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Les ichtyoses
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
C'est une maladie chronique de la peau se manifestant par un aspect sec, épais, rêche.
Le mot ichtyose est issu du grec (= poisson). Il traduit l'impression d'écaille qu'évoque la peau ichtyosique. L'épaississement de la couche cornée qui en est responsable est le plus souvent héréditaire mais il existe des formes acquises.
Les ichtyoses héréditaires
L'ichtyose vulgaire est fréquente chez l'homme et chez la femme. La transmission est dominante.
La maladie apparaît dans les premières années de la vie. Des squames sèches, blanches, épaisses, écailleuses respectent les grands plis cutanés. Une kératose pilaire est souvent associée. La maladie ne gratte pas.
Cet état chronique de la peau dure toute la vie. Il est surtout gênant et inesthétique.
Il s'améliore souvent l'été et s'aggrave l'hiver.
Le traitement à vie repose sur :
La vaseline salicylée (5%) (sous stricte surveillance chez l'enfant) ;
La pommade à l'urée (10%) ;
Les huiles dermatologiques ;
La vitamine A acide (Aberel) ;
La vitamine A per os dans les formes sévères.
L'ichtyose noire récessive liée au sexe touche le garçon. Les squames sont noirâtres sur le thorax et ne respectent pas les plis. Le prurit est important.
L'ichtyose rouge (érythrodermie ichtyosiforme congénitale) se manifeste par un érythème (rougeur) généralisé associé à l'ichtyose, elle est plus rare.
Les ichtyoses acquises
L'apparition récente chez un adulte d'un état ichtyosiforme doit faire rechercher
L'hypothyroïdie ;
Un cancer viscéral profond ou un lymphome (maladie de Hodgkin) ;
Une sarcoïdose ;
Une malnutrition...
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Ictères du nouveau-né
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
Un ictère (jaunisse) traduit l'excès de bilirubine dans le sang, conjuguée ou libre selon qu'elle a été ou non transformée dans le foie. La richesse du sang en bilirubine teinte la peau et les muqueuses en jaune par transparence.
[?] Mécanismes
Les globules rouges sont fabriqués en permanence dans la moelle osseuse.
Ils passent ensuite dans le sang et, après une vie de 120 jours, vont mourir dans la rate. Cette destruction normale donne lieu à la libération de bilirubine libre. Cette bilirubine libre est toxique à partir d'un certain taux pour le cerveau. La bilirubine libre sanguine arrive dans le foie où des processus biochimiques vont la transformer en bilirubine conjuguée qui, elle, n'est pas toxique et qui est un des composants de la bile. Ce pigment est à l'origine de la coloration des selles et des urines.
[?] Causes et facteurs de risque
Chez le nouveau-né, le nombre de globules rouges est plus élevé que chez l'adulte et il existe une hyper-destruction de ces cellules. Ce nombre de globules rouges détruits peut d épasser les possibilités enzymatiques d'un foie immature. Il en résulte un excès de bilirubine qui se traduit par un ictère simple physiologique. C'est le cas de loin le plus fréquent.
Chez le nouveau-né, en plus de cette destruction normale, il existe des maladies qui provoquent une destruction prématurée des globules rouges. C'est le cas notamment des incompatibilités sanguines foetomaternelles (systèmes Rhésus ou ABO). Les globules rouges sont détruits en grand nombre ; le foie est débordé et ne peut métaboliser toute cette bilirubine libre qui lui arrive et dont le taux sanguin augmente. Les maladies hémolytiques familiales (thalassémie, drépanocytose, maladie de Minkowski-Chauffard, déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase) peuvent se révéler dès la naissance par un ictère intense.
Dans d'autres cas, c'est le foie qui est malade. Il ne peut pas transformer la bilirubine soit parce qu'il est infecté (hépatites) soit parce que les enzymes sont déficients ou inhibés (allaitement maternel, médicaments etc.).
Enfin, l'hémolyse peut être normale, le foie peut fonctionner correctement mais un obstacle à l'écoulement de la bile provoque une rétention de bilirubine conjuguée. Celle-ci passe dans le sang et son taux élevé détermine un ictère cholestatique . Dans ce cas là, les selles sont décolorées.
[?] Conséquences
La survenue d'une jaunisse chez un bébé pose un double problème :
- Celui de sa cause car autant l'ictère physiologique banal est de bon pronostic, autant l'ictère cholestatique est une urgence thérapeutique ;
- Celui de sa gravité immédiate car à partir d'un certain taux de bilirubine libre dans le sang, celle-ci devient toxique pour le cerveau et peut provoquer une grave maladie neurologique : l'ictère nucléaire. Le pronostic est mauvais car l'enfant risque de garder des séquelles neurologiques majeures (surdité profonde, retard mental, mouvements anormaux, troubles du tonus etc.). La surveillance de l'audition doit être pratiquée après une jaunisse importante.
L'ictère physiologique du nouveau-né
Il est très fréquent et n'apparaît que 24 à 48 heures après la naissance.
L'enfant est jaune mais il ne présente aucun autre signe anormal. La taille du foie à la palpation est normale. La rate n'est pas augmentée de volume. Selles et urines sont normalement colorées. Cet ictère disparaît en moins de 3 semaines.
Certaines circonstances l'intensifient : l'anoxie, l'acidose, la résorption d'hématomes, l'hypoglycémie, l'administration de certains médicaments etc.
Le nouveau-né alimenté au lait maternel fait parfois un ictère physiologique qui se prolonge au delà des limites habituelles. Cet "ictère au lait de mère" serait dû à la présence dans le lait de certaines femmes d'une substance qui inhiberait le métabolisme de la bilirubine dans le foie. Ces nouveau-nés sont jaunes tant que dure l'allaitement maternel. Ce type d'ictère ne présente aucun risque et ne doit faire en aucun cas arrêter l'allaitement maternel.
Le traitement de l'ictère physiologique est destiné à empêcher le taux de bilirubine de devenir trop élevé en raison du risque possible d'ictère nucléaire. La surveillance se fait en posant sur la peau du bébé un petit lecteur électronique ("flash") qui donne une indication du taux de bilirubine dans le sang. En cas de valeur élevée, un contrôle est effectué par une simple prise de sang. A partir d'un taux de bilirubine de 130 à 150 mg/l (220 à 250 µmol/l), le nouveau-né à terme est exposé, nu en incubateur, à l'action des rayons d'une lampe "bleue" ou de néons (photothérapie). Le prématuré bénéficie de cette mesure pour des taux plus bas. Les yeux sont protégés des rayons par un bandeau. La température et l'état d'hydratation du nouveau-né sont surveillés pour éviter les coups de chaleur. La photothérapie est interrompue après quelques jours lorsque le taux de bilirubine libre descend au dessous des taux dangereux. Lorsque cette mesure thérapeutique ne suffit pas, d'autres traitements sont entrepris en unité spécialisée.
L'ictère par incompatibilité Rhésus
Le facteur Rhésus est un antigène présent à la surface des globules rouges chez 85% des individus.
15% des personnes n'en possèdent donc pas : elles sont Rhésus négatif par rapport à la majorité Rhésus positif.
Définition
Un antigène est une substance qui, introduite dans l'organisme, provoque chez ce dernier la fabrication d'anticorps spécifiques destinés à détruire la substance antigénique spécifique introduite.
Un individu Rhésus positif ne possède pas d'anticorps anti-Rhésus puisque cet antigène lui appartient et ne lui est donc pas étranger.
Un individu Rhésus négatif ne possède pas non plus d'anticorps anti-Rhésus au départ. Mais si on le transfuse avec du sang, dans le même groupe ABO, mais Rhésus positif, il va percevoir comme étranger cet antigène Rhésus et fabriquer des anticorps dont le rôle sera de détruire les globules rouges Rhésus positifs étrangers qui ont osé l'envahir... Ces anticorps vont persister dans la mémoire immunologique de l'individu toute sa vie.
Explication du mécanisme
Lorsqu'une femme Rhésus négatif est enceinte et que le procréateur est Rhésus positif, l'enfant peut être Rhésus positif ou négatif selon les lois de la génétique. S'il est Rhésus négatif, il n'y a aucun problème. S'il est Rhésus positif, ses globules rouges sont considérés comme étrangers par sa mère.
Heureusement, les circulations sanguines de la mère et du foetus étant distinctes, les globules rouges du foetus ne passent généralement pas dans le sang de la mère qui n'a donc pas l'occasion de s'immuniser.
Par contre, lors de l'accouchement, il y a toujours au niveau des saignements habituels un mélange des sangs. Quelques globules rouges de l'enfant passent dans la circulation de la mère. Ils provoquent en quelques jours la fabrication maternelle d'anticorps destinés à les détruire. Ces anticorps (agglutinines irrégulières) vont persister durant toute la vie de la mère.
Lors d'une grossesse ultérieure, si le foetus est Rhésus positif, les anticorps fabriqués quelques années auparavant vont traverser le placenta et attaquer les globules rouges du foetus, provoquant une anémie hémolytique. Cette agression est d'importance variable. Au pire, elle entraîne la mort du foetus in utero et l'avortement. Parfois, le tableau est un peu moins grave : le bébé naît bouffi, empli d'oedèmes avec un gros foie et une grosse rate. Seule une réanimation massive peut parfois le sauver mais la mortalité reste élevée.
A un degré moindre, c'est l'hémolyse et l'ictère néonatal précoce qui apparaissent au cours des 24 premières heures de vie. Le nouveau-né est pâle et jaune tout à la fois. Rate et foie sont augmentés de volume. Le taux de bilirubine augmente rapidement et doit être surveillé en fonction de l'âge en heures de l'enfant. Le test de Coombs direct établit le diagnostic. Lorsque le taux est dans une zone dangereuse, l'exsanguino-transfusion est décidée.
Prévention
Pour l'éviter, la première règle consiste à ne jamais transfuser de sang Rhésus positif à une femme Rhésus négatif car elle s'immuniserait aussitôt et sa première grossesse serait menacée. Pendant la grossesse, la détermination du groupe sanguin et du facteur Rhésus est obligatoire avant la fin du 3° mois.
Lorsque la mère est Rhésus négatif et le procréateur Rhésus positif, l'enfant risque d'être Rhésus positif. Il est donc nécessaire de doser les agglutinines irrégulières (test de Coombs indirect) à plusieurs reprises dans le sang maternel, afin de dépister l'apparition éventuelle ou l'augmentation du taux des anticorps. En effet, il est toujours possible qu'à l'occasion d'un traumatisme abdominal, d'une amniocentèse etc., un peu de sang foetal entre en contact avec du sang maternel. Si le foetus est Rhésus positif, la mère va élaborer des anticorps anti-D qui vont après quelques jours détruire les globules rouges du foetus. Si les anticorps anti-rhésus apparaissent et augmentent rapidement dans le sang de la mère, le foetus est en danger.
Le gynécologue apprécie l'atteinte du foetus par amniocentèse : il ponctionne du liquide amniotique dans lequel il dose la bilirubine. Le taux de bilirubine traduit l'importance de l'hémolyse chez le foetus. Le résultat est porté sur une abaque qui permet de décider de la conduite thérapeutique en milieu spécialisé.
Le "vaccin anti-D" a révolutionné le traitement de cette affection. Le principe consiste à injecter à une femme Rhésus négatif non encore porteuse d'anticorps anti-rhésus et venant d'accoucher d'un bébé Rhésus positif, des gamma-globulines anti-D (anticorps anti-rhésus).
Ces gamma-globulines, obtenues à partir du sang de femmes ménopausées ou malencontreusement immunisées, sont des anticorps qui détruisent rapidement les globules rouges du foetus passés dans la circulation de la mère au moment de l'accouchement. Cette injection évite à la mère d'avoir à fabriquer ses propres anticorps.
Les gamma-globulines, injectées dans les 72 heures qui suivent l'accouchement, sont éliminées après quelques semaines alors que les anticorps fabriqués par la mère persisteraient indéfiniment.
Grâce à ces gamma-globulines anti-D, la mère peut avoir de nouveaux enfants Rhésus positif sans incident. Cette injection doit être renouvelée à chaque accouchement, après chaque avortement ou fausse-couche, après chaque amniocentèse.
Les ictères par incompatibilité sanguine dans le système ABO
Ils s'observent chez des nouveau-nés de groupe A ou B lorsque la mère est de groupe 0.
Toute femme du groupe 0 (donneur universel) possède des anticorps anti-A et anti-B (agglutinines régulières) qui peuvent traverser le placenta et provoquer une hémolyse chez le foetus. L'ictère est précoce : il apparaît avant 24-48 heures. Il est souvent modéré.
Le test de Coombs direct est positif chez l'enfant. Toutefois, les risques d'ictère nucléaire sont identiques et une exsanguino-transfusion avec du sang 0 peut s'avérer nécessaire.
L'ictère nucléaire
Cette grave affection neurologique ne devrait plus se voir grâce à la surveillance et la thérapeutique des ictères néonataux.
A partir d'un certain taux (180 à 200 mg/l ou 340 µmol/l), la bilirubine sanguine libre, non hydro-soluble, peut se fixer sur les noyaux gris centraux du cerveau et entraîner une grave encéphalopathie. Des dosages modernes plus précis (bilirubine intra-érythrocytaire) permettent d'apprécier plus exactement les taux dangereux.
La bilirubine libre liposoluble toxique est fixée sur l'albumine. Tant qu'elle reste fixée, elle ne peut diffuser dans les structures cérébrales et il n'y a pas de danger. Mais cette liaison chimique est fragile : l'hypoxie, l'acidose, l'hypothermie détachent la bilirubine toxique qui se trouve libre alors de se fixer sur les structures cérébrales. De même, un faible taux d'albumine dans le sang augmente le risque cérébral.
Le nouveau-né atteint, de couleur jaune-vif, a un cri lent, aigu, monocorde. Il présente des troubles du tonus et se met volontiers en opisthotonos : le corps et la tête se renversent en arrière tandis que les membres s'étirent en extension. Ses yeux sont animés de mouvements anormaux. Des troubles neurovégétatifs sont constants.
Le pronostic est mauvais car si l'enfant ne meurt pas, il risque fort de garder des séquelles neurologiques majeures (surdité profonde, mouvements anormaux, troubles du tonus etc.).
Plusieurs cas d'hypoacousies isolées ont été notés après des ictères intenses et la surveillance de l'audition doit être pratiquée après une jaunisse importante.
C'est dire tout l'intérêt de la surveillance des nouveau-nés ictériques, surveillance cliniquement difficile lorsqu'existe par exemple une pigmentation raciale de la peau. Au moindre doute, un contrôle sanguin de bilirubine doit être demandé au laboratoire, car il n'y a pas de parallélisme absolu entre l'intensité de la jaunisse et le taux sanguin.
Les ictères infectieux par hépatite
Ce sont des ictères liés à l'atteinte des cellules hépatiques. Ces ictères précoces ne sont souvent qu'un des éléments d'un syndrome infectieux sévère. L'atteinte du foie n'est en effet qu'une localisation d'une septicémie. Le nouveau-né infecté souffre de troubles digestifs, respiratoires, neurologiques et hémorragiques. La fièvre est souvent remplacée par une hypothermie. Foie et rate sont augmentés de volume.
Les causes sont très nombreuses : septicémies néonatales (streptocoques, staphylocoques, colibacilles, listeria etc...), syphilis congénitale, rubéole, toxoplasmose, maladie des inclusions cytomégaliques, herpès, hépatite virale A ou B, tuberculose etc...
L'évolution de ces hépatites est variable. L'évolution vers la cirrhose est possible.
Les ictères cholestatiques
Ces ictères sont dus à l'impossibilité d'évacuation dans l'intestin de la bile d'où l'augmentation de la bilirubine conjuguée hydrosoluble dans le sang et syndrome d'ictère par rétention.
Les voies biliaires qui véhiculent la bile du foie vers l'intestin sont formées :
- des canaux biliaires intra-hépatiques qui se réunissent à la face inférieure du foie en un canal hépatique qui, prolongé par le canal cholédoque rejoint l'intestin. C'est la voie biliaire "principale".
- de la vésicule biliaire qui est un réservoir de bile situé à la face inférieure du foie et qui se draine par le canal cystique dans le canal cholédoque. Vésicule biliaire et canal cystique constituent la voie biliaire "accessoire".
Les malformations des voies biliaires extra-hépatiques sont l'agénésie (absence totale) ou le rétrécissement. Elles entraînent une rétention biliaire avec dilatation en amont de la malformation. Les malformations les plus graves sont celles qui touchent les canaux intra-hépatiques (atrésie des voies biliaires intra-hépatiques). Elles sont en effet inaccessibles à la chirurgie. Elles sont heureusement rares : 1/30 000 naissances.
Sur le plan clinique, ces ictères malformatifs se caractérisent par leur apparition relativement précoce et leur intensité progressivement croissante. Les selles sont décolorées du fait de l'absence de bile. Les urines sont par contre très colorées puisque la bilirubine est conjuguée et hydrosoluble. Le foie est augmenté de volume. L'état général, bon au départ, fléchit rapidement, et un état de dénutrition s'installe progressivement. L'évolution est constamment défavorable en l'absence de traitement, et se fait vers la mort en quelques semaines ou mois.
La suspicion d'un ictère malformatif impose une intervention chirurgicale exploratrice. Certaines malformations peuvent être corrigées. D'autres sont au-dessus de toute ressource chirurgicale mais on arrive parfois à assurer une élimination palliative correcte de la bile. La guérison est alors possible si on a pu éviter l'installation de lésions cellulaires hépatiques irréversibles ou d'une cirrhose.
[?] Autres causes de jaunisse du nouveau-né
Tout ralentissement du transit intestinal accentue la déconjugaison et la réabsorption de la bilirubine conjuguée dans l'intestin. C'est ce mécanisme qui explique l'ictère noté dans la sténose du pylore et l'hypothyroïdie.
Une galactosémie, une intolérance au fructose, un déficit en alpha-1 anti-trypsine, une dyslipoïdose, une intoxication sont parmi les causes auxquelles doit également penser le médecin confronté à un ictère chez le nouveau-né.
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Impétigo, furoncles, érysipèle et folliculite de l'enfant
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L'impétigo est une infection cutanée superficielle très contagieuse due au staphylocoque ou au streptocoque. Les lésions sont d'abord des vésicules puis des pustules.
Chez le nouveau-né, il s'agit souvent d'un pemphigus staphylococcique : il s'agit de bulles sur la peau remplies de liquide. Non traité, le pemphigus peut dégénérer : les staphylocoques passent dans la circulation sanguine générale et risquent de provoquer une ostéo-arthrite, une staphylococcie pleuro-pulmonaire ou d'autres complications septiques.
Chez l'enfant plus âgé, les lésions restent plus localisées.
Le traitement fait appel :
A la désinfection locale : Hexomédine®, éosine alcoolique®, Bétadine®... ;
Aux antibiotiques locaux : Fucidine® pommade...etc.
- Aux antibiotiques oraux : Oracefal®, Ceporexine®, Keforal®, Midecacine®, Pyostacine®, Staphylomycine®, Fucidine® etc...
Lorsque l'infection est plus profonde et atteint le tissu cellulaire sous-cutané, il s'agit d'un érysipèle. La peau est tendue, surélevée et rouge en un placard assez bien limité. Le streptocoque est souvent le germe responsable.
Les furoncles et les folliculites sont provoqués par le staphylocoque doré. Ils traduisent l'infection de follicules pileux. Un anthrax correspond à l'infection de plusieurs follicules.
Le traitement fait appel à la désinfection locale, à l'application d'Hexomédine transcutanée®, d'Antiphlogistine® ou d'Osmogel® et à l'antibiothérapie locale anti-staphylococcique ou par voie générale (Pyostacine®, Staphylomycine etc...).
Le furoncle de l'aile du nez est particulièrement dangereux et ne doit pas être manipulé pour éviter la staphylococcie maligne de la face.
Les furoncles à répétition (furonculose) posent des problèmes différents. Il est habituel de rechercher un diabète sucré dans ces circonstances.
Pour tenter d'éviter les récidives, plusieurs traitements peuvent être essayés :
La désinfection de toutes les plaies cutanées à l'Hexomédine® ;
Une cure alternée 10 jours par mois d'antibiotiques au tiers des doses usuelles : Pyostacine®, Bactrim®, Keforal® ...
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Incontinence urinaire
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
L'incontinence urinaire est une perte involontaire des urines.
Schématiquement, on peut distinguer 3 grands types d'incontinence urinaire : l'incontinence d'effort, l'incontinence par impériosité (en dehors des efforts) et l'incontinence après chirurgie (complication d'une intervention).
[?] Causes et facteurs de risque
La continence urinaire (capacité à retenir ses urines) est assurée par un appareil sphinctérien situé sous le col de la vessie, autour de l'urètre. Le sphincter est formé de deux composantes musculaires qui ont une commande nerveuse différente. Un des deux composants obéit à la volonté tandis que l'autre est autonome.
Il existe normalement une inhibition réflexe réciproque entre la vessie et les muscles sphinctériens : quand l'une se contracte, les autres se relâchent et inversement.
L'incontinence urinaire résulte soit d'un dysfonctionnement musculaire (lésion du sphincter et/ou des autres muscles du périnée), soit d'une anomalie neurologique affectant le sphincter et/ou la vessie.
L'incontinence urinaire d'effort, la plus fréquente, touche surtout la femme après 50 ans. Les facteurs de risque sont les traumatismes obstétricaux (accouchement, surtout s'il a été traumatique : gros enfant, épisiotomie, forceps...) et le vieillissement.
L'incontinence par impériosité est le plus souvent liée à une anomalie neurologique (malformation congénitale, vessie hyperactive, traumatisme de la moelle épinière...) ou à une irritation de la vessie (infection, tumeur, calcul, corps étranger...).
Incontinence d'effort et incontinence par impériosité sont parfois associées.
L'incontinence après chirurgie peut survenir chez l'homme après une intervention sur la prostate (par lésion du sphincter - qui est au contact de la prostate - ou par lésion des nerfs du sphincter). Elle se manifeste souvent par une incontinence permanente. Chez la femme, l'incontinence est la complication de certaines cures de prolapsus ("descente d'organes"). En effet, la "remontée" de l'organe démasque parfois une incontinence qui était latente.
Enfin, il existe un cas particulier où les fuites sont liées à une rétention d'urines dans la vessie. La vessie étant pleine en permanence, les fuites correspondent au "trop plein" qui s'évacue. Il s'agit de mictions "par regorgement". L'obstruction par un adénome de la prostate en est une cause fréquente.
[?] Les signes de la maladie
Il s'agit de fuites involontaires d'urines en dehors des mictions.
L'incontinence d'effort survient à la toux, à la marche, lors du rire, en portant des charges lourdes...
L'incontinence par impériosité survient en dehors des efforts, y compris la nuit. Elle s'accompagne souvent de besoins urgents qui, lorsqu'ils ne sont pas assouvis à temps, se transforment en fuites. La personne n'a souvent pas le temps d'arriver aux toilettes.
L'incontinence permanente est l'absence de vraies mictions. Toute l'urine est évacuée sous forme de fuites. La personne est mouillée en permanence.
[?] La consultation
L'interrogatoire est fondamental. Il doit préciser le type d'incontinence, la gêne ressentie, les implications de l'incontinence sur la vie professionnelle et privée, les antécédents obstétricaux et chirurgicaux.
Un catalogue mictionnel est souvent nécessaire pour juger de l'importance des fuites : pendant quelques jours, la personne note l'heure, la circonstance et la quantité des fuites, ainsi que l'heure et la quantité des boissons absorbées.
L'examen clinique est centré sur le périnée (appareil gynécologique chez la femme, urètre, prostate chez l'homme, tonus des muscles du périnée...). Chez la femme se plaignant de fuites à l'effort, il est indispensable de retrouver ces fuites à l'examen (toux, efforts de poussée) avant de prendre une décision thérapeutique.
[?] Examens et analyses complémentaires
Ils sont fonction du contexte, du type d'incontinence et de l'examen clinique.
Dans la plupart des cas, un examen urodynamique est réalisé. Cet examen nécessite la mise en place d'une sonde dans la vessie. Il permet une appréciation du fonctionnement de la vessie et du sphincter. Entre autres, il permet de détecter une hyperactivité vésicale (contractions fréquentes et désinhibées du muscle vésical) dont la traduction est une incontinence par impériosité.
Dans les cas simples, l'examen urodynamique est souvent le seul examen important. Lorsque la cause de l'incontinence est difficile à établir, ou lorsqu'on découvre une cause neurologique à l'incontinence, d'autres examens sont parfois justifiés : electromyogramme, IRM médullaire...
[?] Ne pas confondre avec...
Certaines fuites, de survenue rapide et d'abondance modérée, sont liées à un événement transitoire : infection urinaire, calcul, fibrome utérin... Il faut donc éliminer ces diagnostics dont le traitement souvent simple permettra de faire disparaître les fuites.
Certaines pertes d'urines ne sont pas des vraies fuites. Il s'agit des "urinations", qui sont de véritables miction-reflexes dont le mécanisme est complexe. Ces urinations surviennent souvent lors du rire ou lors de l'orgasme.
Dans tous les cas, il faut surtout éliminer la présence d'un obstacle situé sous la vessie (hypertrophie prostatique, tumeur, fécalome...) qui pourrait engendrer une rétention d'urines et des mictions par regorgement
[?] Traitement
Il correspond au traitement de la cause.
L'incontinence urinaire d'effort de la femme peut être traitée de multiples façons, à commencer par la rééducation. En cas d'échec de la rééducation, le traitement de choix est chirurgical.
De nombreuses techniques sont possibles, allant d'une intervention courte sous anesthésie locale à la pose d'un sphincter artificiel.
Ces dernières années, un nouveau traitement efficace et peu agressif est apparu et s'est largement développé. Il s'agit de la mise en place par voie vaginale d'une bandelette de tissu synthétique sous l'urètre. La bandelette, appelée TVT, est simplement posée sous l'urètre. L'intervention, de courte durée, nécessite en général 24 à 48 heures d'hospitalisation. L'efficacité de cette technique sur les fuites est aujourd'hui prouvée, pour un taux faible de complications.
L'incontinence par impériosité relève d'avantage du traitement médical et de la rééducation. Les médicaments anticholinergiques à base d'oxybutynine permettent de réduire le nombre de contractions désinhibées de la vessie.
Une stimulation nerveuse, par implant d'une électrode au contact d'une racine nerveuse (neuromodulation sacrée), est parfois proposée dans les troubles rebelles aux traitements classiques.
Certains cas très particuliers de vessies neurologiques, qui entrent dans le cadre d'une maladie plus globale, peuvent nécessiter une intervention lourde comme l'agrandissement ou l'exérèse de la vessie.
L'incontinence par lésion organique du sphincter (après chirurgie de la prostate par exemple) peut être traitée par rééducation ou par la chirurgie. Aujourd'hui, les possibilités chirurgicales sont soit l'implantation endoscopique (par les voies naturelles) de matériel synthétique dans la région du sphincter, soit la confection d'un sphincter artificiel. La mise en place d'un sphincter artificiel est une intervention minutieuse qui comprend certains risques, mais dont les résultats sont excellents.
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L'infarctus du myocarde (crise cardiaque)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
L'infarctus du myocarde est la mort (nécrose) d'une zone plus ou moins étendue du muscle cardiaque (myocarde). Les cellules musculaires cardiaques de ce territoire ne parviennent plus à se contracter par manque d'apport en oxygène et meurent en quelques heures.
Le myocarde est vascularisé par les artères coronaires. Lorsque celles-ci se bouchent (caillot, thrombose ou spasme), le myocarde ne reçoit plus de sang et manque d'oxygène. Il souffre d'ischémie.
La gravité de l'infarctus tient surtout à son étendue : plus l'artère obstruée irrigue une zone importante, plus l'infarctus est grave. Si l'atteinte est très étendue, le fonctionnement de toute la pompe cardiaque est altéré. Il en résulte une insuffisance cardiaque plus ou moins aiguë, des contractions anormales ou anarchiques qui imposent le transfert dans une unité de réanimation car il y a un risque vital
[?] Causes et facteurs de risque
L'infarctus du myocarde (IDM) est une des complications majeures de l'athérosclérose des artères coronaires. Il touche un homme sur cinq entre 40 et 60 ans, mais peut également concerner le sexe féminin et le sujet plus jeune.
En France, 30 % des décès sont d'origine cardiovasculaire. Dans 50 % des cas, il n'existe pas de facteur de risque connu au moment de l'infarctus.
Les facteurs favorisants sont connus : l'hypertension artérielle, l'hérédité, l'hyperlipidémie, le tabac, le diabète, l'obésité, l'hypothyroïdie, le stress...
