritants au long cours. Elle associe des troubles psychologiques, des désordres digestifs et des troubles métaboliques. Les laxatifs en cause sont très nombreux (bourdaine, séné, phénolphtaléine, etc...).
Le terrain psychologique des patients est assez stéréotypé. Il s'agit souvent d'une femme souffrant de constipation fonctionnelle, angoissée par son transit intestinal et dépendante de la prise de laxatifs qu'il est parfois difficile de retrouver à l'interrogatoire, la malade ne les mentionnant pas ou niant même leur absorption.

Les troubles digestifs sont d'importance variable : constipation devenant douloureuse, ballonnement abdominal, augmentation consécutive des doses de laxatifs. Les selles deviennent ensuite poisseuses, liquides réalisant une fausse diarrhée. Puis se trouve réalisée une inflammation du colon et de l'intestin grêle (iléocolite) avec fausse diarrhée provoquant des troubles métaboliques importants. Le lavement baryté montre en général des images typiques. La rectosigmoïdoscopie est parfois utile.

Les troubles métaboliques sont l'hypokaliémie (baisse du potassium sanguin) responsable d'asthénie musculaire, de crampes, de majoration de la constipation, de signes cardiaques électriques (ECG) et parfois de troubles rénaux. Une alcalose métabolique avec hypocalcémie et hypochlorémie est habituelle (tétanie).

Le traitement repose sur l'arrêt de la prise des laxatifs et la rééquilibration hydro-électrolytique. Le traitement de la constipation est bien entendu entrepris en même temps. Un soutien psychologique est souvent nécessaire.

Les colopathies avec fausse diarrhée : les selles sont molles ou liquides, émises une ou plusieurs fois par jour. En réalité elles sont dues à une hypersécrétion muqueuse réactionnelle qui entraîne une fragmentation et une redissolution des selles primitivement dures. La notion d'une longue période de constipation précédant la diarrhée, la découverte de fragments durs dans les selles, l'examen des selles permettent le diagnostic. Ces fausses diarrhées sont des constipations mal tolérées par le colon.

Les colopathies fonctionnelles avec diarrhée

Elles réalisent une accélération du transit colique avec diminution de la réabsorption de l'eau et une hypersécrétion réactionnelle. On aboutit ainsi à l'émission trop fréquente de selles trop abondantes pâteuses ou liquides. Seul l'examen coprologique (examen des selles) permet d'affirmer la diarrhée.

On distingue :

Les diarrhées motrices pures, souvent intermittentes, déclenchées par le froid, les boissons glacées, mais aussi les émotions (avant de passer un examen par exemple). La diarrhée est violente mais dure moins de 24 heures. Parfois, la diarrhée est plus continue mais très bien supportée, évoluant par périodes plus ou moins longues, aggravée par les conflits et le surmenage.
Les diarrhées de fermentation avec selles molles, grumeleuses, acides, d'odeur aigrelette, source de brûlures anales.
Les diarrhées de putréfaction avec selles homogènes, nauséabondes et alcalines. Il existe une grande quantité d'ammoniac dans les selles. Les putréfactions peuvent s'observer dans les colites segmentaires et les tumeurs

[?] Ne pas confondre avec...

Avant de poser le diagnostic de colopathie fonctionnelle, le médecin doit savoir éliminer :

Une colite inflammatoire, des diverticules, des polypes ;
Un cancer recto-colique ;
Une parasitose ;
Une intolérance aux dissacharides ;
Une maladie coeliaque ;
Une maladie de Crohn ;
Une tumeur villeuse hypersécrétante...
La présence de sang et de pus dans les selles est toujours pathologique. Le lavement baryté peut évoquer une lésion organique. Les biopsies coliques pratiquées sous endoscopie (coloscopie sous neuroleptanalgésie) peuvent être utiles.


[?] Traitement

Le traitement des colopathies est difficile. Il repose sur :

Une bonne hygiène de vie ;
La psychothérapie ;
L'association de médicaments antispasmodiques musculotropes et d'anxiolytiques est possible ;
En cas de constipation ou de fausse diarrhée : laxatifs non irritants en alternant huile de paraffine mucilages et laxatifs osmotiques ;
En cas de diarrhée motrice : traitement de la dystonie neurovégétative, lopéramide ;
En cas de diarrhée de fermentation : diminution des féculents et de l'amidon, enzymes digestifs...
En cas de diarrhée de putréfaction : suppression des abats, du gibier, de la charcuterie, des viandes et des poissons fumés...
En cas de douleurs et de ballonnements : pansements coliques à base d'argile...
Cures thermales : Chatel-Guyon, Plombières...

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Comas
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le coma est une abolition plus ou moins complète des fonctions de la vie de relation (conscience, motilité, sensibilité) alors que les fonctions de la vie végétative sont relativement conservées. Le patient, inconscient, est couché sans bouger et ne sent rien.



[?] Les signes de la maladie

L'examen neurologique complet (motilité, sensibilité, réflexes, tonus, pupilles, contrôle sphinctérien), l'évaluation des fonctions végétatives (respiration, pouls, tension artérielle, température) permettent de classer le coma selon la profondeur :

- coma stade 1 : c'est le stade de l'obnubilation. La possibilité de communication avec le malade est réduite: le patient grogne lorsque le médecin lui pose des questions. Les stimulus douloureux provoquent une réponse correcte : le patient repousse plus ou moins bien la main du médecin qui le pince. L'électroencéphalogramme montre un rythme alpha ralenti avec quelques ondes téta ou delta

- Coma stade 2 : c'est le stade de la disparition de la capacité d'éveil du sujet. Il n'y a pas de contact possible avec le malade. La réaction au stimulus douloureux est toujours présente mais plus ou moins inappropriée. L'électroencéphalogramme montre des ondes lentes diffuses avec réactivité aux stimuli extérieurs réduits.

- Coma stade 3 : c'est le coma profond ou coma carus. Il n'y a plus aucune réaction aux stimuli douloureux. Les troubles oculaires et végétatifs sont apparus, par exemple respiratoires avec encombrement pulmonaire. L'électroencéphalogramme montre des ondes delta diffuses sans réactivité aux stimuli extérieurs.

- Coma stade 4 ou coma dépassé : la vie n'est maintenue que par des moyens artificiels.
L'électroencéphalogramme montre un rythme plus ou moins ralenti. Au pire, il est plat. C'est un élément primordial pour la surveillance d'un coma prolongé.



[?] Diagnostic différentiel

- L'hypersomnie comme dans le syndrome de Pickwick ;

- Une lipothymie ou une syncope ;

- Une crise de spasmophile ;

- Un coma hystérique (origine psychiatrique) ;

- Les pertes de connaissance au cours du collapsus cardiovasculaire (syncope, infarctus du myocarde)...



[?] Causes et facteurs de risque

Traumatismes crâniens :

- Coma d'emblée : commotion ou contusion cérébrales, coma profond d'emblée ;

- Coma secondaire : hématome extra-dural (HED) précoce, hématome sous-dural (HSD) plus tardif ;

Causes neurologiques :

- Oedème cérébral aigu (hypertension artérielle maligne) ;

- Accident vasculaire cérébral ;

- Méningites, encéphalites, thrombophlébites cérébrales ;

- Tumeurs cérébrales ;

- Epilepsie généralisée (coma post-critique)...

Causes métaboliques :

- Hypoglycémie;

- Acidocétose diabétique avec hyperglycémie ;

- Acidose lactique, coma hyperosmolaire ;

- Coma urémique (stade terminal d'insuffisance rénale chronique) ;

- Coma myxoedémateux et de l'hyperthyroïdie ;

- Coma hypercapnique ;

- Coma hépatique : l'encéphalopathie hépatique se voit lors des hépatites graves. Les signes cliniques comprennent le "flapping tremor" ou "asterixis" qui se traduit par la chute brusque du tonus musculaire au niveau des mains lorsqu'elles sont en hyperextension. Le "foetor hepaticus" est une odeur de fruit pourri de l'haleine. Une hypertonie extra-pyramidale fait partie du tableau clinique.

Causes toxiques :

- Barbituriques, hypnotiques, tranquillisants, neuroleptiques ;

- Stupéfiants ;

- Intoxication alcoolique ;

- Oxyde de carbone ;

- Insecticides, sulfure et tétrachlorure de carbone, chlorure et bromure de méthyle...



[?] Traitement

Il ne se conçoit qu'en milieu spécialisé et est d'abord fonction de la cause du coma. Quoiqu'il en soit, des mesures sont systématiques :

- Pose d'une voie d'abord pour la rééquilibration des mineraux du sang ;

- Mise sous monitoring de surveillance (pouls, tension artérielle, température, respiration) ;

- Soins infirmiers de nursing.

Une fois la cause trouvée, le traitement adapté peut être effectué.


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Complications des ulcères gastro-duodénaux
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Elles sont de plusieurs types :

Les hémorragies ;
La perforation avec péritonite ;
La sténose du pylore ;
La cancérisation.
Les hémorragies
L'hémorragie digestive est la complication la plus fréquente de la maladie ulcéreuse.



[?] Les signes de la maladie

Les hémorragies peuvent s'extérioriser par le haut ou par le bas du tube digestif.
Lorsque c'est par la bouche, il s'agit de vomissements de sang rouge ou hématémèse très souvent suivis dans les heures qui suivent d'hémorragie intestinale de sang digéré.
Lorsque c'est par voie basse, il s'agit de méléna (selles noires ), c'est-à-dire de l'évacuation par l'intestin de sang noir digéré

[?] Examens complémentaires et traitement

La fibroscopie peut être réalisée au lit du malade. Elle permet de voir la ou les lésions qui saignent et souvent de permettre d'arrêter l'hémorragie si le vaisseau qui saigne est visible.Il faudra ensuite traiter l'ulcère.

La péritonite par perforation

C'est la complication la plus dramatique. La perforation survient dans 1 à 2% des cas d'ulcères duodénaux, elle est rare chez la femme.
La mortalité est élevée.
L'ulcère est si profond dans la paroi du duodénum, de la région pylorique ou de la petite courbure de l'estomac que cette paroi est perforée et que le contenu du duodénum (ou du pylore, ou de l'estomac) s'écoule dans la cavité péritonéale. Le liquide gastrique aseptique s'écoule dans le péritoine et au début il n'y a pas de fièvre.



[?] Les signes de la maladie

La douleur brutale, épigastrique, en "coup de poignard", survient chez un sujet en pleine santé.

Le médecin met en évidence en palpant le ventre une contracture des muscles de l'abdomen réalisant un ventre de bois.


[?] Examens et analyses complémentaires

La radiographie de l'abdomen sans préparation montre la présence d'air dans la cavité péritonéale, qui en temps normal n'en contient pas.

[?] Traitement

Le traitement très urgent ne se conçoit qu'en milieu chirurgical.

La sténose du pylore

Elle est différente de la sténose du pylore du nourrisson.
C'est une complication propre aux ulcères duodénaux et aux ulcères du pylore. Le rétrécissement de cette zone provoque des vomissements, un amaigrissement, une altération de l'état général.
Le transit baryté et la fibroscopie confirment la diagnostic.

La dégénérescence maligne

La cancérisation se voit rarement dans les ulcères de l'estomac (partie horizontale de la petite courbure), exceptionnellement dans l'ulcère duodénal.

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Condylomes ano-génitaux (végétations vénériennes, crêtes de coq)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Les condylomes sont dus à des virus appartenant au groupe des Papillomavirus transmissibles par voie sexuelle (Human Papilloma Virus : HPV).

Certains HPV sont dangereux car oncogènes c'est-à-dire susceptibles de provoquer plus tard des cancers (notamment cancer du col de l'utérus).


[?] Causes et facteurs de risque

La condylomatose est sexuellement transmissible

Les facteurs de risques sont :

Partenaires multiples, vagabondage sexuel ;
Prostitution ;
Rapports non protégés bien que le préservatif soit largement insuffisant pour éviter les contamination génitale ;
Baisse des défenses immunitaires.
Mais tout le monde peut contracter des condylomes car les virus HPV sont fréquents.

De nombreuses années peuvent se passer entre la contamination et l'apparition des lésions. Il ne faut donc pas toujours accuser son (sa) partenaire actuel(le).



[?] Les signes de la maladie

Attention, les lésions peuvent être microscopiques et passer inaperçues.

Les "condylomes acuminés" ("végétations vénériennes" ou "crêtes de coq")

Ces proliférations papillomateuses fréquentes atteignent aussi bien l'homme que la femme. Les proliférations sont bénignes mais récidivantes.

Chez l'homme, elles siègent au niveau du gland, du frein, du prépuce, du méat et surtout au niveau du sillon balano-préputial.

Chez la femme, on les voit au niveau de la vulve et parfois du vagin.

L'anus est souvent atteint dans les deux sexes.

Les "condylomes plans"

Ils siègent au niveau du col de l'utérus et dans le vagin chez la femme, le gland et l'orifice urinaire chez l'homme.



[?] La consultation

L'homme et la femme doivent se faire examiner.

Chez la femme : Examen gynécologique complet avec inspection de la vulve, du vagin, du col de l'utérus. Les lésions peuvent être typiques, parfois elles sont difficiles à mettre en évidence. Un frottis est toujours réaliser.
Une colposcopie (examen du col au microscope) avec application d'une coloration spéciale (lugol) permet de mettre en évidence les lésions et de faire éventuellement des prélèvements du col.
Chez l'homme : Examen génital complet, examen endoscopique de l'urètre.
Chez l'homme comme chez la femme, un examen de l'anus peut être nécessaire (anuscopie).



[?] Examens et analyses complémentaires

Ils ne sont pas systématiques en cas de lésions typiques (en dehors des examens cités ci-dessus).

Le frottis et les prélèvements permettent de mettre en évidence des lésions condylomateuses. Un sous-typage des virus HPV est réalisé. En effet, il existe des types de virus plus agressifs que d'autres. De plus, tous les virus ne sont pas impliqués dans le cancer du col de l'utérus.


[?] Evolution de la maladie

Le traitement des condylomes est souvent long et doit absolument être mené chez l'ensemble des partenaires sexuels s'ils sont atteints.

Les récidives sont fréquentes. Ceci dit, la plupart des traitements viennent à bout des lésions et l'évolution est favorable.


[?] Ne pas confondre avec...

Les condylomes sont souvent typiques et le diagnostic est facile. En cas de doute, les prélèvements viendront corriger le diagnostic.

[?] Traitement

Il est fondamental et indispensable.

Il existe plusieurs traitements qui peuvent être éventuellement associés. Le choix thérapeutique serait basé sur le type de lésion et la localisation.

Traitements médicamenteux

Ce sont toujours des traitements locaux (à base de crème ou de pommade) qui utilisent des produits très puissants tels que des anticancéreux (fluorouracile, podophyllotoxine) ou des immunomodulateurs (imiquimod) .

Traitements chirurgicaux

Ils ont pour but de retirer les excroissances par un traitement au laser ou par cryothérapie (azote liquide) ou électrocoagulation.

En cas d'atteinte sévère du col, une conisation retire la partie externe du col pourra être réaliser.

Chez la femme enceinte, seules les lésions vaginales et vulvaires pourront être soigner.



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Conjonctivites de l'enfant
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La conjonctive est une membrane muqueuse qui recouvre l'ensemble de la partie apparente du globe oculaire, à l'exception de la cornée. Elle se réfléchit sur la partie interne des paupières au niveau des culs-de-sac conjonctivaux.
La conjonctive est exposée aux infections mais sa défense est solide. Les larmes, riches en anticorps, ont également un rôle de lavage et de dilution.


[?] Causes et facteurs de risque


La conjonctivite à gonocoques (ophtalmie purulente néonatale) est devenue exceptionnelle depuis l'instillation systématique de collyres à la naissance. Elle était très grave car elle entraînait la cécité.
Une conjonctivite unilatérale dès les premiers jours de vie ou une conjonctivite récidivante doivent faire évoquer une sténose ou une imperforation congénitales du canal lacrymal. Le sondage est réalisé à l'aide d'un fin cathéter vers 4 ou 5 mois par l'ophtalmologiste.
Les conjonctivites de l'enfant peuvent être microbiennes, virales, allergiques ou traumatiques.

[?] Les signes de la maladie

Les conjonctivites de l'enfant débutent par une sensation de cuisson ou de corps étrangers. Un larmoiement apparaît et la mère constate le matin une sécrétion jaunâtre qui agglutine les cils. Les conjonctives sont rouges surtout lorsqu'on éverse les paupières inférieures. Le "blanc de l'oeil" est souvent rouge aussi, surtout à l'angle interne.


[?] Les conjonctivites microbiennes

Elles sont soit primitives soit la conséquence de la surinfection d'une conjonctivite traumatique ou virale.
La sécrétion est franchement purulente.
La petite boule de pus au niveau de l'angle interne de l'oeil inquiète souvent la mère...
Parfois, les yeux sont collés le matin au réveil par des sécrétions purulentes.
Une rhino-pharyngite est parfois associée.
Les germes responsables peuvent être identifiés par le prélèvement bactériologique du pus : streptocoque, staphylocoque, proteus etc...
Les collyres antibiotiques traitent rapidement ces conjonctivites à condition d'effectuer des instillations fréquentes toutes les heures ou les 2 heures.
Une pommade ophtalmique est utile pour la nuit.


[?] Les conjonctivites virales

Les virus de type APC (adéno-pharyngo-conjonctivite) sont de plus en plus fréquents.
L'adénovirose de type 3 entraîne une fièvre, un malaise général, une pharyngite, une conjonctivite et de multiples petits ganglions cervicaux. La maladie dure 10 jours.
La kérato-conjonctivite épidémique due à l'adénovirus de type 8 est très contagieuse.
Il n'y a pas de sécrétion purulente. Par contre, le larmoiement et la photophobie (la lumière lui fait mal aux yeux) sont très marqués.
Il n'y a pas de traitement spécifique et seule l'instillation régulière de collyres antiseptiques est indiquée.
La guérison survient généralement en 3 à 4 semaines bien que certaines formes puissent évoluer durant des mois.
Certaines conjonctivites accompagnent la varicelle ou la rougeole.
L'infection herpétique est grave.

[?] Les conjonctivites allergiques

Les conjonctivites "printanières" sont très difficiles à traiter.
Elles surviennent par poussées, le printemps ou l'été, pendant plusieurs années consécutives. Les garçons sont plus touchés que les filles à partir de 4 ou 5 ans.
La photophobie, le larmoiement et le prurit sont très intenses.
L'enfant a la tête baissée et se protège les yeux contre la lumière. Il ne peut s'empêcher de les frotter lors des poussées douloureuses.
Le traitement consiste en l'instillation de collyres aux corticoïdes en cas de poussée aiguë. Ces collyres doivent être utilisés avec précaution car ils favorisent le développement de surinfections virales, microbiennes ou mycosiques. Seul l'ophtalmologiste doit les prescrire car leur utilisation par des parents bien intentionnés, mais ignorants en matière d'ophtalmologie, risque d'entraîner de très graves ennuis (herpès cornéen notamment).
Les collyres sédatifs, à base de vasoconstricteurs faibles, sont suffisants dans les cas banals. Le collyre au cromoglycate disodique donne d'excellents résultats. De petites cures d'antihistaminiques sont utiles. La désensibilisation et la cryothérapie sont proposés. Les crises disparaissent à l'âge adulte.
Le coryza spasmodique se traduit par un écoulement nasal clair, un larmoiement intense et une conjonctivite folliculaire. Une allergie aux graminées est en général responsable de cette pollinose aiguë.
Les conjonctivites par pneumallergènes (poussières de maison, acariens, plumes, poils d'animaux...) sont fréquentes. Elles se traduisent par un larmoiement, une photophobie, une sensation de graviers sous les paupières

[?] Les conjonctivites traumatiques


La projection de sable dans les yeux sur la plage, un corps étranger (brin de paille, barbe d'avoine, poils de chenilles etc.) provoquent des conjonctivites. La conjonctive est rouge.
L'ophtalmologiste effectuera un lavage soigneux des culs-de-sacs et préconisera un collyre antiseptique.

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Constipation : définition et examens
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La constipation est un retard ou une difficulté d'évacuation de selles moins fréquentes, moins abondantes, plus dures que normalement : moins de 3 selles par semaine.
Les troubles à l'origine de la constipation sont divers. On peut retrouver :
La constipation par atonie du colon, rare ;
La constipation par inertie colique spastique (colon irritable) ;
Une maladie de la fonction de réservoir du rectum (mégarectum) avec la possibilité pour le rectum de se laisser encombrer par un volume excessif de matières ;
Une obstruction terminale spastique avec reflux rectosigmoïdien ;
Une anomalie de fonctionnement des sphincters striés de l'anus (anisme) objectivée par certains examens complémentaires spécialisés (la manométrie anorectale).


[?] Examen clinique

L'interrogatoire permet de tracer l'histoire naturelle de la constipation : ses modalités d'installation, l'existence d'un facteur déclenchant (choc affectif, intervention chirurgicale, modification de l'alimentation, médicaments à effets secondaires constipants...), les habitudes alimentaires (fibres alimentaires) etc...
La qualité de la paroi abdominale est appréciée.
L'inspection de l'anus recherche une fissure ou des hémorroïdes.
Le toucher rectal (TR) recherche une sténose rectale, une tumeur. Le toucher vaginal (TV) peut être pratiqué chez la femme.


[?] Examens et analyses complémentaires

La recherche de sang dans les selles est pratiquée à titre systématique ;
La coloscopie parfois, la rectosigmoïdoscopie recherchent une lésion. La présence de matières fécales dans le rectum est anormale si le patient n'éprouve pas l'envie d'aller à la selle : c'est une dyschésie ;
La radiographie de l'abdomen, le lavement baryté montrent des lésions éventuelles ;
La mesure du temps de transit par des marqueurs radio-opaques permet de séparer les constipations liées à un trouble de la progression des matières dans le colon (constipation de transit) de celle comportant une stagnation dans le rectum (constipation d'évacuation).
L'examen consiste à suivre la progression dans le colon de marqueurs radio-opaques solides. Une vingtaine de marqueurs sont ingérés à l'occasion d'un repas le matin. Ils franchissent l'intestin grêle en quelques heures. Leur progression est suivie dans le colon et le rectum sur des clichés radiologiques successifs. Normalement les marqueurs sont éliminés en 2 à 3 jours. La stagnation anormale dans le colon droit ou gauche caractérise les constipations de transit. La stagnation dans le rectum caractérise la constipation terminale ou distale.
La manométrie anorectale permet d'explorer une constipation distale : le médecin mesure le tonus du sphincter anal. L'étude du réflexe recto-anal inhibiteur permet de faire le diagnostic de maladie de Hirschsprung, de maladie neurologique etc. L'étude de la contraction volontaire et du volume maximum tolérable sont d'autres temps importants de cet examen.

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Convulsions du nouveau-né
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[?] Généralités

La fréquence des convulsions chez le nouveau-né est de 0,2 à 0,8% mais est sans doute sous-estimée car les convulsions à cet âge passent souvent inaperçues.
Les crises convulsives chez le nouveau-né peuvent être très frustes et la perte de connaissance n'est pas toujours facile à reconnaître. Le médecin doit se méfier d'une simple révulsion oculaire ou d'une fixité insolite du regard. Une succession de grimaces, de clignements de paupières, un simple mouvement de mâchonnement, un accès brutal de pâleur ou de cyanose, de petits mouvements arythmiques des doigts chez un nouveau-né ayant l'air de dormir, des mouvements inhabituels d'un membre sont souvent les seules manifestations de la convulsion néonatale. Au maximum, se trouve réalisé l'état de mal convulsif où les crises sont incessantes.
Ces convulsions ne doivent pas être confondues avec les banales trémulations du nouveau-né affamé, qui pleure ou qui a froid. Ces mouvements rythmiques des membres, du menton, surviennent chez un enfant conscient et cèdent à la pression de la main de l'examinateur.


[?] Causes et facteurs de risque

Des intoxications maternelles sont parfois responsables : narcotiques, barbituriques, isoniazide etc ;
D'autres fois, c'est une intoxication directe du nouveau-né après l'utilisation erronée d'analeptiques respiratoires tels que le camphre ;
L'hypoglycémie et l'hypocalcémie sont les causes métaboliques les plus fréquentes ;
Les méningites bactériennes doivent être évoquées à titre systématique ;
Certaines embryo-foetopathies (toxoplasmose, herpès, rubéole, inclusions cytomégaliques etc...) et des malformations cérébrales peuvent être responsables ;
L'anoxie néonatale, l'hémorragie cérébro-méningée dues aux traumatismes obstétricaux sont des causes très fréquente ;
D'autres étiologies sont plus rares : hypo- et hyper-natrémies, déficit en vitamine B6, hypomagnésémie, erreurs innées du métabolisme des acides aminés etc ;
La convulsion du 5° jour est décrite chez des enfants nés à terme, sans antécédent pathologique, qui présentent vers le 5° jour de vie un véritable état de mal électro-clinique. Après une période de quelques jours, le nouveau-né récupère un état clinique normal et ne garde aucune séquelle. La cause est inconnue.


[?] Examens et analyses complémentaires

Différents examens complémentaires sont nécessaires chez un nouveau-né qui convulse : glycémie, calcémie, ionogramme sanguin, sérologies, hémocultures, ponction lombaire, électroencéphalogramme, radiographie du crâne, fond d'oeil etc.


[?] Traitement

Il consiste d'abord à essayer de corriger une éventuelle anomalie métabolique avant même de disposer des résultats d'examens demandés en urgence au laboratoire. Le pédiatre injecte donc du glucose, du calcium, de la vitamine B6 et du magnésium. Cela permet de traiter les causes facilement curables.
Le traitement symptomatique fait appel aux benzodiazépines (Valium® etc...) injectables ou intrarectales.
En fonction de la cause, le traitement sera très différent.

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Coqueluche
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Cette maladie infectieuse est due à Bordetella pertussis (bacille de Bordet et Gengou), bacille Gram négatif cultivable en milieu aérobie.
Accessoirement Bordetella parapertussis est une cause rare (5-20 %) de coqueluche plus bénigne.
L'Organisation Mondiale de la santé estime que chaque année, 600 000 enfants meurent de cette maladie sur 60 millions qui sont atteints.
Le germe se multiplie sur l'épithélium cilié respiratoire de la trachée et des bronches. Il diffuse plusieurs toxines spécifiques qui provoquent la maladie : la coqueluche est une maladie toxinique


[?] Epidémiologie

La contamination se fait par voie aérienne interhumaine (projection de gouttelettes de salive au cours de la toux), essentiellement dans la phase catarrhale de la maladie où les signes cliniques ne sont pas encore caractéristiques.
La contagiosité diminue rapidement à la phase paroxystique, mais peut se prolonger pendant 3 semaines. La source de contamination est essentiellement constituée par les enfants d'âge préscolaire ou scolaire, et aussi par les adultes et sujets âgés dont les symptômes sont souvent mal identifiés. Le taux d'attaque est de 70-80 % si le contact est proche.
L'incubation dure 7 à 10 jours.
L'immunité est définitive après la maladie. L'incidence de la coqueluche dans la première enfance a notablement régressé grâce à la vaccination systématique, non obligatoire, des nourrissons. La pression endémique persiste : à la faveur de l'extinction progressive de l'immunité vaccinale, les grands enfants et les adultes font des coqueluches souvent atypiques et non identifiées qui peuvent être la source de contamination de nouveau-nés et de nourrissons non vaccinés.


