G

G
les maladie seron de couleur rouge et la definition en verts


La gale

===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

La gale est une infection due à un parasite appelé sarcopte. Cette affection est très fréquente et cosmopolite. Le nombre de nouveaux cas est en diminution depuis 1985.

La femelle sarcopte creuse un tunnel dans la couche la plus superficielle de la peau (la couche cornée) et y pond ses oeufs. La salive du parasite provoque une réaction à type d'urticaire très prurigineuse (démangeaisons intenses).



[?] Causes et facteurs de risque

Le parasite est un acarien de la famille des Sarcoptidae.

Le principal facteur de risque est la promiscuité (crèches, écoles, épidémies familiales). Le réservoir du parasite est strictement humain, la transmission est strictement inter humaine par contacts cutanés directs (partage de la literie, des vêtements ou à l'occasion de rapports sexuels).

Il est à noter que la gale est une maladie très contagieuse : un seul contact suffit pour être infecté


[?] Les signes de la maladie

L'incubation (entre la contamination et les premiers symptômes) est variable : de quelques jours à plusieurs semaines.

Les démangeaisons dominent le tableau clinique et motivent le plus souvent le patient à consulter son médecin traitant. Elles sont d'intensité variable mais présentent des caractères spécifiques devant faire penser au diagnostic : l'entourage du patient (collectivité, famille) se gratte aussi, les démangeaisons sont accentuées le soir et se localisent à certains endroits caractéristiques : entre les doigts, poignets, face antérieure de l'avant-bras, plis du coude, aisselles, aréoles des seins, ombilic, ceinture, triangle des fesses, verge et face interne des fesses. Le dos et le visage sont épargnés (sauf chez le nourrisson où des localisations aux paumes des mains et des pieds sont fréquemment retrouvées).



[?] La consultation

Il doit rechercher des signes spécifiques de la gale qui peuvent manquer en cas d'hygiène rigoureuse ou de contamination récente.

Le médecin recherchera des sillons (fins trajets sinueux) présents au niveau des zones de prurit, des vésicules perlées (liquidiennes), des chancres scabieux (gland et fourreau de la verge) et des nodules scabieux.

Le médecin, par l'interrogatoire et l'examen clinique, devra également rechercher et traiter d'autres maladies sexuellement transmissibles


[?] Examens et analyses complémentaires

Dans certains cas, la recherche du parasite peut être nécessaire (prélèvement du contenu d'un sillon permettant de visualiser le sarcopte femelle et parfois ses oeufs au microscope).



[?] Evolution de la maladie

Gale surinfectée : surinfection bactérienne (staphylocoques, streptocoques) au niveau des zones d'élection du prurit.

Gale norvégienne : il s'agit d'une forme clinique de l'infection parasitaire qui survient chez les sujets aux défenses immunitaires affaiblies (infection à VIH, greffés d'organe). Le sarcopte présente une multiplication très importante et la contagiosité est évidemment très importante


[?] Ne pas confondre avec...

En fonction de sa localisation, le prurit peut faire évoquer d'autres diagnostics :

Prurit anal : parasitose intestinale ;
Prurit vulvaire : vulvo-vaginite ;
Prurit du cuir chevelu : pédiculose (poux).


[?] Traitement

Il devra concerner le sujet atteint et son entourage, même en l'absence de symptômes.

En cas de gale survenant chez l'adulte :

Antiparasitaires externes :
Après une douche avec du savon de Marseille (décapage de la couche cornée de l'épiderme rendant accessible le parasite au traitement), le patient appliquera la lotion au pinceau sur toute la surface du corps sauf le visage et le cuir chevelu. Prendre une douche 24 heures plus tard et changer linge de corps et draps de corps. Le prurit peut persister habituellement quelques jours après le traitement ;

Désinfecter le linge en le faisant bouillir ou mettre dans un sac vêtements et chaussures avec poudre antiparasitaire pendant 24 heures. Saupoudrer sur la literie.
En cas de surinfection bactérienne des lésions de grattage, des antibiotiques par voie orale et une désinfection locale sont indispensables.

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les gastrites
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

La gastrite est l'inflammation aiguë ou chronique de la muqueuse gastrique.
Le terme de gastrite est souvent employé à tort sans aucune preuve. Or ce diagnostic repose sur des arguments cliniques, endoscopiques, biologiques et histologiques précis.



[?] Causes et facteurs de risque

Les gastrites aiguës peuvent avoir différentes origines :

Bactérienne, virale, allergique ;
Toxique notamment l'alcool ;
Médicamenteuse : anti-inflammatoires (aspirine, anti-inflammatoires non stéroïdiens, phénylbutazone, indométacine, etc.), anti-mitotiques, anti-infectieux, réserpiniques, digitaliques, etc.
Le facteur déterminant semble être l'agression répétée de la muqueuse de l'estomac par un de ces éléments. La gastrite peut aussi être due au stress et se révèle souvent alors par une hémorragie.
Parmi les causes de gastrites chroniques :

La maladie de Biermer qui est une affection auto-immune ;
Une cirrhose ;
Une endocrinopathie (myxoedème) ;
Une avitaminose ;
La dénutrition ;
L'alcoolisme ;
L'allergie ;
Des maladies du sang...
La gastrite hypertrophique géante de la maladie de Ménétrier est rare. L'état général est très altéré, les hémorragies sont abondantes et il existe un risque de cancérisation.
Certaines gastrites sont secondaires à d'autres maladies de l'estomac (gastrites d'accompagnement) : ulcère, cancer, hernie hiatale etc...



[?] Les signes de la maladie

Ce sont en pratique les mêmes que ceux rencontrés dans les dyspepsies (voir ce terme). Toutefois, les douleurs sont beaucoup plus souvent à type de brûlures.
Ces brûlures d'estomac peuvent survenir pendant le repas ou tout de suite après surtout lorsque le patient absorbe du vin blanc, des boissons alcoolisées , des épices, des mets acides ou sucrés. Elles peuvent survenir plus tard et sont alors favorisées par les repas gras qui provoquent un reflux biliaire. Une glossite (inflammation de la langue), des aphtes sont souvent retrouvés dans la bouche.

Une anorexie et un amaigrissement sont fréquents.

Certaines gastrites sont hémorragiques et le patient vomit des quantités plus ou moins importantes de sang (hématémèses).


[?] Examens et analyses complémentaires

C'est la fibroscopie qui permet de voir la muqueuse et surtout d'effectuer une biopsie dont l'étude histologique permet de poser le diagnostic de gastrite et de préciser son type : superficiel, profond ou atrophique.
Le tubage gastrique permet de constater les troubles chimiques de la sécrétion gastrique (hypochlorhydrie ou achlorhydrie, etc.).

En cas de maladie de Biermer il existe une achlorhydrie totale et une anémie mégaloblastique par déficit en vitamine B12.
Le transit radiologique oesogastroduodénal élimine un ulcère ou un cancer mais il n'est d'aucune aide pour le diagnostic positif de gastrite.



[?] Traitement

Il s'inspire des mêmes principes que celui des dyspepsies:

Supprimer les facteurs agressifs: tabac, alcool, anti-inflammatoires ;
Protéger la muqueuse ;
Pansements gastriques ;
Antihistaminiques H2.

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les glandes parathyroïdes
===================
[?] Généralités

Les glandes parathyroïdes sont en général au nombre de quatre mais ce chiffre n'est pas constant. Leur siège est également variable. Il existe en général deux parathyroïdes supérieures et deux inférieures, derrière les lobes latéraux du corps thyroïde et même enfouies dans ce corps thyroïde. Ce sont de petites lentilles de 3 mm de long et de large et de 5 mm d'épaisseur. Elles sont vascularisées par une branche de l'artère thyroïdienne inférieure. Cela justifie les appréhensions des chirurgiens lors de l'ablation d'un goitre. En effet, l'insuffisance parathyroïdienne est souvent la conséquence de l'ablation accidentelle des parathyroïdes au cours de la thyroïdectomie 'ablation chirurgicale de la thyroïde) ou d'une lésion de leur artère nourricière.
Les parathyroïdes sont des glandes endocrines originales : elles sont dépourvues de commande hypophysaire. Ce sont les variations du taux de calcium sanguin qui règlent leur sécrétion.
La parathormone sécrétée par les parathyroïdes élève le taux de calcium dans le sang.
La calcitonine sécrétée par les cellules parafolliculaires de la thyroïde abaisse le taux de calcium.

Métabolisme du calcium

98% du calcium de l'organisme (1200g) se trouve dans le squelette osseux qui constitue la "réserve calcique".
Le squelette est un tissu vivant. Il existe en permanence à tout âge un remodelage permanent de l'os, avec des plages où l'os se résorbe et des plages où du tissu osseux neuf se dépose.
Les os sont constitués d'une matrice protéique sur laquelle se déposent des sels calciques sous forme de microcristaux. Il s'agit essentiellement de phosphate tri-calcique disposé en treillis. Ces cristaux sont baignés par une nappe d'eau qui est continue avec les liquides extra-cellulaires de l'organisme, si bien que la surface d'échange entre cette nappe d'eau et les cristaux de phosphate est considérable : environ 40 hectares.
Si l'on supprime les parathyroïdes et le rein, le taux de calcium sanguin se maintient autour de 70 mg/l, valeur qui résulte de l'équilibre établi entre le calcium labile de l'os et le liquide extra-cellulaire.

L'hyperparathyroïdie

[?] Causes et facteurs de risque

Cette affection est définie par la surproduction d'hormone parathyroïdienne ou parathormone .
En général l'hyperparathyroïdie est "primaire" due à une hyperplasie ou un adénome de la glande. Il s'agit rarement d'un cancer de la parathyroïde.
Parfois, l'hyperparathyroïdie est "secondaire" :

A une hypocalcémie et à une hyperphosphorémie (insuffisance rénale chronique, rachitisme, avitaminose D...) ;
A une gastrectomie, une malabsorption intestinale, une diarrhée, une pancréatite ;
A une dialyse rénale mal conduite...

[?] Les signes de la maladie

L'hyperparathyroïdie provoque une décalcification des os et une augmentation du calcium dans le sang.
Les signes osseux sont des douleurs osseuses, fixes ou non, souvent intenses, accentuées par la pression des os. Des fractures spontanées sont possibles.
L'hypercalcémie provoque des signes cliniques : soif, polyurie, amaigrissement, asthénie psychique et physique, syndrome dépressif, nausées, vomissements, ulcère gastro-duodénal, pancréatite chronique, hypertension artérielle...
Des complications rénales de l'hypercalcémie (lithiase rénale avec coliques néphrétiques, néphrocalcinose) sont fréquentes

[?] Examens et analyses complémentaires

Le dosage radio-immunologique de la parathormone couplé au dosage de la calcémie permet le diagnostic :

Hypercalcémie supérieure à 0,115 g/l (ou 2,9 mmol/l) ;
Hypophosphorémie inférieure à 0,035 g/l (1,1 mmol/l) ;
Hypercalciurie et hyperphosphaturie.
Les radiographies du squelette montrent la décalcification (géodes osseuses, ostéoporose).
La tomodensitométrie est parfois utile.
L'échographie cervicale peut montrer les tumeurs parathyroïdiennes.
La biopsie osseuse est capitale et montre le processus de résorption osseuse.
Les complications sont dominées par la crise d'hypercalcémie aiguë avec vomissements, déshydratation, troubles du rythme cardiaque, prostration. Un traitement urgent s'impose en milieu de réanimation


[?] Traitement

Le traitement est uniquement chirurgical.
Le chirurgien aborde la thyroïde et explore les 4 parathyroïdes. Il enlève le tissu anormal. En cas d'hyperplasie, il ne laisse qu'un fragment d'une des parathyroïdes. En post-opératoire, une phase d'hypocalcémie, en général régressive, peut survenir.
Avant l'acte opératoire, le médecin fait baisser la calcémie si elle dépasse 130 mg/l pour éviter les risques de l'anesthésie.
Le pronostic est bon dans l'ensemble.

L'hypoparathyroïdie


[?] Définitions et causes et facteurs de risque

C'est l'insuffisance de sécrétion de parathormone (PTH).
Les causes sont multiples.
La forme idiopathique (c'est-à-dire sans cause connue) est rare et touche surtout les femmes. Son origine auto-immune est suspectée. Cette maladie peut être associée à une maladie d'Addison, à une hypothyroïdie, à un hypogonadisme, à un diabète insulino-dépendant ou à une anémie de Biermer.
Souvent, il s'agit de la conséquence de l'ablation chirurgicale des parathyroïdes lors d'une thyroïdectomie élargie ou de lésions vasculaires lors d'une chirurgie de la thyroïde

[?] Les signes de la maladie

Ils traduisent l'hypocalcémie :

Crises de tétanie ;
Paresthésies, palpitations ;
Signe de Chvostek, manoeuvre de Trousseau positive (voir "spasmophilie") cataracte ;
Sécheresse de la peau ;
Ongles striés et cassants ;
Anomalies dentaires ;
Retard staturo-pondéral chez l'enfant ;
Troubles psychiatriques...

[?] Examens et analyses complémentaires

La biologie est caractéristique :

Hypocalcémie (inférieure à 70 mg/l) ;
Hyperphosphorémie ;
Hypocalciurie, hypophosphaturie ;
Taux bas de parathormone dans le sang.
L'électrocardiogramme montre des anomalies liées à l'hypocalcémie.
L'électromyogramme (EMG) peut montrer des signes d'hyperexcitabilité neuromusculaire

[?] Traitement

Il repose sur les dérivés de la vitamine D tels que le colécalciferol, calcitriol, calcifédiol ou alphacalcidol. Des sels de calcium par voie orale sont souvent associés.
Les aliments riches en calcium, étant également riches en phosphore, ne sont pas recommandés. (diminuer les laitages et les viandes).
Le traitement de la crise de tétanie consiste en une injection intra-veineuse de calcium.

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les glandes surrénales
===================
[?] Généralités

Il y a deux glandes surrénales, situées chacune au dessus d'un rein. Elles sont formées de deux glandes, associées anatomiquement, mais dont l'origine et la fonction sont différentes : lorsqu'on coupe transversalement une glande surrénale, on voit à la périphérie une zone jaunâtre assez ferme, le cortex surrénalien, ou "cortico-surrénale "et une zone centrale rougeâtre, très vascularisée: la "médullo-surrénale ".

Les cortico-surrénales

Elles sécrètent des substances indispensables à la vie groupées dans trois catégories:

- Les hormones glucocorticoïdes: cortisol et corticostérone ;
- Les hormones minéralocorticoïdes : aldostérone ;
- Et les androgènes surrénaliens, qui sont également sécrétés par les gonades (testicules ou ovaires).

Le cortisol et les autres hormones gluco-corticoïdes ont un rôle très important dans la régulation des grandes fonctions de l'organisme.
Sur le métabolisme glucidique, le cortisol a une action hyperglycémiante et favorise la mise en réserve du glucose sous forme de glycogène dans le foie. La sécrétion de cortisol varie au cours de la journée : c'est le cycle nycthéméral. Elle est minimale, par exemple, entre 3 et 5 heures du matin, et c'est effectivement un moment de plus grande vulnérabilité de l'organisme.
Sur le métabolisme protidique, il favorise à doses élevées le catabolisme protéique (la destruction des protéines en formant des acides aminés ) et entraîne un bilan azoté négatif (augmentation de la créatinine dans les urines.)
Sur les lipides, il provoque une redistribution des graisses.
Les autres actions du cortisol sont nombreuses.
L'aldostérone provoque la rétention du sodium par l'organisme et la fuite urinaire du potassium ; elle joue également un rôle dans l'équilibre acido-basique. Elle agit essentiellement au niveau du rein.
Un certain nombre d'androgènes sont sécrétés à la fois par la cortico-surrénale et par les gonades: DHA, androstènedione. D'autres sont sécrétés exclusivement par la cortico-surrénale: la S-DHA et la 11 ß- androstènedione. La testostérone est sécrétée essentiellement par les testicules; cependant, les hormones surrénaliennes se transforment ensuite en testostérone et une hyperplasie de la surrénale se traduit par des signes d'hyperandrogénie.
La médullo-surrénale

Formée de cellules dites "chromaffines", elle sécrète des catécholamines (noradrénaline et adrénaline ). L'adrénaline agit par augmentation du débit cardiaque et de la pression artérielle. Elle a un effet dilatateur sur les vaisseaux du foie et du cerveau.
L'adrénaline a deux origines dans l'organisme :

C'est d'une part une hormone sécrétée par la glande médullo-surrénale (catécholamines) et d'autre part un médiateur chimique libéré et agissant au niveau des terminaisons nerveuses du système sympathique.
L'adrénaline est un sympathomimétique qui stimule les récepteurs alpha et beta. Son rôle est la défense de l'organisme contre les agressions.
La stimulation de la surrénale par l'hypophyse provoque la sécrétion rapide d'adrénaline qui accélère le coeur, contracte certains vaisseaux (reins, peau, muqueuses) et augmente la tension artérielle et la glycémie. Elle dilate les musculatures bronchiques et intestinales.

La noradrénaline a une action constrictive sur les vaisseaux périphériques et une action dilatatrice sur les coronaires. Les deux produits inhibent la musculature striée du tube digestif, des bronches et de la vessie.

Les maladies

Les maladies de la cortico-surrénale

On distingue les maladies comportant un hypofonctionnement :

L'insuffisance surrénale lente (maladie d'Addison)
Et l'insuffisance surrénale aiguë.

Et celles au contraire présentant un hyperfonctionnement :
La maladie de Cushing et les syndromes d'hypercorticisme
Le syndrome de Conn est lié à l'hyperproduction de minéralocorticoïdes (aldostérone) par la cortico-surrénale.
Les maladies de la médullo-surrénale :
Les phéochromocytomes.

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les glaucomes
===================


Voir aussi notre dossier : Bien voir

Les glaucomes

Rappel anatomique

L'oeil est un organe sphérique rempli de liquide : l'humeur aqueuse.

Celle-ci est sécrétée en permanence par le corps ciliaire puis s'évacue normalement au niveau de l'angle entre l'iris et la cornée (angle irido-cornéen). Cet angle a une largeur variable selon les individus et permet la régulation de la pression intra-oculaire.





[?] Qu'est-ce que c'est ?

Deuxième cause de cécité acquise dans les pays occidentaux après le diabète, le glaucome se définit par une augmentation de la pression à l'intérieur de l'oeil.

Cette augmentation de pression entraîne des lésions de la rétine qui elles-mêmes provoquent des troubles de la vision allant de la baisse modérée de l'acuité visuelle à la perte de la vue.

On distingue les glaucomes primitifs des glaucomes secondaires selon leur cause :

Les glaucomes primitifs surviennent spontanément. Ils comportent :
Le glaucome congénital qui apparaît vers l'âge de 3 ou 4 mois ;
Le glaucome primitif de l'adulte
Deux formes existent : le glaucome par fermeture de l'angle (glaucome aigu) et le glaucome chronique à angle large ou angle ouvert.

Les glaucomes secondaires sont des complications d'autres maladies ophtalmologiques (uvéites, traumatismes oculaires, anomalies du cristallin, diabète, obstruction de la veine centrale de la rétine, tumeurs de l'oeil, etc...). Certains médicaments comme les corticoïdes locaux peuvent être responsables d'une augmentation de la tension oculaire ; leur arrêt est alors impératif.

Ces glaucomes sont aussi distingués en fonction de leur mode de développement :

Glaucome aigu qui survient brutalement ;
Glaucome chronique qui s'installe progressivement et peut passer inaperçu avant que les signes apparaissent.


Le glaucome aigu


[?] Causes et facteurs de risque

Dans le glaucome aigu, l'angle irido-cornéen, déjà étroit, se ferme brutalement : l'humeur aqueuse, ne pouvant plus s'échapper par cette voie, s'accumule rapidement dans la chambre postérieure de l'oeil et provoque une augmentation de la pression intra-oculaire.

Cette hyper pression, rapide et douloureuse, entraîne une altération de la vision par compression du nerf optique.

Les facteurs favorisant la survenue du glaucome aigu sont l'hypermétropie, la cataracte ainsi que la prédisposition familiale.
Des circonstances déclenchantes sont souvent retrouvées : stress, émotions, médicaments, séjour prolongé dans la pénombre ou l'obscurité (salle de cinéma, etc...). Toute dilatation des pupilles (mydriase) est un facteur de risque.
De nombreux médicaments sont contre indiqués : l'atropine, la néosynéphrine associée aux antiseptiques dans certains collyres, les psychotropes (neuroleptiques, antidépresseurs tricycliques, IMAO, amphétamines, etc...), les antispasmodiques, les antiparkinsoniens, les antihistaminiques et les bronchodilatateurs, etc...




[?] Les signes de la maladie

Une consultation en urgence d'un ophtalmologiste s'impose dès les premiers signes.
Ces symptômes sont : halos colorés autour des sources lumineuses, impression de brumes ou brouillards visuels, douleurs oculaires et maux de tête parfois accompagnés de vomissements.

Une grande crise de glaucome est possible avec un début brutal et dramatique. La plupart du temps, la crise concerne un seul oeil et survient chez un patient de plus de 50 ans.
L'oeil est rouge, douloureux avec une chute importante de l'acuité visuelle (l'oeil perçoit à peine la lumière). Les douleurs sont violentes, paroxystiques sur un fond douloureux permanent. Elles siègent au dessus et autour de l'orbite et se propagent souvent à distance vers l'arrière du crâne. Larmoiement et crainte de la lumière sont constants. D'autres signes moins spécifiques comme les nausées et vomissements sont fréquemment associés


[?] La consultation

A l'examen le médecin retrouve un "aspect glauque" de la cornée (d'où le nom de cette maladie) : elle est trouble, oedémateuse et a perdu son poli ("aspect en oeil de poisson mort"). La pupille est dilatée et le réflexe photomoteur a disparu (pas de rétrécissement de la pupille à l'éclairage).

A la palpation du globe oculaire, yeux fermés, le médecin perçoit un oeil très dur par rapport à l'oeil sain ("comme du bois ou comme une bille de verre").

La mesure de la tension oculaire montre une pression supérieure à 40 mmHg pour des normales de 10 à 20 mmHg en fonction de l'âge


[?] Traitement

Il s'agit d'une urgence thérapeutique ayant pour objectif de diminuer la pression de l'oeil : il faut stopper la production de l'humeur aqueuse et/ou favoriser son évacuation de l'oeil.
Dans un second temps, une prise en charge chirurgicale peut être nécessaire pour limiter les récidives.

Le médecin administre en urgence de l'acétazolamide, médicament favorisant l'élimination de l'humeur aqueuse.

Un collyre myotique (qui rétrécit la pupille) est ensuite instillé toutes les dix minutes pour tenter une ouverture de l'angle irido-cornéen et rétablir l'écoulement de l'humeur aqueuse hors de l'oeil. Ces collyres sont principalement composés d'anticholinergiques (pilocarpine et acéclidine).

Des antalgiques et des sédatifs sont souvent prescrits pour diminuer la douleur et améliorer le confort du malade. De plus, un collyre anti-inflammatoire permettra de réduire l'inflammation locale.

Un transfert en service spécialisé permet la prise en charge ultérieure avec discussion d'intervention chirurgicale ou au laser (iridectomie ou iridotomie au laser). Ces interventions permettent la prévention des récidives et se pratiquent en général sur les deux yeux.

Le glaucome chronique



[?] Qu'est-ce que c'est ?

Une diminution de la circulation de l'humeur aqueuse augmente la pression oculaire. L'angle irido-cornéen reste ouvert.

La maladie touche souvent les deux yeux et est responsable de plus de deux tiers des glaucomes diagnostiqués.

Cette affection altèrent les fonctions visuelles silencieusement pendant une quinzaine d'années, sans douleur ni symptôme. Lorsque les premiers signes apparaissent, il est souvent trop tard ; le dépistage systématique du glaucome est donc fondamental.

Aucune cause n'est retrouvée ; cette maladie est souvent héréditaire, bilatérale et atteint l'adulte après 60 ans


[?] Causes et facteurs de risque

L'hyperpression du globe oculaire serait due à des modifications de la sécrétion, de la circulation ou de l'évacuation de l'humeur aqueuse mais la cause exacte reste inconnue.

Le glaucome chronique détruit peu à peu l'oeil en une quinzaine d'années avec atteinte progressive des fibres du nerf optique. L'hyperpression oculaire étant relativement limitée (25 à 35 mmHg) elle ne provoque aucun symptôme.



[?] Les signes de la maladie

Les signes de début sont inconstants : brouillard visuel, halos colorés autour des lumières, céphalées épisodiques souvent attribuées par le patient à une tension nerveuse ou à des problèmes de sinus, modifications de la réfraction, larmoiement, obligation de changer de verres correcteurs, etc...

C'est l'examen systématique de la pression oculaire chez l'adulte de plus de 40 ans qui révèle l'existence d'une hypertension oculaire.

La découverte d'une tension oculaire supérieure à 20 mmHg impose un bilan ophtalmologique soigneux :

Prise de la tension oculaire à plusieurs reprises au cours des 24 heures et établissement d'une courbe ;
Etude du champ visuel ;
Fond d'oeil ;
Champ visuel.
En l'absence de traitement, l'évolution se fait en un temps variable vers l'aggravation et la cécité par destruction du nerf optique.

[?] Traitement

Il est toujours médical au début :

Le traitement est d'abord local, avec un collyre dont l'objectif est soit de favoriser l'élimination de l'humeur aqueuse, soit de diminuer sa production.

On distingue des collyres de première génération (à base de pilocarpine, de bêta-bloquant, de sympathomimétiques ou d'inhibiteurs enzymatiques) et des collyres de seconde génération (à base de dérivés de prostaglandines).

En cas d'échec du traitement local, l'acétazolamide par voie orale peut être utilisé et favorise la sortie de l'humeur aqueuse du globe oculaire. Un antiglaucomateux osmotique à base de glycérol peut éventuellement lui être associé.

En cas d'échec de ces traitements médicaux, un traitement au laser ou chirurgical peut être pratiqué au niveau de l'angle irido-cornéen (trabéculoplastie ou trabéculotomie).


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Glomérulonéphrite aiguë (GNA)
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

La glomérulonéphrite aiguë survient chez l'enfant de 5 à 12 ans 3 semaines après une infection à streptocoque béta-hémolytique du groupe A (type 12): angine, otite, sinusite, pyodermites, scarlatine, pneumopathie...

Certains cas de glomérulonéphrite aiguë surviennent après une infection virale (varicelle).

La réponse immunitaire de l'enfant provoque la formation de "complexes immuns" qui sont arrêtés dans le filtre glomérulaire du rein et y provoquent une réaction inflammatoire.



[?] Les signes de la maladie

Les symptômes évocateurs sont :

- Des oedèmes ou une simple prise de poids ;
- Des signes digestifs (douleurs abdominales, vomissements) ;
- Une hématurie (sang dans les urines colorées en rouge) ;
- Une oligurie (urines rares) ;
- Une hypertension artérielle ;
- Une convulsion, une amaurose secondaires à l'hypertension artérielle sont possibles.

La protéinurie (présence de protéines dans les urines) et l'hématurie (présence de sang dans les urines) permettent de confirmer le diagnostic.

Le dosage de la fraction C3 du complément sérique est diminué.

Un syndrome néphrotique est parfois associé

Le streptocoque est rarement retrouvé dans le prélèvement de gorge.



[?] Pronostic

La glomérulonéphrite aiguë habituelle est de bon pronostic. Elle correspond à des lésions cellulaires, très bien étudiées au microscope, de simple prolifération endocapillaire.

Toute la difficulté en pratique est de différencier cette GNA d'autres maladies rénales glomérulaires, à début aigu, mais correspondant à des lésions tout à fait différentes et dont le pronostic est bien plus mauvais.

La glomérulonéphrite aiguë post-streptococcique évolue favorablement : l'insuffisance rénale, si elle existe, disparaît en quelques jours. L'hypertension artérielle guérit en une semaine. L'hématurie macroscopique (urines rouges visible à l'oeil nu) devient microscopique (urines claires, de couleur normale à l'oeil nu mais contenant cependant du sang mis en évidence au laboratoire) en 2 à 3 semaines. La protéinurie diminue rapidement. La fraction C3 du complément remonte à la normale en 4 semaines.

L'hématurie et la protéinurie disparaissent au plus tard après le 18° mois.

Les rechutes sont exceptionnelles.

Le pronostic à long terme est bon : il n'y a jamais d'hypertension artérielle ni d'insuffisance rénale chronique.

Lorsque l'évolution est différente, il s'agit d'une autre sorte de glomérulopathie que seule l'histologie pourra reconnaître. La ponction-biopsie rénale est alors nécessaire pour poser le diagnostic anatomo-pathologique et en prévoir l'évolution.

La biopsie rénale doit donc être faite s'il y a :

- Une anurie ;
- Une insuffisance rénale durant plus de 2 semaines (urée sanguine et créatinine élevées ; clearance de la créatinine diminuée.) ;
- Un syndrome néphrotique durant au delà de la 2° semaine ;
- Une hypertension artérielle persistant après 2 semaines ;
- Une protéinurie > 1g/24 h après 1 mois ;
- Un abaissement de la fraction C3 du complément après 4 mois d'évolution ;
- Une hématurie persistant après 18 mois d'évolution ;
- Une rechute de néphrite ou d'hématurie macroscopique.

Cette biopsie rénale va permettre de reconnaître des maladies qui ressemblent cliniquement à la glomérulonéphrite aiguë mais qui sont différentes sur le plan des lésions histologiques et de l'évolution.



[?] Traitement

Il repose sur :

- Le régime sans sel pendant 3 à 6 semaines en fonction des oedèmes ;
- Les hypotenseurs en cas d'hypertension artérielle ;
- Les antibiotiques en cas de foyers infectieux persistants.

La prophylaxie par pénicilline au long cours comme dans le rhumatisme articulaire aigu ou la chorée de Sydenham est inutile.

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les goitres
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est l'augmentation diffuse de volume du corps thyroïde. Le goitre se manifeste par un gonflement de la région antérieure du cou. Cette affection est très fréquente : 800 millions de personnes en sont atteintes dans le monde. Le goitre peut être homogène ou hétérogène comprenant un ou plusieurs noyaux.
On distingue :

Les goitres tumoraux qui sont irréguliers ; la tumeur peut être bénigne ou maligne ;
Les goitres inflammatoires qui se voient au cours des thyroïdites ;
Les goitres vasculaires de l'hyperthyroïdie (maladie de Basedow) ;
Les goitres avec hypothyroïdie qui sont dus à un trouble de la synthèse des hormones thyroïdiennes ;
Les goitres simples qui correspondent à une augmentation isolée de volume de la glande, sans tumeur, sans inflammation, sans trouble de la sécrétion thyroïdienne.
Les goitres tumoraux

Les tumeurs de la thyroïde prennent plusieurs aspects.
80% des patients sont des femmes qui consultent pour l'augmentation de volume de la thyroïde. A la palpation, le médecin perçoit un nodule unique ou plusieurs.
Ni le volume, ni la consistance, ni la sensibilité ne permettent de poser un diagnostic sur la nature du goitre.
Le médecin recherche des signes de compression locale :

Dysphonie : modification de la voix ;
Dysphagie : gêne ou douleurs en avalant ;
Dyspnée : difficultés respiratoires ;
Douleur.
Il recherche également l'existence de ganglions lymphatiques du cou hypertrophiés.
Les examens complémentaires s'imposent :

La radiographie du cou recherche des calcifications ou une extension du goitre vers le thorax ;
L'échographie permet le diagnostic de kyste thyroïdien ;
La scintigraphie localise la ou les lésions dans la thyroïde et précise s'il s'agit de lésions hyperfixantes (nodules chauds) ou de plages hypofixantes (nodules froids).
Les goitres inflammatoires

Ce sont des goitres douloureux spontanément et à la palpation. Ils sont en général synonymes de thyroïdite
Les goitres vasculaires : la maladie de Basedow
Un goitre vasculaire est reconnu par l'examen clinique.
Il existe un souffle à l'auscultation et un "thrill" (impression de frémissement) à la palpation. En pratique, ces goitres avec hyperthyroïdie sont souvent la traduction d'une maladie de Basedow

Les goitres avec hypothyroïdie

Lorsque la glande ne sécrète plus d'hormones ou pas assez, l'hypophyse répond par une augmentation de sécrétion de TSH. Cette hormone hypophysaire hyperstimule la glande qui grossit mais qui ne réussit pas pour autant à augmenter sa synthèse d'hormones thyroïdiennes.
Ce défaut de production hormonale peut être dû :

A un blocage enzymatique acquis ou congénital (troubles de l'hormonogénèse) ;
A une séquelle de thyroïdite ;
A des goitres simples.
Ce sont les plus fréquents.
Il s'agit en général de femmes jeunes consultant leur médecin pour une augmentation de volume du cou.
Une origine géographique particulière est fréquemment retrouvée : Kabylie et en France : Alsace, Massif Central, Pyrénées, Alpes, Bretagne, Ardennes. La prédisposition familiale est nette.
Les causes d'augmentation de volume de la thyroïde sont nombreuses, mais pour faire un goitre, il faut à un moment donné avoir sécrété une quantité importante et prolongée de TSH en réponse à une insuffisance sécrétoire ; cette adaptation de la thyroïde permet de maintenir un taux normal d'hormones thyroïdiennes dans le sang.
L'insuffisance sécrétoire initiale est en général due à un trouble de la synthèse hormonale, d'origine nutritionnelle le plus souvent :

Carence chronique en iode (c'est le classique "crétin des Alpes") ;
Intoxication par facteurs goîtrogènes :
Choux, navets, crucifères (thiocyanate) ;
Oignons et ail (disulfures) ;
Millet et sorgho (flavonoïdes) ;
Algues marines riches en iode ;
Polluants des eaux "potables" ;
Certains médicaments : acide aminosalicylique, sulfonylurée, lithium...
Le goitre est cliniquement isolé : il n'y a pas de tumeur, pas de caractère vasculaire, pas de signe d'hypo ni d'hyperthyroïdie.
Le goitre est diffus, de volume variable, ferme ou mou mais jamais dur.
Il augmente parfois, gonflant et dégonflant au cours des épisodes de la vie génitale (règles, grossesse), des stress et des émotions.
Certains goitres évoluent vers la formation de nodules froids.
Les examens complémentaires sont normaux :

T3 et T4 : taux normaux ;
Scintigraphie normale.
Théoriquement, l'hypertrophie de la glande suppose une hyperstimulation hypophysaire, cependant bien souvent le taux de TSH plasmatique est normal. Ces goitres dits simples sont dus à un très léger déficit de la sécrétion thyroïdienne qui entraîne par voie de conséquence une hypersécrétion de TSH hypophysaire et donc l'hyperplasie en retour de la thyroïde. Le défaut hormonal et l'hypersécrétion de TSH sont très difficiles à mettre en évidence. Pourtant, le traitement de ces goitres repose sur l'administration d'hormones thyroïdiennes.
Lorsque le goitre simple est de volume gênant, le traitement médical est proposé.
Ce n'est jamais l'iode qui est prescrit. Ce sont toujours des extraits thyroïdiens ou de la thyroxine.
Le traitement est maintenu à vie. Il est d'autant plus efficace qu'il est commencé tôt. Son efficacité se juge sur la diminution de volume du goitre.
En dehors du goitre nodulaire dont un nodule peut être cancéreux, le goitre simple est une affection bénigne.

Traitement des goitres

Plusieurs possibilités s'offrent au médecin et à son patient.
L'abstention sous surveillance est de mise pour les petits goitres isolés. Le traitement hormonal freinateur par hormones thyroïdiennes (thyroxine) peut faire diminuer le goitre s'il n'est pas fibreux. Il est indiqué dans les troubles de l'hormonogénèse. La chirurgie est nécessaire si le goitre est volumineux, compressif ou gênant et ne réagissant pas au traitement médical.
Les antithyroïdiens de synthèse n'ont aucune indication et sont dangereux dans ce cas.
La correction de la carence iodée fait l'objet de vastes mesures de prophylaxie. En France, c'est le sel iodé ; aux Usa, le sel et le pain sont iodés.


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



La goutte
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

La goutte primitive est due à un excès d'acide urique dans le sang :
l'hyperuricémie.

Elle se manifeste par une crise d'arthrite aiguë (la crise de goutte), par des dépôts de cristaux d'urate dans des zones sous-cutanées (les tophi) et par une atteinte rénale.


[?] Causes et facteurs de risque

Cet excès d'acide urique dans le sang peut être dû :

A un excès de production à partir du métabolisme des protides ;
A un défaut d'élimination urinaire ;
Ou à ces deux causes associées.
Dans la goutte primitive, on trouve assez souvent un facteur familial, génétique, provoquant des troubles enzymatiques au niveau du métabolisme des purines (transmission génétique multifactorielle dominante).

Dans 90 % des cas, la goutte est une maladie masculine, la première attaque se produisant vers 35 ans.

Chez la femme, la goutte n'apparaît qu'après la ménopause. La sédentarité, l'obésité, l'alcoolisme, des facteurs alimentaires jouent un rôle favorisant évident.

La fréquence de la goutte varie de 0,3 % en Europe et aux Etats-Unis à 8 % chez les Maoris de Nouvelle-Zélande.

Dans les gouttes secondaires, l'excès d'acide urique dans le sang est dû à un excès de destruction des nucléoprotides cellulaires :

Intoxications par le plomb (saturnisme) ;
Hémopathies (maladie de Vaquez, leucémies, myélome, traitements cytolytiques) ;
Anémies hémolytiques ;
Brûlures étendues ;
Certains traitements : corticoïdes, diurétiques thiazidiques ;
Insuffisance rénale, glomérulonéphrites aiguës ;
Chez l'enfant : maladie de Lesch et Nyhan (choréo-athétose, encéphalopathie, automutilation), glycogénose de type 1.


[?] Les signes de la maladie

La crise de goutte aiguë

L'accès douloureux est dû à la précipitation dans l'articulation ou dans les tissus de cristaux d'acide urique.

La crise aiguë survient brutalement en pleine nuit chez un homme jeune. L'articulation de prédilection est la première métatarsophalangienne (gros orteil). Mais parfois, c'est la cheville ou le genou qui sont touchés. Souvent, le patient s'est plaint de signes précurseurs la veille : fatigue, état pseudo-grippal, céphalées, etc.

Une cause déclenchante est quelquefois trouvée : micro-traumatisme local (marche, randonnée à pied inhabituelle), fatigue, bon dîner bien arrosé, intervention chirurgicale, etc.

Durant la crise, l'articulation est enflammée : rouge, chaude, augmentée de volume, très douloureuse, elle empêche le patient de dormir. Le malade a l'impression d'avoir son pied pris dans un piège à loup (classique "podagre").

La douleur est atroce.

Une fébricule à 38°C, des sueurs, une agitation sont associées.

L'articulation est le siège d'un oedème dur, extensif, douloureux avec rougeur articulaire et impotence fonctionnelle absolue : le malade ne peut poser le pied par terre.

Au petit matin, la crise se calme. La répétition des crises chaque nuit constitue l'accès de goutte.

Ces crises cessent avec l'emploi d'un produit spécifique : la colchicine.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Indocid, Profénid) sont également efficaces.

L'intervalle entre les crises est indemne de tout symptôme. Les crises sont espacées au début, puis de moins en moins, les articulations commencent à être atteintes, des tophi apparaissent.

Ce sont des dépôts blanchâtres d'urates de soude (un tophus, des tophi), sorte de nodules pierreux, durs ou mous, indolents, sous-cutanés siégeant dans les articulations, sur les os, dans les bourses séreuses, les tendons, les gaines synoviales, l'hélix de l'oreille, la face postérieure des coudes, les pieds (tendons d'Achille) et les mains.

Ces masses peuvent être le siège d'une inflammation aiguë.

La goutte chronique

Les articulations finissent par se déformer : les arthropathies uratiques sont dues à la présence de tophi dans les gaines synoviales. Mains, pieds, chevilles et genoux sont les plus atteints.


[?] Evolution de la maladie

Les reins sont touchés dans 10 à 30 % des cas. Les crises de coliques néphrétiques sont dues aux calculs d'urates (lithiase rénale). Les dépôts d'acide urique dans les reins peuvent conduire à une néphropathie interstitielle évoluant vers l'insuffisance rénale et l'hypertension artérielle.

Les calculs d'acide urique sont transparents à la radio et donc invisibles sur un cliché radiographique standard


[?] Examens et analyses complémentaires

La radiologie n'est pas très utile car la goutte aiguë ne possède pas de signes radiologiques propres.

Les examens biologiques sont plus intéressants :

Dans la crise aiguë :

L'acide urique est augmenté (hyperuricémie) supérieur à 0,080 g/l (476 µmol/litre) ;
La vitesse de sédimentation est augmentée ;
Il y a une hyperleucytose avec polynucléose.
Dans la goutte chronique :

L'acide urique est augmenté ;
Le taux d'excrétion urinaire d'acide urique peut être normal, abaissé ou élevé ;
L'étude du liquide synovial par ponction montre des cristaux d'acide urique ;
La fonction rénale est contrôlée (urée, créatinine etc...).

[?] Ne pas confondre avec...

La pseudo-goutte des autres arthropathies métaboliques (chondrocalcinose articulaire diffuse) ;
Les arthrites purulentes (germes banals ou tuberculeux) ;
Le rhumatisme subaigu curable de l'adulte ;
Les arthrites inflammatoires : arthrite rhumatoïde etc...
Les cellulites, bursites, tendinites ;
Une crise congestive au cours d'une arthrose (hallux valgus) ;
Le rhumatisme articulaire aigu ;
Le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter...


[?] Traitement

La crise aiguë de goutte

Repos au lit avec un arceau afin d'éviter le poids des draps sur l'articulation douloureuse ;
Cure de diurèse supérieure à 2 litres/jour de boissons ;
Suppression formelle des boissons alcoolisées (vins et bière) ;
Ration calorique suffisante de 2000 calories à prédominance glucidique ;
Colchicine : 3 mg le premier jour (3 comprimés à 1 mg à 3 heures d'intervalle chacun), 2 mg le 2° jour puis 1 mg/j les jours suivants.

On peut prescrire également des anti-inflammatoires non stéroïdiens : Profénid, Indocid...

Traitement de fond

Le traitement de fond est indiqué en cas de crises de goutte répétées, de goutte chronique (présence de tophi, arthropathies, complications rénales) ou d'hyperuricémie au long cours. Ce traitement ne doit pas être commencé moins d'un mois après un accès goutteux.

Le régime :

Cure d'amaigrissement progressive pour les obèses (l'alimentation doit être hypolipidique, hypocalorique) ;
Cure de diurèse : boire plus de 2 litres/jour (eau bicarbonatée de Vichy et eau non gazeuse : Evian, Vittel, Contrexeville,thé, tisanes) afin d'éliminer beaucoup. En cas de transpiration (chaleur, activité physique), il faut boire davantage. L'eau de Vichy, le bicarbonate de soude sont donc recommandés en quantités précises (sauf en cas d'hypertension artérielle ou d'insuffisance cardiaque). Les jus d'agrumes (citrons, oranges pressés), les sachets de citrate peuvent également convenir. Le contrôle de l'acidité des urines se réalise à l'aide de papier réactif au pH dans les urines fraîches. Le pH doit être entre 6,5 et 7 ;
Régime pauvre en purines (pauvre en acide urique) :
Supprimant :

Abats (ris de veau, foie, rognons, tripes, tête de veau, langue) ;
Sardines, anchois, harengs, oeufs de poissons et laitance ;
Extraits de viandes (bouillon, jus, gelée) ;
Charcuteries, gibier ;
Viandes jeunes (veau, coquelet, dindonneau) ;
Cervelle ;
Champignons ;
Fromages très fermentés ;
Mayonnaise, crème, sauce grasse ;
Fritures, chocolat, cacao ;
Vins de Bourgogne, Champagne.
et limitant :

Viandes, poissons (100 g/j), crustacés, coquillages ;
Légumes secs (petits pois, lentilles), épinards ;
Oeufs, lait et produits laitiers.
Sont autorisés :

Jambon, poulet, poisson : une fois par jour six jours par semaine ;
Les médicaments.
Lorsque la goutte est due à un excès de fabrication d'acide urique, on utilise l'allopurinol.

La colchicine est associée à ce traitement en cas de risque d'accès de goutte aiguë : 1 comprimé/jour.

Lorsque la goutte est due à un défaut d'élimination rénale on prescrit un uricosurique, à condition qu'il n'existe pas d'insuffisance rénale et sous couvert de traitement par la colchicine.

Le traitement de la goutte chronique ne doit jamais être interrompu. Il est définitif.

Le patient doit bien faire la différence entre les deux axes du traitement médicamenteux.

Le but de la colchicine est de prévenir les récidives inflammatoires mais elle n'empêche pas les arthropathies uratiques ni les complications rénales. Elle ne fait pas non plus baisser l'uricémie.

Les autres produits ont pour but de faire baisser le taux d'acide urique dans le sang mais n'ont pas d'efficacité contre les douleurs articulaires.

Certains médicaments peuvent favoriser une crise de goutte : diurétiques, médicaments cytotoxiques (anticancéreux), vitamine B12, pénicilline, érythromycine, anticoagulants oraux etc...

Toute intervention chirurgicale chez un goutteux doit être encadrée par un traitement anti-inflammatoire préventif : colchicine, ou indométacine.
Tout traumatisme peut déclencher une crise aiguë ainsi que tout jeûne complet.

Le traitement des gouttes secondaires (hémopathies malignes soumises aux traitements cytolytiques) est préventif et repose sur l'allopurinol.

Les cures thermales
Vittel, Evian, Contrexéville sont plus utiles contre les calculs urinaires que contre les crises douloureuses articulaires

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



La grippe
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

La grippe est une maladie infectieuse due à un virus (Myxovirus influenzae aussi appelé Influenzavirus). Contagieuse, elle est très répandue et transmise de façon directe par voie respiratoire.

Le virus se multiplie dans les cellules de la muqueuse de l'appareil respiratoire.



[?] Causes et facteurs de risque

Le virus de la grippe sévit surtout l'hiver sous forme épidémique

[?] Les signes de la maladie

L'incubation entre la contamination et l'apparition des premiers signes dure de 3 à 5 jours.

Le début est brutal associant :

Une fièvre élevée à 40° avec frissons et malaise intense ;
Des douleurs diffuses (muscles, maux de tête) ;
Anorexie (perte d'appétit), fatigue ;
Une atteinte des voies respiratoires se manifestant sous la forme d'une rhinite, pharyngite (toux) ou bronchite

[?] La consultation

L'examen est normal dans la majorité des cas.

La survenue des signes précédemment décrits dans un contexte d'épidémie grippale sont très en faveur du diagnostic de grippe


[?] Examens et analyses complémentaires

Le plus souvent inutiles, ils peuvent être réalisés en cas de difficulté diagnostique ou en urgence (selon le terrain) :

A numération formule sanguine montre une augmentation du nombre de globules blancs puis leur diminution dans un second temps ;
La radiographie du thorax met en évidence des signes d'infections pulmonaires virales non spécifiques ;
La mise en évidence du virus peut se faire par immunofluorescence à partir des prélèvements des voies aériennes.

[?] Evolution de la maladie

Dans la majorité des cas, elle est favorable au bout de 3 à 5 jours d'évolution : après une phase de rémission, le patient présente une réascension de la fièvre avant de se normaliser . Il s'agit du "V" grippal (témoin des fluctuations de la température corporelle).

Les complications sont rares mais parfois mortelles sur certains terrains (vieillards, insuffisants cardiaques ou respiratoires) :

Surinfection bactérienne le plus souvent ;
Localisations extra-respiratoires du virus (méningites, troubles digestifs) : rares ;
La grippe maligne est rare mais souvent mortelle par insuffisance respiratoire aiguë.
Fluarix
Fluvirine
Immugrip
Influvac
Mutagrip
Prévigrip
Vaxigrip
Tetagrip


[?] Ne pas confondre avec...

Les autres infections pulmonaires virales (virus respiratoire syncitial, adénovirus, rougeole, rubéole, cytomégalovirus) ;
Certaines infections pulmonaires bactériennes (Mycoplasma pneumoniae, Chlamydiae )


[?] Traitement

Le traitement curatif comporte:

Repos ;
Humidification de l'atmosphère environnante ;
Hydratation et alimentation suffisante ;
Médicaments :

Les antipyrétiques (médicaments faisant baisser la fièvre) : aspirine ou paracétamol
Les antiviraux :
Les inhibiteurs de la protéine virale M2 (amantadine et rimantadine) sont actives contre les virus influenza A, mais présentent quelques inconvénients : elles ont une mauvaise tolérance rénale, hépatique et neurologique. De plus, des résistances apparaissent rapidement ;
Les inhibiteurs de la neuraminidase (zanamivir - Relenza ® - et oseltamivir - Tamiflu ®) sont efficaces en réduisant l'intensité et la durée des symptômes s'ils sont administrés dans les 48 heures après l'apparition des premiers symptômes. Ces médicaments possèderaient également une action préventive vis-à-vis de l'infection de la grippe.
Les antibiotiques ne doivent être prescrits qu'en cas de surinfection bactérienne ou de façon préventive chez les sujets susceptibles de mal supporter une surinfection bactérienne (nourrisson, vieillard..).
Remarque : ce virus comme tous les virus est totalement insensible aux antibiotiques. L'utilisation d'antibiotiques lors d'une grippe est donc totalement inutile à moins de chercher à éviter absolument une surinfection par des bactéries qui, elles, y sont sensibles.

Traitement préventif

le vaccin est administré en une seule injection sous-cutanée et doit être renouvelé chaque année (octobre, novembre). Il est fortement recommandé chez les sujets susceptibles de présenter des complications graves de la maladie : personnes âgées, insuffisants respiratoires et cardiaques.



Fluarix
Fluvirine
Immugrip
Influvac
Mutagrip
Prévigrip
Vaxigrip
Tetagrip


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les grosses jambes
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

La "grosse jambe" est définie par l'augmentation de sa circonférence et un oedème plus ou moins douloureux, plus ou moins tendu, d'apparition progressive

[?] Causes et facteurs de risque

Les grosses jambes peuvent être d'origine veineuse ou lymphatique.

La grosse jambe est souvent unilatérale.
La cause peut être :

L'insuffisance veineuse superficielle (varices) ;
L'oedème post-phébitique, séquelle d'une phlébite ancienne méconnue. La jambe a dans ce cas la forme d'un poteau avec peau rouge et dure ;
Le lymphoedème.
Les grosses jambes secondaires à une cause générale se différencient par des critères cliniques et paracliniques.

Les oedèmes sont en général symétriques, bilatéraux et diffus :

L'oedème cardiaque se voit dans l'insuffisance cardiaque : il est bilatéral et envahit les membres inférieurs jusqu'à l'aine ;
L'oedème rénal est blanc et mou. Il est permanent ou intermittent et se voit dans les syndromes néphrotiques, les glomérulopathies et l'insuffisance rénale chronique ;
L'oedème hépatique se voit dans les grandes insuffisances hépatiques en association avec une ascite (cirrhose décompensée...) ;
D'autres causes endocrino-métaboliques sont possibles.
Le lymphoedème

[?] Qu'est-ce que c'est ?

Le lymphoedème est une rétention de liquide au niveau du système lymphatique ce qui entraîne une accumulation de lymphe dans le tissu sous-cutané (par déséquilibre hydro-électrolytique avec accumulation des macromolécules protéiques qui fixent les électrolytes).

Les examens complémentaires permettent de préciser les lésions :

Echo-Doppler ;
Pléthysmographie ;
Lymphographie si nécessaire

[?] Causes et facteurs de risque

Les lymphoedèmes primaires congénitaux touchent surtout la femme. Ils apparaissent soit à la naissance soit à la puberté. Ils sont uni ou bilatéraux.

Le lymphoedème se traduit par un oedème blanc, dur, d'évolution lente cyclique et progressive entrecoupée par des poussées infectieuses. Il serait dû à une dysplasie du réseau lymphatique qui évolue vers l'hyperplasie et la thrombose. D'autres malformations lymphatiques sont parfois associées.

Le lymphoedème primaire de l'adulte est plus tardif, souvent déclenché par un incident infectieux banal : piqûre, traumatisme... Il s'agit en fait de la même affection que la précédente mais à déclenchement tardif.

Les lymphoedèmes secondaires sont fréquents :

Néoplasiques (cancéreux) : il s'agit du blocage ganglionnaire ou de l'envahissement lymphatique par une tumeur pelvienne (tumeur primitive, métastase, ganglion carcinomateux). Il s'agit aussi de séquelles après un traitement chirurgical ou radiothérapique (curage inguinal ou iliaque, irradiations inguinales et pelviennes...). Il s'agit alors d'une grosse jambe carcinomateuse apparaissant en règle après 40 ans...
Les parasitoses : filarioses...
Les phlébites : les importants déséquilibres observés au cours des phlébites profondes créent des désordres difficiles à contenir par le système lymphatique. Toute augmentation de pression dans les veines produit une inondation tissulaire avec des conséquences lymphatiques qui se manifestent par un oedème.
L'évolution est variable, longtemps stationnaire, et se fait de manière très lentement progressive vers l'aggravation entrecoupée de processus inflammatoire ou infectieux.