D'autres causes plus rares peuvent être à l'origine d'un infarctus myocardique :
Une embolie coronarienne (migration d'un caillot de sang formé ailleurs) ;
Un exercice sportif violent ;
Des globules rouges en excès (polyglobulie consécutive à la prise d'érythropoïétine notamment) ;
Une électrisation ;
D'autres affections coronariennes rares : périartérite noueuse, maladies de Kawasaki et de Takayasu...
Janvier 1998 : Selon une étude canadienne, sur 34 infarctus mortels survenus au cours de l'acte sexuel, 27 concernaient des relations extra-conjugales. Cette étude a également démontré que plus la partenaire est jeune, plus les amours illégitimes sont dangereux.
[?] Les signes de la maladie
Le début peut être inopiné et brutal.
Cependant, on retrouve une fois sur deux des signes précurseurs dont la prise en compte et le traitement peuvent éviter ou réduire la constitution d'un infarctus :
Aggravation brutale récente d'une angine de poitrine (angor) jusque-là bien tolérée ;
Apparition récente d'un angor avec douleurs spontanées prolongées.
L'infarctus du myocarde se manifeste le plus souvent la nuit ou au repos par une douleur d'apparition brutale. Cette douleur se situe dans la poitrine, en arrière du sternum. Intense, serrant la poitrine, angoissante (le malade a l'impression qu'il va mourir), la douleur peut se propager à la mâchoire, au bras gauche, aux deux derniers doigts de la main gauche, et parfois vers le dos ou le ventre.
Cette douleur ressemble dans sa nature à celle de l'angine de poitrine. Mais ici, elle est durable, beaucoup plus forte et résiste à la prise de Trinitrine en spray par exemple.
En pratique, toute douleur angineuse persistant plus de 30 minutes est suspecte et nécessite un électrocardiogramme.
Un essoufflement, des sueurs, une agitation, des nausées ou vomissements, un hoquet persistant, des éructations incessantes (rots) peuvent être associés.
[?] La consultation
Associée à une douleur caractéristique, la prise de la tension montre une chute de la pression artérielle associée à une diminution de l'écart entre la pression maximale et minimale (par exemple la tension passe de 16/8 à 13/10).
A l'auscultation cardiaque, les bruits du coeur sont sourds et rapides.
La perte d'efficacité de la pompe cardiaque provoque une accumulation de sang au niveau des poumons et l'infarctus du myocarde peut s'accompagner d'un oedème aigu des poumons (OAP). Dans ce cas, le médecin note une coloration bleutée des doigts et des lèvres.
Une fièvre modérée peut apparaître 24 heures après le début des troubles et s'estompe en quelques jours
[?] Examens et analyses complémentaires
L'électrocardiogramme (ECG)
L'ECG permet le diagnostic et précise la localisation et l'importance de l'infarctus.
Les signes biologiques sanguins
Elévation des enzymes musculaires :
Troponine Ic (Normale < 0,35 ng/ml). C'est un témoin biologique idéal de l'infarctus du myocarde : il peut se détecter précocement (en 2 à 4 heures)et reste élevé 5 à 9 jours après le début. Il est spécifique du muscle cardiaque (même en cas de lésions musculaires ou rénales associées) ;
Créatine-phospho-kinase dans sa fraction MB spécifique du myocarde (CPK) ;
Transaminases ;
LDH (lactico-déshydrogénase) ;
Alphahydroxybutyrate déshydrogénase (HBDH) ;
Augmentation du nombre de globules blancs) ;
Elévation de la vitesse de sédimentation (VS).
Autres examens spécialisés
Electrocardiogramme continu (Holter ) à la recherche de trouble du rythme ;
Echographie cardiaque Doppler pour apprécier la taille du coeur et le retentissement de l'infarctus sur la fonction cardiaque ;
Angioscintigraphie cardiaque.
[?] Evolution de la maladie
L'évolution de l'infarctus du myocarde est plus ou moins favorable selon les antécédents du sujets (récidive ou infarctus du myocarde étendu), de la présence de facteurs de risques (grand âge, obésité, diabète, hypertension artérielle) ou de complications immédiates et le délai de prise en charge médicale.
Les complications possibles sont nombreuses et variées.
Complications précoces
Lorsqu'il s'agit de récidives ou d'infarctus du myocarde étendus en raison du terrain : grand âge, obésité, diabète, hypertension artérielle ou parce qu'ils s'accompagnent de complications immédiates :
Choc non cardiogénique ou choc vagal.
Il s'agit d'une insuffisance cardiovasculaire dont le coeur n'est pas responsable directement mais qui peut aboutir à la mort.
Le choc cardiogénique.
Si l'infarctus atteint une zone étendue de myocarde (40 à 50 % de la masse myocardique), il peut provoquer la déchéance totale de la fonction cardiaque (10 à 15 % des cas). C'est la forme majeure de l'insuffisance cardiaque.
L'insuffisance cardiaque.
L'insuffisance ventriculaire gauche est fréquente dans les premiers jours de l'IDM. Elle devient une complication lorsqu'elle entraîne des difficultés respiratoires importantes, une stase pulmonaire et un oedème aigu des poumons.
Les troubles de la conduction.
La nécrose d'une partie du myocarde gêne considérablement le passage (conduction) des influx électriques qui provoquent normalement la contraction du muscle cardiaque. Ces troubles de la conduction, aussi appelés blocs auriculo-ventriculaires, peuvent aboutir à un arrêt cardiaque.
Les troubles du rythme cardiaque.
Ils sont extrêmement fréquents : 90 % des IDM.
Tous les troubles du rythme peuvent se voir au cours de l'infarctus du myocarde :
La fibrillation ventriculaire : c'est la menace principale : le ventricule devient tout à fait inefficace et entraîne un arrêt circulatoire dont le seul traitement est le choc électrique.
La tachycardie ventriculaire : très grave, elle entraîne un état de choc et une insuffisance cardiaque. Elle doit être réduite d'urgence (anti-arythmiques, choc électrique).
La fibrillation auriculaire : elle est aussi très grave et doit être prise en charge.
Les ruptures du muscle cardiaque : elles sont rares (0,5 à 1 %) mais graves car le traitement chirurgical est très aléatoire.
Les accidents thromboemboliques : les embolies artérielles ou pulmonaires sont fréquentes et justifient le traitement anticoagulant à la phase aiguë de l'infarctus. Les signes de phlébite sont attentivement recherchés tous les jours.
En cas de fibrillation auriculaire, des embolies artérielles sont possibles, favorisées en outre par l'immobilité et la réduction du débit cardiaque : artères cérébrales (hémiplégie) etc.
Complications retardées
Le syndrome de Dressler : cette maladie inflammatoire se développe 3 à 6 semaines après l'infarctus du myocarde et se traduit par des douleurs thoraciques et articulaires, une fièvre, des épanchements de la plèvre et de l'enveloppe du coeur. Les anti-inflammatoires sont efficaces.
Complications tardives
L'anévrisme ventriculaire : il peut se constituer quelques semaines après l'infarctus du myocarde. Il peut provoquer des troubles du rythme, une insuffisance cardiaque et des embolies.
[?] Ne pas confondre avec...
Chez un sujet jeune, sans antécédents, une intoxication aiguë par des amphétamines, la cocaïne, l'ecstasy... doit être suspectée.
La douleur de l'infarctus myocardique peut parfois prêter à confusion avec la plupart des urgences du thorax et de l'abdomen : embolie pulmonaire, péricardite aiguë, pneumothorax, pleurésie, pneumopathie aiguë, oedème aigu du poumon (OAP), colique hépatique, pancréatite, perforation d'organes creux, infarctus mésentérique, dissection aortique...
Certains infarctus du myocarde ne s'accompagnent pas de douleur thoracique et sont découverts par l'électrocardiogramme lors d'un OAP, d'un collapsus ou d'un accident vasculaire cérébral.
[?] Traitement
Au lit du malade
Le malade doit être évacué le plus vite possible vers une structure hospitalière. Appeler le SAMU au 15.
En attendant, et une fois le diagnostic établi ou fortement suspecté, les premiers gestes à faire sont l'administration :
De dérivés nitrés d'action rapide, sauf si la tension artérielle est trop basse ;
Un antalgique généralement opiacé car la douleur est forte (ex : morphine, nalbuphine ou buprénorphine)
Par ailleurs, il est possible d'administrer un sédatif contre l'anxiété et de l'oxygène.
En cas d'arrêt cardiaque, le massage cardiaque et le bouche à bouche doivent être commencés en attendant le SAMU.
Le transfert du patient doit se faire en ambulance médicalisée (SAMU/SMUR) avec un médecin qui pourra surveiller la perfusion, le tracé ECG permanent du malade et initier le traitement.
Dans l'ambulance et à l'hôpital
Le premier objectif du traitement est d'essayer d'obtenir et le plus vite possible le passage du sang dans l'artère coronaire bouchée. Deux techniques sont utilisables :
La thrombolyse consiste à administrer dans la circulation des thrombolytiques, capables de "dissoudre" le caillot qui obture l'artère ;
L'angioplastie qui consiste à introduire une sonde à ballonnet dans la coronaire bouchée, afin de la dilater mécaniquement.
Dès l'ambulance puis à l'Unité de soins intensifs cardiaques, un traitement complexe sera mis en place. Il associe le plus souvent :
Des thrombolytiques par voie veineuse (sauf contre-indications) ou une angioplastie transluminale percutanée si cette technique est disponible ;
Des héparines et de l'aspirine pour fluidifier le sang et diminuer sa coagulabilité ;
Des opiacés contre la douleur (ex : morphine, nalbuphine ou buprénorphine) ;
Une sédation contre l'anxiété à l'aide d'un anxiolytique ou d'un hypnotique ;
Une oxygénothérapie. Elle consiste à faire respirer au patient de l'air enrichi en oxygène pour améliorer l'oxygénation du coeur.
Auxquels on ajoutera éventuellement et selon les cas :
Des bêtabloquants (aténolol, métoprolol) ;
Dérivés nitrés en injectable.
Si la zone nécrosée est supérieure à 40 % de la masse myocardique, l'évolution est le plus souvent fatale.
Dans un deuxième temps
Une surveillance régulière et une hygiène de vie sont indispensables.
La convalescence débute à la sortie de l'hôpital et dure 2 à 8 semaines.
Durant cette phase, le patient devra retrouver progressivement une certaine activité physique, se réadapter à l'effort. Cette réadaptation peut se faire à domicile, en externe à l'hôpital ou dans un centre de rééducation spécialisé.
Ces mesures permettent souvent au patient d'atteindre une forme physique bien supérieure à celle qu'il avait avant son infarctus. La réadaptation cardiaque à l'effort va permettre de diminuer le travail du coeur dans la vie quotidienne. En effet, l'exercice physique diminue la fréquence cardiaque au repos et pour un même effort, après entraînement, la fréquence cardiaque monte beaucoup moins.
Le traitement au long cours associe des médicaments diminuant la fatigue du coeur et améliorant l'irrigation et l'oxygénation du coeur : bêtabloquant, inhibiteurs calciques, IEC, dérivés nitrés...à un traitement anticoagulant ou anti-agrégant plaquettaire (aspirine).
Conseils pratiques et informations diverses
[ ? ] La lutte contre les facteurs de risque
Elle doit être rigoureuse :
Arrêt du tabac ;
Correction de l'obésité ;
Correction des troubles lipidiques, notamment l'hypercholestérolémie ;
Traitement de l'hypertension artérielle ;
Traitement d'une éventuelle l'hyperuricémie ;
Traitement d'un éventuel diabète ;
Arrêt des contraceptifs oraux ;
Lutte contre la sédentarité (ou l'absence d'activité physique) ;
Lutte contre le stress...
Il existe des associations de cardiaques dont le but est d'aider les malades à échanger des conseils utiles.
L'altitude
Le séjour prolongé en altitude supérieure à 1500 mètres est à éviter. La marche en montagne n'a cependant aucun inconvénient sur le coeur s'il est stable et s'il n'y a ni essoufflement, ni angor.
Le climat
Le séjour en bord de mer est bénéfique. Les baignades sont toutefois interdites si la température de l'eau est inférieure à 20°. Il faut éviter de nager au large et rester parallèle à la côte pour des raisons évidentes de sécurité.
Les climats torrides sont déconseillés
L'exposition au soleil ne présente pas plus d'inconvénient que pour un sujet sain, sauf pour les patients traités par certains médicaments pouvant provoquer une hypersensibilité de la peau aux rayons solaires (Amiodarone).
Le froid peut déclencher des crises d'angor. Il faut éviter les efforts brusques ou les faire précéder d'un échauffement préalable.
L'effort
Il faut éviter les efforts physiques après les repas et surtout pendant la digestion, car à ce moment l'apport d'oxygène au coeur est diminué au profit des intestins.
L'activité sexuelle peut reprendre sans inconvénient lors de la convalescence. On considère que l'activité sexuelle peut être reprise dès que le patient est en état de monter deux étages sans symptôme.
Les efforts dynamiques sont bénéfiques mais doivent être progressifs. L'esprit de compétition doit être évité. Les sports d'endurance permettent d'améliorer les capacités cardiovasculaires sans imposer d'efforts trop violents au coeur :
La marche tous les jours ;
Le "footing" (avec précaution) ;
Le cyclisme ou le vélo d'appartement ;
La natation (éviter l'eau froide) ;
Le golf ;
La pêche (sauf en plongée) ;
Le yoga ;
La gymnastique en évitant les exercices impliquant un "blocage respiratoire" et les rythmes trop rapides..
Les transports
La conduite automobile constitue une source de stress. Après la sortie de l'hôpital, il ne faut la reprendre que progressivement en étant accompagné.
En général, le voyage aérien est un moyen de transport pratique, rapide et bien toléré qui convient bien aux patients cardiaques.
La pressurisation dépend du type d'appareil et de l'altitude. Dans les avions pressurisés il existe une "altitude cabine" maintenue entre 800 et 1500 mètres.
Les contre-indications aux transports aériens :
L'insuffisance cardiaque décompensée ;
Un syndrome de menace ;
Un infarctus du myocarde dans les 15 premiers jours ;
Un bloc auriculo-ventriculaire non appareillé entraînant des syncopes ;
Un coeur pulmonaire (embolie pulmonaire, insuffisance respiratoire aiguë).
Le coronarien doit avoir sur lui de la Trinitrine. S'il a déjà présenté des poussées d'insuffisance cardiaque, il doit avoir sur lui un diurétique d'action rapide (Furosémide)
Durant le vol, en cas de douleur angineuse, le patient doit prendre de la Trinitrine. Si la crise ne cède pas, ou en cas d'oppression thoracique, l'inhalation d'oxygène par masque s'impose.
La reprise du travail
Tout doit être fait pour une reprise rapide du travail antérieur, sauf en cas de travaux musculaires lourds incompatibles avec l'état cardiaque. La reprise du travail est plus facile lorsqu'il s'agit d'une activité sédentaire et intellectuelle.
L'aptitude au travail peut être évaluée en fonction des résultats de l'épreuve d'effort. Une reconversion professionnelle est parfois nécessaire.
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Les infections en ophtalmologie
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Certaines sont bénignes et d'autres sévères. Dans ce cas seul votre médecin, voire un spécialiste, pourra prescrire le traitement adapté.
Les affections des paupières
L'orgelet
Aussi appelé compère-loriot, c'est un furoncle d'un cil, isolé ou associé à une blépharite. Il peut s'abcéder avec oedème palpébral puis régional.
Le traitement repose sur une pommade ophtalmique antibiotique. Parfois, l'incision est nécessaire pour évacuer le pus. Il faut éviter de manipuler le furoncle. En cas d'oedème de la face, les antibiotiques sont prescrits par voie générale.
La blépharite
C'est une inflammation de la paupière. Associée ou non à une conjonctivite, elle se traduit par un oedème palpébral prurigineux avec rougeur du bord ciliaire et des croûtes à la racine des cils.
Les causes sont multiples :
Troubles de réfraction non corrigés (astigmatisme) ;
Hétérophorie (déviation des axes visuels ou strabisme latent) ;
Allergies ;
Séborrhée ;
Acné rosacée ;
Mycose, parasitoses, eczéma, impétigo...
Le traitement repose sur la suppression du facteur déclenchant, l'hygiène locale, les pommades antibiotiques.
Le chalazion
C'est un petit kyste palpébral, unique ou multiple, susceptible de surinfection. C'est un granulome inflammatoire dû à la rétention des glandes annexées aux cils.
Le traitement repose sur l'application de pommades.
L'exérèse chirurgicale s'impose en cas d'échec.
Des récidives fréquentes font rechercher une cause sous-jacente :
Hétérophorie ;
Astigmatisme.
Les conjonctivites
La conjonctivite est l'inflammation de la muqueuse conjonctivale, aiguë, subaiguë ou chronique.
Les signes cliniques sont évocateurs :
Photophobie (la lumière fait mal aux yeux) ;
Ecoulement muqueux, mucopurulent ou purulent avec agglutination des cils ;
Conjonctive rouge (hyperhémiée) avec suffusions hémorragiques.
Les causes sont nombreuses :
Bactériennes ;
Virales ;
Allergiques ;
Mycosiques.
Conjonctivites bactériennes
Les bactéries sont reconnues à l'examen bactériogique fait sur le prélèvement.
Les conjonctivites bactériennes se traduisent par un écoulement muco-purulent ou purulent :
Germes banals (staphylocoque, streptocoque, pneumocoque) : guérison en 2 à 8 jours avec un collyre antibiotique ;
Bacilles de Weeks : guérison en quelques jours avec collyre antibiotique ;
Bacilles de Morax : guérison en 15 jours avec collyre antibiotique ;
Bacilles de Pfeiffer : guérison en quelques jours avec collyre antibiotique ;
Gonocoques : l'ophtalmie purulente du nouveau-né survient au 3° jour après la naissance : chémosis, sécrétions purulentes jaune-verdâtres, danger de panophtalmie. A ne pas confondre avec une réaction au nitrate d'argent (sécrétions blanches), une conjonctivite au cytomégalovirus (CMG) qui survient du 8° au 10° jour, ou une imperméabilité des voies lacrymales.
Certaines conjonctivites sont pseudo-membraneuses :
Diphtérique : traitement étiologique ;
Streptocoques : antibiothérapie locale et générale.
Conjonctivites virales
Conjonctivite à adénovirus (fréquente) : provoque une sécrétion aqueuse abondante et des signes généraux, elle peut être contractée dans les piscines ;
Inclusions cytomégaliques (ICM) ;
Nouveau-né : antibiothérapie ;
Piscine : bénigne, traitement par tétracyclines ;
Trachome (conjonctivite folliculaire) à l'état endémique en Afrique du Nord et en Asie. Complications cornéennes graves. Traitement prolongé par tétracyclines ;
Conjonctivite herpétique.
Conjonctivites allergiques
Elles sont très fréquentes, et sont traitées localement par des collyres spécifiques, et par un traitement anti-allergique général si c'est nécessaire.
Les conjonctivites mycosiques sont rares.
Les kératites
Ce sont des affections inflammatoires et dégénératives graves de la cornée, s'accompagnant ou non d'ulcérations.
Les symptômes évocateurs sont :
Des douleurs oculaires ;
Une rougeur périkératique ;
Un larmoiement ;
Une photophobie ;
Une baisse de l'acuité visuelle.
Les causes sont nombreuses :
Infections ;
Ulcère de la cornée post-traumatique ;
Conjonctivite microbienne ulcérante (gonocoque, streptocoque) ;
Mycose ;
Virus : herpès, zona, rougeole, rubéole, grippe, varicelle ;
Syphilis, tuberculose...;
Avitaminoses A et B2 ;
Acné rosacée ;
Troubles trophiques de la cornée ;
Kératite neuro-paralytique par lésion du trijumeau , après zona, paralysie faciale ;
Sujets comateux gardant les yeux mi-ouverts ;
Kérato-conjonctivite sèche (Gougerot-Sjogren).
[?] Evolution de la maladie
Elle est variable selon la cause. En l'absence de traitement, risque de perforation, de panophtalmie ou de taie cornéenne persistante.
Les kératites superficielles sont moins graves que les kératites profondes.
[?] Traitement
Il correspond au traitement de la cause.
En cas d'ulcération, collyres avec atropine, cicatrisants cornéens, antibiotiques, et pansements occlusifs.
En cas d'herpès : Iduviran, pelage cornéen, cryothérapie ;
En cas de kératite neuro-paralytique : tarsorraphie ;
Au stade des cicatrices avec taie : kératoplastie ou greffe de cornée.
Iritis et iridocyclite ou uvéite
L'iritis est l'inflammation de l'iris.
La cyclite est l'inflammation du corps ciliaire.
L'iridocyclite est l'inflammation des deux organes en même temps.
Symptômes :
Douleurs aux mouvements du globe ;
Photophobie ;
Brouillard visuel.
Causes :
Locales : foyers infectieux dentaires, ORL, urinaires...
Générales : sarcoïdose , tuberculose, maladies rhumatismales, spirochétose, brucellose, maladie de Behçet (aphtose généralisée)
[?] Traitement
Symptomatique : atropine, corticoïdes et antibiotiques en collyre et injections intra-oculaires ;
Traitement de la cause quand c'est possible.
L'évolution est favorable sous traitement symptomatique mais le risque de récidive existe.
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Infections et grossesse
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[?] Généralités
L'infection pendant la grossesse a longtemps été redoutable et justifiait des secteurs d'isolement dans les maternités en particulier contre la fièvre puerpérale.
Si le risque a changé de nature il reste que les infections pendant la grossesse ou juste après l'accouchement peuvent être redoutables tant pour la mère que pour l'embryon ou le foetus; il n'y a pas toujours de traitement efficace.
Le meilleur traitement est préventif : c'est la vaccination avant la grossesse, lorsqu'elle existe.
L'agent infectieux peut être un virus, une bactérie, un parasite ou un autre micro-organisme.
Il contamine l'enfant par trois voies :
Présent dans le sang maternel, il traverse la barrière placentaire et parvient au sang foetal ;
A partir des voies génitales basses de la femme, il atteint l'oeuf, soit par effraction des membranes amniotiques pendant la grossesse, soit lors de l'expulsion au moment de l'accouchement ;
Une infection amniotique se développe par contact direct, à partir d'un foyer d'endométrite (infection de l'endomètre) par exemple.
Par définition, une infection dans les trois premiers mois provoque une embryopathie; ensuite, il s'agit d'une foetopathie .
Les infections virales
Le plus souvent, elles sont sans conséquence sur l'enfant.
Mais parfois, peuvent survenir un avortement, une mort foetale in utero ou un accouchement prématuré, des malformations congénitales.
Une infection in utero peut se révéler à la naissance ou des années après.
La rubéole
10 à 30 % environ des femmes enceintes en France ne sont pas immunisées. La législation française a rendu obligatoire la vaccination avant l'âge de la procréation des jeunes filles non immunisées.
Le risque embryonnaire existe pendant le premier trimestre de gestation, il est maximum entre la 6° et la 8° semaine.
Les organes le plus souvent atteints sont les yeux (cataracte, microphtalmie, glaucome congénital), les oreilles (surdité), le coeur (communications interauriculaire et interventriculaire, persistance du canal artériel), le système nerveux central (arriération mentale, etc...)
Une atteinte après le 5° mois ne provoque pas de malformation, mais une rubéole congénitale : à la naissance, l'enfant est hypotrophique et peut présenter des atteintes cardiaque, pulmonaire, sanguine, osseuse ; ces atteintes sont évolutives et contagieuses.
Or, elles pourraient toutes être évitées si, avant la grossesse, les femmes non immunisées avaient été vaccinées, sous contraception efficace pendant les 4 mois encadrant la vaccination.
En cas de contage et lorsqu'on ignore si une femme enceinte est immunisée, le diagnostic de rubéole n'est possible qu'à l'aide de deux prélèvements de sang successifs à 15 jours d'intervalle, sur lesquels on pratique des sérodiagnostics spécifiques.
En cas de contage certain, l'injection précoce de gammaglobulines apporte une certaine protection.
La maladie des inclusions cytomégaliques (ICM)
Elle est due au cytomégalovirus ou CMV.
Chez la mère l'infection est le plus souvent inapparente.
Au premier trimestre de la gestation, elle provoque un avortement ou une anomalie congénitale : la maladie du nouveau-né sera grave si la grossesse se poursuit. Si la maladie survient plus tard, le foetus risque la mort in utero, une foetopathie grave (avec calcifications intracrâniennes, hépatosplénomégalie, anémie, souffrance cérébrale).
Le virus doit être recherché dans les urines, et les cellules porteuses des inclusions qui donnent leur nom à la maladie, dans les urines et la salive.
Un enfant indemne à la naissance peut révéler plusieurs mois plus tard un retard psychomoteur important.
Un dosage sérologique est possible.
Le dépistage systématique n'est pas réalisable. La prévention consiste à éviter toute contamination pendant la grossesse (lavage et brossage soigneux des mains).
La grippe
Elle semble ne pas provoquer de malformation chez l'enfant.
L'hépatite virale
Hépatite B : la transmission de la mère à l'enfant se fait surtout au moment de l'accouchement et peut provoquer une hépatite B chez l'enfant : la sérovaccination de l'enfant à la naissance est nécessaire. L'allaitement maternel peut également provoquer une contamination.
En cas d'atteinte pendant la grossesse, les symptômes sont connus : ictère, vomissements, prurit. Sur le plan biologique, les transaminases sont élevées.
Généralement, la guérison est obtenue sans séquelle hépatique en 3 à 5 semaines. Les risques pour le foetus ne sont pas malformatifs. Il s'agit surtout de prématurité, de mort in utero ou néonatale.
En cas d'hépatite A, le risque d'infection du foetus est très faible. Néanmoins si l'hépatite A survient dans les deux semaine précédant l'accouchement, des gammaglobulines spécifiques sont injectées au nouveau-né dès la naissance.
En ce qui concerne l'hépatite C, le virus peut contaminer le foetus, si la recherche d'ARN viral dans le sang de la mère est positive.
L'herpès
L'infection herpétique du nouveau-né reste une infection rare mais grave : la mortalité est supérieure à 50 %, la moitié des survivants présentent des séquelles neurologiques graves.
Le risque d'infection néonatale herpétique est de :
75% en cas de crise d'herpès primaire initial survenant dans le mois précédant l'accouchement ;
2 à 5% en cas d'herpès récurrent avec crise survenant dans la semaine précédant l'accouchement ;
1 sur 1000 en cas d'antécédent d'herpès génital chez la femme ou son partenaire ;
1 sur 10 000 chez les femmes enceintes sans antécédent particulier.
Deux moyens peuvent éviter l'atteinte de l'enfant : la césarienne et l'administration d'aciclovir.
La césarienne est une mesure de prévention fondamentale en cas d'herpès dans la semaine qui précède la date prévue du terme.
Elle est pratiquée si le virus est présent dans le col ou la vulve depuis moins de 8 jours. Elle évite le contact au moment de l'accouchement entre la tête de l'enfant (yeux, bouche, nez surtout) et les vésicules d'herpès qui contiennent le virus, lequel pourrait alors contaminer directement l'enfant.
La césarienne est également conseillée en cas de récurrence survenant dans la semaine précédant le terme alors qu'elle n'est pas forcément indiquée en cas d'antécédent d'herpès génital sans manifestation en fin de grossesse.
Après l'accouchement, la mère doit adopter des mesures d'asepsie pour ne pas contaminer son bébé : lavage des mains au savon et à l'alcool etc. L'allaitement maternel n'est pas contre-indiqué.
L'aciclovir est actuellement utilisé chez la femme et chez le nouveau-né si nécesaire.
La varicelle
La varicelle est relativement grave chez la femme enceinte du fait notamment des complications pulmonaires chez elle.
Le virus peut provoquer un avortement tardif, la mort in utero, un accouchement prématuré, une foetopathie varicelleuse ou une varicelle néonatale.
L'accouchement durant la phase aiguë de varicelle est déconseillé et dans ces cas-là, les médecins essayent souvent de retarder de quelques jours le travail par des médicaments (tocolyse).
Le mégalérythème épidémique (infection à parvovirus B19)
Le parvovirus B19 provoque le mégalérythème épidémique (aussi appelé 5° maladie éruptive).
Le virus est présent 5 jours dans le sang et c'est pendant cette période que le foetus peut être contaminé si une femme enceinte est infectée.
Le risque d'infection du foetus chez la femme infectée semble faible.
Les conséquences sur la grossesse peuvent être graves : avortement spontané et malformations congénitales au cours du premier trimestre, anasarque foeto-placentaire (oedème monstrueux du foetus) et mort foetale au cours du 2° trimestre ou à proximité du terme.
Le diagnostic repose sur la sérologie.