[?] Les symptômes de la maladie

Au stade catarrhal, on observe des signes non spécifiques d'infection des voies aériennes supérieures : rhinite, éternuement, toux, fièvre. Cette phase dure 1 à 2 semaines. La toux, rebelle, devient progressivement spasmodique, émétisante (donnant des nausées), à maximum nocturne.
Le stade paroxystique est caractérisé par des quintes de toux spontanées ou favorisées par l'examen de gorge, une tentative d'alimentation.
Typiquement, la quinte se définit comme la succession de secousses de toux expiratoires (5 à 20, de plus en plus rapprochées), aboutissant à une apnée de quelques secondes en expiration forcée (cyanose), suivie d'une inspiration longue - la "reprise" - et bruyante (c'est le "chant du coq") prélude à une nouvelle succession de secousses expiratoires... Le cycle se répète 5 à 15 fois et se termine par une expectoration muqueuse entraînant des vomissements. On note 15 à 30 quintes par 24 heures. Au cours de la quinte, le visage de l'enfant est cyanosé, bouffi, avec dilatation des veines de la face et du cou. Succède une phase de pâleur avec purpura pétéchial.
Entre les quintes, l'examen clinique est normal. Il n'y a pas de fièvre.
Ce stade paroxystique dure 2 à 4 semaines.
Ensuite, débute la phase de déclin et convalescence : les quintes sont de moins en moins fréquentes et de moins en moins intenses. La "reprise" par contre, dure plus longtemps. L'expectoration devient plus facile et mucopurulente. Cette phase dure 3 à 4 semaines. On note souvent pendant plusieurs mois la réapparition transitoire de toux quinteuse avec reprise bruyante "tic coqueluchoïde" à la faveur d'infections respiratoires non spécifiques.


[?] Examens et analyses complémentaires


Numération formule sanguine : à la phase paroxystique : hyperleucocytose qui peut atteindre 30 000 globules blancs/mm3 avec forte lymphocytose à 60-90 % (petits lymphocytes B et T matures ). La lymphocytose peut être absente chez les jeunes enfants. Pas d'anémie. Vitesse de sédimentation normale ou modérément élevée. Une hyper-plaquettose (> 500 000/mm3) est un critère de gravité.
Radiographie pulmonaire : altérations parallèles à l'intensité de la phase paroxystique : opacités péribronchiques péri-hilaires. Parfois troubles localisés de ventilation : emphysème obstructif, atélectasie.
Bactériologie : identification du germe dans les sécrétions respiratoires (examen direct ou immunofluorescence sur aspiration nasopharyngée), seul argument de certitude diagnostique particulièrement utile à la phase catarrhale et dans les formes atténuées de la coqueluche.
Le test sérologique par agglutination manque de sensibilité.
La méthode ELIsa est plus sensible et spécifique mais demande des prélèvements espacés de 2 à 3 semaines.
La recherche d'anticorps antiadénylcyclase et surtout les techniques de biologie moléculaire (PCR) permettent des diagnostics rapides mais encore réservés à des centres spécialisés.
Bien souvent, en cas de symptômes évocateurs, la notion d'un contage dans l'entourage prouvée par culture positive permet d'établir le diagnostic.


[?] Les complications

Complications mécaniques liées à l'intensité de la toux et à l'hyperpression expiratoire intra-thoracique : ulcération du frein de la langue, hémorragies nasales et sous- conjonctivales, prolapsus rectal, hernies, emphysème médiastinal et cervical, pneumothorax...
Dénutrition, malnutrition, déshydratation, par la répétition des vomissements et les difficultés alimentaires ;
Complications infectieuses : otites suppurées : surinfections bronchopulmonaires, bronchite purulente aiguë, atélectasie, broncho-pneumonie, pleurésie. Leur fréquence a été réduite par l'antibiothérapie ;
Complications neurologiques : surtout chez les jeunes enfants : convulsions (2,7 %) essentiellement par anoxie ou hyperthermie : hémorragies intracrâniennes : séquelles neurologiques secondaires aux phases d'anoxie cérébrale (0,7 %). L'encéphalite coquelucheuse survient après 2 ou 3 semaines et est de pronostic sévère.


[?] Diagnostic différentiel

Autres causes de toux rebelle :
Corps étranger trachéo-bronchique chez le jeune enfant ;
Tuberculose; mucoviscidose; laryngotrachéite infectieuse (virus respiratoires) ;
Pneumonie (adénovirus) ;
Compressions trachéales : allergies respiratoires...
Une forme particulière et grave : la coqueluche du nourrisson
50 % des coqueluches surviennent avant l'âge d'un an.
Il n'y a pas de protection immunitaire materno-foetale.
Dès la période néonatale et chez un enfant non vacciné, le risque de contamination par l'environnement, la fratrie, ou par les parents atteints de coqueluche peu typique et non identifiée est élevé.
La gravité (mortalité : 2 à 3 %) est liée aux caractères suivants :
Présence de quintes asphyxiantes : quintes épuisantes, apnées prolongées avec cyanose, perte de connaissance , absence de reprise spontanée : état asphyxique, convulsions anoxiques et risque de mort en l'absence de stimulation respiratoire immédiate et énergique.
Présence d'apnées syncopales : arrêt respiratoire brusque et inopiné, sans toux ni quinte, exigeant une surveillance constante.
Complications respiratoires, encombrement massif des voies respiratoires par les sécrétions, atélectasies, surinfections.
Toute coqueluche chez un nouveau-né ou un nourrisson justifie une hospitalisation en milieu spécialisé, avec surveillance constante et monitorage cardio-respiratoire.
Les facteurs de gravité de la coqueluche du nourrisson :
Age inférieur à 4 mois ;
Difficultés alimentaires et vomissements incoercibles ;
Troubles de conscience, convulsions ;
Météorisme abdominal ;
Troubles vasomoteurs des extrémités, marbrures ;
Tachycardie (accélération du rythme cardiaque) > 200/min ;
Apnée (pause respiratoire) prolongée, cyanose persistante entre les quintes ;
Leucocytose > 50 000/mm3 ;
Hyperplaquettose > 500 000/ul ;
Hyponatrémie (baisse du sodium sanguin) < 130 mM/L, hypoglycémie.


[?] Traitement

Traitement curatif
Antibiothérapie : en dépit de la sensibilité du germe à de nombreux antibiotiques (macrolides, tétracyclines, chloramphénicol), l'antibiothérapie ne modifie pas l'évolution de la maladie. La josamycine 50 mg/kg et par jour pendant 14 jours entraîne une éradication du germe. Fluidifiants, antitussifs, sédatifs, sont inefficaces et contre indiqués chez les jeunes enfants ;
Corticoïdes (hydrocortisone, bétaméthasone) et salbutamol, même prescrits tardivement, réduisent l'intensité des quintes : ils ne sont pas d'usage courant mais utiles dans les formes graves ;
Veiller au bon état d'hydratation et de nutrition ;
Assurer un apport alimentaire suffisant, fractionné ; si besoin suppléments énergétiques .
Favoriser l'évacuation bronchique et une bonne ventilation pulmonaire : kinésithérapie respiratoire si elle est bien supportée ;
Isolement et surveillance.
Traitement prophylactique
S'impose en présence d'un nouveau–né ou d'un nourrisson entré en contact avec un parent atteint de coqueluche ;
Isolement et prophylaxie antibiotique par un sel d'érythromycine 50 mg/kg et par jour pendant 14 jours ;
Gammaglobulines anticoquelucheuses spécifiques : 0,3 ml/kg/IM répétées 3 fois à 48 heures d'intervalle.
Le vaccin
Le vaccin anticoquelucheux utilisé en France pour les primo-vaccinations est un vaccin dit "entier ou cellulaire" car constitué de suspensions bactériennes de Bordetella pertussis inactivées par la chaleur. Sa tolérance clinique est médiocre : réactions inflammatoires locales dans 40% des cas, pics de fièvre élevés etc.
Un vaccin purifié de type acellulaire a été mis au point. Il est beaucoup mieux toléré mais donne peut-être une immunité moins longue. Actuellement, il n'est utilisé en France que pour les rappels à 18 mois et 6 ans.

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Coup de chaleur - déshydratation - insolation

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Le coup de chaleur est une défaillance du système naturel de thermorégulation qui permet à la température interne du corps de rester à 37°C. Il touche surtout les enfants. Il est dû à une trop forte chaleur ambiante (>30°C), l'humidité, l'absence de vent. Le symptôme principal est une fièvre supérieure à 39°5. La peau est sèche et brûlante. En l'absence de traitement, des douleurs musculaires puis des troubles du comportement surviennent. Le coma et la mort suivent.
Quelques mesures préventives sont primordiales
Eviter les efforts aux heures les plus chaudes et pendant les deux heures qui suivent les repas ;
Eviter les vêtements épais, serrés, de couleur foncée lorsqu'on est au soleil ;
Ne pas courir torse nu ;
Se mouiller le front et la nuque régulièrement et porter une casquette blanche ;
Boire souvent et en bonnes quantités (le corps peut perdre deux litres d'eau par heure en cas de transpiration).
Le traitement consiste à s'allonger dans un endroit à l'ombre frais et aéré, se couvrir de draps humides, boire de l'eau fraîche non glacée et prendre de l'aspirine. Le refroidissement, la ventilation sont primordiaux en attendant l'hospitalisation dans un service de soins intensifs.
L'insolation résulte directement de l'irradiation solaire sur la tête et la nuque. Les symptômes sont d'abord une impression de chaleur sur le visage puis des céphalées avec impression de malaise, oppression thoracique, tachycardie, nausées, somnolence, bourdonnements d'oreille.
La prévention repose sur le port d'un chapeau de couleur blanche. Il faut éviter la sieste au soleil, notamment après le repas.
La déshydratation peut être mortelle et menace surtout les enfants et les personnes âgées. Sa prévention impose une hydratation adaptée et il faut penser à proposer de l'eau à l'enfant avant qu'il le la réclame. Il ne faut jamais laisser un enfant dans un véhicule à l'arrêt fenêtres fermées au soleil

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Crampes
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La crampe musculaire est une contraction soudaine, intense, involontaire et passagère d'une partie ou de la totalité d'un muscle. Sa durée est variable, généralement brève.

[?] Causes et facteurs de risque

Les crampes peuvent survenir de façon inopinée ou être déclenchée par une contraction musculaire à l'occasion d'un effort comportant un raccourcissement musculaire.
La survenue de crampes musculaires est en général un phénomène bénin, survenant au repos (notamment la nuit, touchant fréquemment les muscles de la jambe) ou à l'effort.
De nombreux facteurs sont connus pour favoriser la survenue de crampes musculaires :
La grossesse, la pilule ;
Les états de déshydratation (coups de chaleur, sueurs profuses, vomissements, diarrhée) ;
La dialyse de l'insuffisance rénale chronique ;
L'abus d'excitants (café, thé), les toxicomanies ;
Le froid.
Enfin, lorsque les crampes sont fréquentes, invalidantes, de localisation inhabituelle ou de durée prolongée, elles peuvent être un symptôme d'une maladie sous-jacente :
les maladies neurologiques touchant les nerfs périphériques (tétanie, sclérose latérale amyotrophique, sclérose en plaque, poliomyélite, maladie de Parkinson, atteinte nerveuse suite à la prise de certains médicaments, d'alcool ou à l'exposition à certains toxiques).
Certaines maladies hormonales telles que le myxoedème, la maladie d'Addison, le diabète.
certains troubles sanguins comme des anomalies du potassium, du magnésium , du calcium ou du phosphore). Ces troubles métaboliques peuvent survenir isolément ou être le plus souvent eux-mêmes révélateurs d'une maladie sous-jacente.
Certaines maladies cardiovasculaires : cardiopathie, varices des membres inférieurs, artérites, maladie de Raynaud ;
Les causes infectieuses : maladies virales (grippe), tétanos...
Les causes orthopédiques : crampes sous plâtre, crampes survenant lors de la rééducation, déchirures musculaires, fractures, luxations, rhumatismes.


[?] Les signes de la maladie

Lorsque la crampe survient, elle est généralement visible et palpable et cesse en général lors de l'élongation du muscle.

[?] La consultation

Il est surtout utile pour retrouver des éléments en faveur d'une maladie sous-jacente responsable des crampes musculaires

[?] Examens et analyses complémentaires


Dans la majorité des cas, ils sont inutiles.
En revanche, des explorations biologiques ou radiologiques peuvent être utiles si le médecin soupçonne l'existence d'une maladie sous-jacente responsable des crampes musculaires.


[?] Evolution de la maladie

Elles est bénigne dans la plupart des cas ou dépend de la maladie sous-jacente.

[?] Ne pas confondre avec...

Le diagnostic est évident dès la description par le patient des signes ressentis et ne permet pas d'envisager d'autres diagnostics.

[?] Traitement

Dans la plupart des cas, aucun traitement n'est justifié : lorsque la crampe survient, il faut conseiller au patient d'étirer le muscle douloureux (par exemple, en cas de crampe du mollet, conseiller de tirer progressivement les orteils et le pied vers soi).
Lorsque les crampes deviennent invalidantes, certaines médicaments peuvent être efficaces (myorelaxants).
Enfin, lorsqu'une cause est retrouvée, le traitement est celui de la cause.

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Cholécystite chronique
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est l'inflammation chronique de la vésicule biliaire.

[?] Causes et facteurs de risque

Les cholécystites chronique sont en général d'origine lithiasiques.
Elle est parfois la conséquence d'une cholécystite aigue.
Dans d'autres cas la cause est inconnue.

[?] Les signes de la maladie

Parfois il n'y a pas de symptôme.
Dans d'autres cas ce sont ceux d'une lithiase biliaire:
- Intolérance aux aliments gras ;
- Douleurs abdominales.
Les complications possibles sont les mêmes.

[?] Examens et analyses complémentaires

La radiographie de l'abdomen sans préparation peut déjà montrer des calculs opaques dans la vésicule biliaire ou le canal cholédoque.
L'échographie permet de confirmer la lithiase biliaire dans la presque totalité des cas.

[?] Traitement

La radiographie de l'abdomen sans préparation peut déjà montrer des calculs opaques dans la vésicule biliaire ou le canal cholédoque.
L'échographie permet de confirmer la lithiase biliaire dans la presque totalité des cas.

La cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire) est indiquée en cas de lithiase.
Le traitement médical symptomatique comprend le régime pauvre en graisses, des antispasmodiques, des sédatifs, le traitement d'une constipation éventuelle.
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# Posté le mardi 29 mai 2007 22:28
Modifié le jeudi 31 mai 2007 18:53

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Décalcifications osseuses
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Une décalcification osseuse est la diminution de la teneur osseuse en calcium qui est un métalloïde de renforcement de la trame osseuse.
Il existe deux grands mécanismes de décalcification :
Le tissu calcifié se raréfie (ostéoporose) : il y a peu d'os dur ;
Il y a diminution de la fixation calcique sur le tissu ostéoïde non minéralisé (ostéomalacie) : il y a de l'os mais il est mou.
A côté de ces deux grands mécanismes viennent s'ajouter les phénomènes de destruction osseuse (ostéolyse) hormonale ou tumorale.
On peut donc distinguer 4 grands types de décalcifications osseuses :
Les ostéoporoses ;
Les ostéomalacies ;
Les ostéoses cancéreuses ;
L'hyperparathyroïdie.
Les signes cliniques communs à toutes les décalcifications. Les douleurs osseuses (mécaniques ou inflammatoires) sont les symptômes principaux. Ces douleurs sont diffuses et touchent tout le rachis ou tout un membre, ou l'ensemble du corps. Des myalgies sont souvent associées. Les fractures spontanées et les microfractures sont fréquentes et responsables des douleurs.

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Décollement de rétine
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est le décollement d'une partie de la surface de la rétine de son support (l'épithélium pigmentaire). Un liquide s'interpose entre ces deux feuillets.
Le décollement de rétine est une affection grave sur le plan fonctionnel; non traité, le décollement de rétine aboutit à la perte de la fonction visuelle et donc à la cécité.
Il est souvent localisé au début mais il peut se généraliser.


[?] Causes et facteurs de risque

Le décollement de rétine est primitif ou secondaire.
Le décollement de rétine primitif (idiopathique) est de cause mal connue. La rétine se déchire à un endroit et le décollement s'en suit. Il est souvent associé à une myopie forte (supérieure à 8 dioptries) chez un sujet de plus de 50 ans.
Le décollement de rétine est plus fréquent chez le myope qui présente souvent d'importantes lésions dégénératives en périphérie de la rétine. Chez le non myope, l'âge avancé, l'aphakie (absence de cristallin) et l'athérosclérose jouent un rôle favorisant le décollement de rétine peut survenir également après un traumatisme oculaire ou une opération pour cataracte.
Les décollements de rétine secondaires apparaissent dans certaines circonstances :
Après un traumatisme oculaire chez un patient prédisposé ;
Au cours de certaines affections médicales ;
Rétinites hypertensives et gravidiques ;
Choriorétinites aiguës ;
Rétinites diabétiques ;
Tumeur oculaire sous-jacente...


[?] Les signes de la maladie

La maladie survient entre 45 et 60 ans.
Le décollement de rétine est indolore.
Souvent le malade a d'abord une perception d'images sombres, ou irrégulières, qui sont dues à des corps flottants dans le vitré. Puis surviennent l'impression de mouches volantes et de visions d'éclairs colorés (phosphènes). A ce stade, il n'y a pas encore de décollement.
Puis le patient se plaint d'une impression de voile rouge plus ou moins opaque ou de rideau dans le champ visuel. A un stade plus avancé, l'acuité de la vision centrale s'effondre.
Il s'agit d'une urgence ophtalmologique.
L'examen très attentif du fond d'oeil avec un verre de contact à 3 miroirs après dilatation pupillaire maximale montre l'importance du décollement et recherche la déchirure de la rétine.


[?] Traitement

Au tout début, le traitement préventif du décollement de rétine repose sur la photocoagulation au laser effectuée autour de la lésion, qui permet une adhérence solide du neuro-épithélium à l'épithélium pigmentaire et évite la survenue du décollement de rétine. Ce geste est pratiqué en ambulatoire : il ne nécessite pas d'hospitalisation.
Lorsque la déchirure est réalisée, le traitement est uniquement chirurgical. L'opération consiste à créer des cicatrices adhérentes entre rétine et choroïde au moyen de photocoagulation au laser ou cryochirurgie. Une immobilisation pré et postopératoire est nécessaire.
Le traitement éventuel de la cause est associé.

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Délires
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le délire est une perte du sens de la réalité, se manifestant par des convictions fausses, auxquelles le sujet adhère totalement. Les délires apparaissent dans les psychoses. La pensée délirante touche le fonctionnement du psychisme et l'intégrité de la personnalité.


[?] Les signes de la maladie

L'idée délirante est en rapport avec les thèmes, les croyances, les convictions de la vie imaginaire, qui est prise pour la réalité et qui tend à se développer et à organiser la totalité de l'existence.
Le jugement de réalité que porte le malade a un caractère à la fois subjectif, non partagé par les sujets de même milieu socioculturel, et inébranlable, car l'expérience comme la démonstration logique sont incapables de les modifier.
Les thèmes délirants sont nombreux :
- Les idées de persécution ;
- Les idées de préjudices et de revendications ;
- Les thèmes mystiques (possession démoniaque etc.) ;
- Le dépit amoureux (jalousie morbide, érotomanie) ;
- Les idées de grandeur (mégalomanie)...
Les idées délirantes prennent corps et s'élargissent à partir des phénomènes psychosensoriels qui les accompagnent :
- L'imagination est débordante; elle trouve son origine dans l'univers fantasmatique. La fabulation en est l'exemple le plus typique, le sujet vit son rêve et y croit complètement.
- Le malade interprète les faits et voit des signes partout; le raisonnement prend son origine dans une sensation réelle, un fait exact, qui prennent, à la suite de déductions fausses, une signification personnelle pour le malade.
- Les hallucinations sont constantes sensorielles (auditives, visuelles, olfactives, gustatives, tactiles...) ou psychiques; ce sont des "perceptions sans objet à percevoir".
- L'influence : les délires d'influence prennent souvent la forme du syndrome d'automatisme mental :
Le délire peut être systématisé ou non. Le délire systématisé est un délire de structure paranoïaque. Le délire est bien construit, cohérent, logique. La conviction du malade est inébranlable. Ces délires provoquent des comportements antisociaux et rendent les patients dangereux. Les délires d'interprétation se rattachent aux délires paranoïaques, bien qu'ils ne s'accompagnent pas de mégalomanie constante. L'idée de persécution y domine toutefois. Dans tout ce qui l'entoure, dans tout ce qu'il entend, dans tout ce qu'il lit, le malade découvre des messages, des allusions malveillantes, des avertissements qui équivalent à des menaces. Dans chaque chose, il voit une sorte de langage codé qu'il lui suffit de déchiffrer pour y déceler les intentions de l'ennemi ou ses injures. Ce délire est le type même du délire systématisé, structuré. Parfois, il glisse vers des formes moins réalistes et s'apparente aux manifestations de la schizophrénie.
L'érotomanie est un délire paranoïaque. Ce terme psychiatrique ne désigne pas la frénésie sexuelle. L'érotomane s'imagine être aimé par une personne d'un rang social généralement plus élevé ou possédant un certain prestige. Les obstacles que son amour rencontre peuvent le conduire aux pires excès. D'autres délires sont moins systématisés. Le délire est alors moins cohérent. Le malade garde un flou, un doute dans ses convictions délirantes. Ce sont des délires de structure paraphrénique. Les patients séparent leur thème délirant de leur comportement quotidien qui reste logique. Ces délires sont dits fantastiques car les thèmes d'extravagance et de communications célestes sont fréquents.
Les délires peu ou pas systématisés sont plus hermétiques, contradictoires, absurdes. C'est le délire de structure paranoïde qui se voit surtout dans la schizophrénie.


[?] Traitement

Le traitement est fonction de la cause. L'hospitalisation s'impose.
Les neuroleptiques, les antidépresseurs, le lithium, sont utilisés selon les cas, et des psychothérapies individuelles ou de groupe peuvent être efficaces.
Parfois, la crise passée, un traitement d'entretien et une psychothérapie peuvent permettre au patient de reprendre sa vie socioprofessionnelle.

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Dengue
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Cette maladie virale est transmise par un moustique et se voit dans le Sud-Est asiatique, dans le Pacifique, en Amérique du Sud et en Afrique. On estime que les cas de dengue se comptent par dizaines de millions chaque année dans le monde et que 20 000 personnes en meurent chaque année.


[?] Les signes de la maladie

La maladie se déclare 7 à 14 jours après la piqûre, par un syndrome grippal avec fièvre élevée, ralentissement du rythme cardiaque, hypotension, anorexie, céphalées, douleurs derrière les yeux, éruption cutanée sur les joues, douleurs musculaires et courbatures diffuses. Le patient préfère ne pas marcher et, s'il le fait, il a une démarche raide et affectée, souvent sur la pointe des pieds, d'où le nom de la maladie (dengue signifie en espagnol "manière affectée"). La fièvre chute après 2 à 4 jours avec transpiration et sensation de bien-être. Rechute de la fièvre après 2 jours d'accalmie avec éruption morbilliforme et rougeurs des paumes et des plantes. Dans cette forme simple, l'évolution est vite favorable avec un traitement symptomatique (paracétamol, boissons abondantes).
La dengue hémorragique est une forme plus grave qui se voit principalement chez l'enfant dans certaines régions : Asie du Sud-Est, Australie, Iles du Pacifique, Cuba, Guyane française, certaines régions d'Amérique Latine. Les symptômes sont majorés, l'état général est altéré, les troubles digestifs sont constants. Des taches de sang sur la peau (purpura, ecchymoses) et des saignements diffus (nez, gencives, vomissements sanglants, selles noirâtres) achèvent de caractériser le tableau clinique. Le pronostic est souvent grave. Il n'y a pas de traitement spécifique.


[?] Examens et analyses complémentaires

Isolement du virus ;
Sérodiagnostic ;
Hémogramme : leuconeutropénie.

[?] Diagnostic différentiel

Paludisme ;
Typhus exanthématique ;
Fièvre jaune ;
Grippe ;
Rougeole.

[?] Traitement

Pas de traitement spécifique ;
Sédatifs, hydratation, paracétamol ;
Eviter l'aspirine qui aggrave la tendance hémorragique ;
Corticoïdes inefficaces ;
La prévention consiste à se prémunir contre les piqûres de moustiques.

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La dépression
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'état dépressif est un trouble de l'humeur qui s'accompagne de tristesse et de souffrance morale. La dépression est d'intensité variable, depuis la démoralisation jusqu'au désespoir profond.

Il ne s'agit pas d'une faiblesse de caractère ou d'un "manque de volonté". Le mécanisme de la dépression n'est pas connu avec précision, mais il s'agit probablement d'une perturbation de nature chimique au niveau du cerveau, qui entraîne un dérèglement biologique de l'humeur et des fonctions intellectuelles et physiques. La diminution du taux dans le cerveau d'une molécule chimique, la sérotonine, et peut-être également d'autres molécules, pourrait jouer un rôle important.


[?] Causes et facteurs de risque

Les causes exactes de la dépression sont encore méconnues. Cependant un certain nombre de facteurs favorisants ont pu être individualisés.

Les facteurs personnels : les antécédents familiaux ou personnels de dépression, une structure de personnalité névrotique sont des facteurs de risque. La consommation de drogue ou d'alcool peut avoir un rôle déclencheur ;
Les facteurs liés à l'environnement : le surmenage, le manque de sommeil, les expériences frustrantes, la solitude peuvent favoriser une dépression ;
Les facteurs génétiques : il pourrait y avoir une prédisposition génétique à la dépression endogène.
Classification
Les psychiatres distinguent plusieurs syndromes parmi les états dépressifs :

La mélancolie (psychose maniaco-dépressive ou dépression endogène) ;
Les états dépressifs exogènes névrotiques ou réactionnels ;
Les états dépressifs atypiques ;
Les états dépressifs au cours de l'évolution d'une psychose chronique ;
Les états dépressifs dits secondaires : alcool, corticoïdes, infections, traumatismes, tumeurs cérébrales...
Les dépressions endogènes

Elles sont représentées par la dépression mélancolique ou crise de mélancolie s'intégrant dans une psychose maniaco-dépressive unipolaire ou bipolaire. Le sujet s'installe dans la dépression sans cause apparente. S'il s'agit d'une psychose maniaco-dépressive bipolaire, les états dépressifs alternent avec des états maniaques (hyper activité, succession de joie violente et de colères..).