[?] Traitement

La stratégie du traitement d'une grosse jambe varie selon les médecins et les patients.

Les traitements peuvent être médicaux, mécaniques ou chirurgicaux.

Le choix est fonction de la cause et de la sévérité de la maladie. Il est possible actuellement de stabiliser les phénomènes et d'offrir un meilleur confort au patient.



[?] Les médicaments

Les diurétiques ne sont pas indiqués dans cette pathologie car ils ne jouent que sur l'eau du liquide interstitiel et non pas sur les macromolécules protéiques en rétention au niveau des tissus ;
L'aldostérone, souvent bénéfique au début du traitement ne doit pas être prolongée plus de quelques semaines ;
Les antibiotiques et les anti-inflammatoires sont prescrits de façon intermittente pour éviter les poussées d'érysipèle toujours néfastes ;
Les médicaments spécifiques du lymphatique permettraient un meilleur drainage du tissu interstitiel :

Coumarine-rutine (Esberiven) ;
Toniques veineux.


[?] Les moyens mécaniques

La contention reste un traitement purement symptomatique du lymphoedème (inamovible ou amovible par bandes et bas) ;
La kinésithérapie.
Excellente pour mobiliser une articulation et éviter une phlébite, la kinésithérapie doit être pratiquée avec une grande douceur en phlébologie.

Les massages contre la cellulite sont contre-indiqués chez les patients atteints de fragilité veineuse car l'écrasement brutal des noyaux cellulitiques en profondeur provoque des dégâts veineux et des efflorescences de varicosités.

Le drainage lymphatique manuel a pour but de réduire les liquides excédentaires des espaces interstitiels et de les évacuer.
Le drainage lymphatique n'est pas un massage; il ne doit y avoir ni frottements ni pincements de la peau mais seulement une pression légère.

Par de petites vibrations sur les ganglions lymphatiques du haut du membre, ou dans le bas ventre et dans l'aine, le kinésithérapeute stimule les ganglions lymphatiques qui aspirent l'oedème. C'est une méthode douce, physiologique, inoffensive et efficace.

D'autres techniques peuvent être entreprises : mouvement circulaire avec ou sans pouce, etc.

La pressothérapie est parfois utilisée comme complément du drainage lymphatique manuel dans le traitement des oedèmes. Il s'agit de bottes à doubles parois qu'un compresseur gonfle et dégonfle, ce qui a pour résultat de réaliser une compression et une décompression du membre.
La chirurgie propose la résection du tissu cellulaire sous-cutané.
Les anastomoses lymphoveineuses sont réalisées dans les lymphoedèmes secondaires à une interruption sur les voies lymphatiques.
La crénothérapie (cures thermales) et l'hydrothérapie sont également bénéfiques.


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Grossesse extra-utérine (GEU)
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est une grossesse qui se développe en dehors de la cavité utérine, on parle aussi de grossesse ectopique.

Elle succède à une mauvaise implantation de l'oeuf et est donc provoquée par une anomalie de la migration et de la nidation.
La grossesse extra-utérine reste la première cause de mortalité liée à la grossesse dans les pays industrialisés.



[?] Causes et facteurs de risque

Plusieurs mécanismes peuvent expliquer la constitution d'une grossesse extra-utérine.
Le plus souvent, l'oeuf, trop gros, n'a pas pu parcourir la trompe; il s'est arrêté trop tôt et s'est implanté dans la trompe : c'est la grossesse tubaire.
D'autres fois, c'est la captation de l'ovule par le pavillon tubaire qui s'est mal faite. Le spermatozoïde a rejoint l'ovule alors que celui-ci n'était pas dans la trompe. L'implantation se fait alors soit sur place (ovaire, cavité péritonéale), soit dans la trompe.

Le plus souvent , c'est une anomalie de la trompe qui a gêné la migration de l'oeuf : anomalie congénitale ou acquise (séquelles de salpingite, tuberculose, intervention chirurgicale sur la trompe etc...).

En fait, la cause exacte de la grossesse extra-utérine n'est pas toujours retrouvée.

Des facteurs de risque ont été néanmoins mis en évidence :

Maladies sexuellement transmissibles (MST) ;
Antécédents de salpingite ou de curetages répétés ;
Tabagisme ;
Antécédents de grossesse extra-utérine ;
La chirurgie de la stérilité ;
Exposition in utero au DES ;
Port d'un stérilet ;
L'âge de la mère ;
La procréation médicalement assistée

[?] Les signes de la maladie

Au début, l'oeuf se développe normalement ; mais la trompe n'est pas apte comme l'endomètre à lui fournir la place et les nutriments dont il a besoin. L'oeuf se décolle progressivement et une hémorragie ne va pas tarder à apparaître puis à s'enkyster dans la trompe qui se distend. On parle d'hématosalpinx. L'oeuf peut être encore vivant ou déjà mort.

La femme, enceinte donc de quelques semaines, remarque des saignements irréguliers : ce sont des pertes de sang noirâtres, brunâtres (couleur sépia) peu importantes ; elle souffre de douleurs pelviennes ; elle est un peu pâle, présente quelques malaises.
Parfois, les douleurs pelviennes sont intenses, irradiant à l'épaule, itératives, avec des épisodes successifs de collapsus.

Le toucher vaginal est souvent douloureux au niveau du cul-de-sac de Douglas et permet de percevoir une petite masse à côté de l'utérus.

L'échographie, la coelioscopie confirment le diagnostic. Le traitement est urgent.

Si le diagnostic n'est pas fait au stade précédent, la rupture de la trompe va provoquer une hémorragie cataclysmique. Cette dernière est d'ailleurs parfois révélatrice sans que rien n'ait pu prévenir la femme du danger qu'elle courait.

Une jeune femme, ayant un retard de règles de quelques semaines ou perdant un peu de sang noirâtre, ressent brusquement une douleur intense et syncopale au niveau de l'hypogastre, irradiant vers l'épaule et les lombes. En même temps, s'installe un état de choc : la patiente est pâle, livide, agitée, assoiffée. Le pouls est rapide et la tension artérielle est basse. Le toucher vaginal trouve une douleur paroxystique à l'endroit où le sang s'est collecté (cul-de-sac de Douglas). Le diagnostic doit être évoqué d'emblée et l'intervention chirurgicale s'impose d'extrême urgence.

Dans de rares cas, la trompe n'éclate pas ; elle se fissure simplement dans la cavité péritonéale. Le sang s'écoule lentement et se collecte derrière l'utérus. Il coagule plus ou moins et s'organise dans le pelvis en agglutinant les anses grêles et en refoulant les organes voisins. Cette poche de sang s'appelle une hématocoele rétro-utérine . Cliniquement, la femme est pâle. Elle se plaint de douleurs pelviennes, de troubles urinaires (dysurie, pollakiurie) et rectaux (ténesme rectal, constipation, douleurs à la défécation). Elle présente des saignements atypiques. A l'examen médical, l'utérus est moins gros que ne le voudrait l'âge de la grossesse. Le toucher vaginal trouve un cul-de-sac de Douglas bombant.
Le diagnostic est fait par les réactions biologiques de grossesse (ß-HCG plasmatique), l'échographie et la coelioscopie.

Le traitement est chirurgical.

Des formes trompeuses peuvent simuler une appendicite , une salpingite ou même une fausse couche


[?] Traitement

La régression spontanée de certaines grossesses extra-utérines nécessite une surveillance très étroite.

Toutes les autres formes nécessitent un traitement chirurgical.

Dans les formes graves, le traitement habituel nécessite une laparotomie avec salpingectomie totale (le chirurgien enlève toute la trompe abîmée).

Dans certains cas, il est possible de conserver la trompe (quand la localisation à une extrémité tubaire de l'oeuf laisse la presque totalité de la trompe intacte, ou quand la grossesse est ovarienne ou abdominale).

Dans d'autres cas, la coeliochirurgie est le traitement préférentiel et permet d'enlever la grossesse extra-utérine par une petite incision, sous coelioscopie.

La ponction sous surveillance échographique est pratiquée par certaines équipes, avec injection locale de méthotrexate.

Quand le diagnostic de grossesse extra-utérine est évoqué, la patiente doit toujours être hospitalisée en urgence.


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les groupes sanguins
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

Un groupe sanguin est un ensemble de propriétés antigéniques du sang. Il permet de classer les individus, afin de permettre des transfusions dans des conditions optimales de compatibilité. Différentes cellules sanguines portent des antigènes et il y a donc plusieurs sortes de groupes sanguins. Les globules rouges peuvent porter plusieurs sortes d'agglutinogènes déterminant les groupes érythrocytaires. Les groupes érythrocytaires sont des systèmes d'antigènes situés à la surface des globules rouges (hématies) et contrôlés génétiquement.
Les plus importants en pratique sont les systèmes ABO et Rhésus.

Le système ABO

Les hématies (globules rouges) portent donc des antigènes spécifiques dont la présence détermine l'appartenance du sujet au groupe sanguin A, B, O ou AB.
De plus, dans le système ABO, il existe dans le sérum des anticorps (agglutinines) naturels c'est-à-dire présents sans qu'il y ait eu contact avec l'antigène auparavant.

Ainsi, si le sujet appartient au groupe A, son sérum comporte des anticorps dirigés contre l'antigène B. On ne peut donc pas lui transfuser du sang de groupe B ou AB sous peine de voir apparaître une hémolyse (destruction des globules rouges) et un choc transfusionnel.

Un sujet de groupe B ne peut pas être transfusé avec du sang de groupe A car il possède des anticorps anti-A.
Les sujets du groupe AB portant les deux antigènes sur leurs globules rouges peuvent recevoir indifféremment du sang de groupe A ou de groupe B. Ils sont dits receveurs universels . Ils n'ont ni anticorps anti-A ni anticorps anti-B dans leur sérum. Par contre, ils ne peuvent donner leur sang qu'aux sujets de groupe AB.

Les sujets du groupe O ne portent pas d'antigène du système A, B, O sur leurs hématies. Ils sont donneurs universels car on peut en théorie transfuser leur sang aussi bien aux sujets du groupe O qu'à ceux des groupes A, B et AB. Ils ne peuvent par contre recevoir que du sang du groupe O car leur sérum contient des anticorps anti-A et anti-B.

Le Système Rhésus

Le système Rhésus est le second système antigénique attaché aux globules rouges. Il comporte 5 antigènes auxquels on donne les noms de D, C, E, c, e. Les sujets Rhésus positif sont ceux qui possèdent l'antigène D. Ils représentent 85% de la population blanche. Les autres (15%) sont Rhésus négatif.

Par exemple, un sujet du groupe O et porteur de l'antigène D sera comme groupe sanguin : O positif; un sujet du groupe AB n'ayant pas par ailleurs l'antigène D sera AB négatif.

Les individus Rhésus négatif ne possèdent pas spontanément d'agglutinines anti-Rhésus, mais ils en fabriquent lorsqu'ils sont mis en contact avec des hématies portant l'antigène ou facteur Rhésus. Lors d'une deuxième transfusion de sang Rhésus positif, ils feront un accident transfusionnel.
On oppose ces agglutines acquises anti-rhésus aux agglutines naturelles des groupes ABO qui existent même sans sensibilisation préalable. Les antigènes des globules rouges, qui déterminent le groupe sanguin, sont eux toujours innés.Le risque d'iso-immunisation Rhésus nécessite une surveillance pendant la grossesse et l'accouchement chez les femmes Rhésus négatif.

La fréquence des groupes sanguins en France :

A positif : 38 % ;
0 positif : 36 % ;
B positif : 8 % ;
A négatif : 7 % ;
O négatif : 6 % ;
AB positif : 3 % ;
B négatif : 1 % ;
AB négatif : 1 %.
Le système HLA
Les cellules sanguines, sauf les globules rouges, portent également toutes le système HLA, important dans les transfusions et également dans les transplantations d'organe et de moelle osseuse.

Le système HLA (Human Leucocyte Antigen), ou CMH (complexe majeur d'histocompatibilité) a été associé avec une plus grande fréquence que dans la population générale à des maladies ou groupes de maladies.

La corrélation HLA et maladies provient d'études statistiques.

Parmi les associations qui paraissent significatives :

HLA A1 : Maladie de Hodgkin (association faible) ;
HLA A3 : hémochromatose familiale ;
HLA B5 : syndrome de Behçet ;
HLA B27 : spondylarthrite ankylosante, syndrome de Fiessinger-Leroy- Reiter, uvéite antérieure aiguë ;
HLA B35 : thyroïdite de De Quervain ;
HLA Cw6 : psoriasis ;
HLA DR2 : syndrome de Goodpasture, sclérose en plaques, narcolepsie ;
HLA DR3 : dermatomyosite, lupus érythémateux disséminé, hépatite chronique active, maladie d'Addison, maladie de Basedow, myasthénie, thyroïdite de Hashimoto, syndrome de Sjögren ;
HLA DR3/4 : diabète insulinodépendant du sujet jeune ;
HLA DR4 : polyarthrite rhumatoïde, maladie de Berger ;
HLA DR5 : sarcome de Kaposi, séminome ;
HLA DR7 : cancer de la thyroïde ;
HLA DR3/7 : maladie coeliaque.
Autres systèmes
Il existe d'autres systèmes antigéniques portés par les globules rouges dont le plus important est le système Kell.
Il existe par ailleurs d'autres systèmes portés par les plaquettes.

La détermination des groupes sanguins

La détermination des groupes sanguins érythrocytaires s'effectue en mettant en contact les globules rouges du sujet avec différents sérums contenant successivement des anticorps anti-A, anti-B, anti-Rhésus etc.
Lorsqu'il ne se produit pas de réaction d'agglutination, c'est que le sang du patient appartient au même groupe que le sang du sérum témoin avec lequel il est mis en contact .

Hérédité du groupe ABO

Les antigènes du système A, B, O sont transmis par des gènes selon les lois de Mendel. Ce sont des allèles car ils sont situés sur le même locus du chromosome qui les porte.
Chaque individu possède un gène hérité du père et un gène hérité de la mère.
Par exemple, un sujet dit du groupe A (phénotype) peut être AA ou AO (au niveau du génotype).
Un sujet du groupe B est BB ou BO.
Un sujet du groupe O est toujours OO.
Un sujet du groupe AB est toujours AB
C'est ainsi que les enfants nés d'un mariage entre un père BO (un individu de groupe B peut être soit BO soit BB) et une mère AB pourront avoir :

Soit un génotype BB correspondant au groupe sanguin B (phénotype) ;
Soit un génotype B0 correspondant également au groupe sanguin B car B domine O ;
Soit un génotype AB correspondant au groupe AB ;
Soit un génotype AO correspondant au groupe A car A domine O.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le mardi 29 mai 2007 22:29
Modifié le mardi 03 juillet 2007 14:53

H

H
les maladie seron de couleur rouge et la definition en verts

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'hématome rétro-placentaire
===================
Il s'agit d'un décollement prématuré du placenta avant la naissance du bébé. Il s'agit d'une urgence obstétricale absolue qui se solde par une césarienne en urgence si le foetus est toujours vivant et si le terme le permet.

La mort foetale est malheureusement fréquente. L'hématome rétro-placentaire vient souvent compliquer une hypertension.

Les signes sont :

Une intense douleur abdominale ;
Un utérus contracté et dur "comme du bois" ;
Un état de choc maternel fréquent ;
Des pertes de sang noirâtres...

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hémophilies
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hémophilie est une affection hémorragique héréditaire de transmission récessive liée au sexe. C'est la plus fréquente des maladies constitutionnelles de la coagulation.

Elle atteint des sujets de sexe masculin avec une fréquence de dix pour 100 000 habitants environ, soit plus de 5000 hémophiles en France.
L'hémophilie est une maladie génique. Le gène responsable entraîne l'absence ou la diminution d'un facteur de la coagulation : soit le facteur VIII dans l'hémophilie A (la plus fréquente : 85% des cas), soit le facteur IX dans l'hémophilie B.

Les gènes de l'hémophilie ont été clonés: le gène du facteur IX en 1982, le gène du facteur VIII en 1984. Ces deux découvertes importantes ont déjà des conséquences pratiques pour le diagnostic anténatal et, dans un avenir proche, pour la production de facteur VIII par génie génétique.

Il existe plusieurs types d'hémophilie :

L'hémophilie A, la plus fréquente (85% des cas) due à un déficit total en facteur de coagulation VIII ;
L'hémophilie B (déficit total en facteur de coagulation IX) ;
L'hémophilie A' (déficit partiel en facteur VIII) ;
L'hémophilie B' (déficit partiel en facteur IX) ;
L'hémophilie C (déficit en facteur XI) qui atteint les deux sexes.

[?] Diagnostic anténatal

Depuis 1983, le diagnostic anténatal (avant la naissance) de l'hémophilie se fait par les dosages biologiques des facteurs VIII ou IX à la dix-huitième semaine de grossesse (prélèvement de sang foetal au niveau du cordon sous échographie) ou par l'étude de l'ADN des villosités choriales à la dixième semaine.

Ce diagnostic anténatal concerne les femmes conductrices ou potentiellement conductrices d'hémophilie majeure.



[?] Les signes de la maladie

Les hémophilies A et B sont cliniquement identiques.
Selon la sévérité de l'hémophilie, les hémorragies sont plus ou moins graves, plus ou moins fréquentes. Les hémophiles majeurs saignent spontanément, souvent de façon prolongée et récidivante. Les hémophiles frustes saignent plus rarement, le plus souvent après un traumatisme.
Dans la forme majeure, les premières hémorragies surviennent vers l'âge de 1 an (hématomes, ecchymoses). Les hémorragies non extériorisées sont les plus fréquentes.

Les hémorragies surviennent souvent à l'intérieur des articulations (hémarthroses) : genoux, coudes, chevilles...L'articulation atteinte est chaude, gonflée, douloureuse. L'hémophile connaît bien les premiers symptômes annonçant la constitution d'une hémarthrose : gêne douloureuse à la mobilisation sans autre signe. Un traitement substitutif précoce évite sa constitution, diminue le nombre de perfusions de facteurs anti-hémophiliques et limite les séquelles.
Les hémarthroses débutent vers l'âge de 2 ans, se répètent souvent sur la même articulation et l'évolution se fait vers l'arthropathie hémophilique chronique. Seule la précocité du traitement substitutif retarde l'apparition de cette grave pathologie. A terme en effet, le cartilage se détruit et des lésions osseuses apparaissent avec des douleurs de type mécanique, limitation du jeu articulaire, amyotrophie (fonte musculaire), attitudes vicieuses.

Les autres hématomes sont fréquents et parfois volumineux. Ils peuvent provoquer une anémie sévère.

Certaines localisations sont très graves :

Hématome rétro-pharyngé et du plancher de la bouche faisant courir un risque d'asphyxie ;
Hématome rétro-orbitaire (risque de cécité) ;
Hématome musculaire de l'avant-bras et du mollet pouvant entraîner un syndrome de Volkmann, hématome du psoas pouvait faire évoquer une crise d'appendicite (vomissements, fièvre, psoïtis, hyperleucocytose) ;
Hématomes du creux poplité ou du canal carpien entraînant des compressions des troncs nerveux (séquelles neurologiques) ;
Hémorragies intracrâniennes post-traumatiques...
Les hémorragies extériorisées sont variées : plaies cutanées, hématuries, hémorragies digestives peuvent imposer un traitement d'urgence.



[?] Diagnostic biologique de l'hémophilie

La coagulation primaire de l'hémophile est normale : la numération des plaquettes et le temps de saignement sont normaux.
Les hémophiles A sont déficients en facteur VIII.

Les hémophiles B sont déficients en facteur IX.

Ces deux facteurs agissent uniquement sur la voie intrinsèque (voir : coagulation) . Le temps de Quick (qui explore la voie extrinsèque) est donc normal.

Le TCA (temps de céphaline + activateur) est par contre systématiquement allongé dans les deux types d'hémophilie.
Le temps de thrombine et le fibrinogène sont normaux.

Devant un bilan de coagulation sanguine associant chez un garçon un temps de Quick normal, un TCA allongé, un temps de thrombine et un fibrinogène normaux, le médecin évoque le diagnostic d'hémophilie et demande le dosage spécifique des facteurs VIII et IX.
Ces dosages donnent le type de l'hémophilie et sa sévérité :

Un taux inférieur à 1% caractérise les hémophilies majeures ou les hémorragies sont fréquentes et spontanées ;

Un taux compris entre 1 et 5% caractérise les hémophilies modérées ;

Un taux entre 5 et 25% caractérise les hémophilies frustes. Le risque hémorragique est faible mais doit être dépisté avant une intervention chirurgicale par exemple.

Avant de porter le diagnostic d'hémophilie A , le médecin élimine la possibilité d'une hémophilie A acquise (non héréditaire) liée à un auto-anticorps VIII (sujets âgés, maladies auto-immunes, prise de certains médicaments, post-partum, cancers etc...) ainsi qu'une maladie de Willebrand.



[?] Traitement

Le traitement de l'hémophilie est surtout transfusionnel en apportant le facteur déficient mais recourt aussi à d'autres thérapeutiques (kinésithérapie, synoviorthèses, chirurgie orthopédique...).

Les fractions anti-hémophiliques

Les critères de qualité des fractions anti-hémophiliques reposent :

Sur la concentration des facteurs VIII ou IX exprimée en unités internationales (UI) par millilitres ;

Sur la purification du concentré ;

Sur les techniques d'inactivation virale ; le chauffage des fractions, développé à partir de 1983, reconnu efficace et adopté en France en 1985 ne permettait pas l'inactivation du virus de l'hépatite C; le chauffage est remplacé depuis 1987 par des techniques utilisant un détergent (tri-n-butyl phosphate TNBP) qui permet la destruction de l'enveloppe lipidique des virus. Les produits actuellement utilisés sont exempts de tous risques viraux (VIH, hépatites B, C et delta).

Les fractions anti-hémophiliques sont fournies par les centres de transfusion sanguine.

Les produits pour l'hémophilie A sont de plusieurs types :

Les concentrés lyophilisés de facteurs VIII THP ("très haute pureté") SD (traitement par "solvant-détergent") sont les produits de base en France. Ils titrent 20 à 50 UI par millilitre. Ils sont obtenus par chromatographie à partir du cryoprécipité du plasma. Ces produits se présentent en flacons de 10 à 20 ml contenant de 250 à 1000 UI par flacon. Reconstitués à température ambiante, ils sont injectés par voie intra-veineuse lente ;
Les concentrés de facteur VIII immunopurifié fabriqués aux Usa sont produits à partir du plasma humain ;
Les concentrés de facteur VIII recombinant sont produits par génie génétique. Leur utilisation en pratique courante n'est pas envisagée dans l'immédiat.
Les produits pour l'hémophilie B

Le PPSB est un concentré lyophilisé des facteurs du complexe prothrombinique (II, VII, IX, X) et de protéine C. Le PPSB présente un risque de thrombose et de CIVD ;
Les concentrés lyophilisés français de facteur IX très haute pureté obtenus par chromatographie ne contiennent que du facteur IX.
En pratique

Les posologies sont calculées en UI/kg en fonction de la sévérité de l'hémophilie, de l'accident et du siège de l'hémorragie et enfin de l'existence ou non d'un anticoagulant circulant (ACC). Une dose de 20 UI/kg élève le taux de facteur anti-hémophilique de 40%. Elle suffit pour arrêter une hémorragie modérée. La répétition des injections est fonction de la demi-vie du produit (8 à 12 heures selon qu'il s'agit du facteur VIII ou IX).

La précocité du traitement réduit l'importance des séquelles et la consommation ultérieure de produits transfusionnels.

Les autres moyens thérapeutiques

Le Minirin intra-veineux permet un relargage du facteur VIII chez les hémophiles mineurs. Il représente une alternative au traitement transfusionnel mais l'efficacité n'est pas constante.

Les synoviorthèses par injection intra-articulaire d'acide osmique ou d'isotopes pour détruire la synoviale se discutent dans les épanchements chroniques ou hémarthroses récidivantes. Les synovectomies chirurgicales sont souvent préférées.

Différentes interventions orthopédiques peuvent être nécessaires.
La rééducation fonctionnelle est utilisée pour réduire les séquelles des hémarthroses et hématomes.

Un certain nombre d'interdictions doivent être expliquées aux patients hémophiles :

Les injections intramusculaires ;

Les anticoagulants et l'aspirine ;

La prise de température intrarectale ;

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (à discuter en fonction de chaque cas).

Tous les vaccins par voie sous-cutanée sont possibles. Le vaccin contre l'hépatite B est obligatoire.

Complications des transfusions

Les anticoagulants circulants

Certains hémophiles s'immunisent contre les facteurs VIII ou IX qu'on leur injecte. Ils développent des anticorps qui bloquent l'activité des facteurs injectés. Ces anticorps diminuent ou annulent l'efficacité des transfusions. La recherche de ces anticoagulants circulants (ACC) est systématique lors des bilans biologiques. Lorsqu'ils existent, le traitement de l'hémophilie est complexe et réservé aux centres spécialisés : Autoplex, saturation de l'anticorps.

Les infections virales

Avant la vaccination contre l'hépatite B, 80% des hémophiles ont été contaminés par le virus de l'hépatite B (ils possèdent l'anticorps Hbs ou HBc). Peu sont porteurs chroniques (antigène HBs positif). En cas d'hépatite chronique active, un traitement par interféron peut être effectué. Les porteurs chroniques de l'antigène HBs étaient exposés à l'hépatite à virus delta.

Presque tous les hémophiles perfusés avant 1987 (c'est-à-dire avant l'introduction des produits chauffés) présentent une sérologie de l'hépatite C positive (anticorps anti HCV positif). La moitié d'entre eux ont une hépatite chronique authentifiée par une élévation durable des transaminases et 25% une hépatite chronique active exposant au risque de cirrhose et de cancer du foie. Ces formes peuvent bénéficier d'un traitement par l'interféron.

L'infection par le VIH est une autre complication grave touchant de nombreux hémophiles. Les études sérologiques ont montré que les contaminations ont débuté dès 1981 et se sont poursuivies jusqu'à la généralisation des fractions chauffées.

Cette infection est à l'origine du "scandale du sang" qui a défrayé la chronique dans les années 90.

Rôle des centres spécialisés

L'objectif est la prise en charge complète de la maladie par la famille puis par l'hémophile lui-même avec des aides et des contrôles périodiques dans des centres spécialisés relayés par les médecins traitants. La finalité est d'arriver à l'âge adulte sans handicap majeur, avec une formation professionnelle adaptée et un bon équilibre psycho-affectif.



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les hémorroïdes et la maladie hémorroïdaire
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

Les hémorroïdes sont des dilatations des veines situées dans la sous-muqueuse du canal anal qui joue un rôle physiologique dans la continence en contribuant à la fermeture de l'orifice anal.

On distingue sous l'appellation d'hémorroïdes, l'atteinte de deux structures vasculaires distinctes :

Le plexus hémorroïdaire externe ;
Le plexus hémorroïdaire interne.
Facteurs favorisants

Troubles du transit intestinal (constipation ou diarrhée) ;
Chez la femme : phase prémenstruelle, grossesse, accouchement...
Sédentarité.
D'autres facteurs favorisants ont une responsabilité discutée :

Certains sports : cyclisme, équitation...
Les professions exposées : chauffeurs, pilotes...
L'alimentation : épices, alcool...
Certains médicaments : antidépresseurs...
Des médicaments locaux : suppositoires, lavements, savonnages irritants...

[?] Les signes de la maladie

Les hémorroïdes externes sont visibles au-dessous de l'anus, les hémorroïdes internes ne sont visibles qu'au cours d'une anuscopie. Elles peuvent ne donner aucun symptôme, ou faire saillie, en permanence ou à la poussée ou à l'effort, dans le canal anal.

La maladie hémorroïdaire peut se traduire cliniquement par trois types de signes qui sont déjà des complications :

Les saignements ou rectorragies ;
La perception d'une boule dans l'anus ;
La douleur anale.
Les rectorragies

L'hémorragie hémorroïdaire est typiquement faite de sang rouge rutilant survenant à la fin des selles. Généralement peu abondante, elle tache le papier toilette ou éclabousse la cuvette. Elle peut être à l'origine d'une anémie par sa répétition. L'aspect rouge vif du saignement signifie que la maladie hémorroïdaire est plus artérielle que veineuse. Il existe en effet d'importantes communications artério-veineuses au niveau des plexus.

L'anuscopie révèle une muqueuse congestive parcourue par de fins vaisseaux rouges. Même si les hémorroïdes sont l'une des causes les plus fréquentes de rectorragies, une coloscopie recherche toujours une lésion rectocolique (cancer etc.) susceptible de saigner.

Perception d'une boule anale

La procidence hémorroïdaire est l'extériorisation des hémorroïdes internes. Le patient consulte alors pour une boule sortant par le canal anal à l'occasion des selles, à l'effort ou bien en permanence. L'examen proctologique permet une classification de la procidence selon le stade évolutif guidant les indications thérapeutiques :

Stade I : hémorroïdes faisant saillie dans le canal anal lors des efforts de poussée sans se prolaber (sans s'extérioriser) ;
Stade II : hémorroïdes se prolabant à l'effort mais réintégrant le canal anal spontanément ;
Stade III : hémorroïdes se prolabant à l'effort mais réintégrant le canal anal après la pression des doigts ;
Stade IV : procidence hémorroïdaire permanente.
La perception d'une boule dans l'anus peut également correspondre à une thrombose hémorroïdaire mais dans ce cas, c'est surtout pour la douleur anale que le patient consulte.

Douleur anale

Permanente, elle oriente vers une thrombose ou un abcès ; pulsatile, elle fait rechercher un abcès. Provoquée par la défécation, elle oriente vers une fissure anale.

La thrombose est une complication fréquente des hémorroïdes. Elle pose des problèmes pratiques différents selon qu'elle siège au niveau des plexus hémorroïdaires externes ou internes. Il s'agit en fait le plus souvent de la constitution d'un hématome plutôt que d'une thrombose véritable. Il n'y a aucun risque d'embolie pulmonaire et l'évolution est toujours bénigne.

La thrombose hémorroïdaire externe est la plus fréquente.

Typiquement elle débute brutalement par une douleur anale intense, permanente, présente la nuit, indépendante des selles, empêchant parfois la position assise. Dès l'inspection de la marge anale, le médecin constate une tuméfaction sous-cutanée, bleutée, dure et douloureuse à la pression, correspondant au caillot, parfois associée à un oedème. L'évolution immédiate se fait vers une disparition des symptômes en quelques jours. Parfois la nécrose spontanée du sac contenant le caillot entraîne un saignement qui soulage le malade. Plus tard, elle peut laisser comme séquelle un repli cutané : la marisque.

Les marisques sont des replis cutanés indolores au niveau de la marge anale, volontiers étiquetés hémorroides externes par les patients. Elles doivent aussi être différenciées des condylomes acuminés. Elles ne nécessitent aucun traitement sauf si elles sont associées à un prurit qu'elles peuvent entretenir, ou à la demande du malade pour raison esthétique ou pour difficultés à l'essuyage.

La thrombose hémorroïdaire interne est le plus souvent extériorisée. Survenant généralement sur une maladie hémorroïdaire ancienne et procidente, elle se présente sous la forme d'un prolapsus tendu et irréductible, très douloureux, avec une zone périphérique oedémateuse et une zone centrale rougeâtre. Elle peut être localisée ou intéresser toute la circonférence anale. Parfois, la thrombose hémorroïdaire interne ne s'extériorise pas. Perçue au toucher anal, elle est visible lors de l'anuscopie sous forme d'un petit caillot bleuté.

La fissure anale est une ulcération chronique et récidivante de l'anus située le plus souvent au pôle postérieur. Elle touche aussi bien l'homme que la femme. La douleur de la fissure est vive à type de brûlure qui suit après un intervalle libre de 10 à 15 minutes une selle douloureuse ou non. C'est parfois une rectorragie rythmée par les selles qui inquiète le patient. Le déclenchement obligatoire de la douleur par une selle, la durée de la douleur (une ou deux heures), la sensation fréquente d'anus serré sont très évocateurs. La fissure est visible à l'examen de l'anus en déplissant lentement et doucement les plis radiés.

Il n'y a pas de traitement médical de la fissure. Les produits cicatrisants, les laxatifs, la régularisation du transit intestinal ne suffisent pas.

Une injection anesthésiante locale (lidocaïne) est le premier traitement de la fissure jeune récente. Dans un deuxième temps l'injection de liquide sclérosant au niveau de la fissure est souvent suffisante. Certains préfèrent pratiquer une infiltration anesthésiante du sphincter anal.

En cas d'échec de ce traitement ou en cas de fissure ancienne, seule la chirurgie est efficace sur le spasme du sphincter anal qui entretient la douleur : le chirurgien pratique une sphinctérotomie latérale.



[?] Examens et analyses complémentaires

L'existence de symptômes évocateurs impose un examen proctologique complet en position genu pectorale (patient à genoux sur la table d'examen) avec anuscopie et rectoscopie. Au moindre doute le médecin complète cet examen par une coloscopie afin d'éliminer une lésion organique située plus haut.



[?] Traitement

Les mesures hygiéno-diététiques

Elles reposent sur des conseils utiles :

Hygiène de vie régulière évitant tous les excès ;
Supprimer les épices et les boissons alcoolisées ;
Régulariser le transit intestinal. En cas de constipation fréquente, suivre un régime riche en fibres alimentaires, éviter les laxatifs stimulants et alterner les laxatifs osmotiques, de lest ou lubrifiant ;
En cas de démangeaisons de l'anus, remplacer le papier hygiénique habituel par du coton imbibé de lotion à base d'huile d'amandes douces...

Les médicaments

Les veinotoniques sont utiles au cours des poussées aiguës bien que la maladie hémorroïdaire ne soit pas à proprement parler une maladie veineuse. Les traitements locaux (pommades, crèmes, suppositoires) sont très efficaces.

Le traitement instrumental

Il est effectué à distance d'une période inflammatoire ou congestive. Il repose sur 5 techniques effectuées chacune au cours d'une anuscopie :

Les injections sclérosantes consistent à injecter dans la sous-muqueuse, au dessus des hémorroïdes, 1 à 2 centimètres-cubes d'un produit sclérosant. Les indications posologie élevée pendant 5 jours sont les rectorragies et les procidences hémorroïdaires de stade I. La récidive des symptômes après le traitement doit faire envisager un autre type de thérapeutique.

La photocoagulation utilise une sonde infrarouge. Effectuée en zone sus-hémorroïdaire, elle provoque une coagulation vasculaire et une sclérose sous-muqueuse cicatricielle. Son efficacité est comparable à celle des injections sclérosantes et elle en a les mêmes indications.

La destruction par laser peut être indiquée.

Les ligatures élastiques consistent à placer un anneau élastique à la base du paquet hémorroïdaire, en zone sus-hémorroïdaire, grâce à un appareillage permettant une aspiration de la muqueuse. Cette technique réalise une véritable hémorroïdectomie (ablation des hémorroïdes) a minima, la nécrose ischémique tissulaire avec élimination de l'hémorroïde se faisant en une semaine environ. Les indications de ce traitement sont les hémorroïdes procidentes stade I ou II, c'est-à-dire les hémorroïdes pour lesquelles les injections sclérosantes peuvent être insuffisantes et la chirurgie non encore indiquée.

La cryothérapie consiste à provoquer une congélation du tissu hémorroïdaire qui ensuite se nécrose au moyen d'une sonde parcourue par du protoxyde d'azote. Généralement associée aux ligatures, elle semble en augmenter l'efficacité.

La chirurgie

L'indication du traitement chirurgical peut être posée d'emblée devant une procidence hémorroïdaire permanente (stade III) ou une thrombose hémorroïdaire interne circulaire irréductible. Ailleurs, la chirurgie ne sera indiquée qu'après échec des traitements médicaux et instrumentaux bien conduits et devant une maladie hémorroïdaire invalidante.

Le traitement des thromboses utilise surtout l'excision, chaque fois qu'elle est possible. Elle est réalisable au cabinet du médecin sous anesthésie locale à la xylocaïne.

Les formes semi-circulaires ou circulaires, souvent très oedémateuses, peuvent nécessiter une hémorroïdectomie (ablation des hémorroïdes) en urgence. Cette intervention est bien codifiée et ses résultats à long terme sont excellents lorsqu'elle est pratiquée par un opérateur entraîné. Les soins postopératoires sont essentiels. Ils ont pour but de faciliter le transit intestinal et de favoriser la cicatrisation




*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les hépatites
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

Ce sont des maladies qui touchent l'ensemble du tissu hépatique et qui s'accompagnent d'une réaction inflammatoire

[?] Causes et facteurs de risque

Les causes sont nombreuses : infectieuses, médicamenteuses, toxiques ou auto-immunes :

Hépatites virales :

Virus A, virus B, virus C, pour citer les trois principaux, mais aussi virus D ou delta, virus E.

Hépatites réactionnelles non spécifiques : le foie est atteint parmi d'autres organes :

Mononucléose infectieuse ;
Cytomégalovirus (CMV) ;
Herpès ;
Fièvre jaune ;
Bactéries : leptospirose, listériose, septicémies ;
Spirochètes : leptospirose ictéro-hémorragique, syphilis...
Parasites : amibiase, paludisme, distomatose...
Hépatites médicamenteuses :
Cytolytiques : Rimifon, IMAO ;
Cholestatiques : Largactil, dérivés de la testostérone ;
Mixtes : phénylbutazone, Diabinèse, Glucidoral.
hépatites actives : Aldomet, Pexid, Rimifon, oxyphénisatine (laxatifs)

hépatites toxiques :

Alcool ;
Amanite phalloïde ;
Phosphore, tétrachlorure de carbone, benzène


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hépatite A
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hépatite A est une maladie du foie qui est due à un virus à ARN de la famille des picornavirus, une famille de virus qui comprend aussi les poliovirus et les rhinovirus.

Il y aurait de 10 à 30 000 nouveaux cas par an en France


[?] Causes et facteurs de risque

L'hépatite A se transmet majoritairement par l'ingestion d'eau ou d'aliments souillés par des matières fécales qui contiennent du virus. En effet, le virus est retrouvé dans les selles des malades. Une mauvaise hygiène ou des conditions sanitaires défavorables (assainissement des eaux, etc.) favorisent donc la transmission de la maladie. Certains pays sont plus à risques que d'autres notamment en Europe de l'Est, Afrique, Asie, Amérique du Sud.

Les précautions à prendre sont donc principalement de bien se laver les mains en particulier avant la préparation du repas, d'éviter de consommer de l'eau de provenance inconnue mais de préférer l'eau minérale ou en bouteille (fermée).

La période de contagion correspond à peu près à la période d'incubation de la maladie. Comme les symptômes sont absents, le patient ne sait pas qu'il est contagieux.

La transmission par voie sexuelle ou injectable existe mais reste exceptionnelle par rapport à la voie orale.



[?] Les signes de la maladie

L'infection par le virus de l'hépatite A débute par une période d'incubation de 2 à 4 semaines pendant la quelle le sujet est contagieux sans le savoir. Ensuite, dans 90 % des cas, l'hépatite sera asymptomatique, c'est-à-dire sans qu'elle passera inaperçue ! Chez les 10 % restant, on observera : fièvre, douleur au foie, démangeaisons, nausées, vomissements, jaunisse ou encore fatigue. La jaunisse ou ictère peut parfois durer jusqu'à un mois

[?] La consultation

Sur la base des symptômes décrits ci-dessus, le médecin va palper votre foie pour vérifier qu'il est bien l'organe atteint. A ce stade, l'observation oriente son diagnostic vers une hépatite. Son interrogatoire lui permettra d'envisager quel type d'hépatite : virale, médicamenteuse, alcoolique, etc. Ensuite, seuls des examens complémentaires permettront de vérifier qu'il s'agit bien d'une hépatite A.



[?] Examens et analyses complémentaires

Les premiers examens demandés par le médecin seront une étude des marqueurs qui signent l'existence d'une atteinte du foie : transaminases et bilirubine. Aussi, il prescrira une sérologie c'est-à-dire une recherche dans le sang de la présence d'anticorps spécifiques des principales hépatites. Ces anticorps sont un des moyens de défense de l'organisme contre le virus, ils ne sont présents qu'en cas d'infection mais apparaissent relativement tardivement après l'infection (environ 3 à 4 semaines).

[?] Evolution de la maladie

Dans la grande majorité des cas, l'hépatite A évolue spontanément vers la guérison sans séquelles. Il n'y a pas d'évolution vers la chronicité

[?] Ne pas confondre avec...

Les autres hépatites...

[?] Traitement

Cette hépatite évoluant spontanément vers la guérison, aucun traitement n'est mis en place et il n'en existe aucun de spécifique. En début d'hépatite, à la phase aiguë, repos, arrêt de certains médicaments (contraceptifs oraux par exemple), arrêt de toute boisson alcoolisée sont les seules mesures à prendre. En cas d'hépatite aiguë grave, l'hospitalisation est nécessaire et le traitement sera symptomatique

[ ? ] Conseils pratiques et informations diverses

Il existe un vaccin contre l'hépatite A. Une vaccination permet de donner une immunité efficace pendant près de 10 ans. La vaccination est recommandée aux voyageurs qui se rendent en zone d'endémie.

La vaccination de l'entourage d'un malade paraît peu judicieuse car au moment où l'hépatite A est découverte, la phase de contagion est déjà terminée.

analyse
=====
L'hépatite A

vaccins
======
TYAVAX
TWINRIX



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hépatite B
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hépatite B est une maladie du foie qui est due à un virus à ADN de la famille des Hépadnavirus. A l'instar du SIDA, l'hépatite B est considérée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme un problème majeur de santé publique. Dans le monde, environ 350 millions de personnes seraient porteuses du virus et ce dernier entraînerait entre 1 et 2 millions de morts par an ! En France, il y aurait environ 100 à 150 000 personnes porteuses du virus de l'hépatite B

[?] Causes et facteurs de risque

Le virus de l'hépatite B se transmet principalement par voie sexuelle ou sanguine. En effet, les seules sécrétions ou liquides corporels qui permettent de transmettre le virus sont le sang, le sperme, les sécrétions vaginales, la salive et les liquides issus d'une plaie. Pour qu'il y ait transmission, il faut donc qu'un de ces liquides chez le malade passe dans le sang d'une personne saine. La transmission de la mère à l'enfant est aussi possible mais un traitement précoce par immunoglobulines suivi d'une vaccination permettent d'éviter la maladie.

Comme souvent, certains pays sont plus touchés que d'autres compte-tenu des difficultés à faire appliquer les règles de prévention et du manque de moyens. L'Afrique, l'Asie et l'Amérique du Sud sont ainsi les plus touchées.

Les précautions à prendre pour éviter la transmission sont une utilisation systématique de préservatifs pendant les rapports sexuels et d'éviter l'échange de seringues usagées. Des mesures de sensibilisation et d'éducation sont souvent menés chez les populations à risques (toxicomanes aux drogues injectables, etc.).

Chez l'entourage du malade, il faut éviter l'échange de matériels en contact avec le sang (brosses à dents, rasoirs, ciseaux à ongles, matériel d'épilation, etc.).


[?] Les signes de la maladie

L'infection par le virus de l'hépatite B débute par une période d'incubation silencieuse d'environ 2 mois mais pouvant aller jusqu'à 6. Comme pour l'hépatite A, après l'incubation, la phase aiguë de la maladie est asymptomatique dans 90 % des cas ! Pour les autres, les signes qui apparaissent peuvent être anorexie, douleur au foie, nausées et jaunisse (ictère). Cette dernière peut durer plus d'un mois.

Dans de rares cas, l'hépatite aiguë peut dégénérer : on parle d'hépatite fulminante. C'est une urgence car elle est mortelle dans 90 % des cas. Elle nécessite donc souvent une transplantation hépatique (greffe de foie).


[?] La consultation

Sur la base des symptômes décrits ci-dessus, le médecin va palper votre foie pour vérifier qu'il est bien l'organe atteint. A ce stade, l'observation oriente son diagnostic vers une hépatite. Son interrogatoire lui permettra d'envisager quel type d'hépatite : virale, médicamenteuse, alcoolique, etc. Ensuite, seuls des examens complémentaires permettront de vérifier qu'il s'agit bien d'une hépatite B.

[?] Examens et analyses complémentaires

Les premiers examens demandés par le médecin seront une étude des marqueurs qui signent l'existence d'une atteinte du foie : transaminases et bilirubine. Aussi, il prescrira une sérologie c'est-à-dire une recherche dans le sang de la présence d'anticorps spécifiques des principales hépatites. Ces anticorps sont un des moyens de défense de l'organisme contre le virus, ils ne sont présents qu'en cas d'infection. Dans le cas de l'hépatite B aiguë, les anticorps (Ac) recherchés sont des Ac anti-HBc c'est-à-dire des anticorps dirigés envers une protéine particulière. Ensuite, d'autres examens biologiques peuvent être prescrits pour connaître l'historique de l'hépatite : Ac anti-HBs, antigène (Ag) HBs et ADN-VHB.
En cas d'hépatite chronique, une PBH (ponction de biopsie hépatique) est pratiquée pour connaître l'état du tissus hépatique : fibrose, cirrhose voire cancer

[?] Evolution de la maladie

L'infection par le virus de l'hépatite B peut évoluer vers la chronicité dans 10 % des cas. Cela signifie que le patient sera porteur du virus ad vitam eternam (mais pas forcément malade). Dans les 90 % restants, elle évolue spontanément vers la guérison. Cette évolution n'est pas influencée par le fait que la phase aiguë ait été symptomatique ou non. Ensuite, les porteurs chroniques ont environ 2 chances sur 3 de présenter une hépatite chronique active (le tiers restant asymptomatique et hors de danger toute leur vie). Une fois sur 2, cette hépatite chronique active évoluera en cirrhose. A terme, la cirrhose qui découle de l'hépatite B peut évoluer en cancer de sombre pronostic

[?] Ne pas confondre avec...

Les autres hépatites...

[?] Traitement

Seule l'hépatite B chronique active est traitée par des médicaments spécifiques. En début d'hépatite, à la phase aiguë, repos, arrêt de certains médicaments (contraceptifs oraux par exemple), arrêt de toute boisson alcoolisée sont les seules mesures à prendre.

En cas d'hépatique chronique active documentée (c'est-à-dire prouvée par des examens biologiques et ou biopsie), le traitement repose sur la prise d'interférons : interféron alpha 2a ou alpha 2b. Un antiviral est aussi associé : la lamivudine.


[ ? ] Conseils pratiques et informations diverses

Il existe des vaccins contre l'hépatite B. Ceux-ci sont efficaces et assurent une immunité durable. Un rappel doit être effectué tous les 10 ans. Actuellement, la vaccination est surtout recommandée chez les personnes à risques (elle est obligatoire chez tous les personnels de santé) et chez l'enfant. Dans ce dernier cas, le but est l'éradication de la maladie. La France s'est lancé dans un programme de vaccination à la suite des recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé en 1991. Une polémique concernant un lien éventuel entre cette vaccination et la survenue de la sclérose en plaque a fait grand bruit. Aucune étude scientifique n'a permis de démontrer ce risque et les recommandations n'ont donc pas changé depuis ; même si la surveillance s'est renforcée.

vaccins
=====
genhevac B
engerix
twinrix

analyse
=======
Hépatites B


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hépatite C
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hépatite C est une maladie du foie qui est due à un virus à ARN de la famille des Flavivirus. Une estimation prétend qu'environ 3 % de la population mondiale a une infection chronique au virus de l'hépatite C. Pendant longtemps, cette hépatite était anciennement appelée hépatite non-A non-B.

[?] Causes et facteurs de risque

Le virus de l'hépatite C se transmet principalement par voie sanguine. La transmission sexuelle existe bien mais elle demeure exceptionnelle car liée au contact sanguin. Aucun virus n'est retrouvé dans le sperme, les sécrétions vaginales ou séminales. Une transmission par voie sexuelle ne peut donc a priori avoir lieu qu'en cas de lésions génitales ou pendant les règles (si la femme est porteuse). Dans ce cas, l'utilisation d'un préservatif est recommandée. Elle est aussi recommandée en cas d'expériences sexuelles avec des partenaires multiples mais pas en cas de relations avec un partenaire stable.

Il y a un risque de transmission de la mère à l'enfant, au moment de l'accouchement, seulement si des virus sont détectables dans le sang de la maman. Ce risque est d'environ 5 % voire plus si la mère présente une double infection hépatite C et VIH (le virus du SIDA).

Les précautions prises aujourd'hui au niveau des transfusions, des greffes, etc., les précautions à prendre pour éviter la transmission concernent surtout les toxicomanes aux drogues injectables. Il leur faut absolument éviter l'échange de seringues usagées. Des mesures de sensibilisation et d'éducation sont menés chez ces populations à risques. Des kits de seringues sont mis à la disposition du public à bas prix.

Avec l'entourage du malade, il faut éviter l'échange de matériels en contact avec le sang (brosses à dents, rasoirs, ciseaux à ongles, matériel d'épilation, etc.).


[?] Les signes de la maladie

L'infection par le virus de l'hépatite C débute par une période d'incubation silencieuse d'une durée variable qui serait fonction de la quantité de virus transmise. Elle est en moyenne de 2 mois. Après cette période, l'infection se manifeste par une hépatite aiguë dans 10 à 20 % des cas. Celle-ci dure environ 3 mois et se caractérise par de la fatigue, des troubles digestifs, une douleur au foie et éventuellement une jaunisse. Cette hépatite aiguë peut être plus ou moins sévère et l'existence d'une hépatite fulminante comme pour l'hépatite A et B n'est reconnue par tous

[?] La consultation

Sur la base des symptômes décrits ci-dessus, le médecin va palper votre foie pour vérifier qu'il est bien l'organe atteint. A ce stade, l'observation oriente son diagnostic vers une hépatite. Son interrogatoire lui permettra d'envisager quel type d'hépatite : virale, médicamenteuse, alcoolique, etc. Ensuite, seuls des examens complémentaires permettront de vérifier qu'il s'agit bien d'une hépatite C

[?] Examens et analyses complémentaires

Les premiers examens demandés par le médecin seront une étude des marqueurs qui signent l'existence d'une atteinte du foie : transaminases et bilirubine. Aussi, il prescrira une sérologie c'est-à-dire une recherche dans le sang de la présence d'anticorps spécifiques des principales hépatites. Ces anticorps sont un des moyens de défense de l'organisme contre le virus, ils ne sont présents qu'en cas d'infection.

Les anticorps qui permettent de poser le diagnostic d'hépatite C sont dits anticorps anti-VHC. Ensuite, pour connaître le stade de la maladie (aiguë ou chronique), la recherche de l'ARN du virus (son patrimoine génétique) dans le sang est nécessaire. Sa présence dans le sang prouve que le virus se multiplie et que l'hépatite est passée en phase chronique ; à condition que les transaminases soient retombées à une valeur normale.
En cas d'hépatite chronique, une PBH (ponction de biopsie hépatique) est pratiquée pour connaître l'état du tissus hépatique : fibrose, cirrhose voire cancer.




[?] Evolution de la maladie

La fréquence d'évolution vers une hépatite chronique qui pourra se terminer en cirrhose et en cancer du foie est élevée (70 à 80 % des cas !). De plus, l'hépatite C évolue silencieusement pendant 15 à 20 ans avant de refaire parler d'elle. Or, selon les estimations, entre 50 et 70 % des porteurs asymptomatiques se sont pas dépistés et risquent de découvrir leur maladie lorsqu'il sera trop tard ! Le risque d'évolution de l'hépatite C chronique vers la cirrhose est encore mal évalué mais serait estimé entre 30 et 50 % des cas. A terme, la cirrhose qui découle de l'hépatite C peut évoluer en cancer de sombre pronostic

[?] Ne pas confondre avec...

Les autres hépatites...



[?] Traitement

Seule l'hépatite C chronique active est traitée par des médicaments spécifiques. En début d'hépatite, à la phase aiguë, repos, arrêt de certains médicaments (contraceptifs oraux par exemple), arrêt de toute boisson alcoolisée sont les seules mesures à prendre.

En cas d'hépatique chronique active documentée (c'est-à-dire prouvée par des examens biologiques et ou biopsie), le traitement repose sur la prise d'interférons : interféron alpha 2a ou alpha 2b. Un antiviral est aussi associé à l'interféron alpha 2b : la ribavirine. Cette bithérapie n'est néanmoins pas la panacée puisque inefficace chez 50 % des patients.

Depuis 2000 est sorti une nouvelle forme d'interféron, les interférons pégylés. Ce sont les mêmes interférons mais conjugués à de grandes molécules, les Poly-Ethyléne Glycols. Les taux sanguins de ces nouvelles formes seraient plus stables, ce qui permet une efficacité supérieure. De plus, ces médicaments permettent une seule injection sous-cutanée par semaine au lieu de trois avec les anciens



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



hépatites chroniques actives
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est une maladie inflammatoire du foie, qui évolue vers la nécrose et la fibrose.