La prévention est primordiale : il est impératif d'éviter aux femmes enceintes les contacts en milieu scolaire lors des épidémies de 5° maladie éruptive (arrêt de travail pour les enseignantes et le personnel travaillant en milieu scolaire). Il est également obligatoire d'interdire la présence d'enfants de moins de 15 ans dans les salles d'attente de consultation des services de maternité : un enfant en apparence parfaitement sain peut être contagieux s'il est en phase de virémie (présence de virus dans le sang).
En cas de contage, un dosage d'IgM spécifiques est demandé et en cas d'absence d'immunité, des immunoglobulines polyvalentes sont injectées à la femme enceinte.
Une surveillance clinique et immunologique est ensuite pratiquée. En cas d'apparition d'anticorps, le dosage alpha-foetoprotéine est effectué dans le sang maternel. Si ce dernier examen permet de soupçonner une atteinte foetale, une ponction du sang du cordon (cordocentèse) peut être proposée. Cet examen permet l'étude sérologique sur le sang du foetus et donc d'affirmer une éventuelle atteinte. La surveillance échographique permet de déceler les premiers signes d'anasarque. Dans l'état actuel des connaissances, le risque tératogène semble trop faible pour justifier une décision d'interruption thérapeutique de grossesse.
Le Sida chez la femme enceinte
Les maladies parasitaires : la toxoplasmose
Chaque année, environ 2500 enfants naissent avec une toxoplasmose congénitale.
En France, plus de 30 à 50% des femmes ne sont pas immunisées avant leur grossesse et 2% d'entre elles contracteront la maladie pendant la gestation.
La toxoplasmose est une maladie due à un parasite du chat, le toxoplasme. La femme peut s'infecter soit au contact des chats, soit en mangeant de la viande contaminée mal cuite (mouton, boeuf...qui eux-mêmes se sont infestés à partir du parasite rejeté dans la nature par les déjections des chats) ou des légumes souillés mal lavés.
La maladie est souvent bénigne et inapparente chez l'adulte.
Les risques théoriques pour l'embryon et le foetus sont considérables : hydrocéphalie, retard mental, calcifications intracrâniennes, chorio-rétinite, ictère, atteinte parfois de presque tous les organes ! Un avortement tardif, une mort foetale in utero sont possibles. Mais il peut arriver que chez l'enfant aussi la maladie soit inapparente.
Le toxoplasme n'est dangereux chez la femme enceinte que lorsqu'il l'infecte pour la première fois et qu'elle n'a pas encore fabriqué d'anticorps.
La transmission de la mère au foetus est d'autant plus fréquente que l'infection maternelle est plus tardive pendant la grossesse.
La contamination du foetus se produit parfois bien après celle de la mère d'où les possibilités de sa prévention par le traitement médical et l'importance de la surveillance des sérologies.
L'infection foetale n'est pas toujours grave : l'âge foetal au moment de la transmission est fondamental. Plus le toxoplasme est transmis tard, moins les lésions sont graves.
Quand l'infection est antérieure à la conception (plus de 6 mois), il n'y a pas de risque de toxoplasmose congénitale.
Quand l'infection maternelle s'est produite dans les semaines qui ont précédé la conception ou avant la 10° semaine d'aménorrhée, le risque de contamination foetale est très faible (environ 1%) mais les lésions, lorsqu'elles existent sont graves.
Le risque de toxoplasmose congénitale est maximal quand l'infection maternelle se produit entre la 10° et la 24° semaine.
Le risque non pas de maladie mais de transmission du parasite est maximal pour les infections maternelles acquises après la 16° semaine mais la maturation immunitaire du foetus a progressé et les infections congénitales sont alors bénignes ou inapparentes. Les enfants doivent toutefois être traités car ces formes torpides d'infection peuvent se réactiver plusieurs années plus tard et laisser des séquelles.
La conduite à tenir est en principe simple : il n'existe pas encore de vaccin contre la toxoplasmose.
Le sérodiagnostic de toxoplasmose fait maintenant partie des examens obligatoires avant le mariage et au début de la grossesse.
Si une femme enceinte est immunisée avant sa grossesse, le sérodiagnostic est positif et il n'y a aucun danger.
Par contre, si la sérologie pratiquée au début de la grossesse est négative, il faut la contrôler tous les mois.
La femme doit suivre des mesures de prévention :
éviter le contact avec la litière des chats et les autres animaux domestiques qui peuvent aussi transmettre le parasite, ne manger que de la viande très cuite et bien laver fruits et légumes, en se lavant soigneusement les mains après.
En cas de contamination malgré ces précautions pendant la grossesse, le traitement par un antibiotique (spiramycine ou Rovamycine) par cures de 10 jours par mois jusqu'à l'accouchement est envisagé. Il est efficace et diminue beaucoup le risque de transmission à l'enfant.
Dans d'autres cas où l'atteinte de l'enfant est plus grave, il est proposé:
- Soit l'interruption de grossesse (IVG) ;
- Soit un traitement plus actif mais présentant une toxicité hématologique potentielle : pyriméthamine (Malocide) et sulfamides (Adiazine).
Les infections bactériennes
La listériose
Cette infection est due à un bacille, listeria monocytogenes, vivant à l'état endémique et épidémique dans de nombreuses espèces animales.
La contamination est alimentaire : les aliments contaminés peuvent être le lait cru, les fromages à pâte molle, les rillettes et pâtés à la coupe, le saumon ou la truite fumée. Mais la contamination n'implique pas toujours la maladie. Le terrain joue un rôle certain : femmes enceintes, nouveau-nés et vieillards sont des cibles privilégiées!
Pendant la grossesse, la maladie est souvent latente. Parfois, elle se manifeste par un ou plusieurs accès de fièvre simulant une grippe. Divers autres symptômes sont possibles : digestifs, urinaires, pulmonaires ou hépatiques (ictère).
Le foetus risque l'avortement spontané ou l'accouchement prématuré, la mort in utero.
A la naissance, le guettent une détresse respiratoire, une méningite, une septicémie néonatales.
Mais environ la moitié des enfants nés vivants sont indemnes de toute atteinte.
Le problème est surtout diagnostique : pendant la grossesse, le gynécologue demande des hémocultures devant tout épisode fébrile inexpliqué. Après l'accouchement, l'examen anatomique du placenta (petits abcès caractéristiques) et l'étude bactériologique (culture placentaire isolant le germe), examen du liquide amniotique, du cordon, des prélèvements périphériques et centraux chez le nouveau-né (gorge, estomac, oreilles, peau, méconium, LCR, sang) permettent un diagnostic et un traitement précoces.
Le traitement pendant la gestation repose sur l'amoxicilline, en association avec la gentamycine. Après l'accouchement, une nouvelle cure éviterait la récidive. Certains médecins conseillent de reprendre le traitement lors d'une grossesse ultérieure.
L'infection néonatale est traitée par l'amoxicilline (Clamoxyl).
Les infections à streptocoques B
Le streptocoque B est un germe banal, qui peut se comporter comme un germe pathogène chez la femme enceinte, et entraîner des complications maternelles : infections urinaires, etc., des complications foetales : mort in utero, avortement tardif, accouchement prématuré, et des complications néonatales : septicémies, infections pulmonaires et méningites.
La contamination de l'enfant peut se faire avant ou pendant l'accouchement, ou après la naissance par contamination interhumaine.
La syphilis
Cette maladie sexuellement transmissible (MST) due au tréponème pâle provoque des lésions foetales d'autant plus fréquentes et graves que la syphilis maternelle est récente et non traitée : mort in utero, accouchement prématuré, syphilis congénitale.
Le risque est moins important en cas d'antécédent de syphilis traitée, et en cas de dépistage et de traitement correct pendant le premier et le deuxième trimestre de la grossesse.
La loi prévoit un examen sérologique obligatoire lors du premier examen prénatal : s'il est positif, le traitement immédiat par la pénicilline permet de guérir la femme et de protéger efficacement le foetus. Mais la femme peut se contaminer après le 3° mois, la sérologie peut être renouvelée en cas de risque.
La gonococcie (blennorragie)
Cette MST est due au gonocoque. Autrefois, l'atteinte maternelle provoquait l'ophtalmie purulente du nouveau-né puis la cécité de l'enfant. L'instillation systématique obligatoire de nitrate d'argent (ou d'un collyre antibiotique) dans les yeux de tous les nouveau-nés a fait disparaître la maladie néonatale.
Les rickettsioses
Elles sont dues à des micro-organismes qui provoquent des fièvres éruptives pouvant revêtir divers aspects trompeurs. Ils ont une affinité remarquable pour le placenta qu'ils infiltrent. Ils entraînent des accidents obstétricaux tardifs : avortement du 2° trimestre, accouchement prématuré, mort foetale in utero tardive, hypotrophie foetale, décès néo-natal.
Le diagnostic ne peut pas être affirmé par la sérologie parfois imprécise. Le traitement par la spiramycine (Rovamycine) est efficace.
Les infections urinaires
Elles sont le plus souvent dues au colibacille, au proteus mirabilis, à Klebsiella pneumoniae.
Elles peuvent provoquer des complications obstétricales ou néonatales. La surveillance du nouveau-né à la naissance doit être étroite.
La prévention repose sur les règles d'hygiène, le dépistage précoce et le traitement des infections qui surviennent pendant la grossesse.
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Infections néonatales
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
L'infection néonatale est une cause majeure de morbidité et de mortalité. Elle intéresse plus de 1% des naissances et 10 à 15% des nouveau-nés admis dans une unité de soins intensifs.
On distingue arbitrairement plusieurs étapes chronologiques au sein des infections néonatales. Pendant toute la vie intra-utérine, l'embryon puis le foetus risquent d'être atteints par différents agents infectieux portés par la mère bactéries, virus ou parasites. On parle d'"embryo-foetopathies".
Au cours de la période périnatale, les infections bactériennes sont fréquentes et graves ce sont les infections anténatales et pernatales (pendant l'accouchement).
Après la naissance, le nouveau-né à terme et a fortiori le prématuré sont très vulnérables à l'infection (germes de la mère et de l'entourage) et une hygiène rigoureuse est indispensable pour éviter cette infection post-natale.
Rôle des anticorps
Il existe plusieurs variétés d'immunoglobulines (Ig) ou anticorps les IgG, les IgM et les IgA.
Seules les IgG de la mère traversent le placenta et se retrouvent dans le sang du foetus puis du nouveau-né. Elles ont un rôle majeur contre l'infection car elles représentent la majorité des anticorps antibactériens et antiviraux.
Les IgM maternelles sont de trop grosses molécules pour traverser le placenta. Le foetus en fabrique très peu et, à la naissance, le nouveau-né normal n'en possède qu'un taux très faible.
Si le foetus a été infecté, il a élaboré in utero des IgM qui sont donc ses propres anticorps de défense contre l'infection. A la naissance, le dosage des IgM de l'enfant permettra, lorsque le taux est élevé, de faire le diagnostic d'infection périnatale.
Les IgA de la mère ne traversent pas le placenta. Le foetus en synthétise très peu, qu'il soit infecté ou non.
Si le dosage des IgA chez un nouveau-né montre des chiffres importants, c'est qu'il y a eu transfusion materno-foetale, donc que le sang de la mère s'est mélangé au sang de l'enfant à l'occasion par exemple de manoeuvres obstétricales hémorragiques.
Cette transfusion materno-foetale est également responsable du passage des IgM de la mère dans le sang de l'enfant.
Ainsi, devant un taux élevé d'IgM chez un nouveau-né, il faudra faire une différence entre une infection et une transfusion. Le dosage simultané des IgA le permet : absents, ils certifient l'infection ; élevés, ils prouvent la transfusion.
Différences entre embryopathies et foetopathies
On distingue trois périodes dans le développement de l'oeuf humain à partir de la fécondation.
Au cours des vingt premiers jours se produit une multiplication intense de cellules indifférenciées. Toute agression sérieuse entraîne la mort de l'oeuf.
Les trois premiers mois correspondent à la différenciation des tissus et des organes c'est l'embryogénèse. Une infection à ce stade peut déterminer la mort de l'embryon ou de multiples malformations. Les différents organes se forment selon un programme chronologique pré-établi et toujours identique. Selon la date de l'infection, la malformation concernera tel ou tel organe qui était en train de se constituer lorsque l'infection est survenue. Ce sont les "embryopathies".
Les six derniers mois de la grossesse correspondent à la croissance de l'embryon qui est devenu foetus. Les infections à ce stade entraînent une "foetopathie".
Différentes circonstances font évoquer une embryo-foetopathie chez un nouveau-né.
C'est le cas notamment devant une dysmaturité inexpliquée, devant une malformation viscérale ou devant un tableau de septicémie néo-natale qui associe de façon variable plusieurs éléments :
Une altération de l'état général avec teint gris, pâleur, ictère précoce ou prolongé, oedèmes ou sclérème, hypothermie ou fièvre ;
Une augmentation de volume du foie et de la rate (hépatosplénomégalie)
Des signes cutanés purpura, érythème, bulles...
Des troubles respiratoires apnées, polypnée d'acidose...
Des troubles digestifs refus de boire, vomissements, diarrhée, météorisme abdominal, stagnation de la courbe pondérale...
Des troubles du comportement geignements continus...
Des troubles neurologiques gesticulation pauvre, enfant trop endormi ou au contraire hyper-excitable, asymétrie ou disparition d'un réflexe archaïque, convulsions, anomalies du tonus etc...
En pratique, tout nouveau-né qui va mal est suspect d'infection néonatale jusqu'à preuve du contraire.
Dans tous ces cas, la découverte d'un taux élevé d'IgM chez l'enfant est un argument diagnostique majeur. Des examens spécifiques à chaque maladie peuvent ensuite être pratiqués.
Infections microbiennes du nouveau-né
La contamination ante-natale du foetus peut se faire par voie hématogène par l'intermédiaire du cordon et du placenta ou surtout par voie ascendante à travers le col de l'utérus.
L'infection bactérienne peut provoquer la mort in utero ou l'accouchement prématuré. Les signes cliniques d'infection sont très précoces chez le nouveau-né.
La contamination per-natale peut se produire en cas de rupture prématurée de la poche des eaux facilitant l'infection du liquide amniotique par les germes vaginaux, ou au moment du passage dans la filière génitale infectée. Le nouveau-né est contaminé par déglutition ou inhalation des germes et les manifestations cliniques apparaissent quelques heures ou quelques jours après la naissance.
Parmi les germes les plus souvent en cause, on peut citer le streptocoque D, le colibacille, le staphylocoque, l'agent de la listériose, le gonocoque etc...
[?] Diagnostic
Il doit être précoce afin de faire débuter rapidement un traitement efficace. Il repose sur l'interrogatoire de la mère et de la sage-femme, l'examen clinique et certains examens complémentaires. Les notions suivantes doivent être recherchées par le médecin lors de l'entretien avec la mère : une infection urinaire (cystite, pyélonéphrite...), une infection vaginale (pertes ou leucorrhées), une infection respiratoire (état grippal), un état fébrile inexpliqué avec des douleurs lombaires, une tentative d'avortement.
L'histoire de l'accouchement doit être minutieusement reconstituée afin de rechercher les éléments évocateurs d'infection :
- Une rupture de la poche des eaux plus de 12 heures avant l'expulsion ;
- Un liquide amniotique teinté d'emblée ou d'odeur fétide ;
- Un travail long et difficile ;
- Une réanimation du nouveau-né dans des conditions d'asepsie douteuse ;
- Une fièvre chez la mère pendant ou après l'accouchement ;
- Un aspect pathologique du placenta, du cordon ou des membranes.
Le pédiatre recherche les signes de septicémie néonatale. En pratique, tout nouveau-né qui va mal est suspect d'infection.
[?] Examens et analyses complémentaires
Ils sont importants.
La numération formule sanguine peut orienter utilement le diagnostic lorsqu'il existe une anémie, une hyperleucocytose ou encore une thrombopénie (= taux de plaquettes inférieur à 100 000/mm3).
L'étude de la coagulation sanguine apporte des éléments de valeur lorsque la fibrine est augmentée ou lorsqu'existent des signes de coagulation intravasculaire disséminée (C.I.V.D.). Un taux élevé de bilirubine conjuguée, une hypoglycémie, une acidose récidivante sont des arguments supplémentaires.
La radiographie pulmonaire peut montrer des signes d'infection.
La ponction lombaire est systématique chez le nouveau-né qui va mal.
La découverte du germe responsable est le but principal des investigations. On le recherche chez la mère dans le sang, les urines, les voies génitales et le placenta. Chez le nouveau-né, un frottis sur le liquide d'aspiration gastrique peut être très utile en montrant les germes à l'examen direct au microscope. On pratique également des prélèvements bactériologiques sur la peau, dans le nez, les yeux, les oreilles, la trachée, le rectum. Hémocultures et examen cytobactériologique des urines (E.C.B.U.) sont systématiques. Pour certains germes, des techniques modernes peuvent mettre en évidence des antigènes solubles dans le sérum et les urines
[?] Traitement
Il est urgent car une infection peut tuer un nouveau-né en quelques heures. On le débute tout de suite après les prélèvements bactériologiques sans en attendre les résultats. Il vaut mieux traiter à tort que traiter trop tard. Le traitement fait appel aux associations de 3 antibiotiques à large spectre, par voie intraveineuse, en association bactéricide. Sa durée est de 2 à 4 semaines en fonction de l'évolution. L'antibiogramme et l'étude du pouvoir bactéricide permettent d'adapter au mieux le traitement ensuite en fonction des germes identifiés par le laboratoire.
A ce traitement antibiotique, il faut ajouter la rééquilibration hydro-électrolytique et calorique, le maintien de l'équilibre thermique en couveuse, le maintien d'une bonne hémodynamique et d'une fonction respiratoire correcte, le traitement éventuel de convulsions ou d'un ictère, l'exsanguinotransfusion en cas de thrombopénie importante, de C.I.V.D. ou d'ictère nucléaire.
Si, après avoir débuté un traitement antibiotique, les prélèvements bactériologiques et l'évolution prouvent l'absence d'infection, celui-ci est arrêté. Ce traitement aura été inutile mais sans danger. L'attitude inverse aurait pu tuer l'enfant en cas d'infection.
Le pronostic est fonction de l'ancienneté de l'infection, de la précocité du diagnostic et du traitement, de la sensibilité des germes aux antibiotiques, de la sévérité du tableau clinique et des complications éventuelles (hémorragies cérébro-méningées, pneumothorax, C.I.V.D.).
La listériose du nouveau-né
La listeriose est due au bacille listeria monocytogenes . Cette maladie est de plus en plus fréquente. Le nouveau-né peut se contaminer par voie hématogène transplacentaire, par contamination amniotique ascendante à partir du col utérin après rupture prématurée des membranes, par infection placentaire locale d'origine endométriale, par contamination durant l'accouchement, enfin par contamination post-natale par contact avec un nourrisson infecté.
Le germe ne traverse pas le placenta avant le 5° mois de grossesse et par conséquent ne provoque pas d'embryopathie. Après le 5° mois, la listériose se manifeste par une septicémie qui atteint le foetus ou le nouveau-né. Lorsque la contamination a été précoce ou massive, le foetus peut être expulsé mort, parfois macéré. La listériose serait responsable de 1,6% des avortements spontanés.
La listériose nodulaire disséminée est la plus grave forme septicémique. L'accouchement a lieu avant terme après rupture prématurée des membranes. La mère est fébrile pendant l'accouchement. Le liquide amniotique est fétide et méconial. L'enfant présente des signes de souffrance neurologique précoce (hypotonie, convulsions etc...), un teint gris et cyanosé, une détresse respiratoire, des troubles digestifs, un gros foie, une grosse rate, un écoulement nasal et oculaire, une éruption cutanée.
Le germe peut être retrouvé dans le liquide céphalo-rachidien, les hémocultures et les prélèvements périphériques (nez, gorge, oreilles, yeux, estomac, placenta, méconium). L'évolution est souvent fatale malgré le traitement.
La listériose peut aussi se manifester après quelques jours de latence par une méningite néo-natale.
Il existe des formes atténuées où tout se résume à une banale conjonctivite, une augmentation de volume du foie et/ou de la rate ou un purpura. Des formes inapparentes sont très fréquentes.
Les infections bactériennes post-natales
Le nouveau-né sain à la naissance est susceptible d'être infecté après sa naissance si les règles d'hygiène ne sont pas respectées. Les sources d'infection sont diverses.
Une septicémie avec localisations suppurées méningées, respiratoires, rénales ou articulaires est possible à partir d'un cathéter ou d'un matériel de perfusion. Les manoeuvres de réanimation sont une source importante de contamination. L'alimentation par gavage et les biberons peuvent provoquer des infections par voie digestive. Les mains du personnel de maternité peuvent être contaminées par le contact avec d'autres nourrissons, le linge, les lavabos, les vêtements, le matériel etc...
Les germes en cause sont souvent des germes Gram négatif colibacilles, pyocyaniques, proteus, salmonelles, klebsielles etc...
Les septicémies bactériennes
Le tableau est assez univoque : altération de l'état général, teint gris, pâleur, ictère précoce, gros foie, grosse rate, éruption cutanée, troubles respiratoires, troubles digestifs, ballonnement abdominal, chute de poids, troubles neurologiques etc.
Les méningites purulentes néonatales
Les signes peuvent être discrets et le diagnostic risque d'être tardif : clonies (secousses musculaires) localisées, enfant trop endormi ou trop irritable, geignements continus ou cris plaintifs, anomalie du tonus ou des réflexes archaïques, ictère précoce ou prolongé, pâleur, déshydratation inexpliquée, accès de cyanose, apnées, troubles digestifs (refus de boire, vomissements, diarrhée), hypothermie ou fièvre, nuque trop molle, fontanelle tendue etc.
En réalité, la ponction lombaire est systématique chez tout nouveau-né qui va mal car c'est la seule possibilité de faire le diagnostic précocement. Les germes les plus souvent responsables sont le streptocoque bêta-hémolytique du groupe B et le colibacille présents dans les voies génitales de la femme. Après la première semaine de vie, ce sont les staphylocoques dorés, klebsielles, enterobacter, citrobacter et pseudomonas. Seul un traitement commencé tôt laisse espérer une guérison sans séquelle.
Les séquelles sont possibles : hydrocéphalie, épilepsie, surdité, déficits visuels, retard mental, diabète insipide, puberté précoce, troubles du comportement etc.
Les infections respiratoires
Elles peuvent être latentes. Des signes de détresse respiratoire, des troubles du rythme respiratoire sont parfois évocateurs. La radiographie pulmonaire est systématique chez le nouveau-né malade et permet ainsi de faire le diagnostic.
Les péritonites
Les soins ombilicaux visent à empêcher les germes de gagner par l'ombilic le péritoine ou la circulation sanguine.
En cas de contamination par voie ombilicale, on assiste à une altération progressive de l'état général avec vomissements, ballonnement abdominal, diarrhée puis arrêt du transit. L'abdomen est bientôt gros, ferme et douloureux. L'ombilic est suintant, entouré d'une peau oedématiée et bleutée. La radiographie sans préparation de l'abdomen montre des signes évocateurs. Le traitement consiste en une aspiration gastrique continue contrôlée, une antibiothérapie massive et une équilibration hydro-électrolytique et calorique.
Chez le prématuré, l'entérocolite ulcéro-nécrotique est une hantise.
Les gastro-entérites
Elles se révèlent par des vomissements et une diarrhée. Les germes les plus fréquemment en cause sont les colibacilles, les salmonelles et les staphylocoques. Les candida albicans et les virus sont des agents infectieux également retrouvés. La coproculture est parfois utile. Le traitement fait appel aux antibiotiques intestinaux. Le risque majeur est la déshydratation. Une septicémie est possible.
Les ostéoarthrites
Elles siègent surtout au niveau de la hanche et de l'épaule. Le diagnostic est difficile et urgent. On y pense devant une inertie du membre succédant à une période de mobilité normale. La mobilisation de l'articulation est douloureuse. La radiographie montre un épaississement des parties molles et un élargissement de l'écart articulaire par rapport au côté sain. Toutes les autres articulations doivent être vérifiées. Il s'agit très souvent d'ostéomyélite propagée à l'articulation. Le diagnostic repose sur la ponction articulaire qui permet de recueillir le pus et d'identifier le germe. Le traitement est long et compliqué ; il repose sur l'immobilisation plâtrée et l'antibiothérapie majeure.
L'infection urinaire (pyélonéphrite)
Elle est dépistée par l'examen cytobactériologique urinaire. Elle révèle souvent à cet âge une malformation urinaire et impose l'échographie rénale puis la cystographie rétrograde.
[?] Traitement
Le traitement curatif de toutes ces infections repose sur l'antibiothérapie, le traitement symptomatique et les soins de nursing.
Le traitement préventif est primordial. Il se résume à l'asepsie de tous les gestes, même les plus anodins, pour tous les soins donnés au nouveau-né. En salle de travail, les manoeuvres de réanimation doivent être aseptiques. Le matériel stérile à usage unique est un progrès important à cet égard.
En maternité et dans les services hospitaliers, il faut se laver les mains avant et après chaque manipulation d'enfants, s'essuyer les mains dans des serviettes en papier jetables (les serviettes en tissu sont vite souillées), stériliser les biberons et les tétines, faire circuler dans des passages différents les objets propres et les objets sales.
Il faut se souvenir que, malgré les moyens médicaux modernes, l'infection est encore une cause majeure de mortalité chez le nouveau-né et que la prévention à l'aide de moyens simples d'hygiène est indispensable
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Les infections urinaires
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
C'est l'infection - aiguë ou chronique - d'un organe qui fait partie de l'appareil urinaire : la vessie (réservoir des urines), le rein (qui fabrique l'urine), l'urètre (canal situé sous la vessie qui permet l'évacuation des urines), ou la prostate (glande située autour de l'urètre de l'homme).
Pour des raisons anatomiques, l'infection urinaire est plus fréquente chez la femme. En effet, chez la femme, le méat urinaire est proche de l'anus où sont toujours présentes des bactéries. Ces bactéries peuvent remonter le long de l'urètre vers la vessie et proliférer dans l'urine.
Un défaut d'hygiène locale peut donc favoriser les infections urinaires de la femme.
L'homme est relativement protégé des infections urinaires par la distance qui sépare l'anus et son méat urinaire-orifice situé à l'extrémité du gland- (la longueur de l'urètre masculin est en moyenne de 16 cm, alors que celle de l'urètre féminin est de 2 cm). L'infection urinaire est donc plus souvent chez lui la traduction d'une anomalie au niveau des voies urinaires, en particulier l'existence d'un adénome de la prostate (qui provoque une stase des urines dans la vessie).
Les bactéries (ou germes) responsables sont le plus souvent de la famille des entérobactéries (bactéries d'origine digestive) :
Escherichia coli (80 % des cas) ;
Proteus mirabilis (qui favorise les calculs) ;
Entérobacter, Citrobacter, etc.
[?] Causes et facteurs de risque
Les urines constituent en effet un bon milieu de culture pour ces germes. L'organisme se défend contre l'infection urinaire par la vidange de la vessie : un apport d'eau suffisant pour assurer un bon débit urinaire est donc primordial.
Chez la femme, l'infection urinaire est liée dans la majorité des cas à un manque de boissons.
Le fait de s'essuyer d'arrière vers l'avant après être allée à la selle favorise les infections en apportant des bactéries vers le méat urinaire.
Le fait de ne pas uriner juste après les rapports sexuels (pour évacuer les bactéries qui sont entrées dans l'urètre) est un autre facteur important.
La constipation est un autre facteur favorisant, car la stagnation prolongée de matières fécales dans le rectum est une source permanente d'infestation.
Plus rarement, l'infection urinaire est causée par une malformation de l'appareil urinaire (remontée des urines de la vessie vers le rein par exemple) ou gynécologique (brides de l'hymen).
Chez l'homme, il est fréquent qu'on ne retrouve aucune cause à l'infection urinaire.
Avant l'age de 50 ans, l'infection est souvent due à un rapport sexuel non protégé. Chez l'homme plus âgé, la cause la plus fréquente est la présence d'une hypertrophie de la prostate (adénome prostatique) qui comprime l'urètre et engendre une stase de l'urine dans la vessie.
Tous les obstacles à l'écoulement de l'urine sont des facteurs d'infection urinaire: compressions de la voie urinaire, calculs, maladie du col de la vessie, pathologie de la prostate chez l'homme, rétrécissement de l'urètre, etc.
Enfin, certains dysfonctionnements neurologiques de la vessie, les infections des organes voisins (appareil gynécologique, anus) et toutes les manoeuvres intra-urétrales (sondes urinaires par exemple) sont des causes plus rares.
[?] Les signes de la maladie
Parfois, l'infection urinaire n'entraîne aucun symptôme, en particulier chez les personnes âgées.
L'infection urinaire peut se traduire par une fièvre isolée, sans aucun autre trouble, en particulier chez l'enfant ou chez les personnes âgées.