Les dépressions exogènes

Ce sont les dépressions les plus fréquentes. Elles sont dites névrotiques ou réactionnelles.

Le patient est déprimé à l'occasion d'un événement extérieur. Cependant, la réaction du sujet est plus douloureuse que chez une autre personne. Le patient fera lui-même la relation entre l'événement responsable et l'accès dépressif.

Les dépressions symptomatiques ou associées

Elles sont l'expression clinique parfois dominante d'une affection :

Mentale : schizophrénie dysthymique (dépression atypique) ;
Cérébrale : maladie de Parkinson, tumeur cérébrale ;
Toxique : médicaments, toxicomanie...
Certains syndromes dépressifs sont particuliers

La dépression masquée où le patient se plaint de troubles somatiques variés ;
Les dépressions monosymptomatiques (un seul symptôme) ;
Les équivalents dépressifs : alcoolisme épisodique, abus de barbituriques, asthénie, troubles sexuels...
La dépression essentielle touche des sujets dont l'organisation de la personnalité n'est ni névrotique ni psychotique. Ce sont des personnalités appelées état limite qui décompensent souvent sur un mode dépressif

[?] Les signes de la maladie

L'humeur dépressive

Elle s'accompagne d'une vision pessimiste du monde et de soi-même, de désintérêt. La dévalorisation est fréquente : le patient se reproche de ne pas avoir assez de volonté, alors que celle-ci est justement inhibée par sa maladie. Le dépressif se sent coupable et inutile, et a souvent du mal à prendre des décisions.

La tristesse n'est pas la dépression. C'est un état affectif inhérent aux difficultés psychologiques rencontrées par tout individu. Elle n'est pas pathologique lorsqu'elle est liée à un événement douloureux ou consécutive à une perte d'objet (deuil, échec, séparation) et qu'elle s'atténue spontanément avec le temps. Les capacités d'adaptation du sujet permettent un réajustement affectif et un investissement dans d'autres centres d'intérêt. Le déprimé est au contraire incapable de ce réajustement.

L'inhibition

C'est une diminution de l'élan vital, de l'énergie, des processus intellectuels et de la dépense physique, allant de la fatigue et du ralentissement à l'arrêt total des activités. Le patient a du mal à se concentrer, à réfléchir, à réagir, ce qui ne fait qu'augmenter son sentiment de dévalorisation.

L'anxiété

Elle est souvent présente dans les états dépressifs, et peut parfois être au premier plan. Elle conditionne en partie l'importance des troubles du sommeil, l'intensité des plaintes et facilite le passage à l'acte suicidaire.

Les troubles somatiques

Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie) ;
Anorexie, amaigrissement ou au contraire prise de poids, constipation ;
Troubles sexuels, baisse de la libido ;
Irritabilité.
La dépression majeure (endogène ou dépression mélancolique)



[?] Les signes de la maladie

L'accès mélancolique franc survient dans le cadre d'une psychose maniaco-dépressive unipolaire (la dépression est isolée) ou bipolaire (les épisodes dépressifs sont suivis d'épisodes d'excitation maniaque). Des antécédents personnels ou familiaux sont parfois trouvés.

Il n'existe aucun facteur déclenchant à l'origine de la dépression.
Tous les symptômes du syndrome dépressif sont présents et d'intensité extrême. La douleur morale est intolérable ; elle s'accompagne d'un sentiment de catastrophe imminente, d'indignité, d'incurabilité, d'incapacité, de culpabilité, d'idées de mort. Le ralentissement psychomoteur est frappant ; il peut figer le patient dans une totale inertie, voire dans un mutisme total.

L'anxiété est plus ou moins marquée. Elle est parfois responsable d'état stuporeux ou à l'inverse crée une grande agitation psychomotrice avec risque majeur de raptus suicidaire. L'insomnie est majeure.

Il existe des formes délirantes avec phénomènes hallucinatoires. Un délire hypochondriaque, des formes confusionnelles et confuso-délirantes peuvent réaliser des tableaux de démence. Les formes masquées sont de diagnostic plus difficile : équivalents somatiques (anorexie isolée) ou psychiques (troubles isolés et récents du caractère, apparition de phobies isolées...).

Pour poser le diagnostic d'épisode dépressif majeur, on peut utiliser la classification américaine des troubles mentaux résumée ci-dessous :

1. Humeur dépressive et/ou diminution marquée de l'intérêt ou du plaisir dans presque toutes les activités pratiquement toute la journée, presque tous les jours, signalées par le sujet ou observées par les autres pendant au moins deux semaines avec :

2. Au moins quatre des symptômes suivants :

Perte de poids, ou prise significative de poids, malgré l'absence de régime ;
Pensée récurrente de mort, idées suicidaires ou tentative de suicide ;
Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours ;
Fatigue ou perte d'énergie presque tous les jours ;
Sentiment d'indignité ou de culpabilité excessive tous les jours ;
Diminution de l'aptitude à penser ou à se concentrer.
3. Absence de facteur organique initiant ou maintenant le syndrome.

4. Absence d'idée délirante ou d'hallucination pendant 2 semaines avant ou après les symptômes thymiques.

5. Il ne s'agit pas d'une réaction normale à la mort d'un être cher.

L'accès mélancolique entre dans le cadre des psychoses puisqu'il comporte dans sa sémiologie une perte de contact avec la réalité et des éléments délirants.



[?] Traitement

Actuellement, les thérapeutiques permettent une évolution favorable en 3 à 5 semaines. Les médicaments antidépresseurs doivent toutefois être poursuivis plusieurs semaines après la normalisation de l'humeur et le patient surveillé régulièrement pour contrôler l'éventuel passage à un état d'excitation maniaque.

Au décours de l'accès, se discute le traitement préventif par les sels de lithium.

La mélancolie est très sensible aux traitements modernes et ne laisse aucune séquelle invalidante. Même si le spécialiste peut déceler une particulière fragilité psychique chez ces patients, elle n'empêche généralement pas une bonne adaptation socioculturelle et affective.

La dépression masquée

Certainess dépressions évoluent en empruntant leurs signes à d'autres pathologies. Ce sont les dépressions masquées, dont le diagnostic est souvent difficile.

Le patient peut consulter pour :

Une asthénie (fatigue) importante, avec anxiété et irritabilité ;
Un manque d'appétit ou des troubles digestifs ;
Des troubles du sommeil : insomnie d'endormissement, réveils nocturnes répétés et précoces le matin avec la sensation de sommeil non réparateur ;
Des palpitations, une dyspnée, des douleurs dans la poitrine ;
Des douleurs dans le dos ;
Une baisse du désir, frigidité ou impuissance.
D'autres patients expriment leurs difficultés par des équivalents dépressifs d'ordre psychique :

Apparition récente de troubles du caractère : anxiété, irritabilité, difficultés d'adaptation scolaire ou professionnelle...
Symptômes d'allure névrotique d'apparition récente : idées obsédantes, phobies, préoccupations hypocondriaques...
Baisse des capacités intellectuelles : difficultés de concentration, troubles de la mémoire...
Tableau de détérioration mentale chez une personne âgée ;
Apparition récente de conduites toxicomaniaques : alcool, barbituriques, tranquillisants...
La dépression de l'enfant et de l'adolescent est difficile à diagnostiquer, car souvent masquée. On peut retrouver comme chez l'adulte des troubles du caractère (irritabilité), des troubles du sommeil ou de l'alimentation. Une baisse des résultats scolaires peut être un signe d'alarme.

La dépression d'épuisement

La dépression d'épuisement est caractérisée par une asthénie majeure dans un contexte particulier. Elle peut être intégrée aux dépressions réactionnelles de l'âge moyen.

Elle survient chez des sujets hyperactifs, sans antécédent psychiatrique, bien intégrés sur le plan professionnel, occupant souvent des postes à responsabilité, soumis à des traumatismes affectifs répétés.

Trois phases sont distinguées.

La phase de début est marquée par une hyperactivité, une susceptibilité croissante avec irritabilité et impulsivité et des troubles du sommeil. Ces symptômes précèdent de peu les troubles intellectuels avec difficultés de concentration, perte de la mémoire, baisse des capacités d'initiative qui accroissent l'anxiété du patient et augmentent son sentiment d'incapacité et d'échec.
La deuxième phase est marquée par des troubles corporels, de type fonctionnel, dans la sphère cardiovasculaire, digestive et cérébrale avec retentissement neurovégétatif. Le sentiment d'échec s'accroît, le découragement gagne, des craintes nosophobiques apparaissent.
La troisième phase est véritablement dépressive. Elle est dominée par une dévalorisation sous-tendue par des ruminations péjoratives quant à ses capacités et une asthénie majeure. Elle est déclenchée souvent par un choc affectif minime, une affection somatique sans gravité, le départ d'un membre de la famille ou d'un collaborateur de travail.
L'absence d'antécédent psychiatrique, la personnalité normale du patient sont typiques. Le patient explique fréquemment lui-même la survenue de cette grande fatigue par un surmenage excessif, mais en même temps se dit surpris, blessé de ne pas avoir pu faire face.

Les états dépressifs atypiques

Les psychiatres ont reconnu une nouvelle forme de dépression, la dépression saisonnière, ou troubles affectifs saisonniers (en anglais "seasonal affective disorders "ou SAD...). Les patients sont le plus souvent des femmes d'environ 35 ans.

Les épisodes dépressifs débutent en général entre octobre et décembre, et durent environ trois à quatre mois. Le syndrome se manifeste par une tristesse, un ralentissement psychomoteur et une fatigue parfois importants, mais surtout par une hypersomnie et une hyperphagie avec envie irrésistible d'aliments riches en glucides (provoquant une prise de poids variable, entre deux et cinq kilos). C'est un besoin de manger pour avoir plus d'énergie ou ne pas avoir froid. Le sommeil est agité et ne repose pas malgré sa durée (9 ou 10 heures). Il y a souvent une baisse de la libido.

Au printemps, les patients sont à nouveau plein d'énergie et arrêtent de manger avec excès. Ces patients signalent l'effet bénéfique de voyages vers le sud, alors que les symptômes s'aggravent plutôt quand il vont vers le nord. L'attirance vers la lumière est importante.

Les facteurs météorologiques ne semblent pas en cause (température, pluie, ciel nuageux). Les événements de la vie (anniversaire, rentrée scolaire, fin d'année, événement individuel) ne semblent pas responsables non plus. L'ensoleillement (et donc la latitude) serait le facteur essentiel. Dans cette optique, le traitement par photothérapie a été proposé; le délai d'action est de 3 à 7 jours, la rechute peut survenir 3 à 4 jours après l'arrêt de l'exposition. Le traitement a lieu en milieu hospitalier ou au domicile et nécessite un bilan ophtalmologique complet préalable.

Les modalités sont précises : intensité de la source lumineuse, durée de l'exposition, type de la source lumineuse, nombre de séances (de 10 jours à 3 mois...), horaires de traitement...

Le mode d'action de ce traitement est controversé, mais il est bien toléré dans l'ensemble.

Les dépressions d'origine médicamenteuse

Une dépression est dite médicamenteuse, ou iatrogène, lorsqu'elle apparaît au cours d'un traitement dont l'action pharmacologique a joué un rôle déterminant.

Parmi les médicaments en cause :

Les neuroleptiques : butyrophénones, phénothiazines ;
Les barbituriques ;
Les benzodiazépines ;
Les amphétamines ;
Certains anti-hypertenseurs (méthyl-dopa, clonidine, rilménidine et certains bêta-bloquants) ;
Les oestro-progestatifs ;
Les corticoïdes ;
Les anti-tuberculeux ;
Inhibiteurs calciques, digitaliques, AINS, cimétidine...
Le traitement de la dépression

Dans tous les cas le patient dépressif a intérêt à consulter un médecin (généraliste, puis éventuellement spécialiste). Celui-ci l'aidera à choisir le traitement le mieux adapté à son cas. Il ne faut pas avoir honte de consulter pour une dépression, et surtout ne pas hésiter à se faire aider par un praticien.

Des traitements efficaces existent contre la dépression. Ils peuvent être basés sur la psychothérapie et / ou sur les médicaments. Le traitement doit être décidé en accord avec le patient. Il dure en moyenne six mois, et aura lieu en ambulatoire. Les cas les plus graves seront traités à l'hôpital.

Les médicaments

Les antidépresseurs agissent sur les neurotransmetteurs au niveau du cerveau. On considère généralement qu'il augmentent les quantités de neurotransmetteurs (sérotonine en particulier), ce qui permet de restaurer l'équilibre chimique perturbé dans la dépression. Ils agissent généralement en 10 à 15 jours, il faut donc attendre deux à trois semaines de traitement minimum avant de juger de l'efficacité d'une molécule.

L'un de leurs premiers effets est de lever l'inhibition (avant de traiter l'humeur dépressive), ce qui peut paradoxalement favoriser le passage à l'acte suicidaire. C'est pourquoi en début de traitement, un anxiolytique est souvent prescrit en association avec l'antidépresseur.

Les antidépresseurs sont répartis en plusieurs classes :

Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, qui sont actuellement les plus prescrits ;
Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline ;
Les antidépresseurs tricycliques ;
Les IMAO : ils ont de nombreux effets indésirables et interdisent la consommation de certains aliments, ils ne sont en général prescrits qu'après l'échec d'autres thérapeutiques ;
D'autres antidépresseurs sont également utilisés. Ce sont des médicaments aux mécanismes d'action variés : ils sont apparentés aux tricycliques ou d'action centrale.
D'autres molécules sont souvent utiles en plus des antidépresseurs :

Des anxiolytiques sont souvent associés aux antidépresseurs, surtout en début de traitement ;
Les neuroleptiques sédatifs utilisés dans un but anxiolytique sont prescrits à des doses variables en fonction des réactions individuelles et de l'évolution ;
Les hypnotiques (somnifères) permettent de corriger les troubles du sommeil .
Il faut en moyenne 6 mois de traitement car l'interruption trop rapide favorise les rechutes et les récidives.

Dans la psychose maniaco-dépressive, les sels de lithium sont utilisés après bilan et sous le contrôle des dosages sanguins réguliers.

La psychothérapie

C'est un traitement basé sur le principe d'entretiens réguliers. Elle peut durer quelques mois à quelques années. Elle peut être pratiquée par un médecin psychiatre, un psychologue, un psychanalyste médecin ou non.

Elle implique une prise de conscience, et une démarche volontaire de la part du dépressif. Elle permet de soutenir psychologiquement le patient pendant l'épisode dépressif, et de l'aider à une meilleure compréhension de sa dépression. C'est ainsi qu'elle prévient également les récidives. Une psychothérapie isolée peut être suffisante dans certaines dépressions légères, dans d'autres cas il faudra associer antidépresseurs et psychothérapie.

Il y a de nombreuses modalités techniques, dont les modes d'action sont différents (psychothérapie analytique, psychothérapie comportementale, thérapie de groupe...).

L'électrochoc (sismothérapie ou électroconvulsivothérapie)

Il reste utile dans des dépressions graves ou délirantes ainsi que des dépressions du sujet très âgé chez qui les antidépresseurs sont contre-indiqués. Aujourd'hui effectué sous anesthésie brève et curarisation, l'électrochoc ne se fait plus dans des conditions désagréables. La réponse est favorable dans 95 % des cas. Toutefois, des troubles de mémoire peuvent être notés. Ils disparaissent totalement en quelques jours.


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Dermite séborrhéique
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La dermite séborrhéique est une maladie de peau qui se manifeste par des rougeurs et des squames prédominant sur le visage.

[?] Causes et facteurs de risque

La cause est inconnue, mais un champignon microscopique (Pityrosporon ovale) jouerait un rôle sur un terrain immunoallergique particulier.

[?] Les signes de la maladie

La dermite séborrhéique se traduit par une éruption de taches ou de plaques rouges, recouvertes de squames grasses jaunâtres, plus ou moins prurigineuses, prédominant dans les zones riches en glandes sébacées. A la face, la topographie des lésions est évocatrice : sillon entre le nez et les lèvres, racine des sourcils, cuir chevelu, ailes du nez, plis des pavillons, conque des oreilles, conduits auditifs externes. Au cuir chevelu, l'atteinte fréquente se traduit par un état pelliculaire plus ou moins séborrhéique. Sur le tronc, on remarque deux zones fréquentes chez l'homme : le sternum et la région entre les deux omoplates.

[?] Diagnostic différentiel

Le psoriasis peut prendre l'aspect d'une dermite séborrhéique sur la face.

Les pemphigus superficiels réalisent parfois un tableau trompeur.

L'avitaminose B2, la carence en zinc peuvent entraîner un tableau comparable.


[?] Evolution de la maladie

L'évolution de la dermite séborrhéique est chronique avec des poussées en hiver, parfois rythmées par les émotions, le stress, les situations d'anxiété, de dépression ou de malaise, les épisodes de la vie génitale chez la femme.
Le rôle bénéfique du soleil est inconstant.

Chez l'homme, la couronne séborrhéique du front recule avec le temps et avec la progression de la calvitie. Le rasage fait souvent disparaître les lésions au niveau de la barbe et de la moustache.

Un certain nombre d'associations pathologiques restent présentes à l'esprit du médecin :

- Maladie de Parkinson ;

- Syndromes extra-pyramidaux (neuroleptiques, cimétidine, sels d'or, arsenic) ;

- Puvathérapie des psoriasiques ;

- Sida.

[?] Traitement

Contre les pellicules sur le cuir chevelu, quand les squames sont épaisses, on peut utiliser des goudrons minéraux ou végétaux ou des kératolytiques à base d'acide salicylique en lotions. Quand les squames sont moins sévères, on se contente de shampooings à base de pyrithione zinc ou de disulfure de selenium. La toilette doit se faire avec un savon doux ou un pain dermatologique. L'application d'antiseptique est souvent nécessaire : par exemple alcool à 30° non dénaturé. L'alternance d'un antifungique imidazolé (Amycor, Kétoderm, Daktarin, Fazol, Pévaryl, Trimysten, Trosyd, Myk 1%) ou non imidazolé (Mycoster) en solution ou en crème, avec un corticoïde de faible niveau de façon discontinue donne de bons résultats. Les antifongiques par voie orale ne sont pas indiqués dans la dermite séborrhéique.

Un livre utile : Marie-Pierre Hill-Sylvestre : La peau. La dermatologie au service de la beauté. Collection "Vivre et Comprendre". Editions Ellipses, Paris


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Développement de l'embryon et du foetus
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L'embryon

La période embryonnaire couvre les soixante premiers jours de la vie intra-utérine.

Pendant le premier mois, à partir de la cellule unique initiale, résultat de la fusion des deux gamètes, des divisions successives par mitose vont former des cellules de deux types : les cellules périphériques se développeront en annexes (placenta, cordon...), les cellules centrales vont constituer l'embryon.
Pendant le premier mois, on va assister à l'individualisation de l'embryon au sein de l'oeuf.

Au 6° jour, quand il commence sa nidation, l'oeuf comporte déjà les cellules embryonnaires, qui sont réunies à un pôle.

Le 7° jour, le bouton embryonnaire se compose de deux catégories de cellules, constituant deux feuillets : l'ectoblaste et l'endoblaste. L'ectoblaste va former l'épiderme, les ongles, l'émail des dents, le tissu nerveux (cerveau, moelle épinière, une partie de l'oeil et de l'hypophyse) et les membranes de l'oeuf. L'endoblaste donne les glandes digestives et l'épithélium qui tapisse le tube digestif et les voies respiratoires.

Au 10° jour, l'oeuf mesure 0,4 mm; l'amnios apparaît dans l'épaisseur de l'ectoblaste.

Au 13° jour, l'oeuf mesure environ 1,5 mm de diamètre ; il a une forme de sphère. L'embryon est un disque de deux feuillets, d'environ 0,15 mm de diamètre.

Au 18° jour, l'embryon mesure 1 mm.

Au cours de la 3° semaine, un troisième feuillet va apparaître, le mésoblaste.

Au 22° jour, l'embryon mesure 2 mm et on devine les ébauches optiques et auditives. Quelques vaisseaux embryonnaires se sont réunis en réseaux qui fusionnent en un tube : c'est l'ébauche cardiaque qui est animée de contractions rythmiques.

Au 26° jour (4° semaine), l'embryon mesure 4 mm. Les membres supérieurs se développent ainsi que les reins. Un bourgeon annonce le foie et la vésicule biliaire. L'intestin primitif est formé. Le tube neural, ébauche du futur système nerveux se met en place. Au niveau de la face, les cupules optiques apparaissent ainsi que les cellules de l'olfaction.

La circulation se met en place.

Au 32° jour (1 mois), l'embryon mesure 5 à 7 mm. Les membres inférieurs se développent. Les cavités cardiaques se creusent. Les premières hématies foetales sont formées. La thyroïde, les parathyroïdes, le thymus, l'estomac, le pancréas se développent. La trachée apparaît avec deux bourgeons pulmonaires. Les nerfs et les ganglions se forment. Le tube neural se développe en avant et constitue le cerveau primitif. L'utérus a la taille d'une mandarine.

Pendant le 2° mois, les principaux organes se forment, c'est l'organogénèse ; le modelage de l'aspect extérieur s'affine, c'est la morphogénèse.

A 5 semaines, l'embryon baigne dans un sac rempli de liquide amniotique. Il mesure 7 mm. Il est relié au placenta par le cordon ombilical :

A 6 semaines, la face est plus détaillée. Les gonades indifférenciées sont en place. Les quatre cavités cardiaques sont bien délimitées. Les lobes pulmonaires, la rate, les mains, l'intestin sont bien différenciés. Le cerveau continue son développement et les deux hémisphères cérébraux se constituent. Le pancréas apparaît. De nombreuses condensations tissulaires préfigurent les futures pièces osseuses. L'embryon mesure17 mm.

A 7 semaines, la bouche se développe. Les reins continuent de se former. Les glandes sexuelles se différencient selon le sexe en testicules ou ovaires. Les doigts et les orteils sont individualisés. Les 110 pièces osseuses qui constitueront le squelette sont en place. Les gros vaisseaux sanguins sont visibles. Les bronches se ramifient. Les premiers muscles se forment. La moelle épinière se forme. L'embryon mesure 27 mm.

A 8 semaines, les yeux, les paupières, les oreilles et les os des membres se forment. Toutes les pièces cartilagineuses des membres sont en place. Les premiers points d'ossification apparaissent au niveau des vertèbres. Le foie et le coeur sont bien développés. La langue est formée d'une ébauche unique médiane. Les lèvres sont bien séparées des lames dentaires. Le larynx est bien constitué. L'estomac prend sa forme et sa place définitives. Le rectum est nettement séparé de l'ensemble vessie-urètre. Les tubules rénaux se forment. A 51 jours de vie, l'embryon mesure 28 mm.

A la fin du 2° mois, il y a une rotation des membres qui se fait en sens contraire aux membres supérieurs et inférieurs : ainsi sera permise la flexion des coudes et des genoux. L'embryon mesure 3 cm et pèse 11 g.

Les premiers mouvements actifs apparaissent. L'utérus a la taille d'une orange.

A partir du 3° mois, l'embryon poursuit son développement et devient foetus.

C'est durant l'embryogénèse que peuvent se constituer les malformations congénitales :

- l'anencéphalie et le spina bifida apparaissent lors de la 4° semaine.

Le syndrome de Pierre Robin, l'atrésie de l'oesophage se créent à la 4° semaine. Les cardiopathies congénitales sont installées lors de la 5° et la 6° semaine. Le bec-de-lièvre se constitue lors de la 7° semaine alors que la fente palatine est visible à la fin du 2° mois.

Le foetus

Jusqu'à la naissance, la croissance et la maturation des structures précédemment mises en place vont se dérouler parallèlement.

Après six mois, ces phénomènes peuvent en outre avoir lieu, théoriquement, en dehors de l'utérus si la femme accouche prématurément : le foetus est dit viable.

Durant le 3° mois, les membres deviennent harmonieux. Les ongles se forment. Les premiers poils apparaissent. Le visage est déjà humain : les yeux sont rapprochés et recouverts des paupières. La bouche est bien dessinée. Les cordes vocales se forment. Les bronches se divisent. Le foie paraît énorme : il occupe presque tout l'abdomen. L'intestin s'allonge, s'enroule et s'enrichit de plexus nerveux qui vont lui assurer sa motricité. Les reins définitifs sont en place. Le sexe de l'enfant peut être connu. A la fin du 3° mois, le foetus mesure 10 cm et pèse 45 g. Il commence à bouger mais ses mouvements, pas encore perçus par la mère, ne sont détectés qu'à l'échographie. L'utérus a la taille d'un pamplemousse.

Durant le 4° mois, les premiers cheveux apparaissent ainsi qu'un fin duvet sur tout le corps (lanugo). La peau est très fine et laisse voir par transparence les vaisseaux sanguins. Le squelette s'ossifie. L'activité cardiaque, qui existait depuis le 1° mois, est maintenant audible grâce aux ultra-sons (140-150 pulsations/mn). Les reins fonctionnent et le foetus urine dans le liquide amniotique. L'intestin se remplit d'une substance noir verdâtre produit du métabolisme du foie : le méconium. Il mesure 15 cm et pèse 200 g. L'utérus a la taille d'une noix de coco. La hauteur utérine est de 16 cm. La mère peut sentir bouger son bébé.

Durant le 5° mois, la circulation sanguine qui s'était mise en place dès le 1° mois s'étend à tout le corps et le sang atteint les extrémités. Le thymus atteint sa maturité. Le foetus synthétise ses propres anticorps. Les empreintes digitales se creusent. Les premières circonvolutions cérébrales se dessinent. Le foetus avale tous les jours plusieurs litres de liquide amniotique qu'il déglutit. On peut observer à l'échographie les mouvements respiratoires de la cage thoracique. Lui-même bouge énormément dans le liquide amniotique. Il pèse 500 g et mesure 25 cm. L'utérus a le volume d'un melon. La hauteur utérine est de 20 cm.

Durant le 6° mois, le foetus suce son pouce. Il dort 18 à 20 heures par jour. Lorsqu'il ne dort pas, il ne cesse pas de gigoter. Son visage est pratiquement terminé. Les sillons du cerveau sont creusés. L'arbre bronchique est pratiquement terminé. Il pèse 1100 g et mesure31 cm. L'utérus est de la taille d'une pastèque. La hauteur utérine est de 24 cm.