[?] Causes et facteurs de risque

Les hépatites en cause sont en général
Virales : virus B, virus C ;
Médicamenteuses : Aldomet, Rimifon, Pexid, etc...
Auto-immunes.
La maladie de Wilson, le déficit en alpha-1-antitrypsine sont des causes plus rares.


[?] Les signes de la maladie

Elle se manifeste par une fatigue, un subictère (ictère peu marqué), un amaigrissement, parfois de la fièvre.
C'est la prolongation au delà de 6 ou 12 mois d'une hépatite aiguë B ou C avec des tests hépatiques anormaux.
Dans l'hépatite auto-immune, il peut n'y avoir aucun symptôme ou au contraire une hépatite fulminante : tout est possible

[?] Examens et analyses complémentaires

Transaminases élevées ;
Gammaglobulines élevées ;
Troubles de la coagulation sanguine (temps de prothrombine allongé) ;
Recherche des marqueurs sériques du virus B (Antigène AgHbs, Ac anti-HBc, AgHBe) et du virus C (Ac antiHVC, ARN viral par PCR) ;
Auto-anticorps (anti-muscle lisse, anti-nucléaire, anti-mitochondries etc...) dans l'hépatite auto-immune ;
La biopsie hépatique permet en général de confirmer le diagnostic.

[?] Complications

Cirrhose du foie ;
Cancer du foie

[?] Traitement

Les hépatites virales chroniques actives B ou C sont traitées par interféron alfa 3 millions d'unités 3 fois par semaine pendant 6 à 18 mois selon les protocoles et les patients. On y ajoute actuellement un autre médicament la ribavirine.

Une transplantation hépatique peut être indiquée dans les formes très graves d'hépatite C.

Dans l'hépatite auto-immune, une corticothérapie est utilisée, associée éventuellement à d'autres médicaments.


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hépatites virales
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

Ce sont des hépatites (inflammations aiguës du foie) provoquées par un virus.

Les 3 virus les plus fréquemment rencontrés sont les virus A, B, C, mais on a aussi identifié le virus D ou delta et le virus E.

D'autres maladies virales peuvent aussi provoquer des hépatites.


(afin que vous suiver bien reproner de chaque cologne la premier lettre ces a dire A va avec A et B avec B ainsi de suite )

cologne 1 "virus"
=============
A/ hépatite A
B/ hépatite B
C/ hépatite C
D/ hépatite D
E/ hépatite E
F/ hépatite G

cologne2 "transmission"
====================
A/ fécale-orale
B/ sanguine, sexuelle, mère-enfant
C/ sanguine
D/ comme l'hépatite B infection hépatite B nécessaire
E/ fécale-orale
F/ sanguine

cologne 3 " passage à la chronicité"
==============================
A/ 0%
B/ adultes 5% nouveaux-nés 90% !
C/ 85%
D/ ---
E/ 0%
F/ 80 %

Les différents virus

Le virus de l'hépatite A
C'est une maladie très fréquente évoluant par petites épidémies touchant les sujets jeunes. La contamination est oro-fécale.

La maladie ne donne pas d'immunité croisée avec l'hépatite B et n'évolue pas vers la chronicité.

La vaccination donne une immunité durable supérieure à 10 ans.

Le virus de l'hépatite B
C'est une maladie fréquente dans le monde, particulièrement en Afrique au Sud du Sahara et en Asie du Sud-Est.

La maladie se transmet surtout par voie parentérale (seringues, aiguilles, transfusions de sang) et atteint principalement le personnel hospitalier, les hémodialysés, les transfusés et les toxicomanes.

Elle peut également se transmettre par la salive, le sperme et donc par contacts sexuels. Il existe également la possibilité d'une transmission mère-enfant.

La maladie ne donne pas d'immunité croisée avec l'hépatite A. Elle peut évoluer en hépatite chronique

La vaccination confère une protection qui dure plusieurs années. Son innocuité a été établie chez les sujets sains.

Le virus de l'hépatite C
C'est une hépatite qui évolue souvent sur le mode chronique.
L'incubation est de 7 à 8 semaines.

La transmission se fait essentiellement par le sang : 90 % des cas sont dus à des transfusions, à la toxicomanie intraveineuse, ou à l'hémodialyse.

Plus rarement la contamination peut se faire par contact sexuel ou être périnatale chez le nouveau-né.

Une hépatite chronique persiste après la phase aiguë dans 50 % des cas, et 20 % de ceux ci évoluent vers une cirrhose, voire un cancer du foie dans 2 à 6 % des cas

Le virus de l'hépatite D ou delta
Elle ne peut survenir que chez des personnes atteintes de l'hépatite B. En effet, ce virus a besoin de la présence du virus B pour se mlultiplier. L'infection peut être simultanée, ou alors le virus D surinfecte une hépatite B.

Le mode de transmission est le même que pour l'hépatite B.
L'évolution de l'hépatite B est souvent aggravée par la présence de ce virus.
Dans le sérum on retrouve des anticorps anti-d.

Le virus de l'hépatite E
Cette hépatite est souvent bénigne, sauf chez la femme enceinte qui peut avoir une hépatite fulminante.

La transmission est orale.
L'incubation est courte de 15 à 50 jours.
L'évolution ne se fait jamais vers la chronicité.
Dans le sérum on trouve des anticorps anti-HEV.

Le virus de l'hépatite G
Ce virus a été découvert en 1996 et serait transmise principalement par voie sanguine. Les principales victimes de cette hépatite sont des patients transfusés et les utilisateurs de drogues injectables. Encore peu connu, ce virus serait souvent associé à celui de l'hépatite C. Son pouvoir pathogène paraît faible.



[?] Les signes de la maladie

L'hépatite aiguë commune, provoquée par le virus A (ou bénigne) est la forme la plus fréquente (90 % des cas). C'est la jaunisse ou ictère.

La maladie commence souvent par une semaine de troubles divers : arthralgies, céphalées, anorexie, nausées, douleurs abdominales, urticaire.

Puis l'ictère apparaît, d'intensité variable, souvent prurigineux. Les urines sont rares et foncées. L'asthénie est importante. L'évolution est favorable en 2 à 6 semaines bien que la fatigue puisse persister quelques mois.

Dans certains cas, l'ictère est très léger ou absent : c'est l'hépatite anictérique dont le diagnostic n'est pas toujours facile.



[?] Examens et analyses complémentaires

Le bilan hépatique montre :

L'élévation des transaminases SGPT, SGOT (ASAT et ALAT) ;
L'augmentation de la bilirubine à prédominance conjuguée ;
L'augmentation modérée des phosphatases alcalines ;
Une légère baisse du Taux de Prothrombine (TP) ;
Les sérologies et la PCR sont demandées en fonction du contexte.


[?] Evolution de la maladie

Dans la grande majorité des cas, l'évolution est favorable. Une polyurie annonce la disparition progressive de l'ictère. L'anorexie et les vomissements provoquent un amaigrissement important.

Complications aiguës

L'hépatite fulminante est rare (1 % des cas) mais très grave. Sa mortalité est de 50 à 80 %.

Les symptômes sont impressionnants :

Encéphalopathie hépatique ;
Hémorragies (purpura, hématémèse) ;
Troubles métaboliques : effondrement des facteurs de la coagulation, hypoglycémie, hyperammoniémie, troubles acido-basiques etc ;
L'hépatite aiguë A : la jaunisse dure plus longtemps que d'habitude, mais ne devient jamais chronique ;
L'hépatite aiguë B : le passage à la maladie chronique est possible.
Complications subaiguës

Hépatite subaiguë, les symptômes sont marqués, des signes neurologiques peuvent se voir, une évolution vers la chronicité ou même fatale est possible ;
Hépatite cholestatique : l'hépatite se complique d'une cholestase, l'évolution est longue, mais habituellement favorable.
Complications chroniques

Porteurs asymptomatiques : ces patients sont porteurs du virus de l'hépatite B, mais non pas de symptômes, leur sang est contagieux ;
L'hépatite chronique persistante survient en général après une hépatite aiguë A ou B. La guérison est la règle ;
L'hépatite chronique active est une maladie grave, qui peut évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie ;
Le cancer du foie se manifeste après 10 à 30 ans d'évolution d'une hépatite chronique.
D'autres complications sont d'ordre immunologique : douleurs articulaires ou musculaires, anémie, atteinte rénale, etc.



[?] Traitement

Il n'existe pas de traitement de l'hépatite aiguë.
La forme bénigne nécessite du repos, une alimentation normale.
En cas de formes graves, l'hospitalisation est nécessaire pour traiter les symptômes et surveiller l'évolution.

Il existe aujourd'hui des traitements pour les hépatites chroniques. Pour en savoir plus, se référer aux pages concernant les hépatites A, B et C


vaccins
=======
genhevac B
engerix
twinrix
tyavax


analyse
======
hépatites B
l'hépatite A

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



La hernie hiatale de l'adulte
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est le passage permanent ou intermittent d'une portion de l'estomac à travers l'orifice oesophagien (ou hiatus) du diaphragme. Ce passage de l'extrémité supérieure de l'estomac dans l'orifice hiatal survient lorsque les moyens de fixation de l'estomac et du bas oesophage sont défaillants.

Dans 90 % des cas, il y a glissement vers le haut du cardia (partie haute de l'estomac) qui quitte ainsi l'abdomen et se trouve dans le thorax. Les causes en sont par exemple une augmentation de la pression dans l'abdomen, une obésité, un raccourcissement congénital de l'oesophage.

Dans 10 % des cas, il y a roulement de la grosse tubérosité de l'estomac qui passe à travers l'orifice diaphragmatique alors que le bas oesophage et le cardia restent en place. La cause en est le plus souvent un défaut congénital du hiatus du diaphragme, il peut s'agir aussi d'un traumatisme.

La hernie hiatale est la plus fréquente des lésions du tube digestif.



[?] Les signes de la maladie

Le reflux gastro-oesophagien est le symptôme le plus évocateur(brulure derrière le sternum) surtout s'il est postural (la douleur augmente quand on augmente la pression sur l'abdomen).

Mais d'autres signes peuvent orienter le diagnostic :

Une douleur en avalant (dysphagie qui fait craindre une oesophagite) ;
Une douleur dans le creux de l'estomac ;
Une discrète anémie avec pâleur et fatigue due à de micro-saignements digestifs ;
Une thrombose veineuse des membres inférieurs (phlébite) ;
Des vomissements de sang (hématémèse).
D'autres atteintes du tube digestif sont souvent associées et doivent être recherchées systématiquement : lithiase vésiculaire, ulcères, gastrites, diverticulose colique. De même, il est habituel de rechercher une hernie hiatale au cours de ces dernières.



[?] Examens et analyses complémentaires

Déjà sur la radiographie pulmonaire de face et de profil, le praticien peut parfois noter l'absence de poche à air gastrique.

C'est surtout le transit oesogastroduodénal (T.O.G.D.), suivi sur un écran de radioscopie, qui va montrer la hernie hiatale et l'éventuel reflux gastro-oesophagien.

La fibroscopie confirme le diagnostic et recherche des complications (oesophagite par reflux gastro-oesophagien).


[?] Traitement

Les règles d'hygiène et de diététique sont les mêmes que celles du reflux gastro-oesophagien :

Maigrir en cas de surcharge pondérale ;
Fractionner les prises alimentaires et faire plutôt 5 ou 6 petits repas légers que 2 repas abondants ;
Eviter les boissons gazeuses, les épices, le café, les graisses et l'alcool, la vinaigrette, les fruits acides ;
Eviter les aliments à digestion lente comme les plats gras ;
Eviter le tabac ;
Prendre le repas du soir longtemps avant de se coucher et éviter la sieste après le déjeuner ;
Eviter de porter des gaines, des corsets ou des ceintures trop serrées ;
Surélever la tête du lit ;
Eviter les postures penchées en avant.
Dans les hernies par glissement, le traitement chirurgical n'est indiqué que s'il existe un reflux important et gênant malgré un traitement bien conduit ou en cas d'oesophagite grave.

Les hernies par roulement sont opérées le plus souvent. L'intervention consiste en une gastropexie (fixation de la grosse tubérosité de l'estomac à la face inférieure du diaphragme).



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Herpès du nouveau-né
===================
[?] Généralités

L'herpès néonatal est rare : 1 à 3 sur 10 000 naissances mais grave.

Inapparente dans 90% des cas, l'infection à Herpes virus hominis peut entraîner chez la femme enceinte lors de la primo-infection un avortement, la mort in utero, une prématurité, ou une infection néonatale.

L'enfant peut être atteint tout au long de la grossesse par voie transplacentaire lorsqu'il s'agit du virus Herpès type 1 (responsable des infections localisées au dessus de la ceinture bouquet de vésicules autour de la bouche) et beaucoup plus souvent au moment de l'accouchement par le virus Herpès type 2 (responsable de l'herpès génital vulvovaginites).

Les risques sont variables selon la pathologie maternelle au moment de l'accouchement :

Antécédent d'herpès récidivant sans poussée récente : 1 cas sur 1000 ;
Herpès récurrent en poussée au moment de l'accouchement : 2 à 5% ;
Primo-infection : 75% ;
50% à 75% des herpès néonatals surviennent chez des enfants dont les mères n'ont aucun symptôme d'herpès

[?] Les signes de la maladie

La maladie débute quelques jours après la naissance..

La forme septicémique associe à une éruption cutanée vésiculeuse, localisée ou généralisée, une altération de l'état général, un ictère, des hémorragies, une grosse rate et un gros foie, des troubles neurologiques (encéphalite se traduisant par des convulsions, une hypotonie, des troubles de la conscience...) et respiratoires (dyspnée, cyanose...). L'évolution est gravissime.

Il existe des formes septicémiques curables avec risque de séquelles secondaires : choriorétinite, microcéphalie, retard psychomoteur etc.



[?] Traitement

Le traitement est essentiellement préventif. Il consiste à pratiquer une césarienne en cas d'infection génitale herpétique locale avant la rupture spontanée des membranes. Le traitement précoce par aciclovir a beaucoup amélioré le pronostic en évitant souvent l'évolution vers la méningo-encéphalite.




*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Herpès génital
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'herpès génital est une maladie sexuellement transmissible fréquente. Elle toucherait 2 millions de personnes en France. Ses symptômes sont pénibles et récidivants et peuvent perturber la vie sexuelle des patients

[?] Les signes de la maladie

La primo-infection à Herpès simplex virus débute 7 à 21 jours après le contact sexuel infectant. Très spectaculaire, elle se manifeste :

Chez l'homme par une balano-posthite avec urétrite ;
Chez la femme par une vulvo-vaginite aiguë fébrile avec méatite ou cervicite (attente du méat urinaire ou du col utérin).
L'herpès génital est généralement dû à Herpes Simplex Virus de type 2 (HSV2), mais HSV 1 (impliqué dans l'herpès buccal) peut également être en cause.

Il existe également de nombreuses formes asymptomatiques d'herpès génital (la moitié des sujets infectés ne présentent aucun signe).

La crise d'herpès suit plusieurs étapes : à l'endroit de l'éruption cutanée, le patient ressent des démangeaisons et des brûlures fugaces ; 24 à 48 heures plus tard, de petites vésicules apparaissent, groupées en bouquets sur les régions atteintes. Des signes généraux peuvent être présents (fièvre, malaise). Quelques jours après, les vésicules éclatent pour laisser place à de petites érosions suintantes douloureuses ; c'est ensuite l'apparition de croûtes qui signent la fin de la crise qui aura duré huit jours.

Les muqueuses atteintes chez la femme sont la vulve, la région anale et l'entrée vaginale ; chez l'homme, le gland, le fourreau, le sillon balano-préputial et la région anale. La lésion herpétique est douloureuse, ne repose pas sur une base indurée et s'accompagne d'adénopathies. Elle est contagieuse pendant 2 semaines.

Après une première crise d'herpès génital, 50 à 70 % des patients ne souffriront plus de manifestations herpétiques. Les autres présenteront des récidives fréquentes lors de facteurs déclenchants : stress, menstruations, grippe, corticothérapie... Au moment de la crise, le virus resté latent dans les ganglions lymphatiques rejoint la peau en suivant les nerfs et provoque les lésions. Les récidives se présenteront sous forme de vésicules sur le pénis, la vulve, le col de l'utérus, mais parfois également sur les fesses ou les jambes. Elles sont annoncées par une douleur locale que le patient apprend à reconnaître.

Plus l'infection primaire a été sévère, plus les sujets ont tendance à présenter de récidives. A long terme, les récidives tendent à devenir moins fréquentes


[?] Traitement

Il traite la crise mais ne permet pas de supprimer le virus, qui reste à l'état latent dans les ganglions lymphatiques entre les poussées. Il repose sur l'utilisation de substances antivirales par voie locale (crèmes ou gels) ou orale (comprimés ou solutions buvables).

Lors des récidives, l'application précoce de la crème (dès les signes annonciateurs) permettrait de raccourcir la durée de la crise. Comme dans toute maladie sexuellement transmissible, il faut penser à traiter le(s) partenaire(s).

L'herpès est très contagieux. Les rapports sexuels doivent être protégés (préservatifs) pendant toute la durée du traitement. Attention, la contamination est possible de la bouche au sexe, et réciproquement.

En cas de récidives graves et fréquentes, des traitements au long cours peuvent être prescrits.

L'herpès pendant la grossesse - et en particulier au moment de l'accouchement - peut avoir des conséquences graves pour le bébé. Une poussée d'herpès au moment de l'accouchement peut conduire à pratiquer une césarienne



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hirsutisme
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

On parle d'hirsutisme chez la femme lorsqu'il existe des poils excessifs dans des zones qui ne sont pas poilues normalement chez la femme. C'est ce qu'on appelait la femme à barbe. L'hirsutisme doit être différencié de l'hypertrichose qui ne traduit que l'augmentation de la pilosité normale.

[?] Causes et facteurs de risque

Plusieurs mécanismes sont possibles :

- L'augmentation de la sensibilité des récepteurs du follicule pileux aux androgènes dont la sécrétion est normale. L'hirsutisme est alors isolé : c'est l'hirsutisme idiopathique. C'est la cause la plus fréquente. Une note ethnique ou familiale est souvent retrouvée.

- La prise de médicaments stéroïdes anabolisants ou de traitement oestroprogestatif à effets androgéniques marqués.

- L'hypersécrétion d'androgènes par la surrénale ou les ovaires, ce qui entraîne la stimulation excessive des récepteurs pilaires :

- Par les ovaires :

Dystrophie ovarienne polykystique : hyperandrogénie modérée, troubles des règles, stérilité. Les ovaires sont augmentés de volume. L'échographie des ovaires est un examen de base. La testostérone et la delta-4 androstènedione sont augmentées. Les gonadotrophines hypophysaires (FSH-LH) sont élevées.
Tumeur (bénigne ou maligne) de l'ovaire : virilisme important, aménorrhée. La testostérone et la delta-4 androstènedione sont augmentées.
- Par les surrénales :

hyperplasie des surrénales (maladie de Cushing);
tumeur virilisante surrénalienne;
- Trouble héréditaire de l'hormonogénèse...

D'autres signes d'hyperandrogénie sont souvent associés : raucité de la voix, acné, développement musculaire, hypertrophie du clitoris, troubles des règles...

Hirsutisme idiopathique

Il n'y a pas de signes d'hyperandrogénie ni de trouble des règles. L'hirsutisme commence avec les premières règles, s'accentue avec le temps. Les poils sont épais, longs, pigmentés, au niveau : visage, bras, mamelons, sillon entre les seins, ligne blanche abdominale, face interne des cuisses...

D'autres signes de virilisme s'y associent parfois : acné, chute des cheveux, règles irrégulières, voix plus rauque, etc.

Le bilan hormonal montre :

- Un taux de testostérone normal ;

- Un taux de delta-4 androstènedione normal ;

- Un taux élevé d'élimination urinaire de 3 alpha androstanediol ...


[?] Traitement

Le traitement étiologique varie selon la cause :

- Chirurgie en cas de tumeurs de l'ovaire ou de la surrénale ;

- Traitement freinateur dans l'hyperplasie surrénale ;

- Traitement oestroprogestatif dans l'hypertrichose ou la dystrophie ovarienne.

Le traitement fait appel aux antiandrogènes (acétate de cyprotérone ou Androcur) et sur le plan cosmétique à l'épilation à la cire ou électrique, à la décoloration.

Un livre utile : Marie-Pierre Hill-Sylvestre : La peau. La dermatologie au service de la beauté. Collection "Vivre et Comprendre". Editions Ellipses, Paris






*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Le hoquet
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit de contractions spasmodiques répétées involontaires du diaphragme suivie d'une fermeture brutale de la glotte, qui freine l'arrivée d'air et produit des sons caractéristiques.

Cette affection est secondaire à une irritation des nerfs afférents ou efférents ou des centres médullaires contrôlant les muscles respiratoires et notamment le diaphragme


[?] Causes et facteurs de risque

Souvent la cause du hoquet n'est jamais retrouvée.
Lors des crises prolongées ou récidivantes, une cause est parfois mise en évidence :

Stimulation des nerfs afférents : déglutition de substances chaudes ou irritantes ;
Epanchement pleural, pneumonie ;
Insuffisance rénale ;
Alcoolisme ;
Grossesse ;
Interventions chirurgicales sur l'abdomen ;
Affections abdominales : estomac, oesophage, intestin, pancréas, foie, vésicule biliaire...
Tumeurs de la fosse postérieure (stimulation des centres nerveux bulbaires)...

[?] Traitement

L'hypercapnie (augmentation de dioxyde de carbone dans le sang artériel) inhibe le hoquet.

De nombreux moyens simples peuvent être utilisés :

Apnée prolongée : suspendre la respiration le plus longtemps possible ;
Hyperventilation (mouvements respiratoires profonds et rapides) dans un sac en papier (sous surveillance) ;
Stimulation vagale ;
Boire un verre d'eau rapidement ;
Avaler du pain sec ou de la glace pilée, du vinaigre sur un sucre ;
Traction sur la langue ;
Compression prudente des globes oculaires ;
Pression sur les artères radiales au pouls ;
Pression forte à l'aide des doigts sur les nerfs phréniques en arrière des articulations sternoclaviculaires...
D'autres techniques sont utilisées dans certains cas :
Lavage gastrique ;
Stimulation galvanique du nerf phrénique ;
Dilatation oesophagienne ;
Certains médicaments : scopolamine, amphétamines, prochlorpérazine, chlorpromazine, phénobarbital, narcotiques, métoclopramide etc



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'hydramnios
===================
Définition

C'est l'excès de volume du liquide amniotique, dans lequel baigne le foetus pendant la grossesse.

Causes

L'hydramnios se constitue progressivement en général. Les causes possibles sont multiples mais l'hydramnios reste parfois inexpliqué.

Il peut s'agir d'une malformation du foetus (atrésie de l'oesophage, spina bifida, etc.) d'un diabète de la mère d'une mauvaise circulation sanguine entre le foetus et le placenta.

Symptômes

Le diagnostic est évoqué devant une prise de poids trop importante et rapide de la femme, devant un utérus trop volumineux pour le terme, parfois un essoufflement ou des oedèmes.

L'échographie visualise l'excès de liquide.

Une amniocentèse permet d'établir le caryotype.

L'hydramnios aigu est plus rare et plus grave.

Douleur, gêne respiratoire, oedèmes des jambes sont les signes les plus fréquents.

La hauteur utérine s'accroît de plusieurs centimètres en quelques jours ou quelques heures.

Une ponction amniotique peut soulager la patiente de façon temporaire mais peut aussi déclencher le travail.

L'évolution se fait en règle vers l'accouchement très prématuré.

Complications

L'hydramnios fait courir le risque d'accouchement prématuré.

Traitement

A titre préventif, le médecin prescrit le repos et parfois certains anti-inflammatoires. La grossesse doit être particulièrement surveillée jusqu'à son terme.

La ponction amniotique est parfois utile.


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hydrocéphalie de l'enfant
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est l'augmentation de la quantité de liquide céphalorachidien, provoquant la dilatation des cavités de l'encéphale (ventricules, etc.).

L'hydrocéphalie touche environ 1 à 4 enfants sur 1000


[?] Mécanismes

Le cerveau et la moelle épinière sont enveloppés dans une membrane à 3 feuillets : les méninges. La pie-mère est le feuillet qui adhère intimement à la substance nerveuse. L'arachnoïde est le feuillet du milieu et la dure-mère est le feuillet le plus superficiel.

Ces feuillets délimitent une cavité virtuelle, stérile, dans laquelle circule le liquide céphalo-rachidien ou L.C.R.

Le L.C.R. est sécrété au niveau des plexus choroïdes dans les ventricules cérébraux latéraux, cavités creusées dans le parenchyme cérébral. Le liquide transite dans le 3° ventricule, traverse le canal de Sylvius pour se trouver dans le 4° ventricule. De là, deux voies s'ouvrent à lui. Il peut descendre dans le canal de l'épendyme au centre de la moelle épinière ou bien sortir par les trous de Magendie et de Luschka dans l'espace sous arachnoïdien formant à ce niveau les "citernes de la base".

Au niveau de la concavité de la boîte crânienne, le L.C.R. est résorbé par les granulations de Pacchioni .


[?] Causes et facteurs de risque

L'hydrocéphalie résulte d'une hyperpression dans le circuit du L.C.R. provoquée par un obstacle sur son trajet.

Il peut s'agir de malformations secondaires à une maladie foetale (toxoplasmose, rubéole, maladie des inclusions cytomégaliques etc...) une sténose de l'aqueduc de Sylvius, une imperforation des trous de Luschka ou de Magendie. Ces obstacles vont empêcher la libre circulation du L.C.R.. La gêne au passage entraîne une hyperpression en amont et une hydrocéphalie.

Les hémorragies méningées (traumatisme obstétrical etc...), les méningites peuvent laisser comme séquelle une sorte de "feutrage" des citernes de la base ou de la convexité qui constitue un obstacle à la résorption du L.C.R. entraînant par conséquent une hyperpression en amont et une hydrocéphalie.

D'autres causes sont parfois retrouvées : hydrocéphalie liée au chromosome X (syndrome de Bickers et Adams) avec malposition des pouces, porencéphalie (anoxie néonatale), tumeur intracrânienne. Parfois, aucune cause n'est retrouvée et on parle d'hydrocéphalie idiopathique


[?] Les signes de la maladie

Le signe principal est l'augmentation de volume de la tête.

Le diagnostic peut être porté à la naissance où la dimension de la tête a pu représenter une complication obstétricale. Parfois, l'échographie in-utéro avait permis à l'obstétricien de faire le diagnostic anténatal. Une dilatation des ventricules à deux examens successifs doit faire poursuivre les investigations à la recherche d'une malformation. Le caryotype foetal et l'imagerie par résonance magnétique foetale sont les examens les plus utiles pour dépister un spina bifida de petite taille, une agénésie du corps calleux ou une anomalie du cervelet.

Le diagnostic peut être porté au cours du premier mois de vie devant l'augmentation rapide du périmètre crânien.

Le front est bombant, la fontanelle est largement ouverte et tendue. Les sutures sont disjointes. Les yeux en "coucher de soleil" ( rétraction des paupières supérieures vers le haut et abaissement des globes oculaires découvrant un croissant de sclérotique blanche au dessus des iris) sont un signe classique de grande valeur. Les veines épicrâniennes sont dilatées, très visibles. Des troubles neurologiques sont souvent associés.

La transillumination du crâne ne montre pas de diffusion du halo lumineux contrairement à l'hématome sous-dural ; cet examen est rarement pratiqué. L'échographie trans-fontanellaire (ETF) est un examen moderne de grand intérêt. C'est néanmoins le scanner cérébral (tomodensitométrie) et surtout l'imagerie par résonance magnétique qui confirment l'hydrocéphalie et précisent son type.

Le risque majeur est l'atrophie corticale après compression prolongée du parenchyme cérébral.

L'évolution est imprévisible. Parfois l'hydrocéphalie se stabilise spontanément en laissant néanmoins des séquelles neuro-psychiques.

Certaines malformations sont fréquemment associées : spina bifida, méningocoele occipital, anomalie de la charnière cervico-occipitale etc...



[?] Diagnostic différentiel

Il faut différencier l'hydrocéphalie

De la macrocéphalie du prématuré (croissance de rattrapage) ;
De la macrocéphalie familiale (tout le monde dans la famille a une grosse tête...!) ;
Des hématomes sous-duraux ;
De la macrocéphalie des maladies de surcharge (Tay-sachs etc...) ;
De la craniosténose sagittale

[?] Traitement

Le traitement des hydrocéphalies évolutives consiste en une dérivation du L.C.R. dans une cavité naturelle où il peut se résorber : oreillette droite par l'intermédiaire d'une valve ventriculo-atriale ou plus souvent cavité péritonéale grâce à une valve ventriculo-péritonéale.

Des complications mécaniques (blocage de la valve) et surtout infectieuses (septicémie, péritonite) sont possibles et des réinterventions sont nécessaires car le matériel devient inadapté avec la croissance de l'enfant.

Le pronostic est fonction de la cause, de l'âge, de la précocité et de la qualité du traitement neurochirurgical ainsi que des malformations associées.

Une entité particulière : l'hydrocéphalie externe

Elle représente 2 à 5% des grosses têtes de l'enfant.

Il s'agit le plus souvent d'un garçon de 2 ou 3 mois qui présente une augmentation anormale de son périmètre crânien. L'examen clinique est normal par ailleurs. Le scanner cérébral met en évidence des espaces péricérébraux élargis, de même que les sillons hémisphériques, la scissure interhémisphérique et la citerne de la base. Les ventricules sont normaux ou peu dilatés. L'évolution est spontanément favorable. La cause est inconnue. On classe souvent dans ce chapitre, les kystes arachnoïdiens conduisant à une augmentation du périmètre crânien et généralement de bon pronostic


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hyperactivité de l'enfant
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'enfant hyperactif présente des troubles de l'attention, de la perception, de la conceptualisation, du langage, de la mémoire, de la coordination et des dyspraxies qui entraînent une incapacité ou un retard d'apprentissage.

Le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux mis au point par l'American Psychiatric Association décrit le trouble déficitaire de l'attention, dont il distingue deux sous-groupes : les troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité - qui concerne par conséquent ce que l'Ecole Française baptise d'instabilité psychomotrice - et les troubles déficitaires de l'attention sans hyperactivité, qui élimine par conséquent de cette catégorie les enfants hyperactifs.

Pour que ce diagnostic puisse être retenu, les symptômes d'inattention doivent persister au moins six mois au cours desquels on retrouve six ou plus des signes suivants :

Manque souvent de précision ou fait preuve de négligence pour son travail d'école ou toutes autres activités ;
A souvent du mal à soutenir son attention tant dans son travail que dans ses jeux ;
Semble souvent ne pas écouter lorsqu'on l'interpelle ;
A du mal à se conformer aux directives (non pas du fait d'un comportement d'opposition ou d'un manque de compréhension) par exemple finir un devoir, une corvée, ou une tâche de routine ;
A du mal à organiser ses devoirs et ses activités, n'aime pas s'engager dans des activités demandant un effort soutenu (travail scolaire ou domestique) ;
Perd souvent des objets nécessaires à son travail ou à ses activités (jouets, fournitures scolaires, crayons, livres) ;
Est facilement distrait par des stimuli externes ;
Oublie souvent les activités routinières.
En ce qui concerne l'hyperactivité et l'impulsivité, six ou plus des signes suivants doivent persister au moins durant six mois :

Hyperactivité

Agite souvent ses mains et ses pieds ou se tortille sur sa chaise ;
Se lève souvent de son siège durant la classe ou dans d'autres situations demandant qu'on reste assis ;
Coure ou grimpe partout à contretemps ;
A du mal à entreprendre tranquillement des activités de loisir ;
Est souvent sur la brèche ou agit comme impulsé par un moteur ;
Parle souvent de façon excessive.
Impulsivité

Se précipite souvent pour répondre aux questions sans attendre qu'on ait terminé de les poser ;
A du mal à attendre son tour ;
Interrompt souvent autrui ou impose sa présence (fait irruption dans les conversations et les jeux des autres).
Dans ce cadre très vaste, sont regroupés de nombreux enfants dont on dit qu'ils ne tiennent pas en place, qu'ils papillonnent d'un endroit à l'autre, fatiguant l'entourage et s'épuisant eux-mêmes.

Certains spécialistes parlent de "dysfonctionnement cérébral minime" , d'autres de "troubles spécifiques d'apprentissage", d'encéphalopathie "a minima", de syndrome cérébral chronique, de syndrome de Strauss, de syndrome choréiforme de Prechtl, de handicap de perception, d'enfant maladroit, de retard de maturation, d'instabilité organique, de troubles de l'attention etc...

En réalité, on regroupe dans ce cadre :

Les enfants hyperactifs, sans cesse en mouvement, incapables de tenir en place plus de quelques instants ;
Et les enfants incapables de se concentrer.
Cette définition pourrait correspondre à tous les enfants, tant il est vrai que cette instabilité psychomotrice est habituelle chez l'enfant de 1 à 4 ans.

A partir de quand faut-il s'en inquiéter ?

C'est là tout le problème...! Tout dépend de la tolérance des parents, du médecin, de l'instituteur... Comment séparer le normal du pathologique ?

La manifestation, dans le comportement, qui différencie l'enfant hyperactif de l'enfant normal est l'impossibilité à soutenir l'attention sur des tâches et des buts déterminés. Elle s'accompagne de lassitude, de manque de concentration, d'étourderie, de maladresse, de troubles de l'apprentissage de la lecture.



[?] Causes et facteurs de risque

Les garçons sont 4 fois plus touchés que les filles. 1 à 10% des enfants d'âge scolaire sont classés dans ce cadre. Certains spécialistes estiment que 10% des écoliers âgés de 5 à 12 ans sont hyperkinétiques. D'autres parlent d'un enfant par classe.

En général, les capacités de concentration de ces enfants évoluent après 5 ans et une amélioration notable du comportement apparaît vers 8 ans. Toutefois, il peut subsister un certain nombre de problèmes comportementaux et de difficultés de perception. Tendance à la distraction, agressivité et immaturité affective peuvent demeurer.

L'hérédité semble être un facteur déterminant et on retrouve souvent, dans les antécédents familiaux de l'enfant hyperactif, un parent ayant présenté les mêmes symptômes.

On pressent un certain nombre de causes fondées sur des antécédents de complications pré ou périnatales, ou de lésions, d'infections ou d'intoxications au cours de la première enfance.

Pour beaucoup de spécialistes, les anciens prématurés, surtout de poids de naissance inférieur à 1500 g (toxémie, malnutrition in utero, alcoolisme ou syndrome foeto-alcoolique, anoxie néonatale, ictère nucléaire...) seraient très souvent hyperkinétiques.

Le tabagisme de la mère, des conditions socio-économiques défavorables, des anomalies audiovisuelles, la phénylcétonurie, l'autisme, l'intoxication par le plomb (saturnisme), l'épilepsie temporale ont été incriminés. Les traitements par clonazépam, barbituriques, antidépresseurs tricycliques, chlodiazépoxyde pourraient jouer un rôle favorisant chez certains enfants présentant un trouble neurochimique héréditaire.

Les troubles de la glycémie ont été incriminés sans preuve. Le manque de vitamine B également. Une insuffisance du métabolisme des catécholamines a été évoquée. Un retard dans la maturation cérébrale dû à un ou plusieurs facteurs nocifs est également soupçonné


[?] Les signes de la maladie

Parfois, les symptômes se reconnaissent dès la naissance. Les nouveau-nés pleurent sans cesse, crient, s'agitent. Ils souffrent de coliques idiopathiques violentes et durables.

Durant toute leur première année, ce sont des enfants qui dorment mal et qui pleurent très souvent. Ils sursautent facilement.

A partir de 1 an, ce sont des enfants qui bougent sans cesse, ramassent les objets, les jettent, grimpent partout, donnent des coups de pieds, tombent sans arrêt, s'intoxiquent plusieurs fois de suite, ouvrent les portes puis les font claquer, touchent à tout, font du bruit.

Irritables, ils refusent qu'une chose ou une personne leur résiste. Ce sont des enfants exigeants, véhéments et maladroits qui n'acceptent aucune frustration sans faire de véritables crises de nerfs : ils trépignent et hurlent. Ils ne supportent pas de rester assis à faire un puzzle, à crayonner ou à regarder des images. Leur capacité d'attention est très limitée. Les problèmes de sommeil sont constants.

C'est à l'âge scolaire que se révèle, par comparaison, avec les autres enfants du même âge, l'instabilité psychomotrice. Le comportement hyperactif est un degré inhabituel d'agitation motrice sans objet et non dirigée vers un but spécifique et intentionnel. Cette activité excessive interrompt l'attention et la concentration de l'enfant et gêne son aptitude à effectuer des travaux structurés. L'enfant a du mal à rester assis sur son banc. Son attention est détournée par le moindre petit bruit. Il ne peut se concentrer sur son activité scolaire. Cette impossibilité à fixer son attention est toutefois sélective : il réussit sans peine à le faire sur un jeu vidéo ou une émission TV.

Ce manque de concentration se voit aussi dans son langage : l'enfant commence une phrase sans pouvoir la terminer car il a oublié de quoi il s'agissait.

Ce sont des enfants impulsifs qui ne prennent pas le temps de réfléchir avant d'effectuer un acte.

Ils ont une mauvaise coordination des mouvements. Ils sont incapables de faire deux actions à la fois, de reconnaître leur droite de la gauche (troubles de la latéralité), de lacer leurs chaussures, de s'habiller (difficultés practognosiques).

Les difficultés de concentration entraînent des difficultés pour l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, de l'arithmétique, de la compréhension en général.

Ces enfants sont mal acceptés par leurs parents, leurs éducateurs et leurs camarades qui ont tendance à les laisser de côté. Ils ont "mauvais caractère", se mettent en colère pour un rien.

Ils souffrent de leurs échecs et cette souffrance augmente encore leur trouble du comportement. Ils peuvent même effectuer des actes répréhensibles qui sont comme un appel au secours.



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hyperhidrose essentielle (transpiration exagérée )
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est l'augmentation de la sudation liée à un désordre fonctionnel des glandes sudorales.

L'homme possède deux types de glandes sudorales :

- Certaines se trouvent sur tout le corps sauf aux paumes et aux plantes : elles jouent un rôle majeur dans la thermorégulation ;
- Les glandes des paumes et des plantes sont régulées par les stimulus émotionnels ;
- La région axillaire est le siège d'une triple sudation : thermique, émotionnelle et apocrine


[?] Les signes de la maladie

L'hyperhidrose essentielle de la plante des pieds, de la paume des mains et des aisselles est une pathologie relativement fréquente : 12% de la population des plus de 15 ans en souffre. Ce sont les personnes qui transpirent beaucoup . Une odeur désagréable peut entraîner des répercussions sociales importantes.

L'hyperhidrose débute à la puberté et régresse après 40 ans.
Sur un fond continu, majoré chez les femmes par la chaleur et par l'approche des règles, surviennent des crises sudorales déclenchées par l'émotion, la douleur, la fatigue ou un choc psychoaffectif : la rencontre d'un étranger ou d'un supérieur, un effort d'attention, la crainte de la sudation...
Ces crises très gênantes peuvent engendrer par leur importance une véritable infirmité physique et sociale. En effet, l'hyperhidrose axillaire peut entraîner un ruissellement de sueur sur la paroi thoracique. L'hyperhidrose palmaire peut être un handicap professionnel (chirurgien, musicien, électricien...). Au niveau de la plante des pieds, elle provoque une macération fétide.

Des pathologies diverses sont souvent associées à l'hyperhidrose :

- L'acrocyanose et le phénomène de Raynaud ;
- Les infections fongiques et bactériennes liées à la macération ;
- L'eczéma de contact facilité par la dissolution de certains allergènes dans la sueur tant au niveau des pieds (rôle des bichromates et des colles dans la constitution des chaussures) que des mains (rôle du bichromate pour tanner le cuir des gants) ;
- La kératose ponctuée des paumes et des plantes ;
- La bromhidrose : odeur désagréable de la sueur (surtout au niveau des pieds)


[?] Diagnostic différentiel

Le diagnostic d'hyperhidrose essentielle (sans cause retrouvée) est un diagnostic d'élimination.

L'hyperhidrose secondaire est liée à une cause :

- Localisée : lésion nerveuse périphérique ;
- Généralisée : hyperthyroïdie, phéochromocytome, dysautonomie familiale etc.



[?] Traitement

Les traitements locaux

Les produits à base de sels métalliques (aluminium surtout) visent à obstruer les pores par formation d'un complexe insoluble entre la kératine et les sels d'aluminium.

Le chlorhydrate d'alumine à 25% d'éthanol (Etiaxil ) constitue un des meilleurs topiques. Il s'applique sur une peau sèche, deux soirs consécutifs par semaine, avec lavage le lendemain matin pour éviter les irritations locales secondaires. Il est efficace dans les hyperhidroses axillaires mais insuffisant au niveau des plantes et des paumes.

L'ionophorèse (ou galvanisation) : le patient dépose ses mains ou ses pieds dans deux bacs en plastique au fond desquels sont déposées des électrodes en acier recouvertes d'une fine grille de plastique neutre, protégeant la peau d'un contact direct avec le métal. Le courant est progressivement augmenté jusqu'à une intensité maximale de 20 mA. Chaque séance dure vingt minutes pour le traitement des pieds ou des mains. Les séances sont pratiquées trois fois par semaine les trois premières semaines puis un traitement d'entretien est poursuivi à un rythme variable.

Les contre-indications sont rares :

- Pace-makers ;
- Stérilet, orthèses ;
- Femmes enceintes.

Quelques précautions sont nécessaires :
- Toute excoriation de la peau doit être protégée par de la vaseline ;
- Les bijoux sont enlevés avant la séance.

Traitements généraux

L'hyperhidrose étant liée à un stimulus émotionnel, certains médecins préconisent les tranquillisants.
D'autres conseillent les anticholinergiques.

Traitements chirurgicaux

Ils sont réservés aux formes majeures de l'hyperhidrose axillaire et palmaire :

- Les formes importantes d'hyperhidrose palmaire, rebelle après 30 ans, peuvent nécessiter la sympathectomie de 2 à 3 ganglions thoraciques par voie axillaire transpleurale. Il s'agit d'une intervention sous anesthésie générale qui doit être bilatérale pour traiter les deux membres supérieurs ;

- L'exérèse des glandes sudorales axillaires est un geste simple : l'incision est minime et les complications locales sont rares. Le résultat est quasi constant et définitif

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'hypertension artérielle
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hypertension artérielle (HTA) est l'élévation permanente des chiffres de la pression artérielle (dite tension artérielle ou TA) au dessus de 16/9,5.
La pression artérielle normale est inférieure à 14/9.
La notion de HTA limite correspond à des chiffres entre 14/9 et 16/9,5.

C'est une maladie fréquente, qui augmente avec l'âge, avec une composante héréditaire.

La pression artérielle n'est pas fixe. Elle varie en permanence dans la journée et selon l'activité.

Avant d'affirmer une hypertension artérielle chez un patient, le médecin doit se donner un délai et s'assurer de la permanence des chiffres tensionnels en surveillant régulièrement le patient et en lui prenant la tension avec un manomètre à mercure, au repos en position couchée, au moins deux fois en 15 jours.

On parle d'hypertension artérielle permanente lorsque la TA est tout le temps élevée. Le chiffre de la minima est important car il traduit directement la souplesse et la résistance des parois artérielles


[?] Les signes de la maladie

En général, l'hypertension artérielle ne donne aucun symptôme susceptible d'alerter le patient. C'est fréquemment une découverte d'examen médical effectué à titre de routine.

Lorsque le médecin a découvert une hypertension artérielle, il la contrôle à plusieurs reprises dans des conditions différentes : repos, effort, debout, couché, bras droit puis bras gauche... Il s'assure ainsi de sa permanence.

La généralisation des appareils de mesure de la pression artérielle pour grand public permet au patient de surveiller sa pression artérielle dans les conditions de sa vie quotidienne.

Les appareils de mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) permettent la prise en continu de la pression artérielle. En effet, il peut s'agir, surtout chez le sujet jeune, d'une hypertension artérielle labile, c'est-à-dire alternant avec des périodes de pression artérielle normale. Cette affection est bénigne à court terme et très bien tolérée. Il n'y a aucune complication viscérale. Une surveillance est néanmoins nécessaire car cette affection peut évoluer vers l'hypertension artérielle permanente. La cause de cette affection est inconnue mais les sujets émotifs sont plus fréquemment touchés.

Parfois cependant, certains signes font suspecter une hypertension artérielle :

Des maux de tête le matin sur le sommet ou derrière la tête ;
Des étourdissements ;
Des troubles visuels : mouches volantes, brouillard devant les yeux...
Une fatigue ;
Des saignements de nez ;
Des hémorragies conjonctivales ;
Des crampes musculaires ;
Une pollakiurie (envie fréquente d'uriner) ;
Une dyspnée (gêne respiratoire traduisant une insuffisance ventriculaire gauche).



[?] Evolution de la maladie

Parfois, l'hypertension artérielle est reconnue lors d'un accident révélateur :

Neurologique :

Accident ischémique transitoire ;
Accident vasculaire cérébral (ramollissement cérébral, hémorragie cérébrale, méningée ou cérébro-méningée, hématome intra-cérébral, odème cérébro-méningé).
Sensoriel :

Hémorragie labyrinthique (vertige vrai) ;
Hémorragies oculaires ;
Paralysies des nerfs oculomoteurs.
Cardiaque :

Odème pulmonaire (OAP) ;
Infarctus du myocarde.
Rénal :

Hématurie (présence de sang dans les urines) ;
Insuffisance rénale.
Hormis ces accidents aigus, l'augmentation de la pression artérielle altère au fil du temps la paroi des vaisseaux qui n'est pas prévue pour subir de tels régimes de pression. Parmi les effets nocifs, il y a l'accélération du processus d'athérosclérose.
Les organes qui souffrent le plus souvent sont :

Le système nerveux central : risque d'hémorragies et de thromboses cérébrales ;
La rétine : rétinopathie hypertensive ;
Le coeur : surcharge ventriculaire gauche, athérosclérose coronarienne ;
Le rein : néphroangiosclérose ;
Le pénis : troubles de l'érection.
C'est pour éviter ces complications qu'il faut absolument traiter une hypertension artérielle, même si elle ne provoque aucun symptôme chez le patient


[?] Causes et facteurs de risque

Dans 95 % des cas, la cause de l'hypertension artérielle reste inconnue : elle est dite "essentielle" ou idiopathique. Dans ce cas le traitement aura pour objectif de traiter le ou les symptômes à savoir faire baisser la tension.

Toutefois, le médecin peut découvrir une cause dont le traitement pourra guérir l'hypertension artérielle
Causes rénales

On sépare les maladies rénales non curables chirurgicalement de celles qui sont éventuellement curables par la chirurgie.

Parmi les causes rénales non chirurgicales d'hypertension artérielle :

Les glomérulonéphrites : protéinurie, hématurie, syndrome néphrotique ;
La glomérulopathie diabétique ;
Les néphrites interstitielles métaboliques : goutte, hypercalcémie (hyperparathyroïdie) ;
La maladie polykystique des reins (polykystose rénale)...
Parmi les causes rénales éventuellement curables chirurgicalement :

Les pyélonéphrites chroniques (séquelles d'infections urinaires chroniques et répétées) ;
La tuberculose rénale ;
La sténose de l'artère rénale qui pourra être traitée par angioplastie (gonflement d'un ballonnet dans l'artère rétrécie).
Maladies des glandes surrénales

Le syndrome de Cushing
Le syndrome de Conn (hyperaldostéronisme primaire)
Le phéochromocytome

Certains toxiques dont l'abus de réglisse

La glycirrhizine de la réglisse est transformée dans l'organisme en acide dont la structure chimique est proche de celle de l'aldostérone. Les symptômes simulent un syndrome de Conn. L'arrêt de la réglisse normalise la TA.

D'autres produits sont parfois responsables : banane, coco, vanille, phénacétine, anti-inflammatoires non stéroïdiens, ciclosporine, vasoconstricteurs nasaux utilisés pour une rhinite chronique ou une migraine, contraception par ostrogènes de synthèse, corticothérapie prolongée...

Facteurs favorisants :

Un régime trop salé ;
L'alcoolisme ;
Le tabagisme ;
Les contraceptifs oraux ;
La grossesse (toxémie gravidique) ;
Les chocs émotifs et répétés ;
Certains médicaments ;
L'obésité ;
Le manque d'exercice physique

[?] Examens et analyses complémentaires

En cas d'hypertension artérielle permanente, le bilan effectué par le médecin est double. Il permet d'apprécier le retentissement de l'HTA sur l'organisme, et de découvrir une cause éventuelle.

Bilan cardiaque

Recherche de douleurs angineuses et de dyspnée d'effort ;
ECG et radiographie thoracique ;
L'échographie cardiaque, fondamentale pour juger de l'importance de l'hypertrophie du ventricule gauche qui est un facteur pronostique.
Bilan neuro-sensoriel

Recherche de céphalées (maux de tête), de sensation de doigt mort ou de mouches volantes ;
Recherche d'épisodes transitoires d'amaurose (perte brutale et brève de la vue) ;
Examen du fond d'oeil.
Bilan rénal

Dosage de la créatinine sanguine au minimum.

Selon les résultats du fond d'oeil et le chiffre de la pression artérielle, on classe l'hypertension artérielle en quatre stades :

Stade I : artères brillantes au fond d'oeil et hypertension artérielle bénigne ou récente ;
Stade II : signe du croisement au fond d'oeil, hypertension artérielle de sévérité moyenne et généralement ancienne ;
Stade III : présence d'exsudats et d'hémorragies sur la rétine et hypertension artérielle sévère imposant des mesures d'urgence ;
Stade IV : odème papillaire et hypertension artérielle maligne imposant l'hospitalisation en milieu spécialisé

[?] Traitement

Le mode de vie

Les mesures hygiéno-diététiques sont très importantes, et sont même les seules prescrites en cas d'hypertension artérielle faible ou limite :

Régime peu salé ;
Hygiène de vie ;
Amaigrissement en cas d'obésité ;
Arrêt de l'alcool et du tabac ;
Activité physique régulière ;
Relaxation.

Le régime peu salé

Une alimentation sans sel est insipide et ne peut pas être poursuivie longtemps, elle est donc rarement conseillée. En revanche une alimentation trop salée empêche le traitement de l'HTA. Il faut donc limiter les apports en sel, sans les supprimer totalement.

Quelques conseils pratiques sont utiles :

Ne pas saler l'eau de cuisson des aliments ;
Ne pas rajouter de sel en mangeant (ne pas mettre de salière sur la table) ;
Eviter les conserves industrielles qui contiennent toutes du sel et préférer les produits frais ou surgelés ;
Eviter les aliments riches en sel : charcuterie (jambon y compris), choucroute, viandes et poissons fumés, plats cuisinés, fromages...
Choisir du pain sans sel et du lait hyposodé ;
Eviter gâteaux et pâtisserie du commerce et préférer les gâteaux faits à la maison, sans sel ni levure chimique ;
Préférer l'huile et le beurre à la margarine qui est plus riche en sel s'il n'y a pas d'hypercholestérolémie ;
Eviter certaines eaux minérales : Vichy, Saint-Yorre, Vals, Badoit ;
Eviter le réglisse, l'antésite et le pastis sans alcool ;
Réduire la consommation de café, de tabac et de réglisse ;
Ne pas abuser des sels dits de régime car ce sont des sels de potassium qui risquent de provoquer des hyperkaliémies ;
Se méfier des produits de régime dits hyposodés qui contiennent quand même trop de sel ;
Se méfier de certains médicaments contenant du sel (comprimés effervescents, pastilles contre la toux, sirops, poudres pour la digestion etc...).
Par contre, tous les épices et condiments (sauf le sel) sont autorisés : jus de citron, persil, ciboulette, cresson, poivre, ail, oignon, thym, cerfeuil, estragon, cumin, curry, paprika, etc..

L'hygiène de vie

Les conseils d'hygiène de vie sont primordiaux. Bien souvent, une hygiène de vie correcte et un régime alimentaire adapté suffisent. En cas de tension artérielle bien contrôlée, l'activité professionnelle peut être conservée ainsi que les activités sportives raisonnables (sans compétition), en privilégiant les sports d'endurance et la relaxation : marche, bicyclette, natation.

Eviter les efforts physiques importants ou brutaux ;
En cas d'accès d'hypertension artérielle : repos absolu ;
Eviter les soucis et contrariétés (des sédatifs sont parfois utiles) ;
Eviter l'exposition prolongée au soleil sans protection ;
Eviter les baignades si la température de l'eau est inférieure à 20°C ;
Eviter les séjours en altitude à plus de 1500-2000 mètres (le voyage en avion pressurisé est autorisé) ;
Pour les femmes, arrêt de la pilule à remplacer par un autre moyen contraceptif (préservatif, stérilet).

Les médicaments = les anti-hypertenseurs

Le traitement a pour but de normaliser la pression artérielle afin de prévenir les complications survenant à long terme. Par conséquent, dans la plupart des cas, ce traitement doit être suivi à vie.