Typiquement, l'infection de la vessie (cystite) se manifeste par des brûlures pendant les mictions et des besoins fréquents d'uriner. Les urines sont parfois troubles, hémorragiques et/ou malodorantes. Il existe souvent une douleur ou une pesanteur dans le petit bassin.
L'infection de l'urètre (urétrite) se manifeste de la même façon que la cystite.
L'infection du rein (pyélonéphrite) est responsable de signes généraux: fièvre élevée à 39°-40°, frissons, altération de l'état général. S'y associent des douleurs lombaires qui peuvent être bilatérales. Parfois sont également présents les signes de la cystite.
L'infection de la prostate (prostatite) se traduit par des brûlures en urinant, des besoins fréquents et des faibles volumes urinés. Existent également une fièvre élevée, des frissons et parfois des signes grippaux (douleurs musculaires ou articulaires). Il peut exister un écoulement de pus par le méat urétral. L'urine peut être trouble et malodorante
[?] La consultation
L'interrogatoire note la présence de troubles mictionnels évocateurs, l'existence d'épisodes antérieurs ou de pathologie(s) associée(s). L'examen recherche avant tout une fièvre (pyélonéphrite, prostatite). Il porte sur les fosses lombaires (douleur à la palpation rénale en cas de pyélonéphrite), le toucher rectal chez l'homme (prostate douloureuse et inflammatoire en cas de prostatite) et l'examen gynécologique chez la femme (brides de l'hymen? Infection?). En cas de prostatite, il faut rechercher un globe (blocage complet de la vessie) par la palpation abdominale
[?] Examens et analyses complémentaires
La bandelette urinaire (disponible en pharmacie) oriente le diagnostic en une minute : elle révèle la présence de polynucléaires neutrophiles (globules blancs) et de nitrites.
L'examen cytobactériologique des urines (ECBU) confirme le diagnostic en identifiant la bactérie dont la sensibilité à plusieurs antibiotiques est testée (antibiogramme). Son résultat dépend des conditions de recueil.
Lorsque l'on craint une septicémie (passage de la bactérie dans le sang), un prélèvement sanguin est également réalisé.
Lorsqu'il s'agit d'une pyélonéphrite aiguë, on peut être amené à réaliser un bilan radiologique (radio de l'abdomen, échographie rénale) à la recherche d'une cause favorisante (calcul par exemple).
En cas d'infections urinaires à répétition, un bilan radiologique plus approfondi est nécessaire afin d'éliminer une malformation anatomique favorisante
[?] Evolution de la maladie
L'infection urinaire fait courir de nombreux risques.
Les infections urinaires basses (cystite, urétrite) peuvent, en cas de retard thérapeutique, évoluer vers une infection urinaire haute, c'est-à-dire touchant le rein (pyélonéphrite).
Toute infection urinaire avec fièvre (pyélonéphrite, prostatite) peut se compliquer de septicémie (passage de germes dans la circulation sanguine), avec un risque de choc septique (défaillance des organes vitaux) qui nécessite une prise en charge en réanimation.
L'infection peut provoquer un abcès du rein voire sa destruction.
Ces infections sont d'autant plus graves que le patient est fragile (diabète, déficit immunitaire, âge avancé...).
Le risque ultime est l'insuffisance rénale terminale dont le traitement est l'hémodialyse (rein artificiel) voire la greffe rénale.
La prostatite possède des complications particulières qui sont la rétention aiguë d'urine (blocage complet de la vessie) et la dissémination de l'infection aux testicules (orchite).
En cas de grossesse, toute infection urinaire est dangereuse pour la mère mais également pour le foetus. Il y a un risque d'accouchement prématuré.
[?] Traitement
Le traitement de l'infection urinaire repose sur l'antibiothérapie, la majoration des boissons et le traitement des facteurs favorisants.
En cas de cystite simple ou d'urétrite (infection urinaire basse isolée non récidivante) :
Soit un antiseptique urinaire pendant 10 jours ;
Soit un traitement antibiotique court sur 3 jours : antibiotiques de la familles des pénicillines ou des quinolones ;
Soit un traitement monodose en prise unique. Cette dose unique est efficace sur la majorité des germes impliqués dans les cystites aiguës.
En cas de pyélonéphrite aiguë ou de prostatite aiguë, il est habituel de prescrire des antibiotiques pendant 2 à 3 semaines. L'antibiothérapie doit être adaptée aux résultats de l'antibiogramme.
En cas de fièvre importante, d'altération de l'état général ou de complication (septicémie, abcès rénal), une hospitalisation est nécessaire pour surveillance médicale intensive. Une double antibiothérapie est souvent prescrite par voie intraveineuse les 2 ou 3 premiers jours, avant de relayer par des comprimés.
Dans le cas d'une pyélonéphrite par obstacle (rein obstrué par un calcul par exemple), une intervention de drainage est indiquée en urgence afin de sauver la vitalité du rein. Celle-ci est réalisée par les voies naturelles le plus souvent.
Un ECBU de contrôle pratiqué 2 jours après l'arrêt des antibiotiques vérifie l'efficacité du traitement.
En dehors des cas où une intervention de drainage du rein s'impose et où le patient doit rester à jeun, il faut toujours boire abondamment pour assurer un bon lavage de la vessie
[?] Conseils pratiques et informations diverses
Comme de multiples facteurs interviennent pour faciliter la contamination de la vessie, de simples conseils hygiéniques suffisent souvent à faire disparaître les cystites chez la femme en période d'activité sexuelle :
Boire plus de 1,5 litres par jour ;
Effectuer des mictions complètes en étant détendue ;
Pratiquer une toilette vulvaire au savon ;
Effectuer une bonne toilette après les selles ;
Lutter contre la constipation ;
S'essuyer avec le papier hygiénique en allant d'avant vers l'arrière ;
Eviter les toilettes périnéales trop énergiques ;
Uriner immédiatement après les rapports sexuels ;
Eviter les pantalons serrés et les sous-vêtements en fibres synthétiques qui favorisent la transpiration et la multiplication des germes.
En cas d'échec de ces mesures, le médecin peut être amené à proposer un traitement au long cours fait de petites doses d'antibiotiques prises en discontinu.
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Infections urinaires de l'enfant
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
On définit l'infection urinaire chez l'enfant par la présence dans l'urine d'au moins 100 000 bactéries d'un seul type par ml (soit 105/ml).
L'infection urinaire est une maladie relativement fréquente chez l'enfant (2 à 5%) et se rencontre quatre fois plus chez la fille .
On distingue :
- les cystites ou infections urinaires basses de la vessie
- les pyélonéphrites ou infections urinaires hautes du parenchyme rénal.
[?] Causes et facteurs de risque
L'infection urinaire peut être totalement latente et aucun signe n'oriente vers une pathologie rénale.
D'autres fois, c'est la découverte fortuite d'urines troubles ; cependant toute urine trouble n'est pas infectée (il peut s'agir de banals cristaux de phosphates) et toute urine infectée n'est pas nécessairement trouble...!
Ce peut être aussi la recherche d'albumine dans les urines (protéinurie) qui fait découvrir l'infection.
Il existe parfois des symptômes évocateurs:
- Une énurésie secondaire : un enfant jusque là propre la nuit se remet à faire pipi au lit ;
- Des urines rouges (présence de sang ou hématurie) ;
- Des brûlures à la miction ;
- Des difficultés pour uriner (dysurie) ;
- Une envie impérieuse et fréquente d'uriner (pollakiurie).
Les signes infectieux sont souvent isolés et révélateurs chez le nourrisson :
- Une fièvre isolée avec ou sans convulsions ;
- Parfois un tableau septicémique : accès fébriles, frissons, état de choc avec cyanose, tachycardie, chute de la T.A., troubles de la conscience pouvant faire évoquer une méningite ;
- Des troubles digestifs : vomissements, diarrhée, douleurs abdominales pouvant faire évoquer une appendicite, perte d'appétit (anorexie) ;
- Une stagnation de la courbe de poids.
L'examen cytobactériologique des urines (E.C.B.U.) est demandé dans de multiples circonstances : fièvre inexpliquée, énurésie secondaire, découverte d'une protéinurie, hypotrophie staturo-pondérale, douleurs abdominales etc.
Très schématiquement, on peut distinguer cliniquement :
- Les cystites qui se manifestent par une dysurie et des cystalgies ;
- Et les pyélonéphrites qui entraînent une fièvre élevée, des frissons, des sueurs et des douleurs lombaires
[?] Diagnostic
Le diagnostic d'infection urinaire repose sur un examen simple : l'examen cytobactériologique des urines (E.C.B.U.) avec numération des germes (compte de Kass).
L'E.C.B.U doit être pratiqué AVANT tout traitement antibiotique qui risquerait de fausser les résultats.
Les organes génitaux externes doivent être soigneusement nettoyés au savon puis avec un antiseptique, rincés largement à l'eau stérile puis séchés avec une compresse stérile. Chez le garçon, il est préférable de laisser le gland décalotté pendant la miction.
Le prélèvement des urines peut se faire de 2 façons :
- Chez le nourrisson : par la poche à urine adhésive type Urinocol®
Il s'agit d'un sac en plastique acheté en pharmacie. Après nettoyage soigneux des organes génitaux, la poche est collée à sa place pour 3O minutes. Après une demi-heure, si l'enfant n'a pas uriné, il faut enlever la poche, désinfecter à nouveau le périnée et recoller une nouvelle poche. Cette précaution est indispensable si on désire éviter les faux résultats positifs.
L'urine peut rester dans le sac stérile ou être transvasée dans un récipient stérile.
- Chez l'enfant plus grand, on prélève l'urine du milieu de jet. L'enfant commence à uriner. Après quelques secondes, on place le récipient stérile sous le jet.
Le sondage vésical, encore trop souvent pratiqué chez la fille, doit être évité : c'est un geste traumatique qui risque de provoquer par lui-même une infection.
La ponction de la vessie par voie sus-pubienne est réservée à certains cas très particuliers.
Les urines, une fois recueillies, doivent être examinées dans les heures qui suivent et par conséquent immédiatement transportées au laboratoire. En cas d'impossibilité, il importe de les conserver au réfrigérateur entre 0 et +4°C. car à température ambiante, les rares bactéries de l'urine normale se multiplient rapidement risquant de faire poser à tort le diagnostic d'infection urinaire.
[?] Interprétation de l'ECBU
Le biologiste donne les renseignements suivants :
- Le nombre de leucocytes : un taux supérieur ou égal à 100 000 leucocytes/ml d'urines fraîches est pathologique. Parfois, il y a tant de leucocytes altérés (cellules de pus) qu'on parle de "pyurie".
Il est possible d'étudier le débit-minute des leucocytes, pathologique au dessus de 1500 leucocytes/mn et l'hématurie, pathologique si elle est supérieure à 5000 hématies/minute.
- Le nombre de microbes : pour qu'il y ait infection, il faut qu'on trouve au moins 105 germes/ml à condition que ce taux ne concerne qu'un seul et même microbe.
Au dessous de 104 germes/ml, il n'y a pas d'infection urinaire.
Entre 104 et 105, le doute subsiste et l'examen doit être recommencé.
- Le nom du microbe : Escherichia Coli, Protéus, Klebsielle, Pyocyanique, Aerobacter, Streptococcus fæcalis etc...;
- L'antibiogramme étudie la sensibilité du germe aux antibactériens.
Parfois, l'ECBU met en évidence des "souillures". Il s'agit dans ce cas, d'un prélèvement d'urine mal fait, dans des conditions d'hygiène défectueuse qui ont permis sa contamination (phimosis serré chez le garçon, diarrhée, vulvite chez la fille etc.). La bactériurie est en général inférieure à 105/ml, la leucocyturie est modérée. Le germe est souvent un staphylocoque blanc
[?] Causes et facteurs de risque
Les urines sont sucrées (15 mg de sucre p.1000) et représentent un excellent bouillon de culture pour les microbes. Un colibacille se dédouble en 20 à 40 minutes. Toute stagnation urinaire provoque une prolifération microbienne importante. Toute cause de stase urinaire est responsable d'infection.
Les érythèmes fessiers, les vaginites sont des repères microbiens à l'origine d'infections urinaires bien souvent.
Tout le problème des infections de l'appareil urinaire de l'enfant est dominé par la recherche d'une lésion anatomique responsable du développement ou de la récidive de l'infection.
Toute infection urinaire, quel que soit l'âge et le sexe de l'enfant, doit conduire à pratiquer une échographie rénale.
La cystographie rétrograde est pratiquée lorsqu'on suspecte un reflux vésico-urétéral.
Dans certains cas, une urographie intraveineuse est pratiquée ou une scintigraphie rénale.
Ces examens permettent de dépister précocement les malformations urologiques avant que des infections répétées (et parfois inaperçues) n'aient provoqué la destruction du parenchyme rénal.
Il est nécessaire de dépister :
- Une malformation urinaire qui se révélerait par l'infection : sténose de la jonction pyélo-urétérale ou de la jonction vésico-urétérale, diverticule congénital de la vessie, valves et sténoses etc ;
- Un obstacle fonctionnel : vessie "neurologique", petite vessie immature de type "infantile" etc ;
- Un reflux vésico-urétéral. Ce reflux peut être dû à une anomalie congénitale de la jonction urétéro-vésicale ou plus souvent provoqué par l'infection urinaire elle-même. Ce reflux est responsable de la dissémination par voie ascendante de l'infection urinaire basse de la vessie (cystite) au tissu rénal (pyélonéphrite).
[?] Examens et analyses complémentaires
Le fonctionnement rénal est jugé sur le taux de créatinine sanguine, la clearance de la créatinine et l'épreuve de concentration.
Seule l'infection urinaire haute, sus-vésicale, fait courir le risque d'atteinte rénale : la pyélonéphrite.
La pyélonéphrite aiguë, non ou mal soignée, peut évoluer vers la pyélonéphrite chronique et l'insuffisance rénale avec tous les problèmes ultérieurs de dialyse par rein artificiel et/ou greffe de rein.
Afin de différencier les infections urinaires hautes et des infections urinaires basses, des examens biologiques sont indispensables :
une hyperleucytose avec polynucléose, une augmentation franche de la vitesse de sédimentation (V.S.), la présence d'une C Réactive protéine (CRP), une fibrine élevée etc. sont des examens de pratique courante qui évoquent une pyélonéphrite.
[?] Traitement
Le traitement d'attaque
Le traitement n'est débuté qu'après avoir pratiqué le prélèvement d'urine mais avant d'en avoir obtenu les résultats qui peuvent tarder 3 ou 4 jours.
Il repose sur l'antibiothérapie probabiliste :
- Après 1 an : par exemple Augmentin per os ;
- Avant 1 an : par exemple Rocéphine IV pendant 5 jours puis relais par antibiotique per os.
Ce traitement est éventuellement modifié au vu de l'antibiogramme qui teste la sensibilité des germes en cause.
L'efficacité de la thérapeutique est appréciée sur l'évolution clinique (chute de la fièvre) et l'examen d'urine après 24 ou 48 heures (la stérilisation est obtenue après 10 ou 20 heures de traitement).
L'échographie recherche une anomalie de l'arbre urinaire.
Une cystographie rétrograde est pratiquée en cas de doute sur un reflux.
S'il n'y a aucun obstacle sur les voies urinaires, le traitement sera poursuivi :
- En cas d'infection basse (cystite) : 10 jours ;
- En cas d'infection haute (pyélonéphrite) : 10 à 15 jours.
En cas d'obstacle organique ou fonctionnel sur les voies urinaires, le traitement d'attaque est poursuivi 3 à 4 semaines.
Le traitement d'entretien
30% des filles font une rechute (même germe) ou une récidive (germe différent) dans l'année qui suit une première infection urinaire.
Il est donc fréquent, en l'absence de tout obstacle organique ou fonctionnel, de prescrire un traitement d'entretien.
En cas d'obstacle organique, le traitement d'entretien est poursuivi jusqu'à l'intervention chirurgicale.
En cas de reflux, le traitement d'entretien, avant l'âge de 2 ans, suffit souvent à le faire disparaître. Sinon, l'intervention sera nécessaire.
Les modalités du traitement d'entretien reposent sur des cures alternées tous les 10 jours d'antibiotiques ou d'antiseptiques urinaires.
Le contrôle se fait par E.C.B.U. réguliers.
Conseils :
- Boire beaucoup et uriner souvent ;
- S'essuyer les fesses d'avant en arrière après être allé à la selle et de se laver le périnée à chaque fois dans le bidet.
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Infirmité motrice d'origine cérébrale (I.M.O.C.) - La souffrance cérébrale néonatale
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
Les infirmités motrices cérébrales (IMC) représentent des états pathologiques, non évolutifs, caractérisés par des paralysies, une incoordination des mouvements et d'autres troubles moteurs. Il n'y a pas de trouble de la personnalité.
L'infirmité motrice d'origine cérébrale (IMOC) comporte des troubles sensoriels (visuels, auditif) et l'atteinte des fonctions supérieures (langage, spatialisation, gnosies).
La fréquence moyenne est de 2 à 4 I.M.C. pour 1000 naissances vivantes. La prématurité et la souffrance cérébrale néonatale sont les principales causes d'IMC.
On désigne sous le terme de souffrance cérébrale néonatale, les lésions neurologiques de la période néonatale, sous tendues par un mécanisme de souffrance foetale aiguë. Les malformations, les atteintes neurologiques de causes infectieuses ou métaboliques sont exclues de ce cadre. La souffrance cérébrale néonatale est observée chez le nouveau-né chaque fois que les cellules cérébrales sont privées d'oxygène : c'est l'anoxie néonatale.
[?] Causes et facteurs de risque
Les accouchements difficiles sont aujourd'hui rarement responsables de cette pathologie grâce au recours codifié à la césarienne.
Le rôle du traumatisme obstétrical a été mis en évidence en 1828 par Little .Ce médecin a donné son nom au "syndrome de Little" qui est caractérisé par une paraplégie spasmodique apparaissant dès les premiers mois de la vie chez des enfants venus au monde après un accouchement difficile en état d'asphyxie. Ce syndrome entre dans le cadre général des encéphalopathies infantiles.
La souffrance foetale aiguë peut également résulter d'une anoxie intra-utérine provoquée par une anomalie du placenta ou du cordon, une grossesse prolongée, une hypotension artérielle, une insuffisance respiratoire chronique, un diabète etc.
La prématurité, la dysmaturité, les grossesses gémellaires etc... sont des facteurs favorisants.
L'anoxie cérébrale peut également se constituer après la naissance lors d'une hémorragie cérébro-méningée, d'un collapsus cardiovasculaire, d'une malformation cardiaque ou pulmonaire, mort subite inexpliquée du nourrisson récupérée, état de mal convulsif, arrêt cardiaque, encéphalite etc., toutes circonstances qui entraînent la baisse ou l'arrêt prolongé de la vascularisation du cerveau
[?] Les signes de la maladie
Les troubles moteurs élémentaires sont liés aux lésions cérébrales qui perturbent les ajustements précis entre muscles agonistes, antagonistes et synergiques. Chez l'enfant normal, ces ajustements inconscients règlent la posture et le mouvement volontaire.
Les symptômes sont nombreux chez le nouveau-né.
Les troubles de la conscience sont constants depuis la somnolence jusqu'au coma profond. Les réflexes archaïques sont abolis ou incomplets. Les troubles du tonus comportent une hypotonie globale avec aréactivité entrecoupée d'accès d'hypertonie trémulante.
Une hyperexcitabilité neuromusculaire, un cri aigu "neurologique", des convulsions, des paralysies, des troubles de la succion et de la déglutition, des mouvements anormaux des globes oculaires et de mâchonnement automatique complètent le tableau neurologique. Une instabilité thermique, des troubles du rythme cardiaque, des apnées avec cyanose, des crises vasomotrices achèvent de caractériser l'état de souffrance cérébrale néonatale.
Parmi les examens complémentaires utiles, l'électroencéphalogramme a surtout un intérêt pronostique. La tomodensitométrie cérébrale (scanner) permet d'apprécier les dégâts anatomiques lorsqu'ils sont visibles.
saint-Anne Dargassies distingue 3 périodes où le diagnostic d'abord soupçonné, se confirme puis devient évident.
- A la période d'alarme (0 à 3 mois), les signes de suspicion sont l'irritabilité avec trémulations spontanées ou provoquées, l'excitabilité avec sursauts et secousses, un tonus actif intense, un défaut de la statique de la tête, une mauvaise synergie tête-yeux avec l'absence de poursuite oculaire, un retard d'apparition des jeux de mains, un strabisme persistant, des troubles du sommeil, une hypo-acousie.
- La période d'orientation (4 à 8 mois) se caractérise par la raideur des membres inférieurs, une hypotonie axiale, le rejet de la tête en arrière, des anomalies de la préhension absente ou lente, des mains souvent fermées, une lenteur psychique.
- La période de certitude débute à 8 mois ; les signes cités sont évidents. L'absence de pince digitale est frappante le nourrisson est incapable de prendre un objet entre pouce et index. La recherche du signe du "parachute" se solde par un échec : normalement, à cet âge, lorsqu'on plie vers l'avant le tronc du nourrisson, celui-ci écarte les bras devant lui comme pour se protéger. L'absence de ce réflexe, l'apparition des mouvements anormaux confirment le diagnostic.
[?] Evolution de la maladie
L'anoxie cérébrale néonatale est grave. La mortalité précoce est élevée et les séquelles neuro-psychiques sont à craindre surtout lorsque l'anoxie a été précoce et durable.
Le pronostic est néanmoins difficile à porter en période néonatale.
Les enfants ayant présenté une souffrance cérébrale néonatale constituent incontestablement un groupe à risque neurologique élevé. Ils justifient donc une surveillance médicale attentive et régulière dans le but de dépister précocement les handicaps intellectuels, moteurs, sensoriels etc. afin de débuter le plus tôt possible la rééducation appropriée.
Quelques critères de pronostic sont à connaître. On estime que lorsqu'un enfant ayant présenté une souffrance foetale aiguë est capable de boire seul au biberon la moitié de sa ration au 8° jour, la probabilité de séquelles ultérieures est très faible sinon nulle. La constatation des séquelles neurologiques se fait en règle avant le 9° mois de l'enfant (âge corrigé). Après cet âge, leur apparition chez un nourrisson normal jusque là, est exceptionnelle.
Ces séquelles sont variables :
La spasticité se caractérise par des contractures musculaires puis des rétractions musculo-tendineuses responsables d'attitude en flexion.
L'athétose se traduit par des mouvements lents involontaires qui témoignent de brusques décharges motrices incoordonnées.
L'ataxie est un trouble de l'équilibre qui s'accompagne de tremblements exagérés par le moindre mouvement.
Les troubles du tonus sont variables : hypo ou hypertonie.
La topographie des paralysies permet de définir la monoplégie, la paraplégie, l'hémiplégie, la triplégie, la tétraplégie.
A ces troubles moteurs, sont associés différents troubles.
Le niveau mental est variable. La moitié des enfants I.M.C. semblent avoir une intelligence normale. La débilité, lorsqu'elle existe (IMOC) complique encore plus la rééducation.
Le retard scolaire aggrave souvent le déficit intellectuel qui est parfois difficile à apprécier.
Les troubles caractériels sont inévitables.
Une épilepsie est retrouvée dans 1/4 des cas.
Les déficits auditifs, visuels (strabisme etc) et les troubles du langage sont fréquents.
Les troubles sensori-moteurs doivent être recherchés : anomalies du schéma corporel, troubles de l'orientation temporo-spatiale.
Les troubles de la sphère bucco-linguo-faciale sont à l'origine des difficultés alimentaires, des dyspraxies limitant la parole : mobilité réduite de la langue, faciès figé, bouche trop ouverte, impossibilité de souffler, incontinence salivaire (l'enfant bave en permanence),
Les troubles neurovégétatifs sont fréquents de même que les troubles trophiques au niveau des membres paralysés.
[?] Traitement
Le meilleur traitement de l'anoxie néonatale est préventif : il vise à réduire au maximum le traumatisme obstétrical, l'infection néonatale et l'anoxie.
La surveillance de la grossesse et de l'accouchement sont les meilleures garanties.
Devant un enfant I.M.O.C., un bilan complet doit être établi afin de préciser :
- Le degré de dépendance motrice ;
- Le niveau mental ;
- Les troubles associés ;
- La valeur éducative et socioculturelle du milieu familial ;
- Les possibilités de scolarisation.
Ce bilan peut être réalisé au mieux dans un Centre d'action médico-sociale précoce (CAMSP)
La physiothérapie (kinésithérapie, ergothérapie, hydrothérapie, balnéothérapie, électrothérapie) est fondamentale. Les appareillages, les interventions orthopédiques (énotomies, transplantations, allongements, neurotomies, ostéotomies, greffes, etc.) ont une grande importance afin d'obtenir rapidement la verticalisation.
La rééducation orthophonique, les traitements anti-épileptiques sont également indispensables.
Des bilans radiologiques annuels (hanches, rachis) sont indispensables jusqu'à l'adolescence.
Les problèmes digestifs et nutritionnels doivent être dépistés. Les enfants sont souvent hypotrophiques du fait de leurs difficultés d'alimentation. Les déshydratations sont fréquentes. Les fausses routes sont souvent silencieuses mais répétées. Le reflux gastro-oesophagien est pratiquement constant et doit être surveillé et traité médicalement. La chirurgie du RGO se discute en cas de grande dénutrition liée au reflux, d'incidents respiratoires répétés, d'anémie, de risque de rétrécissement ou d'oesophagite et avant intervention d'ostéosynthèse rachidienne.
La ration alimentaire doit être hypercalorique, enrichie en vitamine D, en fer et en acide folique. Les boissons doivent être abondantes.
La constipation doit être dépistée et traitée : position, massages, diététique, hydratation, laxatifs et parfois évacuation d'un fécalome.
Les troubles respiratoires sont liés à la faiblesse des muscles respiratoires et aux fausses routes. Le traitement fait appel à la kinésithérapie respiratoire, les aérosols et les antibiotiques en cas de surinfection.
Toutes les vaccinations usuelles doivent être pratiquées. Les soins dentaires ne doivent pas être oubliés.
Peu de médicaments agissent sur la spasticité.
En cas d'I.M.O.C chez un enfant d'intelligence normale avec des parents ouverts et responsables, l'idéal est de scolariser l'enfant dans un milieu scolaire normal avec quelques adaptations nécessaires du fait de sa maladresse gestuelle, de sa lenteur et de sa fatigabilité.
Le plus souvent, la demi-pension ou le placement dans des centres spécialisés s'avèrent nécessaires. Ces centres spécialisés comprennent les maisons d'enfants à caractère sanitaire spécialisées et les centres de réadaptation pour handicapés physiques et sensoriels. Ces centres accueillent en internat ou en demi-pension, pour des séjours de longue durée, les enfants trop gravement handicapés pour pouvoir rester dans le milieu familial et fréquenter l'école municipale.
Les instituts médico-pédagogiques (I.M.P) reçoivent des enfants d'âges préscolaire et scolaire et leur donnent un enseignement général et pratique adapté à leurs facultés mentales ainsi qu'une formation gestuelle développant leur habileté manuelle.
Le comportement en famille est parfois difficile. L'aide d'un médecin ou d'un psychologue est souvent nécessaire.
L'enfant handicapé doit être traité par les autres membres de sa famille avec le plus de naturel possible. Le moral de l'enfant dépend en effet beaucoup plus de l'attitude de ses parents que de la nature de son handicap.
Les études psychologiques ont démontré que l'enfant infirme de naissance n'est pas honteux de son état. C'est le comportement de ses parents, de ses frères et soeurs qui risque de le rendre mal à l'aise.
L'enfant handicapé n'a pas besoin de pitié. Il doit être considéré comme l'égal de ses frères et soeurs, en tenant compte bien entendu de son handicap.
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Inhalation de corps étrangers
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
L'inhalation de corps étrangers est un accident fréquent chez le nourrisson dès le 5° mois de vie. On dénombre 700 cas par an en France, soit une incidence annuelle de 4 pour 10 000.
Les corps étrangers inhalés sont très divers:
cacahuètes, amandes, noisettes, pistaches, dragées, haricots, pois, graines, maïs, noyaux de cerises, pépins de melon, clous, vis, épingles, perles, grains de chapelet, cailloux, plomb de pistolet à air comprimé, grains de matière plastique, capuchon de stylo, petits bouchons et capsules de bouteille, phares de petites voitures, flèches de sarbacanes, anches de trompette, fragments de métal, punaises, agrafes, rivets, morceau d'os de poulet ou de lapin, arêtes de poisson, morceaux de carottes ou de radis, épine de raie, épis de graminée, boutons cassés, écrous, oeil de poupée, nez d'ours en peluche, remontoir de réveille-matin, fragments de crayon, allumettes, clochette de muguet en plastique, dent de lait...!