Durant le 7° mois, le corps de l'enfant se couvre d'un enduit graisseux protecteur : le vernix caseosa. Les yeux s'ouvrent mais le milieu dans lequel il baigne est obscur. Il entend les bruits intérieurs (coeur de sa mère, voix, gargouillis intestinaux...) et extérieurs à l'utérus. Il commence à se sentir à l'étroit dans l'utérus. C'est le mois de l'élaboration des nerfs. Les circonvolutions cérébrales sont de plus en plus nombreuses et profondes. Il pèse 1700 g et mesure 40 cm. Il est viable. La hauteur utérine est de 28 cm.

Durant le 8° mois, la peau s'épaissit et devient plus rose que rouge. C'est le mois de l'accumulation de la graisse. Le bébé grossit de 250 g par semaine. Le foetus bascule et sa tête se place en bas. Il pèse 2500 g et mesure 45 cm. La hauteur utérine est de 30-31 cm. La mère a des envies fréquentes d'uriner. Elle s'essouffle vite et peut souffrir de sciatique, de varices, d'hémorroïdes, de brûlures d'estomac. Les contractions utérines commencent à se faire sentir.

Durant le 9° mois, l'enfant est terminé. Tout est prêt pour l'accouchement. En attendant, il prend du poids : 100 g par semaine. Il pèse à terme 3300 g et mesure 50 cm. La hauteur utérine est à 32-33 cm.

Le sang du foetus contient moins d'oxygène que celui de l'adulte ; le foetus supporte cette hypoxémie car il vit économiquement : étant au chaud, il n'a pas besoin de réguler sa température qui se maintient à 37° ; sa tension artérielle est basse. La circulation foetale exclut le poumon.

Dans l'utérus, le foetus boit le liquide amniotique qui est composé d'eau et de déchets cutanés provenant de la desquamation de sa peau et digérés par l'intestin ; les résidus non assimilables continuent à s'accumuler dans le colon, formant un liquide pâteux, le méconium. Il n'y a pas normalement de selles au cours de la vie intra-utérine. (Le méconium sera émis dans les vingt-quatre premières heures de vie).

Le développement du système nerveux central débute précocement et se poursuit tout au long de la vie foetale et pendant les premières années de la vie extra-utérine. La multiplication des neurones est précoce et s'achève vers la 20° semaine. Ensuite, les connections cellulaires entre neurones se multiplent pendant quelques années. Les cellules gliales se multiplent jusqu'à l'âge de 2 ans. La myélinisation des neurones commence à partir de la 30° semaine et se poursuit jusque vers l'âge de 4 ans. L'augmentation rapide du poids du cerveau qui est constatée dans la deuxième moitié de la grossesse et pendant les deux premières années de la vie extra-utérine correspond à ces phénomènes.

Les sens :

Le foetus entend les bruits abdominaux maternels, les battements cardiaques, et surtout la voix de sa mère ; il entend sans doute aussi les bruits extérieurs quand ils sont suffisamment puissants, ou suffisamment proches ; on peut lui faire écouter de la musique. Les sons lui parviennent toutefois déformés, non pas tant par l'épaisseur de la paroi abdominale que par la présence du liquide amniotique dans lequel il baigne.

Il perçoit sans doute la lumière lorsque le ventre de la mère est exposé au soleil ou à un éclairage violent.

Il connaît le contact de sa peau avec l'eau et les membranes amniotiques.

Enfin, il bouge, dans une cavité très grande pour lui au début ; puis il grandit plus vite que l'utérus et finit par se trouver à l'étroit. L'amplitude de ses mouvements en fin de grossesse est bien réduite. Il perçoit certainement les contractions que sa mère ressent en fin de grossesse.

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Le diabète non insulino-dépendant ou diabète de type 2
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Appelé également diabète gras ou de la maturité, le diabète non insulino-dépendant (DNID) est une maladie métabolique caractérisée par un excès chronique de sucre dans le sang (hyperglycémie).

La régulation du taux de sucre (glycémie) dans l'organisme fait intervenir :

Les apports de sucre (essentiellement par l'alimentation) ;
La fabrication "interne" de sucre (essentiellement par le foie) ;
L'utilisation périphérique du sucre au niveau des cellules : l'insuline, hormone fabriquée par le pancréas, permet alors aux cellules de capter et utiliser le glucose.
Dans le DNID, il existe une mauvaise régulation de ce système, avec le plus souvent un état d'insulino-résistance : pour maintenir un taux de sucre constant, l'organisme a besoin de plus d'insuline, car celle-ci devient moins efficace. A terme, même de grandes quantités d'insuline ne suffisent plus à utiliser le glucose circulant qui s'accumule dans le sang : c'est l'hyperglycémie. Finalement, le pancréas se fatigue de cette stimulation permanente et peut alors ne plus fabriquer suffisamment d'insuline : c'est l'insulino-nécessitance.

Ces mécanismes d'insulino-résistance et nécessitance concernent particulièrement les personnes présentant un surpoids.



[?] Causes et facteurs de risque

Le DNID est une maladie très fréquente qui touche plus d'un million et demi de personnes en France, et ne cesse d'augmenter. Elle représente environ 85 % de l'ensemble des diabètes, et concerne autant d'hommes que de femmes.

Le diagnostic de DNID se fait en général vers 40-50 ans, mais l'âge de début de la maladie est plus précoce.

Il n'existe pas un seul facteur causal de la maladie mais plusieurs facteurs de risque :

La génétique et l'hérédité : un facteur héréditaire est très souvent retrouvé ("plusieurs membres de la famille ont du diabète"). Par ailleurs, certaines populations sont particulièrement touchées par le DNID confirmant ainsi son origine génétique ;
Le surpoids et l'obésité : entre 60 et 90 % des patients ayant un DNID présentent un surpoids important ;
La sédentarité ;
Certains médicaments.
Il est à noter que des causes précises de diabète peuvent parfois être retrouvées: atteintes inflammatoires du pancréas (alcool, maladies de surcharge ou de malnutrition...), opérations du pancréas, maladies du foie, dérèglements endocriniens... Dans ces cas, on parle de diabètes secondaires, et non pas de DNID.

Tous ces facteurs de risque doivent motiver une surveillance accrue régulière : antécédents de diabète dans la famille, obésité, diabète pendant la grossesse, naissance de bébés faisant plus de 4 kilos, prise de certains médicaments...



[?] Les signes de la maladie

L'hyperglycémie chronique est le plus souvent asymptomatique, c'est-à-dire non ressentie.

Si le diabète est très déséquilibré, des symptômes peuvent apparaître : soif importante, envie d'uriner très fréquente (c'est le syndrome polyuro-polydipsique). Une fatigue (asthénie) majeure, un amaigrissement seront surtout les signes d'une insulino-nécessitance, imposant un bilan médical rapide.

Certains problèmes de santé sont fréquemment associés au diabète : infections urinaires répétées, mycoses, furonculose...

Enfin, ce sont les signes de complications du diabète qui peuvent le révéler : troubles visuels, douleurs ou crampes des jambes, impuissance, pathologie cardiaque ou vasculaire, coma...



[?] La consultation

L'examen médical sera complet à la recherche de signes pouvant orienter sur l'origine du diabète, et pouvant orienter sur l'existence de complications : évaluation de la surcharge pondérale (poids, taille, répartition des graisses), prise de la tension artérielle, auscultation du coeur et des vaisseaux, examen des réflexes et de la sensibilité des jambes et des pieds en particulier... et selon les symptômes présentés par le patient.

[?] Examens et analyses complémentaires

Ils sont indispensables au diagnostic et à la prise en charge de la maladie .

Un taux de glycémie à jeun supérieur ou égal à 1,26 g/l, à deux reprises, diagnostique le diabète.

D'autres dosages peuvent être réalisés : glycémie post-prandiale (2 heures après un repas), glycosurie (présence de sucre dans les urines), hémoglobine glycosylée, ne servent pas au diagnostic de diabète, mais peuvent aider au suivi.

Une fois le diagnostic établi, des examens sont systématiques et à répéter régulièrement :

Biologiques : bilan lipidique (cholestérol, triglycérides), recherche d'albumine ou de protéines dans les urines (micro albuminurie, protéinurie), fonction rénale par dosage de la créatininémie ;
Paracliniques : fond d'oeil (voire angiographie rétinienne), examen cardiovasculaire avec un électrocardiogramme (voire échographie cardiaque, épreuve d'effort, scintigraphie cardiaque, doppler des artères des jambes et du cou...).
D'autres examens pourront être réalisés selon les résultats des examens précédents, et selon les symptômes du patient.


[?] Evolution de la maladie

Le DNID est une maladie chronique.

Cette maladie pourra entraîner des complications aiguës telles que des comas : de type acidocétose, hyperosmolarité, acidose lactique...Ils sont le fait de traitements mal adaptés, de contexte de maladies particulières associées, d'âge avancé, d'évènements brutaux (infection sévère, choc...).
Mais la caractéristique principale du diabète est d'avoir des conséquences néfastes à long terme (complications chroniques) sur certains organes cibles : ce sont les complications spécifiques du diabète.

Sur l'oeil : l'atteinte de la rétine (rétinopathie) peut être responsable de cécité si elle n'est pas prise en charge. Elle nécessite un examen ophtalmologique annuel, même en l'absence de troubles visuels ; un traitement au laser peut être réalisé sur les premières lésions ;
Sur les nerfs : c'est la neuropathie qui touche surtout les jambes et les pieds, entraînant des douleurs, des crampes, une diminution de la sensibilité, et des plaies des pieds ou orteils (mal perforant plantaire). La neuropathie peut concerner les nerfs des organes comme l'estomac, les intestins, le coeur... et entraîner des troubles de la digestion, une diarrhée, un rythme cardiaque accéléré...
Sur le rein : c'est la néphropathie, qui va débuter par une diminution de la qualité du filtre des reins, et qui peut aboutir à l'insuffisance rénale.
Il est particulièrement important de dépister et de lutter contre les autres facteurs de risque cardiovasculaires en dehors du diabète : hypertension artérielle, excès de lipides sanguins (dyslipidémie), tabac, obésité, hérédité de maladie cardiaque...

Compte tenu du diabète et des autres facteurs de risque fréquemment associés, les patients ayant un DNID sont plus souvent atteints d'angine de poitrine, d'infarctus du myocarde, d'accidents vasculaires cérébraux...



[?] Ne pas confondre avec...

Le diabète ne pose en général pas de problème diagnostique: une simple prise de sang avec dosage de la glycémie suffit à poser le diagnostic. Cet examen est largement pratiqué de manière généralisée ou adaptée à des cas de suspicion clinique : polyurie-polydipsie, fatigue inexpliquée, signes de complications...

[?] Traitement

Le diabète doit être pris en charge précocement afin d'en ralentir l'évolution et de limiter les complications.
Il existe des moyens médicamenteux ou non.

Le premier traitement est le respect de règles hygiéno-diététiques.

L'alimentation doit être équilibrée et comporter des glucides, des lipides, des protéines en respectant une bonne proportion de chaque groupe. Le comportement alimentaire est relativement strict : 3 repas par jour minimum. Les grignotages sont à éviter. Parfois des collations peuvent être mises en place.

Le programme alimentaire sera établi au mieux par un médecin nutritionniste, ou par une diététicienne, afin de tenir compte de chaque situation particulière, et en fonction de pathologies éventuellement associées.

Les glucides ne doivent pas être totalement supprimés : seuls les sucres rapides doivent être supprimés (sucre, boissons sucrées, confiture, bonbons, glaces...). Chaque repas doit comporter du pain ou des féculents en apports limités selon l'existence d'un surpoids, de l'activité physique, de l'âge...

Les graisses seront limitées, avec utilisation de graisses plutôt d'origine végétale. Privilégiez la consommation de poisson.
Un régime hypocalorique est le plus souvent conseillé pour réduire un surpoids.

Une activité physique très régulière est indispensable : marche, vélo, natation, gymnastique sont conseillés avec une pratique pluri-hebdomadaire.

L'arrêt du tabac est souhaitable, même en cas de consommation tabagique modérée.

Si les règles hygiéno-diététiques ne sont pas efficaces au bout de 3 mois, il sera alors nécessaire d'associer un traitement médicamenteux.

Les traitements médicamenteux : les antidiabétiques oraux (ADO) et l'insuline.

Quatre familles de médicaments composent les ADO :

Les biguanides ;
Les sulfamides hypoglycémiants ;
Les inhibiteurs de l'alpha-glucosidase ;
Les glinides.
Les biguanides (liste)

Ils sont représentés par la Metformine

Ils favorisent l'action de l'insuline dans l'organisme, diminuent la production de sucre par le foie ainsi que l'absorption intestinale du glucose. Ils n'ont pas d'action directe sur la sécrétion d'insuline par le pancréas.
Ils sont en général prescrits en première intention chez les personnes présentant un surpoids.

Les effets secondaires des biguanides sont représentés par des troubles digestifs (diarrhée, flatulence, ballonnements), assez fréquents en début de traitement, n'imposant pas leur arrêt sauf troubles majeurs. Ces troubles seront limités en cas d'absorption au cours des repas.

Ce traitement est contre-indiqué chez les sujets âgés, les insuffisants rénaux, insuffisants hépatiques, en cas de troubles cardiaques ischémiques, troubles respiratoires, grossesse...

Il doit être interrompu avant une injection d'iode (pour un examen radiologique) et évité avant une intervention chirurgicale.

Les sulfamides hypoglycémiants (liste)

De nombreux médicaments existent et ils ont une durée d'action plus ou moins longue, selon le composé : carbutamide, glipizide, glibenclamide, gliclazide, glibornuride, glimépiride

Ils agissent directement sur le pancréas en stimulant la sécrétion d'insuline.

Ils sont toujours débutés à petite dose à cause du risque d'hypoglycémie.

Ces médicaments sont plus efficaces chez les sujets sans ou avec peu de surpoids.

Les contre-indications sont les sujets âgés (selon le médicament), l'insuffisance rénale avancée, l'insuffisance hépatique, la grossesse, l'allergie aux sulfamides.

Ils sont susceptibles de présenter de nombreuses interactions avec d'autres médicaments, qui exposent à des risques d'hypoglycémie.

Les inhibiteurs de l'alpha-glucosidase (liste)

Ils agissent surtout sur l'augmentation de la glycémie post-prandiale (après le repas) car ces médicaments ralentissent l'absorption des glucides contenus dans l'alimentation. Cette action est due à l'inhibition d'enzymes intestinales impliquées dans le fractionnement des polysaccharides en petites unités absorbables. Les effets secondaires sont surtout digestifs (ballonnement, flatulence).

Les contre-indications sont l'insuffisance rénale sévère, les syndromes sub-occlusifs, les troubles de malabsorption...

Les glinides (liste)

Cette classe agit, comme les sulfamides, sur la sécrétion pancréatique d'insuline. La prise de ces Les effets secondaires de ces médicaments sont surtout des troubles digestifs.

Ils sont toujours débutés à petite dose à cause du risque d'hypoglycémie.

Les contre-indications sont les enfants de moins de 12 ans, l'insuffisance rénale avancée, l'insuffisance hépatique, la grossesse et l'allergie.

Ces quatre types de médicaments peuvent être associés (attention aux risques accrus d'hypoglycémie en cas d'association).

L'insuline (liste)

L'insulinothérapie peut faire partie du traitement du DNID dans plusieurs cas de figure :

Traitement oral maximal et non suffisant pour l'équilibre du diabète.
Dans ce cas, une injection d'insuline peut être associée, en particulier sous forme "bed-time" : ADO + insuline faite au coucher. Les ADO peuvent être également remplacés par 2 injections d'insuline (matin et soir).

Contre-indications transitoires ou définitives aux ADO : en général 2 injections d'insuline par jour ;
Insulino-nécessitance, c'est-à-dire épuisement du pancréas et carence en insuline.
Selon les situations, 3 ou 4 injections voire une petite pompe externe d'insuline sont nécessaires pour équilibrer le diabète (grossesse, intervention chirurgicale en pré ou post-opératoire, problèmes infectieux sévères...).

Les traitements médicamenteux du diabète ne dispensent en aucun cas la poursuite des règles hygiéno-diététiques.

Les complications seront prises en charge de manière spécifique. Par exemple, des traitements par laser peuvent être indiqués pour la rétinopathie.

Seront bien sûr associés au traitement du diabète, la prise en charge de l'hypertension artérielle, d'une dyslipidémie (cholestérol, triglycérides...).

L'objectif de ces traitements est d'obtenir une normoglycémie (taux de sucre sanguin normal) et de prendre en charge l'ensemble des facteurs de risque cardiovasculaires.



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Le diabète insipide (insuffisances post-hypophysaires)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le diabète insipide central est provoqué par le manque de sécrétion d'hormone anti-diurétique (ADH) par l'hypothalamus. C'est le cas le plus fréquent.
Dans le diabète insipide néphrogénique, l'hormone normalement sécrétée n'agit pas sur les tubules rénaux devenus résistants à son action.
Normalement, le rein laisse d'abord filtrer une grande quantité d'eau à travers les glomérules; puis il en réabsorbe au niveau des tubules une grande partie qui retourne dans la circulation sanguine, pour ne garder dans les cavités rénales qu'une fraction qui, associée aux déchets, forme l'urine.
Le manque d'hormone antidiurétique ADH provoque l'impossibilité pour le tubule rénal de réabsorber normalement l'eau filtrée par le glomérule

[?] Les signes de la maladie

Cliniquement, la maladie se manifeste de manière brutale ou rapidement progressive, par une polyurie (augmentation du volume des urines) importante et permanente. Le volume des urines est augmenté et peut atteindre 8 à 10 litres par jour, et même parfois 15 à 20 litres. Ces urines sont pâles comme de l'eau, peu concentrées, et ne contiennent aucun élément pathologique: ni sucre, ni albumine. Accompagnant cette polyurie, il existe une polydipsie, c'est à dire que le malade a toujours soif, de manière impérieuse, permanente et insatiable. Il boit sans cesse, beaucoup, le jour, la nuit, et n'arrive jamais à étancher sa soif.

A part cela, le patient est en assez bon état général, sauf s'il est hyper-hydraté (céphalées, nausées), ou déshydraté (lorsqu'il ne peut boire autant qu'il lui est nécessaire ).

L'examen clinique est normal.

Ce tableau est très caractéristique du diabète insipide .

Les examens complémentaires biologiques courants (ionogrammes sanguin et urinaire) sont normaux, sauf parfois une légère anémie de dilution.

Le diagnostic doit être porté avec certitude, car il existe une maladie au tableau clinique comparable : la "potomanie psychogène " :

il s'agit d'un trouble du comportement qui provoque un besoin impérieux de boire; la quantité de liquide ingérée peut être supérieure à celle absorbée dans un diabète insipide; évidemment la polyurie est également très importante, parfois aussi plus que dans le diabète insipide.

Cliniquement, le début de la potomanie est souvent plus brutal, à la suite d'un choc affectif, le malade présente des troubles psychiatriques (mais pas toujours), et la polydipsie est variable d'un jour à l'autre. Aucun de ces signes n'est absolu, mais il reste indispensable bien sûr de poser un diagnostic précis car le traitement est évidemment très différent


[?] Examens et analyses complémentaires

Le médecin demande pour cela des épreuves dynamiques.

Le test de restriction hydrique permet de déterminer s'il existe encore des possibilités de sécrétion de l'hormone ADH. L'épreuve est pratiquée en milieu hospitalier, pour compenser rapidement une éventuelle déshydratation. Le malade urine, puis on le pèse et il s'allonge dans un lit. Toutes les 15 minutes, on le pèse, on lui prend la tension, et toutes les 30 minutes on recueille les urines dans des bocaux numérotés. L'épreuve cesse quand le malade présente des signes de désagrément: angoisse, sécheresse des muqueuses, accélération du pouls, baisse de la pression artérielle et du poids.
L'association de la déshydratation et de l'impossibilité par le rein de concentrer les urines malgré la suppression de boissons, permet le diagnostic.
Il va sans dire que dans un vrai diabète insipide on ne peut pas mener cette épreuve jusqu'à son terme.
Le test à la vasopressine permet de reconnaître la carence en ADH.
D'autres tests peuvent être pratiqués, les plus utilisés sont les épreuves thérapeutiques qui utilisent la propriété antidiurétique de certains médicaments.
Il est possible que le diagnostic différentiel avec la potomanie soit difficile même après ces épreuves, car une potomanie prolongée peut inhiber la sécrétion d'hormone ADH (diabète insipide induit), parce que un diabète insipide peut guérir mais le malade qui a pris l'habitude de boire beaucoup va continuer, et donc uriner en quantité excessive (diabète insipide auto-entretenu), ou parce qu'il existe des perturbations primitives du centre de la soif (par une lésion ou une tumeur au niveau de l'hypothalamus). Parfois le médecin recourt à une épreuve de déconditionnement, avec une psychothérapie adaptée. Le but est de persuader le malade de boire moins, avec un régime désodé, éventuellement un médicament antidiurétique qui est remplacé progressivement par un placebo.
Le dosage de l'hormone antidiurétique montre sa diminution.


[?] Causes et facteurs de risque

Les causes du diabète insipide sont le plus souvent acquises :

séquelles de traumatisme crânien, méningite, encéphalite, ou d'intervention neurochirurgicale dans la région hypothalamo hypophysaire, tumeur du cerveau (craniopharyngiome, métastase de cancers bronchique, mammaire, colique), tuberculose, sarcoïdose, histiocytose X, maladie de Schuller-Christian, granulomatose de Wegener, parfois une maladie de système (collagénose) avec localisation hypophyso-hypothalamique.

L'imagerie par résonance magnétique est l'examen fondamental pour retrouver une cause au diabète insipide.

Les diabètes insipides idiopathiques (c'est à dire sans cause retrouvée : environ 30 % des cas) correspondent à une maladie familiale.

Diabète insipide néphrogénique

A côté de cette forme centrale, il existe un diabète insipide néphrogénique qui peut être héréditaire (recessif lié au sexe : transmis par les femmes et ne se manifestant que chez l'homme) ou secondaire à une maladie rénale chronique (pyélonéphrite, myélome, amylose...) ou encore provoqué par un médicament : sels de lithium, aminosides, anesthésie au méthoxyflurane.

Le diabète néphrogénique chez le nourrisson qui ne peut manifester sa soif se traduit par un déshydratation grave avec fièvre, vomissements, convulsions.


[?] Traitement

Le traitement est évidemment fonction de la cause. Il faut dans tous les cas ne pas laisser le malade se déshydrater ni s'hyperhydrater puis essayer de l'équilibrer avec un régime peu salé. Le traitement de la cause est impératif s'il en existe une.

La desmopressine est un analogue de l'ADH dont l'action antidiurétique est puissante. L'administration se fait en général par voie endonasale une ou deux fois par jour.

Certains médicaments permettent de réduire les doses et peuvent être associés : Tégrétol , Largactyl, Lipavlon.

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Le diabète insulinodépendant (DID) ou diabète de type 1
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Le diabète insulinodépendant représente 10 à 15% des cas de diabète. Il survient le plus souvent chez un sujet non obèse, avant l'âge de 30 ans.

[?] Mécanismes

Le rôle de l'auto-immunité dans la survenue du diabète de type 1 est certain. On retrouve souvent des anticorps anti-ilôts de Langerhans, anticorps qui attaquent les cellules du pancréas fabriquant l'insuline La réaction auto-immune est déclenchée par des facteurs environnementaux encore mal connus comme les toxiques ,les virus, etc. D'ailleurs, le diabète de type 1 est souvent associé à d'autres maladies auto-immunes (thyroïdite de Hashimoto, maladie de Basedow, myxoedème idiopathique, maladie d'Addison, maladie de Biermer, vitiligo, maladie coeliaque, etc.).

Il existe une prédisposition génétique au diabète de type 1 liée à certains gènes du système HLA situé sur le bras court du chromosome 6.

L'histoire naturelle du diabète de type 1 peut se schématiser de la façon suivante : chez des sujets prédisposés génétiquement, les cellules bêta du pancréas sont attaquées par des facteurs extérieurs lors de la phase prédiabétique. Cette phase peut dure plusieurs années. Les fonctions de sécrétion de l'insuline s'altèrent alors progressivement et discrètement et la tolérance au glucose s'affaiblit. Ces anomalies sont probablement réversibles, du moins dans certains cas. Le diabète de type 1 finit par se révéler soit subitement à la faveur d'un facteur extérieur, soit progressivement par réduction, au dessous du seuil critique (20%), du nombre de cellules ß Langerhansiennes fonctionnelles.

L'hyperglycémie consécutive à un défaut d'insuline joue un rôle aggravant : elle épuise les cellules ß restantes et entraînant une diminution de la sensibilité périphérique à l'action de l'insuline.

On peut donc obtenir des rémissions sous l'effet de traitements immunosuppresseurs (ciclosporine) au tout début clinique du diabète de type 1 ou à la suite d'une stricte normalisation glycémique. Une prévention sera sans doute possible. A l'avenir, la mise en route d'un traitement immunosuppresseur dès la phase prédiabétique - lorsque le nombre de cellules ß détruites est encore limité - rendra la prévention possible.


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Diabète insulinodépendant de l'enfant
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le diabète insulinodépendant (DID) est la maladie endocrinologique la plus fréquente de l'enfant.

La maladie est due à la carence en insuline, qui est une hormone sécrétée par les cellules b des îlots de Langerhans situés dans le pancréas.

Pour que le diabète se développe, il faut une prédisposition génétique, liée principalement à des antigènes HLA, et un facteur déclenchant, d'environnement, qui engendre des processus auto-immuns détruisant sélectivement les cellules b des îlots de Langerhans. Ce n'est donc pas la maladie qui est transmise, mais une susceptibilité à la maladie.

Physiologie

Les cellules ne disposent pas de sucre pour fonctionner. Elles font appel à une solution de secours : les acides gras libres (AGL). Ceux-ci vont donner l'énergie nécessaire à l'activité cellulaire au prix de la fabrication de déchets : les corps cétoniques.
Le sucre qui provient de l'alimentation est absorbé dans l'intestin, se retrouve dans le sang mais ne peut rentrer dans le foie pour se stocker. Il reste donc dans le sang et la glycémie s'élève.
Ces modifications se répercutent sur l'ensemble de la régulation hormonale, car la glycémie est le résultat d'un équilibre dynamique : une véritable mécanique de précision...!

L'absence de sucre rentrant dans les cellules déclenche une sécrétion de glucagon et de cortisol, qui sont des hormones hyperglycémiantes. Dès lors, le foie détruit le glycogène stocké pour libérer du glucose dans le sang (glycogénolyse) et il se met à fabriquer du glucose à partir des graisses (néoglucogénèse).

Le glucose continue à augmenter dans le sang.

Normalement, dans le filtre rénal, le glucose sort du sang dans les glomérules puis est entièrement réabsorbé dans les tubules et retourne dans le sang, ce qui fait que finalement dans les urines, il n'y a pas de glucose.