L'hypertension est certainement la maladie pour laquelle il existe le plus de médicaments. Il est possible de les classer par famille. Chacune d'entre elles a des particularités. Pour en savoir plus sur les anti-hypertenseurs des classes suivantes :

Alpha1 bloquants ;
Anti-hypertenseurs centraux ;
Bêta-bloquants ;
Inhibiteurs calciques ;
Diurétiques thiazidiques ;
Diurétiques hyperkaliémiants
Inhibiteurs de l'enzyme de conversion ;
Inhibiteurs de l'angiotensine 2 ;
Les associations.
Une consultation de notre guide des médicaments s'impose...

Actuellement lorsqu'un traitement médical est indiqué, on commence par un seul anti-hypertenseur à doses faibles.
Ensuite et à moins que des effets secondaires surviennent, la dose est augmentée progressivement jusqu'à l'obtention d'une tension artérielle normale. En cas d'effets secondaires trop gênants ou d'inefficacité, le traitement peut être modifié, ou un anti-hypertenseur d'une autre classe ajouté. Il peut parfois se révéler nécessaire d'associer trois ou quatre médicaments avant d'aboutir à une pression normale !

Certains préconisent cependant de commencer d'emblée le traitement par des associations fixes (dans un seul comprimé) de deux médicaments à doses faibles ; on diminuerait ainsi les effets secondaires en augmentant l'efficacité de chacun pris séparément.

La surveillance régulière du traitement est indispensable :

Prise de la TA tous les mois jusqu'à l'obtention d'une pression artérielle stable inférieure à 14/9 ;
Fond d'oil tous les 6 mois ;
Ionogramme sanguin ;
Electrocardiogramme.
Le patient ne doit jamais arrêter les médicaments prescrits par le médecin ni diminuer les doses de son propre chef.
Les symptômes anormaux (mal à la tête, saignement de nez, essoufflement, douleurs dans la poitrine) doivent être signalés au médecin traitant.
En cas d'opération chirurgicale, l'anesthésiste doit être prévenu du traitement anti-hypertenseur.

Pour les femmes, la contraception locale est préférable à la pilule.
En cas de grossesse, le surveillance médicale doit être stricte.

Hypertension artérielle et grossesse

Lors de la grossesse, la prise de la pression artérielle fait partie de la surveillance médicale. En effet, une hypertension artérielle chez une femme enceinte peut révéler :

Une toxémie gravidique ;
L'aggravation d'une hypertension artérielle préalable ;
Une hypertension artérielle gravidique récidivante.
L'hypertension artérielle paroxystique (ou crise hypertensive)

C'est une hypertension artérielle évoluant par poussées paroxystiques. En dehors des poussées, la tension artérielle peut être normale ou élevée.

Elle se voit :

Lors de certains traitements médicaux : (Inhibiteurs de la Monoamine Oxydase ou IMAO) ;
Lors du phéochromocytome.
L'hypertension artérielle maligne

C'est une hypertension artérielle sévère avec odème papillaire visible au fond d'oeil. Elle peut survenir n'importe quand chez un hypertendu mais surtout chez l'homme jeune. Un choc affectif est parfois une cause déclenchante.

Sans traitement, les complications sont graves :

Rénales (néphroangiosclérose et insuffisance rénale) ;
Cérébrales : hémorragie cérébro-méningée ;
Cardiaques : odème aigu du poumon.
Le traitement urgent s'impose avant le transfert en milieu spécialisé.


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hypertension artérielle de l'enfant (H.T.A.)
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

La pression artérielle doit être mesurée sur un enfant allongé, au repos, en dehors des cris avec un brassard adapté à la taille de l'enfant.

En pratique, on peut retenir les chiffres suivants :

Avant 1 an : 8/5 ;
De 1 à 2 ans : 9/6 ;
De 2 à 4 ans : 10/6,5 ;
De 4 à 5 ans : 9/6 ;
De 5 à 10 ans : 10/6 ;
De 10 à 14 ans : 11/6.


[?] Les signes de la maladie

L'hypertension artérielle chez l'enfant peut rester longtemps ignorée et ne se révéler que par une complication aiguë neurologique ou cardiovasculaire.

Toutefois, certains symptômes banals peuvent orienter le médecin :

Des céphalées ;
Des troubles visuels ;
Des mouches volantes, un brouillard devant les yeux ;
Des épistaxis répétés ;
Des bourdonnements d'oreille, des vertiges ;
Des signes digestifs : anorexie, vomissements ;
Un amaigrissement ;
Un arrêt de la croissance ;
Une polydipsie (soif continuelle) ;
Des douleurs abdominales ;
Des paralysies faciales à répétition, etc.

Des facteurs de risque doivent être recherchés :
Hypertension artérielle familiale ;
Accidents cardiovasculaires familiaux ;
Surcharge pondérale ;
Prise de médicaments (pilule) ;
Tabagisme.


[?] Causes et facteurs de risque

Les causes rénales sont les plus fréquentes (80 à 90% des cas en excluant la coarctation de l'aorte) :

Les glomérulonéphrites aiguës hypertensives ;
Les glomérulonéphrites chroniques ;
Les insuffisances rénales aiguës ou chroniques terminales ;
Les causes rénovasculaires : anomalies congénitales du pédicule rénal, hypoplasie segmentaire du rein, tumeurs rénales : néphroblastomes, sympathoblastome etc.

Les causes non rénales sont plus rares :
- HTA transitoires :

Hypertension intracrânienne ;
Poliomyélite ;
Syndrome de Guillain-Barré ;
Hypercalcémie ;
Intoxications : plomb, mercure, vitamine D, réglisse, gouttes nasales contenant des sympathomimétiques, corticoïdes, etc.
HTA paroxystiques ou permanentes :

D'origine vasculaire : la coarctation de l'aorte ;
D'origine tumorale : phéochromocytome... ;
D'origine endocrinienne : syndrome de Cushing, hyperthyroïdie, syndrome de Conn, syndrome de Turner...
L'hypertension artérielle essentielle de l'enfant et de l'adolescent dont la cause exacte est inconnue mais où l'obésité et les antécédents familiaux jouent un rôle certain


[?] Examens et analyses complémentaires

Les examens de base sont :

Protéinurie des 24 heures ;
Créatinine plasmatique et ionogramme sanguin ;
Echographie rénale ;
Echocardiographie (recherche d'HVG) ;
Echographie rénale ;
Fond d'oeil.
La surveillance fait appel à la mesure ambulatoire de la pression artérielle sur 24 heures par holter tensionnel


[?] Complications

Les complications aiguës graves sont de deux sortes :

Neurologiques par oedème cérébral ou hémorragie intracrânienne : convulsions, hémiplégie, diminution de l'acuité visuelle...
Cardiaques : asystolie avec oedème aigu du poumon...

[?] Traitement

Traitement de la poussée aiguë d'hypertension artérielle :

La nifédipine (Adalate) est le médicament de choix par voie sublinguale (inhibiteur calcique)
La nicardipine (Loxen IV) est préconisée en cas d'hypertension artérielle sévère
Le labétalol (Trandate) est préconisé en cas de phéochromocytome
D'autres médicaments sont parfois utilisés : Lasilix, prasozine, Nipride, Népressol etc


[?] Traitement de fond

Indépendamment du traitement de la cause (médical ou chirurgical), le traitement de l'hypertension artérielle repose sur :

La réduction des apports sodés ;
La réduction d'une surcharge pondérale ;
Une activité sportive régulière ;
Les hypotenseurs : bêtabloquant (Sectral), énalapril (Renitec), etc



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hyperthyroïdies
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hyperthyroïdie est définie par la sécrétion d'une trop grande quantité d'hormones thyroïdiennes dans l'organisme : thyroxine (T4) et tri-iodothyronine (T3).

Il existe deux grands types d'hyperthyroïdie :

Les hyperthyroïdies diffuses : toute la glande est augmentée de volume (goitre) et sécrète des quantités anormales d'hormones. Il s'agit la plupart du temps de la maladie de Basedow au cours de laquelle s'associe aux signes cliniques de l'hyperthyroïdie une exophtalmie (saillie des globes oculaires).
Il peut également s'agir d'un goitre ancien qui se met à sécréter brusquement des quantités anormales d'hormones.

Les hyperthyroïdies nodulaires : seule une partie de la glande est hypersécrétante, soit parce qu'il existe un nodule unique (adénome toxique), soit parce qu'il existe plusieurs nodules pathologiques (goitres multinodulaires hétérogènes toxiques).

[?] Causes et facteurs de risque

Les raisons de dysfonctionnement de la glande thyroïde sont peu connues. Le terrain familial semble jouer un rôle.

La maladie de Basedow

C'est une affection auto-immune : le système immunitaire s'attaque à l'organisme. Des anticorps se fixent sur les récepteurs à la TSH des cellules thyroïdiennes et stimulent la sécrétion d'hormones.

Les symptômes sont assez évocateurs : sujet jeune, le plus souvent une femme, présentant à la fois des signes d'hyperthyroïdie (nervosité, troubles du sommeil, tremblements, amaigrissement involontaire, tachycardie, diarrhée, asthénie majeure) et une exophtalmie (saillie des yeux en dehors de l'orbite, en général symétrique et bilatérale). La paupière supérieure est rétractée, et le regard a un aspect fixe caractéristique.

L'examen clinique met en évidence au niveau du cou un goitre homogène vibrant sous la main lors de la palpation ("thrill") et soufflant à l'auscultation au stéthoscope.

La surcharge iodée

Il existe fréquemment des hyperthyroïdies provoquées par l'ingestion abusive, souvent dans le but de maigrir, de produits hormonaux (thyroxine, extraits thyroïdiens, préparations).

Les symptômes sont ceux de l'hyperthyroïdie sans exophtalmie ni goitre. Le diagnostic est fait sur l'augmentation des hormones thyroïdiennes dans le sang avec une fixation de l'iode radioactif nulle à la scintigraphie (scintigraphie blanche).
Certains médicaments contiennent de l'iode et peuvent provoquer une hyperthyroïdie dite iatrogène. Parmi ces médicaments, on peut citer l'amiodarone, certains expectorants (Asthmasédine, Pneumogéine), certains topiques cutanés iodés, les produits de contraste iodés utilisés en radiologie.

Dans ces cas, le diagnostic est porté par le dosage d'iode dans les urines (iodurie des 24 heures).

L'adénome toxique

C'est une hyperthyroïdie pure sans exophtalmie.

Les symptômes sont ceux de l'hyperthyroïdie. Les complications cardiaques sont particulièrement fréquentes.

Les examens biologiques confirment l'hyperthyroïdie et il n'y a pas d'anticorps TSI ou antithyroïdiens. L'échographie élimine le diagnostic de kyste.

La scintigraphie est indispensable et montre une image arrondie fixant tout l'iode : c'est un nodule chaud.

Le traitement est chirurgical ou par iode radioactif.

Le goitre multi-nodulaire hétérogène toxique

Il concerne des patients ayant des signes d'hyperthyroïdie et un goitre volumineux. Il n'y a pas d'exophtalmie.

La scintigraphie montre un gros goitre avec des plages hyperfixantes.

Le seul traitement de ces goitres est chirurgical.






[?] Les signes de la maladie

L'hyperthyroïdie est due à une hypersécrétion d'hormones thyroïdiennes, qui provoque un hyperfonctionnement de tous les métabolismes. Tout fonctionne trop, et trop vite : ce sont les symptômes de la "thyrotoxicose" :

L'amaigrissement est rapide malgré un appétit conservé ou augmenté ;
L'accélération du pouls est permanente, régulière et persiste pendant le sommeil (tachycardie) ;
Il y a un tremblement fin et rapide des mains, une faiblesse musculaire ;
Le malade se plaint de bouffées de chaleur, ne supporte pas la chaleur, a toujours chaud et soif ; il devient nerveux, irritable, émotif ;
Une diarrhée, des nausées ou vomissements sont fréquents ;
La peau est chaude, moite, les cheveux cassants.




[?] La consultation

À l'examen, le médecin voit et palpe un goitre plus ou moins important, pouvant être soufflant et pulsatile. Une exophtalmie est retrouvée en cas de maladie de Basedow avec un "éclat tragique" du regard. Le coeur est rapide et des troubles du rythme sont fréquents (cardiothyréose).



[?] Examens et analyses complémentaires

Bilan hormonal

Dosage de TSH ultrasensible : taux très bas ;
T4 libre augmentée ;
T3 libre augmentée.
L'échographie

Elle précise la taille de la thyroïde et permet surtout de vérifier l'absence ou la présence d'un nodule.

Scintigraphie thyroïdienne

C'est une véritable "photographie" de la thyroïde. Elle est systématique s'il existe un nodule à la palpation ou à l'échographie, afin de connaître la fonctionnalité du nodule. Dans le cadre d'une maladie de Basedow, il existera un goitre diffus, avec un taux de fixation important.

Les autres dosages biologiques

Numération Formule Sanguine : baisse des globules blancs neutrophiles (leuconeutropénie) ;
Taux bas de créatine-phospho-kinase (CPK) ;
Bilan phosphocalcique et bilan hépatique parfois perturbés ;
Anticorps antithyroïdiens parfois élevés ;
Anticorps anti-récepteurs de la TSH (TSI, TRAK) souvent positifs dans la maladie de Basedow

[?] Evolution de la maladie

La gravité de l'hyperthyroïdie est liée à la survenue possible de complications :

La cardiothyréose

Ce sont les complications cardiaques de l'hyperthyroïdie, notamment l'arythmie complète par fibrillation auriculaire et l'insuffisance cardiaque.

La cardiothyréose s'observe surtout au cours de l'adénome toxique de la femme de plus de 40 ans. Les complications cardiaques sont fréquemment associées à une hypertension artérielle, une insuffisance coronaire.

Parmi les troubles du rythme, les accès de tachycardie paroxystique, les extrasystoles, et le flutter auriculaire sont rares. L'arythmie complète par fibrillation auriculaire est le trouble majeur, paroxystique chez le sujet jeune, et permanent chez le sujet de plus de 50 ans.

L'insuffisance cardiaque de l'hyperthyroïdie est de survenue plus ou moins tardive. Elle est particulière par sa résistance à certains médicaments comme la digitaline et les diurétiques. La vitesse circulatoire et le débit cardiaque sont normaux voire élevés.
L'évolution de la cardiothyréose se fait vers l'aggravation progressive en l'absence de traitement spécifique de l'hyperthyroïdie car les médicaments cardiologiques habituels sont de peu d'effet.

Le premier traitement est donc celui de l'hyperthyroïdie. En attendant son efficacité, le médecin peut utiliser des bêtabloquants dans les troubles du rythme et instaurer un traitement symptomatique de l'insuffisance cardiaque.

Les autres complications

Oculaires : inocclusion des paupières, paralysie de la motricité des globes, baisse de l'acuité visuelle ;
Psychiques : bouffées d'excitation, épisodes de confusion mentale, délire (folie basedowienne) ;
Musculaires et osseuses : atrophie des muscles, déminéralisation osseuse.
La "crise aiguë thyroïdienne" est due à l'inondation de l'organisme par les hormones thyroïdiennes. Elle survient lorsqu'un patient a été opéré ou a subi un traitement par iode radioactif alors qu'il était encore en hyperthyroïdie



[?] Traitement

Il peut être médicamenteux, chirurgical ou par iode radioactif.

Le traitement médicamenteux

Le but du traitement est de bloquer la sécrétion de la glande thyroïde par des produits qui inhibent son fonctionnement en attendant que la régulation redevienne normale (12 à 18 mois) : ce sont les anti-thyroïdiens de synthèse.

Il est parfois nécessaire de recourir à un traitement "radical" qui détruit la glande thyroïde par la chirurgie ou un traitement à l'iode radioactif.

La chirurgie

Elle est indiquée avant quarante ans dans les hyperthyroïdies diffuses en cas d'échec du traitement médical. Une thyroïdectomie totale est alors réalisée enlevant toute la glande.

Elle est indiquée également dans les hyperthyroïdies nodulaires des sujets de moins de 40 ans.

L'iode radioactif

C'est un traitement des hyperthyroïdies diffuses après quarante ans lorsque le traitement médical a échoué, ou des formes nodulaires, quand la chirurgie est contre-indiquée, ou selon l'âge du sujet.

Le pronostic général des hyperthyroïdies dépend de la forme clinique :

Les formes nodulaires (adénome toxique et goitre multinodulaire) sont rapidement guéries par la chirurgie ;
Les hyperthyroïdies diffuses posent plus de problèmes : le traitement médical permet d'obtenir la guérison dans plus de 50 % des cas. Les traitements radicaux obtiennent la guérison dans les autres cas au prix d'une hypothyroïdie qu'il faut ensuite compenser à vie par l'administration d'hormones thyroïdiennes (opothérapie substitutive).

Le traitement de la maladie de Basedow

Les antithyroïdiens de synthèse sont le traitement de base, avec une dose d'attaque.

En raison du risque d'agranulocytose (diminution massive et brutale des globules blancs neutrophiles), le médecin surveille la numération sanguine régulièrement, avec des consignes précises : prise de sang en urgence en cas d'angine, de fièvre...

Au bout de 1 à 2 mois de traitement, parfois moins, le patient devient euthyroïdien, c'est-à-dire normal sur le plan thyroïdien : le médecin peut alors diminuer la dose.

L'ajustement de la posologie se fait suivant le bilan hormonal pratiqué régulièrement, selon principalement le dosage de T4, éventuellement la T3 (le dosage de TSH reste longtemps "bloqué" dans les valeurs basses).

Le traitement dure entre 18 et 24 mois, afin d'éviter les rechutes.

Le reste du traitement comprend :

Le repos physique, avec le plus souvent un arrêt de travail ;
Un bêtabloquant (propranolol par exemple) pour ralentir le rythme du coeur, et qui peut avoir une action directe sur le taux d'hormones thyroïdiennes ;
Une benzodiazépine pour combattre l'anxiété pendant quelques semaines.
L'exophtalmie peut résister à cette thérapeutique, car son évolution devient indépendante de l'évolution de l'hyperthyroïdie : mesures de protection oculaire (larmes artificielles, pansements occlusifs nocturnes), corticothérapie générale, décompression chirurgicale, radiothérapie sont les seules armes.

Précocement diagnostiquée et efficacement traitée, la maladie de Basedow ne connaît plus aujourd'hui d'évolution dramatique comme cela a pu être observé autrefois.

Le recours à la chirurgie (thyroïdectomie totale) dans les formes graves ainsi qu'à l'iode radioactif sont responsables d'hypothyroïdies définitives à moyen et long terme. Ces moyens sont donc réservés aux rechutes ou aux cas graves d'emblée, après obtention d'une amélioration sur le plan hormonal par un traitement médicamenteux ou une préparation particulière.



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hypocalcémie du nouveau-né
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hypocalcémie est définie par une calcémie (taux de calcium dans le sang) inférieure à 70 mg/l (1,75 mmol/l.).



[?] Les signes de la maladie

Les signes cliniques évocateurs sont une irritabilité excessive, des troubles du tonus, des trémulations ou des convulsions, un cri aigu, des accès de cyanose, une tachycardie (accélération du rythme cardiaque), des épisodes d'apnée (pause respiratoire) ou de vomissements. Un signe de Chvostek est parfois présent.
Les anomalies sur l'électrocardiogramme sont évocatrices (allongement de l'espace QT).
Une image de gros coeur est possible sur la radiographie thoracique.



[?] Causes et facteurs de risque

La plupart des hypocalcémies néonatales sont transitoires. Parmi les facteurs favorisants, il faut citer la souffrance foetale, l'hypoxie, l'acidose, l'état de choc, les septicémies, les maladies maternelles (diabète, toxémie gravidique, carence calcique, hyperparathyroïdie), la gémellité, la prématurité, la dysmaturité, la naissance après césarienne. L'hypocalcémie est possible après une exsanguino-transfusion et doit être recherchée.

Une hypocalcémie rebelle doit faire rechercher une hypomagnésémie qui se traduit cliniquement par des convulsions.



[?] Traitement

Le traitement repose sur la calcithérapie : gluconate de calcium per os ou en perfusion intraveineuse. L'injection intraveineuse directe de calcium doit être évitée


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les hypoglycémies
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hypoglycémie est définie par un taux de sucre dans le sang (glycémie) inférieur à 0,45 g/l (2,5 mmol/l) chez l'adulte

[?] Les signes de la maladie

Ils sont variés et connaissent différents degrés de gravité :

Simple malaise avec :
- Sensation de faim intense (fringale) ;
- Sueurs ;
- Nausées ;
- Douleurs abdominales ;
- Tachycardie ;
- Tremblements ;
- Fatigue intense ;
- Fourmillements des extrémités ;
- Engourdissement des membres ;
- Céphalées ;
- Troubles de la vision et de l'équilibre...
Troubles neuro-psychiques plus graves :
- Crises d'agressivité ou de mélancolie ;
- Confusion mentale ;
- Amnésie ;
- Activité psychomotrice intense simulant un état d'ivresse alcoolique, - diplopie (vision double) ;
- Hémiplégie ;
- Hallucinations ;
- Crise épileptique...
- Le coma hypoglycémique s'accompagne de sueurs, de convulsions, d'hypertonie et d'un signe de Babinski bilatéral. Un traitement urgent s'impose pour éviter la mort ou les graves séquelles neurologiques qui peuvent se rencontrer notamment chez les personnes âgées ou fragilisées.


[?] Causes et facteurs de risque

Les causes les plus fréquentes sont indépendantes de l'organisme :

Il peut s'agir d'une erreur thérapeutique dans le traitement du diabète telle qu'un surdosage en insuline, en antidiabétiques oraux, salicylates, propranolol, ou une restriction alimentaire excessive ;
L'intoxication alcoolique aiguë est une cause habituelle ;
Un régime amaigrissant hypocalorique trop sévère...
Les causes "endogènes" sont plus rares :

Hyperinsulinisme organique : tumeurs du pancréas (îlots de Langerhans) sécrétant de l'insuline :
- Insulinome bénin dans 80% des cas ;
- Carcinome langerhansien dans 20% des cas.
Tumeurs des autres glandes endocrines intervenant dans la glycémie : surrénales, thyroïde, hypophyse (insuffisances hypophysaire, thyroïdienne, et cortico-surrénalienne) ;
Blocage de la synthèse du glycogène dans certaines maladies hépatiques ;
Hyperinsulinisme fonctionnel : une sécrétion excessive d'insuline peut se voir au début d'un diabète non insulino-dépendant (DNID ou type 2), chez les gastrectomisés et les gros mangeurs de sucre ;
Insuffisance hépatique sévère ;
Dénutrition profonde.
Souvent les hypoglycémies restent sans explication. Le médecin parle alors d'hypoglycémie fonctionnelle.



[?] Traitement

L'accident thérapeutique (surdosage en insuline par exemple) est traité par perfusion de sérum glucosé intra-veineux relayée par l'administration de glucose par la bouche. Le Glucagon intra-musculaire peut être utilisé.

En cas d'hyperinsulinisme organique, l'exérèse chirurgicale de la tumeur s'impose.

En cas d'hyperinsulinisme fonctionnel, le régime doit être pauvre en glucides et bien réparti dans la journée (plusieurs petits repas par jour). Le patient maintient ainsi une glycémie plus ou moins constante et évite les hypoglycémies profondes qui suivent les repas importants.





*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'hypophyse : généralités
===================
L'hypophyse est une glande endocrine de petite taille, pesant moins de 1 g, située à la base du crâne dans une loge hypophysaire (appelée "selle turcique" car rappelant la forme de la selle des cavaliers turcs), en rapport anatomique direct avec le chiasma optique (zone de croisement des nerfs optiques).

Elle est attachée au cerveau (diencéphale) par la tige pituitaire.

On distingue trois zones, ou lobes, dans l'hypophyse :

L'antéhypophyse (adénohypophyse) située en avant ;
La post-hypophyse (neuro-hypophyse) située en arrière ;
Le lobe intermédiaire.
L'antéhypophyse sécrète un certain nombre d'hormones :
L'hormone de croissance : STH (ou GH) ;
Les stimulines hypophysaires : TSH, ACTH, FSH-LH ;
La prolactine.
La post-hypophyse sécrète :
L'hormone antidiurétique ADH ;
L'ocytocine
Le lobe intermédiaire sécrète :
La mélanostimuline MSH
Les hormones anté-hypophysaires
L'hormone somatotrope dite "de croissance" :
- STH ou GH a de multiples actions, et agit par l'intermédiaire des "somatomédines" sur la croissance du squelette. Elle stimule le métabolisme des glucides (elle est hyperglycémiante), des protéines (dont elle favorise la synthèse), et des lipides (dont elle favorise la dégradation).
Les stimulines hypophysaires , sécrétées sous le contrôle des facteurs hypothalamiques, stimulent les autres glandes endocrines;
ce sont TSH (Thyroïd Stimulating Factor), ACTH (adréno-cortico-trophic hormone), les gonadostimulines (FSH et LH), et la prolactine :
- La TSH est l'hormone thyréotrope , qui stimule la production des hormones thyroïdiennes T3 et T4
- L'ACTH : L'adréno-cortico-trophic hormone ou hormone corticotrope (corticostimuline ) sécrétée par le lobe antérieur de l'hypophyse stimule la sécrétion de cortisone, d'hydrocortisone et d'androgènes par la cortico-surrénale, à condition que celle-ci soit saine. L'ACTH est utilisé en thérapeutique pour subvenir à une insuffisance hypophysaire ou cortico-surrénalienne (Synacthène ).
- La FSH-LH : La FSH, hormone gonadotrope , entraîne la maturation des spermatozoïdes chez l'homme. Chez la femme, elle permet la maturation du follicule de De Graaf et le rend sensible à LH.
La LH , hormone lutéinisante , favorise la synthèse des stéroïdes testiculaires chez l'homme. Chez la femme, elle a une action complexe sur l'ovaire. Sous l'influence de la LH , le follicule donne des oestrogènes. Le corps jaune donne de la progestérone. Cette sécrétion augmente si on stimule le corps jaune par la LH.
- La prolactine ou LTH : Cette hormone entretient la lactation. L'hypothalamus a une action inhibitrice sur les cellules à prolactine.
Les hormones de la post-hypophyse
La post-hypophyse stocke des hormones qui sont en réalité sécrétées par l'hypothalamus :

L'hormone antidiurétique ou ADH (vaso-pressine ):
Cette hormone a une activité antidiurétique et de rétention d'eau ;
L'ocytocine : elle agit au cours de l'accouchement en déclenchant la contraction utérine. Elle permet également l'éjection du lait lors de l'allaitement.
Les hormones de la zone intermédiaire
La zone intermédiaire de l'hypophyse sécrète la MSH , mélanostimuline ; la MSH augmente la synthèse de la mélanine, qui est le pigment de la peau.
L'hypothalamus sécrète le MIF qui inhibe la production de MSH.



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Hypotension orthostatique
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hypotension orthostatique est définie par une baisse de la tension artérielle lors du passage de la position couchée à la position debout. Cette baisse est due à une anomalie du réflexe naturel d'adaptation de la tension artérielle.

[?] Causes et facteurs de risque

L'hypotension orthostatique peut être secondaire :

A la prise de certains médicaments : neuroleptiques, antidépresseurs tricycliques, antihypertenseurs (inhibiteurs calciques, inhibiteurs de l'enzyme de conversion, diurétiques), phénothiazines ;
A une diminution du volume de sang circulant dans les vaisseaux (hémorragie ou déshydratation) ;
A une diminution du taux de potassium dans le sang ;
A une maladie endocrinienne : maladie d'Addison, hypothyroïdie, phéochromocytome (tumeur de la glande surrénale) ;
A l'alitement prolongé responsable d'un épisode d'hypotension orthostatique lors du premier lever ;
A la section chirurgicale de certains nerfs responsables du contrôle de la tension artérielle ;
A des maladies touchant le système nerveux (tabès dorsal, syringomyélie, diabète, syndrome de Shy-Drager).
Dans certains cas, l'hypotension orthostatique reste sans cause identifiée.




[?] Les signes de la maladie

Lors de l'épisode d'hypotension orthostatique, le malade peut présenter une brève perte de connaissance ou un malaise avec vertiges et troubles visuels.

Dans le cas du syndrome de Shy-Drager, l'hypotension orthostatique est associée à une incontinence urinaire, des vertiges avec perte de connaissance, une impuissance et une diminution de la sudation.



[?] La consultation

La réalité de l'hypotension orthostatique doit être confirmée par des mesures répétées de la tension artérielle en position couchée et en position debout.

Une cause corrigeable doit être recherchée (cf. Causes et facteurs de risque).

Dans le cas du syndrome de Shy-Drager, le médecin peut retrouver une aréflexie pupillaire : la pupille ne se contracte pas à la suite d'un stimulus lumineux


[?] Examens et analyses complémentaires

Ils ne sont utiles que pour rechercher la cause de l'hypotension orthostatique et sont orientés par les données de l'examen clinique de la consultation

[?] Evolution de la maladie

Elle dépend de la maladie sous-jacente.

Dans le cas du syndrome de Shy-Drager, l'évolution est marquée par l'apparition de signes évoquant une maladie de Parkinson. Le handicap lié à la maladie devient important après 5 à 10 ans d'évolution.

En l'absence de cause retrouvée, l'évolution de l'hypotension orthostatique est variable selon les individus et reste plus ou moins invalidante.



[?] Ne pas confondre avec...

Le diagnostic d'hypotension orthostatique étant facile (mesure de la tension artérielle en position couchée et en position debout), il n'y a pas lieu d'envisager un autre diagnostic

[?] Traitement

Le traitement de l'hypotension orthostatique n'est habituellement satisfaisant que dans les formes les plus modérées.

Il comprend :

En cas de prise de médicaments connus pour être responsables ; d'hypotension orthostatique, un changement de traitement peut être envisagé par le médecin en cas d'hypotension orthostatique mal tolérée ;
Des conseils hygiéno-diététiques : se lever lentement, éviter la position allongée trop longtemps, éviter les anxiolytiques et l'alcool ;
Le port de bas à varices remontant jusqu'à la ceinture ;
Un régime riche en sel ;
L'élévation de la tête du lit ;
En l'absence de contre-indications, un traitement par fludrocortisone est prescrit ;
Dans les cas sévères, certains médicaments peuvent être proposés : éphédrine, lévodopa ;
Le traitement de la cause lorsqu'il est possible



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les hypothyroïdies
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'hypothyroïdie est une insuffisance de fabrication d'hormones thyroïdiennes.

Elle est le plus souvent due à une atteinte primitive de la glande thyroïde (hypothyroïdie primaire ou périphérique).

Plus rarement, il s'agit d'une insuffisance d'origine centrale d'origine hypophysaire (trouble de la commande et de la régulation de la thyroïde).

Le manque d'hormones thyroïdiennes a de multiples effets tissulaires et métaboliques dans l'organisme.



[?] Causes et facteurs de risque

C'est une pathologie fréquente. Elle touche surtout la femme (1 femme sur 100 contre 1 homme sur 1 000), et sa fréquence augmente avec l'âge (6 femmes sur 100 de plus de 65 ans).

Les causes sont diverses, classées par ordre de fréquence :

Thyroïdite atrophique, dont le mécanisme exact est inconnu ;
Thyroïdite de Hashimoto : maladie auto-immune (présence d'anticorps dirigés contre la thyroïde), avec destruction progressive de la glande par inflammation chronique ;
Causes post-thérapeutiques : iode radioactif, proposé dans l'hyperthyroïdie (nodule toxique ou maladie de Basedow) et dans le complément d'une exérèse chirurgicale de la thyroïde pour cancer, antithyroïdiens de synthèse, chirurgie de la thyroïde, radiothérapie du cou ;
Causes médicamenteuses provoquant une surcharge en iode : amiodarone principalement (Cordarone°), lithium...
Thyroïdite subaiguë et thyroïdite après la grossesse pouvant donner une hypothyroïdie transitoire ;
Anomalies congénitales de la thyroïde, troubles congénitaux de la fabrication des hormones, carence en iode ("crétinisme").


[?] Les signes de la maladie

Les signes cliniques de l'hypothyroïdie sont manifestes quand l'insuffisance en hormones est installée. Ils sont liés à une diminution globale de tous les métabolismes de l'organisme : ralentissement global.

Sur le plan cutané : le visage est infiltré, grossi, "lunaire". Les traits sont épaissis, les paupières sont lourdes, le teint est jaune. La langue est grosse. Les poils sont rares et cassants (cheveux, sourcils, poils pubiens et axillaires), la peau est sèche et froide. Les ongles sont cassants et striés. Les doigts sont boudinés.
La voix est rauque, l'audition est diminuée.

Toutes les actions sont ralenties (ralentissement psychomoteur). Il existe une indifférence générale, un manque d'énergie, jusqu'à un véritable syndrome dépressif.

La fatigue est majeure. S'y associent frilosité, constipation, prise de poids. Les crampes sont fréquentes et douloureuses, il existe des douleurs des articulations. Des troubles de règles sont présents : absence de règles, infertilité, écoulement mammaire


[?] La consultation

Le médecin recherche un goitre, c'est-à-dire une augmentation du corps de la glande thyroïde, global ou localisé, ferme, mou, ou dur, voire inflammatoire, ce qui lui donnera des indications quant à la cause de l'hypothyroïdie.

L'examen clinique pourra retrouver les signes décrits ci-dessus, une diminution ou abolition des réflexes ostéo-tendineux, un rythme cardiaque ralenti (bradycardie) et un assourdissement des bruits du coeur.


[?] Examens et analyses complémentaires

Bilan hormonal

La TSH est le premier marqueur à se modifier, et suffit en général au dépistage de l'hypothyroïdie. Son taux s'élève dans les formes périphériques de la maladie.

Le bilan est complété par le dosage des hormones thyroïdiennes (T4 et accessoirement T3 libres), qui indique la profondeur du déficit : normales au début, puis abaissées.

Quand l'origine est hypophysaire, le taux de TSH est bas, associé à une T4 etT3 basses.

Un dosage des anticorps antithyroïdiens sera positif, principalement en cas d'origine auto-immune (thyroïdite de Hashimoto).

Le bilan biologique standard peut montrer :

Une anémie ;
Des troubles de la coagulation ;
Une hypercholestérolémie ;
Des troubles ioniques, augmentation des enzymes musculaires.
Examens morphologiques

Une échographie peut être réalisée, elle précisera les dimensions de la thyroïde, avec étude de sa structure.

Les examens isotopiques à l'iode radioactif (scintigraphie) ne sont indiqués qu'en fonction de la situation clinique (goitre nodulaire).



[?] Evolution de la maladie

L'évolution d'une hypothyroïdie peut être grave en l'absence de traitement :

Les complications cardiovasculaires : cardiomégalie (augmentation de la taille du coeur), péricardite (inflammation de la paroi cardiaque avec présence de liquide), angine de poitrine avec risque d'infarctus du myocarde ;
Le coma myxodémateux : en particulier chez le sujet âgé, après des évènements tels que infection, anesthésie, prise de sédatifs.D'installation progressive, sont associés une hypothermie, une bradycardie importante, des troubles respiratoires et des troubles biologiques majeurs. La mortalité de ce tableau est de 50 %.


[?] Ne pas confondre avec...

C'est le syndrome des "basses hormones thyroïdiennes".

Il s'agit d'un taux bas d'hormones thyroïdiennes (le plus souvent la T3), avec un taux de TSH normal.
Il survient en général chez des sujets gravement malades : réanimation, brûlures, dénutrition, maladies cancéreuses très évoluées...

Il ne s'agit pas d'hypothyroïdie, il n'existe pas de déficit d'hormones au niveau des organes et tissus, et ne justifie pas de traitement substitutif.



[?] Traitement

Il est basé sur la prise d'hormones thyroïdiennes (hormonothérapie substitutive) sous forme de Thyroxine.

La mise en route du traitement est toujours progressive, car elle peut entraîner des troubles cardiaques quand l'hypothyroïdie est profonde, ancienne, survenant chez des sujets âgés ou cardiaques. Dans ce cas, le traitement est souvent débuté au cours d'une hospitalisation.

Le médecin peut prévenir les risques coronariens par la prescription de bêta-bloquants.
Par la suite, le traitement est adapté progressivement, en fonction des résultats biologiques.

C'est un traitement qui en général est à prendre à vie


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le mardi 29 mai 2007 22:30
Modifié le mardi 03 juillet 2007 17:12

I

I
les maladie seron de couleur rouge et la definition en verts


Les ichtyoses
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est une maladie chronique de la peau se manifestant par un aspect sec, épais, rêche.
Le mot ichtyose est issu du grec (= poisson). Il traduit l'impression d'écaille qu'évoque la peau ichtyosique. L'épaississement de la couche cornée qui en est responsable est le plus souvent héréditaire mais il existe des formes acquises.

Les ichtyoses héréditaires

L'ichtyose vulgaire est fréquente chez l'homme et chez la femme. La transmission est dominante.
La maladie apparaît dans les premières années de la vie. Des squames sèches, blanches, épaisses, écailleuses respectent les grands plis cutanés. Une kératose pilaire est souvent associée. La maladie ne gratte pas.
Cet état chronique de la peau dure toute la vie. Il est surtout gênant et inesthétique.

Il s'améliore souvent l'été et s'aggrave l'hiver.

Le traitement à vie repose sur :

La vaseline salicylée (5%) (sous stricte surveillance chez l'enfant) ;
La pommade à l'urée (10%) ;
Les huiles dermatologiques ;
La vitamine A acide (Aberel) ;
La vitamine A per os dans les formes sévères.
L'ichtyose noire récessive liée au sexe touche le garçon. Les squames sont noirâtres sur le thorax et ne respectent pas les plis. Le prurit est important.
L'ichtyose rouge (érythrodermie ichtyosiforme congénitale) se manifeste par un érythème (rougeur) généralisé associé à l'ichtyose, elle est plus rare.

Les ichtyoses acquises

L'apparition récente chez un adulte d'un état ichtyosiforme doit faire rechercher

L'hypothyroïdie ;
Un cancer viscéral profond ou un lymphome (maladie de Hodgkin) ;
Une sarcoïdose ;
Une malnutrition...


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Ictères du nouveau-né
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

Un ictère (jaunisse) traduit l'excès de bilirubine dans le sang, conjuguée ou libre selon qu'elle a été ou non transformée dans le foie. La richesse du sang en bilirubine teinte la peau et les muqueuses en jaune par transparence.



[?] Mécanismes

Les globules rouges sont fabriqués en permanence dans la moelle osseuse.

Ils passent ensuite dans le sang et, après une vie de 120 jours, vont mourir dans la rate. Cette destruction normale donne lieu à la libération de bilirubine libre. Cette bilirubine libre est toxique à partir d'un certain taux pour le cerveau. La bilirubine libre sanguine arrive dans le foie où des processus biochimiques vont la transformer en bilirubine conjuguée qui, elle, n'est pas toxique et qui est un des composants de la bile. Ce pigment est à l'origine de la coloration des selles et des urines.



[?] Causes et facteurs de risque

Chez le nouveau-né, le nombre de globules rouges est plus élevé que chez l'adulte et il existe une hyper-destruction de ces cellules. Ce nombre de globules rouges détruits peut d épasser les possibilités enzymatiques d'un foie immature. Il en résulte un excès de bilirubine qui se traduit par un ictère simple physiologique. C'est le cas de loin le plus fréquent.

Chez le nouveau-né, en plus de cette destruction normale, il existe des maladies qui provoquent une destruction prématurée des globules rouges. C'est le cas notamment des incompatibilités sanguines foetomaternelles (systèmes Rhésus ou ABO). Les globules rouges sont détruits en grand nombre ; le foie est débordé et ne peut métaboliser toute cette bilirubine libre qui lui arrive et dont le taux sanguin augmente. Les maladies hémolytiques familiales (thalassémie, drépanocytose, maladie de Minkowski-Chauffard, déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase) peuvent se révéler dès la naissance par un ictère intense.

Dans d'autres cas, c'est le foie qui est malade. Il ne peut pas transformer la bilirubine soit parce qu'il est infecté (hépatites) soit parce que les enzymes sont déficients ou inhibés (allaitement maternel, médicaments etc.).

Enfin, l'hémolyse peut être normale, le foie peut fonctionner correctement mais un obstacle à l'écoulement de la bile provoque une rétention de bilirubine conjuguée. Celle-ci passe dans le sang et son taux élevé détermine un ictère cholestatique . Dans ce cas là, les selles sont décolorées.



[?] Conséquences

La survenue d'une jaunisse chez un bébé pose un double problème :

- Celui de sa cause car autant l'ictère physiologique banal est de bon pronostic, autant l'ictère cholestatique est une urgence thérapeutique ;
- Celui de sa gravité immédiate car à partir d'un certain taux de bilirubine libre dans le sang, celle-ci devient toxique pour le cerveau et peut provoquer une grave maladie neurologique : l'ictère nucléaire. Le pronostic est mauvais car l'enfant risque de garder des séquelles neurologiques majeures (surdité profonde, retard mental, mouvements anormaux, troubles du tonus etc.). La surveillance de l'audition doit être pratiquée après une jaunisse importante.

L'ictère physiologique du nouveau-né

Il est très fréquent et n'apparaît que 24 à 48 heures après la naissance.

L'enfant est jaune mais il ne présente aucun autre signe anormal. La taille du foie à la palpation est normale. La rate n'est pas augmentée de volume. Selles et urines sont normalement colorées. Cet ictère disparaît en moins de 3 semaines.

Certaines circonstances l'intensifient : l'anoxie, l'acidose, la résorption d'hématomes, l'hypoglycémie, l'administration de certains médicaments etc.

Le nouveau-né alimenté au lait maternel fait parfois un ictère physiologique qui se prolonge au delà des limites habituelles. Cet "ictère au lait de mère" serait dû à la présence dans le lait de certaines femmes d'une substance qui inhiberait le métabolisme de la bilirubine dans le foie. Ces nouveau-nés sont jaunes tant que dure l'allaitement maternel. Ce type d'ictère ne présente aucun risque et ne doit faire en aucun cas arrêter l'allaitement maternel.

Le traitement de l'ictère physiologique est destiné à empêcher le taux de bilirubine de devenir trop élevé en raison du risque possible d'ictère nucléaire. La surveillance se fait en posant sur la peau du bébé un petit lecteur électronique ("flash") qui donne une indication du taux de bilirubine dans le sang. En cas de valeur élevée, un contrôle est effectué par une simple prise de sang. A partir d'un taux de bilirubine de 130 à 150 mg/l (220 à 250 µmol/l), le nouveau-né à terme est exposé, nu en incubateur, à l'action des rayons d'une lampe "bleue" ou de néons (photothérapie). Le prématuré bénéficie de cette mesure pour des taux plus bas. Les yeux sont protégés des rayons par un bandeau. La température et l'état d'hydratation du nouveau-né sont surveillés pour éviter les coups de chaleur. La photothérapie est interrompue après quelques jours lorsque le taux de bilirubine libre descend au dessous des taux dangereux. Lorsque cette mesure thérapeutique ne suffit pas, d'autres traitements sont entrepris en unité spécialisée.

L'ictère par incompatibilité Rhésus

Le facteur Rhésus est un antigène présent à la surface des globules rouges chez 85% des individus.

15% des personnes n'en possèdent donc pas : elles sont Rhésus négatif par rapport à la majorité Rhésus positif.

Définition

Un antigène est une substance qui, introduite dans l'organisme, provoque chez ce dernier la fabrication d'anticorps spécifiques destinés à détruire la substance antigénique spécifique introduite.

Un individu Rhésus positif ne possède pas d'anticorps anti-Rhésus puisque cet antigène lui appartient et ne lui est donc pas étranger.

Un individu Rhésus négatif ne possède pas non plus d'anticorps anti-Rhésus au départ. Mais si on le transfuse avec du sang, dans le même groupe ABO, mais Rhésus positif, il va percevoir comme étranger cet antigène Rhésus et fabriquer des anticorps dont le rôle sera de détruire les globules rouges Rhésus positifs étrangers qui ont osé l'envahir... Ces anticorps vont persister dans la mémoire immunologique de l'individu toute sa vie.

Explication du mécanisme

Lorsqu'une femme Rhésus négatif est enceinte et que le procréateur est Rhésus positif, l'enfant peut être Rhésus positif ou négatif selon les lois de la génétique. S'il est Rhésus négatif, il n'y a aucun problème. S'il est Rhésus positif, ses globules rouges sont considérés comme étrangers par sa mère.

Heureusement, les circulations sanguines de la mère et du foetus étant distinctes, les globules rouges du foetus ne passent généralement pas dans le sang de la mère qui n'a donc pas l'occasion de s'immuniser.

Par contre, lors de l'accouchement, il y a toujours au niveau des saignements habituels un mélange des sangs. Quelques globules rouges de l'enfant passent dans la circulation de la mère. Ils provoquent en quelques jours la fabrication maternelle d'anticorps destinés à les détruire. Ces anticorps (agglutinines irrégulières) vont persister durant toute la vie de la mère.

Lors d'une grossesse ultérieure, si le foetus est Rhésus positif, les anticorps fabriqués quelques années auparavant vont traverser le placenta et attaquer les globules rouges du foetus, provoquant une anémie hémolytique. Cette agression est d'importance variable. Au pire, elle entraîne la mort du foetus in utero et l'avortement. Parfois, le tableau est un peu moins grave : le bébé naît bouffi, empli d'oedèmes avec un gros foie et une grosse rate. Seule une réanimation massive peut parfois le sauver mais la mortalité reste élevée.

A un degré moindre, c'est l'hémolyse et l'ictère néonatal précoce qui apparaissent au cours des 24 premières heures de vie. Le nouveau-né est pâle et jaune tout à la fois. Rate et foie sont augmentés de volume. Le taux de bilirubine augmente rapidement et doit être surveillé en fonction de l'âge en heures de l'enfant. Le test de Coombs direct établit le diagnostic. Lorsque le taux est dans une zone dangereuse, l'exsanguino-transfusion est décidée.

Prévention

Pour l'éviter, la première règle consiste à ne jamais transfuser de sang Rhésus positif à une femme Rhésus négatif car elle s'immuniserait aussitôt et sa première grossesse serait menacée. Pendant la grossesse, la détermination du groupe sanguin et du facteur Rhésus est obligatoire avant la fin du 3° mois.

Lorsque la mère est Rhésus négatif et le procréateur Rhésus positif, l'enfant risque d'être Rhésus positif. Il est donc nécessaire de doser les agglutinines irrégulières (test de Coombs indirect) à plusieurs reprises dans le sang maternel, afin de dépister l'apparition éventuelle ou l'augmentation du taux des anticorps. En effet, il est toujours possible qu'à l'occasion d'un traumatisme abdominal, d'une amniocentèse etc., un peu de sang foetal entre en contact avec du sang maternel. Si le foetus est Rhésus positif, la mère va élaborer des anticorps anti-D qui vont après quelques jours détruire les globules rouges du foetus. Si les anticorps anti-rhésus apparaissent et augmentent rapidement dans le sang de la mère, le foetus est en danger.

Le gynécologue apprécie l'atteinte du foetus par amniocentèse : il ponctionne du liquide amniotique dans lequel il dose la bilirubine. Le taux de bilirubine traduit l'importance de l'hémolyse chez le foetus. Le résultat est porté sur une abaque qui permet de décider de la conduite thérapeutique en milieu spécialisé.

Le "vaccin anti-D" a révolutionné le traitement de cette affection. Le principe consiste à injecter à une femme Rhésus négatif non encore porteuse d'anticorps anti-rhésus et venant d'accoucher d'un bébé Rhésus positif, des gamma-globulines anti-D (anticorps anti-rhésus).

Ces gamma-globulines, obtenues à partir du sang de femmes ménopausées ou malencontreusement immunisées, sont des anticorps qui détruisent rapidement les globules rouges du foetus passés dans la circulation de la mère au moment de l'accouchement. Cette injection évite à la mère d'avoir à fabriquer ses propres anticorps.

Les gamma-globulines, injectées dans les 72 heures qui suivent l'accouchement, sont éliminées après quelques semaines alors que les anticorps fabriqués par la mère persisteraient indéfiniment.

Grâce à ces gamma-globulines anti-D, la mère peut avoir de nouveaux enfants Rhésus positif sans incident. Cette injection doit être renouvelée à chaque accouchement, après chaque avortement ou fausse-couche, après chaque amniocentèse.

Les ictères par incompatibilité sanguine dans le système ABO

Ils s'observent chez des nouveau-nés de groupe A ou B lorsque la mère est de groupe 0.

Toute femme du groupe 0 (donneur universel) possède des anticorps anti-A et anti-B (agglutinines régulières) qui peuvent traverser le placenta et provoquer une hémolyse chez le foetus. L'ictère est précoce : il apparaît avant 24-48 heures. Il est souvent modéré.

Le test de Coombs direct est positif chez l'enfant. Toutefois, les risques d'ictère nucléaire sont identiques et une exsanguino-transfusion avec du sang 0 peut s'avérer nécessaire.

L'ictère nucléaire

Cette grave affection neurologique ne devrait plus se voir grâce à la surveillance et la thérapeutique des ictères néonataux.

A partir d'un certain taux (180 à 200 mg/l ou 340 µmol/l), la bilirubine sanguine libre, non hydro-soluble, peut se fixer sur les noyaux gris centraux du cerveau et entraîner une grave encéphalopathie. Des dosages modernes plus précis (bilirubine intra-érythrocytaire) permettent d'apprécier plus exactement les taux dangereux.

La bilirubine libre liposoluble toxique est fixée sur l'albumine. Tant qu'elle reste fixée, elle ne peut diffuser dans les structures cérébrales et il n'y a pas de danger. Mais cette liaison chimique est fragile : l'hypoxie, l'acidose, l'hypothermie détachent la bilirubine toxique qui se trouve libre alors de se fixer sur les structures cérébrales. De même, un faible taux d'albumine dans le sang augmente le risque cérébral.

Le nouveau-né atteint, de couleur jaune-vif, a un cri lent, aigu, monocorde. Il présente des troubles du tonus et se met volontiers en opisthotonos : le corps et la tête se renversent en arrière tandis que les membres s'étirent en extension. Ses yeux sont animés de mouvements anormaux. Des troubles neurovégétatifs sont constants.

Le pronostic est mauvais car si l'enfant ne meurt pas, il risque fort de garder des séquelles neurologiques majeures (surdité profonde, mouvements anormaux, troubles du tonus etc.).

Plusieurs cas d'hypoacousies isolées ont été notés après des ictères intenses et la surveillance de l'audition doit être pratiquée après une jaunisse importante.

C'est dire tout l'intérêt de la surveillance des nouveau-nés ictériques, surveillance cliniquement difficile lorsqu'existe par exemple une pigmentation raciale de la peau. Au moindre doute, un contrôle sanguin de bilirubine doit être demandé au laboratoire, car il n'y a pas de parallélisme absolu entre l'intensité de la jaunisse et le taux sanguin.

Les ictères infectieux par hépatite

Ce sont des ictères liés à l'atteinte des cellules hépatiques. Ces ictères précoces ne sont souvent qu'un des éléments d'un syndrome infectieux sévère. L'atteinte du foie n'est en effet qu'une localisation d'une septicémie. Le nouveau-né infecté souffre de troubles digestifs, respiratoires, neurologiques et hémorragiques. La fièvre est souvent remplacée par une hypothermie. Foie et rate sont augmentés de volume.

Les causes sont très nombreuses : septicémies néonatales (streptocoques, staphylocoques, colibacilles, listeria etc...), syphilis congénitale, rubéole, toxoplasmose, maladie des inclusions cytomégaliques, herpès, hépatite virale A ou B, tuberculose etc...

L'évolution de ces hépatites est variable. L'évolution vers la cirrhose est possible.

Les ictères cholestatiques

Ces ictères sont dus à l'impossibilité d'évacuation dans l'intestin de la bile d'où l'augmentation de la bilirubine conjuguée hydrosoluble dans le sang et syndrome d'ictère par rétention.

Les voies biliaires qui véhiculent la bile du foie vers l'intestin sont formées :

- des canaux biliaires intra-hépatiques qui se réunissent à la face inférieure du foie en un canal hépatique qui, prolongé par le canal cholédoque rejoint l'intestin. C'est la voie biliaire "principale".
- de la vésicule biliaire qui est un réservoir de bile situé à la face inférieure du foie et qui se draine par le canal cystique dans le canal cholédoque. Vésicule biliaire et canal cystique constituent la voie biliaire "accessoire".

Les malformations des voies biliaires extra-hépatiques sont l'agénésie (absence totale) ou le rétrécissement. Elles entraînent une rétention biliaire avec dilatation en amont de la malformation. Les malformations les plus graves sont celles qui touchent les canaux intra-hépatiques (atrésie des voies biliaires intra-hépatiques). Elles sont en effet inaccessibles à la chirurgie. Elles sont heureusement rares : 1/30 000 naissances.

Sur le plan clinique, ces ictères malformatifs se caractérisent par leur apparition relativement précoce et leur intensité progressivement croissante. Les selles sont décolorées du fait de l'absence de bile. Les urines sont par contre très colorées puisque la bilirubine est conjuguée et hydrosoluble. Le foie est augmenté de volume. L'état général, bon au départ, fléchit rapidement, et un état de dénutrition s'installe progressivement. L'évolution est constamment défavorable en l'absence de traitement, et se fait vers la mort en quelques semaines ou mois.