[?] Les signes de la maladie
Certains cas sont évidents.
L'enfant inhale un corps étranger qui se coince dans le larynx et entraîne une asphyxie mortelle en quelques minutes avant qu'aucune aide ne puisse arriver. C'est heureusement exceptionnel...!
L'enfant inhale au cours du repas ou de ses jeux un objet en présence de témoins. Brutalement, il suffoque, fait de violents efforts de toux sous forme de quintes coqueluchoïdes, se cyanose et en quelques instants, retrouve une respiration normale. C'est le "syndrome de pénétration" qui se calme le plus souvent assez rapidement.
Il faut alors faire une radiographie pour situer l'endroit du blocage et une bronchoscopie pour retirer l'objet.
D'autres cas sont plus difficiles à diagnostiquer.
Le syndrome de pénétration a été très discret : 2 ou 3 secousses de toux puis plus rien.
Ou bien, le syndrome de pénétration n'a été constaté par aucun témoin, l'enfant jouant seul dans sa pièce. Dès lors, la mère ne remarque rien, si ce n'est parfois la disparition insolite du nez du nounours ou d'un oeil de la poupée...!
L'enfant respire normalement quelques jours ou quelques semaines et puis brutalement se met à tousser. Cette toux est souvent variable dans le temps et avec la position de l'enfant. Des signes respiratoires et infectieux (fièvre) apparaissent. Le médecin consulté évoquera une crise d'asthme, une bronchite asthmatiforme, une bronchite, une laryngite, une mucoviscidose voire une coqueluche et différents traitements seront proposés : antibiotiques, corticoïdes, théophylline, antitussifs etc... Sans grand succès. Certes une amélioration sera obtenue temporairement mais les rechutes seront inéluctables tant que le diagnostic correct n'aura pas été posé.
Certains symptômes sont fonction du siège où s'enclave le corps étranger
Le siège de l'arrêt du corps étranger dans l'arbre respiratoire peut modifier les signes cliniques.
Dans l'hypopharynx, ce sont les troubles de la déglutition qui prédominent.
Dans le larynx, l'asphyxie est rapidement mortelle.
Dans la trachée, c'est une toux permanente. L'objet est souvent mobile avec la respiration et audible à l'auscultation.
Dans les bronches, la symptomatologie est variable. Le corps étranger peut être creux ou plat et dans ce cas ne pas gêner le libre passage de l'air.
Dans certains cas, l'objet s'enclave et obstrue tout à fait la lumière bronchique. L'air ne peut donc pas pénétrer dans le territoire pulmonaire correspondant. Les alvéoles ne sont plus ventilées et le parenchyme pulmonaire concerné se rétracte, se collabe, se ratatine : c'est l'"atélectasie".
Dans d'autres cas, à l'inspiration, l'air arrive à s'infiltrer entre l'objet et les parois grâce à la dilatation de la bronche mais à l'expiration, il ne peut plus sortir. En effet, la bronche se contracte, enserre un peu plus l'objet inhalé et l'air reste emprisonné, trappé, dans les alvéoles. A l'inspiration suivante, une nouvelle bouffée d'air pénètre, s'immisce derrière le corps étranger et se trouve également bloquée. Ce phénomène de soupape provoque un emphysème pulmonaire.
Tous ces phénomènes s'accentuent avec le temps du fait de l'inflammation des tissus avoisinants. La bronche peut s'obstruer progressivement par la réaction locale inflammatoire qui diminue son diamètre.
Les troubles de la ventilation favorisent l'infection respiratoire.
L'infection respiratoire récidive et évolue vers l'abcès du poumon puis l'infection chronique peut être responsable de dilatation des bronches.
[?] Radiographie des poumons
Lorsque le corps étranger est radio-opaque, c'est-à-dire visible sur une radiographie (objets métalliques etc..), le diagnostic est évident. Encore faut-il ne pas le confondre avec un objet "avalé" et coincé dans l'oesophage.
Le plus souvent, les corps étrangers inhalés sont radiotransparents (plastique, verre, caoutchouc, etc.) et donc invisibles sur les radios.
Dans ce cas, on recherche une atélectasie (opacité dense rétractile d'un segment ou d'un lobe avec pincement des espaces intercostaux, attraction du médiastin et surélévation du diaphragme) ou une image d'emphysème (hyperclarté d'un segment ou d'un lobe).
Le radiologue pratique des clichés en inspiration puis en expiration forcées afin de dépister une différence de tonalité entre les deux champs pulmonaires.
[?] Traitement
Lorsque le diagnostic est suspecté, seule la bronchoscopie faite par un spécialiste O.R.L. peut confirmer le diagnostic et retirer le corps étranger puisqu'en règle : "tout corps étranger des voies aériennes qui a pénétré par les voies naturelles peut être extrait par la même voie".
La prévention est fondamentale.
Il ne faut pas laisser à la portée des petits enfants les objets inhalables et en particulier les cacahuètes, noisettes, amandes, dragées, pop corn, pistaches qui provoquent un réflexe tussigène et une fausse-route.
Ces gourmandises ne devraient plus faire partie des "apéritifs" offerts sur table basse quand il y a des invités alors que des enfants en bas âge jouent dans le salon...!
Il faut éviter d'acheter ou d'offrir aux jeunes enfants des jouets trop petits ou qui se démontent en plusieurs petites parties.
Il ne faut pas devant eux, porter à la bouche des petits objets car les enfants s'empressent d'imiter les adultes.
Lorsqu'un enfant est trouvé un objet à la bouche, il ne faut surtout pas perdre son sang froid et se précipiter sur lui. Cette conduite risque en effet de l'effrayer et pour crier, l'enfant ouvre un large bec, aspire...et inhale l'objet!
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L'insomnie
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
L'insomnie vraie regroupe deux sortes de symptômes :
L'impression de mal dormir la nuit : difficulté d'endormissement, éveils nocturnes ;
Et de mal être le jour suivant : somnolence diurne, troubles de l'attention et de la mémoire, difficultés de concentration dans la journée.... Le patient se sent somnolent, asthénique, irritable, mal à l'aise dans son corps, gêné dans son activité intellectuelle.
L'analyse de la qualité de l'état de veille (niveaux de vigilance et des performances, qualité de l'humeur, vécu somatique...) permet d'éviter le diagnostic erroné d'insomnie. Cette notion est primordiale car la prescription d'un hypnotique dans ces cas rendrait le patient véritablement insomniaque en quelques semaines.
[?] Causes et facteurs de risque
Toutes les formes de stress peuvent causer une hyperstimulation du système d'éveil : bruit excessif, anxiété chronique, traumatisme psychique, hyperactivité intellectuelle ou physique.
Certaines affections psychiatriques peuvent être en cause : début d'une décompensation délirante, accès maniaque, syndrome dépressif grave masqué...
Trois syndromes particuliers sont individualisés par l'enregistrement polygraphique du sommeil de nuit :
Le "syndrome des impatiences des membres inférieurs" provoquant des insomnies rebelles par difficultés d'induction du sommeil ;
Le "syndrome de secousses périodiques des membres inférieurs" provoquant une insomnie par réveils multiples.
Ces deux premiers syndromes souvent associés se rencontrent avec une grande fréquence chez les patients alcooliques chroniques et chez l'insuffisant rénal, hépatique ou respiratoire. Des formes familiales ont été décrites. Certains médicaments (antidépresseurs) et toxiques (café, alcool) peuvent déclencher les deux syndromes chez des personnes prédisposées.
Le "syndrome d'apnées périodiques au cours du sommeil" : tout obèse mais aussi tout ronfleur qui dort mal a probablement des apnées du sommeil dont la fréquence augmente avec l'âge. Elles sont favorisées par la prise de benzodiazépines et d'alcool. A partir d'un certain nombre d'apnées, on parle de syndrome d'apnée périodique qui peut induire une insomnie mais aussi provoquer des conséquences cardio-respiratoires.
Les facteurs alimentaires
L'alcool est très souvent à l'origine de troubles du sommeil. Chez le sujet non éthylique, il facilite l'endormissement mais procure un sommeil de mauvaise qualité, léger et instable. L'éthylique chronique a un sommeil profondément altéré.
Le médecin trouve parfois à l'origine d'une insomnie une consommation excessive de café ou de thé ou bien un régime amaigrissant soutenu par des amphétaminiques
Les facteurs psychologiques et psychiatriques
Un sommeil perturbé est observé au cours de nombreuses affections psychiatriques :
Les causes psychiques provoquées par des soucis ou difficultés de relation avec les entourages familiaux ou socioprofessionnels ;
Une dépression liée à la perte d'un proche ou de l'emploi.
L'insomnie chronique est fréquente chez les malades souffrant de phobies, névrose d'angoisse, troubles de la personnalité ou ceux atteint de dépression.
Les décompensations psychotiques provoquent d'importants troubles du sommeil.
[?] Les signes de la maladie
L'insomnie initiale, par difficulté d'endormissement
Le patient, souvent, se couche déjà avec la conviction qu'il ne pourra pas trouver le sommeil. A rechercher ce sommeil avec acharnement, celui-ci échappe en raison de la tension anxieuse. Au bout de plusieurs heures, l'insomniaque s'endort enfin pour parfois s'éveiller peu de temps après et se retrouver dans la même pénible situation d'un réendormissement difficile.
Des problèmes organiques peuvent favoriser ou déclencher à eux seuls ce type d'insomnie.
L'anxiété joue un rôle important.
L'insomnie par éveils multiples
Le sommeil va être fragmenté par des éveils, confrontant le patient de façon répétitive au problème de réendormissement.
Les causes d'éveil sont multiples : modification de l'environnement, rêves d'angoisse, parasomnies, problèmes organiques...
L'anxiété joue là encore un rôle important.
L'insomnie terminale, par réveil précoce
Elle se voit dans la dépression ou chez le sujet âgé. Dans ce type d'insomnie, l'endormissement est le plus souvent rapide. Mais au bout de quelques heures de sommeil, le sujet se réveille sans pouvoir se rendormir. Il va attendre des heures, aux prises à des ruminations pessimistes, un sommeil qui souvent ne redevient possible qu'au moment où la vie sociale impose le lever. Elle entraîne souvent une somnolence pendant la journée.
Des formes mixtes se rencontrent mêlant de façon variable difficultés d'endormissement, éveils multiples et réveil précoce.
[?] Evolution de la maladie
En fonction de l'ancienneté du symptôme on distingue insomnie aiguë et chronique dont l'approche et le traitement sont bien différents.
L'insomnie aiguë est due à des circonstances particulières et précises (conflits professionnels ou familiaux, soucis...). Un traitement court suffit généralement, qu'il est possible d'arrêter rapidement.
L'insomnie chronique est un problème différent et il importe d'abord de retrouver une cause à cette insomnie.
Schématiquement, l'histoire d'un grand nombre d'insomniaques se déroule en trois étapes :
Il s'agit d'abord, à la faveur d'un événement traumatisant, d'une première nuit sans sommeil, suivie de nuits où l'endormissement devient paradoxalement plus difficile. Cet événement traumatisant est extrêmement variable et renvoie souvent à l'expérience de la perte (deuil, licenciement, divorce, mutation, déménagement etc...). Il ne s'agit à ce stade que d'une simple réaction neuropsychologique : l'insomnie est occasionnelle.
La répétition des événements traumatisants, l'existence d'une personnalité à haut risque d'insomnie (personnalité obsessionnelle et phobique), une prescription inadéquate ou abusive d'hypnotiques vont favoriser la pérennisation du trouble : l'insomnie persiste et devient un symptôme dont les causes sont multiples.
L'insomnie peu à peu s'automatise. L'événement a de moins en moins d'impact sur le symptôme. Une dépendance aux hypnotiques apparaît, aux confins de la toxicomanie. Le médicament a échappé à sa fonction première d'induction et de maintien du sommeil, il est devenu inefficace.
Les doses sont telles qu'en plus il entretient l'insomnie en désorganisant le peu de sommeil encore possible. Enfin, il altère l'activité dans la journée en favorisant la somnolence.
La vie du patient s'organise autour de l'insomnie : c'est l'insomnie-maladie (insomnie chronique ou persistante).
[?] Traitement
Le traitement de la cause
Lorsqu'une cause à l'insomnie est reconnue, son traitement permet de retrouver le sommeil.
En cas de tableau psychiatrique, une thérapeutique psychotrope spécifique (neuroleptiques, antidépresseurs...) normalise le sommeil.
La protection contre le bruit s'impose.
Une température optimale (ni trop chaude ni trop froide) est importante.
La suppression des facteurs favorisants et selon les cas un anxiolytique, un antidépresseur peuvent être utiles.
Les thérapeutiques non médicamenteuses
Lorsque l'insomnie se révèle être un symptôme névrotique, les méthodes utilisées sont d'ordre psychothérapeutique : psychothérapie de soutien, psychanalyse, psychodrames etc...
Lorsque l'insomnie est la conséquence d'une hyperstimulation du système de veille, le traitement fait appel à certaines règles d'hygiène et aux techniques de relaxation (training autogène de Schultz, techniques de bio-feedback...).
Des conseils à ce sujet sont utiles :
a) L'hygiène du sommeil
Il faut élaborer des règles de comportement simple pour faciliter le sommeil :
Pratiquer régulièrement des exercices physiques dans l'après-midi pour favoriser l'endormissement (mais pas le soir) ;
Eviter un excès d'activité intellectuelle en fin de journée qui stimule l'activité du système d'éveil ;
Eviter la consommation excessive de thé et de café ;
Avoir des horaires de lever réguliers ;
Organiser le sommeil en fonction de l'individu : ne pas modifier le rythme d'un patient habitué à se coucher tard et inversement ;
La protection contre le bruit est impérative ;
Eviter les températures trop élevées ou trop basses ;
Essayer de garder toujours le même environnement ;
Accorder l'heure du coucher au désir de dormir ;
Lors d'un lever nocturne, manger et pratiquer une activité jusqu'à réapparition du besoin de dormir (télévision, lecture...) ;
Eviter les siestes de longue durée et tardives.
b) Les thérapeutiques comportementales
Elles sont diverses et tendent principalement à retarder l'heure du coucher en imposant des horaires de lever très réguliers et en ne permettant la récupération de la dette de sommeil que pendant les heures habituelles du sommeil. Apprendre au patient à éliminer tous les stimuli s'opposant au sommeil ; relaxation dans la journée par les méthodes de Jacobson, training autogène de Schultz, méthodes de rétroaction biologique (biofeedback).
Pour découvrir la créativité irremplaçable du sommeil et du rêve, encore faut-il savoir allier la quantité à la qualité, c'est ce que proposent certains clubs de rééducation.
La phase d'endormissement concerne le plus directement l'art de bien dormir : c'est un état intermédiaire entre la veille et le sommeil. Elle constitue une zone de transition qui permet d'observer certains phénomènes psychologiques propres au sommeil et la fragilité de cette fonction.
Pour s'accomplir, l'endormissement est souvent entouré d'un rituel d'habitudes individuelles, familiales ou collectives comme la lecture de quelques pages d'un livre... La suite des événements qui composent cette phase cruciale est difficile à analyser soi-même, parce que dans ce cas, on en modifie le déroulement. Les études dans les laboratoires de sommeil ont permis d'élucider les phénomènes.
Vers 22 ou 23 heures, le sujet commence à se détendre. Sa température corporelle baisse, ses yeux se ferment et il repose sans mouvement. Les rythmes rapides et réguliers de son électroencéphalogramme, jusque là de 25 c/s font place à un rythme plus lent de 8 à 12 cycles/seconde. Le sujet se trouve dans un état d'apaisement et de bien-être, dénué de pensées actives. Dans la conscience, seules quelques images vagues et incertaines continuent à flotter. Il perd alors la notion du temps, tandis que les ondes de son électroencéphalogramme continuent à se ralentir.
Le problème du sommeil est presque entièrement résumé à des troubles de cette phase d'endormissement, ce moment intermédiaire entre l'état de veille et le véritable sommeil.
Les recettes, les petits remèdes vont du bain chaud à la douche froide, en passant par les tisanes calmantes, le lait chaud, les massages, les promenades, et la disposition de la literie (en particulier la place, la fraîcheur, le gonflant des oreillers).
La méthode de "compter les moutons" est efficace à condition de supprimer... les moutons. L'image de l'animal est trop concrète, trop identique. Il faut s'imaginer plutôt des chiffres tous différents. Leur succession mobilise les centres nerveux et empêchent la survenue d'autres pensées troublant l'endormissement.
La qualité sédative des programmes de télévision varie selon les patients. D'autres ont des livres qui les endorment régulièrement. L'insomnie de fin de nuit est plus difficile à maîtriser par ces méthodes.
Les médicaments pour dormir
Plusieurs familles de psychotropes sont proposées: les barbituriques, les neuroleptiques sédatifs, les antihistaminiques, les antidépresseurs sédatifs, les benzodiazépines et plus récemment les nouveaux hypnotiques tels que le zolpidem et la zopiclone.
Les barbituriques ne doivent plus être utilisés dans cette indication : Aparoxal, Binoctal, Epanal, Gardénal, Imménoctal, Insomnyl, Optanox, Sonéryl etc...
Les neuroleptiques sédatifs (Nozinan, Théralène, Tercian) : ils peuvent induire un syndrome extra-pyramidal et des dyskinésies tardives ;
Les antihistaminiques du type hydroxyzine (Atarax) peuvent être efficaces ;
Les antidépresseurs sédatifs sont utilisés pour traiter les insomnies symptomatiques de dépression et aussi comme hypnotiques en cas d'insomnie par éveils multiples ou réveil précoce même sans dépression. Certains antidépresseurs tels que la miansérine (Athymil ) et la trazodone (Pragmarel) sont sédatifs, anxiolytiques, dénués d'effets anticholinergiques (sécheresse de bouche, constipation, vertiges) et sont très actifs dans ce type d'insomnie. Donnés à doses inférieures aux doses antidépressives, ils sont en général bien tolérés, respectent le sommeil lent profond et gardent leur efficacité plusieurs mois ;
Les benzodiazépines(BZD) sont de bons hypnotiques à condition de ne les prendre qu'à bon escient et pour une durée limitée. Leur utilisation principale est la lutte contre l'anxiété.
Les benzodiazépines remplacent de plus en plus les barbituriques dans le traitement de l'insomnie. Elles perturbent moins les rythmes du sommeil et les risques d'intoxication sont moindres.
La torpeur du lendemain matin avec bouche pâteuse reste le principal inconvénient avec somnolence diurne.
L'accoutumance et la dépendance physique les font considérer par certains comme de véritables drogues.
Parmi les contre-indications de ces produits : la myasthénie, la grossesse.
Leurs inconvénients doivent être connus :
Modification de l'architecture du sommeil (diminution de la durée du sommeil lent profond et du sommeil paradoxal, les deux sommeils "utiles") ;
Effet à court terme s'épuisant à long terme ;
Phénomène de dépendance et syndrome de sevrage ;
Effets résiduels diurnes indésirables sur la vigilance et les performances ;
Risque d'augmentation de l'anxiété diurne et/ou insomnie du petit matin par phénomène rebond avec les hypnotiques à demi-vie ultra-brève ;
Troubles de la mémoire ;
Aggravation des apnées de sommeil
Parmi les autres produits, certains sont des mélanges :
==> Benzodiazépines et phénothiazines : Noctran 10
==> Méprobamate et phenothiazines : Mépronizine...
Les hypnotiques de troisième génération (zolpidem ou Stilnox et zopiclone ou Imovane) se rapprochent du modèle de l'hypnotique idéal. Leur tolérance clinique et biologique est bonne, les effets indésirables sont rares. L'activité hypnotique est bonne et il n'y a pas de modification de l'architecture du sommeil (respect du sommeil paradoxal et du sommeil lent profond). Les risques d'échappement thérapeutique, l'altération des performances diurnes, les troubles de mémoire sont beaucoup moins marqués qu'avec les benzodiazépines. La zopiclone n'aggrave pas les apnées de sommeil. Le zolpidem a une demi-vie plus brève.
Utilisation de ces médicaments
Ces produits ne doivent être prescrits que dans des cas très précis et pendant de courtes périodes.
La plupart des somnifères ne sont efficaces qu'au début du traitement et leur efficacité s'épuise en quelques jours ou semaines.
La plupart des hypnotiques peuvent créer des inconvénients lorsque le patient cesse de les prendre. Lorsqu'il recommence, il doit prendre des doses plus importantes.
Les médicaments à base de benzodiazépines altèrent la qualité du sommeil profond, la plupart des autres peuvent réduire la durée du sommeil paradoxal.
Le danger d'accoutumance aux médicaments est réel et ne se limite pas aux seuls barbituriques. A l'arrêt du produit, les manifestations de sevrage ne sont pas rares : troubles du sommeil, vertiges, vomissements, crampes d'estomac, angoisse, cauchemars, troubles de la miction etc...
L'arrêt des somnifères doit donc être très progressif pour éviter ces conséquences. Ils sont lentement éliminés par l'organisme et agissent donc également le lendemain dans la journée : c'est le phénomène de la "gueule de bois". Le patient ne se sent pas bien, il se concentre mal et la conduite automobile est déconseillée car les réflexes sont très amoindris.
Les indications médicamenteuses
L'insomnie aiguë réactionnelle
C'est dans ce type de situation que l'efficacité d'un hypnotique est remarquable. Il va permettre au sujet d'échapper au conditionnement provoqué par une succession de mauvaises nuits et d'interrompre l'enchaînement "insomnie-crainte de l'insomnie".
Un traitement court est le plus souvent justifié, même si l'hygiène de vie et la relaxation suffisent parfois, car le patient présente un risque de somnolence diurne qui peut être dangereuse pour lui-même ou pour les autres.
Un hypnotique de troisième génération est prescrit pendant un temps limité et sous contrôle médical. Quand angoisse et anxiété prédominent, les benzodiazépines seront préférées
L'insomnie persistante non traitée
Le but essentiel est de permettre au médicament hypnotique de rester hypnotique. La prescription ne doit pas excéder 2 à 3 semaines, en essayant d'éviter la prise d'une dose pleine chaque soir. La technique de "posologie variable" est souvent utilisée :
1° et 2° jour : 1 comprimé ;
3° jour : 1/2 comprimé ;
4° jour : 1/4 de comprimé ;
5 et 6° jour : pas de comprimé ;
7° jour : reprise de la séquence.
Bien entendu, toutes les variations sont possibles, l'essentiel étant de préserver l'efficacité de l'hypnotique et ainsi d'éviter l'augmentation des doses et les associations.
Les thérapeutiques non pharmacologiques sont souvent nécessaires.
L'insomnie persistante déjà traitée
La prescription d'un autre hypnotique est à éviter. Le traitement de l'insomnie passe par le sevrage des hypnotiques, les thérapeutiques comportementales et éventuellement les anxiolytiques donnés dans la journée ou les antidépresseurs sédatifs donnés le soir.
Une technique de sevrage propose de supprimer brutalement tous les somnifères chimiques pendant une dizaine de jours ; le patient ne dormira pas mais le sommeil naturel ne tardera pas à revenir.
Quelques règles de sevrage d'hypnotiques doivent néanmoins être connues du patient :
Ne pas essayer d'arrêter de prendre un médicament hypnotique si on ne le désire pas vraiment car l'échec est alors certain ;
Ne pratiquer ce sevrage qu'en absence de syndrome dépressif, d'anomalies cardiovasculaires, d'activité intense ;
Connaître à l'avance les désagréments qui vont survenir : diminution ou absence de sommeil, fatigue, irritabilité, nervosité, tremblements, sensations vertigineuses ;
Prévoir quelque chose en remplacement de l'hypnotique : thérapeutique comportementale, antidépresseur ;
Une bonne relation entre le médecin et son patient est primordiale.
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L'insuffisance cardiaque
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
Il y a insuffisance cardiaque quand le coeur ne peut plus effectuer correctement son travail de pompe : il n'assure plus le débit sanguin nécessaire au bon fonctionnement des tissus.
Il s'ensuit en aval une diminution de la vascularisation sanguine et en amont un encombrement du sang dans le système veineux de retour : la voie vers le coeur droit et celle vers le coeur gauche sont obstruées
[?] Deux causes sont possibles
Le myocarde peut avoir perdu une partie de sa contractilité ; c'est le cas par exemple d'un défaut d'oxygénation des cellules par athérosclérose des artères coronaires ou bien d'une atteinte toxique ou inflammatoire des cellules myocardiques ;
Les cavités cardiaques peuvent avoir perdu leur propriété de se dilater ; c'est le cas d'une fibrose réduisant l'élasticité du coeur, d'une hypertrophie du myocarde ou d'une dilatation maximale des cavités (myocardiopathies dilatées idiopathiques).
[?] Mécanismes
On distingue :
L'insuffisance cardiaque droite (insuffisance ventriculaire droite IVD) ;
Et l'insuffisance cardiaque gauche (insuffisance ventriculaire gauche IVG).
Les deux processus sont souvent liés dans une insuffisance cardiaque globale.
Au niveau du coeur droit (insuffisance ventriculaire droite):
Le ventricule droit, pour une raison ou une autre, n'arrive plus à éjecter le sang vers les poumons. Il se crée une stase (ralentissement de la circulation) qui se répercute sur toutes les structures en amont : les veines jugulaires sont turgescentes, le foie est gros et douloureux. Des oedèmes apparaissent aux membres inférieurs etc.
En aval, la mauvaise transfusion des poumons provoque un essoufflement (dyspnée).
Au niveau du coeur gauche (insuffisance ventriculaire gauche):
En amont, le sang voit sa pression augmenter dans les capillaires pulmonaires puisque l'oreillette gauche ou le ventricule gauche ne peuvent pas effectuer leur travail (poumon cardiaque). Le poumon, du fait de tout ce sang qu'il ne peut évacuer correctement par les veines pulmonaires vers l'oreillette gauche, ne peut plus effectuer normalement sa fonction de ventilation et le patient a du mal à respirer (dyspnée : respiration pénible et accélérée, d'abord à l'effort puis de façon permanente s'accentuant en position couchée). Au bout d'un certain temps, les capillaires pulmonaires vont se "muscler" pour augmenter leur pression et essayer de chasser le sang vers l'oreillette gauche. Cette réaction entraîne une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) qui va se répercuter sur le ventricule droit. En effet celui-ci doit exercer une pression de plus en plus forte pour envoyer le sang dans l'artère pulmonaire. Une insuffisance ventriculaire droite ne tarde pas alors à se manifester.
En aval, la diminution de la fonction de la pompe cardiaque entraîne une diminution de la vascularisation de tous les tissus et notamment du rein avec diminution de la filtration rénale et de l'élimination des urines (oligurie).
Au niveau du coeur droit et gauche :
Pour compenser sa défaillance, le coeur va essayer de réagir en accélérant son rythme et en distendant ses cavités provoquant ainsi une perte d'étanchéité des valvules. Le pouls est accéléré, irrégulier. L'auscultation fait entendre un bruit de galop (rythme à 3 temps) et un souffle systolique
[?] Causes et facteurs de risque
Les causes d'une insuffisance cardiaque droite :
Il s'agit le plus souvent d'une cause pulmonaire : le poumon malade entrave la circulation sanguine et cette gêne se répercute en amont au niveau du coeur droit :
Maladies pulmonaires chroniques provoquant un coeur pulmonaire chronique ou IVD chronique (broncho-pneumopathies obstructives : asthme à dyspnée continue, bronchite chronique compliquée, emphysème...) ;
Séquelles de tuberculose ;
Silicose, pneumoconioses ;
Fibroses pulmonaires (polyarthrite rhumatoïde, lupus...) ;
Hypertension artérielle pulmonaire (coeur pulmonaire chronique post-embolique...)
Il peut s'agir d'une cause cardiaque :
Le coeur pulmonaire aigu est le résultat d'une embolie pulmonaire chez un opéré récent, une accouchée ou un cardiaque alité souffrant de phlébite. Les symptômes sont une dyspnée aiguë, un point de côté thoracique, une angoisse, un malaise, parfois une syncope. La tachycardie, le gonflement des veies jugulaires et le foie sensible traduisent l'insuffisance ventriculaire droite brutale. Le tableau peut être plus grave : dyspnée aiguë asphyxique, collapsus, mort subite...
La scintigraphie et l'angiographie pulmonaire, l'échographie, sont les examens complémentaires les plus utiles.
Le retentissement sur le coeur droit d'une insuffisance cardiaque gauche ;
Le rétrécissement de la valve mitrale ;
D'autres cardiopathies : sténose pulmonaire, insuffisance tricuspide, péricardite constrictive, hyperthyroïdie...
Les causes d'une insuffisance cardiaque gauche :
Une valvulopathie décompensée (cardiopathie congénitale ou valvulopathie de rhumatisme articulaire aigu) et en cas de fièvre, le médecin craindra une endocardite d'Osler ;
Une hypertension artérielle ;
Une insuffisance respiratoire chronique ;
Un infarctus du myocarde (ou une insuffisance coronarienne)...