Lorsque la glycémie s'élève et dépasse un certain seuil, le tubule rénal est débordé et ne peut réabsorber tout le glucose filtré par le glomérule. Le sucre fuit donc dans l'urine (glucosurie).

Chez l'enfant non diabétique, la sécrétion d'insuline est environ d'une unité/kg/24 heures.

Epidémiologie

L'incidence du DID en France est de 9,2 nouveaux cas par an pour 100 000 jeunes de moins de 20 ans, ce qui représente 1400 cas de moins de 20 ans diagnostiqués chaque année en France. Cette incidence est en nette augmentation depuis une vingtaine d'années. Le diabète juvénile peut se révéler à tout âge, mais deux périodes sont particulièrement touchées : l'enfant de 5-6 ans et celui de 10-11 ans sans préférence de sexe. Le diabète du très jeune enfant (moins de 4 ans) représente 15% des cas; son diagnostic est plus difficile et sa prise en charge est spécifique.

Entre 0 et 15 ans, 1 enfant sur 4200 serait diabétique.

Il y aurait 150 000 diabétiques en France dont 4000 enfants de moins de 15 ans.

C'est une maladie héréditaire dont les facteurs déclenchants sont liés au milieu : virus (coxsackies B, etc.), phénomènes auto-immunitaires...etc. Il semblerait que les enfants porteurs des gènes de prédisposition au diabète soient génétiquement plus fragiles vis-à-vis de certaines infections et plus susceptibles de développer des phénomènes auto-immunitaires détruisant les cellules pancréatiques sécrétrices d'insuline.

Le risque pour un enfant sans antécédent familial de diabète (population générale) est de 0,3%. Le risque pour les frères et soeurs des enfants diabétiques d'être eux-mêmes atteints par l'affection est de 6 à 10%.

Lorsqu'un seul des parents est diabétique, le risque pour l'enfant est de 3 à 7%.

Lorsque les deux parents sont diabétiques, le risque pour l'enfant est de 30 à 50%.

Cette prédisposition héréditaire a été démontrée lors de la découverte des antigènes majeurs d'histo-compatibilité du système HLA. Le diabète est très fréquemment associé aux antigènes DR3, DR4...

On peut détecter avec beaucoup de précision, ceux des frères et soeurs d'enfants diabétiques qui le deviendront eux-mêmes : typage HLA, recherche des anticorps de surface anti-cellules d'îlots de Langerhans et anti-cytoplasme, diminution de la sécrétion insulinique de base.



[?] Les signes de la maladie

La découverte du diabète lors de la recherche systématique de glucose dans les urines (glycosurie) est assez rare.

Dans sa forme typique, le diabète se manifeste par :

Une soif vive ;
Des urines fréquentes ;
Une énurésie secondaire ;
Une asthénie, un mauvais rendement scolaire ;
Un amaigrissement ;
Des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements ;
Des infections récidivantes...
En fait, c'est souvent par une complication que la maladie se révèle : un coma acido-cétosique avec déshydratation et respiration ample et rapide d'acidose (dyspnée de Kussmaül).

On trouve alors fréquemment en cause un facteur déclenchant : choc affectif, maladie infectieuse etc.

Les parents ont tendance à attribuer à ces facteurs, une responsabilité importante. Pourtant, le diabète ne se révèle que lorsque 80 ou 90% des capacités sécrétoires du pancréas sont détruites. Lorsque le pancréas est touché, il peut encore faire face aux besoins d'insuline habituels mais si ceux-ci deviennent brusquement plus élevés (choc, infection), il s'épuise et les signes cliniques apparaissent.

Dépistage précoce

Le dépistage des sujets à risque a pour but de retarder ou de prévenir la destruction des cellules pancréatiques productrices d'insuline.

La recherche des sujets à risque est basée sur l'étude des groupes HLA, la recherche des anticorps anti-îlots (ICA) et l'état métabolique. Pour l'instant, elle s'est limitée à des laboratoires spécialisés et est pratiquée dans les fratries de patients diabétiques dont le risque global est de 5%. Les sujets HLA DR3, DR4 et/ou qui ont deux haplotypes en commun avec le patient diabétique ont un risque de 10 à 20% alors que le risque est nul chez les frères et soeurs HLA différents. La présence de plusieurs auto-anticorps prédit un risque à presque 100%. Une intolérance au glucose (tests d'hyperglycémies par voie orale et intraveineuse) peut prévoir l'apparition du diabète chez les sujets prédisposés.
L'objectif est de sélectionner les sujets à haut risque pour les inclure dans des essais de prévention.

Diagnostic différentiel

Lorsque le diabète est découvert avant les signes cliniques, par la recherche de glycosurie ou le dosage de la glycémie, le diagnostic peut se poser avec les rares hyperglycémies non insulinodépendantes du jeune (MODY). En plus du caractère familial de ces hyperglycémies, des arguments biologiques permettent de les reconnaître : mutation des gènes de la glucokinase et des gènes des facteurs de transcription dans les hyperglycémies non insulinodépendantes : groupe HLA-DR et anticorps anti-cellules d'îlots dans le DID auto-immun.

Formes particulières

Le diabète néonatal survenant dans les 3 premiers mois de la vie est rare, représentant moins de 1% des diabètes de l'enfant. Il touche un nouveau-né sur 500.000. Dans la moitié des cas, le diabète est transitoire et guérit en quelques mois avec l'insulinothérapie (diabète néonatal transitoire). Dans l'autre moitié des cas, l'insuline est nécessaire au-delà de 18 mois. On considère alors qu'il s'agit d'un diabète néonatal définitif.

Diabète et mucoviscidose : avec l'allongement de l'espérance de vie des enfants atteints de mucoviscidose, la survenue d'un DID est possible vers l'âge de 20 ans.

Divers

Le diabète peut se voir comme complication de plusieurs maladies pédiatriques : hémoglobinopathies, cystinose, syndrome hémolytique et urémique (SHU), trisomie 21, syndromes de Klinefelter ou de Turner, ataxie de Friedreich etc

Le diabète peut être associé à d'autres maladies auto-immunes : thyroïde, parathyroïde, surrénale, maladie coeliaque.
Le syndrome de Wolfram associe un diabète insulinodépendant, un diabète insipide, une atrophie optique et une surdité. L'anomalie responsable se trouverait sur un gène du chromosome 4. La transmission est autosomique récessive.
Le diabète mitochondrial, récemment décrit, est souvent associé à une surdité ou une cardiomyopathie.


[?] Traitement

L'enfant diabétique doit avoir un régime alimentaire normal équilibré en quantité et en horaires, et recevoir tous les jours la dose d'insuline adaptée à ses besoins. Le traitement doit tenir compte de l'activité physique qui a des effets bénéfiques sur l'action de l'insuline mais fait varier les besoins en insuline.

L'alimentation du jeune diabétique

Le régime alimentaire de l'enfant diabétique n'a rien de particulier. C'est en fait un régime équilibré:

Ration calorique : 1800 cal/m2 de surface corporelle ou 1000 + (A x 100) A = âge en année
exemple : 12 ans : besoins caloriques = 1000 + (12 x 100) = 2200 calories/24h

Répartition :
50 % de glucides
35% de lipides dont la moitié d'origine végétale
15% de protides dont la moitié d'origine végétale
Eau et électrolytes en quantité suffisante
On distingue deux sortes de glucides :

Les sucres d'absorption rapide : glucose, fructose, saccharose : sucre en morceaux, confiseries, confitures, miel, biscuits, pâtisseries, boissons sucrées, sodas etc.

Les sucres d'absorption lente : riz, blé, pomme de terre, farines diverses, pain, pâtes, légumineuses, légumes secs (amidon).
Les sucres rapides sont utiles pour traiter rapidement une hypoglycémie.

En dehors de cette situation, ils ne doivent pas représenter plus de 10% de la ration calorique totale et surtout ne pas être consommés entre les repas car ils perturbent l'équilibre glucidique.

Les lipides d'origine animale (beurre, lait, fromages, viandes, charcuteries, oeufs etc.) sont des graisses saturées.

Les graisses végétales sont surtout des graisses désaturées (acide linoléique etc.).

Il faut éviter de manger plus d'un oeuf par jour (cholestérol), préférer le poulet et le poisson aux viandes de boeuf et de mouton, préférer le lait demi-écrémé au lait entier.

Les protéines animales se trouvent dans le lait, les fromages, la viande, le poisson, les oeufs.

Les protides d'origine végétale se trouvent dans les céréales (pain, pâtes, riz) et les légumes secs.

Un régime alimentaire équilibré implique de faire des petits repas régulièrement espacés :

3 repas principaux : petit déjeuner, déjeuner, dîner;
2 ou 3 suppléments : collation de 10-11 heures, goûter, au coucher.
Les aliments dits "pour diabétiques" sont sucrés au fructose. Le fructose est immédiatement transformé en glucose dans l'intestin et ces aliments n'ont donc aucun intérêt particulier pour les diabétiques.

L'insuline

Le traitement actuel du diabète insulinodépendant consiste à remplacer l'insuline que le pancréas ne produit plus. L'insuline est administrée selon un rythme précis correspondant aux variations des besoins sur les 24 heures. Les doses d'insuline sont adaptées par les patients d'après les résultats de l'autosurveillance.

Utilisée depuis 1922, l'insuline était à l'origine uniquement d'action rapide. Il y avait 3 à 4 injections par jour. Dans les années 1950, les insulines dites lentes ont permis de réduire le nombre des injections. La découverte du dosage de l'insuline en 1966 a montré la nécessité de fractionner les apports d'insuline sur 24 heures. Le retour à un plus grand nombre d'injections quotidiennes est beaucoup plus acceptable avec les nouveaux matériels d'injection : seringues à usage unique, aiguilles de plus en plus fines, stylos et pompes à insuline...
Les insulines ont été purifiées et humanisées. Les analogues de l'insuline sont apparus sur le marché. L'insuline Lispro (Humalog) d'action très rapide et courte permet aux patients un traitement très proche de la physiologie.

Afin d'uniformiser les dosages, les différentes formes d'insuline à 40 U/ml utilisées en France jusqu'au début 2000 ont été retirées du commerce. A l'heure actuelle, toutes les insulines en vente sont dosées à 100 U/ml.

LES PRESCRIPTIONS D'INSULINE SE FONT EN "UNITÉS"

1 unité d'insuline représente l'activité hypoglycémiante de 0,04082 mg de l'étalon international préparé après 1950 (OMS, 1952).

L'insuline se présente dans des flacons.

Le flacon d'insuline entamé peut être gardé à température ambiante. Les flacons non utilisés sont conservés à + 4°C. dans le bas du réfrigérateur. Il ne faut pas congeler le produit.

Les seringues montées à usage unique, sont présentées stérilement dans un conditionnement individuel.

Les aiguilles sont très fines (Microfines®) et relativement courtes.

Les stylos injecteurs jetables ou rechargeables utilisent des cartouches d'insuline (insuline humaine rapide, Humalog, insuline NPH, mélanges fixes d'insuline rapide et NPH).

Les injections se font par voie intramusculaire ou sous-cutanée (S.C.) en diverses régions du corps : face externe des cuisses et des bras, région supéro-externe des fesses, abdomen.

L'injection quotidienne d'insuline répétée dans le même lieu risque d'entraîner le durcissement de la peau et une lipodystrophie réalisant soit une atrophie soit une hypertrophie du tissu cellulaire sous-cutané.

Ces lipodystrophies sont inesthétiques et surtout perturbent la résorption de l'insuline.

Il est donc nécessaire de changer chaque jour l'endroit de l'injection.

En cas de lipodystrophie, il faut pratiquer les injections en intramusculaire .

La glycémie à jeun ne doit pas descendre au dessous de 0,80 g/l et monter au dessus de 1,8 g/l après les repas.

L'adaptation quotidienne de la dose d'insuline est fonction en particulier des résultats du cahier de surveillance.

Le but du traitement est d'obtenir la glycémie la plus stable possible, c'est-à-dire d'éviter les hypoglycémies et les hyperglycémies avec acidocétose.

Il existe plusieurs schémas insuliniques :

insulinothérapie conventionnelle à 2 injections par jour : mélange d'insuline humaine rapide et intermédiaire type NPH matin et soir

schéma à 3 injections : une injection matin et soir d'un mélange rapide et insuline NPH et une injection d'insuline rapide (ou mieux Humalog) à midi ou au goûter (traitement conventionnel intensifié)

schéma basal-bolus par injection continue d'insuline par pompe portable sous-cutanée. L'insuline rapide est perfusée de façon continue et au moment des repas, une quantité plus importante d'insuline est injectée à l'aide d'un bouton. La pompe est en général bien tolérée par les enfants Les cathéters cutanés sont changés tous les 5 jours. Il existe des systèmes de déconnexion pour le bain et la baignade. Les inconvénients sont le risque d'acidocétose en cas de panne de pompe ou de cathéter bouché. Ce traitement n'est pas pris en charge par l'Assurance-maladie. Ces pompes sont financées dans la dotation globale de l'hôpital et prêtées aux familles; le matériel consommable est fourni par l'hôpital. Ce système est surtout utile pour les jeunes enfants.

Ce schéma basal-bolus est plus souvent réalisé par des injections d'insuline humaine rapide ou d'analogue Lispro au moment des repas à l'aide d'un stylo injection et une insuline d'action prolongée (Humalog Umuline zinc par exemple) faite en même temps que l'analogue avant le dîner (schéma à 4 injections) ou au coucher (schéma à 5 injections).

L'examen des urines permet de chercher la présence des sucres et des corps cétoniques à l'aide de bandelettes.

Actuellement, la glycémie peut être déterminée en prenant une goutte de sang au bout du doigt. La lecture se fait à l'aide d'appareils électroniques etc. L'analyse d'urines le matin reste recommandée tous les jours pour donner une idée de la glycémie de la nuit.

Le dosage de l'hémoglobine glyquée (HbA1C) est un examen qui permet d'apprécier la stabilité du diabète. Elle reflète l'équilibre des trois derniers mois.

Lorsque la glycémie est normale (5 mmoles/l ou 0,9 g/l), l'hémoglobine glyquée est de 5%. Chez l'enfant diabétique équilibré, elle doit être inférieure à 10%.

Comment adapter la dose d'insuline ?

L'adaptation de la dose d'insuline tient compte de 4 grands types de phénomènes :

Les signes ressentis par l'enfant :

en cas d'hyperglycémie : soif, polyurie, fatigue, nausées...
en cas d'hypoglycémie : faim impérieuse, malaises, troubles de la conscience, convulsions...
Les prévisions des besoins :
en cas d'activité sportive, l'organisme aura besoin de plus de sucre donc les besoins en insuline sont réduits;
en cas d'exposition au froid : c'est la même chose;
en cas de maladies, d'interventions chirurgicales également.
Adaptation des doses et alimentation
L'adaptation des doses d'insuline et l'alimentation sont des domaines où l'on a le moins progressé. Les règles d'adaptation sont les mêmes depuis des dizaines d'années, simplement adaptées à la surveillance glycémique, et à l'entière charge du patient.

Ajuster les doses d'insuline aux variations des besoins, reste toujours une difficulté principale du traitement.

Cet ajustement est facilité par la possibilité de prélever une goutte de sang sur le bout du doigt, sans douleur ni blessure, qui a permis le développement d'analyseurs glycémiques qui ont atteint une taille et une vitesse stupéfiantes. Ils permettent aussi de garder en mémoire les résultats d'analyse. Un minimum de 3 glycémies capillaires par jour est recommandé. Avec plus d'injections, plus d'analyses glycémiques et plus de contrôles objectifs des résultats, les patients subissent depuis quelques années un maximum de contraintes. Les progrès techniques les atténuent : aiguilles de plus en plus fines et stylos à insuline, autopiqueurs de moins en moins douloureux et lecteurs glycémiques de plus en plus simples et rapides, analogues rapides de l'insuline permettant l'injection immédiatement avant les repas et, dans certains schémas thérapeutiques, une plus grande liberté dans les heures des repas. Néanmoins, beaucoup de patients, en particulier les adolescents, ont du mal à obtenir une qualité de traitement satisfaisante, les résultats dépendant de bien d'autres facteurs.

L'hémoglobine glyquée, réalisable en microméthode et en quelques minutes, est le critère objectif obligatoire d'évaluation de la qualité du traitement et de l'équilibre du diabète dans les trois mois précédents.

L'alimentation équilibrée, non restrictive, n'est pas une nouveauté pour les jeunes diabétiques à qui elle a été recommandée depuis plus de quarante ans. Les schémas thérapeutiques actuels, dont le profil d'action d'insuline est des plus précis, nécessitent une régularité de l'alimentation, en horaires et quantités, bien que les injections multiples et les analogues rapides de l'insuline favorisent un certain assouplissement dans ce domaine. En dépit d'un niveau de contrainte théoriquement assez faible, l'alimentation reste souvent un gros problème pour les jeunes patients, soit parce qu'on leur demande trop en pratique, soit parce qu'ils suivent la tendance générale actuelle au déséquilibre alimentaire ou présentent, comme de nombreuses adolescents non diabétiques, des troubles plus ou moins caractérisés du comportement alimentaire.

L'éducation et la prise en charge du patient

L'éducation n'est pas non plus une nouveauté en pédiatrie, en particulier en France où l'Aide aux Jeunes Diabétiques a été créée il y a plus de quarante ans sous le nom de L'école du diabète...

L'éducation se généralise, s'organise et se dote de nouveaux outils pédagogiques. Le savoir-faire s'est amélioré et le patient en tant que personne, dans son contexte psycho-familial, n'a jamais eu autant d'importance. La prise en charge est globale, et l'équipe multidisciplinaire de diabétologie pédiatrique s'impose comme son cadre indispensable.

Complications immédiates du diabète

De nombreux incidents ou accidents guettent, à court terme ou à plus longue échéance, un jeune diabétique mal équilibré.

Le malaise hypoglycémique et le coma hypoglycémique:

L'hypoglycémie est l'accident le plus fréquent chez l'enfant diabétique. Dans le doute, il vaut mieux donner du sucre : ce traitement guérit l'hypoglycémie et n'aggrave pas l'hyperglycémie. Par contre, injecter de l'insuline aggrave une hypoglycémie.

Les causes d'hypoglycémie sont nombreuses :

il peut s'agir d'une erreur en trop de la dose d'insuline : mauvais calcul, oubli d'un repas, absorption d'alcool, mauvaise surveillance, effort physique important non prévu lors du calcul de la dose d'insuline et non compensé par un aliment sucré etc.
parfois, la cause n'est pas retrouvée.
Les symptômes sont variés. Tout comportement anormal chez un enfant diabétique traité par insuline doit être considéré comme le signe d'une hypoglycémie et traité comme tel dans le doute :

Une pâleur ;
Des sueurs ;
Des fourmillements dans les membres (paresthésies) ;
Une impression de membres engourdis ;
Des palpitations cardiaques, une anxiété ;
Une cyanose ;
Des céphalées ;
Des nausées, vomissements ;
Un malaise, une asthénie ;
Une sensation de faim impérieuse ;
Parfois des signes neurologiques plus importants : manifestations psychiques, confusion mentale avec parole difficile, accès d'excitation, irritabilité, colère subite, exhibitionnisme...

Des troubles de la vigilance : somnolence, coma calme ou agité, convulsions...

Une hypoglycémie peut se voir même s'il y a du sucre dans les urines. Cette notion est capitale : le sucre dans les urines traduit l'activité du filtre rénal pendant les dernières heures écoulées. Il ne donne aucune indication sur le niveau de la glycémie au moment présent.

Le traitement de l'hypoglycémie est bien codifié.

Faire cesser toute activité musculaire : coucher l'enfant ;
Donner des morceaux de sucre trempés dans l'eau (1 sucre pour 10 kg de poids) soit 3 à 6 morceaux de sucre et attendre un peu ;
Le sucre peut être remplacé par du sirop de sucre, de la gelée de fruits, du miel, du Coca-Cola® etc.
Stimuler l'enfant.

Si l'enfant refuse d'avaler le sucre ou vomit, il faut injecter une ampoule de Glucagon® en intramusculaire. Il n'y a aucune contre-indication à cette injection. S'il ne s'agit pas d'une hypoglycémie, l'injection de glucagon est inutile mais sans danger. La seringue à insuline convient pour cette injection.

Le glucagon se présente dans un étui comprenant un flacon de poudre et un flacon de solvant qui est de l'eau distillée. On prélève la totalité du solvant en piquant à travers le bouchon de caoutchouc et on l'injecte dans le flacon de poudre. La dissolution est immédiate. On reprend la totalité du produit qu'on injecte en I.M. dans le quadrant supéro-externe de la fesse. L'effet est visible en 10 à 15 minutes.

Dès que l'état de conscience le permet, on complète le traitement par l'administration de sucre.

En cas de vomissements, donner du Coca-Cola® glacé à la cuillère toutes les 10 minutes.

Si ce traitement est insuffisant, le médecin pratiquera l'injection intraveineuse de sérum glucosé.

L'enfant diabétique doit toujours avoir chez lui (ou sur lui lorsqu'il est loin de son domicile) des ampoules de 20 ml de sérum glucosé.

Les corps cétoniques dans les urines

Les corps cétoniques apparaissent dans le sang chaque fois que l'organisme doit utiliser ses graisses de réserve.

Trois circonstances en sont responsables :

Le jeûne : dans ce cas, l'organisme fait appel à ses graisses de réserve puisque l'alimentation n'apporte pas de glucides. La glycémie est normale ;

L'absence d'insuline : le sucre est en excès dans le sang mais ne peut rentrer dans les cellules qui sont obligées de faire appel aux graisses de réserve. La glycémie est élevée, l'enfant a soif, les urines sont claires et abondantes. C'est le cas le plus fréquent ;

En cas d'hypoglycémie, les cellules ont besoin d'énergie et font appel aux graisses de réserve. Une cétonurie peut apparaître au décours d'une hypoglycémie. Les urines sont rares et pauvres en sucre.
La présence de corps cétoniques et de sucre dans les urines du matin prouve que la glycémie était trop haute durant la nuit. Le contrôle de la glycémie montre des résultats supérieurs à 2,50 g/l.

La présence de corps cétoniques sans sucre dans les urines le matin au réveil se voit en cas d'insuffisance alimentaire (régime hypocalorique) ou d'excès d'insuline. Un tel état doit être considéré comme une manifestation d'hypoglycémie.

Le coma acido-cétosique (hyperglycémique)

Il peut être révélateur d'un diabète jusqu'alors méconnu ou bien traduire une insuffisance d'insuline.

Les signes cliniques sont évocateurs :

Une déshydratation ;
Une dyspnée : respiration ample et profonde;
Une odeur d'acétone de l'haleine.
Le traitement ne peut être réalisé qu'en milieu hospitalier.

Il repose sur :

La réhydratation ;
L'alcalinisation ;
L'insulinothérapie
Les infections
Furoncles, panaris, infections urinaires, candidoses vaginales semblent plus fréquentes en cas de diabète mal équilibré.

Les caries dentaires doivent être détectées et soignées.

L'allergie à l'insuline et la résistance à l'insuline sont des complications exceptionnelles.

Les complications cutanées sont les lipodystrophies.

Les complications à long terme

dues à l'insuline : lipodystrophies
dues au diabète : les microangiopathies.
Microangiopathies

L'hyperglycémie entraîne à la longue des lésions artérielles.

La rétinopathie diabétique se traduit par des micro-anévrismes sur les artères de la rétine. Ces lésions sont visibles au fond d'oeil (FO). L'angiofluorographie rétinienne permet une étude fine des vaisseaux de la rétine. L'examen consiste à injecter du fluorescéinate de sodium dans une veine du bras et de photographier à séquence rapide les images obtenues au FO.

Plus de 80% des diabétiques porteurs d'une rétinopathie ont une forme minime peu évolutive qui ne modifie pas la vision. Après 25 ans d'évolution de diabète, 60 à 80% des diabétiques présentent ce type d'anomalie minime. Ces chiffres concernent les 25 dernières années alors que la surveillance du diabète et les traitements étaient beaucoup moins au point. On peut supposer que la surveillance actuelle permettra de diminuer la fréquence de la rétinopathie.

La cécité survient dans 3% des cas de diabétiques ayant plus de 25 ans d'évolution.

Le traitement repose sur le contrôle de l'hyperglycémie. Certains médicaments augmentent la résistance capillaire ou agissent sur l'agrégabilité des plaquettes. Leur activité est difficile à apprécier.

La phocoagulation par laser (argon) représente un traitement plein d'avenir.

La néphropathie glomérulaire est la complication rénale qui correspond à ces microangiopathies. Le premier signe apparaît après 10 ans d'évolution d'un diabète mal équilibré avec hyperglycémie : c'est la protéinurie. Elle peut rester isolée pendant des années. L'hypertension artérielle, l'insuffisance rénale sont rares.

Les complications neurologiques sont rares. Elles surviennent en cas de diabète mal équilibré : troubles de la sensibilité profonde, abolition des réflexes ostéotendineux.

L'EMG, la mesure de la vitesse de conduction des nerfs permettent de faire le diagnostic précocement.

Comment surveiller un jeune diabétique?

Il se surveille d'abord lui-même, en notant sur un cahier de traitement, chaque jour, les doses d'insuline, les résultats des examens d'urine et éventuellement de sang, et la survenue éventuelle de malaises qu'il aura appris à reconnaître. C'est dire que l'éducation du diabétique est primordiale; elle se fait souvent lors de la première hospitalisation, et continue les premières années de la maladie au cours des consultations.

En effet, tout enfant diabétique doit être régulièrement suivi par le médecin.