La suspicion d'un ictère malformatif impose une intervention chirurgicale exploratrice. Certaines malformations peuvent être corrigées. D'autres sont au-dessus de toute ressource chirurgicale mais on arrive parfois à assurer une élimination palliative correcte de la bile. La guérison est alors possible si on a pu éviter l'installation de lésions cellulaires hépatiques irréversibles ou d'une cirrhose.



[?] Autres causes de jaunisse du nouveau-né

Tout ralentissement du transit intestinal accentue la déconjugaison et la réabsorption de la bilirubine conjuguée dans l'intestin. C'est ce mécanisme qui explique l'ictère noté dans la sténose du pylore et l'hypothyroïdie.

Une galactosémie, une intolérance au fructose, un déficit en alpha-1 anti-trypsine, une dyslipoïdose, une intoxication sont parmi les causes auxquelles doit également penser le médecin confronté à un ictère chez le nouveau-né.




*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Impétigo, furoncles, érysipèle et folliculite de l'enfant
===================
L'impétigo est une infection cutanée superficielle très contagieuse due au staphylocoque ou au streptocoque. Les lésions sont d'abord des vésicules puis des pustules.

Chez le nouveau-né, il s'agit souvent d'un pemphigus staphylococcique : il s'agit de bulles sur la peau remplies de liquide. Non traité, le pemphigus peut dégénérer : les staphylocoques passent dans la circulation sanguine générale et risquent de provoquer une ostéo-arthrite, une staphylococcie pleuro-pulmonaire ou d'autres complications septiques.

Chez l'enfant plus âgé, les lésions restent plus localisées.

Le traitement fait appel :

A la désinfection locale : Hexomédine®, éosine alcoolique®, Bétadine®... ;
Aux antibiotiques locaux : Fucidine® pommade...etc.
- Aux antibiotiques oraux : Oracefal®, Ceporexine®, Keforal®, Midecacine®, Pyostacine®, Staphylomycine®, Fucidine® etc...

Lorsque l'infection est plus profonde et atteint le tissu cellulaire sous-cutané, il s'agit d'un érysipèle. La peau est tendue, surélevée et rouge en un placard assez bien limité. Le streptocoque est souvent le germe responsable.

Les furoncles et les folliculites sont provoqués par le staphylocoque doré. Ils traduisent l'infection de follicules pileux. Un anthrax correspond à l'infection de plusieurs follicules.

Le traitement fait appel à la désinfection locale, à l'application d'Hexomédine transcutanée®, d'Antiphlogistine® ou d'Osmogel® et à l'antibiothérapie locale anti-staphylococcique ou par voie générale (Pyostacine®, Staphylomycine etc...).

Le furoncle de l'aile du nez est particulièrement dangereux et ne doit pas être manipulé pour éviter la staphylococcie maligne de la face.

Les furoncles à répétition (furonculose) posent des problèmes différents. Il est habituel de rechercher un diabète sucré dans ces circonstances.

Pour tenter d'éviter les récidives, plusieurs traitements peuvent être essayés :

La désinfection de toutes les plaies cutanées à l'Hexomédine® ;
Une cure alternée 10 jours par mois d'antibiotiques au tiers des doses usuelles : Pyostacine®, Bactrim®, Keforal® ...



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Incontinence urinaire
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'incontinence urinaire est une perte involontaire des urines.

Schématiquement, on peut distinguer 3 grands types d'incontinence urinaire : l'incontinence d'effort, l'incontinence par impériosité (en dehors des efforts) et l'incontinence après chirurgie (complication d'une intervention).


[?] Causes et facteurs de risque

La continence urinaire (capacité à retenir ses urines) est assurée par un appareil sphinctérien situé sous le col de la vessie, autour de l'urètre. Le sphincter est formé de deux composantes musculaires qui ont une commande nerveuse différente. Un des deux composants obéit à la volonté tandis que l'autre est autonome.

Il existe normalement une inhibition réflexe réciproque entre la vessie et les muscles sphinctériens : quand l'une se contracte, les autres se relâchent et inversement.

L'incontinence urinaire résulte soit d'un dysfonctionnement musculaire (lésion du sphincter et/ou des autres muscles du périnée), soit d'une anomalie neurologique affectant le sphincter et/ou la vessie.

L'incontinence urinaire d'effort, la plus fréquente, touche surtout la femme après 50 ans. Les facteurs de risque sont les traumatismes obstétricaux (accouchement, surtout s'il a été traumatique : gros enfant, épisiotomie, forceps...) et le vieillissement.

L'incontinence par impériosité est le plus souvent liée à une anomalie neurologique (malformation congénitale, vessie hyperactive, traumatisme de la moelle épinière...) ou à une irritation de la vessie (infection, tumeur, calcul, corps étranger...).

Incontinence d'effort et incontinence par impériosité sont parfois associées.

L'incontinence après chirurgie peut survenir chez l'homme après une intervention sur la prostate (par lésion du sphincter - qui est au contact de la prostate - ou par lésion des nerfs du sphincter). Elle se manifeste souvent par une incontinence permanente. Chez la femme, l'incontinence est la complication de certaines cures de prolapsus ("descente d'organes"). En effet, la "remontée" de l'organe démasque parfois une incontinence qui était latente.

Enfin, il existe un cas particulier où les fuites sont liées à une rétention d'urines dans la vessie. La vessie étant pleine en permanence, les fuites correspondent au "trop plein" qui s'évacue. Il s'agit de mictions "par regorgement". L'obstruction par un adénome de la prostate en est une cause fréquente.



[?] Les signes de la maladie

Il s'agit de fuites involontaires d'urines en dehors des mictions.

L'incontinence d'effort survient à la toux, à la marche, lors du rire, en portant des charges lourdes...
L'incontinence par impériosité survient en dehors des efforts, y compris la nuit. Elle s'accompagne souvent de besoins urgents qui, lorsqu'ils ne sont pas assouvis à temps, se transforment en fuites. La personne n'a souvent pas le temps d'arriver aux toilettes.

L'incontinence permanente est l'absence de vraies mictions. Toute l'urine est évacuée sous forme de fuites. La personne est mouillée en permanence.


[?] La consultation

L'interrogatoire est fondamental. Il doit préciser le type d'incontinence, la gêne ressentie, les implications de l'incontinence sur la vie professionnelle et privée, les antécédents obstétricaux et chirurgicaux.

Un catalogue mictionnel est souvent nécessaire pour juger de l'importance des fuites : pendant quelques jours, la personne note l'heure, la circonstance et la quantité des fuites, ainsi que l'heure et la quantité des boissons absorbées.

L'examen clinique est centré sur le périnée (appareil gynécologique chez la femme, urètre, prostate chez l'homme, tonus des muscles du périnée...). Chez la femme se plaignant de fuites à l'effort, il est indispensable de retrouver ces fuites à l'examen (toux, efforts de poussée) avant de prendre une décision thérapeutique.



[?] Examens et analyses complémentaires

Ils sont fonction du contexte, du type d'incontinence et de l'examen clinique.

Dans la plupart des cas, un examen urodynamique est réalisé. Cet examen nécessite la mise en place d'une sonde dans la vessie. Il permet une appréciation du fonctionnement de la vessie et du sphincter. Entre autres, il permet de détecter une hyperactivité vésicale (contractions fréquentes et désinhibées du muscle vésical) dont la traduction est une incontinence par impériosité.

Dans les cas simples, l'examen urodynamique est souvent le seul examen important. Lorsque la cause de l'incontinence est difficile à établir, ou lorsqu'on découvre une cause neurologique à l'incontinence, d'autres examens sont parfois justifiés : electromyogramme, IRM médullaire...



[?] Ne pas confondre avec...

Certaines fuites, de survenue rapide et d'abondance modérée, sont liées à un événement transitoire : infection urinaire, calcul, fibrome utérin... Il faut donc éliminer ces diagnostics dont le traitement souvent simple permettra de faire disparaître les fuites.

Certaines pertes d'urines ne sont pas des vraies fuites. Il s'agit des "urinations", qui sont de véritables miction-reflexes dont le mécanisme est complexe. Ces urinations surviennent souvent lors du rire ou lors de l'orgasme.

Dans tous les cas, il faut surtout éliminer la présence d'un obstacle situé sous la vessie (hypertrophie prostatique, tumeur, fécalome...) qui pourrait engendrer une rétention d'urines et des mictions par regorgement


[?] Traitement

Il correspond au traitement de la cause.

L'incontinence urinaire d'effort de la femme peut être traitée de multiples façons, à commencer par la rééducation. En cas d'échec de la rééducation, le traitement de choix est chirurgical.

De nombreuses techniques sont possibles, allant d'une intervention courte sous anesthésie locale à la pose d'un sphincter artificiel.

Ces dernières années, un nouveau traitement efficace et peu agressif est apparu et s'est largement développé. Il s'agit de la mise en place par voie vaginale d'une bandelette de tissu synthétique sous l'urètre. La bandelette, appelée TVT, est simplement posée sous l'urètre. L'intervention, de courte durée, nécessite en général 24 à 48 heures d'hospitalisation. L'efficacité de cette technique sur les fuites est aujourd'hui prouvée, pour un taux faible de complications.

L'incontinence par impériosité relève d'avantage du traitement médical et de la rééducation. Les médicaments anticholinergiques à base d'oxybutynine permettent de réduire le nombre de contractions désinhibées de la vessie.

Une stimulation nerveuse, par implant d'une électrode au contact d'une racine nerveuse (neuromodulation sacrée), est parfois proposée dans les troubles rebelles aux traitements classiques.

Certains cas très particuliers de vessies neurologiques, qui entrent dans le cadre d'une maladie plus globale, peuvent nécessiter une intervention lourde comme l'agrandissement ou l'exérèse de la vessie.

L'incontinence par lésion organique du sphincter (après chirurgie de la prostate par exemple) peut être traitée par rééducation ou par la chirurgie. Aujourd'hui, les possibilités chirurgicales sont soit l'implantation endoscopique (par les voies naturelles) de matériel synthétique dans la région du sphincter, soit la confection d'un sphincter artificiel. La mise en place d'un sphincter artificiel est une intervention minutieuse qui comprend certains risques, mais dont les résultats sont excellents.




*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'infarctus du myocarde (crise cardiaque)
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'infarctus du myocarde est la mort (nécrose) d'une zone plus ou moins étendue du muscle cardiaque (myocarde). Les cellules musculaires cardiaques de ce territoire ne parviennent plus à se contracter par manque d'apport en oxygène et meurent en quelques heures.

Le myocarde est vascularisé par les artères coronaires. Lorsque celles-ci se bouchent (caillot, thrombose ou spasme), le myocarde ne reçoit plus de sang et manque d'oxygène. Il souffre d'ischémie.

La gravité de l'infarctus tient surtout à son étendue : plus l'artère obstruée irrigue une zone importante, plus l'infarctus est grave. Si l'atteinte est très étendue, le fonctionnement de toute la pompe cardiaque est altéré. Il en résulte une insuffisance cardiaque plus ou moins aiguë, des contractions anormales ou anarchiques qui imposent le transfert dans une unité de réanimation car il y a un risque vital


[?] Causes et facteurs de risque

L'infarctus du myocarde (IDM) est une des complications majeures de l'athérosclérose des artères coronaires. Il touche un homme sur cinq entre 40 et 60 ans, mais peut également concerner le sexe féminin et le sujet plus jeune.

En France, 30 % des décès sont d'origine cardiovasculaire. Dans 50 % des cas, il n'existe pas de facteur de risque connu au moment de l'infarctus.

Les facteurs favorisants sont connus : l'hypertension artérielle, l'hérédité, l'hyperlipidémie, le tabac, le diabète, l'obésité, l'hypothyroïdie, le stress...

D'autres causes plus rares peuvent être à l'origine d'un infarctus myocardique :

Une embolie coronarienne (migration d'un caillot de sang formé ailleurs) ;
Un exercice sportif violent ;
Des globules rouges en excès (polyglobulie consécutive à la prise d'érythropoïétine notamment) ;
Une électrisation ;
D'autres affections coronariennes rares : périartérite noueuse, maladies de Kawasaki et de Takayasu...
Janvier 1998 : Selon une étude canadienne, sur 34 infarctus mortels survenus au cours de l'acte sexuel, 27 concernaient des relations extra-conjugales. Cette étude a également démontré que plus la partenaire est jeune, plus les amours illégitimes sont dangereux.



[?] Les signes de la maladie

Le début peut être inopiné et brutal.

Cependant, on retrouve une fois sur deux des signes précurseurs dont la prise en compte et le traitement peuvent éviter ou réduire la constitution d'un infarctus :

Aggravation brutale récente d'une angine de poitrine (angor) jusque-là bien tolérée ;
Apparition récente d'un angor avec douleurs spontanées prolongées.
L'infarctus du myocarde se manifeste le plus souvent la nuit ou au repos par une douleur d'apparition brutale. Cette douleur se situe dans la poitrine, en arrière du sternum. Intense, serrant la poitrine, angoissante (le malade a l'impression qu'il va mourir), la douleur peut se propager à la mâchoire, au bras gauche, aux deux derniers doigts de la main gauche, et parfois vers le dos ou le ventre.

Cette douleur ressemble dans sa nature à celle de l'angine de poitrine. Mais ici, elle est durable, beaucoup plus forte et résiste à la prise de Trinitrine en spray par exemple.

En pratique, toute douleur angineuse persistant plus de 30 minutes est suspecte et nécessite un électrocardiogramme.

Un essoufflement, des sueurs, une agitation, des nausées ou vomissements, un hoquet persistant, des éructations incessantes (rots) peuvent être associés.



[?] La consultation

Associée à une douleur caractéristique, la prise de la tension montre une chute de la pression artérielle associée à une diminution de l'écart entre la pression maximale et minimale (par exemple la tension passe de 16/8 à 13/10).

A l'auscultation cardiaque, les bruits du coeur sont sourds et rapides.

La perte d'efficacité de la pompe cardiaque provoque une accumulation de sang au niveau des poumons et l'infarctus du myocarde peut s'accompagner d'un oedème aigu des poumons (OAP). Dans ce cas, le médecin note une coloration bleutée des doigts et des lèvres.

Une fièvre modérée peut apparaître 24 heures après le début des troubles et s'estompe en quelques jours


[?] Examens et analyses complémentaires

L'électrocardiogramme (ECG)

L'ECG permet le diagnostic et précise la localisation et l'importance de l'infarctus.

Les signes biologiques sanguins

Elévation des enzymes musculaires :
Troponine Ic (Normale < 0,35 ng/ml). C'est un témoin biologique idéal de l'infarctus du myocarde : il peut se détecter précocement (en 2 à 4 heures)et reste élevé 5 à 9 jours après le début. Il est spécifique du muscle cardiaque (même en cas de lésions musculaires ou rénales associées) ;
Créatine-phospho-kinase dans sa fraction MB spécifique du myocarde (CPK) ;
Transaminases ;
LDH (lactico-déshydrogénase) ;
Alphahydroxybutyrate déshydrogénase (HBDH) ;
Augmentation du nombre de globules blancs) ;
Elévation de la vitesse de sédimentation (VS).
Autres examens spécialisés

Electrocardiogramme continu (Holter ) à la recherche de trouble du rythme ;
Echographie cardiaque Doppler pour apprécier la taille du coeur et le retentissement de l'infarctus sur la fonction cardiaque ;
Angioscintigraphie cardiaque.


[?] Evolution de la maladie

L'évolution de l'infarctus du myocarde est plus ou moins favorable selon les antécédents du sujets (récidive ou infarctus du myocarde étendu), de la présence de facteurs de risques (grand âge, obésité, diabète, hypertension artérielle) ou de complications immédiates et le délai de prise en charge médicale.

Les complications possibles sont nombreuses et variées.

Complications précoces

Lorsqu'il s'agit de récidives ou d'infarctus du myocarde étendus en raison du terrain : grand âge, obésité, diabète, hypertension artérielle ou parce qu'ils s'accompagnent de complications immédiates :

Choc non cardiogénique ou choc vagal.
Il s'agit d'une insuffisance cardiovasculaire dont le coeur n'est pas responsable directement mais qui peut aboutir à la mort.

Le choc cardiogénique.
Si l'infarctus atteint une zone étendue de myocarde (40 à 50 % de la masse myocardique), il peut provoquer la déchéance totale de la fonction cardiaque (10 à 15 % des cas). C'est la forme majeure de l'insuffisance cardiaque.

L'insuffisance cardiaque.
L'insuffisance ventriculaire gauche est fréquente dans les premiers jours de l'IDM. Elle devient une complication lorsqu'elle entraîne des difficultés respiratoires importantes, une stase pulmonaire et un oedème aigu des poumons.

Les troubles de la conduction.
La nécrose d'une partie du myocarde gêne considérablement le passage (conduction) des influx électriques qui provoquent normalement la contraction du muscle cardiaque. Ces troubles de la conduction, aussi appelés blocs auriculo-ventriculaires, peuvent aboutir à un arrêt cardiaque.

Les troubles du rythme cardiaque.
Ils sont extrêmement fréquents : 90 % des IDM.

Tous les troubles du rythme peuvent se voir au cours de l'infarctus du myocarde :

La fibrillation ventriculaire : c'est la menace principale : le ventricule devient tout à fait inefficace et entraîne un arrêt circulatoire dont le seul traitement est le choc électrique.

La tachycardie ventriculaire : très grave, elle entraîne un état de choc et une insuffisance cardiaque. Elle doit être réduite d'urgence (anti-arythmiques, choc électrique).

La fibrillation auriculaire : elle est aussi très grave et doit être prise en charge.

Les ruptures du muscle cardiaque : elles sont rares (0,5 à 1 %) mais graves car le traitement chirurgical est très aléatoire.
Les accidents thromboemboliques : les embolies artérielles ou pulmonaires sont fréquentes et justifient le traitement anticoagulant à la phase aiguë de l'infarctus. Les signes de phlébite sont attentivement recherchés tous les jours.
En cas de fibrillation auriculaire, des embolies artérielles sont possibles, favorisées en outre par l'immobilité et la réduction du débit cardiaque : artères cérébrales (hémiplégie) etc.

Complications retardées

Le syndrome de Dressler : cette maladie inflammatoire se développe 3 à 6 semaines après l'infarctus du myocarde et se traduit par des douleurs thoraciques et articulaires, une fièvre, des épanchements de la plèvre et de l'enveloppe du coeur. Les anti-inflammatoires sont efficaces.
Complications tardives

L'anévrisme ventriculaire : il peut se constituer quelques semaines après l'infarctus du myocarde. Il peut provoquer des troubles du rythme, une insuffisance cardiaque et des embolies.


[?] Ne pas confondre avec...

Chez un sujet jeune, sans antécédents, une intoxication aiguë par des amphétamines, la cocaïne, l'ecstasy... doit être suspectée.

La douleur de l'infarctus myocardique peut parfois prêter à confusion avec la plupart des urgences du thorax et de l'abdomen : embolie pulmonaire, péricardite aiguë, pneumothorax, pleurésie, pneumopathie aiguë, oedème aigu du poumon (OAP), colique hépatique, pancréatite, perforation d'organes creux, infarctus mésentérique, dissection aortique...

Certains infarctus du myocarde ne s'accompagnent pas de douleur thoracique et sont découverts par l'électrocardiogramme lors d'un OAP, d'un collapsus ou d'un accident vasculaire cérébral.



[?] Traitement

Au lit du malade

Le malade doit être évacué le plus vite possible vers une structure hospitalière. Appeler le SAMU au 15.

En attendant, et une fois le diagnostic établi ou fortement suspecté, les premiers gestes à faire sont l'administration :

De dérivés nitrés d'action rapide, sauf si la tension artérielle est trop basse ;
Un antalgique généralement opiacé car la douleur est forte (ex : morphine, nalbuphine ou buprénorphine)
Par ailleurs, il est possible d'administrer un sédatif contre l'anxiété et de l'oxygène.

En cas d'arrêt cardiaque, le massage cardiaque et le bouche à bouche doivent être commencés en attendant le SAMU.

Le transfert du patient doit se faire en ambulance médicalisée (SAMU/SMUR) avec un médecin qui pourra surveiller la perfusion, le tracé ECG permanent du malade et initier le traitement.

Dans l'ambulance et à l'hôpital

Le premier objectif du traitement est d'essayer d'obtenir et le plus vite possible le passage du sang dans l'artère coronaire bouchée. Deux techniques sont utilisables :

La thrombolyse consiste à administrer dans la circulation des thrombolytiques, capables de "dissoudre" le caillot qui obture l'artère ;
L'angioplastie qui consiste à introduire une sonde à ballonnet dans la coronaire bouchée, afin de la dilater mécaniquement.
Dès l'ambulance puis à l'Unité de soins intensifs cardiaques, un traitement complexe sera mis en place. Il associe le plus souvent :

Des thrombolytiques par voie veineuse (sauf contre-indications) ou une angioplastie transluminale percutanée si cette technique est disponible ;
Des héparines et de l'aspirine pour fluidifier le sang et diminuer sa coagulabilité ;
Des opiacés contre la douleur (ex : morphine, nalbuphine ou buprénorphine) ;
Une sédation contre l'anxiété à l'aide d'un anxiolytique ou d'un hypnotique ;
Une oxygénothérapie. Elle consiste à faire respirer au patient de l'air enrichi en oxygène pour améliorer l'oxygénation du coeur.
Auxquels on ajoutera éventuellement et selon les cas :

Des bêtabloquants (aténolol, métoprolol) ;
Dérivés nitrés en injectable.
Si la zone nécrosée est supérieure à 40 % de la masse myocardique, l'évolution est le plus souvent fatale.

Dans un deuxième temps

Une surveillance régulière et une hygiène de vie sont indispensables.

La convalescence débute à la sortie de l'hôpital et dure 2 à 8 semaines.

Durant cette phase, le patient devra retrouver progressivement une certaine activité physique, se réadapter à l'effort. Cette réadaptation peut se faire à domicile, en externe à l'hôpital ou dans un centre de rééducation spécialisé.

Ces mesures permettent souvent au patient d'atteindre une forme physique bien supérieure à celle qu'il avait avant son infarctus. La réadaptation cardiaque à l'effort va permettre de diminuer le travail du coeur dans la vie quotidienne. En effet, l'exercice physique diminue la fréquence cardiaque au repos et pour un même effort, après entraînement, la fréquence cardiaque monte beaucoup moins.

Le traitement au long cours associe des médicaments diminuant la fatigue du coeur et améliorant l'irrigation et l'oxygénation du coeur : bêtabloquant, inhibiteurs calciques, IEC, dérivés nitrés...à un traitement anticoagulant ou anti-agrégant plaquettaire (aspirine).

Conseils pratiques et informations diverses

[ ? ] La lutte contre les facteurs de risque

Elle doit être rigoureuse :

Arrêt du tabac ;
Correction de l'obésité ;
Correction des troubles lipidiques, notamment l'hypercholestérolémie ;
Traitement de l'hypertension artérielle ;
Traitement d'une éventuelle l'hyperuricémie ;
Traitement d'un éventuel diabète ;
Arrêt des contraceptifs oraux ;
Lutte contre la sédentarité (ou l'absence d'activité physique) ;
Lutte contre le stress...
Il existe des associations de cardiaques dont le but est d'aider les malades à échanger des conseils utiles.

L'altitude

Le séjour prolongé en altitude supérieure à 1500 mètres est à éviter. La marche en montagne n'a cependant aucun inconvénient sur le coeur s'il est stable et s'il n'y a ni essoufflement, ni angor.

Le climat

Le séjour en bord de mer est bénéfique. Les baignades sont toutefois interdites si la température de l'eau est inférieure à 20°. Il faut éviter de nager au large et rester parallèle à la côte pour des raisons évidentes de sécurité.

Les climats torrides sont déconseillés

L'exposition au soleil ne présente pas plus d'inconvénient que pour un sujet sain, sauf pour les patients traités par certains médicaments pouvant provoquer une hypersensibilité de la peau aux rayons solaires (Amiodarone).

Le froid peut déclencher des crises d'angor. Il faut éviter les efforts brusques ou les faire précéder d'un échauffement préalable.

L'effort

Il faut éviter les efforts physiques après les repas et surtout pendant la digestion, car à ce moment l'apport d'oxygène au coeur est diminué au profit des intestins.

L'activité sexuelle peut reprendre sans inconvénient lors de la convalescence. On considère que l'activité sexuelle peut être reprise dès que le patient est en état de monter deux étages sans symptôme.

Les efforts dynamiques sont bénéfiques mais doivent être progressifs. L'esprit de compétition doit être évité. Les sports d'endurance permettent d'améliorer les capacités cardiovasculaires sans imposer d'efforts trop violents au coeur :

La marche tous les jours ;
Le "footing" (avec précaution) ;
Le cyclisme ou le vélo d'appartement ;
La natation (éviter l'eau froide) ;
Le golf ;
La pêche (sauf en plongée) ;
Le yoga ;
La gymnastique en évitant les exercices impliquant un "blocage respiratoire" et les rythmes trop rapides..
Les transports

La conduite automobile constitue une source de stress. Après la sortie de l'hôpital, il ne faut la reprendre que progressivement en étant accompagné.

En général, le voyage aérien est un moyen de transport pratique, rapide et bien toléré qui convient bien aux patients cardiaques.

La pressurisation dépend du type d'appareil et de l'altitude. Dans les avions pressurisés il existe une "altitude cabine" maintenue entre 800 et 1500 mètres.

Les contre-indications aux transports aériens :

L'insuffisance cardiaque décompensée ;
Un syndrome de menace ;
Un infarctus du myocarde dans les 15 premiers jours ;
Un bloc auriculo-ventriculaire non appareillé entraînant des syncopes ;
Un coeur pulmonaire (embolie pulmonaire, insuffisance respiratoire aiguë).
Le coronarien doit avoir sur lui de la Trinitrine. S'il a déjà présenté des poussées d'insuffisance cardiaque, il doit avoir sur lui un diurétique d'action rapide (Furosémide)

Durant le vol, en cas de douleur angineuse, le patient doit prendre de la Trinitrine. Si la crise ne cède pas, ou en cas d'oppression thoracique, l'inhalation d'oxygène par masque s'impose.

La reprise du travail

Tout doit être fait pour une reprise rapide du travail antérieur, sauf en cas de travaux musculaires lourds incompatibles avec l'état cardiaque. La reprise du travail est plus facile lorsqu'il s'agit d'une activité sédentaire et intellectuelle.

L'aptitude au travail peut être évaluée en fonction des résultats de l'épreuve d'effort. Une reconversion professionnelle est parfois nécessaire.


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les infections en ophtalmologie
===================
Certaines sont bénignes et d'autres sévères. Dans ce cas seul votre médecin, voire un spécialiste, pourra prescrire le traitement adapté.

Les affections des paupières
L'orgelet

Aussi appelé compère-loriot, c'est un furoncle d'un cil, isolé ou associé à une blépharite. Il peut s'abcéder avec oedème palpébral puis régional.

Le traitement repose sur une pommade ophtalmique antibiotique. Parfois, l'incision est nécessaire pour évacuer le pus. Il faut éviter de manipuler le furoncle. En cas d'oedème de la face, les antibiotiques sont prescrits par voie générale.

La blépharite

C'est une inflammation de la paupière. Associée ou non à une conjonctivite, elle se traduit par un oedème palpébral prurigineux avec rougeur du bord ciliaire et des croûtes à la racine des cils.

Les causes sont multiples :

Troubles de réfraction non corrigés (astigmatisme) ;
Hétérophorie (déviation des axes visuels ou strabisme latent) ;
Allergies ;
Séborrhée ;
Acné rosacée ;
Mycose, parasitoses, eczéma, impétigo...
Le traitement repose sur la suppression du facteur déclenchant, l'hygiène locale, les pommades antibiotiques.

Le chalazion

C'est un petit kyste palpébral, unique ou multiple, susceptible de surinfection. C'est un granulome inflammatoire dû à la rétention des glandes annexées aux cils.

Le traitement repose sur l'application de pommades.

L'exérèse chirurgicale s'impose en cas d'échec.

Des récidives fréquentes font rechercher une cause sous-jacente :

Hétérophorie ;
Astigmatisme.
Les conjonctivites

La conjonctivite est l'inflammation de la muqueuse conjonctivale, aiguë, subaiguë ou chronique.

Les signes cliniques sont évocateurs :

Photophobie (la lumière fait mal aux yeux) ;
Ecoulement muqueux, mucopurulent ou purulent avec agglutination des cils ;
Conjonctive rouge (hyperhémiée) avec suffusions hémorragiques.
Les causes sont nombreuses :

Bactériennes ;
Virales ;
Allergiques ;
Mycosiques.
Conjonctivites bactériennes
Les bactéries sont reconnues à l'examen bactériogique fait sur le prélèvement.
Les conjonctivites bactériennes se traduisent par un écoulement muco-purulent ou purulent :

Germes banals (staphylocoque, streptocoque, pneumocoque) : guérison en 2 à 8 jours avec un collyre antibiotique ;
Bacilles de Weeks : guérison en quelques jours avec collyre antibiotique ;
Bacilles de Morax : guérison en 15 jours avec collyre antibiotique ;
Bacilles de Pfeiffer : guérison en quelques jours avec collyre antibiotique ;
Gonocoques : l'ophtalmie purulente du nouveau-né survient au 3° jour après la naissance : chémosis, sécrétions purulentes jaune-verdâtres, danger de panophtalmie. A ne pas confondre avec une réaction au nitrate d'argent (sécrétions blanches), une conjonctivite au cytomégalovirus (CMG) qui survient du 8° au 10° jour, ou une imperméabilité des voies lacrymales.
Certaines conjonctivites sont pseudo-membraneuses :

Diphtérique : traitement étiologique ;
Streptocoques : antibiothérapie locale et générale.
Conjonctivites virales
Conjonctivite à adénovirus (fréquente) : provoque une sécrétion aqueuse abondante et des signes généraux, elle peut être contractée dans les piscines ;
Inclusions cytomégaliques (ICM) ;
Nouveau-né : antibiothérapie ;
Piscine : bénigne, traitement par tétracyclines ;
Trachome (conjonctivite folliculaire) à l'état endémique en Afrique du Nord et en Asie. Complications cornéennes graves. Traitement prolongé par tétracyclines ;
Conjonctivite herpétique.
Conjonctivites allergiques
Elles sont très fréquentes, et sont traitées localement par des collyres spécifiques, et par un traitement anti-allergique général si c'est nécessaire.
Les conjonctivites mycosiques sont rares.

Les kératites

Ce sont des affections inflammatoires et dégénératives graves de la cornée, s'accompagnant ou non d'ulcérations.

Les symptômes évocateurs sont :

Des douleurs oculaires ;
Une rougeur périkératique ;
Un larmoiement ;
Une photophobie ;
Une baisse de l'acuité visuelle.
Les causes sont nombreuses :

Infections ;
Ulcère de la cornée post-traumatique ;
Conjonctivite microbienne ulcérante (gonocoque, streptocoque) ;
Mycose ;
Virus : herpès, zona, rougeole, rubéole, grippe, varicelle ;
Syphilis, tuberculose...;
Avitaminoses A et B2 ;
Acné rosacée ;
Troubles trophiques de la cornée ;
Kératite neuro-paralytique par lésion du trijumeau , après zona, paralysie faciale ;
Sujets comateux gardant les yeux mi-ouverts ;
Kérato-conjonctivite sèche (Gougerot-Sjogren).


[?] Evolution de la maladie

Elle est variable selon la cause. En l'absence de traitement, risque de perforation, de panophtalmie ou de taie cornéenne persistante.

Les kératites superficielles sont moins graves que les kératites profondes.



[?] Traitement

Il correspond au traitement de la cause.

En cas d'ulcération, collyres avec atropine, cicatrisants cornéens, antibiotiques, et pansements occlusifs.
En cas d'herpès : Iduviran, pelage cornéen, cryothérapie ;
En cas de kératite neuro-paralytique : tarsorraphie ;

Au stade des cicatrices avec taie : kératoplastie ou greffe de cornée.

Iritis et iridocyclite ou uvéite
L'iritis est l'inflammation de l'iris.
La cyclite est l'inflammation du corps ciliaire.
L'iridocyclite est l'inflammation des deux organes en même temps.

Symptômes :

Douleurs aux mouvements du globe ;
Photophobie ;
Brouillard visuel.
Causes :

Locales : foyers infectieux dentaires, ORL, urinaires...
Générales : sarcoïdose , tuberculose, maladies rhumatismales, spirochétose, brucellose, maladie de Behçet (aphtose généralisée)


[?] Traitement

Symptomatique : atropine, corticoïdes et antibiotiques en collyre et injections intra-oculaires ;
Traitement de la cause quand c'est possible.
L'évolution est favorable sous traitement symptomatique mais le risque de récidive existe.



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Infections et grossesse
===================
[?] Généralités

L'infection pendant la grossesse a longtemps été redoutable et justifiait des secteurs d'isolement dans les maternités en particulier contre la fièvre puerpérale.
Si le risque a changé de nature il reste que les infections pendant la grossesse ou juste après l'accouchement peuvent être redoutables tant pour la mère que pour l'embryon ou le foetus; il n'y a pas toujours de traitement efficace.

Le meilleur traitement est préventif : c'est la vaccination avant la grossesse, lorsqu'elle existe.

L'agent infectieux peut être un virus, une bactérie, un parasite ou un autre micro-organisme.
Il contamine l'enfant par trois voies :

Présent dans le sang maternel, il traverse la barrière placentaire et parvient au sang foetal ;
A partir des voies génitales basses de la femme, il atteint l'oeuf, soit par effraction des membranes amniotiques pendant la grossesse, soit lors de l'expulsion au moment de l'accouchement ;
Une infection amniotique se développe par contact direct, à partir d'un foyer d'endométrite (infection de l'endomètre) par exemple.
Par définition, une infection dans les trois premiers mois provoque une embryopathie; ensuite, il s'agit d'une foetopathie .
Les infections virales

Le plus souvent, elles sont sans conséquence sur l'enfant.

Mais parfois, peuvent survenir un avortement, une mort foetale in utero ou un accouchement prématuré, des malformations congénitales.

Une infection in utero peut se révéler à la naissance ou des années après.

La rubéole

10 à 30 % environ des femmes enceintes en France ne sont pas immunisées. La législation française a rendu obligatoire la vaccination avant l'âge de la procréation des jeunes filles non immunisées.
Le risque embryonnaire existe pendant le premier trimestre de gestation, il est maximum entre la 6° et la 8° semaine.
Les organes le plus souvent atteints sont les yeux (cataracte, microphtalmie, glaucome congénital), les oreilles (surdité), le coeur (communications interauriculaire et interventriculaire, persistance du canal artériel), le système nerveux central (arriération mentale, etc...)

Une atteinte après le 5° mois ne provoque pas de malformation, mais une rubéole congénitale : à la naissance, l'enfant est hypotrophique et peut présenter des atteintes cardiaque, pulmonaire, sanguine, osseuse ; ces atteintes sont évolutives et contagieuses.

Or, elles pourraient toutes être évitées si, avant la grossesse, les femmes non immunisées avaient été vaccinées, sous contraception efficace pendant les 4 mois encadrant la vaccination.

En cas de contage et lorsqu'on ignore si une femme enceinte est immunisée, le diagnostic de rubéole n'est possible qu'à l'aide de deux prélèvements de sang successifs à 15 jours d'intervalle, sur lesquels on pratique des sérodiagnostics spécifiques.

En cas de contage certain, l'injection précoce de gammaglobulines apporte une certaine protection.

La maladie des inclusions cytomégaliques (ICM)

Elle est due au cytomégalovirus ou CMV.

Chez la mère l'infection est le plus souvent inapparente.
Au premier trimestre de la gestation, elle provoque un avortement ou une anomalie congénitale : la maladie du nouveau-né sera grave si la grossesse se poursuit. Si la maladie survient plus tard, le foetus risque la mort in utero, une foetopathie grave (avec calcifications intracrâniennes, hépatosplénomégalie, anémie, souffrance cérébrale).

Le virus doit être recherché dans les urines, et les cellules porteuses des inclusions qui donnent leur nom à la maladie, dans les urines et la salive.

Un enfant indemne à la naissance peut révéler plusieurs mois plus tard un retard psychomoteur important.
Un dosage sérologique est possible.

Le dépistage systématique n'est pas réalisable. La prévention consiste à éviter toute contamination pendant la grossesse (lavage et brossage soigneux des mains).

La grippe

Elle semble ne pas provoquer de malformation chez l'enfant.

L'hépatite virale

Hépatite B : la transmission de la mère à l'enfant se fait surtout au moment de l'accouchement et peut provoquer une hépatite B chez l'enfant : la sérovaccination de l'enfant à la naissance est nécessaire. L'allaitement maternel peut également provoquer une contamination.

En cas d'atteinte pendant la grossesse, les symptômes sont connus : ictère, vomissements, prurit. Sur le plan biologique, les transaminases sont élevées.

Généralement, la guérison est obtenue sans séquelle hépatique en 3 à 5 semaines. Les risques pour le foetus ne sont pas malformatifs. Il s'agit surtout de prématurité, de mort in utero ou néonatale.

En cas d'hépatite A, le risque d'infection du foetus est très faible. Néanmoins si l'hépatite A survient dans les deux semaine précédant l'accouchement, des gammaglobulines spécifiques sont injectées au nouveau-né dès la naissance.

En ce qui concerne l'hépatite C, le virus peut contaminer le foetus, si la recherche d'ARN viral dans le sang de la mère est positive.

L'herpès

L'infection herpétique du nouveau-né reste une infection rare mais grave : la mortalité est supérieure à 50 %, la moitié des survivants présentent des séquelles neurologiques graves.

Le risque d'infection néonatale herpétique est de :

75% en cas de crise d'herpès primaire initial survenant dans le mois précédant l'accouchement ;
2 à 5% en cas d'herpès récurrent avec crise survenant dans la semaine précédant l'accouchement ;
1 sur 1000 en cas d'antécédent d'herpès génital chez la femme ou son partenaire ;
1 sur 10 000 chez les femmes enceintes sans antécédent particulier.
Deux moyens peuvent éviter l'atteinte de l'enfant : la césarienne et l'administration d'aciclovir.

La césarienne est une mesure de prévention fondamentale en cas d'herpès dans la semaine qui précède la date prévue du terme.

Elle est pratiquée si le virus est présent dans le col ou la vulve depuis moins de 8 jours. Elle évite le contact au moment de l'accouchement entre la tête de l'enfant (yeux, bouche, nez surtout) et les vésicules d'herpès qui contiennent le virus, lequel pourrait alors contaminer directement l'enfant.

La césarienne est également conseillée en cas de récurrence survenant dans la semaine précédant le terme alors qu'elle n'est pas forcément indiquée en cas d'antécédent d'herpès génital sans manifestation en fin de grossesse.

Après l'accouchement, la mère doit adopter des mesures d'asepsie pour ne pas contaminer son bébé : lavage des mains au savon et à l'alcool etc. L'allaitement maternel n'est pas contre-indiqué.

L'aciclovir est actuellement utilisé chez la femme et chez le nouveau-né si nécesaire.

La varicelle

La varicelle est relativement grave chez la femme enceinte du fait notamment des complications pulmonaires chez elle.

Le virus peut provoquer un avortement tardif, la mort in utero, un accouchement prématuré, une foetopathie varicelleuse ou une varicelle néonatale.

L'accouchement durant la phase aiguë de varicelle est déconseillé et dans ces cas-là, les médecins essayent souvent de retarder de quelques jours le travail par des médicaments (tocolyse).

Le mégalérythème épidémique (infection à parvovirus B19)

Le parvovirus B19 provoque le mégalérythème épidémique (aussi appelé 5° maladie éruptive).

Le virus est présent 5 jours dans le sang et c'est pendant cette période que le foetus peut être contaminé si une femme enceinte est infectée.
Le risque d'infection du foetus chez la femme infectée semble faible.

Les conséquences sur la grossesse peuvent être graves : avortement spontané et malformations congénitales au cours du premier trimestre, anasarque foeto-placentaire (oedème monstrueux du foetus) et mort foetale au cours du 2° trimestre ou à proximité du terme.

Le diagnostic repose sur la sérologie.

La prévention est primordiale : il est impératif d'éviter aux femmes enceintes les contacts en milieu scolaire lors des épidémies de 5° maladie éruptive (arrêt de travail pour les enseignantes et le personnel travaillant en milieu scolaire). Il est également obligatoire d'interdire la présence d'enfants de moins de 15 ans dans les salles d'attente de consultation des services de maternité : un enfant en apparence parfaitement sain peut être contagieux s'il est en phase de virémie (présence de virus dans le sang).

En cas de contage, un dosage d'IgM spécifiques est demandé et en cas d'absence d'immunité, des immunoglobulines polyvalentes sont injectées à la femme enceinte.

Une surveillance clinique et immunologique est ensuite pratiquée. En cas d'apparition d'anticorps, le dosage alpha-foetoprotéine est effectué dans le sang maternel. Si ce dernier examen permet de soupçonner une atteinte foetale, une ponction du sang du cordon (cordocentèse) peut être proposée. Cet examen permet l'étude sérologique sur le sang du foetus et donc d'affirmer une éventuelle atteinte. La surveillance échographique permet de déceler les premiers signes d'anasarque. Dans l'état actuel des connaissances, le risque tératogène semble trop faible pour justifier une décision d'interruption thérapeutique de grossesse.

Le Sida chez la femme enceinte

Les maladies parasitaires : la toxoplasmose

Chaque année, environ 2500 enfants naissent avec une toxoplasmose congénitale.

En France, plus de 30 à 50% des femmes ne sont pas immunisées avant leur grossesse et 2% d'entre elles contracteront la maladie pendant la gestation.

La toxoplasmose est une maladie due à un parasite du chat, le toxoplasme. La femme peut s'infecter soit au contact des chats, soit en mangeant de la viande contaminée mal cuite (mouton, boeuf...qui eux-mêmes se sont infestés à partir du parasite rejeté dans la nature par les déjections des chats) ou des légumes souillés mal lavés.
La maladie est souvent bénigne et inapparente chez l'adulte.
Les risques théoriques pour l'embryon et le foetus sont considérables : hydrocéphalie, retard mental, calcifications intracrâniennes, chorio-rétinite, ictère, atteinte parfois de presque tous les organes ! Un avortement tardif, une mort foetale in utero sont possibles. Mais il peut arriver que chez l'enfant aussi la maladie soit inapparente.

Le toxoplasme n'est dangereux chez la femme enceinte que lorsqu'il l'infecte pour la première fois et qu'elle n'a pas encore fabriqué d'anticorps.

La transmission de la mère au foetus est d'autant plus fréquente que l'infection maternelle est plus tardive pendant la grossesse.

La contamination du foetus se produit parfois bien après celle de la mère d'où les possibilités de sa prévention par le traitement médical et l'importance de la surveillance des sérologies.

L'infection foetale n'est pas toujours grave : l'âge foetal au moment de la transmission est fondamental. Plus le toxoplasme est transmis tard, moins les lésions sont graves.

Quand l'infection est antérieure à la conception (plus de 6 mois), il n'y a pas de risque de toxoplasmose congénitale.
Quand l'infection maternelle s'est produite dans les semaines qui ont précédé la conception ou avant la 10° semaine d'aménorrhée, le risque de contamination foetale est très faible (environ 1%) mais les lésions, lorsqu'elles existent sont graves.

Le risque de toxoplasmose congénitale est maximal quand l'infection maternelle se produit entre la 10° et la 24° semaine.
Le risque non pas de maladie mais de transmission du parasite est maximal pour les infections maternelles acquises après la 16° semaine mais la maturation immunitaire du foetus a progressé et les infections congénitales sont alors bénignes ou inapparentes. Les enfants doivent toutefois être traités car ces formes torpides d'infection peuvent se réactiver plusieurs années plus tard et laisser des séquelles.

La conduite à tenir est en principe simple : il n'existe pas encore de vaccin contre la toxoplasmose.

Le sérodiagnostic de toxoplasmose fait maintenant partie des examens obligatoires avant le mariage et au début de la grossesse.

Si une femme enceinte est immunisée avant sa grossesse, le sérodiagnostic est positif et il n'y a aucun danger.
Par contre, si la sérologie pratiquée au début de la grossesse est négative, il faut la contrôler tous les mois.

La femme doit suivre des mesures de prévention :

éviter le contact avec la litière des chats et les autres animaux domestiques qui peuvent aussi transmettre le parasite, ne manger que de la viande très cuite et bien laver fruits et légumes, en se lavant soigneusement les mains après.

En cas de contamination malgré ces précautions pendant la grossesse, le traitement par un antibiotique (spiramycine ou Rovamycine) par cures de 10 jours par mois jusqu'à l'accouchement est envisagé. Il est efficace et diminue beaucoup le risque de transmission à l'enfant.

Dans d'autres cas où l'atteinte de l'enfant est plus grave, il est proposé:

- Soit l'interruption de grossesse (IVG) ;

- Soit un traitement plus actif mais présentant une toxicité hématologique potentielle : pyriméthamine (Malocide) et sulfamides (Adiazine).

Les infections bactériennes

La listériose

Cette infection est due à un bacille, listeria monocytogenes, vivant à l'état endémique et épidémique dans de nombreuses espèces animales.
La contamination est alimentaire : les aliments contaminés peuvent être le lait cru, les fromages à pâte molle, les rillettes et pâtés à la coupe, le saumon ou la truite fumée. Mais la contamination n'implique pas toujours la maladie. Le terrain joue un rôle certain : femmes enceintes, nouveau-nés et vieillards sont des cibles privilégiées!

Pendant la grossesse, la maladie est souvent latente. Parfois, elle se manifeste par un ou plusieurs accès de fièvre simulant une grippe. Divers autres symptômes sont possibles : digestifs, urinaires, pulmonaires ou hépatiques (ictère).

Le foetus risque l'avortement spontané ou l'accouchement prématuré, la mort in utero.

A la naissance, le guettent une détresse respiratoire, une méningite, une septicémie néonatales.
Mais environ la moitié des enfants nés vivants sont indemnes de toute atteinte.

Le problème est surtout diagnostique : pendant la grossesse, le gynécologue demande des hémocultures devant tout épisode fébrile inexpliqué. Après l'accouchement, l'examen anatomique du placenta (petits abcès caractéristiques) et l'étude bactériologique (culture placentaire isolant le germe), examen du liquide amniotique, du cordon, des prélèvements périphériques et centraux chez le nouveau-né (gorge, estomac, oreilles, peau, méconium, LCR, sang) permettent un diagnostic et un traitement précoces.

Le traitement pendant la gestation repose sur l'amoxicilline, en association avec la gentamycine. Après l'accouchement, une nouvelle cure éviterait la récidive. Certains médecins conseillent de reprendre le traitement lors d'une grossesse ultérieure.

L'infection néonatale est traitée par l'amoxicilline (Clamoxyl).

Les infections à streptocoques B

Le streptocoque B est un germe banal, qui peut se comporter comme un germe pathogène chez la femme enceinte, et entraîner des complications maternelles : infections urinaires, etc., des complications foetales : mort in utero, avortement tardif, accouchement prématuré, et des complications néonatales : septicémies, infections pulmonaires et méningites.

La contamination de l'enfant peut se faire avant ou pendant l'accouchement, ou après la naissance par contamination interhumaine.

La syphilis

Cette maladie sexuellement transmissible (MST) due au tréponème pâle provoque des lésions foetales d'autant plus fréquentes et graves que la syphilis maternelle est récente et non traitée : mort in utero, accouchement prématuré, syphilis congénitale.

Le risque est moins important en cas d'antécédent de syphilis traitée, et en cas de dépistage et de traitement correct pendant le premier et le deuxième trimestre de la grossesse.

La loi prévoit un examen sérologique obligatoire lors du premier examen prénatal : s'il est positif, le traitement immédiat par la pénicilline permet de guérir la femme et de protéger efficacement le foetus. Mais la femme peut se contaminer après le 3° mois, la sérologie peut être renouvelée en cas de risque.

La gonococcie (blennorragie)

Cette MST est due au gonocoque. Autrefois, l'atteinte maternelle provoquait l'ophtalmie purulente du nouveau-né puis la cécité de l'enfant. L'instillation systématique obligatoire de nitrate d'argent (ou d'un collyre antibiotique) dans les yeux de tous les nouveau-nés a fait disparaître la maladie néonatale.

Les rickettsioses

Elles sont dues à des micro-organismes qui provoquent des fièvres éruptives pouvant revêtir divers aspects trompeurs. Ils ont une affinité remarquable pour le placenta qu'ils infiltrent. Ils entraînent des accidents obstétricaux tardifs : avortement du 2° trimestre, accouchement prématuré, mort foetale in utero tardive, hypotrophie foetale, décès néo-natal.
Le diagnostic ne peut pas être affirmé par la sérologie parfois imprécise. Le traitement par la spiramycine (Rovamycine) est efficace.

Les infections urinaires

Elles sont le plus souvent dues au colibacille, au proteus mirabilis, à Klebsiella pneumoniae.

Elles peuvent provoquer des complications obstétricales ou néonatales. La surveillance du nouveau-né à la naissance doit être étroite.

La prévention repose sur les règles d'hygiène, le dépistage précoce et le traitement des infections qui surviennent pendant la grossesse.



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Infections néonatales
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'infection néonatale est une cause majeure de morbidité et de mortalité. Elle intéresse plus de 1% des naissances et 10 à 15% des nouveau-nés admis dans une unité de soins intensifs.

On distingue arbitrairement plusieurs étapes chronologiques au sein des infections néonatales. Pendant toute la vie intra-utérine, l'embryon puis le foetus risquent d'être atteints par différents agents infectieux portés par la mère bactéries, virus ou parasites. On parle d'"embryo-foetopathies".

Au cours de la période périnatale, les infections bactériennes sont fréquentes et graves ce sont les infections anténatales et pernatales (pendant l'accouchement).

Après la naissance, le nouveau-né à terme et a fortiori le prématuré sont très vulnérables à l'infection (germes de la mère et de l'entourage) et une hygiène rigoureuse est indispensable pour éviter cette infection post-natale.

Rôle des anticorps

Il existe plusieurs variétés d'immunoglobulines (Ig) ou anticorps les IgG, les IgM et les IgA.

Seules les IgG de la mère traversent le placenta et se retrouvent dans le sang du foetus puis du nouveau-né. Elles ont un rôle majeur contre l'infection car elles représentent la majorité des anticorps antibactériens et antiviraux.

Les IgM maternelles sont de trop grosses molécules pour traverser le placenta. Le foetus en fabrique très peu et, à la naissance, le nouveau-né normal n'en possède qu'un taux très faible.

Si le foetus a été infecté, il a élaboré in utero des IgM qui sont donc ses propres anticorps de défense contre l'infection. A la naissance, le dosage des IgM de l'enfant permettra, lorsque le taux est élevé, de faire le diagnostic d'infection périnatale.

Les IgA de la mère ne traversent pas le placenta. Le foetus en synthétise très peu, qu'il soit infecté ou non.

Si le dosage des IgA chez un nouveau-né montre des chiffres importants, c'est qu'il y a eu transfusion materno-foetale, donc que le sang de la mère s'est mélangé au sang de l'enfant à l'occasion par exemple de manoeuvres obstétricales hémorragiques.

Cette transfusion materno-foetale est également responsable du passage des IgM de la mère dans le sang de l'enfant.

Ainsi, devant un taux élevé d'IgM chez un nouveau-né, il faudra faire une différence entre une infection et une transfusion. Le dosage simultané des IgA le permet : absents, ils certifient l'infection ; élevés, ils prouvent la transfusion.

Différences entre embryopathies et foetopathies

On distingue trois périodes dans le développement de l'oeuf humain à partir de la fécondation.

Au cours des vingt premiers jours se produit une multiplication intense de cellules indifférenciées. Toute agression sérieuse entraîne la mort de l'oeuf.

Les trois premiers mois correspondent à la différenciation des tissus et des organes c'est l'embryogénèse. Une infection à ce stade peut déterminer la mort de l'embryon ou de multiples malformations. Les différents organes se forment selon un programme chronologique pré-établi et toujours identique. Selon la date de l'infection, la malformation concernera tel ou tel organe qui était en train de se constituer lorsque l'infection est survenue. Ce sont les "embryopathies".

Les six derniers mois de la grossesse correspondent à la croissance de l'embryon qui est devenu foetus. Les infections à ce stade entraînent une "foetopathie".

Différentes circonstances font évoquer une embryo-foetopathie chez un nouveau-né.

C'est le cas notamment devant une dysmaturité inexpliquée, devant une malformation viscérale ou devant un tableau de septicémie néo-natale qui associe de façon variable plusieurs éléments :

Une altération de l'état général avec teint gris, pâleur, ictère précoce ou prolongé, oedèmes ou sclérème, hypothermie ou fièvre ;
Une augmentation de volume du foie et de la rate (hépatosplénomégalie)
Des signes cutanés purpura, érythème, bulles...
Des troubles respiratoires apnées, polypnée d'acidose...
Des troubles digestifs refus de boire, vomissements, diarrhée, météorisme abdominal, stagnation de la courbe pondérale...
Des troubles du comportement geignements continus...
Des troubles neurologiques gesticulation pauvre, enfant trop endormi ou au contraire hyper-excitable, asymétrie ou disparition d'un réflexe archaïque, convulsions, anomalies du tonus etc...
En pratique, tout nouveau-né qui va mal est suspect d'infection néonatale jusqu'à preuve du contraire.