Un trouble du rythme cardiaque ;
Une cause non cardiaque : dans certains cas en effet, le coeur est sain mais il est soumis à des conditions de travail excessives et obligé de fournir un débit sanguin trop élevé :
En cas d'anémie chronique ;
En cas de shunt artério-veineux ;
En cas d'hyperthyroïdie ;
En cas d'effort physique intense et prolongé...
L'insuffisance ventriculaire gauche peut aussi se voir dans certaines maladies :
Ne symphyse péricardique (séquelle) ;
Une amylose ;
Une hémochromatose ;
Une myocardiopathie non obstructive ;
Une tumeur du coeur (myxome de l'oreillette gauche) ;
Une maladie du collagène ;
Une sarcoïdose ;
Une cardiopathie nutritionnelle (alcoolisme, béribéri) ;
Une maladie neuro-musculaire ;
Une fibro-élastose de l'endocarde ;
Une cardiopathie puerpérale liée à la grossesse.
Les causes d'insuffisance cardiaque globale
L'insuffisance cardiaque globale résulte le plus souvent de l'association à l'insuffisance ventriculaire gauche d'une insuffisance ventriculaire droite.
Les causes sont surtout:
L'ischémie myocardique ;
Les myocardiopathies ;
La maladie mitrale.
Les symptômes associent les signes respiratoires de l'insuffisance ventriculaire gauche à la surcharge veineuse de l'insuffisance ventriculaire droite. D'autres signes s'ajoutent :
Une insuffisance rénale : oedèmes, augmentation dans le sang de l'urée et de la créatinine, fuite de sel dans les urines ;
Des troubles digestifs : anorexie, nausées ;
Des troubles neurologiques : insomnie, dyspnée de Cheyne Stockes (alternance d'une respiration ample et rapide avec agitation puis ralentie avec pause et abattement).
Dans sa forme aiguë, l'insuffisance cardiaque globale réalise le choc cardiogénique redoutable: tachycardie, pâleur, sueurs, collapsus.
[?] Les signes de la maladie
La dyspnée (gêne respiratoire) est le principal symptôme : le patient éprouve des difficultés pour respirer durant les efforts (dyspnée d'effort), couché au lit (dyspnée de décubitus) ou par crises la nuit.
Le foie cardiaque est gros et douloureux. Les douleurs liées à l'effort sont d'apparition brutale ou au contraire plus sourdes, à type de pesanteur, de striction, au niveau du flanc droit ou au creux épigastrique et irradiant vers le dos. Cette douleur oblige le malade à s'arrêter puis disparaît. Elle revient dès que le patient reprend son effort (marche, alimentation). Elle peut prêter à confusion avec une colique hépatique ou même une urgence chirurgicale abdominale (appendicite etc.).
D'autres symptômes sont présents:
Une tachycardie (accélération du rythme cardiaque) ;
Un bruit de galop (rythme cardiaque particulier à 3 temps évoquant le bruit du galop d'un cheval) ;
Un souffle cardiaque doux (insuffisance valvulaire fonctionnelle) ;
Des jugulaires (veines du cou) distendues en permanence ou plus souvent lors de la recherche du reflux hépato-jugulaire (le médecin comprime doucement la région du foie sur le malade en position demi-assise et constate une turgescence des veines jugulaires qui dure tant que dure la compression pour disparaître peu après) ;
Un pincement de la tension artérielle (rapprochement des deux chiffres) ;
Une cyanose ;
Une oligurie (le malade urine peu) ;
Une ascite (épanchement de liquide dans la cavité péritonéale) ;
Des oedèmes : d'abord prise de poids rapide et insolite puis oedèmes évidents au niveau des chevilles, des jambes, des cuisses et des lombes. Au début ces oedèmes sont blancs, mous et indolores. Lorsque le médecin appuie le doigt dessus, il se crée une cupule visible sur la peau dont on dit qu'elle garde le godet. Avec le temps, ces oedèmes deviennent permanents, durs, parfois douloureux (thrombose veineuse).
[?] Examens et analyses complémentaires
La radiographie thoracique de face montre un coeur augmenté de volume ;
L'électrocardiogramme est d'un grand intérêt ;
L'échographie est un examen fondamental ;
L'enregistrement Holter continu de l'ECG montre la très grande fréquence des troubles du rythme ventriculaire chez les patients souffrant d'insuffisance cardiaque.
D'autres examens sont nécessaires en milieu spécialisé : examens hémodynamiques, cathétérisme, radiologiques (coronarographie), biologiques, histologiques, bactériologiques, parasitaires, immunologiques, etc
[?] Evolution de la maladie et complications
L'évolution de l'insuffisance cardiaque chronique est grave dans l'ensemble. Les poussées sont de moins en moins sensibles au traitement. La mort peut survenir lors d'un épisode de surinfection pulmonaire, d'un trouble du rythme cardiaque ou d'une embolie pulmonaire.
La mort subite frappe des patients qui meurent brutalement en quelques secondes (ou minutes) alors que leur état ne semblait pas inspirer d'inquiétude particulière à court terme. Elle est liée en général à un trouble du rythme : tachycardie ventriculaire (TV) ou fibrillation ventriculaire (FV).
D'autres causes de mort subite sont possibles : infarctus aigu massif, embolie pulmonaire massive, hémorragie cérébrale cataclysmique, rupture aortique.
Classification internationale de l'insuffisance cardiaque
L'Association cardiologique américaine de New-York ("NYHA" aux Usa) a établi des critères pour chiffrer l'importance du handicap et la nature des traitements correspondant aux patients souffrant d'insuffisance cardiaque.
Pour le handicap (capacité fonctionnelle ou invalidité), le médecin distingue 4 classes :
Classe I : pas de limitation de l'activité physique. L'activité physique habituelle n'engendre pas de fatigue exagérée, de palpitations, de dyspnée ni de douleurs angineuses.
Classe II : limitation modérée de l'activité physique. Absence de symptôme au repos, mais l'activité physique habituelle entraîne fatigue, palpitation, dyspnée ou douleur angineuse.
Classe III : limitation marquée de l'activité physique. Absence au repos de symptômes, mais une activité physique inférieure à la normale entraîne fatigue, palpitations, dyspnée ou douleurs angineuses.
Classe IV : impossibilité d'effectuer toute activité physique sans gêne. Les symptômes d'insuffisance cardiaque ou d'angor existent parfois même au repos. La gêne est augmentée par toute activité physique.
Pour le traitement : le médecin distingue 5 classes :
Classe A : pas de restriction de l'activité physique ;
Classe B : l'activité physique habituelle ne doit pas être réduite mais les efforts inhabituels ou les compétitions seront évités ;
Classe C : L'activité physique habituelle est modérément réduite et les efforts plus violents interdits ;
Classe D : L'activité physique ordinaire est notablement réduite ;
Classe E : le patient reste au repos complet, sur une chaise ou au lit...
Traitement
Il repose d'abord sur des conseils d'hygiène de vie:
Le repos permet de diminuer le travail cardiaque. Dans certains cas, le repos est strict au lit (infarctus récent).
Plus fréquemment, c'est un repos partagé entre le lit (position demi-assise avec des oreillers) et le fauteuil afin d'éviter les stases sanguines dans les poumons et les veines qui risquent de provoquer des thromboses veineuses (phlébites, embolies pulmonaires etc.). Le patient doit remuer souvent les jambes pour activer la circulation du sang. Des bas élastiques sont conseillés en cas de gonflement des jambes.
En dehors des poussées, le patient peut reprendre une certaine activité à condition de s'arrêter dès le moindre essoufflement. Une bonne nuit de 8 heures, une petite sieste après le repas de midi sont très efficaces.
La reprise du travail est fonction des circonstances (réduction d'activité, d'horaires etc..). Il faut choisir le mode de transport le moins fatigant et le moins énervant.
Certains sports (marche, vélo en terrain plat) peuvent progressivement être repris en excluant toute compétition, tous sports violents.
Le régime appauvri en sel doit supprimer totalement :
Le pain et les biscottes ;
Le lait ;
Les charcuteries et les conserves ;
Les poissons de mer, les crustacés, les huîtres ;
Les fromages, les pâtisseries ;
Les eaux minérales gazeuses ;
Les médicaments contenant du sodium...
Sont autorisés par contre :
Pain et biscottes sans sel ;
Lait sans sel ;
Moutarde sans sel ;
Sels diététiques non sodés (lithium, potassium)...
En cas d'excès de sel une seule fois mais en grande quantité, le patient risque une crise de suffocation nocturne. Un excès en petite quantité mais souvent répété entraîne des oedèmes : la prise de 1 ou 2 kg en quelques jours traduit un écart de régime.
L'alimentation doit être équilibrée. L'obésité doit être combattue. La constipation sera soignée pour éviter les efforts violents de défécation : boissons abondantes, légumes verts et fruits seront utilisés largement.
En cas de prise de diurétiques éliminant l'eau, le sel et le potassium, le patient doit compenser la perte en potassium en mangeant des légumes et des fruits secs.
Les médicaments :
Les tonicardiaques : digitaline (Digoxine), ouabaïne, cédilanide demeurent le traitement de base de l'insuffisance cardiaque, en association avec :
Les diurétiques.
Le dosage régulier des taux sanguins de digitaliques est un élément fondamental dans la surveillance du traitement.
D'autres médicaments sont utilisés :
L'amiodarone (Cordarone) ;
Les dérivés nitrés ;
La dihydralazine ;
Les bêtabloquants dans certaines formes d'insuffisance cardiaque ;
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (captopril ou Lopril, , énalapril ou Renitec) ;
Les sédatifs et anxiolytiques ;
Le traitement anticoagulant pour éviter les thromboses veineuses surtout chez les malades alités et en cas de troubles du rythme ;
Le vaccin contre la grippe à chaque automne ;
L'évacuation des épanchements séreux (ponction pleurale ou d'ascite).
Le défibrillateur automatique implantable, la transplantation cardiaque et le coeur artificiel sont les ultimes méthodes de traitement.
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Insuffisance cardiaque du nourrisson
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
L'insuffisance cardiaque est réalisée lorsque le coeur, pour une raison ou une autre, n'arrive plus à exercer sa fonction de pompe. Le diagnostic n'est pas toujours évident. Il n'est pas rare que l'insuffisance cardiaque simule une infection respiratoire, une affection neurologique ou de simples troubles digestifs.
[?] Les signes de la maladie
Le début est brutal ou rapidement progressif. La dyspnée est le premier signe qui attire l'attention : l'enfant a du mal à respirer. Cette dyspnée est d'abord intermittente et ne se révèle que lors des cris ou de la prise des biberons ; l'enfant boit mal et se fatigue vite. Les vomissements sont fréquents.
Très vite, cette gêne respiratoire va s'aggraver. C'est bientôt une polypnée superficielle (70 mouvements respiratoires/mn ou plus). Curieusement, cette respiration rapide ne s'accompagne d'aucun signe de détresse respiratoire. Il n'y a ni tirage intercostal, ni battement des ailes du nez ni aucun signe de lutte respiratoire. La dyspnée est soulagée en position verticale et s'aggrave lorsque le nourrisson est couché sur le dos.
La cyanose est inconstante et discrète ; pour être visible, elle demande un examen minutieux à la lumière du jour. La pâleur des extrémités, des lèvres et de la langue est frappante. Des troubles du comportement traduisent l'hypoxie cérébrale qui résulte de la baisse du débit sanguin local : le nourrisson est anxieux, agité, et des troubles de la conscience, voire des convulsions peuvent survenir. Une petite toux faible, continue, coqueluchoïde, désoriente parfois le diagnostic.
L'examen clinique du nourrisson, en dehors des pleurs, met en évidence une tachycardie (160 à 200 pulsations/mn) et parfois des signes d'oedème aigu des poumons. Il existe un gros foie douloureux, le foie débordant le gril costal et la ligne médiane de 4 cm ou plus. L'augmentation de volume de la rate peut s'y associer. Les veines périphériques, dilatées, sont bien visibles.
La rétention hydrosodée est de règle mais les oedèmes sont difficiles à apprécier chez l'enfant de cet âge. Ils sont souvent remplacés chez le nourrisson par une prise de poids insolite les jours précédant la décompensation.
Les clichés radiographiques du thorax de face permettent de calculer l'index cardiothoracique. L'index cardiothoracique (ICT) est le rapport entre la plus grande largeur de la silhouette cardiaque et la plus grande largeur du thorax. Il est normalement inférieur ou égal à 0,50-0,55. Lorsqu'il est supérieur à 0,55-0,60 , il traduit une cardiomégalie.
[?] Causes et facteurs de risque
Elles sont variées :
- Cardiopathies congénitales ;
- Myocardite
- La fibro-élastose sous-endocardique est un syndrome anatomoclinique primitif ou secondaire à une cardiopathie congénitale. L'insuffisance cardiaque s'installe progressivement chez le nourrisson au cours des 6 premiers mois de vie. L'ECG traduit l'hypertrophie du ventricule gauche. Le pronostic est sévère.
- La maladie de Pompe est une glycogénose généralisée, héréditaire, dont les manifestations cardio-musculaires sont importantes. L'insuffisance cardiaque s'associe à une splénomégalie et à une grosse langue. La cardiomégalie est impressionnante. L'évolution est le plus souvent fatale au cours de la première année.
- La tachycardie paroxystique supra-ventriculaire (TSV) est suspectée lorsque la fréquence cardiaque est supérieure à 200/mn. C'est la maladie en cause dans l'observation qui ouvre ce chapitre. Elle serait due à un trouble de la conduction électrique au niveau de certaines fibres du tissu nodal alors que des fibres voisines conduisent l'influx électrique normalement. Cette anomalie est fréquente au cours des premiers mois de la vie au niveau du noeud d'Aschoff-Tawara qui n'a pas encore atteint sa maturation définitive. L'ECG confirme l'origine supra-ventriculaire de ce trouble du rythme : c'est une tachycardie jonctionnelle par rythme réciproque. Les garçons sont plus touchés que les filles. La maladie se déclare dans 35% des cas au cours des 3 premières semaines de vie et dans 60% des cas au cours des 4 premiers mois de la vie. Le début est parfois in-utéro. Les signes révélateurs sont le refus du biberon, des vomissements, une toux, une fièvre ou une hypothermie. Les signes digestifs font souvent méconnaître la tachycardie au début surtout lorsque le nourrisson est agité et pleure. L'insuffisance cardiaque s'installe en moins de 24 heures : polypnée, gros foie, teint grisâtre, gros coeur à la radio. La fréquence cardiaque est entre 200 et 300/mn. L'importance de l'insuffisance cardiaque est fonction de la fréquence cardiaque, de l'âge du nourrisson et de la durée de la crise. Lorsque la TSV est découverte tôt, elle reste bien tolérée. Par contre, elle ne guérit presque jamais spontanément et en l'absence de traitement, l'insuffisance cardiaque s'aggrave et le nourrisson meurt dans un tableau de collapsus cardiovasculaire. En général, les TSV surviennent sur un coeur sain et le traitement permet un retour à un rythme sinusal normal.
Le traitement d'urgence repose sur l'injection intraveineuse de Striadyne® puis le relais est pris par la Digoxine®. Un traitement digitalique d'entretien est prescrit pour au moins 1 an afin d'éviter les rechutes.
L'insuffisance cardiaque n'est pas l'apanage des cardiopathies. Certaines maladies non cardiaques peuvent en être responsables : une anémie, une fistule artérioveineuse intracrânienne, une hypertension artérielle (néphropathies, corticothérapie, intoxication par vitamine D...), une hypocalcémie sont autant d'autres causes que le pédiatre devra reconnaître et traiter.
[?] Traitement
La thérapeutique repose essentiellement sur les digitaliques. Les diurétiques et la restriction hydrosodée sont souvent associés. Les digitaliques sont d'abord administrés en dose de charge par voie intraveineuse puis le relais est pris par les spécialités orales.
Le conduite de ce traitement nécessite une surveillance rigoureuse car le surdosage conduit à une intoxication grave. Les parents doivent être prévenus des signes de surdosage.
Les premiers signes d'intoxication à apparaître lors du surdosage sont d'ordre digestif : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée associés au ralentissement du pouls. Ces signes que doivent connaître les parents d'enfants traités imposent l'arrêt du traitement et la consultation urgent du médecin.
D'autres signes notamment nerveux préviennent de l'intoxication : obnubilation, délire, confusion, vertiges et céphalées doivent faire penser au surdosage.
Le risque majeur réside dans la survenue imprévisible de troubles du rythme cardiaque, tous les troubles de conduction et d'excitabilité pouvant alternativement se voir jusqu'à la tachycardie puis la fibrillation ventriculaire d'évolution fatale. La mort en effet est l'aboutissant tragique toujours possible dans ce type d'intoxication.
Dès que l'intoxication est reconnue, il faut faire vomir l'enfant, même si spontanément des vomissements sont déjà apparus. Le médecin tentera de faire préciser la quantité ingérée et fera hospitaliser l'enfant. Après le lavage d'estomac pratiqué en évitant de stimuler la région carotidienne de l'enfant, une surveillance cardiaque intensive tant clinique qu'électrique sera exercée, les drogues adéquates à proximité immédiate. Les cas graves font l'objet d'un entraînement électrosystolique endocavitaire par montée de sonde dans le coeur. Cette thérapeutique lourde est justifiée en raison du caractère imprévisible et souvent mortel des troubles du rythme majeurs. L'enfant doit être gardé au repos absolu, toute mobilisation intempestive pouvant déclencher des troubles cardiaques.
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L'insuffisance hypophysaire (hypopituitarisme)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
Lorsque l'antéhypophyse (partie antérieure de l'hypophyse) est détruite par une tumeur ou une nécrose, elle ne fonctionne plus. L'insuffisance antéhypophysaire hormonale qui en résulte est massive. Plus aucune hormone antéhypophysaire n'est produite.
Les hormones les plus fragiles sont par ordre décroissant les gonadostimulines FSH-LH, l'ACTH, la GH (hormone de croissance) et la TSH .
Les trois glandes périphériques stimulées habituellement par l'antéhypophyse vont se mettre au repos :
La thyroïde : insuffisance thyroïdienne ;
La cortico-surrénale : insuffisance surrénalienne ;
Les gonades : insuffisance gonadique (aménorrhée chez la femme, impuissance chez l'homme).
En cas de tumeur de l'hypophyse, le patient présente un syndrome tumoral avec compression du chiasma optique : céphalées, hypertension intra-crânienne, troubles visuels.
L'insuffisance directe en GH provoque un nanisme chez l'enfant.
[?] Les signes de la maladie
Les signes cliniques associent :
Le déficit global sur les glandes périphériques ;
Les signes tumoraux intra-crâniens.
Les symptômes qui amènent le patient à consulter sont surtout:
L'asthénie, le ralentissement psychomoteur ;
Et les troubles sexuels (aménorrhée, impuissance).
Le malade peut également souffrir de malaises (lipothymies et pertes de connaissance) lors d'efforts. Ces troubles traduisent l'hypotension artérielle et l'hypoglycémie.
L'hypothermie est fréquente (température rectale basse) ainsi que la constipation.
A l'examen, le médecin met en évidence une peau fine, pâle, sèche, lisse, luisante avec des cheveux fins et soyeux.
La régression des caractères sexuels se traduit par une dépilation et l'atrophie des organes génitaux. L'aménorrhée est constante chez la femme.
Chez l'enfant, le tableau est dominé par un nanisme hypophysaire et un impubérisme (retards pubertaires).
[?] Examens et analyses complémentaires
Le médecin recherche d'abord le triple déficit glandulaire périphérique et les conséquences biologiques simples :
Diminution du cortisol plasmatique, des 17 OH et 17-céto-stéroïdes urinaires ;
Diminution des oestrogènes et du prégnandiol ;
Diminution de T3 et T4 plasmatiques (insuffisance thyroïdienne) ;
Hyponatrémie, hypoglycémie, anémie...
Le dosage dans le plasma des stimulines hypophysaires est actuellement l'examen le plus précis.
L'endocrinologue essaye ensuite de stimuler les glandes "endormies" en injectant la stimuline hypophysaire manquante :
Test à la métopyrone ® ;
Test à la TRH ;
Test aux gonadotrophines chorioniques.
On pratique un examen radiologique du crâne visualisant la selle turcique, et une tomodensitométrie, ainsi qu'un examen du champ visuel.
[?] Causes et facteurs de risque
Elles sont nombreuses.
La nécrose hypophysaire se voit en suites de couches (syndrome de Sheehan). Elle est due à un collapsus circulatoire lors d'un accident de la délivrance (rétention placentaire, hémorragies du post-partum). Ce type de nécrose peut d'ailleurs se voir également au cours de collapsus hémorragiques importants (traumatismes etc...)
Le début est rapide. L'absence de montée laiteuse est le premier signe. Les poils pubiens rasés pour l'accouchement ne repoussent pas. Il n'y a pas non plus de retour de couches. Petit à petit, les autres symptômes apparaissent : pâleur de la peau et du visage, traits inexpressifs et bouffis, dépigmentation des muqueuses (aréoles mammaires, muqueuses génitales). Les poils deviennent fins, rares et cassants.
Des modifications du caractères sont nettes : la femme devient apathique, très peu émotive et se désintéresse de son entourage.
Le déficit endocrinien concerne :
Les ovaires : aménorrhée sans bouffée de chaleur, perte de la libido, frigidité. Atrophie des muqueuses vulvaires et vaginales. Diminution de taille de l'utérus ;
La thyroïde ;
Les surrénales.
Les examens biologiques confirment le triple déficit endocrinien.
En l'absence de traitement, le risque primordial est le "coma pituitaire" qui peut survenir à tout moment car les facteurs déclenchants sont nombreux : infections virales, stress, troubles hydro-électrolytiques, certains médicaments etc... Ce coma profond et flasque peut s'installer après une crise convulsive. Le pouls est rapide et filant. La TA est basse. Les signes biologiques sont l'hypoglycémie, l'hyponatrémie, l'hypochlorémie et l'hyperkaliémie. Un traitement d'extrême urgence s'impose.
Les tumeurs de l'hypophyse sont responsables de la destruction du tissu endocrinien et donc d'une insuffisance hypophysaire. Il s'y associe en général des signes de compression cérébrale et des signes visuels.
Chez l'adulte, il s'agit en général d'un adénome chromophobe d'évolution rapide et de traitement chirurgical.
Chez l'enfant, il s'agit plus souvent d'un crânio-pharyngiome . Les symptômes sont des céphalées, des troubles de la croissance ou une baisse de l'acuité visuelle.
Les processus détruisant l'hypophyse peuvent avoir d'autres origines :
Une tuberculose ;
Un abcès infectieux (méningo-encéphalite fébrile avec insuffisance surrénale) ;
Une autre infection : syphilis, actinomycose, histoplasmose...
Une sarcoïdose ;
Une réticulose (maladie de Hand-Schüler-Christian) ;
Des troubles métaboliques : hémochromatose, dénutrition...
Une cause auto-immune ;
Une intervention chirurgicale sur un adénome de l'hypophyse.
Parfois, aucune cause n'est trouvée et le médecin parle de dysfonctionnement hypothalamique organique ou familial
[?] Traitement
Le nanisme hypophysaire chez l'enfant est traité par l'hormone de croissance STH synthétique.
Le traitement des adultes est substitutif à vie.
Le malade doit absorber les hormones qu'il ne peut sécréter puisque l'anté-hypophyse est incapable de stimuler ses glandes:
L'insuffisance surrénale est traitée par l'hydrocortisone, avec parfois de la 9 alpha fluorohydrocortisone) ;
L'insuffisance thyroïdienne est traitée par la lévothyroxine ;
L'insuffisance gonadique est traitée par la testostérone-retard chez l'homme (Stérandryl) ou les oestroprogestatifs chez la femme.
Un traitement chirurgical ou une radiothérapie est parfois complémentaire.
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Insuffisance rénale aiguë (IRA)
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
C'est la perte brutale, en général réversible, de la fonction rénale, empêchant le maintien de l'équilibre interne de l'organisme
[?] Les signes de la maladie
A début, ce sont souvent les signes de la maladie causale qui dominent, l'état de choc, la diminution du volume sanguin circulant.
Puis apparaît l'oligo-anurie, c'est à dire la diminution très importante du volume des urines, rarement nul cependant. L'anurie ou oligurie extrême ne doit pas être confondue avec la rétention d'urine. Dans les deux cas, le symptôme est identique : le patient n'urine pas : mais dans l'anurie, le rein ne sécrète pas d'urine (ou très peu) et la vessie est vide; dans la rétention d'urine, le rein fonctionne mais le patient ne peut vider sa vessie pleine.
D'autres troubles sont notés :
Troubles digestifs : stomatite, nausées, douleurs abdominales, hémorragies digestives ;
Altération de l'état général avec amaigrissement ;
Gros reins douloureux à la palpation ;
Céphalées, agitation, parfois même convulsions chez l'enfant ;
Tension artérielle élevée ;
Parfois des troubles de la coagulation
[?] Examens et analyses complémentaires
Le rein s'arrête de fonctionner brutalement.
La première conséquence est l'arrêt de l'excrétion d'eau et donc une hyperhydratation globale avec hyponatrémie.
L'urée n'est plus éliminée et augmente dans le sang et il n'y en a pas (ou très peu) dans le peu d'urine qui est encore excrétée.
La concentration d'urée dans l'urine est donc effondrée tout comme la concentration en sodium.
La créatinine et l'acide urique augmentent dans le sang.
Les troubles électrolytiques et de l'équilibre acido-basiques sont extrêmement graves :
Hyperkaliémie dangereuse au dessus de 6 mEq/l ;
Acidose métabolique (rétention d'ions H+ qui ne sont plus éliminés) .
[?] Evolution de la maladie
Elle dépend de la cause. Si la perfusion du rein est rétablie rapidement, la fonction rénale peut se rétablir parfaitement. Dans d'autres cas, le pronostic peut être très mauvais
[?] Causes et facteurs de risque
Elles sont nombreuses.
Les insuffisances rénales fonctionnelles prérénales
Elles sont très fréquentes.
Le rein est sain, mais il ne sécrète presque plus d'urines mais ce n'est pas de sa faute : il ne reçoit pas le sang à une pression suffisante. Cette situation se voit dans les cas d'hypovolémie : hémorragies, choc, déshydratation, traitement diurétique...
L'insuffisance rénale aiguë fonctionnelle se reconnaît sur des signes biologiques propres qui prouvent que les grandes fonctions du rein sont conservées :
L'urée urinaire est de loin supérieure à l'urée plasmatique : cela prouve que le rein concentre l'urée et l'excrète ;
Le rapport sodium/potassium est inférieur à 1 dans les urines : le patient urine moins de sodium que de potassium. Cela prouve que les fonctions rénales de réabsorption du sodium et d'élimination du potassium ne sont pas altérées.
La correction des troubles volémiques (perfusions hydriques, macromolécules, transfusions sanguines...) guérit l'insuffisance rénale aiguë fonctionnelle et évite le passage à l'insuffisance rénale aiguë organique.
Les néphropathies tubulo-interstitielles aiguës
Dans certains cas, les tubes urinifères et le tissu interstitiel du rein sont lésés (nécrose des cellules tubulaires, oedème du tissu interstitiel) alors que les vaisseaux et les glomérules ne sont pas atteints. Une vasoconstriction corticale élective jouerait un rôle important mais l'explication n'est pas claire.
Toujours est-il que brutalement, les tubes urinifères cessent de fonctionner dans des circonstances variées :
Après un avortement septique (septicémie à bacilles gram négatif tel le perfringens avec coagulation intra-vasculaire disséminée (CIVD) de plus en plus rare actuellement) ;
Après un accouchement difficile (hématome rétro-placentaire, hémorragie...) ;
En période post-opératoire : choc hémorragique, erreurs de réanimation, transfusion incompatible, septicémie...
Hémolyse aiguë (transfusion de sang incompatible, septicémie, fièvre bilieuse hémoglobinurique, enzymopathie du globule rouge, intoxications par champignons ou venins...) ;
Myoglobinuries : écrasement musculaire, convulsion généralisée prolongée, intoxication alcoolique...
Angiocholite urémigène des leptospiroses ictéro-hémorragiques ;
Brûlures étendues ;
Pancréatites aiguës ;
Intoxications :
Tétrachlorure de carbone (détachant ou solvant industriel) ;
Métaux lourds (bichlorure de mercure) ;
Ethylène-glycol (antigel) ;
Surdosages en drogues néphrotoxiques (sulfamides, colistine, gentamycine, céphaloridine, tétracycline, glafénine, etc...) ;
Allergies médicamenteuses : phénindione, méticilline, ampicilline, AINS, phénylbutazone, rifampicine, glafénine, produits de contraste iodés
L'insuffisance rénale aiguë sur obstacle
En cas d'obstacle complet sur un seul rein fonctionnel (calcul, tumeur, fibrose rétropéritonéale etc...), on peut assister à une insuffisance rénale aiguë se traduisant par une anurie précédée parfois d'épisodes régressifs évocateurs (anuries à éclipses), d'une colique néphrétique ou d'une hématurie.