Tous les 3 mois, un bilan est nécessaire :

Clinique : poids, taille...
L'examen du carnet de traitement afin de discuter avec l'enfant et sa famille des différentes péripéties qui ont pu se produire et argumenter leurs réactions.
Le dosage de l'hémogobine glyquée qui reflète l'équilibre du traitement des 3 derniers mois.
Tous les ans, un bilan plus complet est pratiqué. Il comprend :

Le dosage du cholestérol et des triglycérides ;
Le dosage de l'urée et de la créatinine (recherche de complication rénale) ;
Le dosage de la protéinurie (recherche de complication rénale) ;
Un ECBU (recherche systématique d'infection urinaire) ;
Un examen du fond d'oeil ;
Une visite chez le dentiste...
Tous les 5 ans, il est utile de faire un bilan plus poussé :

Etude de la fonction rénale : urée sanguine, clearance de la créatinine...
Bilan neurologique avec EMG ;
Angiographie rétinienne à la fluorescéine.
Le traitement est bien conduit et bien suivi si :

Le cahier de traitement est bien tenu et à jour ;
L'adaptation des doses d'insuline est soigneusement effectuée ;
La glycosurie est faible (0, 5 à 10 g/l) ;
Il n'y a pas de cétonurie ;
Il n'y a pas de signes cliniques d'hyperglycémie ;
La glycémie après les repas est inférieure à 2,50 g/l ;
Il existe de petits signes discrets d'hypoglycémie ;
Le régime alimentaire est équilibré ;
La croissance staturo-pondérale est régulière ;
Les taux de cholestérol et de triglycérides sont normaux ;
L'hémoglobine glyquée est basse.
Le traitement est insuffisant, mal suivi ou mal compris si :

Le carnet de traitement est mal tenu, bâclé ;
L'adaptation quotidienne des doses d'insuline est mal réalisée ;
La glycosurie oscille entre 30 à 50 g/l avec très rarement des résultats à 5 ou 10 g/l ;
Il existe quelques épisodes de cétonurie ;
Il existe quelques épisodes cliniques d'hyperglycémie ;
La glycémie après les repas est supérieure à 2,50 g/l ;
Les épisodes hypoglycémiques sont fréquents ;
Les erreurs alimentaires sont patentes;
La courbe de poids est irrégulière ;
L'hémoglobine glyquée est moyenne ;
Le traitement n'est pas adapté ou peu suivi si :

L'enfant n'a pas de carnet de traitement ;
L'enfant n'adapte pas ses doses d'insuline tous les jours ;
La glycosurie est toujours égale ou supérieure à 50 g/l ;
La cétonurie est fréquente ;
Les hospitalisations pour acido-cétose sont fréquentes ;
Les signes cliniques d'hyperglycémie sont fréquents ;
La glycémie est souvent supérieure à 3 g/l ;
Les épisodes d'hypoglycémie sont fréquents ;
Le régime est hérétique ;
La courbe de croissance est irrégulière (amaigrissement) ;
Les taux de cholestérol et de triglycérides sont augmentés ;
L'hémoglobine glyquée est élevée.
Problèmes particuliers

Les problèmes psychologiques

Le diabète, comme toutes les maladies chronique, entraîne des répercussions psychologiques importantes chez l'enfant et ses parents.

Les parents sont anxieux, angoissés en pensant à l'avenir et risquent de surprotéger leur enfant. Ils peuvent au contraire se désintéresser complètement de lui et se décharger de leur responsabilité sur le milieu médical ou un autre membre de la famille.

L'adolescence est une période difficile pour le diabétique. La crise d'indépendance se manifeste par une opposition et surtout le rejet de la maladie. Il a envie de rejeter tout en bloc : ses parents, son diabète, les soins, la surveillance... Il veut être comme les autres.

Les vaccins

Tous les vaccins obligatoires peuvent être pratiqués.

L'Aide aux Jeunes Diabétiques (A.J.D.)

Cette association créée dans les années 1950, extrêmement dynamique regroupe des diabétologues, des pédiatres, des médecins, des diabétiques, des parents de jeunes diabétiques et différentes personnalités intéressées par les problèmes médico-sociaux posés par le diabète insulinodépendant.

Elle publie tous les trimestres un bulletin d'information abordant tous les problèmes médicaux et sociaux susceptibles d'intéresser les diabétiques et leurs médecins. Elle édite un numéro spécial, régulièrement mis à jour, sur la surveillance et le traitement du diabète insulinodépendant qui constitue un manuel de base, clair et pratique. D'autres documents traitent de "contraception, grossesse et hérédité", "oeil et diabète" etc.

Elle organise des maisons temporaires d'été et des camps-ski. Au cours de ces séjours de vacances, où tous les sports sont pratiqués, les techniques de surveillance et du traitement du diabète sont revues et l'éducation médicale du jeune diabétique consolidée.

L'A.J.D. publie des instructions destinées aux membres du corps enseignant ayant des enfants diabétiques dans leur classe.

Elle édite également une "Carte de diabétique" et un "Carnet de traitement", documents indispensables. Le carnet de traitement existe en arabe, en italien, en portugais et en yougoslave.

L'A.J.D. joue un rôle également auprès des pouvoirs publics pour l'admission des jeunes diabétiques dans les internats scolaires, l'admission des jeunes diabétiques dans la fonction publique, les remboursements par la Sécurité Sociale etc.

La scolarité :

Aucune loi n'interdit aux jeunes diabétiques une scolarité normale. Il est utile que le responsable de l'établissement soit au courant de la maladie de l'enfant et connaisse la façon de réagir en cas d'incidents, notamment hypoglycémiques.

L'élève doit toujours avoir sur lui sa carte de diabétique et des aliments sucrés.

L'admission en Internat est possible sous certaines conditions.

Les Internats médico-scolaires spécialisés pour diabétiques sont réservés à des cas particuliers : diabète très instable, difficultés scolaires importantes, cas sociaux etc..

L'avenir socioprofessionnel :

Un certain nombre de métiers sont formellement déconseillés :

les métiers de sécurité : chauffeur de poids lourds, conducteur d'engin, pilote d'avion...

Les métiers exposant aux chutes ;
Les métiers excessivement fatigants ou exigeant des horaires très irréguliers ;
Les métiers exposant aux infections ;
Les métiers nécessitant une excellente vue de près (mécanique de précision, horlogerie etc.)
L'admission d'un jeune diabétique dans la fonction publique n'est pas régie par des lois simples, mais par des réglementations particulières à chaque ministère. Actuellement, "en l'absence d'une disposition interdisant formellement l'accès de la fonction publique aux diabétiques, ceux-ci ne peuvent être exclus systématiquement de l'entrée dans les cadres de l'administration de l'État".

Les perspectives d'avenir

Les nouvelles insulines

L'insuline rapide a une action retardée par rapport à la voie intraveineuse, en grande partie parce que les molécules d'insuline sont sous forme d'hexamères (6 molécules liées à un atome de zinc) et se dissocient lentement les unes des autres. En remplaçant ou en modifiant certains acides aminés, on peut créer des charges de répulsion maintenant les molécules d'insuline sous forme de monomères et raccourcir le délai d'action (moins de 15 minutes ), le pic (1 heure), et la durée d'action ( 3-4 heures). Cette cinétique est plus proche des besoins postprandiaux que celle de l'insuline rapide. Les avantages de ces insulines plus rapides sont loin d'être négligeables : pas d'attente entre l'injection et le repas ; tendance à faire moins d'hypoglycémies ; avec certains schémas, possibilité de ne pas prendre de collation et plus grande souplesse dans l'heure des repas ; globalement, amélioration de la qualité de vie des patients. Des analogues prolongés de l'insuline sont en cours de développement. Leur principe est de modifier la molécule d'insuline pour faciliter la liaison des molécules entre elles ou à des protéines circulantes. Elles ont l'avantage d'être solubles et plus reproductibles que les insulines lentes actuelles. Les essais cliniques sont déjà en cours.

Les autres voies d'administration de l'insuline (nasale, inhalation bronchique, orale, pommades, suppositoires etc.) dont on parle depuis plus de 50 ans ne seront pas au point avant de très nombreuses années si elles le sont un jour.

Le pancréas artificiel mesure la glycémie en permanence pour calculer le débit d'insuline nécessaire au contrôle de la glycémie. Il existe depuis 25 ans mais n'est pas miniaturisé.

Les essais d'administration d'insuline par pompes implantables progressent. Des analyseurs glycémiques transcutanés ou percutanés de petite taille pourraient télécommander ces pompes implantables. Aucun n'est miniaturisé et utilisable par des patientgs à l'heure actuelle.

Plus de 10 000 greffes de pancréas ont été réalisées depuis 30 ans avec une réussite croissante. Les succès des greffes d'îlots sont par contre très récents et limités (10%). Un traitement immuno-suppresseur est obligatoire. Ces greffes sont donc réalisées chez des patients devant subir parallèlement une autre greffe (rein). Vu le peu d'organes disponibles par rapport à la demande potentielle, l'objectif des chercheurs est de parvenir à greffer des îlots d'animaux avec tous les problèmes immunologiques que cela pose.

Le génie génétique est une autre voie de recherche. Des cellules du patient lui-même sont transformées en cellules productrices d'insuline et réimplantées.

Des thérapeutiques prévenant l'apparition des complications (microangiopathie) en limitant les conséquences de l'hyperglycémie chronique sont à l'étude: inhibiteurs de l'aldolase réductase qui bloquent l'accumulation de sorbitol, inhibiteurs de la protéine kinase c qui provoque des dégâts oculaires et rénaux, aminoguanidine qui freine la glycation des protéines etc

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Diabète sucré
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le diabète sucré est une affection caractérisée par l'augmentation du taux de sucre dans le sang (i.e. la glycémie) lié à un mauvais fonctionnement de l'insuline ou à une absence d'insuline. L'insuline est une hormone qui fait baisser la glycémie. Pour comprendre le diabète, quelques notions de physiologie sont nécessaires.

Quelques notions de physiologie : l'insuline et la régulation de la glycémie

Le glucose est le nutriment essentiel des cellules. A tout instant, il est consommé par les différents tissus pour assurer le maintien de la température du corps, réagir à l'activité physique ou nourrir la cellule cérébrale...
Le taux de sucre dans le sang est remarquablement fixe chez l'individu normal ; il fluctue entre 0,7 et 1,10 g/l à jeun. Cet équilibre est essentiellement sous la dépendance de l'insuline.
L'insuline est sécrétée par des cellules du pancréas endocrine, à savoir les cellules ß (bêta) des îlots de Langerhans. Elle régule le taux de glucose dans le sang.

D'où vient le glucose sanguin ?

Il existe deux sources de glucose sanguin : le glucose endogène et le glucose exogène. Le glucose endogène provient :

Des glucides de réserve, stockés sous forme de glycogène dans le foie et les muscles ;
Des triglycérides stockés dans le tissu adipeux sous forme de graisse.
Le glucose exogène. Il correspond à tous les glucides absorbés lors de l'alimentation. La massivité et la soudaineté de ces apports provoqueraient une élévation brutale de la glycémie si l'organisme n'était pas capable de stocker rapidement, sous forme de réserve, ces glucides alimentaires dans le foie, puis dans la graisse et les muscles. Ce stockage se fait dans l'heure qui suit le repas.
Le foie est la plaque tournante du métabolisme glucidique et le carrefour des flux de glucose endogène et exogène. Quant à l'insuline, elle régule ces flux de glucose.

Le pancréas sécrète l'insuline de façon très particulière :

Une sécrétion basique, faible et continue, sert à moduler la production de glucose par le foie pendant toute la période de jeun et en dehors des repas ;
Une sécrétion stimulée après les repas permet le stockage rapide et massif du glucose exogène.
Régulation de la sécrétion pancréatique
La sécrétion pancréatique d'insuline obéit à plusieurs règles et est constamment contrôlée. Toute augmentation de la glycémie entraîne une augmentation de la production d'insuline et donc une diminution de la libération du glucose hépatique. A l'inverse, toute diminution de la glycémie entraîne une diminution de la production d'insuline et donc une augmentation de la libération du glucose hépatique.

Par ailleurs, des facteurs centraux et digestifs interviennent également dans le contrôle de la sécrétion d'insuline. Par l'intermédiaire du système nerveux central et des hormones digestives, l'alimentation provoque une production anticipatoire d'insuline. Cette dernière empêche la survenue d'une trop forte hyperglycémie postprandiale. On parle alors de l'effet "anti-hyperglycémiant" de l'insuline puisque l'augmentation de la sécrétion ne sert pas à corriger l'hyperglycémie induite par le repas mais à prévenir l'ascension glycémique qui pourrait découler de cette prise alimentaire.

Mode d'action de l'insuline

L'insuline exerce son effet au niveau des cellules-cibles hépatiques, musculaires et adipeuses au cours de deux phases successives.

Tout d'abord, l'insuline se lie à des récepteurs membranaires spécifiques, les glycoprotéines, présents à la surface de la membrane cellulaire. Ceux-ci " reconnaissent " l'insuline , la fixent et créent un complexe insulino-récepteur. Se produisent alors des réactions biochimiques successives. Elles permettent l'action intra-cellulaire de l'insuline à partir de cette fixation membranaire.

L'intégrité fonctionnelle de ces étapes membranaire et intra-cellulaire est indispensable au maintien d'une glycémie stable. L'effet périphérique de l'insuline dépend du nombre et de l'affinité des récepteurs de l'insuline qui sont influencés par de nombreux facteurs, en particulier le poids. Toute obésité entraîne une diminution du nombre des récepteurs et de l'action périphérique de l'insuline. Ce phénomène est appelé " état d'insulinorésistance ".


Les origines du diabète

Il existe deux types de diabète :

Les diabètes secondaires ;
Le diabète dit "essentiel" qui se divise en :
- Diabète insulinodépendant (DID) ou de type 1 ;
- Diabète non insulinodépendant (DNID) ou de type 2
Les diabètes secondaires
Les causes sont multiples :

Les causes pancréatiques : pancréatectomie, pancréatite chronique, cancer du pancréas, hémochromatose...
Les causes endocriniennes : hypersécrétion d'une hormone hyperglycémiante (acromégalie, syndrome de Cushing, phéochromocytomes...) ou inhibition de l'insulinosécrétion (syndrome de Conn avec hypokaliémie) ;
Les causes iatrogènes : corticoïdes, oestrogènes, diurétiques hypokaliémiants...
Les syndromes génétiques : trisomie 21, Turner, Klinefelter...
Les diabètes nutritionnels de 3ème type observés dans certains pays du tiers-monde.
Le diabète essentiel : voir le chapitre correspondant

[?] Examens et analyses complémentaires

La glycémie est généralement dosée à partir de sang veineux prélevé chez un sujet à jeun depuis au moins 8 heures. La glycémie postprandiale est pour sa part dosée 2 heures après un repas normal.

L'hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) mesure la glycémie toutes les 30 minutes, pendant 3 à 5 heures, après absorption de 75 g de glucose. Il est nécessaire d'avoir un régime normalement glucidique dans les deux ou trois jours avant l'examen. Cette épreuve biologique n'est guère utilisée, hormis pour la grossesse.

L'hémoglobine glyquée, ou glycosylée, HbA1C, est une partie de l'hémoglobine normale qui fixe de façon presque irréversible le glucose sanguin en fonction de pics d'hyperglycémie. Elle reflète donc l'équilibre glycémique des deux à trois mois précédents. Le taux moyen est de 5,4%. Il doit rester inférieur à 7% chez un diabétique traité.

Le dosage radio-immunologique de l'insuline plasmatique ou du peptide C circulant est possible. Le peptide C est le constituant initial de la pro-insuline et est sécrété en même temps, et dans la même quantité, que l'insuline. Il permet une appréciation de la sécrétion d'insuline chez un diabétique traité par insuline injectable.

Le médecin parle de diabète lorsque la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 1,26 g/l (7 mmol/l) ou lorsque la glycémie est supérieure à 2g/l (11 mmol/l) quel que soit le moment de la journée


Complications du diabète

a) Métaboliques

Le coma acido-cétosique avec hyperglycémie apparaît en cas de déficit sévère en insuline. Il complique le diabète de type 1nsulinodépendant le plus souvent. L'acidocétose peut révéler le diabète ou survenir à l'occasion d'une erreur thérapeutique ou d'une complication intercurrente. La polyurie et la polydipsie sont majorées; des nausées, des vomissements et des douleurs abdominales peuvent égarer le diagnostic. La déshydratation est constante. Il y a évolution vers des troubles de la conscience et vers le coma. Le diagnostic de certitude se fait d'après les urines (glycosurie, acétonurie), celui de gravité s'établit grâce au dosage de la glycémie. Le traitement fait appel à la réhydratation, l'alcalinisation et l'insulinothérapie intraveineuse continue. Le plus souvent, le pronostic est bon.

Le coma hyperosmolaire concerne surtout le sujet âgé, le plus souvent diabétique de type non insulinodépendant. A l'occasion d'un déficit hydrique, des troubles de la conscience s'installent alors qu'apparaît une importante déshydratation. Le diagnostic repose sur l'hyperosmolarité sanguine avec hyperglycémie supérieure à 6 g/l et natrémie (taux de sodium) supérieure à 150 mmol/l sans cétose. Le traitement repose sur la réhydratation et l'insulinothérapie. La mortalité est malheureusement élevée, de l'ordre de 50%.

L'acidose lactique est souvent consécutive à une erreur thérapeutique: par exemple lors d'une prescription de biguanides à un diabétique présentant une contre-indication (insuffisance rénale, insuffisance hépatique, insuffisance cardio-respiratoire...). Les troubles de la conscience et l'anurie dominent le tableau. Le diagnostic repose sur l'acidose métabolique avec trou anionique, l'absence de cétose et l'hyperglycémie modérée. Le traitement se fonde sur l'alcalinisation et la réhydratation en milieu spécialisé. Cependant, la mortalité reste de 60%.

L'hypoglycémie est une complication fréquente. Ses symptômes doivent être connus :

Pâleur, transpiration, tachycardie ;
Fatigabilité, troubles de l'humeur, diplopie (le sujet " voit double ") ;
Convulsion, agitation psychomotrice, signes évoquant une ivresse alcoolique aiguë ;
Coma.
Les causes d'hypoglycémies sont multiples. Dans le DID, il s'agit d'une inadéquation entre le régime alimentaire, l'activité physique et la dose d'insuline. Dans le DNID, il peut s'agir d'interactions médicamenteuses avec un sulfamide hypoglycémiant (sulfamide anti-bactérien, antivitamine K, aspirine, certains AINS) ou de tares viscérales surajoutées (insuffisance rénale).
Le traitement de l'hypoglycémie repose sur l'administration de sucre sous plusieurs formes :

Boissons sucrées, morceaux de sucre si le patient est conscient ;
Perfusion intraveineuse de glucosé à 30% si le patient est inconscient ;
Injection IM de glucagon, sauf en cas de traitement par sulfamide.
b) Les complications dégénératives : microangiopathies et macroangiopathies

L'atteinte des gros vaisseaux (la macroangiopathie) :

Le diabète fait partie des facteurs de risque vasculaire et multiplie par deux ou trois le risque d'accidents cardiovasculaires. Ceux-ci causent de 75% des décès chez le diabétique : angine de poitrine, infarctus du myocarde, artériopathie des membres inférieurs, accidents vasculaires cérébraux. Les autres facteurs de risque doivent être pris en compte dans le traitement : obésité, hypertension artérielle, dyslipidémie (hypercholestérolémie), tabagisme...

L'atteinte des petits vaisseaux (la microangiopathie) : L'atteinte des vaisseaux de petit calibre et des capillaires est relativement spécifique au diabète. La sévérité et la durée de l'hyperglycémie jouent un rôle de même que l'hypertension artérielle et le tabagisme.

La rétinopathie diabétique est l'une des principales complications du diabète. Le diabète est en effet la première cause de cécité dans le monde occidental. La moitié des diabétiques présentent une maladie de la rétine après 15 ans d'évolution. En terme de gravité, les médecins distinguent plusieurs stades depuis la rétinopathie plane "non proliférante" jusqu'à la rétinopathie proliférante qui ne survient heureusement que chez 10% des diabétiques. La rétinopathie non proliférante se manifeste par une baisse de l'acuité visuelle. La rétinopathie proliférante est caractérisée par la prolifération de néovaisseaux fragiles qui provoquent des troubles sévères : hémorragie rétinienne, décollement de rétine, glaucome vasculaire.

Le traitement comprend deux volets :

L'équilibration optimale du diabète retarde la survenue et l'aggravation de la rétinopathie au stade non prolifératif et peut améliorer l'oedème maculaire; c'est dire l'importance de la surveillance et de l'équilibration du diabète ;
Le traitement ophtalmologique par photocoagulation au laser vise à supprimer les zones ischémiées.
Une consultation ophtalmologique est nécessaire tous les ans pour le patient diabétique. L'angiofluorographie (angiographie à la fluorescéine) fait partie de la surveillance régulière car cet examen précise les lésions, les troubles de la perfusion, leur évolution et les indications thérapeutiques. Il s'agit d'injecter dans une veine du bras de la fluorescéine et de regarder au fond d'oeil à travers des filtres spéciaux ce qui se passe. En cas de lésion des vaisseaux, le colorant exsude à travers les parois et des images très précises sont ainsi obtenues.
La néphropathie diabétique est la complication rénale du diabète. Elle est définie par une protéinurie, une tendance à l'hypertension artérielle et une détérioration progressive de la fonction rénale. L'insuffisance rénale chronique atteint à long terme la moitié des diabétiques (DID).

La néphropathie diabétique débutante est le stade primordial vers lequel toute l'attention se tourne actuellement. Elle est définie par une microalbuminurie (0,03 à 0,3 g/jour d'albumine urinaire). Cette microalbuminurie est un indice prédictif d'évolution vers la néphropathie diabétique patente chez les DID et de complications cardiovasculaires chez les DNID. La microalbuminurie permet de définir une population à risque sur laquelle tous les effets thérapeutiques doivent se porter. Le traitement insulinique optimisé a des effets bénéfiques probables. Le traitement antihypertenseur précoce diminue l'excrétion urinaire d'albumine et retarde l'évolution vers l'insuffisance rénale.

c) La neuropathie diabétique

Elle a des expressions très diverses :

La neuropathie périphérique touche les membres inférieurs ; elle est à prédominance sensitive : le patient présente des troubles de la sensibilité à la chaleur et à la douleur ; il perçoit mal les vibrations du diapason. Les réflexes ostéo-tendineux (ROT) sont diminués ou abolis. Ces troubles sensitifs prédisposent à l'ostéoarthropathie et au mal perforant plantaire ;
La mononeuropathie s'exprime par l'atteinte d'un seul nerf : diplopie par atteinte d'un nerf moteur oculaire, paralysie faciale périphérique...
L'atteinte du système nerveux végétatif se traduit par des troubles digestifs (gastroparésie, diarrhée), urinaires (troubles de la vidange vésicale, impuissance, éjaculation rétrograde), vasculaires (hypotension orthostatique) et par la disparition des symptômes d'origine adrénergique des hypoglycémies (pâleur, sueurs, tachycardie...).
Sa prévention passe par un bon équilibre de la glycémie.
Le traitement fait appel :

Aux antidépresseurs et à la carbamazépine pour les douleurs ;
A la kinésithérapie en cas d'atteinte motrice ;
Aux antidiarrhéiques et prokinétiques dans les troubles digestifs...
d) les infections
Le diabète mal équilibré favorise les infections bactériennes et mycosiques qui elles-mêmes déséquilibrent le diabète. Sont particulièrement fréquentes : les infections urinaires et les infections cutanées à staphylocoques ou à champignons (mycoses).

e) le pied du diabétique

Il est caractérisé par la surinfection de plaies négligées, des troubles circulatoires et des maux perforants.

Les causes sont intriquées : ischémie, neuropathie périphérique (perte de sensibilité), neuropathie végétative (troubles circulatoires locaux favorisant l'ostéoarthropathie). L'infection est un facteur aggravant des lésions ischémiques et neuropathiques. La prévention est primordiale : hygiène des pieds, chaussures non traumatisantes, soins de pédicure remboursés par la Sécurité Sociale pour les diabétiques (ablation de callosités et coupe non traumatique des ongles)


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Diarrhées aiguës de l'adulte
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La diarrhée se définit par l'émission de selles trop rapides et trop liquides.

C'est un symptôme fréquent.

Il existe quatre types de diarrhées :

La diarrhée osmotique est provoquée par la présence dans l'intestin de substances entraînant un appel d'eau dans le grêle ou le colon.

Il s'agit d'ions présents dans certains laxatifs osmotiques ou antiacides, d'hydrates de carbones non absorbables (lactulose, Duphalac) ou malabsorbés (déficits enzymatiques). La malabsorption de ces sucres au niveau du grêle va provoquer dès leur arrivée dans le colon une fermentation bactérienne considérable, aboutissant à la production d'acides gras volatils et d'acide lactique, ayant eux-mêmes un pouvoir osmotique puissant. Ceci explique que le pH des selles soit bas (pH à 5 ou 6)

La diarrhée sécrétoire est provoquée par des pertes excessives d'eau et d'électrolytes secondaires à la stimulation de la sécrétion et/ou à l'inhibition de l'absorption au niveau du grêle ou du colon.

Les diarrhées par troubles de la motricité intestinale regroupent deux mécanismes distincts.

En cas de ralentissement du transit, se développe une pullulation bactérienne chronique responsable de plusieurs effets nocifs ;
En cas d'accélération du transit, on constate une diarrhée motrice due le plus souvent à une colopathie fonctionnelle ou des causes endocriniennes et nerveuses.
Ces diarrhées motrices se caractérisent par des selles de volume modéré mais un nombre élevé d'exonérations avec besoin impérieux, surtout après les repas. Le jeûne et les freinateurs du transit suppriment la diarrhée.

Les diarrhées par altération de la muqueuse sont provoquées par des lésions qui peuvent aller de la destruction isolée de la bordure en brosse de la cellule intestinale (par une atteinte virale), à l'abrasion de la paroi intestinale avec inflammation, ulcérations (entérite nécrosante et colites), en passant par l'atrophie villositaire complète (maladie coeliaque).

Au cours des diarrhées avec colites (recto-colite hémorragique, Crohn, colites ischémique, parasitaire ou bactérienne), les selles sont nombreuses mais peu abondantes avec glaires, sang et pus.

Au cours des diarrhées avec atrophie villositaire, le syndrome de malabsorption est net avec selles graisseuses (stéatorrhée).



[?] Causes et facteurs de risque

Ce sont en général des diarrhées hydro-électrolytiques, le plus souvent d'origine sécrétoire, parfois motrice.

Le grand risque est la déshydratation d'autant plus grave qu'elle touche les enfants, les vieillards et les sujets malades.

Les diarrhées aiguës bactériennes sont classées en deux groupes :

Les diarrhées par bactéries invasives ;
Les diarrhées par bactéries produisant des toxines.
Les diarrhées par bactéries invasives

Ces bactéries pénètrent et se multiplient dans les entérocytes (les cellules intestinales), provoquant ainsi des lésions localisées au colon qui perd ses capacités d'absorption et est le siège d'une hypersécrétion. C'est une dysenterie. Le syndrome dysentérique comprend des douleurs abdominales violentes, des émissions fréquentes sans matières fécales mais avec des glaires et du sang.

Les bactéries en cause sont de plusieurs types :

Shigelloses

La dysenterie bacillaire , due au bacille de Shiga, se traduit par des douleurs abdominales intenses (coliques), une fièvre très élevée, des vomissements et un syndrome dysentérique (évacuations rectales très fréquentes, afécales, muco-sanglantes). Cette forme typique ne se voit presque plus en Europe où il s'agit surtout de diarrhées fébriles dysentériformes, ou de diarrhées d'allure plus banale, entrant dans le cadre habituel des "diarrhées estivales".

Toutes les variétés de Shigella peuvent se voir et sont reconnues à la coproculture.