Dans tous ces cas, la découverte d'un taux élevé d'IgM chez l'enfant est un argument diagnostique majeur. Des examens spécifiques à chaque maladie peuvent ensuite être pratiqués.

Infections microbiennes du nouveau-né

La contamination ante-natale du foetus peut se faire par voie hématogène par l'intermédiaire du cordon et du placenta ou surtout par voie ascendante à travers le col de l'utérus.

L'infection bactérienne peut provoquer la mort in utero ou l'accouchement prématuré. Les signes cliniques d'infection sont très précoces chez le nouveau-né.

La contamination per-natale peut se produire en cas de rupture prématurée de la poche des eaux facilitant l'infection du liquide amniotique par les germes vaginaux, ou au moment du passage dans la filière génitale infectée. Le nouveau-né est contaminé par déglutition ou inhalation des germes et les manifestations cliniques apparaissent quelques heures ou quelques jours après la naissance.

Parmi les germes les plus souvent en cause, on peut citer le streptocoque D, le colibacille, le staphylocoque, l'agent de la listériose, le gonocoque etc...



[?] Diagnostic

Il doit être précoce afin de faire débuter rapidement un traitement efficace. Il repose sur l'interrogatoire de la mère et de la sage-femme, l'examen clinique et certains examens complémentaires. Les notions suivantes doivent être recherchées par le médecin lors de l'entretien avec la mère : une infection urinaire (cystite, pyélonéphrite...), une infection vaginale (pertes ou leucorrhées), une infection respiratoire (état grippal), un état fébrile inexpliqué avec des douleurs lombaires, une tentative d'avortement.

L'histoire de l'accouchement doit être minutieusement reconstituée afin de rechercher les éléments évocateurs d'infection :

- Une rupture de la poche des eaux plus de 12 heures avant l'expulsion ;
- Un liquide amniotique teinté d'emblée ou d'odeur fétide ;
- Un travail long et difficile ;
- Une réanimation du nouveau-né dans des conditions d'asepsie douteuse ;
- Une fièvre chez la mère pendant ou après l'accouchement ;
- Un aspect pathologique du placenta, du cordon ou des membranes.

Le pédiatre recherche les signes de septicémie néonatale. En pratique, tout nouveau-né qui va mal est suspect d'infection.



[?] Examens et analyses complémentaires

Ils sont importants.

La numération formule sanguine peut orienter utilement le diagnostic lorsqu'il existe une anémie, une hyperleucocytose ou encore une thrombopénie (= taux de plaquettes inférieur à 100 000/mm3).

L'étude de la coagulation sanguine apporte des éléments de valeur lorsque la fibrine est augmentée ou lorsqu'existent des signes de coagulation intravasculaire disséminée (C.I.V.D.). Un taux élevé de bilirubine conjuguée, une hypoglycémie, une acidose récidivante sont des arguments supplémentaires.

La radiographie pulmonaire peut montrer des signes d'infection.

La ponction lombaire est systématique chez le nouveau-né qui va mal.

La découverte du germe responsable est le but principal des investigations. On le recherche chez la mère dans le sang, les urines, les voies génitales et le placenta. Chez le nouveau-né, un frottis sur le liquide d'aspiration gastrique peut être très utile en montrant les germes à l'examen direct au microscope. On pratique également des prélèvements bactériologiques sur la peau, dans le nez, les yeux, les oreilles, la trachée, le rectum. Hémocultures et examen cytobactériologique des urines (E.C.B.U.) sont systématiques. Pour certains germes, des techniques modernes peuvent mettre en évidence des antigènes solubles dans le sérum et les urines


[?] Traitement

Il est urgent car une infection peut tuer un nouveau-né en quelques heures. On le débute tout de suite après les prélèvements bactériologiques sans en attendre les résultats. Il vaut mieux traiter à tort que traiter trop tard. Le traitement fait appel aux associations de 3 antibiotiques à large spectre, par voie intraveineuse, en association bactéricide. Sa durée est de 2 à 4 semaines en fonction de l'évolution. L'antibiogramme et l'étude du pouvoir bactéricide permettent d'adapter au mieux le traitement ensuite en fonction des germes identifiés par le laboratoire.

A ce traitement antibiotique, il faut ajouter la rééquilibration hydro-électrolytique et calorique, le maintien de l'équilibre thermique en couveuse, le maintien d'une bonne hémodynamique et d'une fonction respiratoire correcte, le traitement éventuel de convulsions ou d'un ictère, l'exsanguinotransfusion en cas de thrombopénie importante, de C.I.V.D. ou d'ictère nucléaire.

Si, après avoir débuté un traitement antibiotique, les prélèvements bactériologiques et l'évolution prouvent l'absence d'infection, celui-ci est arrêté. Ce traitement aura été inutile mais sans danger. L'attitude inverse aurait pu tuer l'enfant en cas d'infection.

Le pronostic est fonction de l'ancienneté de l'infection, de la précocité du diagnostic et du traitement, de la sensibilité des germes aux antibiotiques, de la sévérité du tableau clinique et des complications éventuelles (hémorragies cérébro-méningées, pneumothorax, C.I.V.D.).

La listériose du nouveau-né

La listeriose est due au bacille listeria monocytogenes . Cette maladie est de plus en plus fréquente. Le nouveau-né peut se contaminer par voie hématogène transplacentaire, par contamination amniotique ascendante à partir du col utérin après rupture prématurée des membranes, par infection placentaire locale d'origine endométriale, par contamination durant l'accouchement, enfin par contamination post-natale par contact avec un nourrisson infecté.

Le germe ne traverse pas le placenta avant le 5° mois de grossesse et par conséquent ne provoque pas d'embryopathie. Après le 5° mois, la listériose se manifeste par une septicémie qui atteint le foetus ou le nouveau-né. Lorsque la contamination a été précoce ou massive, le foetus peut être expulsé mort, parfois macéré. La listériose serait responsable de 1,6% des avortements spontanés.

La listériose nodulaire disséminée est la plus grave forme septicémique. L'accouchement a lieu avant terme après rupture prématurée des membranes. La mère est fébrile pendant l'accouchement. Le liquide amniotique est fétide et méconial. L'enfant présente des signes de souffrance neurologique précoce (hypotonie, convulsions etc...), un teint gris et cyanosé, une détresse respiratoire, des troubles digestifs, un gros foie, une grosse rate, un écoulement nasal et oculaire, une éruption cutanée.

Le germe peut être retrouvé dans le liquide céphalo-rachidien, les hémocultures et les prélèvements périphériques (nez, gorge, oreilles, yeux, estomac, placenta, méconium). L'évolution est souvent fatale malgré le traitement.

La listériose peut aussi se manifester après quelques jours de latence par une méningite néo-natale.

Il existe des formes atténuées où tout se résume à une banale conjonctivite, une augmentation de volume du foie et/ou de la rate ou un purpura. Des formes inapparentes sont très fréquentes.

Les infections bactériennes post-natales

Le nouveau-né sain à la naissance est susceptible d'être infecté après sa naissance si les règles d'hygiène ne sont pas respectées. Les sources d'infection sont diverses.

Une septicémie avec localisations suppurées méningées, respiratoires, rénales ou articulaires est possible à partir d'un cathéter ou d'un matériel de perfusion. Les manoeuvres de réanimation sont une source importante de contamination. L'alimentation par gavage et les biberons peuvent provoquer des infections par voie digestive. Les mains du personnel de maternité peuvent être contaminées par le contact avec d'autres nourrissons, le linge, les lavabos, les vêtements, le matériel etc...

Les germes en cause sont souvent des germes Gram négatif colibacilles, pyocyaniques, proteus, salmonelles, klebsielles etc...

Les septicémies bactériennes

Le tableau est assez univoque : altération de l'état général, teint gris, pâleur, ictère précoce, gros foie, grosse rate, éruption cutanée, troubles respiratoires, troubles digestifs, ballonnement abdominal, chute de poids, troubles neurologiques etc.

Les méningites purulentes néonatales

Les signes peuvent être discrets et le diagnostic risque d'être tardif : clonies (secousses musculaires) localisées, enfant trop endormi ou trop irritable, geignements continus ou cris plaintifs, anomalie du tonus ou des réflexes archaïques, ictère précoce ou prolongé, pâleur, déshydratation inexpliquée, accès de cyanose, apnées, troubles digestifs (refus de boire, vomissements, diarrhée), hypothermie ou fièvre, nuque trop molle, fontanelle tendue etc.

En réalité, la ponction lombaire est systématique chez tout nouveau-né qui va mal car c'est la seule possibilité de faire le diagnostic précocement. Les germes les plus souvent responsables sont le streptocoque bêta-hémolytique du groupe B et le colibacille présents dans les voies génitales de la femme. Après la première semaine de vie, ce sont les staphylocoques dorés, klebsielles, enterobacter, citrobacter et pseudomonas. Seul un traitement commencé tôt laisse espérer une guérison sans séquelle.

Les séquelles sont possibles : hydrocéphalie, épilepsie, surdité, déficits visuels, retard mental, diabète insipide, puberté précoce, troubles du comportement etc.

Les infections respiratoires

Elles peuvent être latentes. Des signes de détresse respiratoire, des troubles du rythme respiratoire sont parfois évocateurs. La radiographie pulmonaire est systématique chez le nouveau-né malade et permet ainsi de faire le diagnostic.

Les péritonites

Les soins ombilicaux visent à empêcher les germes de gagner par l'ombilic le péritoine ou la circulation sanguine.

En cas de contamination par voie ombilicale, on assiste à une altération progressive de l'état général avec vomissements, ballonnement abdominal, diarrhée puis arrêt du transit. L'abdomen est bientôt gros, ferme et douloureux. L'ombilic est suintant, entouré d'une peau oedématiée et bleutée. La radiographie sans préparation de l'abdomen montre des signes évocateurs. Le traitement consiste en une aspiration gastrique continue contrôlée, une antibiothérapie massive et une équilibration hydro-électrolytique et calorique.

Chez le prématuré, l'entérocolite ulcéro-nécrotique est une hantise.

Les gastro-entérites

Elles se révèlent par des vomissements et une diarrhée. Les germes les plus fréquemment en cause sont les colibacilles, les salmonelles et les staphylocoques. Les candida albicans et les virus sont des agents infectieux également retrouvés. La coproculture est parfois utile. Le traitement fait appel aux antibiotiques intestinaux. Le risque majeur est la déshydratation. Une septicémie est possible.

Les ostéoarthrites

Elles siègent surtout au niveau de la hanche et de l'épaule. Le diagnostic est difficile et urgent. On y pense devant une inertie du membre succédant à une période de mobilité normale. La mobilisation de l'articulation est douloureuse. La radiographie montre un épaississement des parties molles et un élargissement de l'écart articulaire par rapport au côté sain. Toutes les autres articulations doivent être vérifiées. Il s'agit très souvent d'ostéomyélite propagée à l'articulation. Le diagnostic repose sur la ponction articulaire qui permet de recueillir le pus et d'identifier le germe. Le traitement est long et compliqué ; il repose sur l'immobilisation plâtrée et l'antibiothérapie majeure.

L'infection urinaire (pyélonéphrite)

Elle est dépistée par l'examen cytobactériologique urinaire. Elle révèle souvent à cet âge une malformation urinaire et impose l'échographie rénale puis la cystographie rétrograde.



[?] Traitement

Le traitement curatif de toutes ces infections repose sur l'antibiothérapie, le traitement symptomatique et les soins de nursing.

Le traitement préventif est primordial. Il se résume à l'asepsie de tous les gestes, même les plus anodins, pour tous les soins donnés au nouveau-né. En salle de travail, les manoeuvres de réanimation doivent être aseptiques. Le matériel stérile à usage unique est un progrès important à cet égard.

En maternité et dans les services hospitaliers, il faut se laver les mains avant et après chaque manipulation d'enfants, s'essuyer les mains dans des serviettes en papier jetables (les serviettes en tissu sont vite souillées), stériliser les biberons et les tétines, faire circuler dans des passages différents les objets propres et les objets sales.

Il faut se souvenir que, malgré les moyens médicaux modernes, l'infection est encore une cause majeure de mortalité chez le nouveau-né et que la prévention à l'aide de moyens simples d'hygiène est indispensable


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Les infections urinaires
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est l'infection - aiguë ou chronique - d'un organe qui fait partie de l'appareil urinaire : la vessie (réservoir des urines), le rein (qui fabrique l'urine), l'urètre (canal situé sous la vessie qui permet l'évacuation des urines), ou la prostate (glande située autour de l'urètre de l'homme).

Pour des raisons anatomiques, l'infection urinaire est plus fréquente chez la femme. En effet, chez la femme, le méat urinaire est proche de l'anus où sont toujours présentes des bactéries. Ces bactéries peuvent remonter le long de l'urètre vers la vessie et proliférer dans l'urine.

Un défaut d'hygiène locale peut donc favoriser les infections urinaires de la femme.

L'homme est relativement protégé des infections urinaires par la distance qui sépare l'anus et son méat urinaire-orifice situé à l'extrémité du gland- (la longueur de l'urètre masculin est en moyenne de 16 cm, alors que celle de l'urètre féminin est de 2 cm). L'infection urinaire est donc plus souvent chez lui la traduction d'une anomalie au niveau des voies urinaires, en particulier l'existence d'un adénome de la prostate (qui provoque une stase des urines dans la vessie).

Les bactéries (ou germes) responsables sont le plus souvent de la famille des entérobactéries (bactéries d'origine digestive) :

Escherichia coli (80 % des cas) ;
Proteus mirabilis (qui favorise les calculs) ;
Entérobacter, Citrobacter, etc.


[?] Causes et facteurs de risque

Les urines constituent en effet un bon milieu de culture pour ces germes. L'organisme se défend contre l'infection urinaire par la vidange de la vessie : un apport d'eau suffisant pour assurer un bon débit urinaire est donc primordial.

Chez la femme, l'infection urinaire est liée dans la majorité des cas à un manque de boissons.

Le fait de s'essuyer d'arrière vers l'avant après être allée à la selle favorise les infections en apportant des bactéries vers le méat urinaire.

Le fait de ne pas uriner juste après les rapports sexuels (pour évacuer les bactéries qui sont entrées dans l'urètre) est un autre facteur important.

La constipation est un autre facteur favorisant, car la stagnation prolongée de matières fécales dans le rectum est une source permanente d'infestation.

Plus rarement, l'infection urinaire est causée par une malformation de l'appareil urinaire (remontée des urines de la vessie vers le rein par exemple) ou gynécologique (brides de l'hymen).

Chez l'homme, il est fréquent qu'on ne retrouve aucune cause à l'infection urinaire.

Avant l'age de 50 ans, l'infection est souvent due à un rapport sexuel non protégé. Chez l'homme plus âgé, la cause la plus fréquente est la présence d'une hypertrophie de la prostate (adénome prostatique) qui comprime l'urètre et engendre une stase de l'urine dans la vessie.

Tous les obstacles à l'écoulement de l'urine sont des facteurs d'infection urinaire: compressions de la voie urinaire, calculs, maladie du col de la vessie, pathologie de la prostate chez l'homme, rétrécissement de l'urètre, etc.

Enfin, certains dysfonctionnements neurologiques de la vessie, les infections des organes voisins (appareil gynécologique, anus) et toutes les manoeuvres intra-urétrales (sondes urinaires par exemple) sont des causes plus rares.



[?] Les signes de la maladie

Parfois, l'infection urinaire n'entraîne aucun symptôme, en particulier chez les personnes âgées.

L'infection urinaire peut se traduire par une fièvre isolée, sans aucun autre trouble, en particulier chez l'enfant ou chez les personnes âgées.

Typiquement, l'infection de la vessie (cystite) se manifeste par des brûlures pendant les mictions et des besoins fréquents d'uriner. Les urines sont parfois troubles, hémorragiques et/ou malodorantes. Il existe souvent une douleur ou une pesanteur dans le petit bassin.

L'infection de l'urètre (urétrite) se manifeste de la même façon que la cystite.

L'infection du rein (pyélonéphrite) est responsable de signes généraux: fièvre élevée à 39°-40°, frissons, altération de l'état général. S'y associent des douleurs lombaires qui peuvent être bilatérales. Parfois sont également présents les signes de la cystite.

L'infection de la prostate (prostatite) se traduit par des brûlures en urinant, des besoins fréquents et des faibles volumes urinés. Existent également une fièvre élevée, des frissons et parfois des signes grippaux (douleurs musculaires ou articulaires). Il peut exister un écoulement de pus par le méat urétral. L'urine peut être trouble et malodorante


[?] La consultation

L'interrogatoire note la présence de troubles mictionnels évocateurs, l'existence d'épisodes antérieurs ou de pathologie(s) associée(s). L'examen recherche avant tout une fièvre (pyélonéphrite, prostatite). Il porte sur les fosses lombaires (douleur à la palpation rénale en cas de pyélonéphrite), le toucher rectal chez l'homme (prostate douloureuse et inflammatoire en cas de prostatite) et l'examen gynécologique chez la femme (brides de l'hymen? Infection?). En cas de prostatite, il faut rechercher un globe (blocage complet de la vessie) par la palpation abdominale

[?] Examens et analyses complémentaires

La bandelette urinaire (disponible en pharmacie) oriente le diagnostic en une minute : elle révèle la présence de polynucléaires neutrophiles (globules blancs) et de nitrites.

L'examen cytobactériologique des urines (ECBU) confirme le diagnostic en identifiant la bactérie dont la sensibilité à plusieurs antibiotiques est testée (antibiogramme). Son résultat dépend des conditions de recueil.

Lorsque l'on craint une septicémie (passage de la bactérie dans le sang), un prélèvement sanguin est également réalisé.

Lorsqu'il s'agit d'une pyélonéphrite aiguë, on peut être amené à réaliser un bilan radiologique (radio de l'abdomen, échographie rénale) à la recherche d'une cause favorisante (calcul par exemple).

En cas d'infections urinaires à répétition, un bilan radiologique plus approfondi est nécessaire afin d'éliminer une malformation anatomique favorisante


[?] Evolution de la maladie

L'infection urinaire fait courir de nombreux risques.

Les infections urinaires basses (cystite, urétrite) peuvent, en cas de retard thérapeutique, évoluer vers une infection urinaire haute, c'est-à-dire touchant le rein (pyélonéphrite).

Toute infection urinaire avec fièvre (pyélonéphrite, prostatite) peut se compliquer de septicémie (passage de germes dans la circulation sanguine), avec un risque de choc septique (défaillance des organes vitaux) qui nécessite une prise en charge en réanimation.

L'infection peut provoquer un abcès du rein voire sa destruction.

Ces infections sont d'autant plus graves que le patient est fragile (diabète, déficit immunitaire, âge avancé...).

Le risque ultime est l'insuffisance rénale terminale dont le traitement est l'hémodialyse (rein artificiel) voire la greffe rénale.

La prostatite possède des complications particulières qui sont la rétention aiguë d'urine (blocage complet de la vessie) et la dissémination de l'infection aux testicules (orchite).

En cas de grossesse, toute infection urinaire est dangereuse pour la mère mais également pour le foetus. Il y a un risque d'accouchement prématuré.



[?] Traitement

Le traitement de l'infection urinaire repose sur l'antibiothérapie, la majoration des boissons et le traitement des facteurs favorisants.

En cas de cystite simple ou d'urétrite (infection urinaire basse isolée non récidivante) :

Soit un antiseptique urinaire pendant 10 jours ;
Soit un traitement antibiotique court sur 3 jours : antibiotiques de la familles des pénicillines ou des quinolones ;
Soit un traitement monodose en prise unique. Cette dose unique est efficace sur la majorité des germes impliqués dans les cystites aiguës.
En cas de pyélonéphrite aiguë ou de prostatite aiguë, il est habituel de prescrire des antibiotiques pendant 2 à 3 semaines. L'antibiothérapie doit être adaptée aux résultats de l'antibiogramme.

En cas de fièvre importante, d'altération de l'état général ou de complication (septicémie, abcès rénal), une hospitalisation est nécessaire pour surveillance médicale intensive. Une double antibiothérapie est souvent prescrite par voie intraveineuse les 2 ou 3 premiers jours, avant de relayer par des comprimés.

Dans le cas d'une pyélonéphrite par obstacle (rein obstrué par un calcul par exemple), une intervention de drainage est indiquée en urgence afin de sauver la vitalité du rein. Celle-ci est réalisée par les voies naturelles le plus souvent.

Un ECBU de contrôle pratiqué 2 jours après l'arrêt des antibiotiques vérifie l'efficacité du traitement.

En dehors des cas où une intervention de drainage du rein s'impose et où le patient doit rester à jeun, il faut toujours boire abondamment pour assurer un bon lavage de la vessie


[?] Conseils pratiques et informations diverses

Comme de multiples facteurs interviennent pour faciliter la contamination de la vessie, de simples conseils hygiéniques suffisent souvent à faire disparaître les cystites chez la femme en période d'activité sexuelle :

Boire plus de 1,5 litres par jour ;
Effectuer des mictions complètes en étant détendue ;
Pratiquer une toilette vulvaire au savon ;
Effectuer une bonne toilette après les selles ;
Lutter contre la constipation ;
S'essuyer avec le papier hygiénique en allant d'avant vers l'arrière ;
Eviter les toilettes périnéales trop énergiques ;
Uriner immédiatement après les rapports sexuels ;
Eviter les pantalons serrés et les sous-vêtements en fibres synthétiques qui favorisent la transpiration et la multiplication des germes.
En cas d'échec de ces mesures, le médecin peut être amené à proposer un traitement au long cours fait de petites doses d'antibiotiques prises en discontinu.




*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Infections urinaires de l'enfant
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

On définit l'infection urinaire chez l'enfant par la présence dans l'urine d'au moins 100 000 bactéries d'un seul type par ml (soit 105/ml).

L'infection urinaire est une maladie relativement fréquente chez l'enfant (2 à 5%) et se rencontre quatre fois plus chez la fille .

On distingue :

- les cystites ou infections urinaires basses de la vessie
- les pyélonéphrites ou infections urinaires hautes du parenchyme rénal.



[?] Causes et facteurs de risque

L'infection urinaire peut être totalement latente et aucun signe n'oriente vers une pathologie rénale.

D'autres fois, c'est la découverte fortuite d'urines troubles ; cependant toute urine trouble n'est pas infectée (il peut s'agir de banals cristaux de phosphates) et toute urine infectée n'est pas nécessairement trouble...!

Ce peut être aussi la recherche d'albumine dans les urines (protéinurie) qui fait découvrir l'infection.

Il existe parfois des symptômes évocateurs:

- Une énurésie secondaire : un enfant jusque là propre la nuit se remet à faire pipi au lit ;
- Des urines rouges (présence de sang ou hématurie) ;
- Des brûlures à la miction ;
- Des difficultés pour uriner (dysurie) ;
- Une envie impérieuse et fréquente d'uriner (pollakiurie).

Les signes infectieux sont souvent isolés et révélateurs chez le nourrisson :

- Une fièvre isolée avec ou sans convulsions ;
- Parfois un tableau septicémique : accès fébriles, frissons, état de choc avec cyanose, tachycardie, chute de la T.A., troubles de la conscience pouvant faire évoquer une méningite ;
- Des troubles digestifs : vomissements, diarrhée, douleurs abdominales pouvant faire évoquer une appendicite, perte d'appétit (anorexie) ;
- Une stagnation de la courbe de poids.

L'examen cytobactériologique des urines (E.C.B.U.) est demandé dans de multiples circonstances : fièvre inexpliquée, énurésie secondaire, découverte d'une protéinurie, hypotrophie staturo-pondérale, douleurs abdominales etc.

Très schématiquement, on peut distinguer cliniquement :

- Les cystites qui se manifestent par une dysurie et des cystalgies ;
- Et les pyélonéphrites qui entraînent une fièvre élevée, des frissons, des sueurs et des douleurs lombaires


[?] Diagnostic

Le diagnostic d'infection urinaire repose sur un examen simple : l'examen cytobactériologique des urines (E.C.B.U.) avec numération des germes (compte de Kass).

L'E.C.B.U doit être pratiqué AVANT tout traitement antibiotique qui risquerait de fausser les résultats.

Les organes génitaux externes doivent être soigneusement nettoyés au savon puis avec un antiseptique, rincés largement à l'eau stérile puis séchés avec une compresse stérile. Chez le garçon, il est préférable de laisser le gland décalotté pendant la miction.

Le prélèvement des urines peut se faire de 2 façons :

- Chez le nourrisson : par la poche à urine adhésive type Urinocol®

Il s'agit d'un sac en plastique acheté en pharmacie. Après nettoyage soigneux des organes génitaux, la poche est collée à sa place pour 3O minutes. Après une demi-heure, si l'enfant n'a pas uriné, il faut enlever la poche, désinfecter à nouveau le périnée et recoller une nouvelle poche. Cette précaution est indispensable si on désire éviter les faux résultats positifs.

L'urine peut rester dans le sac stérile ou être transvasée dans un récipient stérile.

- Chez l'enfant plus grand, on prélève l'urine du milieu de jet. L'enfant commence à uriner. Après quelques secondes, on place le récipient stérile sous le jet.

Le sondage vésical, encore trop souvent pratiqué chez la fille, doit être évité : c'est un geste traumatique qui risque de provoquer par lui-même une infection.

La ponction de la vessie par voie sus-pubienne est réservée à certains cas très particuliers.

Les urines, une fois recueillies, doivent être examinées dans les heures qui suivent et par conséquent immédiatement transportées au laboratoire. En cas d'impossibilité, il importe de les conserver au réfrigérateur entre 0 et +4°C. car à température ambiante, les rares bactéries de l'urine normale se multiplient rapidement risquant de faire poser à tort le diagnostic d'infection urinaire.



[?] Interprétation de l'ECBU

Le biologiste donne les renseignements suivants :

- Le nombre de leucocytes : un taux supérieur ou égal à 100 000 leucocytes/ml d'urines fraîches est pathologique. Parfois, il y a tant de leucocytes altérés (cellules de pus) qu'on parle de "pyurie".

Il est possible d'étudier le débit-minute des leucocytes, pathologique au dessus de 1500 leucocytes/mn et l'hématurie, pathologique si elle est supérieure à 5000 hématies/minute.

- Le nombre de microbes : pour qu'il y ait infection, il faut qu'on trouve au moins 105 germes/ml à condition que ce taux ne concerne qu'un seul et même microbe.

Au dessous de 104 germes/ml, il n'y a pas d'infection urinaire.

Entre 104 et 105, le doute subsiste et l'examen doit être recommencé.

- Le nom du microbe : Escherichia Coli, Protéus, Klebsielle, Pyocyanique, Aerobacter, Streptococcus fæcalis etc...;
- L'antibiogramme étudie la sensibilité du germe aux antibactériens.

Parfois, l'ECBU met en évidence des "souillures". Il s'agit dans ce cas, d'un prélèvement d'urine mal fait, dans des conditions d'hygiène défectueuse qui ont permis sa contamination (phimosis serré chez le garçon, diarrhée, vulvite chez la fille etc.). La bactériurie est en général inférieure à 105/ml, la leucocyturie est modérée. Le germe est souvent un staphylocoque blanc


[?] Causes et facteurs de risque

Les urines sont sucrées (15 mg de sucre p.1000) et représentent un excellent bouillon de culture pour les microbes. Un colibacille se dédouble en 20 à 40 minutes. Toute stagnation urinaire provoque une prolifération microbienne importante. Toute cause de stase urinaire est responsable d'infection.

Les érythèmes fessiers, les vaginites sont des repères microbiens à l'origine d'infections urinaires bien souvent.

Tout le problème des infections de l'appareil urinaire de l'enfant est dominé par la recherche d'une lésion anatomique responsable du développement ou de la récidive de l'infection.

Toute infection urinaire, quel que soit l'âge et le sexe de l'enfant, doit conduire à pratiquer une échographie rénale.

La cystographie rétrograde est pratiquée lorsqu'on suspecte un reflux vésico-urétéral.

Dans certains cas, une urographie intraveineuse est pratiquée ou une scintigraphie rénale.

Ces examens permettent de dépister précocement les malformations urologiques avant que des infections répétées (et parfois inaperçues) n'aient provoqué la destruction du parenchyme rénal.

Il est nécessaire de dépister :

- Une malformation urinaire qui se révélerait par l'infection : sténose de la jonction pyélo-urétérale ou de la jonction vésico-urétérale, diverticule congénital de la vessie, valves et sténoses etc ;
- Un obstacle fonctionnel : vessie "neurologique", petite vessie immature de type "infantile" etc ;
- Un reflux vésico-urétéral. Ce reflux peut être dû à une anomalie congénitale de la jonction urétéro-vésicale ou plus souvent provoqué par l'infection urinaire elle-même. Ce reflux est responsable de la dissémination par voie ascendante de l'infection urinaire basse de la vessie (cystite) au tissu rénal (pyélonéphrite).



[?] Examens et analyses complémentaires

Le fonctionnement rénal est jugé sur le taux de créatinine sanguine, la clearance de la créatinine et l'épreuve de concentration.

Seule l'infection urinaire haute, sus-vésicale, fait courir le risque d'atteinte rénale : la pyélonéphrite.

La pyélonéphrite aiguë, non ou mal soignée, peut évoluer vers la pyélonéphrite chronique et l'insuffisance rénale avec tous les problèmes ultérieurs de dialyse par rein artificiel et/ou greffe de rein.

Afin de différencier les infections urinaires hautes et des infections urinaires basses, des examens biologiques sont indispensables :

une hyperleucytose avec polynucléose, une augmentation franche de la vitesse de sédimentation (V.S.), la présence d'une C Réactive protéine (CRP), une fibrine élevée etc. sont des examens de pratique courante qui évoquent une pyélonéphrite.



[?] Traitement

Le traitement d'attaque

Le traitement n'est débuté qu'après avoir pratiqué le prélèvement d'urine mais avant d'en avoir obtenu les résultats qui peuvent tarder 3 ou 4 jours.

Il repose sur l'antibiothérapie probabiliste :

- Après 1 an : par exemple Augmentin per os ;
- Avant 1 an : par exemple Rocéphine IV pendant 5 jours puis relais par antibiotique per os.

Ce traitement est éventuellement modifié au vu de l'antibiogramme qui teste la sensibilité des germes en cause.

L'efficacité de la thérapeutique est appréciée sur l'évolution clinique (chute de la fièvre) et l'examen d'urine après 24 ou 48 heures (la stérilisation est obtenue après 10 ou 20 heures de traitement).

L'échographie recherche une anomalie de l'arbre urinaire.

Une cystographie rétrograde est pratiquée en cas de doute sur un reflux.

S'il n'y a aucun obstacle sur les voies urinaires, le traitement sera poursuivi :

- En cas d'infection basse (cystite) : 10 jours ;
- En cas d'infection haute (pyélonéphrite) : 10 à 15 jours.

En cas d'obstacle organique ou fonctionnel sur les voies urinaires, le traitement d'attaque est poursuivi 3 à 4 semaines.

Le traitement d'entretien

30% des filles font une rechute (même germe) ou une récidive (germe différent) dans l'année qui suit une première infection urinaire.

Il est donc fréquent, en l'absence de tout obstacle organique ou fonctionnel, de prescrire un traitement d'entretien.

En cas d'obstacle organique, le traitement d'entretien est poursuivi jusqu'à l'intervention chirurgicale.

En cas de reflux, le traitement d'entretien, avant l'âge de 2 ans, suffit souvent à le faire disparaître. Sinon, l'intervention sera nécessaire.

Les modalités du traitement d'entretien reposent sur des cures alternées tous les 10 jours d'antibiotiques ou d'antiseptiques urinaires.

Le contrôle se fait par E.C.B.U. réguliers.

Conseils :

- Boire beaucoup et uriner souvent ;
- S'essuyer les fesses d'avant en arrière après être allé à la selle et de se laver le périnée à chaque fois dans le bidet.


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Infirmité motrice d'origine cérébrale (I.M.O.C.) - La souffrance cérébrale néonatale
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

Les infirmités motrices cérébrales (IMC) représentent des états pathologiques, non évolutifs, caractérisés par des paralysies, une incoordination des mouvements et d'autres troubles moteurs. Il n'y a pas de trouble de la personnalité.

L'infirmité motrice d'origine cérébrale (IMOC) comporte des troubles sensoriels (visuels, auditif) et l'atteinte des fonctions supérieures (langage, spatialisation, gnosies).

La fréquence moyenne est de 2 à 4 I.M.C. pour 1000 naissances vivantes. La prématurité et la souffrance cérébrale néonatale sont les principales causes d'IMC.

On désigne sous le terme de souffrance cérébrale néonatale, les lésions neurologiques de la période néonatale, sous tendues par un mécanisme de souffrance foetale aiguë. Les malformations, les atteintes neurologiques de causes infectieuses ou métaboliques sont exclues de ce cadre. La souffrance cérébrale néonatale est observée chez le nouveau-né chaque fois que les cellules cérébrales sont privées d'oxygène : c'est l'anoxie néonatale.



[?] Causes et facteurs de risque

Les accouchements difficiles sont aujourd'hui rarement responsables de cette pathologie grâce au recours codifié à la césarienne.

Le rôle du traumatisme obstétrical a été mis en évidence en 1828 par Little .Ce médecin a donné son nom au "syndrome de Little" qui est caractérisé par une paraplégie spasmodique apparaissant dès les premiers mois de la vie chez des enfants venus au monde après un accouchement difficile en état d'asphyxie. Ce syndrome entre dans le cadre général des encéphalopathies infantiles.

La souffrance foetale aiguë peut également résulter d'une anoxie intra-utérine provoquée par une anomalie du placenta ou du cordon, une grossesse prolongée, une hypotension artérielle, une insuffisance respiratoire chronique, un diabète etc.

La prématurité, la dysmaturité, les grossesses gémellaires etc... sont des facteurs favorisants.

L'anoxie cérébrale peut également se constituer après la naissance lors d'une hémorragie cérébro-méningée, d'un collapsus cardiovasculaire, d'une malformation cardiaque ou pulmonaire, mort subite inexpliquée du nourrisson récupérée, état de mal convulsif, arrêt cardiaque, encéphalite etc., toutes circonstances qui entraînent la baisse ou l'arrêt prolongé de la vascularisation du cerveau


[?] Les signes de la maladie

Les troubles moteurs élémentaires sont liés aux lésions cérébrales qui perturbent les ajustements précis entre muscles agonistes, antagonistes et synergiques. Chez l'enfant normal, ces ajustements inconscients règlent la posture et le mouvement volontaire.

Les symptômes sont nombreux chez le nouveau-né.

Les troubles de la conscience sont constants depuis la somnolence jusqu'au coma profond. Les réflexes archaïques sont abolis ou incomplets. Les troubles du tonus comportent une hypotonie globale avec aréactivité entrecoupée d'accès d'hypertonie trémulante.

Une hyperexcitabilité neuromusculaire, un cri aigu "neurologique", des convulsions, des paralysies, des troubles de la succion et de la déglutition, des mouvements anormaux des globes oculaires et de mâchonnement automatique complètent le tableau neurologique. Une instabilité thermique, des troubles du rythme cardiaque, des apnées avec cyanose, des crises vasomotrices achèvent de caractériser l'état de souffrance cérébrale néonatale.

Parmi les examens complémentaires utiles, l'électroencéphalogramme a surtout un intérêt pronostique. La tomodensitométrie cérébrale (scanner) permet d'apprécier les dégâts anatomiques lorsqu'ils sont visibles.

saint-Anne Dargassies distingue 3 périodes où le diagnostic d'abord soupçonné, se confirme puis devient évident.

- A la période d'alarme (0 à 3 mois), les signes de suspicion sont l'irritabilité avec trémulations spontanées ou provoquées, l'excitabilité avec sursauts et secousses, un tonus actif intense, un défaut de la statique de la tête, une mauvaise synergie tête-yeux avec l'absence de poursuite oculaire, un retard d'apparition des jeux de mains, un strabisme persistant, des troubles du sommeil, une hypo-acousie.

- La période d'orientation (4 à 8 mois) se caractérise par la raideur des membres inférieurs, une hypotonie axiale, le rejet de la tête en arrière, des anomalies de la préhension absente ou lente, des mains souvent fermées, une lenteur psychique.

- La période de certitude débute à 8 mois ; les signes cités sont évidents. L'absence de pince digitale est frappante le nourrisson est incapable de prendre un objet entre pouce et index. La recherche du signe du "parachute" se solde par un échec : normalement, à cet âge, lorsqu'on plie vers l'avant le tronc du nourrisson, celui-ci écarte les bras devant lui comme pour se protéger. L'absence de ce réflexe, l'apparition des mouvements anormaux confirment le diagnostic.


[?] Evolution de la maladie

L'anoxie cérébrale néonatale est grave. La mortalité précoce est élevée et les séquelles neuro-psychiques sont à craindre surtout lorsque l'anoxie a été précoce et durable.

Le pronostic est néanmoins difficile à porter en période néonatale.

Les enfants ayant présenté une souffrance cérébrale néonatale constituent incontestablement un groupe à risque neurologique élevé. Ils justifient donc une surveillance médicale attentive et régulière dans le but de dépister précocement les handicaps intellectuels, moteurs, sensoriels etc. afin de débuter le plus tôt possible la rééducation appropriée.

Quelques critères de pronostic sont à connaître. On estime que lorsqu'un enfant ayant présenté une souffrance foetale aiguë est capable de boire seul au biberon la moitié de sa ration au 8° jour, la probabilité de séquelles ultérieures est très faible sinon nulle. La constatation des séquelles neurologiques se fait en règle avant le 9° mois de l'enfant (âge corrigé). Après cet âge, leur apparition chez un nourrisson normal jusque là, est exceptionnelle.

Ces séquelles sont variables :

La spasticité se caractérise par des contractures musculaires puis des rétractions musculo-tendineuses responsables d'attitude en flexion.

L'athétose se traduit par des mouvements lents involontaires qui témoignent de brusques décharges motrices incoordonnées.

L'ataxie est un trouble de l'équilibre qui s'accompagne de tremblements exagérés par le moindre mouvement.

Les troubles du tonus sont variables : hypo ou hypertonie.

La topographie des paralysies permet de définir la monoplégie, la paraplégie, l'hémiplégie, la triplégie, la tétraplégie.

A ces troubles moteurs, sont associés différents troubles.

Le niveau mental est variable. La moitié des enfants I.M.C. semblent avoir une intelligence normale. La débilité, lorsqu'elle existe (IMOC) complique encore plus la rééducation.

Le retard scolaire aggrave souvent le déficit intellectuel qui est parfois difficile à apprécier.

Les troubles caractériels sont inévitables.

Une épilepsie est retrouvée dans 1/4 des cas.

Les déficits auditifs, visuels (strabisme etc) et les troubles du langage sont fréquents.

Les troubles sensori-moteurs doivent être recherchés : anomalies du schéma corporel, troubles de l'orientation temporo-spatiale.

Les troubles de la sphère bucco-linguo-faciale sont à l'origine des difficultés alimentaires, des dyspraxies limitant la parole : mobilité réduite de la langue, faciès figé, bouche trop ouverte, impossibilité de souffler, incontinence salivaire (l'enfant bave en permanence),

Les troubles neurovégétatifs sont fréquents de même que les troubles trophiques au niveau des membres paralysés.


[?] Traitement

Le meilleur traitement de l'anoxie néonatale est préventif : il vise à réduire au maximum le traumatisme obstétrical, l'infection néonatale et l'anoxie.

La surveillance de la grossesse et de l'accouchement sont les meilleures garanties.

Devant un enfant I.M.O.C., un bilan complet doit être établi afin de préciser :

- Le degré de dépendance motrice ;
- Le niveau mental ;
- Les troubles associés ;
- La valeur éducative et socioculturelle du milieu familial ;
- Les possibilités de scolarisation.

Ce bilan peut être réalisé au mieux dans un Centre d'action médico-sociale précoce (CAMSP)

La physiothérapie (kinésithérapie, ergothérapie, hydrothérapie, balnéothérapie, électrothérapie) est fondamentale. Les appareillages, les interventions orthopédiques (énotomies, transplantations, allongements, neurotomies, ostéotomies, greffes, etc.) ont une grande importance afin d'obtenir rapidement la verticalisation.

La rééducation orthophonique, les traitements anti-épileptiques sont également indispensables.

Des bilans radiologiques annuels (hanches, rachis) sont indispensables jusqu'à l'adolescence.

Les problèmes digestifs et nutritionnels doivent être dépistés. Les enfants sont souvent hypotrophiques du fait de leurs difficultés d'alimentation. Les déshydratations sont fréquentes. Les fausses routes sont souvent silencieuses mais répétées. Le reflux gastro-oesophagien est pratiquement constant et doit être surveillé et traité médicalement. La chirurgie du RGO se discute en cas de grande dénutrition liée au reflux, d'incidents respiratoires répétés, d'anémie, de risque de rétrécissement ou d'oesophagite et avant intervention d'ostéosynthèse rachidienne.

La ration alimentaire doit être hypercalorique, enrichie en vitamine D, en fer et en acide folique. Les boissons doivent être abondantes.

La constipation doit être dépistée et traitée : position, massages, diététique, hydratation, laxatifs et parfois évacuation d'un fécalome.

Les troubles respiratoires sont liés à la faiblesse des muscles respiratoires et aux fausses routes. Le traitement fait appel à la kinésithérapie respiratoire, les aérosols et les antibiotiques en cas de surinfection.

Toutes les vaccinations usuelles doivent être pratiquées. Les soins dentaires ne doivent pas être oubliés.

Peu de médicaments agissent sur la spasticité.

En cas d'I.M.O.C chez un enfant d'intelligence normale avec des parents ouverts et responsables, l'idéal est de scolariser l'enfant dans un milieu scolaire normal avec quelques adaptations nécessaires du fait de sa maladresse gestuelle, de sa lenteur et de sa fatigabilité.

Le plus souvent, la demi-pension ou le placement dans des centres spécialisés s'avèrent nécessaires. Ces centres spécialisés comprennent les maisons d'enfants à caractère sanitaire spécialisées et les centres de réadaptation pour handicapés physiques et sensoriels. Ces centres accueillent en internat ou en demi-pension, pour des séjours de longue durée, les enfants trop gravement handicapés pour pouvoir rester dans le milieu familial et fréquenter l'école municipale.

Les instituts médico-pédagogiques (I.M.P) reçoivent des enfants d'âges préscolaire et scolaire et leur donnent un enseignement général et pratique adapté à leurs facultés mentales ainsi qu'une formation gestuelle développant leur habileté manuelle.

Le comportement en famille est parfois difficile. L'aide d'un médecin ou d'un psychologue est souvent nécessaire.

L'enfant handicapé doit être traité par les autres membres de sa famille avec le plus de naturel possible. Le moral de l'enfant dépend en effet beaucoup plus de l'attitude de ses parents que de la nature de son handicap.

Les études psychologiques ont démontré que l'enfant infirme de naissance n'est pas honteux de son état. C'est le comportement de ses parents, de ses frères et soeurs qui risque de le rendre mal à l'aise.

L'enfant handicapé n'a pas besoin de pitié. Il doit être considéré comme l'égal de ses frères et soeurs, en tenant compte bien entendu de son handicap.



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Inhalation de corps étrangers
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'inhalation de corps étrangers est un accident fréquent chez le nourrisson dès le 5° mois de vie. On dénombre 700 cas par an en France, soit une incidence annuelle de 4 pour 10 000.

Les corps étrangers inhalés sont très divers:

cacahuètes, amandes, noisettes, pistaches, dragées, haricots, pois, graines, maïs, noyaux de cerises, pépins de melon, clous, vis, épingles, perles, grains de chapelet, cailloux, plomb de pistolet à air comprimé, grains de matière plastique, capuchon de stylo, petits bouchons et capsules de bouteille, phares de petites voitures, flèches de sarbacanes, anches de trompette, fragments de métal, punaises, agrafes, rivets, morceau d'os de poulet ou de lapin, arêtes de poisson, morceaux de carottes ou de radis, épine de raie, épis de graminée, boutons cassés, écrous, oeil de poupée, nez d'ours en peluche, remontoir de réveille-matin, fragments de crayon, allumettes, clochette de muguet en plastique, dent de lait...!



[?] Les signes de la maladie

Certains cas sont évidents.

L'enfant inhale un corps étranger qui se coince dans le larynx et entraîne une asphyxie mortelle en quelques minutes avant qu'aucune aide ne puisse arriver. C'est heureusement exceptionnel...!

L'enfant inhale au cours du repas ou de ses jeux un objet en présence de témoins. Brutalement, il suffoque, fait de violents efforts de toux sous forme de quintes coqueluchoïdes, se cyanose et en quelques instants, retrouve une respiration normale. C'est le "syndrome de pénétration" qui se calme le plus souvent assez rapidement.

Il faut alors faire une radiographie pour situer l'endroit du blocage et une bronchoscopie pour retirer l'objet.

D'autres cas sont plus difficiles à diagnostiquer.

Le syndrome de pénétration a été très discret : 2 ou 3 secousses de toux puis plus rien.

Ou bien, le syndrome de pénétration n'a été constaté par aucun témoin, l'enfant jouant seul dans sa pièce. Dès lors, la mère ne remarque rien, si ce n'est parfois la disparition insolite du nez du nounours ou d'un oeil de la poupée...!

L'enfant respire normalement quelques jours ou quelques semaines et puis brutalement se met à tousser. Cette toux est souvent variable dans le temps et avec la position de l'enfant. Des signes respiratoires et infectieux (fièvre) apparaissent. Le médecin consulté évoquera une crise d'asthme, une bronchite asthmatiforme, une bronchite, une laryngite, une mucoviscidose voire une coqueluche et différents traitements seront proposés : antibiotiques, corticoïdes, théophylline, antitussifs etc... Sans grand succès. Certes une amélioration sera obtenue temporairement mais les rechutes seront inéluctables tant que le diagnostic correct n'aura pas été posé.

Certains symptômes sont fonction du siège où s'enclave le corps étranger

Le siège de l'arrêt du corps étranger dans l'arbre respiratoire peut modifier les signes cliniques.

Dans l'hypopharynx, ce sont les troubles de la déglutition qui prédominent.

Dans le larynx, l'asphyxie est rapidement mortelle.

Dans la trachée, c'est une toux permanente. L'objet est souvent mobile avec la respiration et audible à l'auscultation.

Dans les bronches, la symptomatologie est variable. Le corps étranger peut être creux ou plat et dans ce cas ne pas gêner le libre passage de l'air.

Dans certains cas, l'objet s'enclave et obstrue tout à fait la lumière bronchique. L'air ne peut donc pas pénétrer dans le territoire pulmonaire correspondant. Les alvéoles ne sont plus ventilées et le parenchyme pulmonaire concerné se rétracte, se collabe, se ratatine : c'est l'"atélectasie".

Dans d'autres cas, à l'inspiration, l'air arrive à s'infiltrer entre l'objet et les parois grâce à la dilatation de la bronche mais à l'expiration, il ne peut plus sortir. En effet, la bronche se contracte, enserre un peu plus l'objet inhalé et l'air reste emprisonné, trappé, dans les alvéoles. A l'inspiration suivante, une nouvelle bouffée d'air pénètre, s'immisce derrière le corps étranger et se trouve également bloquée. Ce phénomène de soupape provoque un emphysème pulmonaire.

Tous ces phénomènes s'accentuent avec le temps du fait de l'inflammation des tissus avoisinants. La bronche peut s'obstruer progressivement par la réaction locale inflammatoire qui diminue son diamètre.

Les troubles de la ventilation favorisent l'infection respiratoire.

L'infection respiratoire récidive et évolue vers l'abcès du poumon puis l'infection chronique peut être responsable de dilatation des bronches.



[?] Radiographie des poumons

Lorsque le corps étranger est radio-opaque, c'est-à-dire visible sur une radiographie (objets métalliques etc..), le diagnostic est évident. Encore faut-il ne pas le confondre avec un objet "avalé" et coincé dans l'oesophage.

Le plus souvent, les corps étrangers inhalés sont radiotransparents (plastique, verre, caoutchouc, etc.) et donc invisibles sur les radios.

Dans ce cas, on recherche une atélectasie (opacité dense rétractile d'un segment ou d'un lobe avec pincement des espaces intercostaux, attraction du médiastin et surélévation du diaphragme) ou une image d'emphysème (hyperclarté d'un segment ou d'un lobe).

Le radiologue pratique des clichés en inspiration puis en expiration forcées afin de dépister une différence de tonalité entre les deux champs pulmonaires.


[?] Traitement

Lorsque le diagnostic est suspecté, seule la bronchoscopie faite par un spécialiste O.R.L. peut confirmer le diagnostic et retirer le corps étranger puisqu'en règle : "tout corps étranger des voies aériennes qui a pénétré par les voies naturelles peut être extrait par la même voie".

La prévention est fondamentale.

Il ne faut pas laisser à la portée des petits enfants les objets inhalables et en particulier les cacahuètes, noisettes, amandes, dragées, pop corn, pistaches qui provoquent un réflexe tussigène et une fausse-route.

Ces gourmandises ne devraient plus faire partie des "apéritifs" offerts sur table basse quand il y a des invités alors que des enfants en bas âge jouent dans le salon...!

Il faut éviter d'acheter ou d'offrir aux jeunes enfants des jouets trop petits ou qui se démontent en plusieurs petites parties.

Il ne faut pas devant eux, porter à la bouche des petits objets car les enfants s'empressent d'imiter les adultes.

Lorsqu'un enfant est trouvé un objet à la bouche, il ne faut surtout pas perdre son sang froid et se précipiter sur lui. Cette conduite risque en effet de l'effrayer et pour crier, l'enfant ouvre un large bec, aspire...et inhale l'objet!



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'insomnie
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'insomnie vraie regroupe deux sortes de symptômes :

L'impression de mal dormir la nuit : difficulté d'endormissement, éveils nocturnes ;
Et de mal être le jour suivant : somnolence diurne, troubles de l'attention et de la mémoire, difficultés de concentration dans la journée.... Le patient se sent somnolent, asthénique, irritable, mal à l'aise dans son corps, gêné dans son activité intellectuelle.
L'analyse de la qualité de l'état de veille (niveaux de vigilance et des performances, qualité de l'humeur, vécu somatique...) permet d'éviter le diagnostic erroné d'insomnie. Cette notion est primordiale car la prescription d'un hypnotique dans ces cas rendrait le patient véritablement insomniaque en quelques semaines.



[?] Causes et facteurs de risque

Toutes les formes de stress peuvent causer une hyperstimulation du système d'éveil : bruit excessif, anxiété chronique, traumatisme psychique, hyperactivité intellectuelle ou physique.

Certaines affections psychiatriques peuvent être en cause : début d'une décompensation délirante, accès maniaque, syndrome dépressif grave masqué...

Trois syndromes particuliers sont individualisés par l'enregistrement polygraphique du sommeil de nuit :

Le "syndrome des impatiences des membres inférieurs" provoquant des insomnies rebelles par difficultés d'induction du sommeil ;
Le "syndrome de secousses périodiques des membres inférieurs" provoquant une insomnie par réveils multiples.
Ces deux premiers syndromes souvent associés se rencontrent avec une grande fréquence chez les patients alcooliques chroniques et chez l'insuffisant rénal, hépatique ou respiratoire. Des formes familiales ont été décrites. Certains médicaments (antidépresseurs) et toxiques (café, alcool) peuvent déclencher les deux syndromes chez des personnes prédisposées.

Le "syndrome d'apnées périodiques au cours du sommeil" : tout obèse mais aussi tout ronfleur qui dort mal a probablement des apnées du sommeil dont la fréquence augmente avec l'âge. Elles sont favorisées par la prise de benzodiazépines et d'alcool. A partir d'un certain nombre d'apnées, on parle de syndrome d'apnée périodique qui peut induire une insomnie mais aussi provoquer des conséquences cardio-respiratoires.
Les facteurs alimentaires

L'alcool est très souvent à l'origine de troubles du sommeil. Chez le sujet non éthylique, il facilite l'endormissement mais procure un sommeil de mauvaise qualité, léger et instable. L'éthylique chronique a un sommeil profondément altéré.

Le médecin trouve parfois à l'origine d'une insomnie une consommation excessive de café ou de thé ou bien un régime amaigrissant soutenu par des amphétaminiques


Les facteurs psychologiques et psychiatriques

Un sommeil perturbé est observé au cours de nombreuses affections psychiatriques :

Les causes psychiques provoquées par des soucis ou difficultés de relation avec les entourages familiaux ou socioprofessionnels ;
Une dépression liée à la perte d'un proche ou de l'emploi.
L'insomnie chronique est fréquente chez les malades souffrant de phobies, névrose d'angoisse, troubles de la personnalité ou ceux atteint de dépression.
Les décompensations psychotiques provoquent d'importants troubles du sommeil.