L'échographie visualise la dilatation des cavités en amont de l'arrêt. Le traitement est très urgent et repose sur la levée d'obstacle en milieu urochirurgical.
L'insuffisance rénale aiguë lors des néphropathies glomérulaires anuriques
Une insuffisance rénale aiguë est possible au cours d'une glomérulonéphrite post-infectieuse mais l'évolution est en général favorable.
Le diagnostic est porté à la ponction-biopsie rénale.
Il existe des glomérulonéphrites malignes (proliférative extra-capillaire diffuse) de pronostic beaucoup plus sombre.
L'insuffisance rénale aiguë lors des néphropathies vasculaires
Elle se voit dans certains cas :
Thrombose ou embolie de l'artère rénale d'un rein unique ;
Thrombose des veines rénales du nourrisson ;
Microangiopathie thrombotique...
Les autres causes sont beaucoup plus rares : lupus érythémateux disséminé, périartérite noueuse, myélome multiple...
[?] Traitement
Indépendamment du traitement éventuel de la cause, la thérapeutique de l'insuffisance rénale aiguë ne se conçoit qu'en milieu spécialisé :
Restriction des apports en eau, sodium et potassium ;
Assurer un apport calorique suffisant : 30 cal/Kg/j ;
Apporter au moins 1 g/kg/jour de protides ;
Lutte contre l'hyperkaliémie (Kayéxalate) ;
Lutte contre l'acidose métabolique (THAM) ;
Epuration extrarénale (dialyse péritonéale ou hémodialyse) ;
Mise sous surveillance automatique (monitoring) .
Le traitement préventif de l'insuffisance rénale aiguë au décours d'un état de choc précocement traité fait appel au furosémide (Lasilix).
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L'insuffisance rénale chronique (IRC), urémie ou mal de Bright, néphrite chronique
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
C'est l'atteinte progressive, importante, et définitive de la fonction rénale, et donc de la filtration glomérulaire.
Toutes les maladies rénales chroniques et certaines maladies rénales aiguës incurables conduisent irrémédiablement à l'insuffisance rénale chronique (IRC) dans un délai très variable : de quelques semaines à quelques dizaines d'années. On peut définir l'insuffisance rénale chronique comme la réduction irréversible de la filtration glomérulaire.
Toute insuffisance rénale, quelle qu'en soit la cause, est le fruit d'une réduction du nombre de néphrons actifs. Les néphrons atteints sont exclus ou détruits, les néphrons restant se comportent comme des néphrons sains. Ils assurent à eux seuls le contrôle rénal de l'homéostasie (équilibre intérieur de l'organisme).
Le rein peut assurer ses capacités excrétrices pendant très longtemps puisqu'il lui suffit de 20% de ses néphrons pour fonctionner. Lorsque les lésions touchent plus de 80% des néphrons, les troubles commencent à apparaître.
A partir de la destruction de 80% de ses capacités, l'insuffisance rénale chronique débute.
[?] Causes et facteurs de risque
Toutes les maladies rénales peuvent évoluer vers l'insuffisance rénale chronique :
Maladie polykystique familiale ;
Diabète ;
Hypertension artérielle ;
Glomérulopathie chronique ;
Néphrite interstitielle chronique ;
Dilatation des voies excrétrices par obstacle ;
Myélome, lupus érythémateux disséminé ;
Syndrome d'Alport.
[?] Les signes de la maladie
L'insuffisance rénale chronique n'entraîne très longtemps aucun symptôme.
Lorsque ceux-ci apparaissent, il s'agit de :
Une asthénie avec anémie et amaigrissement ;
Une polyurie ;
Des troubles digestifs : anorexie, nausées, vomissements, diarrhée, hémorragies digestives ;
Des troubles neurologiques : multinévrite avec impatience des jambes, fatigue des mollets, paresthésies (fourmillements dans les jambes), impotence des membres inférieurs. Dans les cas très sévères, on note des troubles psychiques avec confusion mentale, désorientation, torpeur...
Des signes cardiaques : péricardite, insuffisance cardiaque, HTA ;
Des troubles osseux : ostéodystrophie rénale : douleurs osseuses, hyperparathyroïdie secondaire, ostéomalacie ;
Des crises de goutte ;
Des troubles cutanés : infections cutanées, prurit ;
Des infections urinaires.
A un stade plus avancé, l'anémie provoque une pâleur jaunâtre, une tachycardie, une mauvaise tolérance à l'effort, une asthénie et des troubles sexuels
[?] Examens et analyses complémentaires
La gravité de l'insuffisance rénale chronique est estimée par la clearance de la créatinine. Elle est :
Modérée lorsque la clearance de la créatinine est comprise entre 50 et 80 ml/mn ;
Importante entre 15 et 50 ml/mn ;
Grave au dessous de 15 ml/mn ;
Impose l'épuration extrarénale au dessous de 10 ml/mn.
L'urée sanguine s'élève rapidement. La créatinine sanguine augmente aussi tandis que sa clearance diminue. L'hyperuricémie est fréquente.
L'anémie est constante au cours de l'insuffisance rénale chronique (sauf en cas de polykystose).
L'hyperkaliémie peut être mortelle.
L'acidose métabolique, les déséquilibres hydro-électrolytiques, les troubles phosphocalciques (hypocalcémie, hyperphosphorémie) sont importants.
L'abaissement des vitesses de conduction nerveuse motrice et sensitive détecte la neuropathie périphérique sensitivo-motrice.
[?] Traitement
Au début, lorsque l'insuffisance rénale chronique n'est pas très avancée, un régime et des conseils hygiéno-diététiques sont suffisants.
Aux stades très évolués, seule l'hémodialyse périodique par rein artificiel (épuration extrarénale), la dialyse péritonéale ou la transplantation rénale peuvent améliorer la qualité de vie de ces malades.
Toutefois, la dialyse ne remplace pas toutes les fonctions du rein défaillant et certaines complications sont possibles et nécessitent une surveillance étroite
[?] Surveillance de l'hémodialyse chronique
1. Surveillance diététique et nutritionnelle :
Eau et sodium : le risque majeur est celui de la surcharge (hypertension artérielle, Oedème aigu du poumon). Le poids du patient être surveillé très régulièrement entre les séances et à chaque séance de dialyse. L'apport hydrique doit être adapté au volume de la diurèse.
L'apport sodé est calculé d'après les possibilités d'excrétion quotidienne.
Potassium : l'hyperkaliémie est à l'origine de troubles du rythme cardiaque et d'arrêt du coeur. La kaliémie doit donc être bien suivie. Les patients doivent se méfier des sels dits de régime qui sont riches en potassium. Les aliments riches en potassium sont interdits. En cas d'hyperkaliémie : prescription de kayexalate per os ou en lavement.
Le régime de restriction protidique
il doit apporter une quantité de protides adaptée aux possibilités d'excrétion azotée rénale. En pratique, l'apport protidique (oeufs, produits laitiers, viandes, poissons) est adapté au chiffre de la clearance de la créatinine et l'utilisation de tables d'équivalence permet au malade de varier son alimentation sans dépasser la quantité de protides prescrite par jour qui, à l'heure actuelle, tourne autour de 1 g de protides/kg de poids dans les insuffisance rénale chronique légères et autour de 0,6 à 0,8 g/kg/j dans les formes plus sévères
2. Surveillance ostéo-articulaire
- Les troubles phosphocalciques provoquant hyperparathyroïdie et ostéomalacie doivent être dépistés par les dosages répétés de la calcémie, de la phosphorémie, des phosphatases alcalines et de la parathormone. Les radiographies osseuses sont systématiques.
Le médecin prescrit de la vitamine D3 sous forme active (Dédrogyl, Alphacalcidol) ou propose la parathyroïdectomie.
La lutte contre l'hyperphosphorémie repose sur l'hydroxyde d'alumine per os : Maalox, Polysilane, Lithiagel etc...
La surcharge osseuse en alumine justifie le contrôle des quantités d'hydroxyde d'alumine ingérées et la teneur en aluminium de l'eau de dialyse ;
L'amylose ostéo-articulaire doit être recherchée chez les malades dialysés depuis de nombreuses années ;
L'allopurinol est parfois nécessaire pour lutter contre l'excès d'acide urique et la goutte.
3. Surveillance des infections
Le patient est particulièrement fragile vis à vis des infections à germes banals et à la tuberculose ;
L'hépatite à virus B doit être prévenue par le vaccin ;
Il faut diminuer les doses de certains médicaments dont les antibiotiques (ou d'en espacer les prises) en cas d'insuffisance rénale chronique.
4. Surveillance hématologique
L'anémie doit être régulièrement contrôlée.
Des transfusions de culots sont pratiqués en cas d'anémie sévère . Actuellement, il est possible de traiter par l'érythropoïtéine recombinante humaine (Eprex).
5. Surveillance cardiovasculaire
La pression artérielle doit être normale.
Les complications de l'athérosclérose étant fréquentes sur ce terrain, elles sont systématiquement recherchées. Une péricardite peut survenir et doit être dépistée.
6. Surveillance d'une amylose qui peut provoquer un syndrome du canal carpien, parfois des arthropathies
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L'insuffisance surrénale aiguë
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Il s'agit d'une très grande urgence médicale puisque la vie du malade est en jeu. Les traitements actuels permettent le plus souvent de sauver un patient autrefois condamné.
Chez un malade qui a déjà une insuffisance surrénale lente, tout facteur provoquant une agression importante peut provoquer une insuffisance surrénale aiguë : les infections (grippe, etc), les traumatismes physiques, chirurgicaux ou émotionnels, les efforts prolongés, les sueurs importantes, les vomissements, les diarrhées, la grossesse, l'oubli du médicament...
Une insuffisance surrénale aiguë peut également survenir lors d'une hémorragie des surrénales, consécutive à des troubles de la coagulation (maladies, traitements anticoagulants) ou à la nécrose hémorragique des surrénales qui survient au cours de maladies infectieuses "malignes" (purpura fulminans de la méningite à méningocoques par exemple). Certains traitements peuvent également provoquer une insuffisance surrénale aiguë.
Les signes cliniques prémonitoires sont d'apparition rapide : asthénie, crampes, douleurs abdominales.
Puis le tableau se complète par :
Des troubles digestifs : vomissements, diarrhée importante ;
Des signes cardiovasculaires : pouls rapide et faible, pression artérielle basse et pincée, le collapsus peut s'installer rapidement ;
Des signes nerveux : prostration, angoisse ;
Des signes musculaires :douleurs, fatigue très importante ;
Une déshydratation globale (pli cutané, faciès creusé, globes oculaires enfoncés).
Devant un tel tableau, le médecin effectue un bilan biologique. Le ionogramme sanguin est évocateur : baisse du sodium, hausse du potassium et hypoglycémie. Souvent, le médecin n'attend pas les résultats pour mettre en route le traitement qui est une urgence absolue : réhydratation, traitement substitutif à forte dose : hémisuccinate d'hydrocortisone intraveineux, acétate de cortisone intramusculaire, désoxycortone intraveineux.
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Intolérance aux protéines du lait de vache
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Cette maladie est de plus en plus fréquente actuellement.
Elle serait liée à une sensibilisation allergique de la muqueuse intestinale à une ou plusieurs composants du lait de vache et en particulier la bêta-lactoglobuline.
Le mécanisme physiopathologique de l'atteinte de la muqueuse intestinale est mal connu.
On évoque ce diagnostic lorsque la diarrhée survient lors du sevrage au sein ou lors d'une diarrhée durable parfois striée de sang chez un nouveau-né alimenté au lait de vache. Elle s'accompagne de dénutrition précoce, de vomissements, d'oedèmes, d'éruption urticarienne ou d'eczéma. Un choc anaphylactique peut parfois menacer la vie du nourrisson.
Certains examens complémentaires peuvent aider le diagnostic : recherche des anticorps anti-lactogloguline et anti-caséine dans le sang.
En réalité, le diagnostic est surtout clinique : les troubles disparaissent lors de la suppression du lait.
Le traitement comporte la mise à un régime supprimant les protéines du lait de vache :
Chez le nourrisson, on utilise les hydrolysats de caséine (Prégestimil®, Nutramigen® Pepti-Junior...) ;
Chez l'enfant plus grand, on remet aux parents la liste des aliments permis.
Habituellement, l'intolérance aux protéines du lait de vache est transitoire. L'essai de reprise du lait de vache se fait de façon très prudente après un an de régime, à proximité immédiate d'un centre médical en raison du risque toujours possible de choc anaphylactique
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L'intolérance héréditaire au fructose
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Il s'agit d'une erreur innée du métabolisme portant sur la transformation du fructose-1-phosphate en glucose. Le fructose est présent pour moitié dans la molécule de saccharose (le sucre du commerce).
Le début de l'affection peut se voir dès les premiers jours de vie si l'enfant reçoit de l'eau sucrée ou est nourri au lait de vache. Les vomissements sont très fréquents. Les accidents d'hypoglycémie postprandiaux sont redoutables. L'hépatomégalie (gros foie) est le signe clinique principal. Une ascite, un ictère (jaunisse), une splénomégalie (grosse rate) apparaissent rapidement. Il n'y a pas de cataracte ni d'atteinte neurologique profonde.
Le diagnostic se fait sur la découverte d'une mellitturie (présence d'un sucre dans les urines) suivie de l'identification du sucre par chromatographie. Un dosage enzymatique peut être pratiqué sur une biopsie de foie.
En réalité, le vrai problème pour le médecin est de ne pas passer à côté du diagnostic. En effet, le sucre est souvent recherché dans les urines par des réactifs à la glucose-oxydase qui ne décèlent que le glucose. Il faut employer des réactifs chimiques (Clinitest®) qui décèlent les sucres en général et pas seulement le glucose. La mellitturie est ainsi mise en évidence.
En l'absence de traitement, l'évolution est mortelle.
Le régime d'exclusion du fructose, du saccharose et du sorbitol à vie a un effet favorable
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Intoxications de l'enfant
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[?] Qu'est-ce que c'est ?
L'intoxication d'un enfant peut débuter avant même sa naissance. Les substances toxiques administrées à la mère pendant les neuf premières semaines de grossesse sont tératogènes et provoquent des malformations de l'embryon différentes selon la date d'ingestion ; la malfaçon atteint l'organe en train de se différencier lors de la prise du toxique.
Après le 3° mois, il n'y a plus de risque de malformation puisque les différents organes sont déjà constitués. Par contre, le foetus peut être intoxiqué par les substances qui traversent le placenta.
Dès les premières semaines de vie, le nourrisson peut être victime d'une intoxication. Même lorsque ce dernier est nourri au sein, le danger existe tout autant. La plupart des médicaments prescrits à la mère sont éliminés dans son lait.
L'enfant de un à cinq ans est le plus concerné par les intoxications car il est à l'âge où on explore le monde extérieur en portant tout à sa bouche (médicaments, produits d'entretien plantes etc.) et où on imite les parents (cigarettes, alcool etc.). Ce sont souvent des enfants turbulents, désobéissants, hyperactifs, impulsifs, opposants, du genre "petits diables", capables de grimper tôt sur des échafaudages plus ou moins stables. Souvent insomniaques et agités, ces garçons manifestent dans leur comportement et leurs jeux un esprit de conquête. Emotifs et instables, ils sont souvent récidivistes et accumulent les accidents.
Conduite à tenir
Lorsqu'il n'y a pas de symptômes 6 heures après l'intoxication, on peut considérer tout risque écarté à l'exception du paracétamol.
Ce qu'il faut faire :
Rincez la bouche pour évacuer les résidus ;
Interrogez le centre antipoison en lui donnant l'âge et le poids de l'enfant, le nom et la quantité du produit avalé, l'heure de l'intoxication, les symptômes déjà observés ;
Faire vomir sauf contre-indication en titillant le fond de la gorge ou en donnant du sirop d'ipeca (1 cuillère à café pour 10 kg de poids et plusieurs verres d'eau) ;
Donnez du charbon activé (25 à 50 g) sauf si intoxication par métaux lourds (fer, lithium, cyanures) : ils ne sont pas adsorbables ;
Caustiques (acides et bases forts) : gêne l'endoscopie digestive ;
Hydrocarbures aliphatiques : risque de vomissements ;
Alcools (éthanol, méthanol) : ne sont pas adsorbables ;
Et un pansement gastrique (Smecta, Actapulgite, Polysilane...).
LISTE DES CENTRES ANTI-POISONS
Paris : 01 40 05 48 48
Marseille : 04 91 75 25 25
Lille : 03 20 44 44 44
Rennes : 02 99 59 22 22
Rouen : 02 35 88 44 00
Reims : 03 26 78 79 20
Lyon : 04 72 11 69 11
Bordeaux : 05 56 96 40 80
Strasbourg : 03 88 37 37 37
Toulouse : 05 61 49 33 33
Orléans : 02 41 48 21 21
A ne pas faire
Ne laissez pas de médicaments à proximité des enfants ;
Rangez les produits dangereux dans une armoire fermée à clé et placée hors de leur portée ;
Ne donnez pas de lait après une intoxication : ce n'est pas un contre-poison.
Ne pas faire vomir si
L'enfant est dans le coma ;
Le produit avalé est caustique (eau de javel, etc.) ;
Le produit avalé est moussant (lessives, etc.) ;
Le produit avalé est de l'huile ou de l'essence.
Le lavage d'estomac
Il se fait à l'hôpital sur un enfant conscient, couché en position latérale de sécurité. Le médecin met en place une sonde de Faucher après avoir mesuré la longueur de sonde nécessaire. On sait que la sonde est dans l'estomac si l'enfant est rose et qu'il peut parler ou crier. On passe 150 ml/kg de sérum physiologique (NaCl à 0,9 % réchauffé) à fractionner selon la taille de l'enfant (200 à 400 ml). On peut administrer du charbon activé par la sonde en fin de gavage.
Au décours du lavage, il faut s'assurer que l'auscultation pulmonaire est normale (risque de fausse route).
Contre-indications
Convulsions ;
Coma ;
Troubles de la conscience ;
Ingestion de caustiques, d'hydrocarbures aliphatiques (essences etc), ou de sunbstances susceptibles de causer des convulsions ou un coma.
[?] Les principales intoxications (par ordre alphabétique)
Il est bien sûr impossible de décrire toutes les intoxications possibles et dans la liste ci-dessous, on a été guidé par les cas les plus fréquents ou les plus graves rencontrés en pratique quotidienne par les médecins. Les symptômes décrits sont ceux d'un surdosage important bien que parfois ces signes puissent survenir à des doses modérées en cas d'hypersensibilité de l'enfant. Nous n'avons pas classé les produits par ordre de toxicité car si certains sont plus dangereux que d'autres, la notion de quantité absorbée intervient également. Aussi importe-t-il, dans tous les cas d'intoxication, quel que soit le produit ingéré, de demander l'avis du médecin ou du centre antipoison qui dispose des renseignements les plus actuels sur les produits les plus récents. Cette liste n'est donc qu'indicative et ne peut remplacer en aucun cas l'avis du médecin. Sauf en cas d'absorption de produits non toxiques, une hospitalisation pour surveillance d'au moins 24 heures est souvent nécessaire.
Acétone
Utilisé comme solvant, notamment pour les colles, dissolvants pour vernis à ongle etc...
Symptômes de l'intoxication : voir : "Alcool éthylique"
Acide borique
Utilisé dans les gouttes nasales, l'eau oxygénée boratée, les solutions d'acide borique servant au nettoyage des seins ou aux soins vaginaux, les antiseptiques cutanés, les produits blanchisseurs de linge...
Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs, neurologiques, rénaux, respiratoires, fièvre, tachycardie, déshydratation...
Mortalité de 50 à 70% chez le nourrisson.
Traitement : en milieu spécialisé.
Actifed® (triprolidine, pseudo-éphédrine, paracétamol)
Utilisé dans les affections ORL comme décongestionnant des muqueuses, antihistaminique, antalgique et anti-thermique.
Symptômes de l'intoxication : somnolence, vertiges, convulsions, palpitations, tachycardie, hépatite.
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé.
Additifs pour aquarium : non toxiques
Adoucissants : non toxiques
Adrénaline : voir "Epinéphrine"
Agents blanchisseurs (sauf Javel) : non toxiques
Alcool éthylique (éthanol)
(la bière contient 4 à 6% d'alcool, le vin 10 à 13%, les boissons fortes (whysky, vodka etc...) 40 à 50%, les parfums et lotions après rasage : 70%)
Symptômes de l'intoxication : ataxie, dysarthrie, euphorie, troubles visuels, incoordination psychomotrice, agitation, dépression cardiorespiratoire, convulsions par hypoglycémie, hypothermie, vomissements, tachycardie, hyperpnée...
Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac, lutte contre l'hypoglycémie et l'acidose métabolique. Dans les cas graves : hémodialyse, dialyse péritonéale.
L'alcoolémie permet de juger de la gravité de l'intoxication :
10,8 à 32,5 mmol/l (50 à 150 mg/100 ml) = intoxication légère
32,5 à 65 mmol/l (150 à 300 mg/100 ml) = intoxication moyenne
65 à 109 mmol/l (300 à 500 mg/100 ml) = intoxication grave
Alcool isopropylique
Utilisé comme alcool à friction.
Deux fois plus toxique que l'alcool éthylique.
Alcool méthylique (méthanol, alcool de bois, alcool à brûler)
Utilisé comme combustible, antigel etc...
Symptômes de l'intoxication : après une latence de plusieurs heures : céphalées, nausées, vomissements, mydriase, anomalies du fond d'oeil, troubles visuels pouvant aller jusqu'à la cécité permanente, coma, oedème cérébral, hypoglycémie, acidose métabolique, dépression cardio-respiratoire.
Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac. Administration d'alcool éthylique (1 ml d'alcool pur/kg) par voie orale mélangé à un jus de fruit ou en perfusion intraveineuse jusqu'à diminution du taux de méthanol sanguin. Correction de l'hypoglycémie et de l'acidose. Hémodialyse ou dialyse péritonéale dans les cas graves.
Aliments pour animaux : voir "nourriture"
Allumettes : non toxiques
Amphétamines : voir "épinéphrine"
Anneaux de dentition : non toxiques
Antiacide : non toxiques
Anti-arythmiques quinidiniques (Natisédine® etc...)
Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs, vertiges, hypoacousie, flou visuel, mydriase, diplopie, troubles du rythme cardiaque etc...
Traitement : en milieu spécialisé.
Antidote des anti-arythmiques de classe 1 : lactate ou bicarbonate de sodium avec chlorure de potassium en PIV
Antibiotiques : la prise unique d'un sirop antibiotique courant n'est en général pas toxique. Voir la toxicité en général des antibiotiques.
Antidépresseurs tricycliques ou imipraminiques (Anafranil® ou clomipramine, Elavil®, Laroxyl® ou amitriptyline, Surmontyl® ou trimipramine, Tofranil® ou imipramine...)
Symptômes de l'intoxication : coma, convulsions, alternance d'excitation et de somnolence, dépression respiratoire, troubles du rythme cardiaque, hypotension artérielle, fièvre, rougeur de la peau, mydriase, tachycardie, sécheresse de la peau, sueurs abondantes, constipation, rétention aiguë d'urine avec globe vésical etc...
Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac. Traitement symptomatique. Surveillance continue de l'ECG. Transfert en milieu spécialisé. L'antidote est le salicylate de physostigmine par voie I.V. contre-indiqué en cas d'asthme ou de cardiopathie.
Antidépresseurs non cycliques (Prozac, Zoloft) : moins dangereux que les antidépresseurs tricycliques. Pas de toxicité cardiaque. Pas détectable en routine dans le sang et les urines.
Antigels : voir "éthylène-glycol"
Antihistaminiques (Dimégan® ou bromphéniramine, Doxergan® ou ozomémazine, Hypostamine® ou tritoqualine, Méréprine® ou doxylamine, Migristène® ou dimétotiazine, Périactine® ou cyproheptadine®, Phénergan® ou prométhazine, Polaramine® ou dexchlorphéniramine, Primalan® ou méquitazine, Théralène® ou alimémazine, etc.)
Utilisés contre les allergies, le rhume, le mal des transports.
Symptômes de l'intoxication : effets secondaires de type atropinique : fièvre, rougeur de la peau, mydriase, tachycardie, sécheresse de la bouche, rétention aiguë d'urines avec globe vésical etc... Contractures musculaires de type extra-pyramidal, vertiges ataxie, somnolence, irritabilité, nystagmus, céphalées, tremblements, hallucinations, désorientation temporo-spatiale, convulsions, nausées, vomissements, arrêt respiratoire, collapsus cardiovasculaire, troubles hépatiques et rénaux etc...
Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac. Transfert en milieu spécialisé : Diazépam en cas de convulsions, salicylate de physostigmine en cas d'effets atropiniques (anticholinergiques) importants, diphénhydramine en cas de troubles extra-pyramidaux sévères, exsanguino-transfusion, hémodialyse ou dialyse péritonéale dans les cas graves.
Antirouilles
A base de fluorures ou d'oxalates, ce sont les produits domestiques les plus dangereux. Un à deux grammes suffisent pour tuer un enfant en moins d'une heure par encombrement bronchique, collapsus cardiovasculaire et état de mal convulsif. Ces produits sont utilisés pour enlever les taches de rouille sur le linge et sont vendus dans des flacons blancs en matière plastique qui ressemblent parfois aux biberons pour poupées...!
Symptômes de l'intoxication : encombrement bronchique, collapsus cardiovasculaire, état de mal convulsif, hypocalcémie, complications hépatiques et rénales, mort.
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac malgré l'aggravation probable des lésions caustiques préférable néanmoins au risque mortel de collapsus. Le traitement comporte une hydratation importante pour éviter l'anurie par précipitation tubulaire des cristaux d'oxalate, des antibiotiques, une calcithérapie et des pansements gastriques.
La projection oculaire ou cutanée de ces produits lors de l'ouverture des flacons est également très dangereuse. Il faut laver à grande eau les lésions pour éviter les perforations de cornée ou les lésions caustiques cutanées. Le médecin instillera en urgence un collyre à base de calcium afin d'éviter la formation d'escarres.
Antiseptiques cutanés
L'eau oxygénée, la solution de Dakin ne sont pas toxiques aux doses habituelles. L'éther entraîne une ivresse puis une somnolence et fait craindre la survenue d'apnées ou de spasmes laryngés. Le mercurochrome provoque des troubles digestifs et des complications rénales à fortes doses. La teinture d'iode est caustique. Le formol et le trioxyméthylène sont caustiques et néphrotoxiques. Les ammoniums quaternaires (Biocidan®, Céquartyl®, Cétavlon® etc...) sont toxiques (voir détergents).
Antispasmodiques atropiniques (Algo-Buscopan®, Baralgine® Diaspasmyl® ou propyromazine, Dibromuré® d'atropine, Prantal® , Priamide®, Viscéralgine®...)
Symptômes de l'intoxication : troubles atropiniques (anticholinergiques) : mydriase, sécheresse de la bouche, constipation, troubles de l'accommodation oculaire, agitation, confusion, hallucinations, coma, convulsions, tachycardie, fièvre élevée, visage congestif...
Traitement : lavage d'estomac, refroidissement, diurèse osmotique, anticonvulsivants...
Argile : non toxique
Aspirine : voir "salicylés"
Atropine (anticholinergiques)
Utilisée dans de nombreux médicaments pour troubles digestifs et dans les collyres.
Symptômes de l'intoxication : mydriase, troubles de la vision, sécheresse de la bouche, fièvre, rougeur de la peau, rétention aiguë d'urines avec globe vésical, troubles du rythme cardiaque, excitation, confusion, délire, hallucinations, coma, convulsions, dépression cardio-respiratoire...
Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac. Traitement symptomatique. Cathétérisme vésical (sondage) en cas de rétention d'urines. L'antidote est utilisé dans les formes sévères : salicylate de physostigmine, eserine oxyde
Bains moussants : non toxiques
Balles de golf (contenu liquide) : non toxiques
Barbituriques (Alepsal®, Belladénal®, Binoctal®, Epanal®, Gardénal® ou phénobarbital, Imménoctal® ou sécobarbital, Kaneuron®, etc.)
Symptômes de l'intoxication : obnubilation, coma, troubles cardio-respiratoires, hypothermie...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac contre-indiqué en cas de coma. Diurèse forcée alcaline, assistance respiratoire. Dans les cas graves, transfert en milieu spécialisé pour hémodialyse, dialyse péritonéale, hémoperfusion sur charbon de bois...