L'homme est le réservoir de germes. La transmission se fait soit par l'intermédiaire de l'eau souillée (fruits, légumes, crudités...) soit directement par l'homme (mains sales).

Le traitement des formes sévères repose sur les antibiotiques (Bactrim, ampicilline) ou autres en fonction de l'antibiogramme.

Campylobacter

Ce germe se rencontre de plus en plus souvent :

Trois tableaux cliniques sont fréquents :

Diarrhée fébrile avec douleurs abdominales pendant 15 jours précédée d'une phase prodromale de 3 à 5 jours ;
Abdomen aigu simulant une appendicite ou une péritonite ;
Chez le nourrisson, tableau pouvant faire évoquer une invagination intestinale aiguë
L'examen endoscopique (sigmoïdoscopie) peut mettre en évidence chez l'adulte des lésions évoquant une colite ulcéreuse. La guérison est spontanée mais elle est plus rapide avec les antibiotiques (macrolides).

Salmonelloses

La contamination se fait par les aliments souillés. Les réservoirs de germes sont les malades, les porteurs sains et certains animaux domestiques.

Il y a plus de mille sortes différentes de salmonelles.

Les troubles qu'elles provoquent s'inscrivent dans deux cadres :

Les fièvres typhoïde et paratyphoïde (salmonella typhi et paratyphi A, B, C ) traitées à doses progressives par thiophénicol, ampicilline ou Bactrim
Les diarrhées ou gastro-entérites se voient après ingestion de charcuteries, viandes, glaces, pâtisseries contaminées. Le tableau clinique comporte une fièvre à 40°, une diarrhée fétide, des douleurs abdominales et des vomissements. L'évolution est en général favorable. La coproculture permet le diagnostic et l'antibiogramme.
Le traitement des diarrhées intenses fébriles repose sur les antibiotiques (fluoroquinolones, cotrimoxazole...).

Les formes modérées ou discrètes ne nécessitent pas d'antibiotiques.

Yersinia pseudotuberculosis et Yersinia enterocolitica

Les troubles cliniques sont dominés par des douleurs de la fosse iliaque droite avec fièvre ou diarrhée. Des états septicémiques, une fièvre scarlatiniforme, un érythème noueux, des arthralgies ou des arthrites peuvent se voir.

Des formes atypiques sont de diagnostic difficile : formes évoquant l'appendicite, la maladie de Crohn...

Le diagnostic repose sur la coproculture et la sérologie.

Le traitement repose sur les antibiotiques : tétracyclines ou chloramphénicol.

Les diarrhées par bactéries produisant des entérotoxines

Ces bactéries se multiplient à la surface de la muqueuse intestinale et produisent une toxine responsable d'une hypersécrétion hydroélectrolytique.

Le choléra (vibrio cholerae) staphylocoques

L'incubation est très courte (1 à 4 heures). Ces toxi-infections sont provoquées par l'ingestion d'aliments contenant le germe à la suite d'une manipulation malencontreuse par un sujet porteur d'une staphylococcie cutanée (panaris) ou rhino-pharyngée. La diarrhée est abondante, douloureuse avec vomissements mais sans fièvre. Des signes de choc peuvent se voir.

Escherichia coli entéropathogènes

Ces bactéries prennent actuellement une place importante dans les causes des diarrhées aiguës de l'adulte en particulier dans les diarrhées des voyageurs ("turista"). Elles appartiennent à des groupes variés, les caractères invasifs et entérotoxigènes pouvant être portés par une même souche.

Perfringens

Il peut provoquer une diarrhée 10 à 12 heures après l'ingestion. La contamination se fait par l'intermédiaire de viandes préparées, refroidies et consommées ultérieurement. L'évolution est en général bénigne et ne nécessite pas de traitement.

Des nécroses massives du grêle sont toutefois possibles (maladie de Hambourg : diarrhée liquide parfois sanglante, vomissements, douleurs, collapsus, iléus paralytique). Le traitement associe des antibiotiques (pénicilline) et des sulfamides

Les diarrhées aiguës d'origine virale

Les gastro-entérites virales se traduisent par une diarrhée, de la fièvre, des vomissements, des douleurs abdominales, des maux de tête, des douleurs musculaires et parfois un catarrhe ORL.

Plusieurs groupes de virus pathogènes peuvent être distingués.
Il s'agit surtout des Parvovirus et des réovirus. Parmi les Parvovirus, le plus connu est le virus américain Norwalk.
Les Rotavirus (Réo-like virus) sont responsables de 50% des diarrhées aiguës chez le nourrisson
D'autres virus peuvent être en cause : Entérovirus, Astrovirus, Corona-like virus. Les entérovirus humains sont classés en trois catégories principales :
Les virus poliomyélitiques (3 types) ;

Les coxsackies A (25 types) et B (6 types) ;

Les Echo-virus (30 types).
L'évolution rapidement régressive de ces diarrhées ne justifie pas en général d'explorations complexes et coûteuses.

La diarrhée du voyageur (turista )

La turista n'est pas due aux changements de régime et de climat, aux épices ou à la fatigue du voyage. Elle est toujours d'origine infectieuse habituellement alimentaire, bactérienne le plus souvent, parfois parasitaire, rarement virale (Escherichia coli, Rotavirus, salmonelles, shigelles, Cryptosporidium, lamblias, amibes...).

Le diagnostic exact de ces diarrhées aiguës réclamerait des moyens de laboratoire; les signes cliniques sont en effet univoques quels que soient l'agent causal ou la gravité. Les moyens diagnostiques traditionnels (examen direct, coproculture) sont lents et coûteux et les moyens modernes (détection de toxine, diagnostics sérologiques) ne sont pas d'usage courant.

Ces infections surviennent plus volontiers dans la première semaine du voyage; la plupart des personnes touchées ont été imprudentes et n'ont pas suivi la règle "boil it, cook it, peel it or forget it" ("il faut le faire bouillir, le cuire, l'éplucher, ou l'oublier").

Aucun voyage ne mettant à l'abri, la diarrhée est une affection commune du touriste.

Son apparition est brutale.

Généralement, elle se caractérise par l'émission de 3 à 8 selles liquides par jour, avec anorexie, nausées, douleurs abdominales et habituellement pas ou peu de fièvre. L'évolution se fait vers la guérison en 4 à 7 jours. La récidive est possible en cours de voyage.

Le traitement habituel comporte :

La réhydratation par voie orale (eau, sucre et sel);

Un antiseptique intestinal ;
Un antidiarrhéique : Arestal, Smecta...;
Un antispasmodique en cas de douleurs abdominales.
Dans les formes sévères (fièvre, sang dans les selles, diarrhée très abondante), les antibiotiques sont nécessaires : Bactrim forte, norfloxacine (Noroxine), ofloxacine (Oflocet), ciprofloxacine (Ciflox), perfloxacine (Péflacine)...

Parmi les mesures préventives il faut souligner la nécessité de boire de l'eau bouillie, d'éviter les glaces, les glaçons, les salades, les fruits non pelés...Ce n'est pas toujours facile.

La prise préventive d'antibiotique est déconseillée.

Les autres causes de diarrhées aiguës :

Les médicaments
Certains produits peuvent provoquer soit une diarrhée aiguë (débâcle diarrhéique ou fausse diarrhée secondaire à une prise unique de médicaments) soit une diarrhée chronique entretenue par la prise quotidienne de la thérapeutique responsable.
Parmi ces médicaments :

Tonicardiaques : digitale, quinidine ;
Hypotenseurs : hydralazine, réserpine ;
Laxatifs : huile de ricin, bisacodyl, phénolphtaléine, oxyphénitasine, dioctyl de sodium, sulfosuccinate ;
Anti-uricémiants (colchicine) ;
Anti-mitotiques ;
Anti-inflammatoires (phénylbutazone) ;
Antibiotiques (la réduction de la flore intestinale normale après administration d'antibiotiques peut provoquer une prolifération de staphylocoques dorés, habituellement bien tolérés car neutralisés par la flore intestinale normale) ;
L'indigestion peut provoquer une diarrhée aiguë qui s'accompagne de nausées, vomissements, douleurs abdominales et correspond souvent à la classique indigestion secondaire à un excès alimentaire manifeste avec souvent abus d'alcool. Elle s'explique par une surcharge osmotique du grêle et parfois une accélération de la vitesse du transit intestinal induite par l'alcool ;
L'intoxication par les moules est provoquée par des protozoaires, saprophytes des coquillages, contenant un alcaloïde proche de la muscarine ;
Une diarrhée purement motrice, brutale et difficile à contenir, peut accompagner certains états de stress. Des perturbations de la motricité colique et intestinale expliquent cette accélération du transit digestif

[?] Traitement

Le médecin doit d'abord cherche les signes de déshydratation :

Précoce (extra-cellulaire) : peau sèche, pli cutané, yeux cernés hypotoniques, tension artérielle basse et pincée, hématocrite élevé, protides sanguins totaux élevés...
Tardive (intra-cellulaire) : perte de poids, soif, sécheresse des muqueuses, dyspnée, fièvre, troubles de la conscience, hypernatrémie...
Le traitement repose sur :

Le traitement spécifique si la cause est retrouvée ;
La mise au repos ;
La chaleur ;
La diète hydrique 24 à 48 heures comprenant des boissons abondantes, par exemple : préparation sucrée et salée, ou bien du Coca Cola sans caféine.
Les médicaments anti-diarrhéiques
Les anti-infectieux à action locale :
Adsorbants et topiques ;

Antibiotiques dans certains cas.
La reprise de l'alimentation doit être progressive avec du riz et de la gelée de fruits.


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Diarrhées aiguës de l'enfant
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

On appelle diarrhée aiguë l'émission de selles trop liquides et trop fréquentes d'apparition récente en opposition à la diarrhée chronique qui traîne depuis quelques semaines voire des mois.

La diarrhée aiguë de l'enfant représente une des causes majeures de la mortalité infantile dans le monde, plus particulièrement on le sait, dans les pays où sévit la malnutrition. En France, en dehors de situations à risques (classes sociales défavorisées, populations immigrées etc.), l'évolution en est bénigne, mais dans les formes plus sévères la diarrhée aiguë infantile expose encore à des dangers qui restent graves sinon vitaux (déshydratation, dénutrition, conséquences neurologiques...) et à des hospitalisations plus ou moins coûteuses et prolongées.

Une erreur fréquente chez les jeunes mères est de qualifier de "diarrhée" les selles molles de leur nourrisson allaité au sein. Le plus souvent, le nourrisson au sein a des selles liquides. Des selles liquides chez un nourrisson allaité par sa mère, ce n'est pas la diarrhée, ce sont...des selles liquides...! Ce symptôme appelé parfois : diarrhée postprandiale du nourrisson au lait de mère n'est pas une maladie. L'enfant boit bien et grossit régulièrement. Les selles sont fréquentes, jaunes et liquides, un peu grumeleuses et acides, débordant de la couche, un point c'est tout.

Si la mère ou le bébé en sont gênés, on peut obtenir des selles moins liquides (et par conséquent moins irritantes pour la peau du siège) en donnant une cuillère à café de lait condensé sucré au milieu de la tétée ou une cuillère d'eau bicarbonatée (eau de chaux du Codex).

La déshydratation

C'est l'importance de la perte de poids qui permet de se rendre compte de la déshydratation et de la quantifier, notamment chez les "gros" bébés joufflus chez qui les signes cliniques sont parfois retardés. Une perte de 10% du poids de départ (dernier poids relevé) est un signe de gravité. 5% est un signe d'alerte. 15% est un élément d'extrême gravité, la mort survenant généralement autour de 18-20%.

Un exemple pratique va permettre de comprendre ce calcul :

Un nourrisson de 10 kg qui après une journée de diarrhée ne pèse plus que 9 kg a donc perdu 1 kg soit 10% de son poids. L'hospitalisation d'urgence s'impose. S'il pesait 9500 g, il n'aurait perdu que 500 g soit 5% de son poids et un traitement bien conduit à domicile aurait suffi.

Les signes cliniques de la déshydratation doivent être reconnus : agitation puis torpeur, sécheresse de la bouche, disparition des larmes, diminution de la diurèse (l'enfant n'urine plus), perte du tonus des globes oculaires, respiration rapide et profonde (signe d'acidose métabolique) et surtout l'apparition d'un pli cutané.

Ce dernier signe est d'une très grande valeur même s'il peut manquer chez les bébés "gras". La manoeuvre consiste à pincer entre deux doigts la peau de l'abdomen et de la lâcher brusquement. Chez un enfant normalement hydraté, la peau, grâce à son élasticité, reprend immédiatement sa configuration initiale et la trace du pli imposé disparaît instantanément. Lorsque l'enfant se déshydrate, la peau garde plus ou moins longtemps le pli infligé lorsqu'on relâche la pression.

La déshydratation est l'une des causes principales de mort chez le nourrisson. Le risque est d'autant plus grand que se surajoutent d'autres causes de perte en eau et électrolytes :

- Des vomissements ;
- Une transpiration excessive (sueurs) ;
- Une température extérieure élevée (été, pays chauds, enfant surcouvert ou fébrile, enfant enfermé dans un endroit clos exposé au soleil comme une voiture fermée etc.)


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Les diarrhées chroniques de l'adulte

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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La diarrhée se définit par l'émission de selles trop rapides et trop liquides.

Une diarrhée est chronique quand elle évolue depuis plus de deux ou trois semaines.

Si les colopathies fonctionnelles (bénignes) sont les plus fréquentes, les causes organiques sont également très nombreuses (tumorales, atteintes inflammatoires de l'intestin...).


[?] Les signes de la maladie

Devant une diarrhée chronique, le médecin recherche dans un premier temps des signes cliniques en faveur d'une maladie organique. Par exemple : une altération de l'état général avec amaigrissement, une fièvre, des ganglions, un oedème des membres inférieurs traduisant une baisse des protides dans le sang, une anémie ...

Des selles graisseuses dont le poids quotidien dépasse 400 g constituent une stéatorrhée qui fait évoquer une maladie coeliaque ou un cancer du corps du pancréas.

Une diarrhée hydrique très abondante dont le volume dépasse 5 ou 6 litres par jour plaide en faveur d'une diarrhée par hypersécrétion d'origine hormonale ou tumorale.

Une diarrhée avec des selles survenant peu de temps après les repas et dans lesquelles le patient reconnaît les aliments qu'il vient de manger (tomate etc) évoque une diarrhée motrice.

La présence de sang dans les selles oriente vers une atteinte inflammatoire de la paroi intestinale ou vers une tumeur.

On recherche aussi la prise de médicaments agressifs pour la muqueuse intestinale (colchicine, antimitotiques, clofibrate, méthyldopa, anti-inflammatoires non stéroïdiens etc.)


[?] Examens et analyses complémentaires

Certains sont indispensables :

Biologie : numération formule sanguine, vitesse de sédimentation, électrophorèse des protides, calcium et fer sérique ;
Coproculture, examen parasitologique des selles ;
Echographie, coloscopie, radiographies de l'intestin grêle et du colon, tomodensitométrie ;
Une suspicion de syndrome de malabsorption impose :
Le dosage des graisses dans les selles de 24 heures ;
Le test au xylose ;
Le test de Schilling....
En fonction de la cause suspectée, d'autres examens seront pratiqués.

[?] Causes et facteurs de risque

diarrhées avec atteinte de la paroi intestinale (tumeurs et colites)

Les tumeurs digestives non sécrétantes doivent être évoquées :

Cancer du colon ;
Lymphome intestinal ;
Polypose recto-colique.
Les colites inflammatoires représentent probablement les causes organiques les plus fréquentes de diarrhée chronique chez l'adulte.

En cas de diarrhée avec émission de matières muco-sanglantes (selles dans lesquelles on trouve du sang et du pus), la rectoscopie permet de constater l'atteinte du rectum dans la rectocolite hémorragique (RCH). La coloscopie permet de pratiquer ensuite le bilan d'extension.

La maladie de Crohn (granulomatose intestinale) peut avoir des atteintes coliques pures, intestinales pures ou iléo-coliques. Habituellement, le transit radiologique de l'intestin grêle et la coloscopie permettent d'évaluer l'importance de l'atteinte.

La tuberculose intestinale et les yersinioses sont rares en France.

Les localisations entérocoliques du Sida sont à rechercher devant une diarrhée chronique.

Les syndromes de malabsorption

La maladie coeliaque : voir ce terme dans l'encyclopédie.
D'autres syndromes de malabsorption peuvent être provoqués par un déficit enzymatique primitif ou secondaire (déficit en lactase), ou une atrophie villositaire partielle, ou encore une infiltration de la muqueuse intestinale (par les macrophages PAS+ ) : maladie de Whipple , ou un lymphome méditerranéen.
La malabsorption des acides biliaires peut être secondaire à une atteinte iléale (maladie de Crohn) ou à une résection iléale ou iléo-colique (hémicolectomie droite). L'arrivée trop importante des acides biliaires dans le colon provoque en effet une diarrhée hydro-électrolytique que peut faire disparaître l'ingestion de cholestyramine (Questran ) qui trappe les acides biliaires et neutralise leurs effets agressifs sur la muqueuse colique.
Les syndromes de maldigestion

La diarrhée après gastrectomie.

Les diarrhées de cause pancréatique : une obstruction complète du canal de Wirsung (cancer du pancréas) ou une destruction pratiquement totale du pancréas (pancréatite chronique) entraînent un déficit enzymatique responsable d'une malabsorption avec stéatorrhée.

Les diarrhées de cause biliaire : une insuffisance de concentration des sels biliaires dans l'intestin provoque une maldigestion et une malabsorption des graisses et des vitamines liposolubles. Le traitement repose sur les enzymes gastro-résistantes (Créon , Eurobiol, Alipase)

Les diarrhées par pullulation microbienne (dysmicrobisme) :

Cette pullulation peut apparaître dans plusieurs circonstances : syndrome de l'anse borgne, diverticules du grêle, sclérodermie, amylose, montages chirurgicaux défectueux...L'antibiothérapie orale représente le traitement symptomatique lorsqu'il n'est pas possible de traiter directement les lésions causales.

Les diarrhées motrices :

Le caractère purement moteur d'une diarrhée peut être décelé sur l'allure clinique : ce sont des selles liquides fécales émises souvent après les repas, contenant des fragments d'aliments non digérés, accompagnées parfois de coliques abdominales, mais sans retentissement majeur sur l'état général, tout au moins pendant un certain temps.

La preuve de l'accélération du transit est apportée grossièrement par le délai très rapide d'apparition du rouge carmin dans les selles (normalement 18 à 24 heures, ici souvent inférieur à 8 heures), plus précisément par l'examen radiologique avec marqueurs radio-opaques ou par un "breath test" au lactulose qui mesure le temps de transit entre la bouche et le caecum.

L'utilisation des frénateurs du transit (codéine, élixir parégorique, lopéramide) constitue un excellent test diagnostique.

Parmi les différentes causes, la colopathie fonctionnelle est la plus fréquente. La diarrhée peut en être le symptôme unique permanent ou transitoire mais récidivant. Le diagnostic repose sur la notion d'ancienneté des troubles intestinaux, l'association fréquente avec des douleurs abdominales souvent soulagées par l'émission de selles, l'absence d'altération de l'état général et la normalité de la coloscopie.

Le médecin doit néanmoins évoquer et éliminer les causes plus graves humorales, tumorales et nerveuses :

Hyperthyroïdie ;
Cancer de la thyroïde (carcinome médullaire) ;
Adénome thyroïdien à cellule C ;
Syndrome de Zollinger-Ellison ;
Syndrome de Verner-Morrison ;
Tumeur carcinoïde du grêle ;
Affections médullo-encéphaliques : tabès, sclérose latérale amyotrophique, tumeurs cérébrales, syringomyélie...
Neuropathies diabétiques ;
Hypotension orthostatique primitive (syndrome de Shy-Drager) ;
Neuropathie amyloïde (amylose)...
Les maladies parasitaires

Une amibiase intestinale aiguë peut être diagnostiquée par la présence d'amibes dysentériques dans les glaires du "crachat rectal" mais elle ne peut être considérée comme responsable d'une véritable diarrhée chronique.

La lambliase ou giardiase (giardia intestinalis ) peut donner une atteinte asymptomatique ou des troubles cliniques révélateurs (diarrhée épisodique ou diarrhée chronique avec malabsorption et amaigrissement). La mise en évidence du parasite dans les selles n'est pas toujours facile. Des biopsies du grêle au cours d'une fibroscopie digestive haute peuvent être nécessaires.

Parmi les parasites qui peuvent être responsables de syndrome diarrhéique, l'oxyurose très fréquente provoque des démangeaisons de l'anus avec douleurs abdominales et diarrhée.

L'anguillulose maligne n'est pratiquement observée que dans les états d'immunodépression, des cas de diarrhées sévères ont été signalés également chez des immunodéprimés et notamment au cours du Sida, en rapport avec une coccidiose ou une cryptosporidiose. Le trichocéphale, l'ascaris, l'ankylostome peuvent aussi donner une diarrhée.

Les mycoses digestives

Elles sont rarement en cause dans les diarrhées de l'adulte sauf en cas de terrain immunodéprimé (Sida, etc...).


[?] Traitement

Il est évidemment fonction de la cause :

Régime sans gluten en cas de maladie coeliaque ;
Traitement de la colite inflammatoire ;
Exérèse des tumeurs ;
Etc...
Un traitement symptomatique de la diarrhée est souvent utile.

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Diarrhées chroniques de l'enfant

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[?] Qu'est-ce que c'est ?

On appelle "diarrhées chroniques" ou "diarrhées durables", celles qui ne régressent qu'incomplètement après les mesures diététiques simples habituelles , les médicaments classiques ou qui récidivent à la reprise du régime antérieur

[?] Causes et facteurs de risque

Les erreurs de régime sont les premières à évoquer : une surcharge en farines responsable d'une "dyspepsie des farineux", l'utilisation de farines non instantanées que la mère oublie de faire cuire sont des causes facilement curables...

Une fois ces erreurs éliminées, le médecin doit envisager d'autres causes :

La maladie coeliaque ou intolérance au gluten ;
La mucoviscidose ;
L'intolérance secondaire au lactose ;
Les diarrhées durables d'origine infectieuse ou parasitaire (amibiase, anguillulose, tenia, lambliase, la tuberculose iléo-cæcale, etc...) ;
L'intolérance aux protéines du lait de vache ;
Le syndrome du côlon irritable ;
Des causes plus rares : maladie de Hirschsprung, rectocolite hémorragique, maladie de Crohn ;
L'intolérance primitive aux sucres (saccharose) ;
Une mastoïdite, complication ORL grave d'otites purulentes mal soignées dont le traitement est chirurgical (mastoïdectomie) ;
Une abêtalipoprotéinémie ;
Le déficit en entérokinase intestinale ;
Les lymphangiectasies intestinales etc...

[?] Diagnostic

Le médecin confronté au problème d'une diarrhée chronique va suivre une démarche logique.

L'entretien avec la famille cherchera à préciser :

Le terrain digestif familial : intolérance alimentaire, maladies enzymatiques, polypose, parasitose, colopathie etc...
L'âge de l'enfant ;
Son régime à l'époque où a débuté la diarrhée ;
Les médicaments déjà employés et leurs effets ;
L'aspect et le nombre des selles par jour ;
La présence de vomissements associés ;
Des infections ORL à répétition ;
Une toux chronique ;
La notion de voyage dans un pays tropical ;
Et surtout le retentissement de la diarrhée sur la courbe de poids afin de mettre en évidence une "cassure" de celle-ci.

[?] L'examen clinique

Il recherche :

Une pâleur inhabituelle du teint de l'enfant ou même l'absence de "teint carotte" chez un enfant au régime anti-diarrhéique, signe de malabsorption du carotène liposoluble ;
Un ballonnement abdominal ;
Une éruption cutanée de type urticarienne ;
Des signes de déshydratation ou de dénutrition (peau des fesses et de la face interne des cuisses flasques et plissée).

[?] Examens et analyses complémentaires

La mesure du pH des selles avec une bandelette de papier réactif peut aider au diagnostic. Un pH très acide en période de diarrhée évoque une intense fermentation et une intolérance aux sucres. (Le pH des selles de l'enfant au sein est de 4,5 à 6 et celui de l'enfant au lait de vache entre 6,5 et 7).

En cas de pH très acide, on recherche de sucres réducteurs dans les selles à l'aide d'un autre papier réactif : le Clinitest®.

Un certain nombre d'examens complémentaires sont utiles :

Un hémogramme avec dosage du fer sérique ;
Un dosage des protides sanguins et de la calcémie ;
Un dosage des lipides dans les selles (stéatorrhée) sur 3 jours. La quantité de lipides dans les selles n'excède pas normalement 3 g/24 h chez les nourrissons. Si les lipides sont malabsorbés par l'intestin, on les retrouve dans les selles et la stéatorrhée est de 5 à 20 g/jour ;
Un test de la sueur : si la concentration en chlore dans la sueur est supérieure à 80 mEq/l, on évoque une mucoviscidose.

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Dilatation des bronches (bronchectasies)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit d'une affection chronique des bronches parfois congénitale mais le plus souvent secondaire à des broncho-pneumopathies virales ou bactériennes à répétition, à la mucoviscidose, à l'inhalation d'un corps étranger , à la coqueluche ou à la tuberculose.

Des modifications pathologiques de la paroi bronchique semblent en cause car chaque enfant ne développe pas une dilatation des bronches (DDB) après une même agression bronchopulmonaire


[?] Les signes de la maladie

Il s'agit d'une infection chronique pulmonaire : toux grasse, expectoration abondante mucopurulente avec des épisodes aigus (fièvre, altération de l'état général etc.). Des accès de bronchites à répétition, des crachats sanglants expulsés au cours d'efforts de toux peuvent faire découvrir la DDB.

La tomographie pulmonaire et la bronchoscopie sont nécessaires pour affirmer le diagnostic.

La recherche d'une sinusite associée est systématique. D'une part, la sinusite peut simuler une DDB et d'autre part une sinusite peut être le point de départ d'une surinfection bronchique.



[?] Traitement

Il repose sur :

L'antibiothérapie en cures prolongées de plusieurs mois ;
Parfois une corticothérapie est associée ;
Les aérosols (Mucomyst®, propylèneglycol...) ;
Le drainage postural : 2 à 3 séances tous les jours de 15 minutes avant chaque repas : enfant placé en position tête basse. Le "clapping" ou les vibrations respiratoires lui sont associé. Cette kinésithérapie respiratoire doit être régulière avec des exercices respiratoires ;
La bronchoscopie avec aspiration des sécrétions et lavage bronchique ;
Parfois la résection chirurgicale d'un segment ou d'un lobe nécrosé s'impose lorsqu'il s'agit d'une DDB très localisée non évolutive.
Les sirops antitussifs puissants doivent être évités car la toux est utile pour dégager les sécrétions. Par contre, les sirops fluidifiants et expectorants (Hélicidine®, Toplexil® etc...) sont utiles.