[?] Les signes de la maladie

L'insomnie initiale, par difficulté d'endormissement

Le patient, souvent, se couche déjà avec la conviction qu'il ne pourra pas trouver le sommeil. A rechercher ce sommeil avec acharnement, celui-ci échappe en raison de la tension anxieuse. Au bout de plusieurs heures, l'insomniaque s'endort enfin pour parfois s'éveiller peu de temps après et se retrouver dans la même pénible situation d'un réendormissement difficile.

Des problèmes organiques peuvent favoriser ou déclencher à eux seuls ce type d'insomnie.

L'anxiété joue un rôle important.

L'insomnie par éveils multiples

Le sommeil va être fragmenté par des éveils, confrontant le patient de façon répétitive au problème de réendormissement.

Les causes d'éveil sont multiples : modification de l'environnement, rêves d'angoisse, parasomnies, problèmes organiques...

L'anxiété joue là encore un rôle important.

L'insomnie terminale, par réveil précoce

Elle se voit dans la dépression ou chez le sujet âgé. Dans ce type d'insomnie, l'endormissement est le plus souvent rapide. Mais au bout de quelques heures de sommeil, le sujet se réveille sans pouvoir se rendormir. Il va attendre des heures, aux prises à des ruminations pessimistes, un sommeil qui souvent ne redevient possible qu'au moment où la vie sociale impose le lever. Elle entraîne souvent une somnolence pendant la journée.

Des formes mixtes se rencontrent mêlant de façon variable difficultés d'endormissement, éveils multiples et réveil précoce.



[?] Evolution de la maladie

En fonction de l'ancienneté du symptôme on distingue insomnie aiguë et chronique dont l'approche et le traitement sont bien différents.

L'insomnie aiguë est due à des circonstances particulières et précises (conflits professionnels ou familiaux, soucis...). Un traitement court suffit généralement, qu'il est possible d'arrêter rapidement.

L'insomnie chronique est un problème différent et il importe d'abord de retrouver une cause à cette insomnie.

Schématiquement, l'histoire d'un grand nombre d'insomniaques se déroule en trois étapes :

Il s'agit d'abord, à la faveur d'un événement traumatisant, d'une première nuit sans sommeil, suivie de nuits où l'endormissement devient paradoxalement plus difficile. Cet événement traumatisant est extrêmement variable et renvoie souvent à l'expérience de la perte (deuil, licenciement, divorce, mutation, déménagement etc...). Il ne s'agit à ce stade que d'une simple réaction neuropsychologique : l'insomnie est occasionnelle.

La répétition des événements traumatisants, l'existence d'une personnalité à haut risque d'insomnie (personnalité obsessionnelle et phobique), une prescription inadéquate ou abusive d'hypnotiques vont favoriser la pérennisation du trouble : l'insomnie persiste et devient un symptôme dont les causes sont multiples.

L'insomnie peu à peu s'automatise. L'événement a de moins en moins d'impact sur le symptôme. Une dépendance aux hypnotiques apparaît, aux confins de la toxicomanie. Le médicament a échappé à sa fonction première d'induction et de maintien du sommeil, il est devenu inefficace.

Les doses sont telles qu'en plus il entretient l'insomnie en désorganisant le peu de sommeil encore possible. Enfin, il altère l'activité dans la journée en favorisant la somnolence.

La vie du patient s'organise autour de l'insomnie : c'est l'insomnie-maladie (insomnie chronique ou persistante).



[?] Traitement

Le traitement de la cause

Lorsqu'une cause à l'insomnie est reconnue, son traitement permet de retrouver le sommeil.

En cas de tableau psychiatrique, une thérapeutique psychotrope spécifique (neuroleptiques, antidépresseurs...) normalise le sommeil.

La protection contre le bruit s'impose.

Une température optimale (ni trop chaude ni trop froide) est importante.

La suppression des facteurs favorisants et selon les cas un anxiolytique, un antidépresseur peuvent être utiles.

Les thérapeutiques non médicamenteuses

Lorsque l'insomnie se révèle être un symptôme névrotique, les méthodes utilisées sont d'ordre psychothérapeutique : psychothérapie de soutien, psychanalyse, psychodrames etc...

Lorsque l'insomnie est la conséquence d'une hyperstimulation du système de veille, le traitement fait appel à certaines règles d'hygiène et aux techniques de relaxation (training autogène de Schultz, techniques de bio-feedback...).

Des conseils à ce sujet sont utiles :

a) L'hygiène du sommeil

Il faut élaborer des règles de comportement simple pour faciliter le sommeil :

Pratiquer régulièrement des exercices physiques dans l'après-midi pour favoriser l'endormissement (mais pas le soir) ;
Eviter un excès d'activité intellectuelle en fin de journée qui stimule l'activité du système d'éveil ;
Eviter la consommation excessive de thé et de café ;
Avoir des horaires de lever réguliers ;
Organiser le sommeil en fonction de l'individu : ne pas modifier le rythme d'un patient habitué à se coucher tard et inversement ;
La protection contre le bruit est impérative ;
Eviter les températures trop élevées ou trop basses ;
Essayer de garder toujours le même environnement ;
Accorder l'heure du coucher au désir de dormir ;
Lors d'un lever nocturne, manger et pratiquer une activité jusqu'à réapparition du besoin de dormir (télévision, lecture...) ;
Eviter les siestes de longue durée et tardives.
b) Les thérapeutiques comportementales

Elles sont diverses et tendent principalement à retarder l'heure du coucher en imposant des horaires de lever très réguliers et en ne permettant la récupération de la dette de sommeil que pendant les heures habituelles du sommeil. Apprendre au patient à éliminer tous les stimuli s'opposant au sommeil ; relaxation dans la journée par les méthodes de Jacobson, training autogène de Schultz, méthodes de rétroaction biologique (biofeedback).

Pour découvrir la créativité irremplaçable du sommeil et du rêve, encore faut-il savoir allier la quantité à la qualité, c'est ce que proposent certains clubs de rééducation.

La phase d'endormissement concerne le plus directement l'art de bien dormir : c'est un état intermédiaire entre la veille et le sommeil. Elle constitue une zone de transition qui permet d'observer certains phénomènes psychologiques propres au sommeil et la fragilité de cette fonction.

Pour s'accomplir, l'endormissement est souvent entouré d'un rituel d'habitudes individuelles, familiales ou collectives comme la lecture de quelques pages d'un livre... La suite des événements qui composent cette phase cruciale est difficile à analyser soi-même, parce que dans ce cas, on en modifie le déroulement. Les études dans les laboratoires de sommeil ont permis d'élucider les phénomènes.

Vers 22 ou 23 heures, le sujet commence à se détendre. Sa température corporelle baisse, ses yeux se ferment et il repose sans mouvement. Les rythmes rapides et réguliers de son électroencéphalogramme, jusque là de 25 c/s font place à un rythme plus lent de 8 à 12 cycles/seconde. Le sujet se trouve dans un état d'apaisement et de bien-être, dénué de pensées actives. Dans la conscience, seules quelques images vagues et incertaines continuent à flotter. Il perd alors la notion du temps, tandis que les ondes de son électroencéphalogramme continuent à se ralentir.

Le problème du sommeil est presque entièrement résumé à des troubles de cette phase d'endormissement, ce moment intermédiaire entre l'état de veille et le véritable sommeil.

Les recettes, les petits remèdes vont du bain chaud à la douche froide, en passant par les tisanes calmantes, le lait chaud, les massages, les promenades, et la disposition de la literie (en particulier la place, la fraîcheur, le gonflant des oreillers).

La méthode de "compter les moutons" est efficace à condition de supprimer... les moutons. L'image de l'animal est trop concrète, trop identique. Il faut s'imaginer plutôt des chiffres tous différents. Leur succession mobilise les centres nerveux et empêchent la survenue d'autres pensées troublant l'endormissement.

La qualité sédative des programmes de télévision varie selon les patients. D'autres ont des livres qui les endorment régulièrement. L'insomnie de fin de nuit est plus difficile à maîtriser par ces méthodes.

Les médicaments pour dormir

Plusieurs familles de psychotropes sont proposées: les barbituriques, les neuroleptiques sédatifs, les antihistaminiques, les antidépresseurs sédatifs, les benzodiazépines et plus récemment les nouveaux hypnotiques tels que le zolpidem et la zopiclone.

Les barbituriques ne doivent plus être utilisés dans cette indication : Aparoxal, Binoctal, Epanal, Gardénal, Imménoctal, Insomnyl, Optanox, Sonéryl etc...
Les neuroleptiques sédatifs (Nozinan, Théralène, Tercian) : ils peuvent induire un syndrome extra-pyramidal et des dyskinésies tardives ;
Les antihistaminiques du type hydroxyzine (Atarax) peuvent être efficaces ;
Les antidépresseurs sédatifs sont utilisés pour traiter les insomnies symptomatiques de dépression et aussi comme hypnotiques en cas d'insomnie par éveils multiples ou réveil précoce même sans dépression. Certains antidépresseurs tels que la miansérine (Athymil ) et la trazodone (Pragmarel) sont sédatifs, anxiolytiques, dénués d'effets anticholinergiques (sécheresse de bouche, constipation, vertiges) et sont très actifs dans ce type d'insomnie. Donnés à doses inférieures aux doses antidépressives, ils sont en général bien tolérés, respectent le sommeil lent profond et gardent leur efficacité plusieurs mois ;
Les benzodiazépines(BZD) sont de bons hypnotiques à condition de ne les prendre qu'à bon escient et pour une durée limitée. Leur utilisation principale est la lutte contre l'anxiété.
Les benzodiazépines remplacent de plus en plus les barbituriques dans le traitement de l'insomnie. Elles perturbent moins les rythmes du sommeil et les risques d'intoxication sont moindres.

La torpeur du lendemain matin avec bouche pâteuse reste le principal inconvénient avec somnolence diurne.

L'accoutumance et la dépendance physique les font considérer par certains comme de véritables drogues.

Parmi les contre-indications de ces produits : la myasthénie, la grossesse.

Leurs inconvénients doivent être connus :

Modification de l'architecture du sommeil (diminution de la durée du sommeil lent profond et du sommeil paradoxal, les deux sommeils "utiles") ;
Effet à court terme s'épuisant à long terme ;
Phénomène de dépendance et syndrome de sevrage ;
Effets résiduels diurnes indésirables sur la vigilance et les performances ;
Risque d'augmentation de l'anxiété diurne et/ou insomnie du petit matin par phénomène rebond avec les hypnotiques à demi-vie ultra-brève ;
Troubles de la mémoire ;
Aggravation des apnées de sommeil
Parmi les autres produits, certains sont des mélanges :

==> Benzodiazépines et phénothiazines : Noctran 10
==> Méprobamate et phenothiazines : Mépronizine...

Les hypnotiques de troisième génération (zolpidem ou Stilnox et zopiclone ou Imovane) se rapprochent du modèle de l'hypnotique idéal. Leur tolérance clinique et biologique est bonne, les effets indésirables sont rares. L'activité hypnotique est bonne et il n'y a pas de modification de l'architecture du sommeil (respect du sommeil paradoxal et du sommeil lent profond). Les risques d'échappement thérapeutique, l'altération des performances diurnes, les troubles de mémoire sont beaucoup moins marqués qu'avec les benzodiazépines. La zopiclone n'aggrave pas les apnées de sommeil. Le zolpidem a une demi-vie plus brève.
Utilisation de ces médicaments

Ces produits ne doivent être prescrits que dans des cas très précis et pendant de courtes périodes.

La plupart des somnifères ne sont efficaces qu'au début du traitement et leur efficacité s'épuise en quelques jours ou semaines.

La plupart des hypnotiques peuvent créer des inconvénients lorsque le patient cesse de les prendre. Lorsqu'il recommence, il doit prendre des doses plus importantes.
Les médicaments à base de benzodiazépines altèrent la qualité du sommeil profond, la plupart des autres peuvent réduire la durée du sommeil paradoxal.
Le danger d'accoutumance aux médicaments est réel et ne se limite pas aux seuls barbituriques. A l'arrêt du produit, les manifestations de sevrage ne sont pas rares : troubles du sommeil, vertiges, vomissements, crampes d'estomac, angoisse, cauchemars, troubles de la miction etc...

L'arrêt des somnifères doit donc être très progressif pour éviter ces conséquences. Ils sont lentement éliminés par l'organisme et agissent donc également le lendemain dans la journée : c'est le phénomène de la "gueule de bois". Le patient ne se sent pas bien, il se concentre mal et la conduite automobile est déconseillée car les réflexes sont très amoindris.

Les indications médicamenteuses

L'insomnie aiguë réactionnelle

C'est dans ce type de situation que l'efficacité d'un hypnotique est remarquable. Il va permettre au sujet d'échapper au conditionnement provoqué par une succession de mauvaises nuits et d'interrompre l'enchaînement "insomnie-crainte de l'insomnie".

Un traitement court est le plus souvent justifié, même si l'hygiène de vie et la relaxation suffisent parfois, car le patient présente un risque de somnolence diurne qui peut être dangereuse pour lui-même ou pour les autres.

Un hypnotique de troisième génération est prescrit pendant un temps limité et sous contrôle médical. Quand angoisse et anxiété prédominent, les benzodiazépines seront préférées

L'insomnie persistante non traitée

Le but essentiel est de permettre au médicament hypnotique de rester hypnotique. La prescription ne doit pas excéder 2 à 3 semaines, en essayant d'éviter la prise d'une dose pleine chaque soir. La technique de "posologie variable" est souvent utilisée :

1° et 2° jour : 1 comprimé ;
3° jour : 1/2 comprimé ;
4° jour : 1/4 de comprimé ;
5 et 6° jour : pas de comprimé ;
7° jour : reprise de la séquence.
Bien entendu, toutes les variations sont possibles, l'essentiel étant de préserver l'efficacité de l'hypnotique et ainsi d'éviter l'augmentation des doses et les associations.

Les thérapeutiques non pharmacologiques sont souvent nécessaires.

L'insomnie persistante déjà traitée

La prescription d'un autre hypnotique est à éviter. Le traitement de l'insomnie passe par le sevrage des hypnotiques, les thérapeutiques comportementales et éventuellement les anxiolytiques donnés dans la journée ou les antidépresseurs sédatifs donnés le soir.

Une technique de sevrage propose de supprimer brutalement tous les somnifères chimiques pendant une dizaine de jours ; le patient ne dormira pas mais le sommeil naturel ne tardera pas à revenir.

Quelques règles de sevrage d'hypnotiques doivent néanmoins être connues du patient :

Ne pas essayer d'arrêter de prendre un médicament hypnotique si on ne le désire pas vraiment car l'échec est alors certain ;
Ne pratiquer ce sevrage qu'en absence de syndrome dépressif, d'anomalies cardiovasculaires, d'activité intense ;
Connaître à l'avance les désagréments qui vont survenir : diminution ou absence de sommeil, fatigue, irritabilité, nervosité, tremblements, sensations vertigineuses ;
Prévoir quelque chose en remplacement de l'hypnotique : thérapeutique comportementale, antidépresseur ;
Une bonne relation entre le médecin et son patient est primordiale.


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'insuffisance cardiaque
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

Il y a insuffisance cardiaque quand le coeur ne peut plus effectuer correctement son travail de pompe : il n'assure plus le débit sanguin nécessaire au bon fonctionnement des tissus.

Il s'ensuit en aval une diminution de la vascularisation sanguine et en amont un encombrement du sang dans le système veineux de retour : la voie vers le coeur droit et celle vers le coeur gauche sont obstruées


[?] Deux causes sont possibles

Le myocarde peut avoir perdu une partie de sa contractilité ; c'est le cas par exemple d'un défaut d'oxygénation des cellules par athérosclérose des artères coronaires ou bien d'une atteinte toxique ou inflammatoire des cellules myocardiques ;
Les cavités cardiaques peuvent avoir perdu leur propriété de se dilater ; c'est le cas d'une fibrose réduisant l'élasticité du coeur, d'une hypertrophie du myocarde ou d'une dilatation maximale des cavités (myocardiopathies dilatées idiopathiques).

[?] Mécanismes

On distingue :

L'insuffisance cardiaque droite (insuffisance ventriculaire droite IVD) ;
Et l'insuffisance cardiaque gauche (insuffisance ventriculaire gauche IVG).
Les deux processus sont souvent liés dans une insuffisance cardiaque globale.

Au niveau du coeur droit (insuffisance ventriculaire droite):

Le ventricule droit, pour une raison ou une autre, n'arrive plus à éjecter le sang vers les poumons. Il se crée une stase (ralentissement de la circulation) qui se répercute sur toutes les structures en amont : les veines jugulaires sont turgescentes, le foie est gros et douloureux. Des oedèmes apparaissent aux membres inférieurs etc.
En aval, la mauvaise transfusion des poumons provoque un essoufflement (dyspnée).

Au niveau du coeur gauche (insuffisance ventriculaire gauche):

En amont, le sang voit sa pression augmenter dans les capillaires pulmonaires puisque l'oreillette gauche ou le ventricule gauche ne peuvent pas effectuer leur travail (poumon cardiaque). Le poumon, du fait de tout ce sang qu'il ne peut évacuer correctement par les veines pulmonaires vers l'oreillette gauche, ne peut plus effectuer normalement sa fonction de ventilation et le patient a du mal à respirer (dyspnée : respiration pénible et accélérée, d'abord à l'effort puis de façon permanente s'accentuant en position couchée). Au bout d'un certain temps, les capillaires pulmonaires vont se "muscler" pour augmenter leur pression et essayer de chasser le sang vers l'oreillette gauche. Cette réaction entraîne une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) qui va se répercuter sur le ventricule droit. En effet celui-ci doit exercer une pression de plus en plus forte pour envoyer le sang dans l'artère pulmonaire. Une insuffisance ventriculaire droite ne tarde pas alors à se manifester.
En aval, la diminution de la fonction de la pompe cardiaque entraîne une diminution de la vascularisation de tous les tissus et notamment du rein avec diminution de la filtration rénale et de l'élimination des urines (oligurie).
Au niveau du coeur droit et gauche :

Pour compenser sa défaillance, le coeur va essayer de réagir en accélérant son rythme et en distendant ses cavités provoquant ainsi une perte d'étanchéité des valvules. Le pouls est accéléré, irrégulier. L'auscultation fait entendre un bruit de galop (rythme à 3 temps) et un souffle systolique


[?] Causes et facteurs de risque

Les causes d'une insuffisance cardiaque droite :

Il s'agit le plus souvent d'une cause pulmonaire : le poumon malade entrave la circulation sanguine et cette gêne se répercute en amont au niveau du coeur droit :

Maladies pulmonaires chroniques provoquant un coeur pulmonaire chronique ou IVD chronique (broncho-pneumopathies obstructives : asthme à dyspnée continue, bronchite chronique compliquée, emphysème...) ;
Séquelles de tuberculose ;
Silicose, pneumoconioses ;
Fibroses pulmonaires (polyarthrite rhumatoïde, lupus...) ;
Hypertension artérielle pulmonaire (coeur pulmonaire chronique post-embolique...)
Il peut s'agir d'une cause cardiaque :

Le coeur pulmonaire aigu est le résultat d'une embolie pulmonaire chez un opéré récent, une accouchée ou un cardiaque alité souffrant de phlébite. Les symptômes sont une dyspnée aiguë, un point de côté thoracique, une angoisse, un malaise, parfois une syncope. La tachycardie, le gonflement des veies jugulaires et le foie sensible traduisent l'insuffisance ventriculaire droite brutale. Le tableau peut être plus grave : dyspnée aiguë asphyxique, collapsus, mort subite...
La scintigraphie et l'angiographie pulmonaire, l'échographie, sont les examens complémentaires les plus utiles.

Le retentissement sur le coeur droit d'une insuffisance cardiaque gauche ;
Le rétrécissement de la valve mitrale ;
D'autres cardiopathies : sténose pulmonaire, insuffisance tricuspide, péricardite constrictive, hyperthyroïdie...
Les causes d'une insuffisance cardiaque gauche :

Une valvulopathie décompensée (cardiopathie congénitale ou valvulopathie de rhumatisme articulaire aigu) et en cas de fièvre, le médecin craindra une endocardite d'Osler ;
Une hypertension artérielle ;
Une insuffisance respiratoire chronique ;
Un infarctus du myocarde (ou une insuffisance coronarienne)...
Un trouble du rythme cardiaque ;
Une cause non cardiaque : dans certains cas en effet, le coeur est sain mais il est soumis à des conditions de travail excessives et obligé de fournir un débit sanguin trop élevé :
En cas d'anémie chronique ;
En cas de shunt artério-veineux ;
En cas d'hyperthyroïdie ;
En cas d'effort physique intense et prolongé...
L'insuffisance ventriculaire gauche peut aussi se voir dans certaines maladies :

Ne symphyse péricardique (séquelle) ;
Une amylose ;
Une hémochromatose ;
Une myocardiopathie non obstructive ;
Une tumeur du coeur (myxome de l'oreillette gauche) ;
Une maladie du collagène ;
Une sarcoïdose ;
Une cardiopathie nutritionnelle (alcoolisme, béribéri) ;
Une maladie neuro-musculaire ;
Une fibro-élastose de l'endocarde ;
Une cardiopathie puerpérale liée à la grossesse.
Les causes d'insuffisance cardiaque globale

L'insuffisance cardiaque globale résulte le plus souvent de l'association à l'insuffisance ventriculaire gauche d'une insuffisance ventriculaire droite.

Les causes sont surtout:

L'ischémie myocardique ;
Les myocardiopathies ;
La maladie mitrale.
Les symptômes associent les signes respiratoires de l'insuffisance ventriculaire gauche à la surcharge veineuse de l'insuffisance ventriculaire droite. D'autres signes s'ajoutent :

Une insuffisance rénale : oedèmes, augmentation dans le sang de l'urée et de la créatinine, fuite de sel dans les urines ;
Des troubles digestifs : anorexie, nausées ;
Des troubles neurologiques : insomnie, dyspnée de Cheyne Stockes (alternance d'une respiration ample et rapide avec agitation puis ralentie avec pause et abattement).
Dans sa forme aiguë, l'insuffisance cardiaque globale réalise le choc cardiogénique redoutable: tachycardie, pâleur, sueurs, collapsus.



[?] Les signes de la maladie


La dyspnée (gêne respiratoire) est le principal symptôme : le patient éprouve des difficultés pour respirer durant les efforts (dyspnée d'effort), couché au lit (dyspnée de décubitus) ou par crises la nuit.

Le foie cardiaque est gros et douloureux. Les douleurs liées à l'effort sont d'apparition brutale ou au contraire plus sourdes, à type de pesanteur, de striction, au niveau du flanc droit ou au creux épigastrique et irradiant vers le dos. Cette douleur oblige le malade à s'arrêter puis disparaît. Elle revient dès que le patient reprend son effort (marche, alimentation). Elle peut prêter à confusion avec une colique hépatique ou même une urgence chirurgicale abdominale (appendicite etc.).

D'autres symptômes sont présents:

Une tachycardie (accélération du rythme cardiaque) ;
Un bruit de galop (rythme cardiaque particulier à 3 temps évoquant le bruit du galop d'un cheval) ;
Un souffle cardiaque doux (insuffisance valvulaire fonctionnelle) ;
Des jugulaires (veines du cou) distendues en permanence ou plus souvent lors de la recherche du reflux hépato-jugulaire (le médecin comprime doucement la région du foie sur le malade en position demi-assise et constate une turgescence des veines jugulaires qui dure tant que dure la compression pour disparaître peu après) ;
Un pincement de la tension artérielle (rapprochement des deux chiffres) ;
Une cyanose ;
Une oligurie (le malade urine peu) ;
Une ascite (épanchement de liquide dans la cavité péritonéale) ;
Des oedèmes : d'abord prise de poids rapide et insolite puis oedèmes évidents au niveau des chevilles, des jambes, des cuisses et des lombes. Au début ces oedèmes sont blancs, mous et indolores. Lorsque le médecin appuie le doigt dessus, il se crée une cupule visible sur la peau dont on dit qu'elle garde le godet. Avec le temps, ces oedèmes deviennent permanents, durs, parfois douloureux (thrombose veineuse).


[?] Examens et analyses complémentaires

La radiographie thoracique de face montre un coeur augmenté de volume ;
L'électrocardiogramme est d'un grand intérêt ;
L'échographie est un examen fondamental ;
L'enregistrement Holter continu de l'ECG montre la très grande fréquence des troubles du rythme ventriculaire chez les patients souffrant d'insuffisance cardiaque.
D'autres examens sont nécessaires en milieu spécialisé : examens hémodynamiques, cathétérisme, radiologiques (coronarographie), biologiques, histologiques, bactériologiques, parasitaires, immunologiques, etc


[?] Evolution de la maladie et complications

L'évolution de l'insuffisance cardiaque chronique est grave dans l'ensemble. Les poussées sont de moins en moins sensibles au traitement. La mort peut survenir lors d'un épisode de surinfection pulmonaire, d'un trouble du rythme cardiaque ou d'une embolie pulmonaire.

La mort subite frappe des patients qui meurent brutalement en quelques secondes (ou minutes) alors que leur état ne semblait pas inspirer d'inquiétude particulière à court terme. Elle est liée en général à un trouble du rythme : tachycardie ventriculaire (TV) ou fibrillation ventriculaire (FV).

D'autres causes de mort subite sont possibles : infarctus aigu massif, embolie pulmonaire massive, hémorragie cérébrale cataclysmique, rupture aortique.

Classification internationale de l'insuffisance cardiaque

L'Association cardiologique américaine de New-York ("NYHA" aux Usa) a établi des critères pour chiffrer l'importance du handicap et la nature des traitements correspondant aux patients souffrant d'insuffisance cardiaque.

Pour le handicap (capacité fonctionnelle ou invalidité), le médecin distingue 4 classes :

Classe I : pas de limitation de l'activité physique. L'activité physique habituelle n'engendre pas de fatigue exagérée, de palpitations, de dyspnée ni de douleurs angineuses.

Classe II : limitation modérée de l'activité physique. Absence de symptôme au repos, mais l'activité physique habituelle entraîne fatigue, palpitation, dyspnée ou douleur angineuse.

Classe III : limitation marquée de l'activité physique. Absence au repos de symptômes, mais une activité physique inférieure à la normale entraîne fatigue, palpitations, dyspnée ou douleurs angineuses.

Classe IV : impossibilité d'effectuer toute activité physique sans gêne. Les symptômes d'insuffisance cardiaque ou d'angor existent parfois même au repos. La gêne est augmentée par toute activité physique.

Pour le traitement : le médecin distingue 5 classes :

Classe A : pas de restriction de l'activité physique ;

Classe B : l'activité physique habituelle ne doit pas être réduite mais les efforts inhabituels ou les compétitions seront évités ;

Classe C : L'activité physique habituelle est modérément réduite et les efforts plus violents interdits ;

Classe D : L'activité physique ordinaire est notablement réduite ;

Classe E : le patient reste au repos complet, sur une chaise ou au lit...

Traitement

Il repose d'abord sur des conseils d'hygiène de vie:

Le repos permet de diminuer le travail cardiaque. Dans certains cas, le repos est strict au lit (infarctus récent).
Plus fréquemment, c'est un repos partagé entre le lit (position demi-assise avec des oreillers) et le fauteuil afin d'éviter les stases sanguines dans les poumons et les veines qui risquent de provoquer des thromboses veineuses (phlébites, embolies pulmonaires etc.). Le patient doit remuer souvent les jambes pour activer la circulation du sang. Des bas élastiques sont conseillés en cas de gonflement des jambes.

En dehors des poussées, le patient peut reprendre une certaine activité à condition de s'arrêter dès le moindre essoufflement. Une bonne nuit de 8 heures, une petite sieste après le repas de midi sont très efficaces.

La reprise du travail est fonction des circonstances (réduction d'activité, d'horaires etc..). Il faut choisir le mode de transport le moins fatigant et le moins énervant.

Certains sports (marche, vélo en terrain plat) peuvent progressivement être repris en excluant toute compétition, tous sports violents.

Le régime appauvri en sel doit supprimer totalement :

Le pain et les biscottes ;
Le lait ;
Les charcuteries et les conserves ;
Les poissons de mer, les crustacés, les huîtres ;
Les fromages, les pâtisseries ;
Les eaux minérales gazeuses ;
Les médicaments contenant du sodium...
Sont autorisés par contre :

Pain et biscottes sans sel ;
Lait sans sel ;
Moutarde sans sel ;
Sels diététiques non sodés (lithium, potassium)...
En cas d'excès de sel une seule fois mais en grande quantité, le patient risque une crise de suffocation nocturne. Un excès en petite quantité mais souvent répété entraîne des oedèmes : la prise de 1 ou 2 kg en quelques jours traduit un écart de régime.

L'alimentation doit être équilibrée. L'obésité doit être combattue. La constipation sera soignée pour éviter les efforts violents de défécation : boissons abondantes, légumes verts et fruits seront utilisés largement.

En cas de prise de diurétiques éliminant l'eau, le sel et le potassium, le patient doit compenser la perte en potassium en mangeant des légumes et des fruits secs.

Les médicaments :

Les tonicardiaques : digitaline (Digoxine), ouabaïne, cédilanide demeurent le traitement de base de l'insuffisance cardiaque, en association avec :
Les diurétiques.
Le dosage régulier des taux sanguins de digitaliques est un élément fondamental dans la surveillance du traitement.

D'autres médicaments sont utilisés :

L'amiodarone (Cordarone) ;
Les dérivés nitrés ;
La dihydralazine ;
Les bêtabloquants dans certaines formes d'insuffisance cardiaque ;
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (captopril ou Lopril, , énalapril ou Renitec) ;
Les sédatifs et anxiolytiques ;
Le traitement anticoagulant pour éviter les thromboses veineuses surtout chez les malades alités et en cas de troubles du rythme ;
Le vaccin contre la grippe à chaque automne ;
L'évacuation des épanchements séreux (ponction pleurale ou d'ascite).
Le défibrillateur automatique implantable, la transplantation cardiaque et le coeur artificiel sont les ultimes méthodes de traitement.



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Insuffisance cardiaque du nourrisson
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'insuffisance cardiaque est réalisée lorsque le coeur, pour une raison ou une autre, n'arrive plus à exercer sa fonction de pompe. Le diagnostic n'est pas toujours évident. Il n'est pas rare que l'insuffisance cardiaque simule une infection respiratoire, une affection neurologique ou de simples troubles digestifs.



[?] Les signes de la maladie

Le début est brutal ou rapidement progressif. La dyspnée est le premier signe qui attire l'attention : l'enfant a du mal à respirer. Cette dyspnée est d'abord intermittente et ne se révèle que lors des cris ou de la prise des biberons ; l'enfant boit mal et se fatigue vite. Les vomissements sont fréquents.

Très vite, cette gêne respiratoire va s'aggraver. C'est bientôt une polypnée superficielle (70 mouvements respiratoires/mn ou plus). Curieusement, cette respiration rapide ne s'accompagne d'aucun signe de détresse respiratoire. Il n'y a ni tirage intercostal, ni battement des ailes du nez ni aucun signe de lutte respiratoire. La dyspnée est soulagée en position verticale et s'aggrave lorsque le nourrisson est couché sur le dos.

La cyanose est inconstante et discrète ; pour être visible, elle demande un examen minutieux à la lumière du jour. La pâleur des extrémités, des lèvres et de la langue est frappante. Des troubles du comportement traduisent l'hypoxie cérébrale qui résulte de la baisse du débit sanguin local : le nourrisson est anxieux, agité, et des troubles de la conscience, voire des convulsions peuvent survenir. Une petite toux faible, continue, coqueluchoïde, désoriente parfois le diagnostic.

L'examen clinique du nourrisson, en dehors des pleurs, met en évidence une tachycardie (160 à 200 pulsations/mn) et parfois des signes d'oedème aigu des poumons. Il existe un gros foie douloureux, le foie débordant le gril costal et la ligne médiane de 4 cm ou plus. L'augmentation de volume de la rate peut s'y associer. Les veines périphériques, dilatées, sont bien visibles.

La rétention hydrosodée est de règle mais les oedèmes sont difficiles à apprécier chez l'enfant de cet âge. Ils sont souvent remplacés chez le nourrisson par une prise de poids insolite les jours précédant la décompensation.

Les clichés radiographiques du thorax de face permettent de calculer l'index cardiothoracique. L'index cardiothoracique (ICT) est le rapport entre la plus grande largeur de la silhouette cardiaque et la plus grande largeur du thorax. Il est normalement inférieur ou égal à 0,50-0,55. Lorsqu'il est supérieur à 0,55-0,60 , il traduit une cardiomégalie.



[?] Causes et facteurs de risque

Elles sont variées :

- Cardiopathies congénitales ;

- Myocardite

- La fibro-élastose sous-endocardique est un syndrome anatomoclinique primitif ou secondaire à une cardiopathie congénitale. L'insuffisance cardiaque s'installe progressivement chez le nourrisson au cours des 6 premiers mois de vie. L'ECG traduit l'hypertrophie du ventricule gauche. Le pronostic est sévère.

- La maladie de Pompe est une glycogénose généralisée, héréditaire, dont les manifestations cardio-musculaires sont importantes. L'insuffisance cardiaque s'associe à une splénomégalie et à une grosse langue. La cardiomégalie est impressionnante. L'évolution est le plus souvent fatale au cours de la première année.

- La tachycardie paroxystique supra-ventriculaire (TSV) est suspectée lorsque la fréquence cardiaque est supérieure à 200/mn. C'est la maladie en cause dans l'observation qui ouvre ce chapitre. Elle serait due à un trouble de la conduction électrique au niveau de certaines fibres du tissu nodal alors que des fibres voisines conduisent l'influx électrique normalement. Cette anomalie est fréquente au cours des premiers mois de la vie au niveau du noeud d'Aschoff-Tawara qui n'a pas encore atteint sa maturation définitive. L'ECG confirme l'origine supra-ventriculaire de ce trouble du rythme : c'est une tachycardie jonctionnelle par rythme réciproque. Les garçons sont plus touchés que les filles. La maladie se déclare dans 35% des cas au cours des 3 premières semaines de vie et dans 60% des cas au cours des 4 premiers mois de la vie. Le début est parfois in-utéro. Les signes révélateurs sont le refus du biberon, des vomissements, une toux, une fièvre ou une hypothermie. Les signes digestifs font souvent méconnaître la tachycardie au début surtout lorsque le nourrisson est agité et pleure. L'insuffisance cardiaque s'installe en moins de 24 heures : polypnée, gros foie, teint grisâtre, gros coeur à la radio. La fréquence cardiaque est entre 200 et 300/mn. L'importance de l'insuffisance cardiaque est fonction de la fréquence cardiaque, de l'âge du nourrisson et de la durée de la crise. Lorsque la TSV est découverte tôt, elle reste bien tolérée. Par contre, elle ne guérit presque jamais spontanément et en l'absence de traitement, l'insuffisance cardiaque s'aggrave et le nourrisson meurt dans un tableau de collapsus cardiovasculaire. En général, les TSV surviennent sur un coeur sain et le traitement permet un retour à un rythme sinusal normal.

Le traitement d'urgence repose sur l'injection intraveineuse de Striadyne® puis le relais est pris par la Digoxine®. Un traitement digitalique d'entretien est prescrit pour au moins 1 an afin d'éviter les rechutes.

L'insuffisance cardiaque n'est pas l'apanage des cardiopathies. Certaines maladies non cardiaques peuvent en être responsables : une anémie, une fistule artérioveineuse intracrânienne, une hypertension artérielle (néphropathies, corticothérapie, intoxication par vitamine D...), une hypocalcémie sont autant d'autres causes que le pédiatre devra reconnaître et traiter.



[?] Traitement

La thérapeutique repose essentiellement sur les digitaliques. Les diurétiques et la restriction hydrosodée sont souvent associés. Les digitaliques sont d'abord administrés en dose de charge par voie intraveineuse puis le relais est pris par les spécialités orales.

Le conduite de ce traitement nécessite une surveillance rigoureuse car le surdosage conduit à une intoxication grave. Les parents doivent être prévenus des signes de surdosage.

Les premiers signes d'intoxication à apparaître lors du surdosage sont d'ordre digestif : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée associés au ralentissement du pouls. Ces signes que doivent connaître les parents d'enfants traités imposent l'arrêt du traitement et la consultation urgent du médecin.

D'autres signes notamment nerveux préviennent de l'intoxication : obnubilation, délire, confusion, vertiges et céphalées doivent faire penser au surdosage.

Le risque majeur réside dans la survenue imprévisible de troubles du rythme cardiaque, tous les troubles de conduction et d'excitabilité pouvant alternativement se voir jusqu'à la tachycardie puis la fibrillation ventriculaire d'évolution fatale. La mort en effet est l'aboutissant tragique toujours possible dans ce type d'intoxication.

Dès que l'intoxication est reconnue, il faut faire vomir l'enfant, même si spontanément des vomissements sont déjà apparus. Le médecin tentera de faire préciser la quantité ingérée et fera hospitaliser l'enfant. Après le lavage d'estomac pratiqué en évitant de stimuler la région carotidienne de l'enfant, une surveillance cardiaque intensive tant clinique qu'électrique sera exercée, les drogues adéquates à proximité immédiate. Les cas graves font l'objet d'un entraînement électrosystolique endocavitaire par montée de sonde dans le coeur. Cette thérapeutique lourde est justifiée en raison du caractère imprévisible et souvent mortel des troubles du rythme majeurs. L'enfant doit être gardé au repos absolu, toute mobilisation intempestive pouvant déclencher des troubles cardiaques.




*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'insuffisance hypophysaire (hypopituitarisme)
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

Lorsque l'antéhypophyse (partie antérieure de l'hypophyse) est détruite par une tumeur ou une nécrose, elle ne fonctionne plus. L'insuffisance antéhypophysaire hormonale qui en résulte est massive. Plus aucune hormone antéhypophysaire n'est produite.

Les hormones les plus fragiles sont par ordre décroissant les gonadostimulines FSH-LH, l'ACTH, la GH (hormone de croissance) et la TSH .

Les trois glandes périphériques stimulées habituellement par l'antéhypophyse vont se mettre au repos :

La thyroïde : insuffisance thyroïdienne ;
La cortico-surrénale : insuffisance surrénalienne ;
Les gonades : insuffisance gonadique (aménorrhée chez la femme, impuissance chez l'homme).
En cas de tumeur de l'hypophyse, le patient présente un syndrome tumoral avec compression du chiasma optique : céphalées, hypertension intra-crânienne, troubles visuels.
L'insuffisance directe en GH provoque un nanisme chez l'enfant.

[?] Les signes de la maladie

Les signes cliniques associent :

Le déficit global sur les glandes périphériques ;
Les signes tumoraux intra-crâniens.
Les symptômes qui amènent le patient à consulter sont surtout:
L'asthénie, le ralentissement psychomoteur ;
Et les troubles sexuels (aménorrhée, impuissance).
Le malade peut également souffrir de malaises (lipothymies et pertes de connaissance) lors d'efforts. Ces troubles traduisent l'hypotension artérielle et l'hypoglycémie.
L'hypothermie est fréquente (température rectale basse) ainsi que la constipation.
A l'examen, le médecin met en évidence une peau fine, pâle, sèche, lisse, luisante avec des cheveux fins et soyeux.
La régression des caractères sexuels se traduit par une dépilation et l'atrophie des organes génitaux. L'aménorrhée est constante chez la femme.

Chez l'enfant, le tableau est dominé par un nanisme hypophysaire et un impubérisme (retards pubertaires).


[?] Examens et analyses complémentaires

Le médecin recherche d'abord le triple déficit glandulaire périphérique et les conséquences biologiques simples :

Diminution du cortisol plasmatique, des 17 OH et 17-céto-stéroïdes urinaires ;
Diminution des oestrogènes et du prégnandiol ;
Diminution de T3 et T4 plasmatiques (insuffisance thyroïdienne) ;
Hyponatrémie, hypoglycémie, anémie...
Le dosage dans le plasma des stimulines hypophysaires est actuellement l'examen le plus précis.

L'endocrinologue essaye ensuite de stimuler les glandes "endormies" en injectant la stimuline hypophysaire manquante :

Test à la métopyrone ® ;
Test à la TRH ;
Test aux gonadotrophines chorioniques.
On pratique un examen radiologique du crâne visualisant la selle turcique, et une tomodensitométrie, ainsi qu'un examen du champ visuel.

[?] Causes et facteurs de risque

Elles sont nombreuses.

La nécrose hypophysaire se voit en suites de couches (syndrome de Sheehan). Elle est due à un collapsus circulatoire lors d'un accident de la délivrance (rétention placentaire, hémorragies du post-partum). Ce type de nécrose peut d'ailleurs se voir également au cours de collapsus hémorragiques importants (traumatismes etc...)

Le début est rapide. L'absence de montée laiteuse est le premier signe. Les poils pubiens rasés pour l'accouchement ne repoussent pas. Il n'y a pas non plus de retour de couches. Petit à petit, les autres symptômes apparaissent : pâleur de la peau et du visage, traits inexpressifs et bouffis, dépigmentation des muqueuses (aréoles mammaires, muqueuses génitales). Les poils deviennent fins, rares et cassants.

Des modifications du caractères sont nettes : la femme devient apathique, très peu émotive et se désintéresse de son entourage.

Le déficit endocrinien concerne :

Les ovaires : aménorrhée sans bouffée de chaleur, perte de la libido, frigidité. Atrophie des muqueuses vulvaires et vaginales. Diminution de taille de l'utérus ;
La thyroïde ;
Les surrénales.
Les examens biologiques confirment le triple déficit endocrinien.
En l'absence de traitement, le risque primordial est le "coma pituitaire" qui peut survenir à tout moment car les facteurs déclenchants sont nombreux : infections virales, stress, troubles hydro-électrolytiques, certains médicaments etc... Ce coma profond et flasque peut s'installer après une crise convulsive. Le pouls est rapide et filant. La TA est basse. Les signes biologiques sont l'hypoglycémie, l'hyponatrémie, l'hypochlorémie et l'hyperkaliémie. Un traitement d'extrême urgence s'impose.

Les tumeurs de l'hypophyse sont responsables de la destruction du tissu endocrinien et donc d'une insuffisance hypophysaire. Il s'y associe en général des signes de compression cérébrale et des signes visuels.

Chez l'adulte, il s'agit en général d'un adénome chromophobe d'évolution rapide et de traitement chirurgical.

Chez l'enfant, il s'agit plus souvent d'un crânio-pharyngiome . Les symptômes sont des céphalées, des troubles de la croissance ou une baisse de l'acuité visuelle.

Les processus détruisant l'hypophyse peuvent avoir d'autres origines :

Une tuberculose ;
Un abcès infectieux (méningo-encéphalite fébrile avec insuffisance surrénale) ;
Une autre infection : syphilis, actinomycose, histoplasmose...
Une sarcoïdose ;
Une réticulose (maladie de Hand-Schüler-Christian) ;
Des troubles métaboliques : hémochromatose, dénutrition...
Une cause auto-immune ;
Une intervention chirurgicale sur un adénome de l'hypophyse.
Parfois, aucune cause n'est trouvée et le médecin parle de dysfonctionnement hypothalamique organique ou familial

[?] Traitement

Le nanisme hypophysaire chez l'enfant est traité par l'hormone de croissance STH synthétique.

Le traitement des adultes est substitutif à vie.
Le malade doit absorber les hormones qu'il ne peut sécréter puisque l'anté-hypophyse est incapable de stimuler ses glandes:

L'insuffisance surrénale est traitée par l'hydrocortisone, avec parfois de la 9 alpha fluorohydrocortisone) ;
L'insuffisance thyroïdienne est traitée par la lévothyroxine ;
L'insuffisance gonadique est traitée par la testostérone-retard chez l'homme (Stérandryl) ou les oestroprogestatifs chez la femme.
Un traitement chirurgical ou une radiothérapie est parfois complémentaire.



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Insuffisance rénale aiguë (IRA)
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est la perte brutale, en général réversible, de la fonction rénale, empêchant le maintien de l'équilibre interne de l'organisme

[?] Les signes de la maladie

A début, ce sont souvent les signes de la maladie causale qui dominent, l'état de choc, la diminution du volume sanguin circulant.

Puis apparaît l'oligo-anurie, c'est à dire la diminution très importante du volume des urines, rarement nul cependant. L'anurie ou oligurie extrême ne doit pas être confondue avec la rétention d'urine. Dans les deux cas, le symptôme est identique : le patient n'urine pas : mais dans l'anurie, le rein ne sécrète pas d'urine (ou très peu) et la vessie est vide; dans la rétention d'urine, le rein fonctionne mais le patient ne peut vider sa vessie pleine.

D'autres troubles sont notés :

Troubles digestifs : stomatite, nausées, douleurs abdominales, hémorragies digestives ;

Altération de l'état général avec amaigrissement ;

Gros reins douloureux à la palpation ;

Céphalées, agitation, parfois même convulsions chez l'enfant ;

Tension artérielle élevée ;
Parfois des troubles de la coagulation

[?] Examens et analyses complémentaires

Le rein s'arrête de fonctionner brutalement.

La première conséquence est l'arrêt de l'excrétion d'eau et donc une hyperhydratation globale avec hyponatrémie.

L'urée n'est plus éliminée et augmente dans le sang et il n'y en a pas (ou très peu) dans le peu d'urine qui est encore excrétée.

La concentration d'urée dans l'urine est donc effondrée tout comme la concentration en sodium.

La créatinine et l'acide urique augmentent dans le sang.

Les troubles électrolytiques et de l'équilibre acido-basiques sont extrêmement graves :

Hyperkaliémie dangereuse au dessus de 6 mEq/l ;

Acidose métabolique (rétention d'ions H+ qui ne sont plus éliminés) .


[?] Evolution de la maladie

Elle dépend de la cause. Si la perfusion du rein est rétablie rapidement, la fonction rénale peut se rétablir parfaitement. Dans d'autres cas, le pronostic peut être très mauvais

[?] Causes et facteurs de risque

Elles sont nombreuses.

Les insuffisances rénales fonctionnelles prérénales

Elles sont très fréquentes.

Le rein est sain, mais il ne sécrète presque plus d'urines mais ce n'est pas de sa faute : il ne reçoit pas le sang à une pression suffisante. Cette situation se voit dans les cas d'hypovolémie : hémorragies, choc, déshydratation, traitement diurétique...

L'insuffisance rénale aiguë fonctionnelle se reconnaît sur des signes biologiques propres qui prouvent que les grandes fonctions du rein sont conservées :

L'urée urinaire est de loin supérieure à l'urée plasmatique : cela prouve que le rein concentre l'urée et l'excrète ;
Le rapport sodium/potassium est inférieur à 1 dans les urines : le patient urine moins de sodium que de potassium. Cela prouve que les fonctions rénales de réabsorption du sodium et d'élimination du potassium ne sont pas altérées.
La correction des troubles volémiques (perfusions hydriques, macromolécules, transfusions sanguines...) guérit l'insuffisance rénale aiguë fonctionnelle et évite le passage à l'insuffisance rénale aiguë organique.

Les néphropathies tubulo-interstitielles aiguës

Dans certains cas, les tubes urinifères et le tissu interstitiel du rein sont lésés (nécrose des cellules tubulaires, oedème du tissu interstitiel) alors que les vaisseaux et les glomérules ne sont pas atteints. Une vasoconstriction corticale élective jouerait un rôle important mais l'explication n'est pas claire.

Toujours est-il que brutalement, les tubes urinifères cessent de fonctionner dans des circonstances variées :

Après un avortement septique (septicémie à bacilles gram négatif tel le perfringens avec coagulation intra-vasculaire disséminée (CIVD) de plus en plus rare actuellement) ;
Après un accouchement difficile (hématome rétro-placentaire, hémorragie...) ;
En période post-opératoire : choc hémorragique, erreurs de réanimation, transfusion incompatible, septicémie...
Hémolyse aiguë (transfusion de sang incompatible, septicémie, fièvre bilieuse hémoglobinurique, enzymopathie du globule rouge, intoxications par champignons ou venins...) ;
Myoglobinuries : écrasement musculaire, convulsion généralisée prolongée, intoxication alcoolique...
Angiocholite urémigène des leptospiroses ictéro-hémorragiques ;
Brûlures étendues ;
Pancréatites aiguës ;
Intoxications :
Tétrachlorure de carbone (détachant ou solvant industriel) ;
Métaux lourds (bichlorure de mercure) ;
Ethylène-glycol (antigel) ;
Surdosages en drogues néphrotoxiques (sulfamides, colistine, gentamycine, céphaloridine, tétracycline, glafénine, etc...) ;
Allergies médicamenteuses : phénindione, méticilline, ampicilline, AINS, phénylbutazone, rifampicine, glafénine, produits de contraste iodés
L'insuffisance rénale aiguë sur obstacle

En cas d'obstacle complet sur un seul rein fonctionnel (calcul, tumeur, fibrose rétropéritonéale etc...), on peut assister à une insuffisance rénale aiguë se traduisant par une anurie précédée parfois d'épisodes régressifs évocateurs (anuries à éclipses), d'une colique néphrétique ou d'une hématurie.

L'échographie visualise la dilatation des cavités en amont de l'arrêt. Le traitement est très urgent et repose sur la levée d'obstacle en milieu urochirurgical.

L'insuffisance rénale aiguë lors des néphropathies glomérulaires anuriques

Une insuffisance rénale aiguë est possible au cours d'une glomérulonéphrite post-infectieuse mais l'évolution est en général favorable.

Le diagnostic est porté à la ponction-biopsie rénale.

Il existe des glomérulonéphrites malignes (proliférative extra-capillaire diffuse) de pronostic beaucoup plus sombre.

L'insuffisance rénale aiguë lors des néphropathies vasculaires

Elle se voit dans certains cas :

Thrombose ou embolie de l'artère rénale d'un rein unique ;
Thrombose des veines rénales du nourrisson ;
Microangiopathie thrombotique...
Les autres causes sont beaucoup plus rares : lupus érythémateux disséminé, périartérite noueuse, myélome multiple...



[?] Traitement

Indépendamment du traitement éventuel de la cause, la thérapeutique de l'insuffisance rénale aiguë ne se conçoit qu'en milieu spécialisé :

Restriction des apports en eau, sodium et potassium ;
Assurer un apport calorique suffisant : 30 cal/Kg/j ;
Apporter au moins 1 g/kg/jour de protides ;
Lutte contre l'hyperkaliémie (Kayéxalate) ;
Lutte contre l'acidose métabolique (THAM) ;
Epuration extrarénale (dialyse péritonéale ou hémodialyse) ;
Mise sous surveillance automatique (monitoring) .
Le traitement préventif de l'insuffisance rénale aiguë au décours d'un état de choc précocement traité fait appel au furosémide (Lasilix).





*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'insuffisance rénale chronique (IRC), urémie ou mal de Bright, néphrite chronique
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

C'est l'atteinte progressive, importante, et définitive de la fonction rénale, et donc de la filtration glomérulaire.

Toutes les maladies rénales chroniques et certaines maladies rénales aiguës incurables conduisent irrémédiablement à l'insuffisance rénale chronique (IRC) dans un délai très variable : de quelques semaines à quelques dizaines d'années. On peut définir l'insuffisance rénale chronique comme la réduction irréversible de la filtration glomérulaire.

Toute insuffisance rénale, quelle qu'en soit la cause, est le fruit d'une réduction du nombre de néphrons actifs. Les néphrons atteints sont exclus ou détruits, les néphrons restant se comportent comme des néphrons sains. Ils assurent à eux seuls le contrôle rénal de l'homéostasie (équilibre intérieur de l'organisme).

Le rein peut assurer ses capacités excrétrices pendant très longtemps puisqu'il lui suffit de 20% de ses néphrons pour fonctionner. Lorsque les lésions touchent plus de 80% des néphrons, les troubles commencent à apparaître.

A partir de la destruction de 80% de ses capacités, l'insuffisance rénale chronique débute.



[?] Causes et facteurs de risque

Toutes les maladies rénales peuvent évoluer vers l'insuffisance rénale chronique :

Maladie polykystique familiale ;
Diabète ;
Hypertension artérielle ;
Glomérulopathie chronique ;
Néphrite interstitielle chronique ;
Dilatation des voies excrétrices par obstacle ;
Myélome, lupus érythémateux disséminé ;
Syndrome d'Alport.


[?] Les signes de la maladie

L'insuffisance rénale chronique n'entraîne très longtemps aucun symptôme.