Benzodiazépines (Séresta®, Tranxène®, Valium® etc...) : voir "sédatifs et hypnotiques non barbituriques". Antidote :flumazénil (Anexate).
Bétabloquants : antidote : glucagon, isoprénaline
Bougies : non toxiques
Camphre
Symptômes de l'intoxication : odeur de camphre, irritation de la bouche, douleurs de l'estomac, nausées, vomissements, convulsions très précoces, coma...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Diazépam ou phénobarbital en cas de convulsions. Traitement symptomatique en milieu spécialisé.
Caustiques : ne pas faire boire, ne pas faire vomir. Consulter l'ORL en urgence
Carbonate de lithium
Utilisé dans le traitement de la psychose maniaco-dépressive.
Symptômes de l'intoxication : coma, ataxie, convulsions.
Traitement : en milieu spécialisé.
Célestène® : voir "corticoïdes"
Cendres de cigarettes : non toxiques
Champignons
L'amanite phalloïde est le champignon le plus dangereux. Elle est responsable de 90 % des cas d'intoxication mortelle par champignons.
On la cueille dans les bois frais, à la fin de l'été et au début de l'automne, quelle que soit la forêt et quel que soit le sol. Les planches de champignons affichées chez les pharmaciens doivent permettre de la reconnaître sur son chapeau régulier verdâtre ou jaune olivâtre, à bords non striés avec des fibrilles radiales soyeuses. Les lamelles sont blanches. Le pied possède un anneau et une volve membraneuse à sa base, comme d'ailleurs la plupart des espèces dangereuses. La chair a une odeur attirante et le goût n'est pas désagréable. Elle élabore des toxines qui bloquent les mécanismes enzymatiques cellulaires des reins et du foie.
Malgré le traitement symptomatique, la mortalité reste de 50 % en 4 à 8 jours.
Les méthodes dites "scientifiques", répandues dans le public pour reconnaître ces champignons mortels ne reposent sur aucune base sérieuse : le procédé de la pièce d'argent censée noircir au contact d'un champignon dangereux, l'ébouillantage, le marinage dans l'eau vinaigrée, les traces de limaces n'ont jamais empêché quiconque de s'intoxiquer gravement.
Symptômes de l'intoxication : apparition 12 à 48 heures après l'ingestion de vomissements, diarrhée, hémorragies digestives, oligo-anurie, ictère, oedème pulmonaire, céphalées, confusion, coma, convulsions etc.
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac. Traitement symptomatique des convulsions, de l'insuffisance rénale et de l'insuffisance hépatique etc...
Les autres champignons vénéneux sont moins dangereux. Les symptômes sont plus précoces et apparaissent dans les 4 heures qui suivent l'intoxication :
La fausse morille (gyromitre) : anémie hémolytique, coma, convulsions...
Les inocybes et clitocybes (petits champignons blancs)
Symptômes de l'intoxication : sueurs abondantes, diarrhée, hypersalivation, bradycardie, myosis, bronchospasme, collapsus.
Traitement : atropine.
Les bolets, russules lactaires clavaires : diarrhée, déshydratation...
Chandelles : non toxiques
Chloroquine : voir quinine
Cigarettes (<3) : non toxique
Cirage : non toxique
Codéine : voir "narcotiques"
Colchicine (Colchimax® etc...)
Médicaments utilisés dans le traitement de la goutte.
Symptômes de l'intoxication : douleurs abdominales, vomissements, diarrhée, déshydratation, insuffisance circulatoire, anurie, granulopénie, thrombopénie, insuffisance hépatique etc...
Traitement : lavage d'estomac, rééquilibration hydro-électrolytique...
Colle à papier : non toxique
Contraceptifs : non toxiques
Corrosifs (produits acides ou alcalins concentrés déboucheurs d'éviers et de lavabos, décape-fours, permanganate de potassium, détartrants pour W.-C., Clinitest® etc...) - Voir aussi "Eau de Javel".
Symptômes de l'intoxication : ces produits sont corrosifs pour l'oesophage et entraînent des brûlures caustiques qui peuvent laisser comme séquelles des sténoses cicatricielles.
Traitement : Ne pas faire vomir car le second passage des produits caustiques dans l'oesophage aggrave encore les lésions muqueuses. La fibroscopie s'impose pour établir le bilan des lésions. En cas de brûlure de l'oesophage, les corticoïdes sont prescrits. En cas de rétrécissement cicatriciel ultérieur de l'oesophage, des dilatations oesophagiennes sont nécessaires.
Corticoïdes (Célestène®, Solupred® etc...) : non toxiques en prise unique
Craies : non toxiques
Crayons, crayons feutres : non toxiques
Débouche-éviers : voir "corrosifs"
Dénoral® comprimés (noréphédrine, clocinizine, métiodure de buzépide)
Utilisé dans les rhinites comme antihistaminique, vasoconstricteur rhino-pharyngé.
Symptômes de l'intoxication : sensation de sécheresse nasale, somnolence, céphalées, insomnies, palpitations etc...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé.
Dentifrices : non toxiques
Déshumidificateurs (sachet ou capsule) : non toxiques
Désodorisants : non toxiques
Détergents (poudres et liquides pour laver lessive et vaisselle)
Symptômes de l'intoxication :
Détergents cationiques (ammoniums quaternaires utilisés comme désinfectants médicaux : Cétavlon®, Biocidan®, Céquartyl® etc..., amines aliphatiques, uréthanes etc..., shampooings anti-pelliculaires...) : diarrhée, vomissements, douleurs abdominales, apnée brutale, état de choc, coma, convulsions...
Détergents anioniques moussants (alkyl, sulfates, sulfonates...) : peu toxiques. Ne pas faire vomir en raison de la mousse qui risque d'encombrer les poumons en cas d'inhalation ;
Détergents non ioniques ne moussant pas (poudres à laver en machines) : douleurs abdominales, diarrhée, vomissements, déshydratation.
Traitement : charbon de bois activé, pansement gastrique, hydratation.
Diazépam (Valium®) : voir "sédatifs et hypnotiques non barbituriques".
Digitaliques (Digoxine®, etc.)
Digoxinémie toxique : 5,12 µmol/l (4 µg/ml) chez le nourrisson ; 3,20 µmol/l (2,5 µg/ml) chez l'enfant plus âgé.
Symptômes de l'intoxication : anorexie, nausées, vomissements, diarrhée, somnolence, confusion mentale, tachycardie ventriculaire, troubles de la conduction cardiaque, fibrillation auriculaire ou ventriculaire, hyperkaliémie...Les troubles du rythme cardiaque sont au premier plan et peuvent être mortels; tous les troubles digestifs, visuels et psychiques sont accessoires.
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Surveillance continue de l'ECG. Transfert en milieu spécialisé : l'entraînement électrosystolique endocavitaire sous bêta-bloquants est la meilleure prévention des troubles cardiaques graves.
Antidote : anticorps anti-digitaliques (Digidot)
Diphénylméthane (Atarax® etc...) : voir sédatifs et hypnotiques non barbituriques
Eau de Javel
C'est une solution d'hypochlorite et de chlorure de sodium obtenue par le mélange de dissolutions de carbonate de sodium et de chlorure de chaux. C'est un décolorant et un désinfectant énergiques. On doit à Bertholet la découverte en 1785 des propriétés blanchissantes des solutions chlorées. Il nomma son produit :"eau de Javel" du nom de la localité située sur les rives de la Seine où travaillaient les lavandières de l'époque.
Les symptômes traduisent l'effet caustique immédiat et local de l'eau de Javel. Il n'y a pas de toxicité à distance. La gravité de l'intoxication dépend de la concentration du produit. L'eau de Javel en berlingot est très caustique et impose l'hospitalisation. L'eau de Javel diluée pour l'emploi immédiat est anodine et ne justifie ni examen ni médicament.
Les signes évoluent en fonction du temps :
Brûlures immédiates des lèvres et de la gorge avec parfois oedème de la glotte ;
Collapsus précoce en cas d'ulcérations de l'oesophage ;
Perforation de l'estomac dans les 24 premières heures avec vomissements sanglants ;
Pneumopathie aiguë, médiastinite dans les premiers jours ; dans certains cas oedème pulmonaire par inhalation de vapeurs de chlore si l'eau de Javel a été mélangée avec un autre produit d'entretien ;
Sténose de l'oesophage un à deux mois plus tard.
Traitement : faire boire de l'eau pour diluer le produit. Ne pas donner de lait. Ne pas faire vomir car le passage répété du caustique aggrave les lésions oesophagiennes. L'eau de Javel peut être neutralisée en faisant boire à l'enfant de l'hyposulfite de sodium (Emgé Lumière®, Hyposulfène). Le lavage d'estomac est contre-indiqué car le tube risque de perforer l'oesophage déjà abîmé chez un enfant qui de plus se débat. S'il s'agit d'eau de Javel diluée, pansement gastrique et antibiotiques suffisent. S'il s'agit d'eau de Javel en berlingot, l'hospitalisation s'impose.
Eau de toilette, eau de Cologne : non ou très peu toxique (alcool : hypoglycémie)
Eau oxygénée < 3% : non toxique
Edulcorants (saccharine, cyclamate etc...) : non toxiques
Encre de crayon à bille : non toxique
Les encres vertes et rouges, certaines encres à marquer le linge sont souvent à base d'aniline qui peut entraîner une méthémoglobinémie.
Signalons que les produits effaceurs d'encre contiennent du permanganate dilué dans le flacon rouge et de l'hyposulfite de sodium dans le flacon blanc.
Engrais : non toxique
Epinéphrine (adrénaline, amphétamines anorexigènes : Dinintel®, Pondéral retard®, etc., éphédrine, méthylphénidate...)
Utilisés comme bronchodilatateurs dans l'asthme, anorexigènes dans l'obésité etc...
Symptômes de l'intoxication : convulsions, vomissements, tachycardie, céphalées, pâleur, anxiété, tremblements, mydriase, hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque, difficultés respiratoires, collapsus cardiovasculaire etc...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. Diazépam si convulsions.
Essence : voir "hydrocarbures"
Ethylène-glycol
Utilisé comme antigel, adoucisseur de linge etc...
Symptômes de l'intoxication : les signes initiaux évoquent une intoxication alcoolique (agitation, troubles de l'équilibre, logorrhée, céphalées...) puis apparaissent des vomissements, un coma, des convulsions, une dépression respiratoire, des troubles cardiovasculaires, une insuffisance rénale avec anurie prolongée, une acidose métabolique avec hyperventilation, hypoglycémie, hypoglycémie, hyperkaliémie, hémolyse, hyperleucocytose etc...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Administration d'alcool éthylique pendant 4 jours. Traitement symptomatique habituel. Diurèse forcée. En cas d'insuffisance rénale : hémodialyse ou dialyse péritonéale.
Fer (Ascofer®, Fumafer®, Héliofer® etc...)
Symptômes de l'intoxication : vomissements, diarrhée, léthargie, hémorragies digestives, hyperglycémie, état de choc, fièvre, acidose métabolique, hyperleucocytose. Amélioration transitoire puis rechute après quelques heures : coma, collapsus cardiovasculaire, oedème pulmonaire, convulsions, anurie, insuffisance hépatique.
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. Dosage du fer sérique et en cas de taux élevé : antidote = desferoxamine par voie I.M. Dans les cas graves : hémodialyse, dialyse péritonéale, exsanguino-transfusion.
Feutres permanents ou non : non toxiques
Granules (et doses) homéopathiques : non toxiques
Halopéridol : voir "phénothiazines"
Hexachlorophène
Il y a quelques années, un certain nombre d'enfants sont décédés en France à la suite de l'utilisation d'un talc qui contenait de façon accidentelle des doses toxiques d'hexachlorophène, antiseptique dont la neuro-toxicité est connue. Ce produit est depuis 1972 au tableau C des substances vénéneuses et est utilisé comme désinfectant médical. Les fabricants de cosmétiques et de produits d'hygiène tendent de plus en plus à le remplacer par le trichlorcarbanilide dans les savons, déodorants et dentifrices.
Homéopathie : non toxique
Huiles de bain : non toxique
Huiles lubrifiantes : non toxiques
Huiles de moteur : non toxiques
Hydrocarbures (pétrole, essence, white-spirit, fuel, mazout, gas-oil, benzine, kérosène etc...)
Utilisés comme source d'énergie pour moteurs, comme solvants des graisses (laques, vernis, encaustiques, produits d'entretien des vitres etc...).
Le risque de ces produits volatils est surtout local, par effet irritant et solvant ; il s'exerce surtout au niveau du poumon, en cas de contact direct par fausse route lors de l'intoxication, vomissements secondaires, ou essais d'évacuation.
Symptômes de l'intoxication : la pneumonie chimique est le principal danger : toux, dyspnée, haleine forte ; les autres symptômes sont des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, des céphalées, des vertiges, une pâleur, des troubles neurologiques variables, un rash cutané trompeur, une fièvre, un oedème aigu des poumons, un collapsus, une anurie, un surinfection pulmonaire, un pneumothorax etc...
Traitement : ne pas faire vomir en raison du risque de fausses routes et d'inhalation. Antivomitifs en cas de vomissements spontanés. Surveillance des radiographies pulmonaires. Traitement symptomatique habituel. Antibiotiques en cas de surinfection pulmonaire bactérienne. Pansement gastrique, régime sans graisse, sans lait, sans beurre pendant 3 jours.
Hypnotiques : voir "barbituriques" ou "Sédatifs et hypnotiques non barbituriques".
IMAO (Inhibiteurs de la mono-amine oxydase : Marsilid® ou iproniazide, Niamide® ou nialamide, Tylciprine® ou tranylcypromine)
Utilisés comme antidépresseurs, contre l'angor et l'HTA.
Symptômes de l'intoxication : troubles de la tension artérielle, vertiges, lipothymies, syncopes, excitation, euphorie, insomnie, polynévrites, convulsions, troubles digestifs, sueurs (syndrome "tête de fer, jambes de coton").
Traitement : en milieu spécialisé.
Insecticides organo-chlorés (DDT, etc.)
Symptômes de l'intoxication : hyperexcitabilité, tremblements, faiblesse musculaire, convulsions...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. En cas de contact cutané, enlever les vêtements et laver à grande eau. Diazépam en cas de convulsions.
Insecticides organo-phosphorés (malathion, parathion, etc.)
Symptômes de l'intoxication : nausées, vomissements, céphalées, tremblements, anxiété, faiblesse musculaire, troubles visuels, incoordination, myosis, sueurs, hypersalivation, hypersécrétion bronchique, fasciculations musculaires, douleurs abdominales, diarrhée, bradycardie, paralysie et détresse respiratoire, oedème pulmonaire, coma, choc, convulsions, troubles de la conduction cardiaque etc...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Si contact avec la peau, enlever rapidement les vêtements et laver à grande eau. Traitement symptomatique habituel.
Laxatifs (paraffine et lavements) : non toxiques
Lessives à linge : non toxique
Lotions (cheveux, mains, solaire) : non toxique
Maquillage : non toxique
Méprobamate (Equanil® etc...) : voir "sédatifs et hypnotiques non barbituriques"
Mercure du thermomètre : non toxique
Mercurochrome : non toxique
Métaldéhyde ("méta")
Utilisé comme combustible léger et solide pour pique-nique, camping etc...
Ainsi que pour tuer les escargots (hélicide). Ressemblant dangereusement aux pastilles de menthe, et au goût paraît-il non désagréable, les tablettes de "méta" sont souvent absorbées par les enfants. Ce produit est l'un des toxiques les plus dangereux .
Symptômes de l'intoxication : gastrite hémorragique, nausées, vomissements de "lait caillé", trismus, convulsions, coma, mydriase, crampes musculaires, arrêt respiratoire ou cardiaque inopiné, fièvre...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Ne pas faire boire de lait qui augmente l'absorption de ce produit liposoluble. Diurèse osmotique. Diazépam ou phénobarbital en cas de convulsions. Transfert en milieu de réanimation. Exsanguino-transfusion. Correctement traitée, l'évolution se fait vers la guérison sans séquelle le plus souvent.
Menthol : convulsivant à fortes doses.
Méthanol : voir "alcool méthylique"
Morphiniques : antidote : naloxone (Narcan)
Mort-aux-rats : voir "raticides"
Mousse à raser : non toxique
Naphtaline
Symptômes de l'intoxication : vomissements, diarrhée, coma, convulsions, hémolyse avec ictère, hémoglobinurie, anurie ;
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Corticoïdes. Transfusion sanguine si nécessaire.
Narcotiques (morphine, codéine, codéthyline, Palfium® ou dextromoramide, mépéridine, héroïne, Dolosal® ou péthidine, propoxyphène, Fortal® ou pentazocine, etc.)
Utilisés dans des antalgiques (Antalvic®, Propofan®, Sédol® etc...), des antidiarrhéiques (diphenoxylate ou Diarsed®) ou les formes pour adultes de sirops anti-tussifs (Bronpax®, Campho-Pneumine®, Dinacode®, Néo-codion®, Nétux® Nican®, Tussipax® etc...)
Symptômes de l'intoxication : myosis, dépression respiratoire, coma flasque, défaillance circulatoire, oedème pulmonaire...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. La naloxone est l'antidote.
Natisédine® : voir "anti-arythmiques"
Nettoyants pour tapis : non ou peu toxiques
Neuroleptiques : Phénothiazines (Largactil®, Phénergan®, Théralène® etc...), Butyrophénones (Dipipéron® ou pipampérone, Droleptan® ou dropéridol, Haldol® ou halopéridol, Tripéridol® etc...), : voir "Sédatifs" et "Phénothiazines". Antidote : Lepticure, Artane
Nopron® (niaprazine)
Symptômes du surdosage : somnolence diurne ou excitation paradoxale
Traitement : surveillance symptomatique
Nourriture pour animaux domestiques (chat, chien, serin etc...) : non toxique
Opiacés : voir :"Narcotiques"
Oxyde de zinc : non toxique
Paracétamol (acétaminophène, Actifed®, Algotropyl®, Doliprane®, Efferalgan®, Febrectol®, Panasorb®, Propofan®, Rinurel®, Rinutan®, salgydal®, Véganine® , etc.)
Utilisé comme antipyrétique et analgésique.
Symptômes de l'intoxication : diarrhée, vomissements, coma avec détresse respiratoire, hépatite toxique grave.
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac. Le charbon de bois activé ne doit pas être utilisé si on envisage d'utiliser l'antidote : la N-acétyl-cystéine par voie orale (Mucomyst, Fluimucil) ou I.V. La surveillance des fonctions hépatiques s'impose.
Paradichlorobenzène (bloc désodorisant)
Utilisé dans les blocs désodorisants des cuvettes de W.-C.
Symptômes de l'intoxication : diarrhée, vomissements, céphalées, vertiges, agitation, coma, convulsions, troubles du rythme cardiaque...
Traitement : vomissements provoqués en l'absence de coma et de convulsions. Le lait est interdit. Un régime sans graisse est prescrit.
Parfums : non toxiques
Pâte à modeler : non toxique
Peintures à l'eau ou acrylique : non toxique
Pétards pour fusil-jouet : non toxiques
Phénacétine (Céquinyl® fort, Compralgyl® etc...)
Utilisé comme analgésique.
Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs, vertiges, obnubilation, coma convulsif, anémie hémolytique, méthémoglobinémie...
Traitement : en milieu spécialisé.
Phénothiazines (Largactil® ou chlorpromazine, Phénergan® ou prométhazine, Majeptil® ou thiopropérazine, Melleril® ou thioridazine, Moditen® ou fluphénazine, Noctran 10® ou acépromazine, Neuleptil® ou propériciazine, Nozinan® ou lévomépromazine, Théralène® ou alimémazine, Dogmatil® ou sulpiride, Primpéran® ou métoclopramide, etc.)
Utilisés comme antipsychotiques (neuroleptiques) , antiémétiques, anti-histaminiques etc...
Symptômes de l'intoxication : sécheresse de la bouche, somnolence, troubles de l'accommodation oculaire, coma, convulsions, dépression cardio-respiratoire, syndrome extra-pyramidal avec contractures musculaires, crises dyskinétiques (spasmes musculaires localisés ou généralisés, torticolis spasmodique, protrusion de la langue, trismus, crises oculogyres etc...), tachycardie, rétention aiguë d'urines avec globe vésical, fièvre, mydriase, accidents cutanés, photosensibilisation, troubles hépatiques et hématologiques etc... Le syndrôme "malin" d'intoxication par les phénothiazines comprend une fièvre, une pâleur et des troubles végétatifs.
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. Les dyskinésies précoces cèdent à l'administration d'un antiparkinsonien anticholinergique (Artane®).
Piles sèches (non alcalines) : non toxiques
Piles-boutons : Elles contiennent des substances toxiques. L'enveloppe métallique peut se désintégrer dans l'estomac et libérer les toxiques. Consultez en urgence à l'hôpital où une radiographie sera effectuée avant de récupérer la pile.
Pilules anti-conceptionnelles : non toxiques
Plomb (saturnisme)
Se trouve dans le vernis des céramiques artisanales, diverses peintures, les vapeurs (essence, batteries électriques etc...).
Symptômes de l'intoxication : enfant Africain, anorexie, vomissements, douleurs abdominales, comportement de pica, constipation, sang dans les selles, rectorragie, irritabilité, faiblesse musculaire, fatigue, paralysie, convulsions, signes d'hypertension intra-crânienne (céphalées). Anémie, troubles rénaux et osseux...
Traitement : en cas d'intoxication aiguë : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé.
En cas d'intoxication chronique : on élimine le plomb de l'organisme à l'aide de chélateurs (pénicillamine, calcium-disodium-versénate, dimercaprol...), EDTA calcique (Tracémate)
Polaroïd (enduit liquide) : non toxique
Primpéran : syndrome extrapyramidal, dyskinésies, opisthotonos, torticolis. Antidote : Lepticur
Produits pour argenteries : non toxiques
Produits solaires : non toxiques
Produits pour vitres :
Ils peuvent contenir différents toxiques :
Des solvants des graisses : hydrocarbures aliphatiques halogénés tels le trichloréthylène, le perchloréthylène, etc.
Des solvants de type aromatique (nitrobenzène) responsable de cyanose par méthémoglobinémie ;
Des détergents anioniques provoquant des troubles digestifs mineurs. Les vomissements provoqués font mousser les produits dans l'estomac et sont par conséquent interdits ;
Des caustiques (acide chlorhydrique ou sulfurique, ammoniaque, etc.) ;
Du formol : caustique local et action toxique sur le foie et les reins ;
De l'oxalate d'ammonium (anti-rouille) ;
De la silice : non toxique ;
Du carbonate de calcium.
Pommades et huiles pour cheveux : non ou peu toxiques
Prométhazine : voir "phénothiazine"
Purgatifs (bourdaine, phénolphtaléine, séné etc...)
Utilisés contre la constipation.
Symptômes de l'intoxication : diarrhée, douleurs abdominales, déshydratation...
Traitement : symptomatique.
Pyrazolés (amidopyrine, noramidopyrine, antipyrine, pyramidon : Algo-Buscopan®, Avafortan®, Baralgine®, Migralgine®, Optalidon®, salgygal®, Sédarène® comprimés, Viscéralgine forte® etc... )
Utilisés comme analgésiques non salicylés.
Symptômes de l'intoxication : vertiges, acouphènes, accidents allergiques, coma, convulsions, troubles rénaux et hématologiques (agranulocytose).
Quinine, chloroquine (Nivaquine®)
Utilisés comme antipaludéens.
Symptômes de l'intoxication : vertiges, vomissements, céphalées, bourdonnements d'oreille, troubles visuels, troubles de la conscience, troubles du rythme et de la conduction cardiaque, arrêt respiratoire etc...
Traitement : en milieu spécialisé.
Antidote : diazépam (Valium), lactate ou bicarbonate de sodium
Raticides (mort-aux-rats)
Les dérivés arsenicaux, phosphorés, les sels de thallium ou de baryum, les cyanures et les fluorures, la strychnine, la vératrine, le chloralose et les anticoagulants de type coumarinique sont tous très toxiques. L'intoxication impose l'hospitalisation en milieu spécialisé. Antidote : vitamine K1
Rinutan® (paracétamol, noréphédrine, phényltoloxamine)
Utilisé dans les infections et allergies ORL comme décongestionnant, antihistaminique, analgésique et antipyrétique.
Symptômes de l'intoxication : somnolence ou agitation, convulsions, vertiges, nausées, palpitations, troubles tensionnels, complications hépatiques...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Hospitalisation pour surveillance.
Rouge à lèvres : non toxique
Sachets anti-humidité (silica gel) : non toxique
Salicylés (aspirine ou acide acétylsalicylique et dérivés : Catalgine®, Aspégic®, Aspro®etc...)
Symptômes de l'intoxication : hyperventilation, alcalose respiratoire, fièvre paradoxale, déshydratation, acidose métabolique avec corps cétoniques dans les urines simulant un coma acido-cétosique diabétique. Nausées, vomissements, céphalées, bourdonnements d'oreille, agitation, convulsions, coma, hypoglycémie, allongement du taux de prothrombine etc...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel.
Savons à bulles, savons de toilette et à vaisselle : non toxiques
Sédatifs et hypnotiques non barbituriques : benzodiazépines (Halcion® ou triazolam, Mogadon® ou nitrazépam, Noctran 10 ou clorazépam, Rivotril® ou clonazépam, Rohypnol® ou flunitrazépam, Séresta® ou oxazépam, Témesta® ou lorazépam, Valium® ou diazépam... ), Equanil®, Mépronizine® ou méprobamate, Mandrax® ou méthaqualone etc...
Symptômes de l'intoxication : somnolence, hypotonie, sensations ébrieuses, obnubilation, coma, troubles respiratoires et cardiaques, hypothermie, éruptions cutanées. Parfois, on observe des réactions paradoxales : irritabilité, agressivité, excitation, confusion onirique...
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel en milieu spécialisé.
Antidote :flumazénil (Anexate).
Les molécules originales (Imovane, Stilnox) ne sont pas décelables en routine dans le sang et les urines.
Shampooing : non ou peu toxique
Solupred® : voir "corticoïdes"
Térébenthine
Symptômes de l'intoxication : pulmonaires, digestifs, rénaux, neurologiques.
Traitement : donner de l'eau à boire puis faire un lavage d'estomac. Traitement symptomatique habituel. Exsanguino-transfusion dans les cas graves.
Théophylline (Armophylline®, Dilatrane®, Théolair®, Inophyline®, Tédralan®, Trentadil® etc...)
Dose toxique de théophylline dans le sang : théophyllinémie > 138,8 µmol/l ou 25 µg/ml.
Théophyllinémie efficace curative : 55,55 à 111 µmol/l ou 10 à 20 µmol/l
Symptômes de l'intoxication : agitation, coma, convulsions, nausées, vomissements sanglants, tachycardie, collapsus cardiovasculaire, troubles du rythme cardiaque, hypertension artérielle, dépression respiratoire, fièvre, déshydratation..
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Dosage de la théophyllinémie pour apprécier la gravité. Diazépam en cas de convulsions. Traitement symptomatique en milieu spécialisé.
Tranquillisants : voir "Sédatifs et hypnotiques non barbituriques", et "phénothiazines"
Trichloréthylène
Utilisé dans les détachants, décapants etc...
Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs (diarrhée, douleurs abdominales...), obnubilation, somnolence, vertiges, coma, état pseudo-ébrieux ; les troubles du rythme cardiaque représentent la gravité majeure de l'intoxication.
Traitement : vomissements provoqués avec prudence, lavage d'estomac en absence de coma. Surveillance de l'ECG.
Trinitrine et dérivés ( (Trinitran®, Natirose® etc...)
Utilisés dans l'angine de poitrine ou angor.
Symptômes de l'intoxication : nausées, céphalées, vasodilatation cutanée. Risque de collapsus cardiovasculaire et de méthémoglobinémie.
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique en milieu hospitalier.
Vermifuges (pipérazine et dérivés : Povanyl® etc...).
Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs, éruptions cutanées, ataxie, incoordination motrice, troubles visuels, coma.
Combantrin® (pyrantel) : troubles digestifs, fatigue, vertiges..
Fluvermal® (flubendazole), Zentel® (albendazole) : troubles digestifs.
Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Surveillance des fonctions respiratoire et cardiovasculaire.
Vitamines :
B, C, K : aucun danger en dose unique ;
A : une intoxication avec une dose de plus de 400 000 unités peut provoquer chez le nourrisson après une latence de 24 ou 48 heures des signes d'hypertension intracrânienne (H.I.C.) avec vomissements et bombement de la fontanelle. L'évolution est en règle favorable en un ou deux jours après une ponction lombaire faite avec prudence.
D : A côté des causes habituelles des intoxications de l'e