Les cures de soufre, les immunostimulants, les cures climatiques (climat chaud et sec) sont de bons adjuvants.
Le tabac, la pollution industrielle doivent être évités.
Les cures thermales sont conseillées : Dieulefit (Drôme) est le plus important centre pour DDB. Les cures soufrées ou arsenicales peuvent être utiles (La Bourboule, Cauterets, Alevard, Luchon...)
Le meilleur traitement reste la prophylaxie par l'antibiothérapie des infections respiratoires basses, des fausses routes, des rougeoles et des coqueluches du nourrisson

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Diphtérie
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La diphtérie est devenue une maladie très rare grâce à la vaccination. La mortalité était de l'ordre de 50 %.

Le bacille diphtérique (bacille de Klebs-Loëffler) détermine sur les amygdales la formation d'une "fausse membrane" et sécrète une toxine neurotrope responsable de paralysies.

En 1995 une recrudescence de diphtérie a été notée en Russie ainsi qu'en Roumanie


[?] Les symptômes de la maladie

Les signes de débuts sont banals : un coryza, une légère fièvre, une gorge vaguement rouge. Quelques heures plus tard apparaît l'angine à fausses membranes. On voit sur une amygdale un enduit blanc à limites nettes qui déborde vers le haut et s'effile le long du bord libre du voile du palais. L'enfant est pâle, fatigué, la fièvre reste entre 38° et 39°C, on palpe des ganglions cervicaux bilatéraux.

Spontanément, la fausse membrane s'étend progressivement à la luette et au fond du pharynx. L'extension au larynx provoque le "croup". La toxine entraîne des paralysies de la déglutition (paralysie vélo-palatine), des paralysies oculaires, du diaphragme puis des membres.

Sous l'influence du traitement, l'évolution est rapidement arrêtée, les fausses membranes se décollent et la gorge retrouve un aspect normal en 48 heures.

L'angine diphtérique maligne est une forme particulière qui débute brutalement par une fièvre élevée et une altération de l'état général avec pâleur et prostration. L'odeur fétide de l'angine est perçue à distance. le cou est déformé par des ganglions bilatéraux, volumineux, douloureux (" cou proconsulaire "). Un oedème de la gorge volumineux est constaté. Les fausses membranes sont larges et hémorragiques. Un coryza sanglant est associé à l'angine. Les signes toxiques sont au premier plan : asthénie majeure, pouls petit, rapide, filant, bruits du coeur assourdis, chute de la tension artérielle, hémorragies profuses, oligurie, albuminurie, élévation de l'urée sanguine. L'évolution est fatale le plus souvent malgré les traitements.

Le croup correspond à la localisation laryngée qui succède à l'angine. L'enfant présente une dysphonie et une toux aboyante. L'association: "toux rauque + voix éteinte" doit faire évoquer la diphtérie.

Le traitement est urgent pour empêcher l'évolution spontanée vers la dyspnée laryngée et l'asphyxie.

Une myocardite est parfois constatée et impose la surveillance régulière de l'électrocardiogramme


[?] Traitement

Il repose sur le sérum anti-diphtérique en injection intramusculaire.

La pénicilline et l'érythromycine sont utiles contre les infections secondaires.

Il est nécessaire de dépister les porteurs sains dans l'entourage (prélèvement de gorge, intra-dermo-réaction de Schick).

En cas de croup, l'enfant doit être adressé dans un centre de réanimation : l'intubation, voire la trachéotomie peuvent s'avérer nécessaires.

La vaccination anti-diphtérique est le seul moyen d'éradiquer cette grave maladie.

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Diverticules coliques
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le diverticule est une hernie de la muqueuse à travers la paroi musculaire du colon. Son volume est variable d'un grain de mil à celui d'une cerise.

La diverticulose résulte de la présence d'un nombre variable (5 à 20 en moyenne) de ces diverticules dont la paroi est saine.

L'inflammation de la paroi des diverticules réalise la diverticulite. La muqueuse est alors ulcérée avec suppuration.

La diverticulose

La diverticulose colique est très fréquente surtout après 60 ans.

La cause est inconnue. Une alimentation pauvre en fibres alimentaires serait un facteur favorisant.

La maladie est souvent latente (ne donnant aucun symptôme) et découverte à l'occasion d'un examen radiologique ou provoque des troubles du transit colique : constipation banale, signes de colopathie.

Le lavement baryté pratiqué avec prudence et sans insufflation permet le diagnostic.

La coloscopie peut être indiquée, ainsi que la tomodensitométrie.

Bien que la tolérance soit souvent très bonne, les patients doivent cependant être prévenus de l'existence des diverticules car certains médicaments doivent être utilisés avec précaution : corticoïdes (risque de perforation, d'abcès), anticoagulants (risque d'hémorragie).

Le traitement est celui de la colopathie avec constipation quand elle existe.

éviter, traiter éventuellement la constipation (régime riche en fibres alimentaires, céréales);
hygiène alimentaire.
La diverticulite
Le colon sigmoïde est la zone la plus fréquemment atteinte.
La sigmoïdite débute brutalement.
Les signes cliniques sont ceux d'une appendicite mais à gauche :

Douleur dans la fosse iliaque gauche avec envies d'uriner fréquentes et difficultés pour y parvenir ;
Syndrome rectal : fausses envies, ténesme, émissions de glaires, constipation ou fausse diarrhée ;
Fièvre à 38° ;
Malaise général, amaigrissement, perte de l'appétit.
A l'examen il y a une défense de la fosse iliaque gauche et parfois une tuméfaction profonde allongée en boudin. L'abdomen est ballonné.
La numération formule sanguine montre des signes infectieux (hyperleucocytose à polynucléaires).

L'examen radiologique avec lavement baryté confirme le diagnostic et élimine un cancer du sigmoïde. Coloscopie, coelioscopie, tomodensitométrie sont parfois nécessaires.

L'évolution est variable.

Des complications sont possibles :

Occlusion intestinale ;
Péritonite par perforation d'un diverticule ;
Abcès après une perforation en péritoine cloisonné ;
Fistules entre le sigmoïde, l'intestin, la vessie, le vagin...
Les hémorragies intestinales de sang rouge abondantes sont fréquentes.
Souvent le traitement médical (diète hydrique, régime sans résidu, antibiotiques : ciprofloxacine, et métronidazole) permet la guérison en 3 à 8 jours.
L'intervention chirurgicale en période aiguë doit être évitée et si elle est indispensable mieux vaut la pratiquer, si c'est possible, après quelques semaines : en cas de récidives fréquentes : colectomie segmentaire en dehors d'une poussée.

Le risque de récidive n'est pas négligeable


[?] Diagnostic différentiel

Colites inflammatoires (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) ;
Cancer infecté du sigmoïde ;
Endométriose sigmoïdienne ;
Tuberculose ;
Pyélonéphrite aiguë...

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Dyslexie
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Les difficultés en lecture et orthographe représentent l'expression la plus fréquente des difficultés scolaires et peuvent se manifester dès le début du cours préparatoire .

La dyslexie est une maladie qui rend l'enfant incapable malgré son expérience de la classe traditionnelle d'acquérir les techniques du langage qui lui permettraient d'apprendre à lire, à écrire, à s'exprimer oralement. L'enfant est cependant normalement intelligent et ne souffre d'aucun déficit auditif ou visuel. Une dysorthographie succède souvent à la dyslexie. Le dépistage de la dyslexie doit être précoce (4 ou 5 ans). La rééducation orthophonique s'impose.

C'est au début de la 2° année scolaire (CE1) que le dépistage est le plus sûr car tout enfant, à ses débuts en lecture, peut présenter les symptômes apparents de la dyslexie et faire des inversions. Ces difficultés normales ne deviennent pathologiques que lorsqu'elles persistent au delà de la première année. La dyslexie entre dans le cadre global des "troubles spécifiques (=sélectifs) du développement" observés chez l'enfant.

Il importe en effet, avant de parler de dyslexie, d'éliminer les difficultés de lecture dues à :

Un déficit auditif (hypoacousie : le langage oral est perturbé dans son ensemble avec confusion de phonèmes et non pas seulement à la lecture) ;
Un trouble de la vue (amblyopie) ;
Un trouble de l'élocution ;
Un déficit intellectuel (les résultats scolaires sont bons dans les autres domaines) ;
Un désintérêt global d'origine affective ;
Le bilinguisme...


[?] Les signes de la maladie

La dyslexie est caractérisée par des erreurs, soit dans l'enchaînement des graphies, soit dans la transcription graphique des phonèmes. La dyslexie atteint 5 à 10% des enfants d'âge scolaire. Un dépistage précoce (avant l'entrée au C.P.) et une rééducation individuelle (pré-lecture) ou en classes spécialisées doivent permettre une réinsertion de l'enfant dans une scolarité normale.

La dyslexie est un trouble du langage et de l'écriture persistant au-delà de l'âge normal d'apprentissage de la parole. Bien souvent, l'installation du langage est retardée. La prononciation des mots, association de plusieurs sons désignant une personne ou un objet, débute la 2° année ; le langage, association de mots ayant valeur de signification, devant être obtenu vers 4 ans et demi. Un premier examen orthophonique à cet âge devrait mettre en évidence la déformation persistante des mots, des phrases mal construites ou l'incapacité de retenir des phrases. Trop souvent, la dyslexie est découverte lors du bilan d'un échec scolaire déjà installé ou d'une dysorthographie.

L'enfant confond à la lecture certaines lettres de formes voisines ou proches phonétiquement : m, n, et u, p, b, d, q et g, s et ch, f et v, a et an, a et o, u et ou, on et o, un et u, in et i, les consonnes constrictives (s, ch, j, z, f, v) sont remplacées par les consonnes occlusives (t, k, p, d,g) , les consonnes sonores (b, d, g, v, j, s) sont remplacées par les consonnes sourdes (p, t, k, f, ch, s) etc... "Piton" devient "bidon", "hippopotame" devient "hippopapame"... Ces confusions ne sont pas systématisées et selon les moments, l'enfant peut lire correctement ou substituer une lettre à une autre lettre.

Il inverse l'ordre des lettres ("on" est lu "no", "bras" est lu "bar" ou "rab", "plat" est lu "pal" ou "lap", "aéroplane" devient "aréoplane"...), de certaines syllabes, de certains mots. Il omet certains sons : "fil" est lu "il", "bar" est lu "ba", "parapluie" devient "parapuie"...Il en ajoute d'autres : "poltron" est lu "polteron", "escapade" est lu "cascapade" etc...

La lecture est hachée, hésitante, incompréhensible. L'enfant ne réussit pas à transformer les symboles écrits en phonèmes. Des antécédents familiaux sont fréquents.

Le test du Poucet permet d'apprécier le degré de dyslexie à partir de deux critères décelés par la lecture de ce texte déterminé : le nombre d'erreurs au cours de la lecture et le temps de lecture. Ces deux paramètres en effet ont été étalonnés par rapport à une moyenne d'enfants normaux en fonction de leur âge et de leur scolarisation.

"Le Poucet.
Robin est petit comme un pouce.
Il habite la forêt dans une jolie petite cabane pas plus grande qu'un nid
Il s'amuse avec ses amis les oiseaux et les animaux du bois. Un jour, il alla le matin faire une promenade bien loin.
Un soir que la pluie l'obligeait à s'abriter sous un gros champignon, il rencontra un lièvre. Alors, il grimpe sur son dos. Il s'accroche à ses longues oreilles. Le lièvre s'élance. Il court vite. Le Poucet craint de glisser. Soudain, ils s'arrêtent : attention au chasseur ! sauvons-nous dans ce buisson. "Quel poltron!" pense Robin qui veut poursuivre son escapade.".

Lu par un enfant dyslexique, le texte devient :

"Le son te.
Co din est pe tite comme un pu ce
il cha te la pe dans une jaune petiteca dan pas lune que din ni..."
A la fin du cours élémentaire, l'échec d'un enfant dyslexique à cette lecture-test peut être partiel ou total. Le temps de déchiffrage statistiquement normal est de 1 minute 20 secondes. On parle de retard modéré à 2 minutes et de retard important à plus de 3 minutes. On compte les erreurs, les distorsions auto-corrigées, les pauses etc...


[?] Causes et facteurs de risque

Les théories explicatives de la dyslexie sont nombreuses, faisant intervenir un défaut de latéralité, des troubles psychoaffectifs et surtout un défaut de vigilance, d'attention, nécessitant une pédagogie spécifique qualitativement différente et non une quantité supplémentaire d'heures d'enseignement réalisées avec la même pédagogie que pour les autres enfants.

D'autres causes sont discutées dans l'échec de l'acquisition du langage écrit:

Un trouble mineur lésionnel du fonctionnement cérébral ;
Un environnement socio-culturel et économique défavorable ;
Des méthodes d'apprentissage de la lecture inadaptées ;
Des rythmes de progressions des acquisitions non respectés ;
Une mauvaise formation pédagogique des maîtres ;
Des classes surchargées etc..
La majorité des auteurs s'accordent toutefois à réserver le terme de "dyslexie-dysorthographie" à la difficulté isolée, spécifique, de l'acquisition de la lecture et de l'orthographe, se développant dans un environnement familial, scolaire et social de bonne qualité, en l'absence de déficit intellectuel et de perturbations affectives.

C'est le contraste entre l'échec en lecture et en orthographe, et l'intégrité sensorielle et intellectuelle (bonnes aptitudes en arithmétique et mathématiques par exemple) chez un enfant qui est l'élément fondamental du diagnostic.

Certains troubles sont souvent associés à la dyslexie :

Trouble de l'orientation spatiale ;
Trouble de l'orientation temporelle ;
Trouble de la motricité oculaire (non latéralisation du regard) ;
Défaut de discrimination et d'évocation des graphies à partir des sons ;
Trouble de la perception du rythme de la lecture ;
Trouble du langage avec inversion des phonèmes ;
Trouble affectif...
Réactions psychologiques d'agressivité ou de passivité face à l'échec scolaire.


[?] Traitement

Les principes de rééducation sont nombreux, élaborés avec la collaboration des parents. Ils utilisent des stimuli de voix humaine ou de musique enregistrés sur bande magnétique, des stimulations de coordination des rôles respectifs de chaque hémisphère en donnant la même information aux deux oreilles avec des filtres différents, des stimulations grapho-auditives. Une pédagogie spécifique doit tenir compte de l'incapacité du dyslexique à prendre des notes écrites et privilégier l'utilisation du manuel, réaliser un plan écrit du travail, tenir compte de la difficulté d'abstraction corrigée par des exercices en équipe sur un thème donné exploité par des textes de lecture, dictées, récitations, repris en éducation physique ou en travaux manuels. Une telle pédagogie nécessite des classes particulières comportant un petit nombre d'enfants.

La méthode Borel-Maisonny vise à établir une relation gestuelle entre le schéma écrit et le phonème correspondant.

La méthode Chassigny consiste à laisser l'enfant s'exprimer par écrit, et à l'arrêter à chaque erreur pour lui dicter sur un mode rythmique une succession de mots apparentés au mot erroné.

La psychothérapie est souvent utile



[?] La dysorthographie

Ce terme désigne les erreurs orthographiques qui font suite à la dyslexie. Elle se manifeste non par l'ignorance d'une règle grammaticale mais par la difficulté ou l'impossibilité de considérer la phrase comme un ensemble organisé. Ainsi, on peut distinguer chez l'enfant dysorthographique :

Les difficultés auditives (alors que l'audition est normale) : confusions de sons, difficulté à analyser les données auditives ;
Les difficultés dans l'organisation de l'espace, du temps, et de la phrase elle-même (il ne distingue pas les fonctions différentes des mots dans la phrase). On retrouve les erreurs spécifiques de la dyslexie :
Confusion de lettres ou de syllabes ;
Inversions ;
Mauvais découpage des mots ;
Méconnaissance du vocabulaire ;
Méconnaissance de la grammaire.
La rééducation orthophonique permet habituellement à l'enfant dyslexique de pouvoir lire normalement mais elle ne parvient souvent qu'à une correction incomplète des difficultés en orthographe.
La dysorthographie constitue le handicap le plus lourd à long terme. Le redoublement scolaire est très fréquent.

La nécessité d'une rééducation personnalisée entreprise avec l'aide des parents et des médecins praticiens, qui devraient pouvoir reconnaître une dyslexie dès la maternelle et orienter l'enfant vers un orthophoniste ou une classe spécialisée, se heurte bien souvent à des difficultés budgétaires d'ouverture de classes spéciales au moment où l'effort est porté sur l'intégration des handicapés dans une scolarité normale.

L'enseignement de la grammaire n'est possible que si l'enfant parle correctement ou s'il sait bien lire (comprend le langage écrit). Dans cet apprentissage, le rôle de la dictée et de la répétition est fondamental

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Dysménorrhées
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

La dysménorrhée est une douleur qui précède, accompagne ou suit la menstruation (les règles). C'est une pathologie fréquente qui touche avec plus ou moins d'intensité 30 à 50 % des femmes en période d'activité génitale

[?] Causes et facteurs de risque

La cause de ces douleurs est mal connue. La dysménorrhée peut être primaire ou secondaire.

Dans la dysménorrhée primaire, les règles sont douloureuses chez la jeune fille soit dès les premières menstruations soit plus souvent dans les 18 mois suivant ces premières règles. La dysménorrhée peut être due à une anomalie de l'utérus ou à un obstacle à l'écoulement du sang (tuberculose génitale, hypoplasie utérine, dystrophie sclérokystique des ovaires, anomalies du tissu de soutien du petit bassin...) Cependant ces douleurs sont souvent non organiques (douleurs essentielles ou idiopathiques).

Dans les dysménorrhées secondaires, les règles deviennent douloureuses chez une femme qui jusque là n'en souffrait pas. Une cause organique est souvent retrouvée : infections génitales chroniques (métrites, salpingites, douglassites, inflammations de la base du ligament large, paramétrites, etc.), endométriose, fibrome en nécrobiose..., lésions tubaires (salpingite, hydrosalpinx, pyosalpinx etc...), lésions ovariennes (ovarite...), lésions péritonéale (endométriose)...


[?] Les signes de la maladie

Il s'agit de douleurs pelviennes (du bas ventre), médianes, parfois à type de coliques, d'autres fois plus lancinante et continue. Elles apparaissent soit un peu avant les règles, soit au début de celles-ci, soit vers la fin, et ou bien se manifester pendant toute leur durée. Elles s'accompagnent parfois de nausées, de vomissements, de diarrhée, de fièvre et de lipothymies. Quand elles sont très intenses, elles peuvent gêner considérablement la femme.

L'examen clinique et gynécologique doit être soigneux, les examens complémentaires sont demandés selon les cas, en fonction de l'orientation diagnostique


[?] Traitement

Le traitement des dysménorrhées secondaires est d'abord celui de leur cause.

Le traitement symptomatique peut utiliser :

Antalgiques : Doliprane, Efferalgan, Dafalgan...
Antispasmodiques : Viscéralgine, Spasfon, etc ;
Oestroprogestatifs ;
Antiprostaglandines

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Dyspepsies
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

Les dyspepsies correspondent à des sensations inconfortables ressenties au niveau de la partie haute du tube digestif (estomac, oesophage), alors que celui-ci ne présente pas d'anomalies particulières et qu'il est retrouvé sain lors des différents examens. Il n'existe pas de lésion pouvant expliquer ces troubles (il s'agit de troubles fonctionnels). Ces troubles sont très fréquents, ils sont la première cause de consultation en gastro-entérologie.

[?] Causes et facteurs de risque

L'absence de lésions anatomiques rend la recherche de causes difficile. Il existe toutefois un certain nombre de facteurs ayant un rôle aggravant voir déterminant dans l'apparition et la récidive des symptômes dyspeptiques :

Le stress et l'anxiété ;
Des repas trop abondants, trop gras, ou avec trop de féculents ;
Une trop grande consommation d'alcool, de café, de thé ou de tabac ;
Des repas pris de façon trop rapide

[?] Les signes de la maladie

Le dyspeptique consulte parce qu'il souffre depuis des mois ou des années ou qu'il est ballonné. Il a l'impression de "mal digérer" ou de digérer "lentement", et il se plaint de nombreux symptômes :

Eructations (rots), hoquets ;
Sensation de gonflement après les repas ;
Incapacité de terminer un repas normal ;
Ballonnement abdominal ;
Brûlures ou blocage derrière le sternum ;
Renvois de liquide amer ;
Nausées, vomissements...
Brûlures "à l'estomac".
Les douleurs du dyspeptique siègent dans la région épigastrique (creux de l'estomac) mais n'ont pas de point précis. Elles peuvent irradier partout. Il s'agit en général d'une impression de pesanteur de l'estomac parfois une simple gêne, plus ou moins douloureuse,.

L'alimentation, non seulement ne calme pas ces doulers (contrairement à celles qui sont liées à un ulcère), mais elle les provoque et obligent le patient à interrompre son repas. Tous les aliments sont mal supportés, et aucune position ne soulage totalement le patient sauf parfois la position allongée après le repas.

Les douleurs n'ont pas d'horaire précis et sont souvent continues : le patient ne se sent jamais totalement bien. Par contre, elles s'atténuent souvent ou disparaissent durant les vacances. Une constipation est souvent associée.

Une distension abdominale peut accompagner les douleurs, obligeant le patient à desserrer sa ceinture pendant le repas. L'importance des éructations définit "l'aérophagie".

L'état nauséeux est habituel et est accompagné de bouche pâteuse, de langue épaisse ou "chargée", de goût désagréable dans la bouche, de mauvaise haleine, etc. Les vomissements sont rares et surviennent juste après le repas.

Il n'y a pas d'altération de l'état général : pas d'amaigrissement et un certain embonpoint peut même exister. L'appétit est parfois diminué. En fait cette perte d'appétit n'est pas constante et s'améliore pendant les vacances. Les malades évitent de manger non par manque d'appétit mais parce qu'ils redoutent l'inconfort après le repas.

D'autres symptômes fonctionnels sont parfois associés : diarrhée ou constipation, crampes abdominales, palpitations, douleurs thoraciques, etc.

Les signes d'un déséquilibre du système nerveux autonome (régulant les fonctions autonomes de l'organisme, comme les battements du coeur, la respiration etc.) sont très souvent retrouvés : patients anxieux, pâle, mains froides, battements lent du coeur, hypotension artérielle. Ou à l'inverse bouffées de chaleur, palpitations, agitation, émotivité...


[?] La consultation

L'examen clinique du patient ne met rien d'anormal en évidence, en particulier il n'y a pas d'altération de l'état général. La palpation de l'abdomen est indolore. L'examen clinique et les examens complémentaires décidés par le médecin auront pour but de rechercher une autre maladie ou une autre cause pouvant donner ce type de symptomes, et en particulier :

Une angine de poitrine ;
Un reflux gastro-osophagien, par remontée acide du contenu de l'estomac dans l'oesophage , souvent responsable d'osophagite ;
Une hernie hiatale, par trop grande ouverture du sphincter séparant l'oesophage de l'estomac (cardia) ;
Un ulcère gastrique ou duodénal ;
Un cancer de l'estomac ou de l'oesophage ;
Un calcul biliaire ;
La prise de certains médicaments : anticholinergiques, codéine, digitaliques à fortes doses, dopamine...
Des symptomes faisant suite à l'ablation de la vésicule biliaire.


[?] Examens et analyses complémentaires

La notion de troubles digestifs fonctionnels se définissant par la normalité des examens pratiqués et par l'absence de lésions anatomiques, le diagnostic de dyspepsie fonctionnelle ne peut être porté qu'après avoir réalisé certaines explorations. Ceci afin de ne pas passer à côté d'un diagnostic facilement curable, voire grave.

La fibroscopie oeso-gastro-duodénale est un examen pratiqué par un gastro-entérologue, le plus souvent sans anesthésie générale. Elle consiste en l'introduction par la bouche d'un tube fin au bout duquel se trouve une caméra. Le médecin peut ainsi voir "en direct" l'ensemble du tube digestif, depuis la bouche jusqu'au début de l'intestin grêle (oesophage, cardia, estomac, duodénum) sur un écran placé en face de lui...
Parfois une échographie est réalisée afin de ne pas méconnaître un calcul de la vésicule biliaire ;

Les analyses sanguines standard sont normales hormis lorsqu'il existe une consommation d'alcool excessive



[?] Evolution de la maladie

Elle est le plus souvent chronique, avec régression des signes lors des vacances, et dépend surtout du respect de certaines règles de l'alimentation. Les traitements symptomatiques peuvent être utiles

[?] Traitement

La correction des erreurs diététiques et quotidiennes est fondamentale :

Prendre ses repas dans le calme à heures régulières et bien mastiquer ;
Boire de l'eau entre les repas ;
Eviter l'abus des farineux, des charcuteries grasses et des fritures ;
Eviter l'alcool (apéritifs), le tabac, le thé et le café, les sodas ;
Faire pratiquer, si c'est nécessaire, des soins dentaires ;
Pratiquer une activité physique régulière.
Les médicaments

Ils ne doivent être pris que sur avis et/ou prescription médicale.

Les antispasmodiques réduisent les contractions des muscles digestifs et la douleur qu'elles entraînent.

La réduction de l'acidité gastrique permet aussi de réduire la douleur : antiacides, pansements gastriques, enzymes, argiles, silicones (diméticone, siméthicone), éventuellement médicaments anti-ulcéreux.

Les stimulants de la motricité digestive permettent de réguler le transit : cisapride, dompéridone, trimébutine.

Des adsorbants des gaz intestinaux diminuent la pression dans l'intestin : charbon activé

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# Posté le mardi 29 mai 2007 22:28
Modifié le lundi 02 juillet 2007 17:49

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les maladie seron de couleur rouge et la definition en verts




Eczéma de l'adulte
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[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'eczéma est une maladie de la peau d'origine allergique, aiguë ou chronique. Elle se manifeste par des zones rouges surmontées d'une vésicule qui provoquent d'intenses démangeaisons. C'est l'une des maladies de peau les plus fréquentes

[?] Les signes de la maladie

L'eczéma aigu

L'éruption évolue classiquement en quatre phases :

Erythémateuse d'abord avec une rougeur mal limitée et de très petites vésicules. A cette phase les démangeaisons sont importantes ;
Ensuite les vésicule se regroupent, formant parfois une bulle ;
L'ouverture des vésicules va provoquer un suintement avec des croûtes et une mise à nu du derme au niveau de la lésion ;
Les croûtes tombent en une à deux semaines en laissant des cicatrices rosées.
Le prurit (démangeaison) est un signe constant. Le grattage et le frottement qui suivent provoquent un cercle vicieux prurit – grattage – éruption - prurit.

L'intolérance vis-à-vis des substances irritantes est fréquente. Les agressions d'ordre psychoaffectif, les modifications extérieures de température et d'humidité, les infections cutanées b