Lorsque ceux-ci apparaissent, il s'agit de :

Une asthénie avec anémie et amaigrissement ;
Une polyurie ;
Des troubles digestifs : anorexie, nausées, vomissements, diarrhée, hémorragies digestives ;
Des troubles neurologiques : multinévrite avec impatience des jambes, fatigue des mollets, paresthésies (fourmillements dans les jambes), impotence des membres inférieurs. Dans les cas très sévères, on note des troubles psychiques avec confusion mentale, désorientation, torpeur...
Des signes cardiaques : péricardite, insuffisance cardiaque, HTA ;
Des troubles osseux : ostéodystrophie rénale : douleurs osseuses, hyperparathyroïdie secondaire, ostéomalacie ;
Des crises de goutte ;
Des troubles cutanés : infections cutanées, prurit ;
Des infections urinaires.
A un stade plus avancé, l'anémie provoque une pâleur jaunâtre, une tachycardie, une mauvaise tolérance à l'effort, une asthénie et des troubles sexuels


[?] Examens et analyses complémentaires

La gravité de l'insuffisance rénale chronique est estimée par la clearance de la créatinine. Elle est :

Modérée lorsque la clearance de la créatinine est comprise entre 50 et 80 ml/mn ;
Importante entre 15 et 50 ml/mn ;
Grave au dessous de 15 ml/mn ;
Impose l'épuration extrarénale au dessous de 10 ml/mn.
L'urée sanguine s'élève rapidement. La créatinine sanguine augmente aussi tandis que sa clearance diminue. L'hyperuricémie est fréquente.

L'anémie est constante au cours de l'insuffisance rénale chronique (sauf en cas de polykystose).

L'hyperkaliémie peut être mortelle.

L'acidose métabolique, les déséquilibres hydro-électrolytiques, les troubles phosphocalciques (hypocalcémie, hyperphosphorémie) sont importants.

L'abaissement des vitesses de conduction nerveuse motrice et sensitive détecte la neuropathie périphérique sensitivo-motrice.



[?] Traitement

Au début, lorsque l'insuffisance rénale chronique n'est pas très avancée, un régime et des conseils hygiéno-diététiques sont suffisants.

Aux stades très évolués, seule l'hémodialyse périodique par rein artificiel (épuration extrarénale), la dialyse péritonéale ou la transplantation rénale peuvent améliorer la qualité de vie de ces malades.

Toutefois, la dialyse ne remplace pas toutes les fonctions du rein défaillant et certaines complications sont possibles et nécessitent une surveillance étroite


[?] Surveillance de l'hémodialyse chronique

1. Surveillance diététique et nutritionnelle :

Eau et sodium : le risque majeur est celui de la surcharge (hypertension artérielle, Oedème aigu du poumon). Le poids du patient être surveillé très régulièrement entre les séances et à chaque séance de dialyse. L'apport hydrique doit être adapté au volume de la diurèse.
L'apport sodé est calculé d'après les possibilités d'excrétion quotidienne.

Potassium : l'hyperkaliémie est à l'origine de troubles du rythme cardiaque et d'arrêt du coeur. La kaliémie doit donc être bien suivie. Les patients doivent se méfier des sels dits de régime qui sont riches en potassium. Les aliments riches en potassium sont interdits. En cas d'hyperkaliémie : prescription de kayexalate per os ou en lavement.

Le régime de restriction protidique
il doit apporter une quantité de protides adaptée aux possibilités d'excrétion azotée rénale. En pratique, l'apport protidique (oeufs, produits laitiers, viandes, poissons) est adapté au chiffre de la clearance de la créatinine et l'utilisation de tables d'équivalence permet au malade de varier son alimentation sans dépasser la quantité de protides prescrite par jour qui, à l'heure actuelle, tourne autour de 1 g de protides/kg de poids dans les insuffisance rénale chronique légères et autour de 0,6 à 0,8 g/kg/j dans les formes plus sévères

2. Surveillance ostéo-articulaire

- Les troubles phosphocalciques provoquant hyperparathyroïdie et ostéomalacie doivent être dépistés par les dosages répétés de la calcémie, de la phosphorémie, des phosphatases alcalines et de la parathormone. Les radiographies osseuses sont systématiques.

Le médecin prescrit de la vitamine D3 sous forme active (Dédrogyl, Alphacalcidol) ou propose la parathyroïdectomie.

La lutte contre l'hyperphosphorémie repose sur l'hydroxyde d'alumine per os : Maalox, Polysilane, Lithiagel etc...
La surcharge osseuse en alumine justifie le contrôle des quantités d'hydroxyde d'alumine ingérées et la teneur en aluminium de l'eau de dialyse ;
L'amylose ostéo-articulaire doit être recherchée chez les malades dialysés depuis de nombreuses années ;
L'allopurinol est parfois nécessaire pour lutter contre l'excès d'acide urique et la goutte.
3. Surveillance des infections

Le patient est particulièrement fragile vis à vis des infections à germes banals et à la tuberculose ;
L'hépatite à virus B doit être prévenue par le vaccin ;
Il faut diminuer les doses de certains médicaments dont les antibiotiques (ou d'en espacer les prises) en cas d'insuffisance rénale chronique.
4. Surveillance hématologique

L'anémie doit être régulièrement contrôlée.
Des transfusions de culots sont pratiqués en cas d'anémie sévère . Actuellement, il est possible de traiter par l'érythropoïtéine recombinante humaine (Eprex).

5. Surveillance cardiovasculaire

La pression artérielle doit être normale.

Les complications de l'athérosclérose étant fréquentes sur ce terrain, elles sont systématiquement recherchées. Une péricardite peut survenir et doit être dépistée.

6. Surveillance d'une amylose qui peut provoquer un syndrome du canal carpien, parfois des arthropathies



*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'insuffisance surrénale aiguë
===================
Il s'agit d'une très grande urgence médicale puisque la vie du malade est en jeu. Les traitements actuels permettent le plus souvent de sauver un patient autrefois condamné.

Chez un malade qui a déjà une insuffisance surrénale lente, tout facteur provoquant une agression importante peut provoquer une insuffisance surrénale aiguë : les infections (grippe, etc), les traumatismes physiques, chirurgicaux ou émotionnels, les efforts prolongés, les sueurs importantes, les vomissements, les diarrhées, la grossesse, l'oubli du médicament...

Une insuffisance surrénale aiguë peut également survenir lors d'une hémorragie des surrénales, consécutive à des troubles de la coagulation (maladies, traitements anticoagulants) ou à la nécrose hémorragique des surrénales qui survient au cours de maladies infectieuses "malignes" (purpura fulminans de la méningite à méningocoques par exemple). Certains traitements peuvent également provoquer une insuffisance surrénale aiguë.

Les signes cliniques prémonitoires sont d'apparition rapide : asthénie, crampes, douleurs abdominales.

Puis le tableau se complète par :

Des troubles digestifs : vomissements, diarrhée importante ;
Des signes cardiovasculaires : pouls rapide et faible, pression artérielle basse et pincée, le collapsus peut s'installer rapidement ;
Des signes nerveux : prostration, angoisse ;
Des signes musculaires :douleurs, fatigue très importante ;
Une déshydratation globale (pli cutané, faciès creusé, globes oculaires enfoncés).
Devant un tel tableau, le médecin effectue un bilan biologique. Le ionogramme sanguin est évocateur : baisse du sodium, hausse du potassium et hypoglycémie. Souvent, le médecin n'attend pas les résultats pour mettre en route le traitement qui est une urgence absolue : réhydratation, traitement substitutif à forte dose : hémisuccinate d'hydrocortisone intraveineux, acétate de cortisone intramusculaire, désoxycortone intraveineux.

*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Intolérance aux protéines du lait de vache
===================
Cette maladie est de plus en plus fréquente actuellement.

Elle serait liée à une sensibilisation allergique de la muqueuse intestinale à une ou plusieurs composants du lait de vache et en particulier la bêta-lactoglobuline.

Le mécanisme physiopathologique de l'atteinte de la muqueuse intestinale est mal connu.

On évoque ce diagnostic lorsque la diarrhée survient lors du sevrage au sein ou lors d'une diarrhée durable parfois striée de sang chez un nouveau-né alimenté au lait de vache. Elle s'accompagne de dénutrition précoce, de vomissements, d'oedèmes, d'éruption urticarienne ou d'eczéma. Un choc anaphylactique peut parfois menacer la vie du nourrisson.

Certains examens complémentaires peuvent aider le diagnostic : recherche des anticorps anti-lactogloguline et anti-caséine dans le sang.

En réalité, le diagnostic est surtout clinique : les troubles disparaissent lors de la suppression du lait.

Le traitement comporte la mise à un régime supprimant les protéines du lait de vache :

Chez le nourrisson, on utilise les hydrolysats de caséine (Prégestimil®, Nutramigen® Pepti-Junior...) ;
Chez l'enfant plus grand, on remet aux parents la liste des aliments permis.
Habituellement, l'intolérance aux protéines du lait de vache est transitoire. L'essai de reprise du lait de vache se fait de façon très prudente après un an de régime, à proximité immédiate d'un centre médical en raison du risque toujours possible de choc anaphylactique


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



L'intolérance héréditaire au fructose
=================
Il s'agit d'une erreur innée du métabolisme portant sur la transformation du fructose-1-phosphate en glucose. Le fructose est présent pour moitié dans la molécule de saccharose (le sucre du commerce).

Le début de l'affection peut se voir dès les premiers jours de vie si l'enfant reçoit de l'eau sucrée ou est nourri au lait de vache. Les vomissements sont très fréquents. Les accidents d'hypoglycémie postprandiaux sont redoutables. L'hépatomégalie (gros foie) est le signe clinique principal. Une ascite, un ictère (jaunisse), une splénomégalie (grosse rate) apparaissent rapidement. Il n'y a pas de cataracte ni d'atteinte neurologique profonde.

Le diagnostic se fait sur la découverte d'une mellitturie (présence d'un sucre dans les urines) suivie de l'identification du sucre par chromatographie. Un dosage enzymatique peut être pratiqué sur une biopsie de foie.

En réalité, le vrai problème pour le médecin est de ne pas passer à côté du diagnostic. En effet, le sucre est souvent recherché dans les urines par des réactifs à la glucose-oxydase qui ne décèlent que le glucose. Il faut employer des réactifs chimiques (Clinitest®) qui décèlent les sucres en général et pas seulement le glucose. La mellitturie est ainsi mise en évidence.

En l'absence de traitement, l'évolution est mortelle.

Le régime d'exclusion du fructose, du saccharose et du sorbitol à vie a un effet favorable


*
*
*
*
*
*
*
*
*
*



Intoxications de l'enfant
===================
[?] Qu'est-ce que c'est ?

L'intoxication d'un enfant peut débuter avant même sa naissance. Les substances toxiques administrées à la mère pendant les neuf premières semaines de grossesse sont tératogènes et provoquent des malformations de l'embryon différentes selon la date d'ingestion ; la malfaçon atteint l'organe en train de se différencier lors de la prise du toxique.

Après le 3° mois, il n'y a plus de risque de malformation puisque les différents organes sont déjà constitués. Par contre, le foetus peut être intoxiqué par les substances qui traversent le placenta.

Dès les premières semaines de vie, le nourrisson peut être victime d'une intoxication. Même lorsque ce dernier est nourri au sein, le danger existe tout autant. La plupart des médicaments prescrits à la mère sont éliminés dans son lait.

L'enfant de un à cinq ans est le plus concerné par les intoxications car il est à l'âge où on explore le monde extérieur en portant tout à sa bouche (médicaments, produits d'entretien plantes etc.) et où on imite les parents (cigarettes, alcool etc.). Ce sont souvent des enfants turbulents, désobéissants, hyperactifs, impulsifs, opposants, du genre "petits diables", capables de grimper tôt sur des échafaudages plus ou moins stables. Souvent insomniaques et agités, ces garçons manifestent dans leur comportement et leurs jeux un esprit de conquête. Emotifs et instables, ils sont souvent récidivistes et accumulent les accidents.

Conduite à tenir

Lorsqu'il n'y a pas de symptômes 6 heures après l'intoxication, on peut considérer tout risque écarté à l'exception du paracétamol.

Ce qu'il faut faire :

Rincez la bouche pour évacuer les résidus ;
Interrogez le centre antipoison en lui donnant l'âge et le poids de l'enfant, le nom et la quantité du produit avalé, l'heure de l'intoxication, les symptômes déjà observés ;
Faire vomir sauf contre-indication en titillant le fond de la gorge ou en donnant du sirop d'ipeca (1 cuillère à café pour 10 kg de poids et plusieurs verres d'eau) ;
Donnez du charbon activé (25 à 50 g) sauf si intoxication par métaux lourds (fer, lithium, cyanures) : ils ne sont pas adsorbables ;
Caustiques (acides et bases forts) : gêne l'endoscopie digestive ;
Hydrocarbures aliphatiques : risque de vomissements ;
Alcools (éthanol, méthanol) : ne sont pas adsorbables ;
Et un pansement gastrique (Smecta, Actapulgite, Polysilane...).
LISTE DES CENTRES ANTI-POISONS

Paris : 01 40 05 48 48
Marseille : 04 91 75 25 25
Lille : 03 20 44 44 44
Rennes : 02 99 59 22 22
Rouen : 02 35 88 44 00
Reims : 03 26 78 79 20
Lyon : 04 72 11 69 11
Bordeaux : 05 56 96 40 80
Strasbourg : 03 88 37 37 37
Toulouse : 05 61 49 33 33
Orléans : 02 41 48 21 21


A ne pas faire

Ne laissez pas de médicaments à proximité des enfants ;
Rangez les produits dangereux dans une armoire fermée à clé et placée hors de leur portée ;
Ne donnez pas de lait après une intoxication : ce n'est pas un contre-poison.
Ne pas faire vomir si

L'enfant est dans le coma ;
Le produit avalé est caustique (eau de javel, etc.) ;
Le produit avalé est moussant (lessives, etc.) ;
Le produit avalé est de l'huile ou de l'essence.
Le lavage d'estomac

Il se fait à l'hôpital sur un enfant conscient, couché en position latérale de sécurité. Le médecin met en place une sonde de Faucher après avoir mesuré la longueur de sonde nécessaire. On sait que la sonde est dans l'estomac si l'enfant est rose et qu'il peut parler ou crier. On passe 150 ml/kg de sérum physiologique (NaCl à 0,9 % réchauffé) à fractionner selon la taille de l'enfant (200 à 400 ml). On peut administrer du charbon activé par la sonde en fin de gavage.
Au décours du lavage, il faut s'assurer que l'auscultation pulmonaire est normale (risque de fausse route).

Contre-indications

Convulsions ;
Coma ;
Troubles de la conscience ;
Ingestion de caustiques, d'hydrocarbures aliphatiques (essences etc), ou de sunbstances susceptibles de causer des convulsions ou un coma.

[?] Les principales intoxications (par ordre alphabétique)

Il est bien sûr impossible de décrire toutes les intoxications possibles et dans la liste ci-dessous, on a été guidé par les cas les plus fréquents ou les plus graves rencontrés en pratique quotidienne par les médecins. Les symptômes décrits sont ceux d'un surdosage important bien que parfois ces signes puissent survenir à des doses modérées en cas d'hypersensibilité de l'enfant. Nous n'avons pas classé les produits par ordre de toxicité car si certains sont plus dangereux que d'autres, la notion de quantité absorbée intervient également. Aussi importe-t-il, dans tous les cas d'intoxication, quel que soit le produit ingéré, de demander l'avis du médecin ou du centre antipoison qui dispose des renseignements les plus actuels sur les produits les plus récents. Cette liste n'est donc qu'indicative et ne peut remplacer en aucun cas l'avis du médecin. Sauf en cas d'absorption de produits non toxiques, une hospitalisation pour surveillance d'au moins 24 heures est souvent nécessaire.

Acétone

Utilisé comme solvant, notamment pour les colles, dissolvants pour vernis à ongle etc...

Symptômes de l'intoxication : voir : "Alcool éthylique"

Acide borique

Utilisé dans les gouttes nasales, l'eau oxygénée boratée, les solutions d'acide borique servant au nettoyage des seins ou aux soins vaginaux, les antiseptiques cutanés, les produits blanchisseurs de linge...

Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs, neurologiques, rénaux, respiratoires, fièvre, tachycardie, déshydratation...

Mortalité de 50 à 70% chez le nourrisson.

Traitement : en milieu spécialisé.

Actifed® (triprolidine, pseudo-éphédrine, paracétamol)

Utilisé dans les affections ORL comme décongestionnant des muqueuses, antihistaminique, antalgique et anti-thermique.

Symptômes de l'intoxication : somnolence, vertiges, convulsions, palpitations, tachycardie, hépatite.

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé.

Additifs pour aquarium : non toxiques

Adoucissants : non toxiques

Adrénaline : voir "Epinéphrine"

Agents blanchisseurs (sauf Javel) : non toxiques

Alcool éthylique (éthanol)

(la bière contient 4 à 6% d'alcool, le vin 10 à 13%, les boissons fortes (whysky, vodka etc...) 40 à 50%, les parfums et lotions après rasage : 70%)

Symptômes de l'intoxication : ataxie, dysarthrie, euphorie, troubles visuels, incoordination psychomotrice, agitation, dépression cardiorespiratoire, convulsions par hypoglycémie, hypothermie, vomissements, tachycardie, hyperpnée...

Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac, lutte contre l'hypoglycémie et l'acidose métabolique. Dans les cas graves : hémodialyse, dialyse péritonéale.

L'alcoolémie permet de juger de la gravité de l'intoxication :

10,8 à 32,5 mmol/l (50 à 150 mg/100 ml) = intoxication légère
32,5 à 65 mmol/l (150 à 300 mg/100 ml) = intoxication moyenne
65 à 109 mmol/l (300 à 500 mg/100 ml) = intoxication grave
Alcool isopropylique
Utilisé comme alcool à friction.

Deux fois plus toxique que l'alcool éthylique.

Alcool méthylique (méthanol, alcool de bois, alcool à brûler)

Utilisé comme combustible, antigel etc...

Symptômes de l'intoxication : après une latence de plusieurs heures : céphalées, nausées, vomissements, mydriase, anomalies du fond d'oeil, troubles visuels pouvant aller jusqu'à la cécité permanente, coma, oedème cérébral, hypoglycémie, acidose métabolique, dépression cardio-respiratoire.

Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac. Administration d'alcool éthylique (1 ml d'alcool pur/kg) par voie orale mélangé à un jus de fruit ou en perfusion intraveineuse jusqu'à diminution du taux de méthanol sanguin. Correction de l'hypoglycémie et de l'acidose. Hémodialyse ou dialyse péritonéale dans les cas graves.

Aliments pour animaux : voir "nourriture"

Allumettes : non toxiques

Amphétamines : voir "épinéphrine"

Anneaux de dentition : non toxiques

Antiacide : non toxiques

Anti-arythmiques quinidiniques (Natisédine® etc...)

Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs, vertiges, hypoacousie, flou visuel, mydriase, diplopie, troubles du rythme cardiaque etc...

Traitement : en milieu spécialisé.

Antidote des anti-arythmiques de classe 1 : lactate ou bicarbonate de sodium avec chlorure de potassium en PIV

Antibiotiques : la prise unique d'un sirop antibiotique courant n'est en général pas toxique. Voir la toxicité en général des antibiotiques.

Antidépresseurs tricycliques ou imipraminiques (Anafranil® ou clomipramine, Elavil®, Laroxyl® ou amitriptyline, Surmontyl® ou trimipramine, Tofranil® ou imipramine...)

Symptômes de l'intoxication : coma, convulsions, alternance d'excitation et de somnolence, dépression respiratoire, troubles du rythme cardiaque, hypotension artérielle, fièvre, rougeur de la peau, mydriase, tachycardie, sécheresse de la peau, sueurs abondantes, constipation, rétention aiguë d'urine avec globe vésical etc...

Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac. Traitement symptomatique. Surveillance continue de l'ECG. Transfert en milieu spécialisé. L'antidote est le salicylate de physostigmine par voie I.V. contre-indiqué en cas d'asthme ou de cardiopathie.

Antidépresseurs non cycliques (Prozac, Zoloft) : moins dangereux que les antidépresseurs tricycliques. Pas de toxicité cardiaque. Pas détectable en routine dans le sang et les urines.

Antigels : voir "éthylène-glycol"

Antihistaminiques (Dimégan® ou bromphéniramine, Doxergan® ou ozomémazine, Hypostamine® ou tritoqualine, Méréprine® ou doxylamine, Migristène® ou dimétotiazine, Périactine® ou cyproheptadine®, Phénergan® ou prométhazine, Polaramine® ou dexchlorphéniramine, Primalan® ou méquitazine, Théralène® ou alimémazine, etc.)

Utilisés contre les allergies, le rhume, le mal des transports.

Symptômes de l'intoxication : effets secondaires de type atropinique : fièvre, rougeur de la peau, mydriase, tachycardie, sécheresse de la bouche, rétention aiguë d'urines avec globe vésical etc... Contractures musculaires de type extra-pyramidal, vertiges ataxie, somnolence, irritabilité, nystagmus, céphalées, tremblements, hallucinations, désorientation temporo-spatiale, convulsions, nausées, vomissements, arrêt respiratoire, collapsus cardiovasculaire, troubles hépatiques et rénaux etc...

Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac. Transfert en milieu spécialisé : Diazépam en cas de convulsions, salicylate de physostigmine en cas d'effets atropiniques (anticholinergiques) importants, diphénhydramine en cas de troubles extra-pyramidaux sévères, exsanguino-transfusion, hémodialyse ou dialyse péritonéale dans les cas graves.

Antirouilles

A base de fluorures ou d'oxalates, ce sont les produits domestiques les plus dangereux. Un à deux grammes suffisent pour tuer un enfant en moins d'une heure par encombrement bronchique, collapsus cardiovasculaire et état de mal convulsif. Ces produits sont utilisés pour enlever les taches de rouille sur le linge et sont vendus dans des flacons blancs en matière plastique qui ressemblent parfois aux biberons pour poupées...!

Symptômes de l'intoxication : encombrement bronchique, collapsus cardiovasculaire, état de mal convulsif, hypocalcémie, complications hépatiques et rénales, mort.

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac malgré l'aggravation probable des lésions caustiques préférable néanmoins au risque mortel de collapsus. Le traitement comporte une hydratation importante pour éviter l'anurie par précipitation tubulaire des cristaux d'oxalate, des antibiotiques, une calcithérapie et des pansements gastriques.

La projection oculaire ou cutanée de ces produits lors de l'ouverture des flacons est également très dangereuse. Il faut laver à grande eau les lésions pour éviter les perforations de cornée ou les lésions caustiques cutanées. Le médecin instillera en urgence un collyre à base de calcium afin d'éviter la formation d'escarres.

Antiseptiques cutanés

L'eau oxygénée, la solution de Dakin ne sont pas toxiques aux doses habituelles. L'éther entraîne une ivresse puis une somnolence et fait craindre la survenue d'apnées ou de spasmes laryngés. Le mercurochrome provoque des troubles digestifs et des complications rénales à fortes doses. La teinture d'iode est caustique. Le formol et le trioxyméthylène sont caustiques et néphrotoxiques. Les ammoniums quaternaires (Biocidan®, Céquartyl®, Cétavlon® etc...) sont toxiques (voir détergents).

Antispasmodiques atropiniques (Algo-Buscopan®, Baralgine® Diaspasmyl® ou propyromazine, Dibromuré® d'atropine, Prantal® , Priamide®, Viscéralgine®...)

Symptômes de l'intoxication : troubles atropiniques (anticholinergiques) : mydriase, sécheresse de la bouche, constipation, troubles de l'accommodation oculaire, agitation, confusion, hallucinations, coma, convulsions, tachycardie, fièvre élevée, visage congestif...

Traitement : lavage d'estomac, refroidissement, diurèse osmotique, anticonvulsivants...

Argile : non toxique

Aspirine : voir "salicylés"

Atropine (anticholinergiques)

Utilisée dans de nombreux médicaments pour troubles digestifs et dans les collyres.

Symptômes de l'intoxication : mydriase, troubles de la vision, sécheresse de la bouche, fièvre, rougeur de la peau, rétention aiguë d'urines avec globe vésical, troubles du rythme cardiaque, excitation, confusion, délire, hallucinations, coma, convulsions, dépression cardio-respiratoire...

Traitement : vomissements provoqués, charbon de bois activé, lavage d'estomac. Traitement symptomatique. Cathétérisme vésical (sondage) en cas de rétention d'urines. L'antidote est utilisé dans les formes sévères : salicylate de physostigmine, eserine oxyde

Bains moussants : non toxiques

Balles de golf (contenu liquide) : non toxiques

Barbituriques (Alepsal®, Belladénal®, Binoctal®, Epanal®, Gardénal® ou phénobarbital, Imménoctal® ou sécobarbital, Kaneuron®, etc.)

Symptômes de l'intoxication : obnubilation, coma, troubles cardio-respiratoires, hypothermie...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac contre-indiqué en cas de coma. Diurèse forcée alcaline, assistance respiratoire. Dans les cas graves, transfert en milieu spécialisé pour hémodialyse, dialyse péritonéale, hémoperfusion sur charbon de bois...

Benzodiazépines (Séresta®, Tranxène®, Valium® etc...) : voir "sédatifs et hypnotiques non barbituriques". Antidote :flumazénil (Anexate).

Bétabloquants : antidote : glucagon, isoprénaline

Bougies : non toxiques

Camphre

Symptômes de l'intoxication : odeur de camphre, irritation de la bouche, douleurs de l'estomac, nausées, vomissements, convulsions très précoces, coma...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Diazépam ou phénobarbital en cas de convulsions. Traitement symptomatique en milieu spécialisé.

Caustiques : ne pas faire boire, ne pas faire vomir. Consulter l'ORL en urgence

Carbonate de lithium

Utilisé dans le traitement de la psychose maniaco-dépressive.

Symptômes de l'intoxication : coma, ataxie, convulsions.

Traitement : en milieu spécialisé.

Célestène® : voir "corticoïdes"

Cendres de cigarettes : non toxiques

Champignons

L'amanite phalloïde est le champignon le plus dangereux. Elle est responsable de 90 % des cas d'intoxication mortelle par champignons.

On la cueille dans les bois frais, à la fin de l'été et au début de l'automne, quelle que soit la forêt et quel que soit le sol. Les planches de champignons affichées chez les pharmaciens doivent permettre de la reconnaître sur son chapeau régulier verdâtre ou jaune olivâtre, à bords non striés avec des fibrilles radiales soyeuses. Les lamelles sont blanches. Le pied possède un anneau et une volve membraneuse à sa base, comme d'ailleurs la plupart des espèces dangereuses. La chair a une odeur attirante et le goût n'est pas désagréable. Elle élabore des toxines qui bloquent les mécanismes enzymatiques cellulaires des reins et du foie.

Malgré le traitement symptomatique, la mortalité reste de 50 % en 4 à 8 jours.

Les méthodes dites "scientifiques", répandues dans le public pour reconnaître ces champignons mortels ne reposent sur aucune base sérieuse : le procédé de la pièce d'argent censée noircir au contact d'un champignon dangereux, l'ébouillantage, le marinage dans l'eau vinaigrée, les traces de limaces n'ont jamais empêché quiconque de s'intoxiquer gravement.

Symptômes de l'intoxication : apparition 12 à 48 heures après l'ingestion de vomissements, diarrhée, hémorragies digestives, oligo-anurie, ictère, oedème pulmonaire, céphalées, confusion, coma, convulsions etc.

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac. Traitement symptomatique des convulsions, de l'insuffisance rénale et de l'insuffisance hépatique etc...

Les autres champignons vénéneux sont moins dangereux. Les symptômes sont plus précoces et apparaissent dans les 4 heures qui suivent l'intoxication :

La fausse morille (gyromitre) : anémie hémolytique, coma, convulsions...

Les inocybes et clitocybes (petits champignons blancs)

Symptômes de l'intoxication : sueurs abondantes, diarrhée, hypersalivation, bradycardie, myosis, bronchospasme, collapsus.

Traitement : atropine.

Les bolets, russules lactaires clavaires : diarrhée, déshydratation...

Chandelles : non toxiques

Chloroquine : voir quinine

Cigarettes (<3) : non toxique

Cirage : non toxique

Codéine : voir "narcotiques"

Colchicine (Colchimax® etc...)

Médicaments utilisés dans le traitement de la goutte.

Symptômes de l'intoxication : douleurs abdominales, vomissements, diarrhée, déshydratation, insuffisance circulatoire, anurie, granulopénie, thrombopénie, insuffisance hépatique etc...

Traitement : lavage d'estomac, rééquilibration hydro-électrolytique...

Colle à papier : non toxique

Contraceptifs : non toxiques

Corrosifs (produits acides ou alcalins concentrés déboucheurs d'éviers et de lavabos, décape-fours, permanganate de potassium, détartrants pour W.-C., Clinitest® etc...) - Voir aussi "Eau de Javel".

Symptômes de l'intoxication : ces produits sont corrosifs pour l'oesophage et entraînent des brûlures caustiques qui peuvent laisser comme séquelles des sténoses cicatricielles.

Traitement : Ne pas faire vomir car le second passage des produits caustiques dans l'oesophage aggrave encore les lésions muqueuses. La fibroscopie s'impose pour établir le bilan des lésions. En cas de brûlure de l'oesophage, les corticoïdes sont prescrits. En cas de rétrécissement cicatriciel ultérieur de l'oesophage, des dilatations oesophagiennes sont nécessaires.

Corticoïdes (Célestène®, Solupred® etc...) : non toxiques en prise unique

Craies : non toxiques

Crayons, crayons feutres : non toxiques

Débouche-éviers : voir "corrosifs"

Dénoral® comprimés (noréphédrine, clocinizine, métiodure de buzépide)

Utilisé dans les rhinites comme antihistaminique, vasoconstricteur rhino-pharyngé.

Symptômes de l'intoxication : sensation de sécheresse nasale, somnolence, céphalées, insomnies, palpitations etc...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé.

Dentifrices : non toxiques

Déshumidificateurs (sachet ou capsule) : non toxiques

Désodorisants : non toxiques

Détergents (poudres et liquides pour laver lessive et vaisselle)

Symptômes de l'intoxication :

Détergents cationiques (ammoniums quaternaires utilisés comme désinfectants médicaux : Cétavlon®, Biocidan®, Céquartyl® etc..., amines aliphatiques, uréthanes etc..., shampooings anti-pelliculaires...) : diarrhée, vomissements, douleurs abdominales, apnée brutale, état de choc, coma, convulsions...
Détergents anioniques moussants (alkyl, sulfates, sulfonates...) : peu toxiques. Ne pas faire vomir en raison de la mousse qui risque d'encombrer les poumons en cas d'inhalation ;
Détergents non ioniques ne moussant pas (poudres à laver en machines) : douleurs abdominales, diarrhée, vomissements, déshydratation.
Traitement : charbon de bois activé, pansement gastrique, hydratation.

Diazépam (Valium®) : voir "sédatifs et hypnotiques non barbituriques".

Digitaliques (Digoxine®, etc.)

Digoxinémie toxique : 5,12 µmol/l (4 µg/ml) chez le nourrisson ; 3,20 µmol/l (2,5 µg/ml) chez l'enfant plus âgé.

Symptômes de l'intoxication : anorexie, nausées, vomissements, diarrhée, somnolence, confusion mentale, tachycardie ventriculaire, troubles de la conduction cardiaque, fibrillation auriculaire ou ventriculaire, hyperkaliémie...Les troubles du rythme cardiaque sont au premier plan et peuvent être mortels; tous les troubles digestifs, visuels et psychiques sont accessoires.

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Surveillance continue de l'ECG. Transfert en milieu spécialisé : l'entraînement électrosystolique endocavitaire sous bêta-bloquants est la meilleure prévention des troubles cardiaques graves.

Antidote : anticorps anti-digitaliques (Digidot)

Diphénylméthane (Atarax® etc...) : voir sédatifs et hypnotiques non barbituriques

Eau de Javel

C'est une solution d'hypochlorite et de chlorure de sodium obtenue par le mélange de dissolutions de carbonate de sodium et de chlorure de chaux. C'est un décolorant et un désinfectant énergiques. On doit à Bertholet la découverte en 1785 des propriétés blanchissantes des solutions chlorées. Il nomma son produit :"eau de Javel" du nom de la localité située sur les rives de la Seine où travaillaient les lavandières de l'époque.

Les symptômes traduisent l'effet caustique immédiat et local de l'eau de Javel. Il n'y a pas de toxicité à distance. La gravité de l'intoxication dépend de la concentration du produit. L'eau de Javel en berlingot est très caustique et impose l'hospitalisation. L'eau de Javel diluée pour l'emploi immédiat est anodine et ne justifie ni examen ni médicament.

Les signes évoluent en fonction du temps :

Brûlures immédiates des lèvres et de la gorge avec parfois oedème de la glotte ;
Collapsus précoce en cas d'ulcérations de l'oesophage ;
Perforation de l'estomac dans les 24 premières heures avec vomissements sanglants ;
Pneumopathie aiguë, médiastinite dans les premiers jours ; dans certains cas oedème pulmonaire par inhalation de vapeurs de chlore si l'eau de Javel a été mélangée avec un autre produit d'entretien ;
Sténose de l'oesophage un à deux mois plus tard.

Traitement : faire boire de l'eau pour diluer le produit. Ne pas donner de lait. Ne pas faire vomir car le passage répété du caustique aggrave les lésions oesophagiennes. L'eau de Javel peut être neutralisée en faisant boire à l'enfant de l'hyposulfite de sodium (Emgé Lumière®, Hyposulfène). Le lavage d'estomac est contre-indiqué car le tube risque de perforer l'oesophage déjà abîmé chez un enfant qui de plus se débat. S'il s'agit d'eau de Javel diluée, pansement gastrique et antibiotiques suffisent. S'il s'agit d'eau de Javel en berlingot, l'hospitalisation s'impose.

Eau de toilette, eau de Cologne : non ou très peu toxique (alcool : hypoglycémie)

Eau oxygénée < 3% : non toxique

Edulcorants (saccharine, cyclamate etc...) : non toxiques

Encre de crayon à bille : non toxique

Les encres vertes et rouges, certaines encres à marquer le linge sont souvent à base d'aniline qui peut entraîner une méthémoglobinémie.

Signalons que les produits effaceurs d'encre contiennent du permanganate dilué dans le flacon rouge et de l'hyposulfite de sodium dans le flacon blanc.

Engrais : non toxique

Epinéphrine (adrénaline, amphétamines anorexigènes : Dinintel®, Pondéral retard®, etc., éphédrine, méthylphénidate...)

Utilisés comme bronchodilatateurs dans l'asthme, anorexigènes dans l'obésité etc...

Symptômes de l'intoxication : convulsions, vomissements, tachycardie, céphalées, pâleur, anxiété, tremblements, mydriase, hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque, difficultés respiratoires, collapsus cardiovasculaire etc...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. Diazépam si convulsions.

Essence : voir "hydrocarbures"

Ethylène-glycol

Utilisé comme antigel, adoucisseur de linge etc...

Symptômes de l'intoxication : les signes initiaux évoquent une intoxication alcoolique (agitation, troubles de l'équilibre, logorrhée, céphalées...) puis apparaissent des vomissements, un coma, des convulsions, une dépression respiratoire, des troubles cardiovasculaires, une insuffisance rénale avec anurie prolongée, une acidose métabolique avec hyperventilation, hypoglycémie, hypoglycémie, hyperkaliémie, hémolyse, hyperleucocytose etc...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Administration d'alcool éthylique pendant 4 jours. Traitement symptomatique habituel. Diurèse forcée. En cas d'insuffisance rénale : hémodialyse ou dialyse péritonéale.

Fer (Ascofer®, Fumafer®, Héliofer® etc...)

Symptômes de l'intoxication : vomissements, diarrhée, léthargie, hémorragies digestives, hyperglycémie, état de choc, fièvre, acidose métabolique, hyperleucocytose. Amélioration transitoire puis rechute après quelques heures : coma, collapsus cardiovasculaire, oedème pulmonaire, convulsions, anurie, insuffisance hépatique.

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. Dosage du fer sérique et en cas de taux élevé : antidote = desferoxamine par voie I.M. Dans les cas graves : hémodialyse, dialyse péritonéale, exsanguino-transfusion.

Feutres permanents ou non : non toxiques

Granules (et doses) homéopathiques : non toxiques

Halopéridol : voir "phénothiazines"

Hexachlorophène

Il y a quelques années, un certain nombre d'enfants sont décédés en France à la suite de l'utilisation d'un talc qui contenait de façon accidentelle des doses toxiques d'hexachlorophène, antiseptique dont la neuro-toxicité est connue. Ce produit est depuis 1972 au tableau C des substances vénéneuses et est utilisé comme désinfectant médical. Les fabricants de cosmétiques et de produits d'hygiène tendent de plus en plus à le remplacer par le trichlorcarbanilide dans les savons, déodorants et dentifrices.

Homéopathie : non toxique

Huiles de bain : non toxique

Huiles lubrifiantes : non toxiques

Huiles de moteur : non toxiques

Hydrocarbures (pétrole, essence, white-spirit, fuel, mazout, gas-oil, benzine, kérosène etc...)

Utilisés comme source d'énergie pour moteurs, comme solvants des graisses (laques, vernis, encaustiques, produits d'entretien des vitres etc...).

Le risque de ces produits volatils est surtout local, par effet irritant et solvant ; il s'exerce surtout au niveau du poumon, en cas de contact direct par fausse route lors de l'intoxication, vomissements secondaires, ou essais d'évacuation.

Symptômes de l'intoxication : la pneumonie chimique est le principal danger : toux, dyspnée, haleine forte ; les autres symptômes sont des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, des céphalées, des vertiges, une pâleur, des troubles neurologiques variables, un rash cutané trompeur, une fièvre, un oedème aigu des poumons, un collapsus, une anurie, un surinfection pulmonaire, un pneumothorax etc...

Traitement : ne pas faire vomir en raison du risque de fausses routes et d'inhalation. Antivomitifs en cas de vomissements spontanés. Surveillance des radiographies pulmonaires. Traitement symptomatique habituel. Antibiotiques en cas de surinfection pulmonaire bactérienne. Pansement gastrique, régime sans graisse, sans lait, sans beurre pendant 3 jours.

Hypnotiques : voir "barbituriques" ou "Sédatifs et hypnotiques non barbituriques".

IMAO (Inhibiteurs de la mono-amine oxydase : Marsilid® ou iproniazide, Niamide® ou nialamide, Tylciprine® ou tranylcypromine)

Utilisés comme antidépresseurs, contre l'angor et l'HTA.

Symptômes de l'intoxication : troubles de la tension artérielle, vertiges, lipothymies, syncopes, excitation, euphorie, insomnie, polynévrites, convulsions, troubles digestifs, sueurs (syndrome "tête de fer, jambes de coton").

Traitement : en milieu spécialisé.

Insecticides organo-chlorés (DDT, etc.)

Symptômes de l'intoxication : hyperexcitabilité, tremblements, faiblesse musculaire, convulsions...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. En cas de contact cutané, enlever les vêtements et laver à grande eau. Diazépam en cas de convulsions.

Insecticides organo-phosphorés (malathion, parathion, etc.)

Symptômes de l'intoxication : nausées, vomissements, céphalées, tremblements, anxiété, faiblesse musculaire, troubles visuels, incoordination, myosis, sueurs, hypersalivation, hypersécrétion bronchique, fasciculations musculaires, douleurs abdominales, diarrhée, bradycardie, paralysie et détresse respiratoire, oedème pulmonaire, coma, choc, convulsions, troubles de la conduction cardiaque etc...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Si contact avec la peau, enlever rapidement les vêtements et laver à grande eau. Traitement symptomatique habituel.

Laxatifs (paraffine et lavements) : non toxiques

Lessives à linge : non toxique

Lotions (cheveux, mains, solaire) : non toxique

Maquillage : non toxique

Méprobamate (Equanil® etc...) : voir "sédatifs et hypnotiques non barbituriques"

Mercure du thermomètre : non toxique

Mercurochrome : non toxique

Métaldéhyde ("méta")

Utilisé comme combustible léger et solide pour pique-nique, camping etc...

Ainsi que pour tuer les escargots (hélicide). Ressemblant dangereusement aux pastilles de menthe, et au goût paraît-il non désagréable, les tablettes de "méta" sont souvent absorbées par les enfants. Ce produit est l'un des toxiques les plus dangereux .

Symptômes de l'intoxication : gastrite hémorragique, nausées, vomissements de "lait caillé", trismus, convulsions, coma, mydriase, crampes musculaires, arrêt respiratoire ou cardiaque inopiné, fièvre...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Ne pas faire boire de lait qui augmente l'absorption de ce produit liposoluble. Diurèse osmotique. Diazépam ou phénobarbital en cas de convulsions. Transfert en milieu de réanimation. Exsanguino-transfusion. Correctement traitée, l'évolution se fait vers la guérison sans séquelle le plus souvent.

Menthol : convulsivant à fortes doses.

Méthanol : voir "alcool méthylique"

Morphiniques : antidote : naloxone (Narcan)

Mort-aux-rats : voir "raticides"

Mousse à raser : non toxique

Naphtaline

Symptômes de l'intoxication : vomissements, diarrhée, coma, convulsions, hémolyse avec ictère, hémoglobinurie, anurie ;

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Corticoïdes. Transfusion sanguine si nécessaire.

Narcotiques (morphine, codéine, codéthyline, Palfium® ou dextromoramide, mépéridine, héroïne, Dolosal® ou péthidine, propoxyphène, Fortal® ou pentazocine, etc.)

Utilisés dans des antalgiques (Antalvic®, Propofan®, Sédol® etc...), des antidiarrhéiques (diphenoxylate ou Diarsed®) ou les formes pour adultes de sirops anti-tussifs (Bronpax®, Campho-Pneumine®, Dinacode®, Néo-codion®, Nétux® Nican®, Tussipax® etc...)

Symptômes de l'intoxication : myosis, dépression respiratoire, coma flasque, défaillance circulatoire, oedème pulmonaire...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. La naloxone est l'antidote.

Natisédine® : voir "anti-arythmiques"

Nettoyants pour tapis : non ou peu toxiques

Neuroleptiques : Phénothiazines (Largactil®, Phénergan®, Théralène® etc...), Butyrophénones (Dipipéron® ou pipampérone, Droleptan® ou dropéridol, Haldol® ou halopéridol, Tripéridol® etc...), : voir "Sédatifs" et "Phénothiazines". Antidote : Lepticure, Artane

Nopron® (niaprazine)

Symptômes du surdosage : somnolence diurne ou excitation paradoxale

Traitement : surveillance symptomatique

Nourriture pour animaux domestiques (chat, chien, serin etc...) : non toxique

Opiacés : voir :"Narcotiques"

Oxyde de zinc : non toxique

Paracétamol (acétaminophène, Actifed®, Algotropyl®, Doliprane®, Efferalgan®, Febrectol®, Panasorb®, Propofan®, Rinurel®, Rinutan®, salgydal®, Véganine® , etc.)

Utilisé comme antipyrétique et analgésique.

Symptômes de l'intoxication : diarrhée, vomissements, coma avec détresse respiratoire, hépatite toxique grave.

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac. Le charbon de bois activé ne doit pas être utilisé si on envisage d'utiliser l'antidote : la N-acétyl-cystéine par voie orale (Mucomyst, Fluimucil) ou I.V. La surveillance des fonctions hépatiques s'impose.

Paradichlorobenzène (bloc désodorisant)

Utilisé dans les blocs désodorisants des cuvettes de W.-C.

Symptômes de l'intoxication : diarrhée, vomissements, céphalées, vertiges, agitation, coma, convulsions, troubles du rythme cardiaque...

Traitement : vomissements provoqués en l'absence de coma et de convulsions. Le lait est interdit. Un régime sans graisse est prescrit.

Parfums : non toxiques

Pâte à modeler : non toxique

Peintures à l'eau ou acrylique : non toxique

Pétards pour fusil-jouet : non toxiques

Phénacétine (Céquinyl® fort, Compralgyl® etc...)

Utilisé comme analgésique.

Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs, vertiges, obnubilation, coma convulsif, anémie hémolytique, méthémoglobinémie...

Traitement : en milieu spécialisé.

Phénothiazines (Largactil® ou chlorpromazine, Phénergan® ou prométhazine, Majeptil® ou thiopropérazine, Melleril® ou thioridazine, Moditen® ou fluphénazine, Noctran 10® ou acépromazine, Neuleptil® ou propériciazine, Nozinan® ou lévomépromazine, Théralène® ou alimémazine, Dogmatil® ou sulpiride, Primpéran® ou métoclopramide, etc.)

Utilisés comme antipsychotiques (neuroleptiques) , antiémétiques, anti-histaminiques etc...

Symptômes de l'intoxication : sécheresse de la bouche, somnolence, troubles de l'accommodation oculaire, coma, convulsions, dépression cardio-respiratoire, syndrome extra-pyramidal avec contractures musculaires, crises dyskinétiques (spasmes musculaires localisés ou généralisés, torticolis spasmodique, protrusion de la langue, trismus, crises oculogyres etc...), tachycardie, rétention aiguë d'urines avec globe vésical, fièvre, mydriase, accidents cutanés, photosensibilisation, troubles hépatiques et hématologiques etc... Le syndrôme "malin" d'intoxication par les phénothiazines comprend une fièvre, une pâleur et des troubles végétatifs.

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel. Les dyskinésies précoces cèdent à l'administration d'un antiparkinsonien anticholinergique (Artane®).

Piles sèches (non alcalines) : non toxiques

Piles-boutons : Elles contiennent des substances toxiques. L'enveloppe métallique peut se désintégrer dans l'estomac et libérer les toxiques. Consultez en urgence à l'hôpital où une radiographie sera effectuée avant de récupérer la pile.

Pilules anti-conceptionnelles : non toxiques

Plomb (saturnisme)

Se trouve dans le vernis des céramiques artisanales, diverses peintures, les vapeurs (essence, batteries électriques etc...).

Symptômes de l'intoxication : enfant Africain, anorexie, vomissements, douleurs abdominales, comportement de pica, constipation, sang dans les selles, rectorragie, irritabilité, faiblesse musculaire, fatigue, paralysie, convulsions, signes d'hypertension intra-crânienne (céphalées). Anémie, troubles rénaux et osseux...

Traitement : en cas d'intoxication aiguë : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé.

En cas d'intoxication chronique : on élimine le plomb de l'organisme à l'aide de chélateurs (pénicillamine, calcium-disodium-versénate, dimercaprol...), EDTA calcique (Tracémate)

Polaroïd (enduit liquide) : non toxique

Primpéran : syndrome extrapyramidal, dyskinésies, opisthotonos, torticolis. Antidote : Lepticur

Produits pour argenteries : non toxiques

Produits solaires : non toxiques

Produits pour vitres :

Ils peuvent contenir différents toxiques :


Des solvants des graisses : hydrocarbures aliphatiques halogénés tels le trichloréthylène, le perchloréthylène, etc.
Des solvants de type aromatique (nitrobenzène) responsable de cyanose par méthémoglobinémie ;
Des détergents anioniques provoquant des troubles digestifs mineurs. Les vomissements provoqués font mousser les produits dans l'estomac et sont par conséquent interdits ;
Des caustiques (acide chlorhydrique ou sulfurique, ammoniaque, etc.) ;
Du formol : caustique local et action toxique sur le foie et les reins ;
De l'oxalate d'ammonium (anti-rouille) ;
De la silice : non toxique ;
Du carbonate de calcium.
Pommades et huiles pour cheveux : non ou peu toxiques

Prométhazine : voir "phénothiazine"

Purgatifs (bourdaine, phénolphtaléine, séné etc...)

Utilisés contre la constipation.

Symptômes de l'intoxication : diarrhée, douleurs abdominales, déshydratation...

Traitement : symptomatique.

Pyrazolés (amidopyrine, noramidopyrine, antipyrine, pyramidon : Algo-Buscopan®, Avafortan®, Baralgine®, Migralgine®, Optalidon®, salgygal®, Sédarène® comprimés, Viscéralgine forte® etc... )

Utilisés comme analgésiques non salicylés.

Symptômes de l'intoxication : vertiges, acouphènes, accidents allergiques, coma, convulsions, troubles rénaux et hématologiques (agranulocytose).

Quinine, chloroquine (Nivaquine®)

Utilisés comme antipaludéens.

Symptômes de l'intoxication : vertiges, vomissements, céphalées, bourdonnements d'oreille, troubles visuels, troubles de la conscience, troubles du rythme et de la conduction cardiaque, arrêt respiratoire etc...

Traitement : en milieu spécialisé.

Antidote : diazépam (Valium), lactate ou bicarbonate de sodium

Raticides (mort-aux-rats)

Les dérivés arsenicaux, phosphorés, les sels de thallium ou de baryum, les cyanures et les fluorures, la strychnine, la vératrine, le chloralose et les anticoagulants de type coumarinique sont tous très toxiques. L'intoxication impose l'hospitalisation en milieu spécialisé. Antidote : vitamine K1

Rinutan® (paracétamol, noréphédrine, phényltoloxamine)

Utilisé dans les infections et allergies ORL comme décongestionnant, antihistaminique, analgésique et antipyrétique.

Symptômes de l'intoxication : somnolence ou agitation, convulsions, vertiges, nausées, palpitations, troubles tensionnels, complications hépatiques...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Hospitalisation pour surveillance.

Rouge à lèvres : non toxique

Sachets anti-humidité (silica gel) : non toxique

Salicylés (aspirine ou acide acétylsalicylique et dérivés : Catalgine®, Aspégic®, Aspro®etc...)

Symptômes de l'intoxication : hyperventilation, alcalose respiratoire, fièvre paradoxale, déshydratation, acidose métabolique avec corps cétoniques dans les urines simulant un coma acido-cétosique diabétique. Nausées, vomissements, céphalées, bourdonnements d'oreille, agitation, convulsions, coma, hypoglycémie, allongement du taux de prothrombine etc...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel.

Savons à bulles, savons de toilette et à vaisselle : non toxiques

Sédatifs et hypnotiques non barbituriques : benzodiazépines (Halcion® ou triazolam, Mogadon® ou nitrazépam, Noctran 10 ou clorazépam, Rivotril® ou clonazépam, Rohypnol® ou flunitrazépam, Séresta® ou oxazépam, Témesta® ou lorazépam, Valium® ou diazépam... ), Equanil®, Mépronizine® ou méprobamate, Mandrax® ou méthaqualone etc...

Symptômes de l'intoxication : somnolence, hypotonie, sensations ébrieuses, obnubilation, coma, troubles respiratoires et cardiaques, hypothermie, éruptions cutanées. Parfois, on observe des réactions paradoxales : irritabilité, agressivité, excitation, confusion onirique...

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique habituel en milieu spécialisé.

Antidote :flumazénil (Anexate).

Les molécules originales (Imovane, Stilnox) ne sont pas décelables en routine dans le sang et les urines.

Shampooing : non ou peu toxique

Solupred® : voir "corticoïdes"

Térébenthine

Symptômes de l'intoxication : pulmonaires, digestifs, rénaux, neurologiques.

Traitement : donner de l'eau à boire puis faire un lavage d'estomac. Traitement symptomatique habituel. Exsanguino-transfusion dans les cas graves.

Théophylline (Armophylline®, Dilatrane®, Théolair®, Inophyline®, Tédralan®, Trentadil® etc...)

Dose toxique de théophylline dans le sang : théophyllinémie > 138,8 µmol/l ou 25 µg/ml.

Théophyllinémie efficace curative : 55,55 à 111 µmol/l ou 10 à 20 µmol/l

Symptômes de l'intoxication : agitation, coma, convulsions, nausées, vomissements sanglants, tachycardie, collapsus cardiovasculaire, troubles du rythme cardiaque, hypertension artérielle, dépression respiratoire, fièvre, déshydratation..

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Dosage de la théophyllinémie pour apprécier la gravité. Diazépam en cas de convulsions. Traitement symptomatique en milieu spécialisé.

Tranquillisants : voir "Sédatifs et hypnotiques non barbituriques", et "phénothiazines"

Trichloréthylène

Utilisé dans les détachants, décapants etc...

Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs (diarrhée, douleurs abdominales...), obnubilation, somnolence, vertiges, coma, état pseudo-ébrieux ; les troubles du rythme cardiaque représentent la gravité majeure de l'intoxication.

Traitement : vomissements provoqués avec prudence, lavage d'estomac en absence de coma. Surveillance de l'ECG.

Trinitrine et dérivés ( (Trinitran®, Natirose® etc...)

Utilisés dans l'angine de poitrine ou angor.

Symptômes de l'intoxication : nausées, céphalées, vasodilatation cutanée. Risque de collapsus cardiovasculaire et de méthémoglobinémie.

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Traitement symptomatique en milieu hospitalier.

Vermifuges (pipérazine et dérivés : Povanyl® etc...).

Symptômes de l'intoxication : troubles digestifs, éruptions cutanées, ataxie, incoordination motrice, troubles visuels, coma.

Combantrin® (pyrantel) : troubles digestifs, fatigue, vertiges..

Fluvermal® (flubendazole), Zentel® (albendazole) : troubles digestifs.

Traitement : vomissements provoqués, lavage d'estomac, charbon de bois activé. Surveillance des fonctions respiratoire et cardiovasculaire.

Vitamines :

B, C, K : aucun danger en dose unique ;

A : une intoxication avec une dose de plus de 400 000 unités peut provoquer chez le nourrisson après une latence de 24 ou 48 heures des signes d'hypertension intracrânienne (H.I.C.) avec vomissements et bombement de la fontanelle. L'évolution est en règle favorable en un ou deux jours après une ponction lombaire faite avec prudence.

D : A côté des causes habituelles des intoxications de l'e